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HuMENA exprime sa solidarité avec Wael Naouar

HuMENA exprime sa solidarité avec l’activiste tunisien Wael Naouar, en détention provisoire à la prison de Mornaguia depuis mars 2026 aux côtés d’autres membres de la Flottille Soumoud, dont Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi.

​Selon la Coordination nationale pour la défense des membres de la Flottille Soumoud et du droit palestinien, Wael Naouar a entamé une grève de la faim le 16 août pour réclamer sa libération, celle de ses camarades, ainsi que l’abandon de toutes les poursuites à leur encontre.

Ce 8 septembre marque le 24ᵉ jour de son action, souligne HuMENA, en rappelant qu’après une visite de l’avocat Bassem Trifi le 2 septembre, il a été rapporté que « Wael Naouar a perdu 18 kilos et souffre de vertiges, de vomissements de sang, de migraines, de chutes de glycémie et de difficultés à parler et à dormir ».

« Malgré l’urgence médicale, il n’a pas été transféré à l’hôpital et ne bénéficie que d’un suivi médical hebdomadaire », dénonce HuMENA en réclamant la libération immédiate de Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi, « sauf si les autorités prouvent sur des bases individuelles et légales que leur maintien en détention est strictement nécessaire et proportionné »

HuMENA rappelle par ailleurs que les poursuites pénales ne doivent pas servir à punir l’engagement civique paisible, tout en réclamant le respect strict des garanties d’un procès équitable et un accès immédiat à des soins médicaux adaptés.

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Lazhar Sta tire sa révérence : la fin d’un parcours entrepreneurial

L’homme d’affaires Lazhar Sta, fondateur de Carthage Cement, est mort ce mardi 8 septembre 2026 dans l’un des hôpitaux de Tunis. Sa fille, Amina Sta, a annoncé la nouvelle dans la matinée.

Avec lui disparaît l’un des noms les plus emblématiques et les plus disputés du monde des affaires tunisien depuis le début des années 2000. Diversifié et résolument multisectoriel, le parcours entrepreneurial de Lazhar Sta s’était bâti sur des fondations solides. Dans le secteur du bâtiment, sa holding Bina Corp lui avait permis de s’imposer parmi les leaders des matériaux de construction.

Dans les médias, il avait su prendre des participations stratégiques dans plusieurs stations de radio comptant parmi les plus écoutées du pays.

En 2010, alors qu’il occupe la direction générale de Carthage Cement, Lazhar Sta orchestre l’entrée de la société à la Bourse de Tunis — une opération saluée comme historique. Avec cette disparition, la Tunisie perd de ses capitaines d’industrie les plus prometteurs.

Au-delà de sa carrière d’entrepreneur, Lazhar Sta avait également mené un long parcours syndical : entré très tôt dans les rangs de l’UTICA, il y avait siégé à plusieurs reprises au bureau exécutif national, où il s’était notamment illustré par des contributions marquantes sur les dossiers dont il avait la charge. C’est ce double héritage, entrepreneurial et syndical, que l’organisation patronale a tenu à saluer dans un communiqué publié ce mardi, présentant à sa famille et à ses proches ses condoléances les plus sincères.

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La justice décide de prolonger la garde à vue de Me Mrabet

La garde à vue de l’avocat Ghazi Mrabet, arrêté jeudi dernier, vient d’être prolongée de cinq jours supplémentaires, ce mardi 8 septembre 2026.

Cette décision a été prise par le Parquet près le Tribunal de première instance de Tunis qui a chargé les agents de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants de la Garde nationale de Laouina de poursuivre les investigations dans le cadre de l’enquête menée pour trafic de stupéfiants et blanchiment d’argent.

Pour rappel, Me Mrabet a été interpellé lors d’une descente policière au domicile de l’un de ses clients, condamné par contumace à 40 ans de prison. Une quantité de drogue a également été saisie sur place.

Contestant tout lien avec le réseau de stupéfiants, le collectif de défense soutient que Me Ghazi Mrabet se trouvait sur place uniquement dans le cadre de ses fonctions d’avocat.

Y. N.

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Mandat de dépôt contre Mohamed Yousfi | Le SNJT tire la sonnette d’alarme

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vivement condamné l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre du journaliste Mohamed Youssefi, dénonçant des vices de procédure flagrants ainsi qu’un mépris total de son état de santé alarmant.

Dans un communiqué publié ce mardi 8 septembre 2026, le Syndicat tire la sonnette d’alarme sur les conditions de cette décision judiciaire en afformant que selon le comité de défense, le mandat de dépôt a été émis de manière irrégulière : « l’interrogatoire n’a pas été finalisé, les plaidoiries des avocats n’ont pas été entendues, et l’acte a été posé en l’absence de l’inculpé alors même que ses conseils ont refusé de signer le procès-verbal ».

Le SNJT pointe également une urgence médicale occultée en rappelant que Mohamed Yousfi a été victime de violentes douleurs dans les locaux du Pôle judiciaire économique et financier et a dû être à nouveau examiné sur place par un médecin de la Protection civile, sachant qu’il a été opéré de l’appendicite lors de sa garde à vue.

Malgré ce tableau clinique préoccupant, l’audience n’a pas été interrompue pour lui permettre de recevoir les soins requis, déplore le SNJT qui fait porter l’entière responsabilité de toute séquelle physique ou légale aux autorités, tout en rappelant que la détention provisoire ne doit en aucun cas s’apparenter à une peine anticipée ou servir d’instrument d’intimidation contre la presse.

Y. N.

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Quand l’Europe et la Méditerranée tissent ensemble l’avenir du textile

Face à une mondialisation du secteur et à une concurrence de plus en plus rude, le textile mise sur l’innovation pour se maintenir et se développer. Quels sont les enjeux d’aujourd’hui ? Pour y répondre, la Conférence textile euro-méditerranéenne, organisée à Tunis par la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH) et EURATEX, a réuni industriels, responsables publics, institutions financières et partenaires européens autour d’un objectif commun : consolider les chaînes de valeur entre les deux rives de la Méditerranée.

À cette occasion, Anna Barone, cheffe de la représentation de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Tunisie, a exposé l’approche de l’institution visant à soutenir le secteur privé, améliorer la compétitivité des entreprises tunisiennes et renforcer leur intégration aux chaînes de valeur régionales et européennes.

La participation de représentants de haut niveau de la Commission européenne a également illustré l’engagement de Team Europe en faveur du développement du secteur privé et du rapprochement économique entre la Tunisie et l’Union européenne.

Des outils de financement pour le textile

Les échanges avec les acteurs du textile ont mis en évidence l’intérêt des entreprises pour les mécanismes soutenus par la BEI et l’Union européenne, notamment :

  • Le Trade & Competitiveness Programme (TCP);
  • La ligne de crédit Tunisie Relance Économique;
  • Les futures garanties de portefeuille (PPG), destinées à améliorer l’accès des très petites, petites et moyennes entreprises au financement.

Une réponse intégrée aux défis du secteur

L’accompagnement de la BEI repose sur une approche combinant financement, partage des risques, assistance technique et soutien à la modernisation. L’objectif est d’aider les entreprises tunisiennes à renforcer leur compétitivité, à innover et à accéder à de nouveaux marchés.
À travers un meilleur accès au financement et une intégration accrue aux chaînes de valeur euro-méditerranéennes, ces initiatives devraient favoriser de nouvelles opportunités pour les entreprises tunisiennes, notamment pour les jeunes et les femmes.

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Tunisie | Décès de l’homme d’affaires Lazhar Sta

C’est sa fille Amina Sta, qui a annoncé son décès dans un post laconique sur les réseaux sociaux. L’homme d’affaires Lazhar Sta, ancien associé de Belhassen Trabelsi, le beau-frère de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, dans l’entreprise Carthage Cement, est décédé ce mardi 8 septembre 2026.

On ne connaît pas les circonstances de ce décès, mais on sait que le prisonnier, qui souffrait de plus plusieurs pathologies chroniques, était très malade ces derniers temps et qu’il a été récemment hospitalisé en urgence à la suite de la détérioration de son état de santé. 

Les autorités pénitentiaires, comme à leur habitude, sont restées silencieuses sur les circonstances de cette nouvelle mort d’un prisonnier. La fille du défunt, quant à elle, leur fait porter la responsabilité de la détérioration de la santé de son père et le accuse de négligence et de manque de soins, en menaçant de porter plainte devant des instances internationales.

