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La crise des carburants dope-t-elle l’intérêt des Tunisiens pour les voitures électriques ?

Les voitures électriques et hybrides gagnent rapidement du terrain en Tunisie. La hausse des prix des carburants pousse de plus en plus d’automobilistes à regarder du côté des motorisations alternatives. Près d’une voiture particulière neuve sur six vendue actuellement est désormais équipée d’une motorisation électrique ou hybride. La perturbation du 20 août avait entraîné une rupture brutale des approvisionnements et provoqué une anxiété et une panique généralisées parmi la population, qui s’est massivement tournée vers les stations-service, engendrant de longues files d’attente et des ruptures de stock dans plusieurs stations.
Le président-directeur général (PDG) de la Société Nationale de Distribution des Pétroles (SNDP – Agil) en Tunisie, Khaled Bettine, a confirmé mardi 1er septembre 2026, que les récentes perturbations dans les stations-service tunisiennes n’étaient pas dues à une pénurie de carburant, mais à un arrêt brutal du transport de carburant depuis les dépôts de la société à Radès. Garantir l’approvisionnement en carburant est une responsabilité partagée entre les importateurs, les sociétés de stockage, les transporteurs, les distributeurs et les gérants de stations-service.

La Société Nationale de Distribution de Pétrole possède 228 stations-service réparties sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones reculées. La récente crise a mis en évidence l’importance de renforcer les capacités de transport de carburant, précisant qu’une perturbation, même minime, du système de transport peut rapidement entraîner des perturbations dans les stations-service. Il a indiqué qu’Ajil s’efforce de renforcer sa flotte, annonçant l’acquisition de six nouveaux camions qui entreront bientôt en service, avec la possibilité d’un agrandissement ultérieur.
 
 125.000 véhicules électriques en 2035
Le marché des voitures électriques en Tunisie connaît une accélération notable en 2026, porté par de nouvelles incitations fiscales et l’arrivée de marques principalement asiatiques. Entre janvier et juillet 2026, les véhicules électriques ont représenté plus de 12% du total des immatriculations dans le pays, traduisant une nette progression par rapport aux années précédentes (seulement 260 véhicules recensés fin 2024). La Tunisie vise la mise en circulation de 125.000 véhicules électriques et l’installation de 12.000 bornes de recharge d’ici 2035.
La hausse des carburants n’explique toutefois pas à elle seule ce basculement. L’élargissement de l’offre disponible en Tunisie, l’arrivée de nouvelles marques, notamment chinoises, ainsi que la multiplication des modèles hybrides à différents niveaux de prix contribuent également à rendre ces motorisations accessibles à davantage d’acheteurs. Mais avec une progression de ventes, ce mouvement est désormais suffisamment important pour modifier progressivement la physionomie du marché automobile tunisien. Dans le contexte de la transition énergétique, le PDG d’AGIL a annoncé que l’entreprise privilégie le développement des services de recharge pour véhicules électriques, affirmant que les stations-service ne seront plus de simples points de vente de carburant et précisant que l’entreprise a acquis l’équipement nécessaire à la création d’une trentaine de bornes de recharge pour véhicules électriques.

Celles-ci seront installées dans plusieurs de ces stations, notamment les plus importantes, sur les grands axes routiers et dans les zones touristiques et couvrent différentes régions du pays, y compris l’île de Djerba, ainsi que plusieurs grands axes routiers et des zones du Nord-Ouest. LaTunisie doit diversifier ses sources d’énergie et ne pas dépendre uniquement des énergies fossiles.

Il a soutenu que la poursuite de l’exploration pétrolière et gazière, en particulier dans le Sud du pays, doit s’accompagner du développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne. Il a plaidé pour un soutien aux gisements de pétrole et de gaz, tant marginaux qu’en production, ainsi que pour des investissements dans l’énergie solaire, afin de réduire la dépendance aux importations d’énergie et de limiter la ponction sur les réserves de change.
Bref, la Tunisie est résolument engagée dans la transition vers une économie plus verte, en promouvant la voiture électrique et en limitant la consommation des carburants polluants. En alignant sa politique automobile sur les normes environnementales internationales, la Tunisie souhaite réduire son empreinte carbone et jouer un rôle actif dans la transition vers une mobilité plus durable. Elle a pris l’initiative de promouvoir l’adoption de véhicules électriques, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atténuer les effets néfastes du secteur des transports sur l’environnement.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de développement durable et d’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques du pays. La promotion de la voiture électrique en Tunisie présente de nombreux avantages. Tout d’abord, elle permettra de réduire la dépendance du pays aux carburants polluants, contribuant ainsi à la préservation de l’environnement. De plus, les véhicules électriques sont moins coûteux à exploiter et à entretenir, offrant des économies significatives à long terme pour les propriétaires. Enfin, cette transition favorisera également le développement de l’industrie locale de fabrication de pièces et composants pour véhicules électriques, ouvrant de nouvelles perspectives économiques.

Kamel BOUAOUINA

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Le leader mongol Enkhbayar remet le Trophée de Gengis Khan au tunisien Adnen Helali

Un hommage mongol au poète et activiste tunisien à la COP17 Oulan-Bator – Mongolie Dans un moment fort de la COP17, à la croisée de la culture, de l’environnement et de l’amitié entre les peuples, l’artiste, poète et activiste culturel tunisien Adnen Helali a reçu le Trophée culturel de Gengis Khan – Karakorum, en reconnaissance de son engagement et de sa participation active au sommet mondial sur la lutte contre la désertification.

Le leader mongol Enkhbayar Nambar a remis personnellement le Trophée à Adnen Helali lors d’une cérémonie organisée au pavillon de l’UNICEF à Oulan-Bator. Cette distinction constitue un hommage mongol à une figure tunisienne engagée dans la défense de la culture, du patrimoine et des territoires ruraux, ainsi qu’à son travail de rapprochement entre les peuples à travers l’art et la poésie.

Au cours du sommet, Helali a présenté son nouveau recueil de poésie, « Le vent préserve nos traces », ainsi qu’une intervention intitulée « Combattre d’abord la désertification culturelle ». Il comptait parmi les personnalités qui ont particulièrement retenu l’attention lors de cet événement mondial, auquel ont participé 197 pays. En signe d’amitié et en retour de cet hommage, Helali a offert au leader mongol une kachabia tunisienne, confectionnée par des artisans de Nabeul. Enkhbayar l’a immédiatement portée au cours de la cérémonie, donnant lieu à une scène spontanée et chaleureuse, devenue l’un des symboles de cette rencontre entre la Tunisie et la Mongolie. Le patrimoine tunisien était également présent à travers les « Soleils » en alfa de Kasserine et les parasols de Gabès, présentés dans le cadre du projet Green IYRP et témoignant du savoir-faire des artisans tunisiens et de la valorisation des matériaux naturels. 

Au cours de cette rencontre, Helali a également récité en langue mongole son poème « Le lac Ugii », consacré à l’un des emblèmes naturels de la Mongolie. Le texte a suscité un intérêt officiel et a été retenu par le ministère mongol de l’Environnement et du Changement climatique comme titre et message associés à la protection du lac Ugii. De Semmama à Karakorum, cet hommage mongol vient ainsi marquer un parcours culturel et humain singulier, construit autour d’une même conviction : combattre la désertification, c’est protéger la terre, mais aussi préserver la culture, la mémoire et l’être humain.

                          Kamel Bouaouina

Photos : 

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Fournitures scolaires disponibles, mais à quel prix ?

 A l’approche de la rentrée scolaire, une effervescence palpable s’installe dans les foyers. Comme chaque année, le mois de septembre marque le coup d’envoi des préparatifs pour l’achat des fournitures scolaires, un rituel incontournable mobilisant parents, élèves et commerçants, surtout que la date officielle de la rentrée scolaire vient d’être annoncée. En ces journées de fin d’été, les librairies, papeteries et grandes surfaces de la capitale voient affluer des familles venues se procurer cahiers, stylos, cartables et autres articles exigés par les établissements scolaires. Cette période, synonyme de dépenses conséquentes pour de nombreux ménages, pèse particulièrement sur ceux ayant plusieurs enfants à charge. 
Entre les fournitures scolaires, les transports, l’alimentation, les vêtements et autres dépenses, sans oublier le soutien scolaire et l’enseignement privé, la rentrée scolaire représente un fardeau financier considérable pour de nombreuses familles. Si ce coût varie fortement d’une famille à l’autre, il a pour point commun de peser de plus en plus sur le budget familial et la capacité des parents à subvenir à tous les besoins de leurs enfants. Dans ce contexte, Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, souligne que le coût de la rentrée scolaire augmente d’année en année, tant dans le public que dans le privé. Il estime que ce coût est désormais étroitement lié à la situation économique et sociale des familles. Il insiste sur le fait que le coût de la rentrée ne se limite pas au prix des livres, cahiers et fournitures scolaires, car les familles doivent également faire face à d’autres charges durant cette période, telles que les factures d’eau et d’électricité, le loyer, les transports, l’alimentation, l’habillement et autres dépenses. Les frais de scolarité s’inscrivent ainsi dans un système de dépenses plus vaste qui pèse sur le budget des ménages. Selon ses estimations, le coût des fournitures scolaires pour un élève peut varier de 150 dinars à 700 ou 800 dinars environ, et peut être nettement plus élevé pour les familles qui optent pour des cartables ou des fournitures scolaires de marque. Cet écart de prix met en évidence les différences de pouvoir d’achat entre les familles. Certaines se contentent du strict minimum, tandis que d’autres choisissent des produits importés ou plus chers, ce qui peut engendrer une différence de dépenses considérable, même pour deux élèves du même niveau scolaire.

Dénicher les bons plans
Cette rentrée est le moment pour les parents de dénicher les bons plans pour limiter au maximum ces coûts. La dépense moyenne consacrée à un élève inscrit en première année primaire (fournitures, cahiers, livres et cartables) s’élève à 220 dinars alors qu’un élève de 2e année coûte 250 dinars. Un élève de 3e année revient à 275 dinars, de 4e année à 280 dinars, de 5e année à 290 dinars, de 6e année à 295 dinars. La scolarité d’un élève est plus coûteuse dans les collèges avec une dépense de 282 dinars pour l’élève inscrit en 7e année (282 dinars) en 8e année (285 dinars) et en 9e année (285 dinars). Pour les parents dont les enfants fréquentent le secteur privé, la situation est encore plus complexe. Les coûts peuvent s’envoler, atteignant des milliers de dinars par enfant, incluant souvent des frais annexes comme le transport et la restauration. La rentrée scolaire, ce sont aussi les chemises, les pantalons, les chaussures… Lors d’une tournée faite dans différents commerces de la capitale, et pointant les yeux sur le rayon du textile et des chaussures, l’image d’une maman accompagnée de sa fille se plaignant de la cherté des prix saute aux yeux. Les tabliers scolaires dont les prix ont été dernièrement affichés tournent autour de 50 à 150 dinars et plus, auxquels il faudrait ajouter chemises, pantalons, sous-vêtements et le reste. C’est ce qui est considéré comme un placement incontournable auquel viendront s’ajouter les enveloppes à réserver pour les cahiers, fournitures scolaires et les livres. 
Loin d’être une simple formalité, cette échéance représente un véritable défi logistique et financier, mobilisant parents et enfants dans une course contre la montre pour s’assurer que tout soit prêt pour le grand jour. Cette année encore, la question du coût de la rentrée est au cœur des préoccupations, exacerbée par un contexte économique qui pèse sur les budgets des ménages.

