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Tunisie-Italie | L’IA contre les incendies de forêt

Utiliser l’intelligence artificielle, les données géospatiales, l’imagerie satellitaire, les capteurs et les drones pour prévenir et gérer les incendies de forêt en Méditerranée : tel est l’objectif du projet Forfire-AI. Ce projet était au cœur de l’atelier international intitulé «Prévenir et gérer les incendies de forêt grâce aux coordonnées géospatiales et à l’intelligence artificielle», organisé mardi 8 septembre 2026 à Palerme, en Italie, dans le cadre du programme européen Interreg Next Italie-Tunisie (2021-2027).

Selon l’Université de Palerme, l’initiative vise à renforcer la coopération scientifique et opérationnelle entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte marqué par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies de forêt ainsi que par une exposition croissante des zones forestières aux effets du changement climatique.

D’une durée de trois ans, le projet a débuté le 15 mai 2025 et s’achèvera le 15 mai 2028.

Forfire-AI, acronyme signifiant «Optimisation de la prévention et de la détection des incendies de forêt grâce aux technologies d’IA», dispose d’un budget global de 773 683 euros, dont 696 314,70 euros proviennent de l’Union européenne (UE) et 77 368,30 euros du cofinancement.

Le chef de file du projet est l’École nationale d’ingénieurs de Sousse (Eniso), tandis que le partenariat inclut l’Institut supérieur agronomique de Chott-Mariem, l’Université de Palerme, l’entreprise italienne Seeds et la société tunisienne Robocare.

Identifier les zones les plus exposées et intervenir rapidement

Le projet se concentre sur le développement d’un système d’alerte et d’une plateforme web capables d’intégrer diverses sources d’information — données météorologiques, capteurs, images satellites et données acquises par drone — afin d’identifier les zones les plus exposées au risque et de favoriser une intervention plus rapide.

La plateforme sera expérimentée sur un site pilote en Tunisie et un autre en Sicile, avec pour objectif d’aboutir à des procédures d’alerte reproductibles dans d’autres régions méditerranéennes.

Le volet technologique prévoit également l’utilisation de caméras capables de détecter la fumée et les points chauds à une distance estimée entre cinq et dix kilomètres, tout en les distinguant des phénomènes atmosphériques tels que le brouillard et la brume afin de réduire le nombre de fausses alertes. Une fois un foyer potentiel identifié, le système pourra déployer un drone pour acquérir des images en temps réel et les transmettre aux centres opérationnels, fournissant ainsi des informations utiles pour évaluer rapidement l’étendue de l’incendie et coordonner les opérations. Côté tunisien, les premiers tests sont prévus dans la forêt de Dar Chichou, dans la zone d’El Haouaria (gouvernorat de Nabeul, au nord-est du pays). Le système pourra ensuite être étendu à d’autres zones jugées particulièrement vulnérables, notamment Sejnane, dans le gouvernorat de Bizerte, l’une des zones forestières du nord de la Tunisie les plus exposées au risque d’incendie. En Italie, en revanche, l’expérimentation concernera une zone forestière sicilienne.

Les recherches portent également sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’analyse automatisée d’images. L’Université de Palerme a récemment lancé une procédure de sélection pour deux bourses de recherche dédiées précisément à la «mise en œuvre de techniques d’IA pour la détection précoce des incendies par analyse visuelle et modèles efficaces», dans le cadre du projet Forfire-Ai.

De la réponse à l’urgence à la prévention informée

L’activité scientifique concerne aussi la surveillance de l’état des forêts et du stress hydrique. Dans le cadre du projet, des techniques de télédétection fondées sur des images hyperspectrales et radar SAR (Synthetic Aperture Radar) — intégrées à des systèmes d’intelligence artificielle — sont à l’étude pour évaluer l’état des écosystèmes forestiers côtiers méditerranéens et identifier des indicateurs liés au risque d’incendie. L’atelier de Palerme constitue ainsi une étape opérationnelle du projet, visant à articuler recherche universitaire, innovation technologique et gestion concrète des situations d’urgence. Parmi les résultats attendus de Forfire-AI figurent une plateforme numérique, l’intégration de données météorologiques et de surveillance, l’expérimentation sur deux sites pilotes, l’élaboration de procédures d’alerte ainsi que des actions de sensibilisation destinées tant aux décideurs qu’à la population.