Le 30 juin dernier, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près du tribunal de première instance de Tunis l’avait condamné, ainsi que son ancien associé Belhassen Trabelsi, en fuite depuis le 14 janvier 2011, à six ans de prison ferme. Accusés de corruption, d’appropriation illicite de biens appartenant à l’Etat et de détournement de fonds publics, les deux ex-associés dans Carthage Cement avaient aussi été condamnés à verser de lourdes amendes.  

I. B.

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Arrestation de Mohamed Yousfi : le SNJT appelle à une campagne de solidarité

À l’occasion d’une conférence de presse tenue le 8 septembre 2026, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a mis l’accent sur l’arrestation du rédacteur en chef d’Alqatiba, Mohamed Yousfi, interpellé le 4 septembre. 

Le syndicat affirme que cette mesure intervient sur fond de positions critiques de M. Yousfi à l’égard des politiques publiques (eau, électricité, situation économique) et considère de ce fait qu’il s’agit d’un ciblage lié à son travail journalistique et à ses prises de position, et non à des faits financiers établis. 

Le SNJT qualifie la situation d' »urgence journalistique », estimant que la profession fait face à « un climat de plus en plus répressif », avec des journalistes emprisonnés, poursuivis ou contraints à l’exil.

Sur le plan judiciaire, les avocats intervenant lors de la conférence ont souligné que la procédure reposait largement sur des publications et des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, sans éléments matériels solides. Ils ont aussi pointé la rapidité et la concentration des décisions (ouverture d’enquête, désignation du juge, perquisition, arrestation, garde à vue) dans un court laps de temps, y voyant un manque de proportionnalité et un renversement de fait de la présomption d’innocence.

Le SNJT a annoncé le lancement d’une campagne nationale et internationale de solidarité avec Mohamed Yousfi et avec l’ensemble des journalistes détenus, poursuivis ou exilés, évoquant la possibilité de recourir à diverses formes d’action (sit-in, grèves de la faim, mobilisations professionnelles).

Le syndicat réitère par ailleurs ses demandes récurrentes : libération des journalistes emprisonnés, arrêt des poursuites liées à l’exercice du journalisme, révision du décret-loi n°54 de 2022 et respect du décret-loi n°115 de 2011, ainsi que garantie d’un procès équitable et d’une justice indépendante.

En filigrane de cette conférence, apparaît aussi la question plus large de la crise économique du secteur des médias, qui rendrait les entreprises de presse plus vulnérables aux pressions politiques et administratives, conclut le SNJT.

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Décès de l’homme d’affaires Lazhar Sta

L’homme d’affaires Lazhar Sta est décédé , mardi 8 septembre 2026, indique sa fille Amina Sta, dans une publication sur son compte officiel du réseau social Instagram.

Dans la même publication, elle tient les autorités pour responsables et appelle à faire toute la lumière sur les circonstances et les causes du décès.

A noter que Lazhar Sta fut membre du bureau exécutif de l’UTICA chargé des relations avec l’université.

Paix à son âme!

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Nabeul : un quota de 1 000 moutons réservé au programme national d’approvisionnement pour l’Aïd 2027

Un quota de 1.000 têtes a été fixé pour le gouvernorat de Nabeul dans le cadre du programme national spécial d’approvisionnement en moutons pour l’Aïd el-Idha 2027, a indiqué lundi le directeur de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (URAP), Slim Zouari.

Lors d’une journée de sensibilisation organisée au siège de l’URAP, Slim Zouari a appelé les agriculteurs, les éleveurs et les investisseurs à adhérer à cette initiative anticipative, destinée notamment à réguler le marché et à assurer la disponibilité de moutons à des prix accessibles aux familles tunisiennes.

Selon Zouari, le dispositif prévoit un accompagnement technique et financier des éleveurs. Il comprend notamment l’octroi d’un crédit bancaire de 600 dinars par tête, à un taux d’intérêt ne dépassant pas 5 %, pour l’acquisition de moutons d’un poids initial compris entre 20 et 30 kg.

Une prime d’encouragement de 200 dinars par tête, accordée sous forme de bons d’achat d’aliments auprès de l’Office national des aliments du bétail, est également prévue.

En contrepartie, les éleveurs bénéficiaires s’engagent à commercialiser directement les animaux auprès des consommateurs, au poids et selon les prix de référence fixés dans le cadre du programme. Ils sont également soumis à un suivi sanitaire régulier, comprenant notamment la vaccination, l’identification des animaux et les contrôles vétérinaires, jusqu’à l’atteinte d’un poids final compris entre 40 et 60 kg.

La rencontre a réuni des représentants de l’Office de l’élevage et des pâturages, du Commissariat régional au développement agricole (CRDA) et du GIP Lait et Viandes Rouges. Elle a également permis de recenser les principales difficultés auxquelles fait face la filière de l’élevage ovin.

Les participants ont notamment pointé du doigt le vol de bétail, principale cause de réticence des éleveurs, ainsi que les difficultés liées à la régularité de l’approvisionnement en aliments à des prix raisonnables et à la disponibilité d’agneaux destinés à l’engraissement.

Face à ces défis, certains agriculteurs ont suggéré d’élargir ce dispositif ou de le compléter par un programme supplémentaire encourageant l’acquisition de moutons.

Cette mesure viserait à contribuer à la reconstitution du cheptel national, à assurer la pérennité de la filière d’élevage et à garantir à terme, un approvisionnement régulier du marché en viandes rouges à des prix maîtrisés.

 

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Ooredoo Tunisie inaugure le projet Water for All à Kairouan

Ooredoo Tunisie vient d’inaugurer, dans le cadre de son programme de responsabilité sociétale Tounes T3ich, son projet Water for All à Kairouan, marquant une nouvelle étape concrète dans son engagement en faveur des communautés locales et d’un impact social durable à travers la Tunisie.

Développé en réponse à un besoin réel identifié au sein de la communauté locale, ce projet, mis en œuvre en partenariat avec l’Association Carthage Horizon, permet à 250 familles de bénéficier d’un accès amélioré et durable à l’eau, à travers une solution concrète contribuant directement à l’amélioration de leurs conditions de vie quotidiennes.

Le projet a notamment porté sur la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures hydrauliques au niveau de la station de pompage n°2 – Hendi El Zitouna, afin de faciliter l’accès à l’eau pour les habitants de la zone et d’apporter une solution durable adaptée aux besoins locaux.

La cérémonie d’inauguration a réuni, le 7 septembre 2026, des représentants d’Ooredoo Tunisie et de l’Association Carthage Horizon, ainsi que des acteurs locaux et des habitants de la région, afin de célébrer l’aboutissement de ce projet et les efforts collectifs ayant permis sa concrétisation.

À cette occasion, Eyas Assaf, Directeur Général d’Ooredoo Tunisie, a déclaré: «À travers Tounes T3ich, nous nous engageons à soutenir des initiatives qui répondent à des besoins réels et qui génèrent un impact positif et durable au profit des communautés locales à travers la Tunisie. L’accès à l’eau est un besoin essentiel, et nous sommes particulièrement fiers que le projet “Water for All” contribue aujourd’hui à améliorer concrètement le quotidien de 250 familles à Kairouan. Cette réalisation illustre toute la valeur de notre collaboration avec l’Association Carthage Horizon et les acteurs locaux pour transformer nos engagements en résultats concrets au bénéfice de la communauté. »

Le projet Water for All reflète pleinement l’approche portée par Tounes T3ich : être à l’écoute des besoins des communautés locales, travailler aux côtés de partenaires engagés et mettre en œuvre des projets concrets capables de générer un impact positif et durable sur le terrain.

À travers Tounes T3ich, Ooredoo Tunisie poursuit le développement et le soutien d’initiatives autour de ses principaux axes de responsabilité sociétale, notamment la santé, l’éducation, l’environnement et le bien-être social, avec des projets conçus pour répondre aux besoins spécifiques des différentes communautés à travers le pays.

La réussite du projet Water for All à Kairouan vient ainsi renforcer l’engagement d’Ooredoo Tunisie en faveur d’actions responsables et durables, tout en soulignant l’importance de la collaboration avec la société civile et les acteurs locaux pour créer un impact positif, concret et durable au profit des communautés à travers la Tunisie.