Kamel BOUAOUINA

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Réunion des non-alignés à Belgrade : attachement aux mêmes principes d’indépendance et de non-ingérence

Par Kamel ZAIEM

Le mouvement des non-alignés fêtera son soixante-cinquième anniversaire et la Tunisie sera bien là, à Belgrade, pour fêter l’événement et surtout pour confirmer son attachement aux principes d’indépendance que le mouvement a toujours défendus. Le Président de la République, Kaïs Saïed, qui a chargé le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ben Ayed, de participer à cet événement confirme la politique de l’Etat tunisien qui a toujours appelé à l’indépendance et à la non-ingérence…

L’événement aura lieu à Belgrade, les 31 août et 1er septembre 2026, et comporte une réunion de haut niveau célébrant le 65e anniversaire de la tenue de la première conférence du Mouvement des non-alignés.

Cette réunion constituera, selon un communiqué publié dimanche par le ministère, une occasion de réaffirmer l’attachement de la Tunisie aux principes du non-alignement et de la Conférence de Bandung, ainsi que l’importance de la poursuite de l’action du Mouvement des non-alignés et de l’engagement commun de ses États membres en faveur des principes énoncés dans la Charte des Nations unies et du rôle essentiel du multilatéralisme face aux défis auxquels le monde est confronté.

En marge de cette réunion, le secrétaire d’État aura des entretiens avec ses homologues de Serbie et de plusieurs autres pays, consacrés aux questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Tout d’abord, il faut rappeler les bases de ce choix pertinent que la Tunisie a adopté depuis près de sept décennies. En effet, les principes fondamentaux de la politique étrangère tunisienne, qui perdurent depuis avant l’indépendance, reposent sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États, en particulier des pays arabes frères, et sur le maintien de relations solides avec tous les pôles mondiaux, surtout durant la guerre froide. Malgré une proximité relative avec le bloc occidental à cette époque, la Tunisie a toujours refusé de s’aligner, privilégiant une position active au sein du Mouvement des non-alignés.

Un exemple marquant est la position tunisienne lors du refus des États-Unis de reconnaître la Chine populaire dans les années 1970 : la Tunisie a soutenu l’admission de la Chine populaire à l’ONU. La visite en 1964 du Premier ministre chinois Zhou Enlai en Tunisie témoigne aussi de l’indépendance de la diplomatie tunisienne et de son attachement à la souveraineté nationale.

Bourguiba y était pour quelque chose

Pour l’Histoire, il est bon de rappeler, également, que dans les années 50, la Tunisie, avec d’autres pays tels que l’Inde, la Bulgarie et l’Egypte ont exprimé leur désir de n’appartenir à aucun des deux blocs, capitaliste ou socialiste. Ils ont simplement voulu ne pas s’aligner et se protéger de l’influence des Etats-Unis et de l’URSS, d’où est né le Mouvement des non-alignés, grâce à la proposition faite par Jamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Soekarno et Jawaharlal Nehru. Ce Mouvement serait-il né s’il n’y avait pas eu ces leaders ? Nul ne pourrait l’affirmer. Mais le fait est qu’à un moment de l’histoire de l’Humanité, il y a eu des leaders, libres et fiers, comme le Président tunisien Habib Bourguiba, qui n’ont pas voulu s’aligner sur les politiques d’un des deux pôles des super puissants, mais plutôt affirmer la pleine souveraineté de leurs pays nouvellement indépendants, pour certains.

Sur la même lancée, Kaïs Saïed a insisté dès son accession au pouvoir sur l’attachement historique au principe de non-alignement. Il a toujours rappelé le fait que la politique étrangère de la Tunisie repose sur la souveraineté nationale et le refus de toute alliance extérieure ou ingérence. Lors de différentes interventions et commémorations internationales, la diplomatie tunisienne a souvent rappelé son ancrage dans les principes de la Conférence de Bandung de 1955.

Kaïs Saïed inscrit sa vision diplomatique dans la continuité des choix souverainistes de l’histoire du pays. D’ailleurs, la Constitution tunisienne de juillet 2022 formalise dans son préambule ce refus des axes contraires à l’intérêt souverain et la volonté de diversifier les partenariats internationaux de manière équilibrée.

La portée d’un discours de référence

Pour mieux comprendre la vision de la Tunisie vis-à-vis de ce Mouvement, il suffit de parcourir le discours de Kaïs Saïed en marge de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés, qui s’est tenue en 2025 dans la capitale ougandaise. C’est le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, qui a été chargé de lire ce discours qui résume, de manière claire et pertinente, la vision de la Tunisie.

Dans son allocution en cette occasion, le chef de la diplomatie tunisienne a insisté sur l’impérieuse nécessité de forger une vision commune pour consolider la solidarité entre les pays membres. Il a réaffirmé l’ancrage de la Tunisie dans les principes fondateurs du Mouvement, soixante-dix ans après les conférences historiques de Bandung (1955) et de Belgrade (1961).

Mohamed Ali Nafti a exposé la feuille de route portée par le Chef de l’Etat pour faire face aux défis politiques, économiques et de développement. Cette vision s’articule autour de plusieurs piliers : le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’instauration de relations plus équitables dans le cadre de la coopération Nord-Sud, et une révision en profondeur du système financier international, selon une approche qualifiée de «nouvelle, juste et globale».

Le ministre s’est fait l’écho de l’appel lancé par le Président Kaïs Saïed lors du «Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte Financier» en juin 2023. Cet appel insistait sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le respect des engagements financiers des pays développés, ainsi que la restitution des fonds spoliés. La mise en œuvre du Programme d’Addis-Abeba pour le financement du développement a également été présentée comme une priorité.

Défendre les mêmes causes

Sur la question migratoire, Mohamed Ali Nafti a prôné une approche collective et globale, centrée sur le traitement des causes profondes des flux migratoires irréguliers. Il a réitéré l’engagement total de la Tunisie à respecter le droit international humanitaire, à protéger les droits des migrants et à garantir leur retour volontaire et sécurisé dans leur pays d’origine. Le ministre a également souligné le rôle essentiel de la culture comme ciment des relations humaines et sociales entre les nations.

Le ministre a également réitéré la position «ferme et constante» de la Tunisie et de son Président aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte pour l’autodétermination et l’établissement d’un État indépendant et souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al Qods Al Charif pour capitale. Il s’est félicité, au nom de la Tunisie et de son Président, des efforts ayant conduit à un cessez-le-feu à Gaza, après deux années de ce qu’il a qualifié de «crimes de génocide systématiques» ayant provoqué une «catastrophe humanitaire sans précédent». Tout en exprimant l’espoir que cette trêve sera durable, il a souligné qu’elle ne saurait exonérer la communauté internationale de sa responsabilité de poursuivre les auteurs de ces crimes et de rejeter toute tentative de déplacement forcé du peuple palestinien ou de liquidation de sa cause.

En clôture de son intervention, Mohamed Ali Nafti a réaffirmé l’attachement indéfectible de la Tunisie – en tant que pays arabe, musulman, africain et méditerranéen – aux idéaux du Mouvement des non-alignés. Il a plaidé pour une modernisation des méthodes et mécanismes de travail de l’organisation, afin qu’elle puisse relever les défis actuels et renforcer son poids dans le paysage multilatéral.

C’est dire que la présence du numéro deux du ministère tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, à cet événement porte une haute importance et vient confirmer la même vision qui fait de la Tunisie un pays indépendant qui condamne toute ingérence étrangère et qui milite toujours pour ne jamais s’aligner du côté d’aucun bloc.

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Dr. Jalel Eddine Ziadi, Directeur Général du centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO) :  l’adhésion des familles tunisiennes constitue un élément déterminant dans le développement du don d’organes

Le Temps.news : Combien d’opérations ont été effectuées en 2026 (transplantations d’organes et greffes de cornées) ? Combien de transplantations rénales, hépatiques et cardiaques ont été réalisées ?

Jalel Ziadi Le Centre National pour la Promotion de la Transplantation d’Organes (CNPTO) a enregistré, au cours des derniers mois, une évolution notable de l’activité de don et de transplantation d’organes en Tunisie. Entre le mois d’avril et le 15 août 2026, 12 donneurs décédés ont permis la réalisation de 33 opérations de transplantation au bénéfice de 33 patients, dont 6 enfants d’avril au 15 Août 2026  dont 24 rénales, 6  cardiaques et 3 hépatiques. Ces résultats traduisent une amélioration de l’activité de transplantation et témoignent de la mobilisation des différents acteurs impliqués dans la chaîne du don et de la greffe.Cette évolution s’accompagne également d’une augmentation du nombre de familles acceptant le don d’organes après le décès d’un proche. L’adhésion des familles constitue un élément déterminant dans le développement du don et représente le résultat d’un travail continu d’information, de sensibilisation et d’accompagnement lors des situations de mort encéphalique permettant un prélèvement. Les transplantations réalisées ont été rendues possibles grâce à une coordination étroite entre les équipes médicales et paramédicales, les établissements de santé, les structures administratives ainsi que les différents intervenants du processus. Cette organisation multidisciplinaire est essentielle pour assurer l’identification des donneurs potentiels, l’évaluation des organes, leur prélèvement, leur attribution et leur transplantation dans les meilleures conditions.

Comment évaluez-vous le système de transplantation d’organes en Tunisie ?

La Tunisie dispose de l’une des histoires médicales les plus riches du continent africain et du monde arabe en matière de greffes. Pourtant, derrière la maîtrise technique remarquable des équipes chirurgicales, le système de transplantation d’organes fait face à un défi persistant : le manque criant de greffons issus de personnes décédées.