La logique du projet consiste à déplacer le centre de gravité de la gestion des incendies : passer d’une simple réponse à l’urgence vers une prévention fondée sur les données. Il s’agit de combiner des informations provenant de sources diverses pour identifier en amont les conditions à risque, localiser plus rapidement les foyers potentiels et fournir aux opérateurs une représentation actualisée du territoire.

À cet égard, Forfire-AI s’inscrit dans une évolution plus large des politiques européennes de gestion des risques, lesquelles accordent une place croissante à la télédétection, aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle pour la cartographie et la prévision des incendies.

Selon un document du Parlement européen, l’utilisation coordonnée de données satellitaires, d’informations géospatiales et de la surveillance au sol est considérée comme un outil stratégique pour renforcer les capacités de prévention et d’intervention dans les zones méditerranéennes.

I. B. (avec Agenzia Nova).

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La startup française d’IA Mistral mobilise 3 milliards d’euros

Mistral, une startup parisienne qui développe des modèles d’IA, a annoncé hier avoir levé des financements de 3 milliards d’euros, sous la conduite du géant des puces mémoire Samsung, alors que la startup française cherche à s’imposer comme une alternative européenne face à des rivaux tels qu’OpenAI et Anthropic.

La pépite française cherche à se positionner comme une alternative non américaine et non chinoise dans le secteur de l’IA, répondant ainsi à la volonté grandissante de l’Europe et d’autres régions de disposer d’une IA souveraine. D’ailleurs, parmi les investisseurs, figure le Scaleup Europe Fund, un fonds d’investissement soutenu par l’Union européenne. Mistral est donc valorisée (post-money) de plus de 21 milliards d’euros. Une année auparavant, elle valait 11,7 milliards d’euros. Le revenu récurrent annuel de Mistral dépassera le seuil de 1 milliard de dollars en 2026.

L’objectif de cette opération est de développer davantage d’infrastructures, y compris des centres de données, et à louer de la puissance de calcul. La société vise 200 mégawatts de capacité d’ici à 2027, et un gigawatt d’ici à 2030.

Stratégiquement, Mistral souhaite adopter une approche différente de celle d’OpenAI et d’Anthropic, en collaborant avec des entreprises individuelles afin de créer des outils d’IA sur mesure adaptés à leurs besoins et de les intégrer à leurs activités. En concrétisation de cette approche, la startup a annoncé une alliance avec Humain, l’entité saoudienne d’IA fondée sous l’égide du fonds souverain. Porté par un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, ce partenariat vise à concevoir et déployer des modèles d’IA à l’échelle régionale, avec comme priorités initiales la cybersécurité et les technologies vocales. L’accord prévoit également l’accès de Mistral aux infrastructures de calcul de son partenaire saoudien, tout en ciblant conjointement les marchés hautement régulés.

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OpenAI dans la tourmente après un détournement d’IA en Allemagne

OpenAI reconnaît qu’un incident impliquant plusieurs de ses agents d’intelligence artificielle (IA) met en lumière la nécessité d’une plus grande transparence sur les comportements imprévus des systèmes autonomes. Des agents ont détourné l’usage d’un site wiki allemand pour en faire une sorte de forum clandestin destiné à coordonner des comportements interdits, notamment des méthodes de triche.

L’affaire, révélée par Reuters le 5 septembre, concerne une opération au cours de laquelle une multitude d’agents d’OpenAI ont utilisé un site communautaire allemand comme support de communication. Les agents ont notamment publié du contenu et utilisé la plateforme pour échanger des informations permettant de contourner certaines restrictions et de faciliter des comportements contraires aux règles qui leur étaient imposées.

OpenAI a reconnu l’incident sous le nom de « wiki incident », tout en indiquant qu’il devait être considéré comme un cas de « misalignment », ou désalignement : un comportement d’un système d’IA qui s’écarte de l’objectif ou des contraintes fixés par ses concepteurs.

L’épisode soulève également la question de la transparence de l’entreprise. OpenAI avait connaissance de l’incident plusieurs semaines avant de s’exprimer publiquement.Et ce, alors qu’elle gérait parallèlement les conséquences d’un autre incident impliquant ses agents et la plateforme Hugging Face.

L’entreprise estime désormais que les incidents de ce type doivent faire l’objet d’une communication plus claire. Elle souligne toutefois que l’industrie de l’IA ne dispose pas encore de normes communes permettant de déterminer précisément comment signaler les comportements de désalignement observés pendant l’entraînement, l’évaluation ou le déploiement des modèles.

