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OCDE – PISA 2025 : la lecture décroche en France et dans le monde

Les performances en lecture des élèves de 15 ans connaissent un net recul dans la plupart des pays de l’OCDE. En France, le score tombe à 456 points, contre 474 en 2022, confirmant une dégradation qui touche également les mathématiques. L’essor des écrans, les difficultés de concentration et les nouveaux usages de l’intelligence artificielle alimentent les interrogations.

Publié le 8 septembre 2026, le rapport PISA 2025 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constitue l’une des évaluations internationales les plus larges jamais réalisées. Quelque 760 000 élèves de 15 ans, répartis dans 91 pays et économies, ont participé à cette édition.

Le constat est particulièrement sévère en matière de lecture. La moyenne des pays de l’OCDE atteint 466 points en 2025, contre 482 en 2022. Depuis 2015, le recul atteint 28 points, soit l’équivalent d’environ un an et demi d’apprentissage.

Selon l’OCDE, environ trois pays ou économies sur quatre disposant de données comparables ont enregistré une baisse significative des performances en lecture entre 2018 et 2025.

 

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Cette dégradation ne se limite d’ailleurs pas à la lecture. Les performances moyennes en mathématiques ont également fortement diminué, tandis que les résultats en sciences se sont davantage stabilisés sur la période récente. L’OCDE estime désormais qu’environ un élève de 15 ans sur cinq est en difficulté dans chacune des trois disciplines évaluées.

La France passe sous la moyenne de l’OCDE

La France n’échappe pas à cette tendance. Les élèves français obtiennent en 2025 un score de 456 points en compréhension de l’écrit, contre 474 points en 2022. Ce résultat place la France sous la moyenne de l’OCDE et parmi les niveaux les plus faibles jamais enregistrés par le pays dans l’enquête PISA.

Le recul français ne concerne pas uniquement la lecture. L’OCDE relève également une baisse des performances en mathématiques, tandis que le niveau en sciences reste globalement comparable à celui de 2022. Dans l’ensemble, les résultats français de 2025 figurent parmi les plus faibles mesurés par PISA.

Le phénomène est d’autant plus préoccupant que les inégalités sociales continuent de peser fortement sur les performances scolaires. L’OCDE souligne que l’origine socioéconomique demeure un déterminant majeur des résultats des élèves.

La « lecture hâtive » gagne du terrain

Au-delà du recul des scores, l’enquête met en évidence une transformation des pratiques de lecture. Les adolescents sont de plus en plus exposés à des flux continus d’informations numériques, favorisant une consultation rapide des contenus plutôt qu’une lecture approfondie.

Cette évolution alimente les inquiétudes sur la capacité des jeunes à comprendre des textes complexes, à hiérarchiser l’information et à distinguer les sources fiables des contenus trompeurs.

L’OCDE relève notamment que moins de la moitié des élèves des pays membres déclarent vérifier systématiquement la crédibilité des sources d’information tout en privilégiant les données scientifiques par rapport au simple « bon sens ».

L’intelligence artificielle, nouvel enjeu scolaire

L’arrivée massive des outils d’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension au problème. L’OCDE met en garde contre une utilisation de l’IA qui remplacerait l’effort personnel plutôt que de renforcer l’apprentissage.

Les élèves utilisant fréquemment l’IA pour certaines tâches scolaires, notamment résumer des textes, rédiger ou effectuer des recherches, obtiennent des résultats plus faibles en sciences que ceux qui ne l’utilisent pas dans ce cadre. L’écart peut atteindre 20 points, soit environ une année de scolarité.

L’organisation ne préconise toutefois pas de bannir la technologie. Elle estime au contraire que l’IA et les outils numériques peuvent contribuer à améliorer l’apprentissage lorsqu’ils sont utilisés de manière ciblée et sous l’encadrement des enseignants.

Un avertissement pour les systèmes éducatifs

Le rapport PISA 2025 dépasse ainsi la seule question du niveau scolaire. Il pose celle de la capacité des systèmes éducatifs à préserver l’attention, la compréhension et l’esprit critique à l’heure de la multiplication des écrans et des outils numériques.

Pour l’OCDE, le redressement passe notamment par un enseignement davantage centré sur les fondamentaux, un investissement dans les enseignants, un accompagnement ciblé des élèves en difficulté et une implication accrue des familles.

Le recul de la lecture apparaît dès lors comme l’un des signaux les plus préoccupants de cette nouvelle édition de PISA : derrière une baisse statistique des scores se dessine une question plus profonde sur la capacité des jeunes générations à lire, comprendre, vérifier et penser dans un environnement saturé d’informations.

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Liberté d’investissement 2026 : la Tunisie signe son pire score depuis 1995

Le classement 2026 de l’indice de liberté d’investissement, établi par The Global Economy à partir des données de la Heritage Foundation, dessine une Afrique à deux vitesses. Sur une moyenne mondiale de 53 points, le Maroc s’impose comme le meilleur élève continental avec 80 points (17e mondial). Un record historique porté par une progression continue depuis 2024. Maurice suit avec 70 points, malgré un léger recul par rapport aux 80 points affichés entre 2019 et 2023.

Le trio sahélien Burkina Faso, Mali et Niger obtient des scores honorables (65, 65 et 55) grâce notamment à la stabilité monétaire du franc CFA. Mais ces performances masquent des droits de propriété très dégradés, parfois inférieurs à 20 points, assurent les auteurs du classement.

La Tunisie, elle, est malheureusement totalement absente de ce top 20 – et pour cause : le pays s’enfonce dans le classement général de liberté économique. Selon l’édition 2026 de l’indice de la Heritage Foundation, la Tunisie a obtenu son plus mauvais score et son plus mauvais rang depuis 1995, année de son Accord d’association avec l’Union européenne. Le pays affiche un score de 48,1 points sur 100 et se classe 156e sur 176 pays, une note en baisse d’un point sur un an. Ce score relègue désormais notre pays dans la catégorie des économies dites « réprimées », au 11e rang sur 14 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord.

Le gap…

Cette dégringolade s’inscrit dans une trajectoire longue : le pays est passé de la 44e place mondiale en 2010 à la 156e en 2026, un basculement attribué à « une intervention étatique croissante, à des faiblesses institutionnelles et à des freins persistants sur l’investissement ». Sur le seul sous-indicateur de “liberté d’investissement“, celui qui structure le classement africain analysé plus haut, la Tunisie plafonnait déjà à 30 points lors de l’édition précédente. Un niveau qui l’aurait placée loin derrière le dernier du top 20 africain (le Burundi, à 50 points).

Le contraste avec le Maroc est frappant : les deux pays maghrébins, longtemps comparés, empruntent désormais des trajectoires opposées. Là où Rabat a gagné 15 points depuis 2019 pour atteindre un record; Tunis a perdu près de huit points sur la même période et glisse chaque année un peu plus vers le bas du classement mondial.

Les causes avancées rejoignent celles identifiées pour d’autres pays du classement africain, en l’occurrence : des lourdeurs administratives, une insécurité juridique, de la corruption, mais avec une intensité inédite pour la Tunisie. Les analystes locaux évoquent un climat des affaires en dégradation continue, une fuite des compétences et une croissance économique atone, loin des dynamiques entrepreneuriales des années 1990-2000. Comme le montre l’exemple du Maroc ou de la Côte d’Ivoire, un score de liberté d’investissement ne dit cependant jamais tout : il faut aussi regarder l’état de droit, la corruption et les droits de propriété pour juger de l’attractivité réelle d’un pays pour les capitaux.

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