L’aventure de la transplantation en Tunisie s’inscrit dans une longue tradition de l’innovation :

  • 1948 : Première greffe de cornée.
  • 1986 : Première greffe rénale.
  • 1993 : Première transplantation cardiaque, suivie ultérieurement par la greffe du foie et des

cellules hématopoïétiques.

Cette activité est placée sous l’égide du Centre National pour la Promotion de la Transplantation d’Organes (CNPTO), créé en 1995, qui régule cette discipline et est notamment chargé de proposer les modalités pratiques de prélèvement, de conservation, de transport et de greffe d’organes humains , de promouvoir le don d’organes en participant à l’information et à la sensibilisation du public, en collaboration avec les associations concernées, participer à la formation du personnel médical et paramédical impliqué dans la transplantation d’organes , tenir un registre central sur lequel sont inscrites les personnes dont l’état de santé nécessite une greffe d’organes  et attribuer les greffons aux personnes dont l’état de santé l’exige en fonction d’un algorithme informatique appelé score d’attribution, garantissant l’équité des chances entre tous les citoyens.

Malgré les efforts déployés dans ce domaine, le fossé entre les besoins des patients et le nombre de transplantations réalisées continue de se creuser. Certes, les compétences médicales et paramédicales sont parfaitement établies, mais la principale limite du système tunisien réside au sein de la société : la réticence des familles au moment du décès d'un proche reste le principal obstacle. Le manque de dialogue intra-familial de leur vivant conduit la plupart des familles à refuser le prélèvement sous le coup de l’émotion ou par crainte de porter atteinte à l’intégrité du corps du défunt.

Face à ces enjeux, la relance des campagnes de sensibilisation et la modernisation des réseaux de prélèvement dans les hôpitaux publics apparaissent comme les seules voies pour permettre à la Tunisie d’exploiter pleinement le potentiel de son appareil médical et de sauver des centaines de lives supplémentaires chaque année.

 Pensez-vous que la loi n° 91-22 du 25 mars 1991, relative au prélèvement et à la greffe d’organes humains, permet de sauver les personnes en attente de greffe ?

La loi n° 91-22 du 25 mars 1991 a posé un socle juridique et éthique solide en Tunisie. Elle a permis de sauver des milliers de vies depuis sa promulgation. Toutefois, son efficacité reste limitée par d’importants obstacles pratiques et sociétaux.Les fondements majeurs de cette loi sont la sécurisation du cadre légal et éthique : Elle encadre strictement le don d’organes selon les principes d’anonymat, de gratuité et de bénévolat, interdisant tout commerce ou trafic d’organes.La consécration de la mort encéphalique  permet le prélèvement d’organes sur des personnes décédées en état de mort cérébrale (donneur cadavérique), condition indispensable pour prélever des organes vitaux comme le cœur, le foie ou les poumons.L’encadrement du don entre vivants  protège le donneur vivant (ex. greffe rénale) grâce à une procédure rigoureuse : donneur majeur jouissant de ses capacités mentales, consentement éclairé devant le tribunal et examen psychiatrique.

Malgré ce texte avant-gardiste à son époque, les listes d’attente ne cessent de s’allonger en raison d’une pénurie sévère d’organes, qui s;explique par  veto familial : Bien que la loi repose en théorie sur le principe du consentement présumé (tout citoyen est présumé donneur sauf refus exprimé de son vivant), l’article 3 exige la non- opposition de la famille proche (conjoint, enfants, parents). En pratique, le refus des familles au moment du décès demeure extrêmement élevé. La réticence de la population face au prélèvement sur cadavre découle souvent d’idées reçues et de blocages culturels.

Pour que le cadre légal permette d’épargner davantage de patients en attente de greffe, plusieurs réformes sont régulièrement évoquées par les experts de santé, notamment la révision de l’application du consentement présumé en clarifiant la loi pour éviter que l’opposition familiale ne prévale sur une volonté individuelle préalable (ex. mention officielle sur la carte d’identité).

 Quelle analyse pouvez-vous faire sur ces taux très bas et sur les réticences des donneurs potentiels ?

Malgré des avancées techniques réelles de la part des équipes de transplantation, la Tunisie fait face à un sous-emploi structurel de son potentiel de prélèvement sur donneurs en état de mort cérébrale(seule une minorité des cas de mort cérébrale identifiés en réanimation aboutit à un prélèvement

effectif). Les freins et réticences majeurs s’expliquent par plusieurs facteurs combinés : l’opposition familiale : C’est  l’obstacle principal au moment du deuil. Les considérations religieuses et éthiques : Bien que les instances religieuses tunisiennes et internationales aient clairement établi l’;innocuité et la noblesse du don d’organes au nom de la préservation de la vie, des croyances populaires erronées concernant le respect de l’intégrité du corps du défunt continuent de freiner les décisions (bien que ces considérations soient de moins en moins évoquées).Le  déficit de communication est préalable . La majorité des citoyens ne fait pas connaître son choix(mention « Donneur » sur la carte d’identité nationale ou discussion explicite en famille). En l’absence de directive claire laissée par le défunt, les proches préfèrent s’abstenir par prudence moralisatrice. L’;annonce de la mort cérébrale et la demande de prélèvement nécessitent une formation ciblée à la relation d’aide et au dialogue en réanimation.

Combien de malades ont besoin actuellement de greffe d’organes vitaux (cœur, foie, poumon, rein) ou de cornée en Tunisie ?

La liste d’attente des patients insuffisants rénaux chroniques nécessitant une transplantation compte actuellement environ 1 600 personnes. Pour le cœur et le foie, une cinquantaine de personnes sont inscrites sur les listes d’attente actives.La liste d’attente pour la greffe de cornée  dépasse 1 700 patients.Ce chiffre d’une cinquantaine de patients inscrits pour le cœur, le foie ou le poumon ne reflète pas l’absence de besoin, mais constitue un biais de mortalité précoce. En l’absence d’organes disponibles et d’alternatives de suppléance au long cours (contrairement à la dialyse pour le rein), un grand nombre de patients en défaillance cardiaque ou hépatique aiguë décèdent dans un délai inférieur à un an avant d’avoir pu être inscrits durablement ou greffés.

L’écart entre le nombre de patients en attente et le nombre de transplantations réalisées chaque année demeure un enjeu majeur. Pour certains patients, l’attente peut se prolonger pendant plusieurs années, avec un risque de perte de chance et de décès avant l’accès à la transplantation. Le développement durable de la transplantation repose ainsi sur l’amélioration de l’ensemble de la chaîne du don, depuis l’identification précoce des donneurs potentiels jusqu’à l’accompagnement des familles et à la réalisation des greffes. Le renforcement de la sensibilisation de la population, la formation des professionnels de santé et l’amélioration continue de la coordination entre les différents intervenants constituent des leviers essentiels pour répondre aux besoins croissants des patients.

Comment sensibiliser et informer sur le processus de transplantation et de greffe? Quelles sont les actions que vous entreprenez au sein de votre centre national pour la promotion de la transplantation d’organes ?

Le projet de greffe d’organes n’est pas uniquement un projet de santé, mais un projet sociétal faisant intervenir l’ensemble des composantes de la société. De ce fait, la sensibilisation doit être variée et cibler différents axes : la sensibilisation du grand public  à travers  tout le territoire national et  l’organisation d’événements grand public à fort impact (ex. « Les Foulées Vertes »). Des actions ciblées  doivent toucher le  milieu  scolaire et universitaire  avec une sensibilisation au niveau des écoles et des universités afin d’introduire dans les manuels éducatifs l’importance du don, d’entraide et d’aide d’autrui. Les campagnes audiovisuelles et médias dédiés au don d’organes. sont importantes . Il faudrait impliquer les  guides spirituels et promouvoir  le discours d’entraide et le don d’organes lors des prêches du vendredi dans les mosquées. La société civile doit être impliquée avec l’ Organisation de rencontres et de séminaires associant professionnels de santé, juristes, théologiens et associations civiles (notamment le Croissant-Rouge tunisien, le mouvement des Scouts et les associations de patients greffés) sans oublier l’ incitation des citoyens à exprimer leur choix de leur vivant en faisant apposer la mention « Donneur » sur leur Carte d’Identité Nationale (CIN)lors de sa délivrance ou de son renouvellement auprès des services de la sécurité nationale, et surtout à en discuter ouvertement en famille

                               Kamel Bouaouina

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Eduquer à l’écocitoyenneté : agir localement, concrètement… et penser globalement

La proximité favorise l’intérêt et les possibilités d’initiatives concrètes. L’Association d’Education Relative à l’Environnement de Hammamet (AERE) est une association locale très active. Elle enchaîne depuis sa création en 2001 les projets de qualité.

A titre d’exemple, en l’espace de quelques mois, elle a conçu et réalisé une exposition virtuelle sur l’écosystème marin méditerranéen intitulée «Sauvons la Méditerranée», initié la création du réseau associatif local de Hammamet, pris une part active aux travaux de la Conférence des parties du projet RESMYLE, mobilisé des centaines de jeunes lors de la campagne «J’adopte un arbre», organisé un campus euro-méditerranéen pour la création d’un circuit de découverte du Centre culturel international de Hammamet et un autre pour l’élaboration d’un guide des bâtiments patrimoniaux de Hammamet, achevé la création d’une éco-école pilote, créé l’éco-incubateur «DEMARRI» pour accompagner les jeunes éco-entrepreneurs et édité de nombreux supports didactiques sur le patrimoine naturel et culturel de la ville de Hammamet. Le capital de sympathie dont elle jouit n’est aucunement le fruit du hasard. Et pour cause : ses actions, même les plus modestes d’entre elles, obéissent à une pédagogie de projet et visent à obtenir l’implication effective du citoyen, condition sine qua non de leur réussite. De plus, dans ses projets de proximité, l’AERE réserve toujours une place importante aux actions de terrain qui se soldent par une réalisation concrète de proximité au profit des bénéficiaires et qui ont un impact immédiat sur leur cadre de vie.
 
Investir dans la jeunesse et l’interculturel
 «C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents», (G. Bernanos). Chantiers internationaux, campus euro-méditerranéens, manifestations de jeunesse…. sont autant d’évènements qui permettent aux jeunes de cultures différentes de se rencontrer, de partager idées et expériences et de participer à un projet de développement local», précise Dr Salem Sahli, président de l’AERE.
«Ces activités à l’adresse des jeunes, ajoute-t-il, favorisent l’exercice local de la citoyenneté et permettent aux jeunes volontaires débordant d’enthousiasme et d’énergie positive de s’impliquer davantage sur le terrain et d’apporter leur propre pierre à l’édifice que nous voulons tous construire : un monde plus juste, plus humain et plus agréable. L’éducation à la citoyenneté, à l’environnement, à la santé, l’éducation sportive, artistique, scientifique, éducation, religieuse… doivent se croiser, se conjuguer pour que les élèves d’aujourd’hui deviennent les éco-citoyens de demain. Lorsqu’on invitera le professeur d’histoire, d’arabe, de mathématiques, d’économie… à faire de l’éducation à l’environnement, alors là, on entrera vraiment dans la dimension environnementale globale. Les puristes disent systémique».
 