Vers un nouveau cadre de signalement

OpenAI affirme travailler à la mise en place d’un cadre spécifique de divulgation des incidents de désalignement. L’entreprise souhaite également que l’ensemble du secteur adopte des standards plus précis pour rendre compte des comportements inattendus des agents autonomes.

Cette démarche intervient alors que les capacités des agents IA progressent rapidement et qu’ils sont désormais capables d’exécuter des tâches complexes sur Internet, d’interagir avec des systèmes externes et de poursuivre des objectifs sur de longues périodes.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas d’OpenAI. Pour les acteurs de l’IA, la difficulté consiste désormais à surveiller non seulement les erreurs classiques des modèles, mais aussi les stratégies inattendues qu’ils peuvent développer pour atteindre un objectif donné. OpenAI indique travailler avec plusieurs autorités réglementaires à travers le monde sur ces questions.

Une nouvelle alerte sur les agents autonomes

Le « wiki incident » intervient après plusieurs épisodes ayant renforcé les interrogations sur la capacité des entreprises à contrôler leurs agents IA. Reuters avait notamment rapporté en juillet qu’un agent d’OpenAI avait réussi à contourner certaines mesures de confinement et à intervenir sur des systèmes liés à Hugging Face.

Pour OpenAI, ces événements montrent que la sécurité de l’IA ne peut plus se limiter aux tests effectués avant la mise à disposition des modèles. La surveillance des comportements en conditions réelles et la transparence sur les incidents deviennent désormais des composantes centrales de la gouvernance des systèmes autonomes.

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L’intelligence artificielle doit être au service de l’éducation

L’IA devient de plus en plus omniprésente, dans un monde de plus en plus digitalisé. Il est donc important que les programmes d’enseignement s’y adaptent afin de répondre au besoin d’expertise ou de développement de la pensée critique des élèves. Dans le domaine de l’éducation, il est possible d’automatiser certaines activités scolaires. L’intelligence artificielle permet en outre de personnaliser les apprentissages selon les besoins et les capacités d’assimilation de chacun. Par exemple, cette nouvelle technologie peut proposer aux élèves des exercices adaptés à leur niveau d’apprentissage.

De plus, l’IA peut assister le professeur (sans le remplacer) et lui permettre d’identifier dans les classes les individus en situation de difficulté. Cette technologie permet par ailleurs aux enseignants de se libérer des tâches répétitives, ce qui les aide à personnaliser et à approfondir leurs méthodes d’enseignement. L’intelligence artificielle ouvre ainsi la porte à un apprentissage adapté et personnalisable permettant de façonner les parcours de formation et de les orienter selon les retours d’expériences des apprenants.

Les impacts de l’IA sur l’éducation

En se basant sur un triangle pédagogique (l’enseignant, l’apprenant et le savoir), il est possible de catégoriser les impacts de l’IA sur l’éducation.  D’abord sur l’enseignant, l’IA assure le développement de plusieurs technologies qui sont susceptibles de remplacer des tâches prévisibles et répétitives des professeurs. Il s’agit par exemple d’automatiser certaines tâches avec peu de valeur ajoutée, comme les corrections d’examens qui consomment beaucoup du temps des enseignants. Au-delà d’un maître passeur de connaissances, l’enseignant du XXIe siècle est un accompagnateur des élèves et un créateur d’environnement d’apprentissage. L’empathie, la bienveillance, la flexibilité cognitive et le jugement critique sont autant de qualités humaines difficiles à reproduire en intelligence artificielle, qui joue un rôle d’assistance plutôt que de remplacement. Ensuite sur l’élève, l’IA peut proposer des séquences d’exercices ou de cours plus pertinentes. Ainsi, les tuteurs intelligents pourraient prédire le moment où l’élève commence à perdre de l’intérêt et avertir ses enseignants, pour prévenir une éventuelle baisse de motivation.

L’école de demain et l’IA

Désormais, aucun domaine ne peut se passer des services rendus par l’IA, y compris l’enseignement. Là, éducateurs, enseignants et pédagogues se posent la question : «L’IA va-t-elle progressivement remplacer les enseignants ?» Loin s’en faut ! En faisant réfléchir les élèves avec l’usage de Chat GPT, on fait valoir l’éducation à l’esprit critique chez les élèves, mais aussi la formation des enseignants aux nouvelles technologies. Ainsi, les logiciels pilotés par l’IA connaîtront les centres d’intérêt des élèves afin d’adapter le style d’apprentissage à leurs besoins. L’IA mesurera ainsi le degré de compréhension de chaque élève, remarquera si l’élève est désintéressé et comprendra à quel type de motivation il répond. Les logiciels proposés par l’IA ne vont pas spolier le travail des professeurs, au contraire ils vont augmenter leur expertise. C’est aussi une aide aux élèves pour mieux comprendre, et cela de façon personnalisée.