Vidéo de l’action.

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Sfax : la municipalité intensifie ses préparatifs pour la rentrée scolaire

Les services de la municipalité de Sfax ont lancé des opérations de nettoyage et de réaménagement des jardins et espaces verts du quartier périurbain Saltnia relevant de la circonscription de Sidi Mansour, dans le cadre d’un programme global de travaux.

Les interventions englobent le nettoyage, la collecte des déchets et la remise en état des espaces verts, pour en faire des lieux de détente fonctionnels répondant aux attentes des habitants.

Les travaux se déroulent selon un calendrier établi jusqu’à couverture complète des surfaces concernées.

Dans le même contexte, les services municipaux de Sfax ont également intensifié leurs interventions aux abords des établissements scolaires et universitaires, en vue d’assurer les meilleures conditions d’accueil pour les élèves, les étudiants et le personnel éducatif.

Ces interventions ont compris la collecte et l’enlèvement des déchets, l’entretien des voiries et trottoirs, ainsi que la pose et le maintien de la signalisation verticale et horizontale.

Les équipes ont aussi procédé à l’élagage des arbres, au désherbage, au contrôle des locaux ouverts au public, à la maintenance de l’éclairage public, ainsi qu’au traitement et à la désinfection des établissements scolaires et de leurs abords.

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Ariana : vaccination gratuite des animaux domestiques contre la rage

Deux tentes vétérinaires seront installées cette semaine à la Cité Ettadhamen, dans le gouvernorat de l’Ariana, pour assurer gratuitement la vaccination des chiens et des chats contre la rage, a annoncé lundi la Commissariat régional au développement agricole.

La première opération est prévue mercredi 9 septembre, devant le dispensaire de l’avenue de la République à Ettadhamen, de 09h00 à 12h00.

Une seconde tente sera installée jeudi 10 septembre devant le parc d’Ettadhamen, aux mêmes horaires.

La vaccination antirabique des animaux est obligatoire et gratuite, a précisé le commissariat, appelant les habitants à accompagner leurs animaux afin de faciliter le travail des équipes chargées de la campagne.

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Tataouine : des mesures préventives face aux risques climatiques pour la saison 2026-2027

La commission régionale de prévention des catastrophes et d’organisation des secours a tenu, lundi, au siège de la gouvernorat de Tataouine une séance de travail consacrée aux préparatifs en prévision de la saison des pluies et des risques climatiques de l’automne-hiver 2026/2027, notamment les inondations et les débordements d’oueds dans les zones vulnérables.

La séance a été l’occasion pour les services de la direction régionale de la protection civile de présenter un contenu audiovisuel documentant des épisodes pluviométriques enregistrés au cours des années précédentes dans plusieurs zones et localités de la région.

Prenant la parole, le gouverneur a appelé à intensifier le curage des oueds, à identifier et traiter les points d’accumulation des eaux, et à renforcer la vigilance face à des prévisions météorologiques annonçant une saison pluvieuse.

Il a insisté sur l’impératif de réviser les plans d’intervention, de remédier aux lacunes, pressant les différents intervenants régionaux et locaux à coordonner davantage et à vérifier la disponibilité des équipements et des moyens d’intervention.

Il a également rappelé l’obligation pour chaque agent public, où qu’il se trouve, d’assumer ses responsabilités et d’être présent sur le terrain quand la situation l’exige.

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Tribune Elyes Kasri — Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité

SOUVERAINETÉ TUNISIENNE SÉQUESTRÉE : Des complicités impérialistes aux reniements postcoloniaux : autopsie doctrinale d’une asphyxie géographique et d’un chantage énergétique désamorcé

I. LE PARADOXE DU LOGICIEL POSTCOLONIAL ET LA TRAGEDIE DU REFOULEMENT DE LA MÉMOIRE NATIONALE

La géopolitique de l’Afrique du Nord contemporaine demeure prisonnière d’un des plus grands paradoxes de l’histoire du droit international public : la sacralisation de la carte coloniale par des États neufs qui ont pourtant fondé l’intégralité de leur légitimité historique sur une geste anticoloniale intransigeante.

Par une tribune parue dans le numéro 952 de son magazine, , intitulée « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité » (Elyes Kasri), L’Économiste Maghrébin a brisé une chape de plomb mémorielle soigneusement entretenue par les appareils de propagande et les nécessités de la realpolitik.
L’article démontre avec une clarté clinique comment le principe du respect des frontières existantes au moment de l’accession à l’indépendance (uti possidetis juris), élevé au rang de dogme par l’Organisation de l’Unité Africaine lors du sommet du Caire en juillet 1964, a opéré un véritable « blanchiment diplomatique » des spoliations territoriales du XIXe.

Pour la Tunisie, ce principe n’a jamais été un gage de paix ou d’équilibre, mais le verrou juridique destiné à pérenniser une asphyxie géographique méthodique.
Entre la signature du traité du Bardo en 1881 et les arbitrages maritimes de la fin du XXe siècle, l’espace souverain de la Tunisie précoloniale a été rogné à l’Ouest par la France au profit de sa colonie de peuplement algérienne, amputé au Sud par les exigences ottomanes et balkanisé à l’Est face à la Libye par les arrangements diplomatiques de la puissance protectrice.
Face à ce bilan, l’opinion publique tunisienne souffre d’une amnésie téléguidée par les gouvernants successifs, soucieux de ne pas indisposer de puissants voisins jaloux de leur héritage colonial et n’hésitant pas à utiliser tous les moyens d’intimidation y compris la force armée, et par une rhétorique lénifiante de la « fraternité maghrébine » qui dissout les droits historiques dans l’émotion politique.
Ce corpus a pour ambition de poser les fondements d’une réappropriation mémorielle et d’un plaidoyer juridique rigoureux. Il s’adresse aux chercheurs, aux diplomates et à la conscience nationale pour démontrer que l’architecture actuelle des frontières de la Tunisie n’est pas un fait de la nature, mais le produit d’une contrainte historique abusive, ouvrant la voie à une contestation légitime des traités asymétriques hérités du siècle dernier.

II. LE PREMIER CYNISME COLONIAL : LA CONVENTION DE 1910 ET L’ASPHYXIE OCCIDENTALE PAR LA LIGNE WINCKLER

Le dépeçage territorial de la Tunisie trouve sa source dans le traitement différencié que la France coloniale imposait à ses possessions d’Afrique du Nord.
Si la Tunisie n’était qu’un protectorat, un État tiers conservant sa souveraineté nominale sous l’autorité du Bey et régi par le droit des traités internationaux, à l’inverse, l’Algérie était découpée en départements français, intégrée organiquement et définitivement au domaine de la République.

Dès lors que l’exploration géologique a laissé entrevoir les richesses minérales et caravanières du Sahara central, le choix de Paris fut dicté par une pure rationalité patrimoniale : tout territoire rattaché à l’Algérie devenait une propriété éternelle de la métropole ; tout territoire laissé à la Tunisie demeurait grevé du statut d’autonomie beylicale et susceptible d’échapper un jour au contrôle direct de la France.
Ce calcul géopolitique se matérialise lors de la Convention frontalière de Tripoli du 19 mai 1910, conclue entre la France, agissant au nom de la Tunisie, et la Sublime Porte ottomane, alors souveraine de la Libye.

Les opérations de délimitation sur le terrain furent confiées au commandant français Winckler. Sous couvert de fixer les limites des tribus nomades de la Jeffara, Winckler dévia arbitrairement la ligne de démarcation vers l’Est.
Ce tracé purement artificiel amputa la Tunisie de dizaines de milliers de kilomètres carrés de son hinterland saharien naturel, déplaçant le point de contact final vers ce qui deviendra la Borne 233.
Les portions territoriales ainsi arrachées à la Régence de Tunis furent immédiatement incorporées administrativement aux Territoires du Sud de l’Algérie française, rattachés aux Départements des Oasis. C’est ce tracé impérialiste précis qui privera plus tard la Tunisie de la pleine souveraineté sur les immenses nappes d’hydrocarbures de la région d’El Borma.