Quel est l’environnement envisagé ?
De l’école au quartier et du quartier à la ville, le but n’est pas de donner aux enfants et aux jeunes des connaissances théoriques, mais bien de les amener à appréhender autrement leur quartier et leur ville avec l’appui de ceux qui sont des repères dans la vie de quartier (écoles, associations, commerces, services municipaux…). N’est-ce pas là la meilleure façon de réveiller en eux une citoyenneté endormie et de mettre en place une gestion du cadre de vie plus performante ? Surtout ne pas oublier d’évaluer les activités entreprises. Selon Dr Salem Sahli, «trois questions méritent d’être posées à ce propos : quel est l’environnement envisagé ? Il faudrait avoir travaillé aussi bien dans l’environnement naturel que dans l’environnement anthropique. Quels sont les objectifs éducatifs ? Développer des connaissances, des savoir-faire, mais aussi des savoir-être, des compétences transversales (apprendre à apprendre) et des comportements environnementaux. Enfin, quelles sont les méthodes pédagogiques employées ? Au minima, a-t-on évité la simple «transmission de matières ». Et pour quels résultats ? Au minimum, susciter l’intérêt et accroître la sensibilisation (le Smic) ou mieux, changer le comportement. Mais quand les attitudes reposent sur des principes, des valeurs et des dimensions morales, alors nous pourrons dire que l’éducation à l’écocitoyenneté aura atteint son but ultime.

Kamel BOUAOUINA
 

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Ligue 1 (2e journée) : le Club Africain confirme, l’US Monastir et le CS Sfax se relancent

Le Club Africain a signé, samedi, un deuxième succès consécutif dans le championnat de la Ligue 1 du football professionnel, édition 2026-2027, en s’imposant face à l’ES Hammam-Sousse sur le plus petit des scores (1-0). Un but de Moataz Zaddem, inscrit à la 88e, a permis aux clubistes de prendre seuls la tête du classement avec 6 points, confirmant leur bonne entame de saison.

Dans les autres rencontres de la journée, l’US Monastir et le CS Sfaxien ont enfin décroché leur premier succès de l’exercice, lançant ainsi leur saison après des débuts mitigés.

A Monastir, les locaux ont dominé le Stade Tunisien (2-1). Raed Bouchniba a ouvert le score pour les usémistes à la 34e, avant que Salah Barhoumi ne double la mise juste avant la pause (45e). Wael Ouerghemmi avait pourtant égalisé pour le Stade Tunisien à la 31e, mais les insulaires du club de la capitale du Ribat ont su préserver leur avance pour décrocher les trois points.

A Sfax, le CS Sfaxien a également renoué avec la victoire aux dépens de l’ES Zarzis (2-1). Mohamed Trabelsi a ouvert le score dès la 23e, suivi d’un second but signé Iyed Belwafi à la 56e. Les « Accaras » ont réduit l’écart en toute fin de rencontre par Hedi Jertila dans le temps additionnel (90e+3), mais cela n’a pas suffi à sauver le match.

Enfin, à La Marsa, l’AS Marsa et le PS Sakiet Eddaier se sont neutralisés (0-0). La rencontre a toutefois été marquée par l’expulsion d’Hamza Rebii (PS Sakiet Eddaier) à la 83e, mais les visiteurs, réduits à dix, ont tenu le nul et conservent leur invincibilité.

Dimanche, la suite de la 2e journée avec quatre rencontres au programme : la JS Omrane accueille l’Espérance de Tunis au Zouiten, le CS Hammam-Lif reçoit le CA Bizertin, l’Olympique de Béja affronte l’US Ben Guerdane, tandis que l’Etoile du Sahel, en quête de sa première victoire, croisera le fer avec l’ES Métlaoui à Sousse.

(D’après TAP)

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« Takbira  » de Montasser Bezzez captive le grand public au Fort d’Hammamet 

« Takbira  »  est un rituel musical et spirituel collectif issu du mysticisme soufi, particulièrement célèbre en Tunisie et au Maghreb. C’est une célébration sacrée qui mêle louanges divines, invocations des saints et transes rythmiques. Ce spectacle organisé par l’Association de sauvegarde de la Médina d’Hammamet,produit par l’artiste Montasser Bezzaz et mis en scène par Houssem Sahli, a été présenté au Fort d’Hammamet devant une assistance nombreuse.

Cette représentation, véritable moment artistique et spirituel, a mêlé l’atmosphère festive de l’anniversaire du Prophète à des expressions musicales et dévotionnelles, le tout dans le cadre historique et architectural exceptionnel du Bordj d’ Hammamet. Fidèle à sa démarche, Montassar Bezzaz  convoquait les traditions tout en les réinventant, offrant au grand public cosmopolite un patrimoine réinventé, où l’empreinte du passé se réaffirmait avec la fougue du présent.L’atmosphère a transporté le public dans un univers de sérénité et d’extase spirituelle, évoquant la profonde signification humaine et spirituelle de l’anniversaire du Prophète.

Au cœur de cette fresque musicale, les voix notamment d’ Abderrazak Asmi, Abdejabar Laribi, Maher Daoud, Borhane Bey, Néji Gueddiche, Mtir Haouel et Ridha Gabsi  ont entonné chants sacrés , enveloppant l’assistance d’une atmosphère de recueillement et d’élévation .Avec des chants envoûtants transmis et appris par coeur au fil des générations comme “Nadou lbabakom”, “Ellil zahi”, “raies lebhar”, “Fares Baghdad”, Montassert a ravivé la mémoire collective, en lui offrant une nouvelle respiration. La fusion entre instruments orientaux et occidentaux offre des sonorités modernes un peu rock, un peu jazzy qui participent à l’évolution d’un patrimoine musical longtemps relégué aux confréries et lui donne plus de relief. En somme, Takbira est un spectacle visuel gai et joyeux, un festival de couleurs, de senteurs et de musique authentique qui a enflammé le public hammamettois

                                  Kamel Bouaouina

Photos Berrazagua

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Entre chaleur et manque d’eau : un tiraillement de trop

Le citoyen tunisien n’est pas du tout à envier ces jours-ci, étant donné qu’il traverse une crise exceptionnelle où il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume. Et pour le dire plus clairement, entre une chaleur quotidienne diurne et nocturne qui perdure depuis au moins un mois et demi et un manque d’eau embouteillée représenté par de petites apparitions qui ne suffisent pas à étancher une soif devenue permanente. La malchance et l’anachronisme qui déterminent désormais l’existence du citoyen tunisien lambda y sont légion et irritent la vie de ce dernier. Pourtant, il en a vu passer auparavant des périodes similaires au niveau des températures très élevées durant les étés. Mais il s’y est ajouté, en l’an de grâce 2026, aussi bien le problème des coupures de l’eau de robinet, que celui de la disparition de l’eau en bouteilles qu’il avait cru impossible de tarir.

La chaleur, la soif, en plus de la pénible recherche parfois superflue en ville d’une bouteille d’eau, ont rendu sa vie tristounette et banale. Et si la chanson dit que «La vie est une histoire d’amour», son histoire à lui est devenue «Une histoire d’eau» dans un contexte plutôt douloureux, tout à fait à l’opposé de celle que raconte le court métrage du même titre réalisé en 1958 par Jean Luc Godard et François Truffaut. Là où l’héroïne fuit le déluge de la pluie. Ici et maintenant, et sous nos cieux, les choses se passent à l’opposé car le citoyen est à la recherche d’une goutte d’eau à boire dans une chaleur torride. Et même s’il pleut, la situation ne changera pas d’une once. Tout semble stagner et n’est pas sans provoquer la peur chez tout un chacun. Etat stationnaire, comme déclaré par un médecin à propos de l’état de santé de son patient. Entre la peur et l’espérance, l’espoir doit-il demeurer ? Dans un contexte et des circonstances un peu trop exceptionnels.

Lotfi BEN KHELIFA

 

 

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Semmama s’invite au Sommet mondial sur la lutte contre la désertification : restaurer les terres, restaurer l’espoir!

La question de la désertification est entrée dans l’agenda mondial lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992. La COP17 organisé en Mongolie  ne doit pas seulement proclamer une nouvelle déclaration, mais définir des principes communs : systèmes d’alerte précoce, évaluation des risques, planification nationale, gestion intégrée de l’eau, financement et partage des données scientifiques.Le choix de la Mongolie n’est pas seulement symbolique. Avec 1,5 million de km2, , ce vaste pays compte parmi les territoires les plus exposés à la dégradation des terres Sécheresses, surpâturage, tempêtes de poussière , fragilisent directement le modèle pastoral. Le nombre annuel de jours de tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé depuis les années 1960.

A cette occasion, la Mongolie a renforcé la mobilisation du public et la participation des jeunes à travers des dialogues nationaux et des activités de sensibilisation. Adnen Helali est un acteur et poète tunisien. Il est le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine au centre-ouest de la Tunisie. ll participe à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD/UNCCD) à Oulan-Bator, notamment dans le cadre de la Caravane mondiale de la Route de la Soie et de la promotion du pastoralisme et des territoires ruraux.

Sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la COP17 , organisée à Oulan-Bator, cherche à accélérer la restauration des écosystèmes dégradés, renforcer la résistance aux sécheresses et mobiliser des financements pour les pays les plus touchés par la désertification. A cette occasion, la « Journée de Semmama… Résister à la désertification culturelle », a été organisée le mardi 25 août dans l’espace vert du Sommet dans le cadre du Sommet mondial sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, parrainée par  Adnen Helali, un acteur et poète tunisien et le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine..« Cette COP17 nous rappelle une vérité essentielle : lorsque nous restaurons la terre, nous restaurons aussi l’espoir » précise Adnane Helali. « Aujourd’hui, nous souhaitons porter la voix de Sammama, une région qui connaît les défis de la sécheresse, de la dégradation des terres et de la fragilité des ressources naturelles, mais qui possède également une richesse extraordinaire : ses populations, son savoir-faire, ses terres et sa capacité à construire un avenir durable.La désertification n’est pas seulement une question environnementale. Elle touche directement la vie des populations. Elle affecte l’agriculture, l’eau, l’emploi, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des générations futures.C’est pourquoi nous devons passer des engagements à l’action.

