Tunisie. Le journaliste Mohamed Yousfi maintenu en détention
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Le syndicat affirme que cette mesure intervient sur fond de positions critiques de M. Yousfi à l’égard des politiques publiques (eau, électricité, situation économique) et considère de ce fait qu’il s’agit d’un ciblage lié à son travail journalistique et à ses prises de position, et non à des faits financiers établis.
Le SNJT qualifie la situation d' »urgence journalistique », estimant que la profession fait face à « un climat de plus en plus répressif », avec des journalistes emprisonnés, poursuivis ou contraints à l’exil.
Sur le plan judiciaire, les avocats intervenant lors de la conférence ont souligné que la procédure reposait largement sur des publications et des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, sans éléments matériels solides. Ils ont aussi pointé la rapidité et la concentration des décisions (ouverture d’enquête, désignation du juge, perquisition, arrestation, garde à vue) dans un court laps de temps, y voyant un manque de proportionnalité et un renversement de fait de la présomption d’innocence.
Le SNJT a annoncé le lancement d’une campagne nationale et internationale de solidarité avec Mohamed Yousfi et avec l’ensemble des journalistes détenus, poursuivis ou exilés, évoquant la possibilité de recourir à diverses formes d’action (sit-in, grèves de la faim, mobilisations professionnelles).
Le syndicat réitère par ailleurs ses demandes récurrentes : libération des journalistes emprisonnés, arrêt des poursuites liées à l’exercice du journalisme, révision du décret-loi n°54 de 2022 et respect du décret-loi n°115 de 2011, ainsi que garantie d’un procès équitable et d’une justice indépendante.
En filigrane de cette conférence, apparaît aussi la question plus large de la crise économique du secteur des médias, qui rendrait les entreprises de presse plus vulnérables aux pressions politiques et administratives, conclut le SNJT.
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Dans un communiqué publié samedi 5 courant, le Conseil de presse réclame la libération de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, interpellé vendredi soir alors qu’il se rendait à une émission radio consacrée à la crise de l’eau. L’instance dénonce un « indicateur dangereux » qui s’ajoute à une série de précédents plaçant journalistes et médias sous la menace de l’intimidation et de l’emprisonnement.
Le Conseil prend soin de ne pas contester le droit des autorités à enquêter, un principe relevant selon lui de l’État de droit. Mais il pose une distinction claire : ces procédures ne doivent pas devenir un moyen de contourner les protections légales des journalistes, ni un outil de pression professionnelle — une nuance qui évite à l’instance de se poser en opposant systématique à la justice tout en fixant une limite nette.
L’alerte porte surtout sur l’effet cumulatif de ces affaires : normalisation des poursuites, montée de l’autocensure, et à terme « assèchement » des sources d’information, donc une atteinte indirecte mais réelle au droit du public à une information fiable.
Le Conseil réclame en parallèle le respect du secret des sources et la création d’un organe de régulation médiatique réellement indépendant, suggérant que le vide institutionnel actuel favorise ce type de dérive.
Fait notable, le communiqué pointe du doigt directement les autorités en place comme responsables de la dégradation du paysage médiatique décrit en des termes très durs : « effondrement », « désertification », presse « sans questions ». Cette charge, inhabituelle dans sa frontalité, traduit une inquiétude qui dépasse le cas individuel de Mohamed Yousfi pour interroger la trajectoire d’ensemble du pluralisme en Tunisie, tout en saluant, en creux, les rédactions qui continuent de résister à cette pression.
A noter qu’avant le Conseil de presse, le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) avait dénoncé l’interpellation du journaliste, s’inquiétant même de son état de santé.
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Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé, ce mardi matin, les institutions médiatiques et les journalistes à accorder la priorité aux questions directement liées au quotidien des citoyens et de ne pas la traiter comme étant des informations d’une importance moindre.
Il faut, selon le syndicat, les traiter comme des questions générales qui méritent d’être examiné, analysé et suivi de près.
Dans une décélaration, le syndicat a souligné que le service public de l’information doit partir de la réalité vécue par les citoyens, précisant que les questions relatives à l’eau, à l’électricité, à la santé, aux transports, aux prix, à l’environnement, aux services administratifs et à l’éducation ne constituent pas des dossiers secondaires par rapport aux dossiers politiques. Elles sont au cœur de la vie publique, car elles touchent directement aux droits des citoyens et à leur relation avec l’État et les institutions publiques.
Le syndicat a, dans cette déclaration, mis en avant l’importance de protéger l’indépendance du journaliste dans l’exercice de cette fonction, précisant que la redevabilité du pouvoir et des institutions publiques, l’évaluation de leurs rendements et la mise en lumière de leurs manquements restent une composante essentielle de la mission journalistique.
Le SNJT a aussi recommandé de placer le citoyen au cœur de la couverture médiatique, de développer les enquêtes fondées sur des données et d’investir dans le journalisme de données et le journalisme d’analyse, afin que le citoyen ne reste pas prisonnier d’une information fragmentée.
Il a insisté sur la nécessité pour les médias de retrouver leur rôle d’intermédiaire entre les citoyens et les institutions, de faire entendre la voix des citoyens auprès des décideurs, de leur fournir les informations nécessaires à la compréhension des politiques publiques, de passer au crible le rendement des institutions et de faire de l’information un outil de responsabilisation, de participation et d’amélioration des services.
Dans ce contexte, le SNJT a appelé les médias à lancer des ateliers et des dossiers journalistiques spécialisés et à favoriser la coopération entre les journalistes et les institutions médiatiques pour produire des enquêtes approfondies, des articles d’analyse et des communiqués de presse ouverts, afin de redonner toute sa place au rôle des médias en tant que véritables services publics au service de la société.
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