III. LE DEUXIÈME FRONT DE L’AMPUTATION : LE MARCHANDAGE ITALIEN ET LE TRAITÉ FRANCO-LIBYEN DE 1955

L’asphyxie de la frontière orientale tuniso-libyenne répond au même cynisme de la puissance protectrice, combinant balkanisation territoriale et concessions diplomatiques majeures faites sur le dos de la Tunisie. Au début du XXe siècle, la France doit composer avec les convoitises coloniales de l’Italie en Méditerranée. Pour obtenir le feu vert de Rome lors de l’établissement du protectorat français au Maroc, Paris conclut des accords diplomatiques secrets, notamment les accords Barrère-Prinzetti de 1902.

Lors de la négociation de la convention de 1910, la France s’autolimita délibérément au Sud-Est de la Tunisie, coupant les routes d’extension de la Régence vers Ghadamès et figeant le terminal côtier à Ras Jedir.
Paris offrait ainsi une frontière saharienne élargie et stabilisée à la future Libye italienne, que Rome envahit dès 1911 lors de la guerre italo-turque. Ainsi, la Tunisie beylicale se retrouvait doublement spoliée : réduite à l’Ouest pour enrichir l’Algérie française, et bloquée au Sud-Est pour satisfaire le troc franco-italien.

Le processus de dépeçage se prolongea de manière critique à la veille de l’indépendance tunisienne. En août 1955, alors que la France négocie les accords d’autonomie interne avec Tunis, elle signe secrètement à Tripoli un Traité d’amitié et de bon voisinage avec le Royaume de Libye du roi Idris.
La France, qui occupait militairement la province stratégique du Fezzan depuis 1943, cherche à tout prix à y maintenir ses bases aériennes et à obtenir des permis de recherche pétrolière pour ses compagnies.

Pour complaire à Tripoli, la diplomatie française valide une délimitation des confins sahariens et maritimes extrêmement restrictive pour la Tunisie. Paris s’abstient volontairement de faire valoir les titres juridiques historiques de la Régence de Tunis sur son plateau continental. C’est ce renoncement français majeur de 1955 qui servira de fondement technique et de piège légal lors du grand contentieux maritime des années 1980.

IV. LE CORPUS DES ENGAGEMENTS CONTRACTUELS DU GPRA ET LE CRI DU CŒUR DU BARDO

À son indépendance en 1956, la Tunisie hérite d’une frontière saharienne mutilée. Face à la guerre de libération algérienne, Habib Bourguiba fait le choix d’une solidarité maghrébine active, transformant le territoire tunisien en base arrière politique et militaire pour le Front de Libération Nationale et l’Armée de Libération Nationale.

Ce soutien de géant, payé au prix fort par le peuple tunisien lors du massacre de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958, s’articule autour d’un pacte juridique clair : l’Algérie indépendante devra réparer les injustices des tracés coloniaux. L’autorité officielle représentant la révolution est alors le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. C’est avec cette entité légitime que la Tunisie signe deux accords contraignants.

– Le premier est le Procès-verbal du 6 janvier 1959 : signé secrètement à Tunis, ce document acte la reconnaissance par les dirigeants algériens du caractère arbitraire des frontières sahariennes tracées par l’armée française. Le GPRA s’y engage formellement à ouvrir des négociations de rectification territoriale dès la proclamation de l’indépendance.

– Le second document est la Déclaration Commune du 26 juillet 1961 : alors qu’à Évian, la France tente de détacher le Sahara de l’Algérie en raison de ses richesses en hydrocarbures, Bourguiba fait pression en réclamant les droits sahariens de la Tunisie. Pour obtenir l’appui vital de Tunis, le président du GPRA, Ferhat Abbas, co-signe un protocole diplomatique majeur.
La clause textuelle de cet accord est irréfutable : le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne reconnaît d’une part que le tracé actuel des frontières sahariennes résulte d’arbitrages coloniaux abusifs et d’autre part, s’engage à réviser d’un commun accord avec le Gouvernement Tunisien les revendications légitimes de ce dernier dès la proclamation de l’indépendance. Ce corpus écrit démontre de manière définitive qu’Alger avait validé l’inopposabilité des frontières coloniales à la Tunisie.

Conscient des réticences qui commençaient à poindre chez certains cadres militaires de l’ALN hébergés à Tunis, Habib Bourguiba prononce devant l’Assemblée constituante réunie au Bardo, le 5 février 1959, un discours d’une vive force dramatique. Ce texte, le plus émouvant de sa doctrine maghrébine, dénonce par avance l’ingratitude d’un voisin que la Tunisie porte à bout de bras :
« Notre peuple souffre, notre peuple saigne, et nous partageons notre pain quotidien avec nos frères algériens que nous protégeons et abritons au péril de notre propre sécurité. Sakiet Sidi Youssef en est le témoignage éternel inscrit dans le sang de nos enfants. Malgré cela, lorsque nous évoquons nos droits légitimes sur notre propre Sahara, spolié par l’administration coloniale, nous percevons une surdité douloureuse chez ceux-là mêmes que nous portons à bout de bras. Il est déchirant de constater que la fraternité des combats s’arrête là où commencent les frontières tracées par l’oppresseur. Je le dis avec une profonde tristesse : si l’Algérie indépendante venait à s’approprier les injustices territoriales de la France en nous opposant une fin de recevoir, ce ne serait pas seulement un reniement de la parole donnée, ce serait une blessure inguérissable infligée à l’âme tunisienne. La Tunisie ne demande l’aumône de personne, elle réclame la restitution de son dû, au nom de la justice et du sang versé en commun ».

V. LE PROCESSUS DE RENIEMENT GÉOPOLITIQUE ET LE DOUBLE JEU MULTILATÉRAL

L’accession de l’Algérie à la souveraineté en juillet 1962 balaie instantanément les engagements contractuels civils du GPRA. Le clan militaire d’Oujda, dirigé par Houari Boumédiène, écarte Ferhat Abbas et installe Ahmed Ben Bella à la présidence.
Face aux diplomates tunisiens qui exigent l’application des accords de 1959 et 1961, Ben Bella choisit la carte de la temporisation psychologique. L’Algérie traverse alors une crise interne majeure et fait face aux revendications territoriales du Maroc sur Tindouf.

Lors de ses tête-à-tête avec Bourguiba, Ben Bella prononce cette formule de diversion morale : « Mon frère Habib, ne nous poignardez pas dans le dos alors que l’encre de notre indépendance est encore fraîche et que nos martyrs ne sont pas tous enterrés. Laissez-nous stabiliser le pouvoir, consolider la révolution, et je vous jure que nous réglerons la question des frontières dans la fraternité, loin des tracés coloniaux ». Bourguiba cède à cette rhétorique affective, commettant l’erreur d’accorder un moratoire verbal sans garanties.

Le reniement formel s’articule lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine au Caire en juillet 1964. Ébranlée par la Guerre des Sables contre le Maroc, l’Algérie déploie son appareil diplomatique pour faire sacraliser le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.
Le cynisme doctrinal est absolu : le régime algérien, qui tire sa légitimité du combat anticolonial, s’approprie le tracé impérialiste de la Ligne Winckler de 1910 et de la Borne 233 pour exclure la Tunisie du partage.

Lorsque la Tunisie découvre le gisement géant d’El Borma en 1964, l’Algérie déploie ses forces armées pour sécuriser la majeure partie du bassin sédimentaire. Affaiblie par la santé déclinante de son leader, la Tunisie est acculée à ratifier le Traité de délimitation frontalière finale du 16 avril 1970.

Ce renoncement aux droits de la Tunisie précoloniale trouve son prolongement maritime face à la Libye. Porté devant la Cour Internationale de Justice, le différend sur la délimitation du plateau continental débouche sur l’arrêt du 24 février 1982. La Cour valide un tracé largement calqué sur les lignes de concessions techniques issues du traité de 1955, attribuant à la Libye le contrôle exclusif du champ pétrolifère de Bouri, le plus productif de la Méditerranée.

En mars 2023, le président Kaïs Saïed dénoncera publiquement cette sentence historique, rappelant que la Tunisie n’a reçu que des miettes d’un bassin d’hydrocarbures dont un partage équitable aurait suffi à assurer l’indépendance financière et la prospérité du domaine national.