Pour Sammama, cela signifie investir dans la restauration des terres, améliorer la gestion de l’eau, soutenir les agriculteurs et les communautés locales, protéger les parcours et développer des pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques.Cela signifie également donner une place centrale aux jeunes et aux femmes, car ils ne doivent pas être uniquement les bénéficiaires des politiques environnementales : ils doivent être des acteurs de leur conception et de leur mise en œuvre.La présence de la Mongolie à la tête de cette COP17 est particulièrement symbolique. Près de 77 % du territoire mongol est considéré comme dégradé, ce qui montre que la dégradation des terres est un défi qui dépasse les frontières et concerne toutes les régions du monde »

Et d’ajouter « Nous ne demandons pas seulement de protéger nos terres. Nous demandons de leur donner un avenir.Nous appelons à renforcer la coopération internationale, à mobiliser les financements nécessaires et à transformer les engagements internationaux en projets concrets sur le terrain.Sammama peut devenir un exemple de résilience, de restauration et d’innovation.Ensemble, nous pouvons restaurer nos sols, préserver notre eau, renforcer notre sécurité alimentaire et offrir à nos jeunes une raison de rester, de créer et de construire leur avenir chez eux.La terre n’appartient pas seulement à notre génération. Nous l’empruntons aux générations futures.Faisons donc de cette COP17 un moment de décision et d’action ».

La désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental.

L’idée centrale défendue par Helali est particulièrement intéressante : la désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental. La protection des parcours pastoraux passe aussi par la préservation de la mémoire, des savoir-faire, de la culture et des modes de vie des communautés rurales.La journée de Semmama constitue donc une manière de porter l’expérience tunisienne de Semmama sur la scène internationale, dans le cadre de la COP17, dont le thème est « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Cette journée s’est ouverte  par la présentation de son nouveau recueil de poésie, « Le vent garde nos traces », avec la participation de la chanteuse mongole Enkhgerel Shinzorig, de la poétesse indienne Barnet Kaur, de la chanteuse malienne Inna Modja et du guitariste français William Fourny, en présence de M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère. Le programme s’est poursuivi avec la projection du film documentaire If the Rangelands Could Speak, réalisé par l’Allemande Lizzy Gable, qui retrace le parcours de la Silk Road Caravan, à laquelle Adnen Helali a participé, de la Turquie jusqu’en Mongolie. La journée a également  été l’occasion de présenter l’œuvre d’artisanat « Année internationale des parcours et des pasteurs en vert », réalisée par les artistes Marwa Gdima, Oumaima Boulaares et Khaled Khayatai, en collaboration avec des artisanes de Djebel Semmama et de Bir El-Kassâa. Les distinctions « Soleil de Semmama » ont été remises à plusieurs personnalités et artistes ayant marqué cette rencontre, parmi lesquels : M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, la photographe sud-africaine Kiara Worth, dont les images prises pendant le Sommet sont devenues l’une des principales mémoires visuelles de l’événement ,la  troupe d’Oulan-Bator du patrimoine nomade, qui préserve la rare tradition musicale du khöömii, inspirée des sons de la nature et Burmaa Dashbal, présidente de l’organisation Green Rangeland Gold, et l’une des personnalités ayant contribué à porter l’initiative de l’Année internationale des parcours et des pasteurs.

                                Kamel Bouaouina

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L’intelligence artificielle entre dans le cabinet médical : quand le médecin n’est plus seul

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Pendant des siècles, la consultation médicale a reposé sur une relation presque sacrée entre deux êtres humains : un patient qui confie sa souffrance et un médecin qui écoute, observe, analyse et décide. Le cabinet médical était un espace où la parole, le regard et l’expérience du praticien occupaient une place centrale. Aujourd’hui, une nouvelle présence s’installe progressivement dans cette relation : l’intelligence artificielle. Invisible mais puissante, elle accompagne désormais le médecin dans son raisonnement, l’aide à interpréter des données complexes, à détecter certaines anomalies et à proposer des pistes thérapeutiques.

Cette transformation ne signifie pas que la machine remplace le médecin. Elle introduit plutôt une nouvelle forme de collaboration où l’intelligence humaine s’appuie sur une intelligence numérique capable de traiter en quelques secondes des volumes considérables d’informations. Le médecin du XXIᵉ siècle pourrait ainsi devenir un professionnel augmenté, capable de combiner son expérience clinique, son intuition et les capacités analytiques des systèmes intelligents.

Mais cette révolution médicale soulève aussi de nombreuses interrogations. Une consultation assistée par l’intelligence artificielle représente-t-elle un progrès absolu ? Peut-elle améliorer la qualité des soins sans fragiliser la dimension humaine de la médecine ? Jusqu’où peut-on confier une partie du raisonnement médical à des algorithmes ? Ces questions dépassent la simple technologie : elles concernent notre vision même de la santé et de la relation entre l’homme et la machine.

 

Une nouvelle alliée pour le diagnostic médical

L’une des applications les plus prometteuses de l’intelligence artificielle en médecine concerne l’aide au diagnostic. Le médecin doit souvent prendre une décision à partir d’un ensemble complexe d’éléments : symptômes décrits par le patient, résultats biologiques, images médicales, antécédents familiaux et évolution de la maladie. Cette accumulation d’informations peut parfois rendre l’analyse difficile, même pour un spécialiste expérimenté.

L’intelligence artificielle possède une capacité remarquable à analyser rapidement des milliers de données médicales et à identifier des correspondances invisibles à l’œil humain. Dans certains domaines comme la radiologie, elle peut détecter des anomalies sur des images médicales avec une grande précision et attirer l’attention du médecin sur des zones nécessitant une analyse approfondie.

Cette assistance peut permettre un diagnostic plus précoce de certaines maladies, notamment les cancers, les maladies cardiovasculaires ou les pathologies rares. Elle offre également une possibilité importante dans les régions où l’accès aux spécialistes est limité. Un médecin généraliste pourrait bénéficier d’un outil capable de l’orienter vers des hypothèses diagnostiques plus précises et de réduire ainsi les risques d’erreurs.

Cependant, il faut comprendre que l’intelligence artificielle ne possède ni conscience médicale ni expérience humaine. Elle reconnaît des modèles, compare des données et calcule des probabilités, mais elle ne ressent pas la souffrance d’un patient, ne comprend pas toujours son contexte social ou psychologique et ne peut remplacer le jugement humain.

 

Le médecin augmenté, une médecine plus efficace mais toujours humaine

L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme progressivement le rôle du médecin. Celui-ci ne sera peut-être plus seulement celui qui cherche une information ou établit seul un diagnostic, mais celui qui interprète, explique et accompagne. La valeur du médecin ne disparaît pas, elle évolue.

Une machine peut suggérer plusieurs traitements possibles, mais seul le médecin connaît réellement son patient dans sa globalité. Deux personnes atteintes de la même maladie peuvent avoir des situations totalement différentes : âge, mode de vie, contraintes familiales, préférences personnelles ou capacité à supporter certains traitements. La médecine ne se résume pas à appliquer une formule mathématique, elle est aussi une science humaine.

La consultation médicale assistée par l’intelligence artificielle pourrait même renforcer la relation entre le médecin et le patient. En automatisant certaines tâches administratives, en facilitant la rédaction des dossiers médicaux ou en accélérant l’analyse des examens, elle pourrait libérer davantage de temps pour l’écoute et le dialogue. Le médecin pourrait consacrer moins d’énergie aux procédures techniques et davantage à ce qui constitue l’essence de son métier : comprendre l’être humain derrière la maladie.

Cette évolution exige toutefois une nouvelle formation des professionnels de santé. Le médecin de demain devra comprendre les principes de fonctionnement des outils numériques, connaître leurs limites et savoir quand leur faire confiance ou, au contraire, remettre en question leurs recommandations.

 

Les dangers d’une médecine trop dépendante des algorithmes

Comme toute grande innovation, l’intelligence artificielle médicale comporte des risques. Le premier concerne la dépendance excessive à la technologie. Si un médecin suit systématiquement la recommandation d’un système informatique sans exercer son propre jugement, la médecine risque de perdre une partie de son esprit critique.

Les algorithmes ne sont pas neutres. Ils sont conçus à partir de données collectées dans certaines populations et peuvent parfois reproduire des erreurs ou des biais présents dans ces données. Un système entraîné principalement sur des patients d’un continent ou d’un groupe particulier peut être moins performant dans d’autres contextes. La qualité des données utilisées devient donc une question essentielle.

La protection des informations médicales constitue également un défi majeur. Les dossiers de santé contiennent des données extrêmement sensibles sur les individus. Leur utilisation par des systèmes d’intelligence artificielle nécessite des garanties fortes concernant la confidentialité, la sécurité et le respect de la vie privée.

Une autre question fondamentale concerne la responsabilité. Si une intelligence artificielle propose une recommandation erronée qui entraîne une mauvaise décision médicale, qui est responsable ? Le médecin ? Le concepteur du logiciel ? L’établissement de santé ? Ces questions juridiques et éthiques devront trouver des réponses claires avant une utilisation généralisée de ces technologies.

 

Vers une médecine où l’homme et la machine collaborent

L’avenir de la médecine ne sera probablement pas celui d’un remplacement du médecin par une machine, mais celui d’une coopération intelligente entre deux formes de savoir. L’intelligence artificielle possède la puissance du calcul, la rapidité d’analyse et la capacité de mémoriser une quantité immense d’informations. Le médecin possède l’empathie, l’expérience, la compréhension humaine et la capacité de prendre en compte la complexité d’une vie.

Cette complémentarité pourrait ouvrir une nouvelle époque médicale. La médecine pourrait devenir plus personnalisée, plus préventive et plus précise. Au lieu d’attendre l’apparition des maladies, les systèmes intelligents pourraient aider à identifier les risques avant qu’ils ne deviennent visibles, permettant ainsi une approche davantage orientée vers la prévention.

Mais cette révolution doit rester guidée par une idée essentielle : la technologie doit servir l’homme et non l’inverse. La santé n’est pas seulement une accumulation de données biologiques, elle concerne une personne avec ses émotions, ses inquiétudes et son histoire. Une consultation réussie ne dépend pas uniquement de la précision d’un diagnostic, mais aussi de la confiance qui unit le patient à celui qui le soigne.

L’intelligence artificielle représente donc une chance exceptionnelle pour améliorer la médecine, à condition de l’intégrer avec prudence et responsabilité. Le médecin de demain ne sera pas celui qui aura été remplacé par une machine, mais celui qui saura utiliser cette nouvelle intelligence pour devenir encore plus humain.