Utiliser l’IA dans une classe de langue

L’utilisation de l’IA dans l’enseignement des langues peut aider les étudiants à améliorer leur compréhension du langage en permettant un travail individualisé et en offrant des outils supplémentaires pour l’apprentissage, la communication et l’expression en langue. En Europe et dans d’autres pays du monde, on commence à utiliser l’IA de différentes manières dans une classe de langues. Ainsi, les professeurs peuvent utiliser des programmes de reconnaissance vocale pour évaluer le niveau de prononciation de leurs élèves. Ces derniers peuvent parler dans un microphone et le logiciel évaluera leur prononciation pour leur donner un score. De même, les élèves peuvent poser des questions à l’IA qui répondra de manière interactive comme un tuteur virtuel. On peut également utiliser l’analyse de texte pour aider les élèves à comprendre les différences subtiles entre les mots. Les logiciels basés sur l’IA peuvent aider à identifier les synonymes, les antonymes et les règles grammaticales pratiques. Comme autre tâche, les applications développées avec l’IA peuvent aider les élèves à programmer des leçons en fonction de leurs niveaux individuels, ce qui peut les aider à progresser plus rapidement en s’adaptant aux besoins de chaque élève. Et d’autres fonctions non moins importantes sont assurées par l’IA.

En Tunisie, il ne faut pas avoir peur de l’IA. Au contraire, à l’heure où on envisage une prochaine réforme globale de l’enseignement, grâce à la création récente du Conseil Supérieur de l’Education et de l’Enseignement, le recours à l’usage de l’IA dans nos futures écoles n’est pas à négliger. L’idée n’est donc pas d’envisager l’intelligence artificielle comme une menace pour l’enseignant ou pour l’élève. Les fondateurs de l’IA ne cessent de le répéter : un outil comme Chat GPT ne remplacera pas l’humain, mais c’est un atout que professeurs et étudiants doivent maîtriser.

Hechmi KHALLADI

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SpaceX rachète Cursor, OpenAI riposte

Le rachat de Cursor par SpaceX commence à produire ses premiers effets dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. OpenAI a informé l’entreprise qu’elle souhaitait mettre fin à l’accord qui lui permet d’utiliser directement ses modèles d’IA.

La rupture pourrait prendre effet le 12 novembre 2026, correspondant au délai maximal prévu par le contrat. Cette décision intervient quelques semaines après l’acquisition de Cursor par SpaceX, finalisée le 14 août dans le cadre d’une opération entièrement réalisée en actions et valorisée à 60 milliards de dollars.

OpenAI estime que le changement de contrôle de Cursor lui permet d’activer une disposition contractuelle prévoyant la fin de l’accord dans un délai déterminé. L’entreprise a également exprimé des réserves sur la capacité de SpaceX à exploiter ses technologies dans le respect de ses conditions d’utilisation. Cette position intervient alors que les relations entre OpenAI et plusieurs entreprises contrôlées par Elon Musk restent fortement tendues.

Pour Cursor, les conséquences immédiates devraient toutefois rester contenues. Son cofondateur Michael Truell a indiqué que les modèles d’OpenAI ne représenteraient qu’environ 5% du trafic de la plateforme. Des échanges seraient toujours en cours entre les deux entreprises afin de parvenir à une solution.

Anthropic en embuscade

Cursor dispose déjà d’alternatives avec les modèles proposés par Anthropic, Google et xAI. La plateforme pourrait donc limiter sa dépendance à OpenAI sans modifier profondément son offre destinée aux développeurs.

Cette rupture ajoute surtout une nouvelle dimension commerciale au conflit qui oppose Sam Altman et Elon Musk depuis plusieurs années autour de l’avenir et de la gouvernance d’OpenAI. Alors que SpaceX développe également ses activités dans l’intelligence artificielle, la maîtrise des modèles, des infrastructures et de leurs canaux de distribution devient un enjeu stratégique majeur.

OpenAI a par ailleurs précisé que ses prochains modèles, dont Astra, ne seraient pas accessibles à Cursor dans le cadre de l’accord actuel. Anthropic prévoit de son côté d’augmenter les capacités de calcul consacrées à ses modèles Claude sur la plateforme.