VI. LE RAPPORT DE FORCE INVERSÉ : DÉCONSTRUCTION DU CHANTAGE ÉNERGÉTIQUE AUTOUR DU TRANSMED

Pour pérenniser ce statu quo frontalier asymétrique, d’aucuns agitent régulièrement le spectre de la vulnérabilité énergétique tunisienne, notamment via l’axe du gazoduc TRANSMED, reliant l’Algérie à l’Italie en traversant le territoire national.
Selon cette vulgate, la Tunisie devrait s’abstenir de toute revendication mémorielle ou territoriale sous peine de voir ses vannes coupées unilatéralement par Alger. L’analyse technique et systémique des flux démontre que cette menace est une illusion rhétorique : un chantage gazier sur le TRANSMED causerait l’effondrement immédiat du régime algérien lui-même.

Depuis la reconfiguration mondiale des approvisionnements énergétiques post-2022, le TRANSMED est devenu un actif hautement stratégique surveillé par les puissances occidentales. Le gaz transitant par le sol tunisien sécurise le tissu industriel de l’Europe du Sud. Toute tentative d’Alger d’interrompre ou de manipuler ce flux sous prétexte de pressions politiques sur Tunis provoquerait une réponse diplomatique et financière immédiate de l’Italie et de l’Union européenne, isolant définitivement l’Algérie sur la scène internationale.

De surcroît, le pipeline constitue avant tout la jugulaire économique de l’État rentier algérien. Le budget de l’Algérie est maintenu sous perfusion par l’exportation de gaz. Tarir le TRANSMED équivaudrait, pour Alger, à couper sa propre artère financière en se privant instantanément de ses flux de devises essentiels. Sans ces revenus gaziers, le pouvoir algérien se retrouverait incapable de financer la paix sociale intérieure, assurée par de coûteux programmes de subventions de première nécessité pour contenir l’insurrection populaire. Le chantage au gaz est donc inapplicable : Alger ne peut l’utiliser sans déclencher sa propre implosion intérieure. La Tunisie, pivot géographique incontournable du transit, détient un levier d’interdépendance majeur qu’elle doit apprendre à faire valoir.

VII. L’ANALYSE DOCTRINALE DES COMMIS DE L’ÉTAT TUNISIEN

La dénonciation de cette asphyxie territoriale et énergétique n’est pas une construction contemporaine ; elle a été documentée avec rigueur par les plus hauts commis de la République Tunisienne.
L’apport de l’éminent constitutionnaliste et juriste tunisien, le professeur Lazhar Bououni (1948-2017), ancien ministre de la Justice, reste fondamental pour contester la légitimité des accords frontaliers.
Dans ses recherches universitaires publiées au sein de la Revue Tunisienne de Droit, il démontre que l’Algérie a violé de manière flagrante le principe de l’estoppel en droit international public. Un État ne peut adopter une posture qui contredit ses engagements antérieurs lorsque celle-ci lèse un tiers.
L’Algérie a accepté l’aide vitale de la Tunisie sur la base de la promesse écrite de réviser les frontières en 1959-1961, pour ensuite rejeter sa propre signature en invoquant la résolution de l’OUA de 1964. Pour M. Bououni, le traité de 1970 est entaché d’un vice de consentement moral fondamental, signé sous la contrainte d’un rapport de force militaire asymétrique. Il applique la même rigueur critique à l’arrêt de la CIJ de 1982, soulignant la mauvaise foi méthodologique de la partie adverse.

Le témoignage de Driss Guiga, figure de proue de l’appareil sécuritaire de Bourguiba (1947-2026), apporte la validation factuelle de ce préjudice. Nommé ministre de l’Intérieur au lendemain de l’attaque de Gafsa en janvier 1980 — où un commando armé s’était infiltré via la frontière occidentale —, M. Guiga inspecte personnellement les confins algéro-tunisiens.
Dans ses mémoires parus en octobre 2024, il consigne un constat sans appel : le tracé imposé par Alger en 1970 a privé la Tunisie de ses défenses naturelles sahariennes, créant une frontière artificielle, vulnérable et difficile à sécuriser. Il dénonce l’usage de cette asymétrie géographique par Alger comme un levier d’influence permanent visant à brider les orientations souveraines de Tunis.

VIII. CONCLUSION : POUR UN SOUVERAINISME MESURÉ ET SCIENTIFIQUE

La réévaluation mémorielle de l’asphyxie territoriale de la Tunisie n’est ni un appel au chauvinisme acrimonieux ni une tentative de déstabilisation des équilibres maghrébins. C’est un acte de salubrité intellectuelle nécessaire.
Tant que l’opinion publique tunisienne acceptera le récit biaisé de frontières fraternelles intangibles, la Tunisie restera en position de faiblesse doctrinale structurelle, contrainte de subir les asymétries économiques et sécuritaires imposées à ses dépens.

En s’appuyant sur les archives de 1910, les engagements écrits du GPRA de 1961, l’analyse de la convention maritime de 1955 et l’interdépendance réelle du réseau TRANSMED, ce corpus démontre que les droits de la Tunisie sur son espace demeurent imprescriptibles au regard de la vérité historique. Le combat pour la souveraineté de demain commence par le refus de l’amnésie d’aujourd’hui.

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CORPUS BIBLIOGRAPHIQUE ET ARCHIVISTIQUE DE RÉFÉRENCE :
Sources Primaires et Actes Internationaux :
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Documents diplomatiques français (1871-1914), Imprimerie Nationale, Paris. (Correspondance de 1902-1911 sur les accords territoriaux franco-italiens).
• Régence de Tunis & Empire Ottoman, Convention finale de délimitation de la frontière entre la Tunisie et la Tripolitaine, Tripoli, 19 mai 1910.
• Winckler (Commandant), Rapport topographique et cartographique sur la délimitation de la frontière méridionale de la Tunisie, Service géographique de l’Armée, Paris-Tunis, 1911.
• Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, Procès-verbal de la conférence bilatérale secrète sur les confins sahariens occidentaux, Tunis, 6 janvier 1959.
• Ministère des Affaires Étrangères (France), Traité d’amitié et de bon voisinage entre la France et la Libye, Tripoli, 10 août 1955.
• Abbas (Ferhat) et Bourguiba (Habib), Déclaration commune tuniso-algérienne sur la révision des frontières sahariennes, Tunis, 26 juillet 1961.
• Organisation de l’Unité Africaine, Résolution AHG/Res. 16(I) sur l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, Le Caire, 17-21 juillet 1964.
• Cour Internationale de Justice, Affaire du Plateau continental (Tunisie/Jamahiriya arabe libyenne), Arrêt du 24 février 1982.
• République Tunisienne, Journal Officiel de la République Tunisienne, Décret n° 70-170 du 20 mai 1970, portant ratification du traité frontalier tuniso-algérien.
Travaux Académiques et Littérature Géopolitique
• Abbas (Ferhat), Autopsie d’une guerre : L’Aurore, Éditions Albin Michel, Paris, 1980.
• Bououni (Lazhar), Le régime juridique des frontières sahariennes : Éléments pour une étude du contentieux frontalier tuniso-algérien, Revue Tunisienne de Droit, Volume XIV, n° 2, Tunis, 1982.
• Bououni (Lazhar), L’arrêt de la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental tuniso-libyen : une lecture critique, Revue Tunisienne de Droit, Tunis, 1983.
• Despois (Jean), La Tunisie : ses régions, Éditions Armand Colin, Paris, 1961.
• Flory (Maurice), « La notion de frontière en Afrique du Nord », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1965.
• Grimaud (Nicole), La politique extérieure de l’Algérie (1962-1978), Éditions Karthala, Paris, 1984.
• Guiga (Driss), Sur le chemin de Bourguiba : mémoires d’un acteur clé de l’histoire tunisienne, Éditions de L’Économiste Maghrébin, Tunis, octobre 2024.
• Kasri (Elyes), « Frontières africaines : du péché de Berlin au piège de l’intangibilité », L’Économiste Maghrébin, n° 952, août-septembre 2026 [INDEX].
• Maltese (S.), Le TRANSMED et la sécurité de l’approvisionnement gazier de l’Europe du Sud, Revue de l’Énergie, Milan/Paris, 2022.
• Martel (André), Les frontières tunisiennes (1881-1911) : Textes et cartes, Université de Tunis, 1965.
• Martel (André), « Le différend frontalier tuniso-algérien (1956-1970) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, Tome XVIII, Paris, 1971.
• Martel (André), « La frontière tuniso-libyenne : de la zone mouvante à la ligne Winckler », Annuaire de l’Afrique du Nord, Éditions du CNRS, Paris, 1966.
• Rainero (Romain H.), Les Italiens dans la Tunisie coloniale : ambitions et réalités d’une présence, Éditions Économica, Paris, 1982.