La véritable révolution médicale ne sera pas la victoire de l’intelligence artificielle sur l’intelligence humaine, mais la rencontre harmonieuse entre deux capacités différentes au service d’un même objectif : mieux comprendre, mieux soigner et mieux accompagner l’être humain.

 

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Hôpital numérique, un an après :  un bilan satisfaisant

«L’Hôpital numérique a permis, durant sa première année de fonctionnement, la réalisation de 120.000 examens d’imagerie médicale à distance dans 26 établissements hospitaliers», a révélé le ministère de la Santé.

Dans un communiqué, le ministère a précisé que ce dispositif a également permis d’assurer 334 consultations et 22 expertises médicales à distance, couvrant sept spécialités médicales et 17 gouvernorats.

Au-delà du nombre d’actes réalisés, le ministère de la Santé a souligné le niveau élevé de satisfaction des bénéficiaires, avec un taux de 92% concernant les consultations médicales à distance. Le communiqué a, en outre, indiqué que seuls 5% des cas pris en charge ont nécessité une hospitalisation.

Par ailleurs, le ministère de la Santé a mis en avant les résultats de la plateforme «Njda.tn», lancée le 12 août 2025. Cette plateforme permet de détecter précocement les infarctus du myocarde et d’alerter instantanément les équipes médicales, favorisant ainsi une intervention rapide, essentielle pour sauver des vies et limiter les complications.

«Depuis son lancement, Njda.tn a permis d’assurer le suivi de plus de 4.000 cas d’infarctus aigu du myocarde», a indiqué le ministère.

En outre, le ministère a affirmé que la première prise en charge à distance d’un accident vasculaire cérébral (AVC) a été réalisée depuis Médenine.

«Le patient a été évalué à distance par une équipe médicale spécialisée et a pu bénéficier du traitement en moins d’une heure», a affirmé le ministère.

Vers un renforcement du partenariat tuniso-allemand

Dans le cadre de la dynamique engagée pour accélérer la transformation numérique du secteur de la santé, le ministère de la Santé entend renforcer ses partenariats internationaux afin de tirer pleinement parti des nouvelles technologies, notamment la télémédecine et l’intelligence artificielle.

À ce sujet, une séance de travail tuniso-allemande consacrée à la santé numérique et à l’intelligence artificielle s’est tenue le 12 août 2026.

Le ministère de la Santé a indiqué que la rencontre a notamment porté sur les projets communs et les perspectives d’élargissement du partenariat, en particulier dans les domaines de la numérisation de la santé, de la télémédecine, de l’intelligence artificielle et de l’innovation.

Par ailleurs, les avancées réalisées dans le cadre de l’Hôpital numérique ont également été évoquées, ainsi qu’un certain nombre de projets visant à rapprocher les services de santé des citoyens, à faciliter leur accès aux soins et à améliorer la qualité de leur prise en charge.

 

27,3 millions d’euros pour moderniser le système de santé et développer la télémédecine

Dans cette perspective, il convient de rappeler que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé, en février 2026, un projet de loi portant approbation de la convention de prêt conclue entre la République tunisienne et l’Agence française de développement (AFD), en vue de contribuer au financement du programme de soutien à la santé électronique «E-Santé».

Ce programme bénéficie d’un financement de 27,3 millions d’euros, destiné à accompagner le déploiement de la santé numérique en Tunisie et à accélérer la modernisation du système de santé.

Le programme «E-Santé» ambitionne de moderniser en profondeur le système d’information sanitaire, avec pour objectif d’améliorer la prise en charge des patients et de renforcer la qualité des services proposés par les établissements hospitaliers publics. Plus largement, il s’inscrit dans une dynamique de réforme, de modernisation et de transformation numérique du secteur de la santé.

Concrètement, le programme repose sur trois axes majeurs. Le premier porte sur la modernisation et la sécurisation des systèmes d’information des établissements de santé, avec leur déploiement dans 24 hôpitaux universitaires.

Le deuxième axe concerne le soutien au développement et à la mise en œuvre de cinq initiatives régionales de télémédecine, couvrant le Nord, le Centre et le Sud du pays. Cette composante vise notamment à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés et à rapprocher l’expertise médicale des patients, quelle que soit leur région de résidence.

 Le troisième axe prévoit un renforcement des capacités institutionnelles dans le domaine de la santé électronique, afin d’accompagner durablement la transformation numérique du système de santé et de consolider les acquis du programme.

Nouha MAINSI



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La «culture du jetable» s’empare de notre quotidien

Les économistes classiques classifiaient les biens de consommation en biens durables et en biens non durables. En effet, il y avait des produits achetés pour être conservés durant des années et peut-être pour toute la vie (les ustensiles de cuisine fabriqués en cuivre, des nappes, les tapis, les couvre-lits, les rideaux, les bijoux, le vélo, la moto, la voiture…) et d’autres pour la consommation immédiate, tels que les produits alimentaires ou vestimentaires. C’est que dans les ménages traditionnels, on distinguait entre l’indispensable et le superflu et la priorité était toujours donnée aux besoins vitaux, donc nécessaires. Il fut donc un temps où les choses étaient faites pour durer et où l’on jetait très peu. Or, dans la vie moderne, tout semble devenir provisoire, même ce qu’on considérait jadis comme un objet durable et permanent. Aujourd’hui, dans une conjoncture socio-économique stimulant la consommation, presque tous les achats effectués par les ménages sont devenus non durables, donc jetables, à telle enseigne que des sociologues parlent d’une «culture du jetable».

Décidément, les temps changent et les habitudes aussi. Notre société de consommation a favorisé l’industrie des biens de consommation à outrance, donnant naissance à un mode de vie différent où les gens sont devenus de grands consommateurs de produits «jetables» pour les remplacer par d’autres dernier cri, quoique souvent plus chers. Conséquence : la durée de certains produits devient de plus en plus courte, quoiqu’ils soient souvent utiles pour les consommateurs toujours avides de «prêt-à-porter» et de «prêt-à-consommer», eu égard à leur rythme de vie qui devient très accéléré. Et c’est ainsi que chez nous, à l’instar d’autres pays de consommation, les produits jetables sont devenus nécessaires et plus pratiques et rencontrent un très grand succès chez la majorité des consommateurs. Quant aux fabricants de ces produits jetables, ils se frottent les mains en encourageant activement cette tendance, et ce, à grand renfort de publicité. Cette mentalité s’est ancrée partout chez nous depuis des années et c’est devenu comme un fait accompli.

 

Ces produits «jetables» qui nourrissent nos poubelles…

En effet, nos poubelles débordent de produits usés : vaisselle en papier ou en plastique, serviettes, objets de décors, jouets, ballons, bouteilles, gadgets électroniques, voire postes de télévision, ordinateurs, frigidaires, fauteuils et tutti quanti. Côté nourriture, les restes de la veille sont déversés quotidiennement à la poubelle, quand bien même ils pourraient être gardés au congélateur pour être consommés ultérieurement. C’est que les enfants d’aujourd’hui n’aiment pas manger les restes de la veille et préfèrent un sandwich tout prêt ou un repas instantané acheté à l’extérieur du foyer. Des chaises en plastique, des poussettes pour bébés, des ustensiles de cuisine encore fonctionnels, tout se jette après un certain temps d’usage pour être remplacé par d’autres neufs certes, mais pas forcément plus performants ou plus solides. Alors qu’avec un peu d’entretien et de soin, on aurait allongé la durée de vie de ces produits qui vont nourrir nos poubelles et gâcher notre environnement. «Dans le passé, nous a confié un chef de famille, mon père prenait mon cartable chez le cordonnier pour le raccommoder et le même cartable avait servi à mon frère cadet durant plusieurs années. On ne jetait pas les vêtements usés, on les gardait pour la saison suivante. On se contentait de la nourriture préparée à la maison : on ne jetait pas du pain à la poubelle. Aujourd’hui, mon fils peut avoir jusqu’à trois paires de chaussures de sport pendant l’année scolaire et pourtant, elles ne sont pas assez usées pour être jetées. C’est une culture du jetable qui gagne nos enfants, ils n’ont pas la notion du durable. Seuls l’immédiat et le tout prêt comptent pour eux ! On doit, au contraire, leur apprendre à prolonger la durée de vie des biens et des produits qu’ils utilisent en les faisant réparer plutôt que de prendre du neuf».

 

L’environnement menacé

Les sacs en plastique, pourtant interdits à cause de leur nocivité, sont de plus en plus utilisés pour contenir nos achats ou servir d’emballage à nos produits alimentaires. Il est de plus en plus rare de voir dans nos marchés des clients portant les traditionnels filets à provisions ou des couffins en paille ou en alfa, ces matières naturelles, durables et non nuisibles. Tout le monde se sert de sachets plastiques dont on se débarrasse dès qu’ils sont vidés de leur contenu. Les sacs en plastique qui jonchent nos rues et nos trottoirs donnent un spectacle désolant, sachant que la dégradation d’un sac de plastique jeté dans la nature dure jusqu’à 400 ans ! Des milliers d’articles sont jetés à la poubelle ou dans la nature aussitôt qu’ils sont utilisés ou épuisés : rasoirs, appareils photos, briquets, livres scolaires ou parascolaires, parapluies… On avait pourtant l’habitude d’utiliser un briquet qu’on rechargeait avec du butane. Idem pour les rasoirs traditionnels dont seules les lames étaient remplacées, ce qui aidait énormément à protéger l’environnement et diminuer les dépenses. Les cahiers parascolaires, qu’on vend actuellement chez les libraires, une fois utilisés par un enfant, ne seront plus utiles pour son frère ou sa sœur, qui auront besoin d’autres cahiers encore vierges… Les produits jetables sont bien utiles pour gagner du temps et faciliter la vie ; mais le revers de la médaille, c’est que ces articles jetés sont une énorme source de pollution. Des milliers de briquets, de rasoirs, d’assiettes en papier ou en plastique, de sacs d’emballage et d’autres items encore utilisables vont aux ordures chaque jour en aggravant les problèmes environnementaux. Ces produits à usage unique, pas forcément plus pratiques que ceux qui sont réutilisables ou rechargeables, sont généralement deux à cinq fois plus nocifs pour l’environnement.