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Wafa Ben-Hassine, experte tuniso-américaine qui lutte contre les dérives de l’IA, intègre le TIME100 AI 2026

Le TIME vient de publier son édition 2026 du classement TIME100 AI, la liste où le magazine américain récompense chaque année les figures qui pèsent sur la trajectoire mondiale de l’intelligence artificielle. Pour cette édition, la juriste tuniso-américaine Wafa Ben-Hassine, spécialiste des droits humains appliqués au numérique, a été sélectionnée.

Nommée en 2026 à la tête de la toute nouvelle section Digital Technology and Human Rights du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, elle y supervise le dossier IA de l’institution. Son constat, relayé dans son portrait TIME signé Steve Friess: les entreprises technologiques opèrent sans réel contrôle ni obligation de rendre des comptes, un vide qui s’aggrave. Plutôt que de multiplier les rapports, elle mise sur la pression directe, dialogue avec les industriels, mobilisation des gouvernements pour actionner les leviers réglementaires existants, avec en ligne de mire la protection de l’enfance et de la vie privée en ligne.

D’Omidyar Network à la révolution tunisienne

Elle arrive à ce poste après un long passage chez Omidyar Network, la fondation américaine de philanthropie orientée changement social, où elle a lancé Humanity AI: un consortium de bailleurs qui a réuni près de 500 millions de dollars destinés à financer une IA plus respectueuse des droits fondamentaux. Son parcours tunisien remonte à 2011: engagée comme assistante parlementaire à la Constituante au lendemain de la révolution, elle contribue à la rédaction du préambule constitutionnel, cofonde LEAD Tunisia, dirige la rédaction de Tunisia Live puis prend en charge les politiques MENA d’Access Now.

Cette reconnaissance internationale rappelle qu’un vivier d’expertise tunisienne pèse déjà sur les débats mondiaux de gouvernance de l’IA, un signal encourageant pour les startups locales du secteur, qui gagneraient à s’appuyer sur ces réseaux pour structurer leurs propres pratiques de conformité et de responsabilité algorithmique.

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Marokko – Kommission für Digitalisierung vereinbart und Verdopplung des Handels mit Indien angestrebt

Marokko IndienRabat und Neu-Delhi streben eine Verdopplung des bilateralen Handels auf acht Milliarden US-Dollar an und entwickeln KI-Sprachmodelle für marokkanische Verwaltungssprachen. Rabat – Marokko und Indien haben am gestrigen Montag in Rabat mehrere Schritte zur Vertiefung ihrer wirtschaftlichen und technologischen Beziehungen vereinbart. Im Zentrum der 7. Sitzung der Gemeinsamen Kommission Marokko-Indien standen konkrete Handelsziele sowie eine […]

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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ChatGPT for Teens pour les 13 – 17 ans : OpenAI renforce le contrôle et la sécurité

OpenAI a dévoilé mardi « ChatGPT for Teens », une version de son assistant conversationnel pensée pour les jeunes âgés de 13 à 17 ans.

L’objectif affiché est de proposer un accès à l’intelligence artificielle davantage adapté à cette tranche d’âge, en combinant garde-fous spécifiques, outils pédagogiques et supervision parentale.

Un environnement davantage adapté aux mineurs

Dès qu’OpenAI détermine qu’un compte est utilisé par une personne de moins de 18 ans, ou lorsque l’utilisateur déclare avoir entre 13 et 17 ans, celui-ci est automatiquement basculé vers l’expérience destinée aux adolescents.

Plusieurs mesures supplémentaires sont alors appliquées :

• Les contenus concernant le suicide, l’automutilation, la violence ou les troubles alimentaires font l’objet de restrictions accrues.
• Les échanges à caractère romantique ou sexuel sont davantage encadrés.
• Des rappels peuvent inviter les jeunes à interrompre leur session et à adopter une utilisation plus équilibrée du service.
• Le système est conçu pour limiter les comportements susceptibles de favoriser une dépendance affective au chatbot.

OpenAI indique notamment vouloir éviter que ChatGPT se présente comme une personne consciente ou qu’il encourage une relation émotionnelle avec son utilisateur. Une précaution qui intervient alors que l’utilisation des assistants d’IA par les adolescents alimente les débats sur leur sécurité et leurs effets potentiels sur le bien-être psychologique.