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Tunisie | La colère des agents de la Steg

Les agents et cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) relevant des différentes agences du gouvernorat de Sousse ont observé un mouvement de protestation d’une heure, ce lundi matin, 7 septembre 2026, de 9h00 à 10h00. Cette action fait suite au décès de leur collègue de l’agence de Menzel Bourguiba, mort électrocuté dans l’exercice de ses fonctions.

Hichem Ouacham, secrétaire général de la section syndicale de la Steg (agence de Sousse-Ville) et membre du bureau exécutif de l’organisation syndicale, a expliqué dans une déclaration à Mosaïque que ce rassemblement visait à dénoncer la dégradation des conditions de sécurité au travail pour les agents, en particulier face au manque de moyens de protection et d’équipements nécessaires à l’activité. Certains équipements de protection — tels que les gants isolants, les chaussures de sécurité et les tenues de travail — ne sont pas disponibles en quantité suffisante, exposant ainsi les agents à des risques d’accident dans l’exercice de leurs fonctions, a souligné le responsable syndical.

Il a également évoqué le harcèlement et la campagne de dénigrement dont ont fait l’objet les agents de la Steg, ainsi que les accusations de complot et de négligence portées à leur encontre suite aux fréquentes coupures d’électricité survenues depuis la mi-juillet, en raison du déséquilibre entre la demande qui augmente et l’offre qui stagne depuis 2019, faute d’investissements suffisants dans la production d’électricité.

Pour M. Ouacham, les agents de l’entreprise publique n’ont ménagé aucun effort durant l’été, malgré des conditions climatiques difficiles, précisant que leur temps de travail a parfois dépassé les 15 heures par jour, lors que dans les cercles du pouvoir, certaines voix s’élèvent pour les accuser de provoquer délibérément des coupures d’électricité pour remonter l’opinion contre le régime.

I. B.

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Royaume-Uni : des manifestants anti-immigration ont bloqué le port de Douvres

Le port de Douvres a été bloqué samedi (5 septembre) par des manifestants britanniques anti-immigration. Le gouvernement britannique a condamné cette manifestation.   En bref Des centaines de manifestants anti-immigration ont bloqué les accès au port de Douvres le 5…

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UGTT – SNJT: concertation autour des libertés

Zied Dabbar, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), accompagné de Jihene Ellouati, membre du bureau exécutif, a été reçu par le secrétaire général de l’UGTT Slaheddine Selmi  et son adjoint, Slim Bouzidi. Au cœur des échanges : une solidarité sans équivoque avec les journalistes arrêtés ou poursuivis pour avoir simplement exercé leur métier. 

Cette rencontre ne se limite pas à un geste symbolique. Elle sonne comme un appel à mobiliser toutes les forces civiles pour faire face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays : libertés publiques rognées, tensions économiques et sociales exacerbées. Les deux syndicats insistent sur la nécessité d’un travail commun renforcé, où la défense des droits civiques va de pair avec la lutte pour la justice sociale.

Un message clair : les libertés ne se négocient pas

En ces temps de restrictions accrues, le SNJT et l’UGTT réaffirment une conviction partagée : protéger les journalistes, c’est protéger la démocratie. Leur alliance stratégique vise à construire un front plus large, plus coordonné et plus proactif pour défendre les droits fondamentaux.

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Monastir : des travaux de nettoyage et de curage en prévision de la saison pluviale

En prévision de la saison pluviale, des travaux de curage des ouvrages hydrauliques de la route périphérique Madraka essahel et des conduites d’eau de la route périphériques Ksar Hellal/Moknine et la route régionale numéro 90 sont menés par la direction régionale de l’équipement et de l’habitat de Monastir.

Les travaux ont concerné egalement, certaines parties de la route régionale numéro 92 à la délégation Lamta, Sayada Bouhajar et ont porté sur le nettoyage des routes et de l’environnement des établissements scolaires

Des travaux de marquage au sol des routes ( signalisation horizontal) notamment le passage piétons sont menés aux environs de ces établissements à Benbla, Sahline, Sidi Ameur, Motmar et Ouardanine, et ce en prévisions de la rentrée scolaire .

 

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Sfax : un incendie se déclare sur la route de Saltnia

Le Lieutenant colonel Khalil Mechri, président de la direction régionale des opérations et du suivi à la direction des opérations de la protection civile, a déclaré que l’opération d’extinction de l’incendie qui s’est déclaré ce dimanche sur la Route de Saltnia, au km 17, dans la délégation de Sakiet Ezzit, dans le gouvernorat de Sfax, se poursuit, soulignant que l’incendie ne représente aucun danger pour les environs.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Mechri a indiqué que l’incendie s’est déclaré vers 14 heures sur un terrain clôturé d’une superficie de 2 000 mètres carrés, où se trouvaient d’importantes quantités de pneus usagés.

Il a précisé que six camions de pompiers de la protection civile se trouvent actuellement sur place pour éteindre l’incendie, sous la supervision du directeur régional de la protection civile de Sfax.

Il a également souligné que l’extinction de l’incendie va prendre du temps, étant donné que les pneus dégagent une fumée dense qui nécessite davantage de temps pour être éteinte, précisant que les causes de l’incendie restent encore inconnues.

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Tahar El Almi : disparition d’un économiste qui avait fait de l’analyse économique un espace de débat public

Économiste, économètre, universitaire, enseignant-chercheur et chroniqueur, Tahar El Almi laisse une empreinte singulière dans le paysage économique tunisien. Pendant des années, il a fait de l’analyse économique un instrument de compréhension du pays et de ses mutations. Sa collaboration avec L’Économiste Maghrébin, qui aura donné lieu à 537 articles recensés dans ses archives, témoigne à elle seule de la place qu’il occupait dans le débat économique national.

La disparition de Tahar El Almi intervient alors que sa plume était encore active. Son dernier article retrouvé dans les archives de L’Économiste Maghrébin, publié le 3 septembre 2026, portait sur un sujet qui résumait parfaitement l’un de ses principaux centres d’intérêt : les relations entre politique monétaire internationale, financement de l’économie et souveraineté économique tunisienne. Intitulé « Ce que la politique monétaire européenne coûte à la Tunisie », le texte était signé par le « Dr Tahar El Almi, Économiste-Economètre Universitaire, Professeur Associé, Président-Fondateur de l’IAEF ».

Quelques jours seulement avant sa disparition, il continuait donc à faire ce qu’il avait fait pendant des décennies : observer l’économie, questionner ses mécanismes et surtout tenter de comprendre ce qu’ils signifiaient concrètement pour la Tunisie.

537 articles dans L’Économiste Maghrébin

Il est difficile de mesurer la contribution de Tahar El Almi au débat économique tunisien sans commencer par ce chiffre : 537 articles sont actuellement recensés sous sa signature dans les archives de L’Économiste Maghrébin. Ce nombre est considérable.

Il ne traduit pas seulement une longévité éditoriale. Il révèle une véritable continuité intellectuelle. Pendant des années, Tahar El Almi a accompagné les grandes évolutions de l’économie tunisienne à travers des analyses consacrées à l’inflation, au pouvoir d’achat, à la dette publique, à la politique monétaire, au financement de l’économie, au dinar, à la fiscalité, à l’investissement, aux entreprises, au système bancaire et aux marchés financiers.

Mais son regard ne s’arrêtait pas aux frontières tunisiennes. Le dollar, l’euro, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, l’OPEP, les marchés pétroliers, les tensions géopolitiques et les transformations de l’économie mondiale faisaient également partie de son champ d’analyse.

Son idée centrale était simple : la Tunisie étant une économie ouverte, aucun bouleversement international ne peut lui être totalement étranger.

 

Une formation entre Strasbourg et Tunis

Le parcours de Tahar El Almi est d’abord celui d’un universitaire. Les documents de référence consacrés à ses travaux le rattachent à l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg, en France, ainsi qu’à l’Université de Tunis, notamment à l’ISG-Tunis et à l’Institut des Hautes Études de Tunis (IHET).