 

Question de goût et de bon sens

Cette «culture du jetable» fait naître chez nous la facilité d’usage : au lieu d’utiliser de la vaisselle en porcelaine ou en verre lors de nos cérémonies (fêtes d’anniversaire, réceptions…) qui demande à être lavée et essuyée avant d’être rangée, on préfèrerait la vaisselle en papier ou en plastique dont il est plus facile de se débarrasser après usage. Ces produits jetables se consomment en grandes quantités et finissent rapidement en déchets déversés à la poubelle. L’usage à outrance de ces produits jetables peut influer sur le goût et le bon sens de nos enfants, a fait remarquer une dame interrogée sur ce sujet, donner à boire à un invité dans un gobelet en plastique ou à manger dans une assiette en papier, pour éviter de faire la vaisselle et gagner du temps, c’est un signe de mauvais goût et surtout, une mauvaise leçon à donner à nos enfants à qui, en principe, nous devons inculquer les bonnes manières et les règles du bon usage des choses. Lors des cérémonies, la plupart du temps, tout est fait en «jetable» : le décor et la consommation. De même, des familles utilisent des assiettes jetables tous les jours pour éviter de faire la vaisselle, trouvant plus pratique de les jeter à la poubelle, histoire de gagner du temps. Et là, c’est plutôt une question de paresse et de manque de respect envers l’environnement.

Hechmi KHALLADI 



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Rentrée scolaire : le plus dur commence pour le CSEE 

Par Kamel ZAIEM

 

Avec les dernières plaintes de la Fédération de l’enseignement secondaire, on peut dire que le travail de terrain commence, déjà, pour le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement et que le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed, avait raison d’accélérer la mise en place d’une telle structure qui aura à résoudre, sans se substituer au ministère de l’Education, de tels problèmes sans attendre, à chaque fois, le début de l’année scolaire pour agir.

 

On s’y attendait un peu et ce qui s’est passé, à trois semaines de la rentrée scolaire, était prévisible. En effet, le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, Mohamed Safi, a dénoncé l’exclusion de la partie syndicale par le ministère de l’Éducation des préparatifs de la prochaine rentrée scolaire, estimant que «le ministère conduit cette rentrée vers une impasse», selon ses termes.

Mohamed Safi a indiqué que le manque potentiel d’enseignants et de personnel éducatif ne concerne pas uniquement les enseignants, mais l’ensemble des corps éducatifs, notamment le primaire, le secondaire, les surveillants et le personnel administratif.

Il a rappelé que le dernier chiffre communiqué par le ministère de l’Éducation, lorsqu’il était encore en concertation avec les structures syndicales, faisait état d’un déficit de 5.000 agents.

«Même en l’absence de chiffres sur le déficit potentiel pour la prochaine rentrée, plusieurs indicateurs confirment l’existence de ce manque», a-t-il affirmé. Il a notamment cité la surcharge des classes, avec plus de 40 élèves par classe dans certains cas, ainsi que la possibilité de voir des enseignants affectés à plusieurs établissements et l’augmentation du nombre d’heures de travail.

A vrai dire, une telle situation, si elle est confirmée, ne peut pas aider à développer la qualité de l’enseignement, aussi bien pour le primaire que pour le secondaire, et des solutions doivent être trouvées pour permettre une année scolaire réussie et enrichissante.

 

Pour le ministère, tout va bien…

Face à ces déclarations peu rassurantes, nous avons attendu la réponse du ministère de tutelle et sa réaction n’a pas trop tardé. Lors d’une intervention médiatique, le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, avait assuré que les préparatifs de l’année scolaire 2026-2027 avançaient à un rythme soutenu afin de garantir une rentrée régulière, sans postes vacants dans les corps éducatifs, avec des infrastructures prêtes et des manuels scolaires disponibles dans les délais.

Le ministre avait souligné que le dossier des ressources humaines faisait l’objet d’une attention particulière, affirmant la volonté de couvrir l’ensemble des besoins en personnel enseignant, administratif et d’encadrement.

Le gouvernement travaille également depuis plusieurs mois à finaliser les préparatifs nécessaires afin d’éviter tout déficit susceptible d’affecter le déroulement normal des cours ou la qualité de l’enseignement, selon le ministère.

Il faut également rappeler que la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé vendredi 14 août un Conseil ministériel restreint consacré aux préparatifs de la rentrée scolaire, universitaire et de la formation professionnelle 2026-2027.

La réunion a porté notamment sur la préparation des différents secteurs concernés et sur les mesures à prendre pour assurer une rentrée réussie. La Cheffe du gouvernement a appelé à réduire la surcharge des classes, améliorer la répartition des élèves et renforcer les extensions et créations d’établissements nécessaires, afin d’améliorer les conditions d’enseignement et de parvenir à un meilleur équilibre entre les établissements éducatifs.

 

Eviter les problèmes de l’année passée

Certes, il est bon de constater que la Cheffe du gouvernement, en anticipant l’organisation d’une telle réunion, a bien fait pour éloigner d’éventuelles mauvaises surprises, mais il faut également rappeler que de tels problèmes  étaient d’actualité il y a exactement une année, aussi bien pour l’enseignement secondaire que pour celui du primaire.

L’année passée, le constat était peu rassurant, un mois après la rentrée. Plusieurs écoles primaires des différentes régions du pays enregistraient un manque d’enseignants, soulevant l’indignation des parents d’élèves. Les postes vacants se comptaient par milliers, selon le syndicat de l’enseignement primaire (près de 10 mille !) alors que la commission tripartite (UGTT-ministère de l’Education et l’Institut Arabe des Droits de l’Homme) chargée du dialogue sur la réforme du système éducatif n’a pas encore tranché sur la question de la sixième année.

On se rappelle même les appels des parents d’élèves de différentes écoles du Grand Tunis qui dénonçaient le manque d’enseignants qui perdurait depuis presque un mois, surtout pour les classes de la sixième année.

De même, dans plusieurs écoles, les emplois du temps n’étaient pas encore définitifs et changeaient d’une semaine à l’autre alors que le changement des enseignants et de leurs exigences en matière de fournitures scolaires était aussi monnaie courante, selon les élèves.

C’est dire que la persistance de ces problèmes n’a plus sa raison d’être puisque la réunion présidée par la Cheffe du gouvernement aurait touché à tous ces détails pour tout remettre en place avant les trois coups de la rentrée scolaire.

 

Que peut faire le CSEE ?

Le communiqué de la Fédération de l’enseignement secondaire et la réponse du ministère de l’Education confirment que le problème doit être réglé, logiquement, entre ces deux structures, sans avoir besoin d’autres intermédiaires. Or, lorsqu’il s’agit de postes vacants d’enseignants, de classes chargées ou de programmes remodelés au gré d’un enseignant ou d’un autre, l’avis du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement serait très utile, surtout pour définir, de manière générale, certaines règles sans entrer dans les détails. Il sert également à être un partenaire très utile en matière de consultation et de concertation pour débloquer certaines situations complexes entre le ministère de tutelle et les syndicats de l’enseignement.

C’est ce qui nous ramène à certaines interrogations posées par des experts en la matière qui se demandaient si le Conseil va superviser la réforme à venir par l’intermédiaire de ses commissions spécialisées et de ses séances plénières, ou s’il va se contenter de donner son avis sur les résultats du travail d’autres parties au sein des ministères concernés ou des organismes politiques, syndicaux, académiques ou autres.

La présence du CSEE dans les divers points de discorde entre les autres parties concernées vient d’ailleurs d’être rappelée par certains parlementaires qui ont discuté d’un projet de loi portant sur la réduction du temps scolaire pour le cycle primaire. Un projet qui a été officiellement présenté et qui s’inscrit dans une vision globale de développement des ressources humaines en Tunisie, d’où l’importance de la participation des hautes instances. 

Lors de la même réunion, un autre député a assuré qu’une nouvelle vision est en cours d’élaboration, ajoutant que l’allègement des contenus pédagogiques constitue également une priorité du Conseil supérieur de l’éducation et de l’Enseignement. 

Aujourd’hui, en matière d’enseignement, la Tunisie ne doit plus se heurter à de telles difficultés. Avec la présence de hautes compétences au ministère et la contribution du CSEE, le moment est venu pour passer la vitesse supérieure. Toutefois, ce qui a été révélé par le syndicat de l’enseignement secondaire concernant la non-implication des syndicats dans les préparatifs de la prochaine rentrée scolaire est assez inquiétant car le ministère doit impliquer toutes les parties prenantes pour pouvoir prendre les décisions qui s’imposent et qui ne posent de problèmes à aucune des parties, et pour assurer des relations solides de partenariat afin d’éviter les tensions et les éventuelles mauvaises surprises, d’autant plus que la concertation a toujours été un outil précieux pour garantir les meilleures conditions de réussite pour l’année scolaire.

Et si certains pensent que les problèmes relevés par le syndicat ne dépassent pas le cadre des consultations entre la partie syndicale et le ministère, nous estimons que l’intervention du CSEE, surtout lorsque le dialogue se trouve bloqué, est à apprécier pour débloquer la situation, sans que le Conseil se substitue à aucune des parties en présence. Et c’est pour cette raison que nous pensons que le rôle du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, tel que préconisé par le Chef de l’Etat, ne se limite pas au travail académique et doit toucher à tout ce qui met en place un enseignement de haut niveau dans des conditions satisfaisantes pour toutes les parties concernées.

 

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A Hammamet, des bénévoles à pied d’oeuvre pour réhabiliter l’écomusée de l’orangeraie

Des jeunes hammamettois de 12 à 18 ans tentent de réhabiliter l’écomusée de l’orangeraie de Hammamet au centre culturel international d’Hammamet dans le cadre du  34ᵉ chantier de jeunes bénévoles du 23 au 30 août 2026, organisé par l’’Association d’Éducation Relative à l’Environnement (AERE)  « Ce chantier   est, certes, une initiative louable, indique Salem Sahli, Président de l’AERE  qui vise à sensibiliser les jeunes au problème de l’environnement .  Des gestes simples au quotidien pourraient tout changer. Notre association compte 32 chantiers de jeunes à son actif. En effet, son premier chantier remonte à 1993 et avait pour cadre la zone forestière d’El Faouara à Hammamet.Depuis, se sont succédés plusieurs chantiers à raison d’un par an avec les mêmes enthousiasme et engagement : chantiers dans les établissements scolaires, en milieu rural, dans les espaces naturels, les quartiers de la ville, les structures socio-collectives 

Photos Berrazagua

Projet initié par l’AERE et cofinancé par le programme Euromed Heritage de l’Union européenne, l’écomusée de l’orangeraie a été conçu en juillet 2009 lors d’un atelier d’étude international, avant d’être mis en œuvre par des bénévoles et inauguré en 2011. Il permet aux habitants comme aux visiteurs de redécouvrir le patrimoine paysager et agricole de la région de Hammamet. Une dizaine de  jeunes s’empare du matériel, brouettes, pelles, seaux… et attendent de recevoir les consignes de leur chef.Loin des bruits stressants de la ville, chaque jeune prendra place dans un lieu calme où la nature a encore ses droits pour profiter de ce chantier qui a pour ambition ainsi  de sensibiliser nos jeunes  aux conséquences de notre mode de consommation sur l’environnement, de lui offrir des solutions concrètes et applicables, et de créer un lieu de partage et d’échange. 