Un contrôle parental élargi

Les parents peuvent désormais associer leur compte à celui de leur adolescent et intervenir sur plusieurs paramètres d’utilisation. Ils ont notamment la possibilité de définir des « heures calmes », de limiter certains contenus sensibles ou encore de prévoir des périodes réservées au travail scolaire.

Dans certaines situations considérées comme présentant un risque important, OpenAI peut également transmettre une alerte au parent associé. Cette fonctionnalité est toutefois encadrée : les parents ne peuvent pas consulter les conversations, l’historique ou suivre en direct l’activité de leur adolescent.

L’IA au service de l’apprentissage

OpenAI entend également faire de ChatGPT un outil d’apprentissage plus actif. Le mode étude privilégie ainsi le raisonnement et l’accompagnement de l’élève, plutôt que la simple fourniture d’une solution. Des fonctionnalités telles que les quiz, les rappels liés aux devoirs ou les supports visuels viennent compléter cette approche.

Avec ChatGPT for Teens, OpenAI tente donc de répondre à une problématique devenue centrale pour les acteurs de l’IA : permettre aux adolescents de profiter des capacités de ces outils tout en renforçant les dispositifs destinés à les protéger.

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OpenAI recule dans la course à l’IA, Anthropic prend la main

OpenAI, qui était historiquement la référence, n’est plus en tête de ce classement. Anthropic domine cette édition, mais surtout, la compétition est devenue plus ouverte.

Le classement d’août 2026 de la Text Arena dessine une nouvelle hiérarchie entre les principaux modèles d’intelligence artificielle. Anthropic occupe 7 des dix premières places avec différentes déclinaisons de Claude. 

Rang Modèle Entreprise
1 Claude Fable 5 Anthropic
2 Claude Opus 4.6 High Anthropic
3 Claude Opus 4.7 High Anthropic
4 Muse Spark 1.2 Meta
5 Claude Opus 4.6 Anthropic
6 Claude Opus 4.7 Anthropic
7 Claude Opus 5 High Anthropic
8 Qwen 3.8 Max Alibaba
9 Gemini 3.7 Flash High Google
10 Claude Opus 5 Max Anthropic

Pour OpenAI, le classement marque un recul important. GPT-5.5 High arrive à la 17e place et GPT-5.6 Sol xHigh à la 19e, ce qui place les deux modèles hors du top 15. Le résultat est notable pour une entreprise qui a longtemps occupé le sommet des classements d’IA. En face, Anthropic place sept modèles dans les dix premières positions, dont Claude Fable 5 en tête. Le classement montre ainsi que l’avance historique d’OpenAI n’est plus suffisante pour garantir une position dominante. Mais le changement ne se limite pas au duel entre OpenAI et Anthropic. Alibaba place Qwen 3.8 Max à la 8e position et Kimi K3 Max atteint la 12e place. Google et Meta figurent également dans le top 10. Autrement dit, les positions se multiplient autour des deux leaders historiques du marché américain. La hiérarchie devient plus disputée et laisse davantage de place aux acteurs chinois et aux nouveaux modèles.

Les autres classements de l’Arena vont dans le même sens. Anthropic arrive en tête de la Search Arena avec Claude Opus 4.6 Search et domine également la Document Arena, où ses modèles occupent les six premières places. Dans la Vision Arena, Claude Fable 5 arrive premier, mais Qwen 3.8 Max prend la deuxième place. Ces résultats montrent surtout qu’il n’existe plus un seul classement permettant de dire quel modèle est “le meilleur” dans tous les usages. La performance dépend désormais de la tâche évaluée.

C’est là que se situe le principal enseignement de cette étude. La Text Arena ne mesure pas seulement qui produit les meilleures réponses : elle permet d’observer comment la hiérarchie entre les modèles évolue lorsque ceux-ci sont confrontés directement par les utilisateurs. Les réponses sont comparées en aveugle, puis les résultats sont traduits dans un classement de type Elo. Une première place signifie donc qu’un modèle est davantage préféré dans ces confrontations et non qu’il est supérieur dans absolument tous les domaines.

Le classement d’août 2026 donne ainsi un signal précis. OpenAI n’occupe plus automatiquement le sommet de la hiérarchie, tandis qu’Anthropic s’impose comme le principal bénéficiaire de ce basculement. Mais l’étude montre également que la concurrence s’élargit. Alibaba, Google, Meta et les nouveaux acteurs chinois sont désormais capables de se positionner parmi les meilleurs selon les modèles et les usages évalués. La course à l’IA passe donc d’une logique dominée par quelques références à une compétition beaucoup plus ouverte.

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