La Friedrich-Ebert-Stiftung, qui a publié certains de ses travaux, le présente comme maître de conférences à l’Institut de Hautes Études de Tunis. D’autres sources le présentent plus tard comme ancien enseignant-chercheur à l’ISG-Tunis et comme professeur associé à l’IHET. Cette double dimension — universitaire et praticien de l’analyse économique — explique beaucoup de sa démarche.

Il possédait les outils de l’économiste et de l’économètre, mais cherchait constamment à les appliquer aux problèmes concrets de l’économie tunisienne. Il ne concevait pas l’économie comme une discipline enfermée dans les amphithéâtres. Pour lui, les modèles, les statistiques et les indicateurs devaient permettre de mieux comprendre la réalité.

 

L’économètre derrière le chroniqueur

C’est un aspect important de son parcours qu’il ne faut pas laisser dans l’ombre. Tahar El Almi était d’abord un économiste-économètre. Ses analyses reposaient sur une attention particulière portée aux données et aux mécanismes macroéconomiques. Cette formation se retrouvait dans ses travaux universitaires, mais aussi dans ses interventions publiques et ses chroniques.

Même lorsqu’il écrivait pour un lectorat non spécialisé, il cherchait généralement à remonter des chiffres vers les mécanismes qui les produisent. Une hausse de l’inflation n’était pas seulement une statistique. Elle signifiait une dégradation du pouvoir d’achat.

Une hausse des taux n’était pas seulement une décision de banque centrale. Elle pouvait se traduire par un crédit plus cher, un investissement retardé, une entreprise fragilisée ou une croissance ralentie. Une dette publique n’était pas simplement un ratio rapporté au PIB. Elle était aussi une question de stratégie, d’investissement et de capacité future de l’État. Cette façon de relier les grandeurs macroéconomiques aux réalités quotidiennes constituait l’une des marques de son écriture.

Les salaires réels : une contribution universitaire majeure

Parmi ses travaux les plus importants figure l’étude consacrée à l’évolution des salaires réels en Tunisie avant et après la révolution, sur la période 2005-2015, réalisée avec l’économiste Ezzedine Larbi. Publiée par la Friedrich-Ebert-Stiftung en 2016, cette étude compte 116 pages dans sa version complète. Son intérêt dépasse largement l’analyse statistique des rémunérations. Les auteurs cherchent à comprendre la situation du salariat tunisien, l’évolution des rémunérations et du pouvoir d’achat avant et après la révolution, mais également à réfléchir aux conditions d’une nouvelle politique salariale compatible avec les impératifs du développement économique et social.

Ce travail illustre parfaitement la démarche de Tahar El Almi : mettre l’économie au service de la compréhension des transformations sociales. Le salaire réel était ainsi considéré non seulement comme une variable économique, mais comme un révélateur de la situation des ménages et de l’évolution du modèle de développement.

 

Un enseignant qui a formé plusieurs générations

L’autre dimension de son héritage est pédagogique. Tahar El Almi n’a pas seulement produit des analyses et des publications. Il a également enseigné et encadré des étudiants. Des travaux universitaires conservés dans différentes bases montrent son implication dans l’encadrement de mémoires et de recherches à l’Institut des Hautes Études de Tunis. Un mémoire de master consacré au financement des PME, par exemple, a été réalisé sous sa direction.

La Bibliothèque nationale de Tunisie conserve par ailleurs la trace de plusieurs interventions universitaires auxquelles il a participé en 2020, notamment autour de la crédibilité des politiques économiques et sociales, de la crise pandémique et du sauvetage des entreprises. Son activité d’enseignant ne doit donc pas être considérée comme un simple épisode de son parcours. Elle constitue au contraire l’un des piliers de son héritage : transmettre les outils permettant de comprendre l’économie.

 

L’Institut Africain d’Économie Financière

Tahar El Almi avait également cherché à prolonger cette activité au-delà de l’université. Il était président-fondateur de l’Institut Africain d’Économie Financière (IAEF-ONG). Dans des documents plus anciens, cette structure apparaît également sous l’appellation d’Association Africaine d’Économie Financière (AAEF-ONG).

Cette initiative correspondait à une ambition qui traversait son parcours : développer la réflexion économique et financière dans une perspective africaine, créer des espaces d’échange et rapprocher l’analyse académique des réalités économiques. L’universitaire devenait ainsi également animateur de débat et promoteur de réflexion économique.

 

La crise du Covid : l’économiste face à l’urgence

La crise sanitaire de 2020 fut un moment particulièrement révélateur de sa conception de la politique économique. Alors que la pandémie paralysait une grande partie de l’économie mondiale, Tahar El Almi plaidait pour un plan de sauvetage de 25 milliards de dinars sur trois ans afin de soutenir l’activité et l’emploi.

Cette proposition illustrait une conviction qui allait traverser ses analyses ultérieures : dans une situation exceptionnelle, les pouvoirs publics doivent pouvoir sortir des cadres ordinaires. Il accordait une importance particulière à la préservation de l’entreprise et de l’appareil productif.

Car pour lui, sauver l’économie ne signifiait pas simplement soutenir la demande à court terme. Il fallait préserver les capacités de production, l’emploi et l’investissement qui permettent à une économie de repartir.

 

Une lecture critique de la fiscalité

La fiscalité a également occupé une place importante dans ses analyses. En octobre 2024, commentant le projet de loi de finances 2025, il estimait que certaines mesures risquaient d’augmenter la pression fiscale sur les ménages et les entreprises sans offrir de contreparties suffisantes en matière de croissance. Il insistait notamment sur le risque de voir une fiscalité excessive décourager l’investissement et peser sur le pouvoir d’achat.

Sa réflexion s’inscrivait ici dans une tradition économique ancienne qu’il aimait rappeler : l’impôt doit financer l’État sans détruire les incitations à produire et à investir. C’est aussi dans ce type d’analyse qu’apparaissait son intérêt pour Ibn Khaldoun, dont la réflexion sur la fiscalité constituait à ses yeux une référence toujours actuelle.

 

La dette : un problème, mais surtout une question de stratégie

La dette publique fut probablement l’un des thèmes auxquels il revint le plus souvent. Dans une analyse publiée en février 2026, intitulée « Dette publique : le mirage de la catastrophe, ou comment la peur coûte plus cher que les chiffres », il refusait de réduire la question de la dette à un simple ratio comptable.

Son raisonnement était que la dette ne devient véritablement dangereuse que lorsqu’elle accompagne une incapacité à investir et à produire de la croissance. Autrement dit, le problème n’était pas uniquement le niveau de la dette. Il était aussi dans la capacité du pays à utiliser ses ressources pour créer les conditions d’une croissance future. Cette approche résumait assez bien sa philosophie économique : l’austérité comptable ne peut constituer à elle seule une stratégie de développement.

 

La Banque centrale et les limites de l’orthodoxie monétaire

La politique monétaire constituait un autre de ses grands terrains de réflexion. Tahar El Almi s’est régulièrement interrogé sur le rôle de la Banque centrale de Tunisie, son indépendance, les taux d’intérêt et l’arbitrage entre inflation et croissance.

En 2024, il avait notamment consacré une analyse à l’indépendance de la Banque centrale, estimant que cette notion méritait d’être réexaminée à la lumière des difficultés économiques tunisiennes. Cette position était cohérente avec son approche générale : la politique monétaire ne peut être considérée indépendamment de la politique économique globale.

Lutter contre l’inflation est nécessaire.  Mais si cette lutte se traduit par une contraction excessive du crédit, de l’investissement et de l’activité, elle peut également avoir un coût économique et social. Il cherchait donc constamment à mettre en évidence les arbitrages.

 

L’entreprise au cœur de ses préoccupations

Dans ses dernières années, l’entreprise tunisienne occupa une place croissante dans ses analyses. En juin 2026, dans un long « Décryptage » intitulé « Quand produire devient un acte de résistance », il dénonçait les contraintes qui pèsent sur les entrepreneurs, la pression fiscale, la concurrence de l’économie informelle et les difficultés administratives.

Son diagnostic était alors particulièrement sévère. L’économie tunisienne ne peut pas espérer créer suffisamment d’emplois si les entreprises qui doivent produire, investir et embaucher sont progressivement fragilisées. Cette préoccupation prolongeait d’ailleurs ses travaux plus anciens sur l’investissement, la croissance et la politique économique.

Chez Tahar El Almi, l’entreprise n’était pas seulement un agent économique : elle était l’un des principaux lieux où se décide la capacité d’un pays à créer de la richesse et de l’emploi.

 

Une écriture qui mettait les chiffres à hauteur d’homme

C’est peut-être là que réside l’une des spécificités de son style. Dans une chronique de mai 2026 intitulée « Quand la stabilité ne suffit plus à raconter la vie des gens », il mettait en évidence le décalage entre l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques et le sentiment persistant de difficultés chez les ménages.

Cette préoccupation était ancienne. Pour lui, une économie ne pouvait pas être déclarée « stabilisée » uniquement parce que certains indicateurs étaient revenus dans une zone plus favorable. Il fallait encore que cette amélioration soit perceptible dans la vie quotidienne.

La baisse de l’inflation n’est pas nécessairement une amélioration du niveau de vie. Si les prix ont fortement augmenté auparavant, leur stabilisation à un niveau élevé ne signifie pas que les ménages retrouvent leur pouvoir d’achat. Cette distinction, fondamentale pour comprendre la réalité économique, était régulièrement présente dans ses analyses.

 

2010-2025 : le regard rétrospectif sur les occasions manquées

En janvier 2026, il revenait sur quinze années d’évolution économique dans une analyse intitulée « 2010-2025 — L’écho des occasions manquées, entre Washington, Bruxelles… et Tunis ». Son regard portait sur les choix monétaires américains et européens, mais aussi sur les difficultés tunisiennes.

Une fois encore, son propos dépassait la simple conjoncture. Il s’interrogeait sur la capacité de la Tunisie à investir, à innover, à monter en gamme, à réformer son État et à restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs. C’était une constante chez lui : chercher derrière la crise immédiate les causes structurelles qui la rendent possible.

 

L’international comme miroir de la Tunisie

L’un des mérites de ses chroniques aura été de montrer que la macroéconomie internationale n’est jamais très éloignée de la vie économique tunisienne. Lorsque la Fed modifie sa politique monétaire, cela peut modifier le coût du financement international.

Lorsque la BCE change de cap, cela affecte directement ou indirectement la Tunisie, notamment par le canal de l’euro, de la dette et des échanges. Lorsque le prix du pétrole varie, c’est toute l’équation énergétique tunisienne qui peut être bouleversée.

Lorsque le dollar se renforce, la facture de certaines importations augmente. Lorsque les marchés internationaux deviennent plus averses au risque, le financement des économies émergentes devient plus difficile. Cette pédagogie de l’interdépendance internationale était l’une des grandes qualités de son travail journalistique.

 

537 articles : une véritable chronique de l’économie tunisienne

Le chiffre des 537 articles prend ainsi toute sa signification. Ce n’est pas seulement une statistique éditoriale. C’est, en quelque sorte, une chronique parallèle de plusieurs décennies de l’économie tunisienne. À travers ses textes, on retrouve les grandes préoccupations économiques du pays :

  • les salaires et le pouvoir d’achat ;

  • l’inflation ;

  • la politique monétaire ;

  • la Banque centrale ;

  • la dette publique ;

  • le financement de l’État ;

  • la fiscalité ;

  • l’investissement ;

  • l’entreprise ;

  • l’emploi ;

  • les banques et les marchés financiers ;

  • le dinar ;

  • le dollar et l’euro ;

  • l’énergie ;

  • les relations avec les institutions financières internationales ;

  • et, plus largement, les rapports entre économie nationale et économie mondiale.

En 2021 déjà, L’Économiste Maghrébin le comptait officiellement parmi ses chroniqueurs, aux côtés de plusieurs grandes signatures du journal. Cette fidélité réciproque entre le journal et son chroniqueur aura donc constitué une véritable aventure éditoriale.

 

Jusqu’au bout de la plume

La dimension la plus émouvante de son parcours tient peut-être à la chronologie de ses dernières publications. En 2026 encore, Tahar El Almi publiait régulièrement. En janvier, il analysait les occasions manquées de la Tunisie.

En février, il revenait sur la dette publique. En mai, il s’interrogeait sur le décalage entre stabilité macroéconomique et réalité sociale. En juin, il défendait l’entreprise et la production. En juillet, il analysait l’OPEP et les transformations du marché pétrolier.

Et le 3 septembre 2026, dans ce qui apparaît comme sa dernière contribution sur les colonnes de L’Economiste Maghrébin, il écrivait encore sur la politique monétaire européenne et ses conséquences pour la Tunisie. Il aura donc, littéralement, écrit jusqu’aux derniers jours.

 

Un héritage qui dépasse les chiffres

Il serait pourtant réducteur de résumer Tahar El Almi à ses 537 articles. Son héritage est plus large. Il est universitaire, à travers son enseignement et ses travaux. Il est scientifique, à travers ses recherches en économie et en économétrie. Il est pédagogique, à travers les étudiants qu’il a accompagnés. Il est institutionnel, à travers l’Institut Africain d’Économie Financière. Il est enfin journalistique et citoyen, à travers plusieurs centaines de textes consacrés à l’économie tunisienne. Mais il est surtout intellectuel. Car Tahar El Almi avait une manière bien à lui de regarder l’économie. Il se méfiait des évidences. Il questionnait les orthodoxies. Il refusait les explications trop simples.

Et surtout, il rappelait régulièrement que derrière chaque taux, chaque ratio et chaque indicateur se trouvent des hommes et des femmes. Un taux d’inflation, c’est un pouvoir d’achat. Un taux d’intérêt, c’est un crédit plus ou moins accessible. Une dette, c’est une marge de manœuvre pour les générations futures. Une politique fiscale, c’est un arbitrage entre ressources publiques, entreprises et ménages. Une politique de change, c’est le prix des importations et la compétitivité des exportations. Une croissance, enfin, ce n’est pas seulement un chiffre : c’est la possibilité de créer des emplois et de donner des perspectives.

 

Une voix qui manquera à L’Économiste Maghrébin

Pour L’Économiste Maghrébin, sa disparition revêt une dimension particulière. Pendant des années, Tahar El Almi aura été l’une des signatures régulières du journal. 537 articles recensés : peu de chiffres résument aussi bien la profondeur d’une collaboration. Mais au-delà du volume, il y avait une fidélité intellectuelle. Il y avait le goût du débat. Le droit à la contradiction.

La volonté de comprendre les mécanismes économiques plutôt que de simplement commenter les chiffres. Et cette conviction, finalement très simple, que le rôle de l’économiste est aussi de participer au débat public.

Sa dernière contribution, publiée le 3 septembre, portait sur le coût de la politique monétaire européenne pour la Tunisie. Il y revenait sur la question de la dépendance financière et concluait, en substance, que la véritable souveraineté économique ne consiste pas seulement à pouvoir emprunter, mais à pouvoir vivre avec moins besoin d’emprunter.

Cette idée pourrait presque servir d’épitaphe intellectuelle. Réduire les dépendances. Restaurer la capacité de produire. Investir. Créer de la richesse. Préserver le pouvoir d’achat. Et surtout, retrouver la capacité de décider.

Tahar El Almi aura consacré une grande partie de son parcours à ces questions. Il laisse derrière lui des travaux, des étudiants, une institution, des analyses et, surtout, 537 articles qui continueront à témoigner de sa présence dans le débat économique tunisien.

Son œuvre restera ainsi une mémoire de l’économie tunisienne contemporaine : ses crises, ses espoirs, ses hésitations, ses occasions manquées, mais aussi ses possibilités. À travers ses écrits, Tahar El Almi continuera de dialoguer avec ceux qui chercheront à comprendre la Tunisie économique.

C’est sans doute la plus durable des formes de présence pour un universitaire et un économiste. Il disparaît, mais sa question demeure : quelle économie voulons-nous construire pour la Tunisie ?

Il manquera au site et au magazine de L’Economiste Maghrébin en particulier, mais surtout aux lecteurs et au débat public du pays.

Que sa mémoire demeure.

Hédi Mechri, Sahar Mechri et l’ensemble de la rédaction de L’Economiste Maghrébin présentent leurs condoléances les plus attristées à l’épouse, ses enfants et aux proches de Tahar El Almi. Et que son âme repose en paix!

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