Ensemble, ils ont procédé à des travaux de débroussaillage, de  nettoyage, de désherbage, et de badigeonnage des arbres, ainsi que la réparation, la consolidation de la passerelle en bois, le curage et le  badigeonnage des rigoles et du bassin. Islem Ben Fradj, étudiante en médecine, estime que ce chantier constitue un univers festif de partage, de rencontres et de découvertes. Il s’adresse à ces générations durables qui ont  envie d’un moment et d’une planète proposant un peu plus d’engagement, d’art et de culture et de sensibilisation à la sauvegarde de l’environnement . « C’était passionnant comme action .Pas besoin de compétences particulières pour participer à l’entretien des espaces verts et des bassins .Nos équipes d’animateurs sont là pour nous transmettre les techniques traditionnelles. Les talents se révèlent dans l’action et chacun trouvera un rôle dans ce projet citoyen .Nous travaillons main dans la main avec l’AERE pour redonner à l’éco-musée de l’orangeraie son lustre d’antan. Nous y travaillons de façon volontariste. » dit-elle 

Aymen Attia, lycéen, est convaincu que ce chantier aura un impact sur ces jeunes « Ils seront conscients que leur avenir dépend de la préservation des espaces naturels, de leurs ressources ainsi que d’un développement plus durable. L’objectif c’est d’être acteur dans son environnement. Le programme leur donne les outils pour arriver à être des éco-citoyens en action.Ce chantier est, certes, une initiative louable, qui vise à sensibiliser les jeunes au problème de l’environnement. Des gestes simples au quotidien pourraient tout changer » Pour Iyed Kasdaghli,  « Ce chantier nous permet d’agir en faveur d’un monde plus durable. Il  offre une diversité d’opportunités que chaque bénévole peut saisir à tout instant de sa vie. J’ai apprécié l’ensemble des travaux effectués à l’école. L’accueil par les membres de l’association, la découverte du travail  sont des éléments que j’ai beaucoup appréciés. » Pour le jeune lycéen, Seyfeddine Sahli « L’esprit de groupe était fort. Apprendre un savoir-faire est une expérience enrichissante pour moi . Ce chantier   offre une opportunité unique de relier les jeunes à leur environnement naturel, tout en leur donnant les moyens de devenir des acteurs du changement. »

Photos Berrazagua

Pour Malek Fray «  il y a toujours cette envie d’agir pour les autres tout en satisfaisant sa propre curiosité avec cet épanouissement qu’on tire au contact des autres .C’est un passionnant. Le chef de chantier est là pour nous aider à contrôler nos efforts. A ne pas aller au-delà de nos limites .Et puis c’est une expérience pratique que je juge très utile pour la suite de mes études, et pour ma future activité professionnelle. Ça nous aide à apprécier les gens qui travaillent sur les chantiers. Nous, comme futurs ingénieurs, on doit juste théoriser. Mais là on voit comment ça se passe dans la réalité » dit-elle« En donnant aux jeunes une « voix » et une « main » ajoute Ahmed Baccara, nous pouvons non seulement enrichir nos apprentissages, mais aussi nous engager dans des actions concrètes pour un avenir plus équitable et résilient . C’est un travail collectif, visible et immédiatement utile au territoire qui se joue l’apprentissage de la citoyenneté ».

L’eau, une ressource précieuse dans les vergers

Au fil des ans, l’agriculture a évolué et a progressé grâce à des technologies innovantes. Ces dernières années, nous avons assisté à des changements météorologiques résultant du réchauffement de la planète. Les agriculteurs doivent relever de nouveaux défis. L’un des plus importants concerne le climat qui, suite au réchauffement de la planète, est de plus en plus imprévisible et extrême. Certai­nes régions sont soumises à des chaleurs ou à des froids extrêmes et à des conditions météorologiques ne correspondant pas à la saison, ce qui entraîne parfois la destruction totale des cultures.Dans un verger, bien irriguer ne signifie pas simplement apporter de l’eau : il s’agit surtout d’apporter la bonne quantité, au bon moment et régulièrement. Une irrigation bien pilotée ne consiste donc pas à arroser davantage, mais à apporter l’eau nécessaire au bon moment pour éviter les à-coups de croissance, sécuriser la récolte et préserver la qualité.  Dans les vergers des agrumes d’Hammamet , l’eau joue un rôle essentiel pour garantir une production régulière et de qualité. « Mais ce qui est important, explique Dr.Sahli , c’est que les paysans hammamétois ont perpétué un précieux patrimoine hérité de leurs ancêtres Andalous. Il s’agit de l’organisation et de l’irrigation du verger d’agrumes.

La richesse du langage vernaculaire lié à l’usage de l’eau témoigne encore de la vivacité de cet héritage.L’eau sortant du puits, grâce à la traction animale s’il s’agit d’un Dalou ou à la force d’entraînement d’une éolienne désignée localement par le terme Sarout, arrive d’abord dans un premier bassin appelé Hjir servant à collecter temporairement l’eau pour les besoins de la famille. Elle s’écoule ensuite gravitairement vers un grand bassin nettement plus profond que le premier dénommé Jabia qui sert à stocker l’eau. La Jabia est muni de deux orifices pouvant être fermés ou ouverts à l’aide d’un Moghlak afin de maîtriser les volumes d’eau d’irrigation.Quittant la Jabia en direction du verger, l’eau passe dans un troisième petit bassin dit Khossa qui sert à casser l’énergie de l’eau émergeant du grand bassin. Elle est drainée ensuite dans la Séquia mère ou principale construite en brique tout au long de l’axe central du verger. La Séquia est munie de plusieurs petites encoches latérales placées face à d’autres Séquias secondaires façonnées à même le sol. De ces Séquias en terre, l’eau est dirigée intentionnellement par le fellah vers les carrés d’agrumes Haoudh, limités chacun par une levée de terre dite Tssir. Une fois les agrumes du premier carré irrigués, le fellah réoriente l’eau vers un autre carré et ainsi de suite »

                                                                     Kamel Bouaouina

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JM Tarente-2026 : Achraf Zouaoui décroche l’or et offre une deuxième médaille à la Tunisie

Achraf Zouaoui s’est imposé comme la grande figure de la journée de mardi aux Jeux méditerranéens de Tarente-2026 en montant sur la plus haute marche du podium en tir de précision, dans le cadre des épreuves de boule lyonnaise, offrant ainsi à la Tunisie sa deuxième médaille d’or après celle remportée par le taekwondoïste Firas Katoussi.

La journée de mardi s’est soldée par un bilan tunisien particulièrement positif, avec quatre médailles au total, grâce notamment à la pétanque qui en a récolté trois, une en or et deux en bronze, tandis que la lutte a sauvé sa participation en décrochant une médaille de bronze.

La Tunisie porte ainsi son total à 12 médailles (2 or, 2 argent et 8 bronze), grimpant à la neuvième place du classement général, toujours dominé par l’Italie avec 81 médailles (29 or, 29 argent et 23 bronze), devant la Turquie, deuxième avec 37 médailles (17 or, 10 argent et 10 bronze), et la Grèce, troisième avec 26 médailles (9 or, 8 argent et 9 bronze).

Achraf Zouaoui a décroché le précieux métal après sa victoire en finale face à l’Italien Matteo Mana, représentant le pays hôte, sur le score de 11 à 9.

Dans une déclaration à l’envoyé spécial de l’agence TAP à Tarente, Zouaoui s’est dit particulièrement heureux de cette médaille d’or, soulignant la valeur particulière de ce sacre, le premier de sa carrière pour sa deuxième participation aux Jeux méditerranéens.

Il a ajouté que son parcours vers le podium n’avait pas été de tout repos, précisant avoir disputé les épreuves malgré une blessure, mais avoir fait preuve de détermination et de combativité jusqu’au bout pour finalement décrocher l’or.

La pétanque a également offert à la Tunisie deux médailles de bronze dans l’épreuve du tir de précision. Mouna Béji s’est imposée face à l’Italienne Sara Ferrera sur le score de 43 à 40, avant de récidiver en double avec sa coéquipière Ahlem Haj Hassan, grâce à une victoire 13 à 3 contre la paire turque Mizgin Morkoyun-Dilcin Oguz.

Dans une déclaration à l’envoyé spécial de l’agence TAP, Mouna Béji s’est dite satisfaite de son résultat en tir de précision, tout en reconnaissant ressentir une certaine amertume après avoir manqué de peu la qualification pour la finale et la possibilité de briguer l’or, à la suite de sa défaite d’un seul point en demi-finale face à la Française Nelly Peyre, 36 à 37.

De son côté, Zeineb Sghaïer a sauvé la participation de la lutte tunisienne en remportant la médaille de bronze dans la catégorie des 68 kg, après avoir battu la Croate Veronika Vilk, 7 à 1.

En natation, la prestation du champion du monde Ahmed Jaouadi n’a en revanche pas répondu aux attentes. Il a pris la sixième place de la finale du 1.500 m nage libre en 15 min 30 sec 99 cent, décevant une nouvelle fois les espoirs placés en lui après s’être contenté de la médaille de bronze sur 400 m et 800 m nage libre.

L’Italien Matteo Diodato a remporté l’or en 15 min 06 sec 27 cent, devant l’Espagnol Cristob Vargas Trujillo, médaillé d’argent en 15 min 07 sec 37 cent, et un autre Italien, Ivan Giovannoni, qui a décroché le bronze en 15 min 08 sec 01 cent.

Dans les sports collectifs, l’équipe de Tunisie masculine de handball a bien réagi après sa défaite lors de la première journée face à la Grèce (27-39), en signant son premier succès aux Jeux contre Chypre, sur le score de 34 à 27, dans le cadre de la deuxième journée du groupe B.

Avec deux points, la Tunisie, troisième du classement, devra impérativement battre jeudi l’Algérie, co-leader avec la Grèce avec trois points chacune, pour assurer sa qualification pour les demi-finales. Les deux premiers de chaque groupe accèdent au dernier carré.

En revanche, la sélection tunisienne masculine de volley-ball s’est inclinée face à la France sur le score de 3 sets à 0 (25-21, 25-20, 25-22), lors de la quatrième journée du groupe A, perdant ainsi toute chance de qualification pour les demi-finales.

La Tunisie, troisième avec cinq points, à sept longueurs du duo de tête composé de la France et de l’Italie, clôturera vendredi son parcours au premier tour face au Portugal, cinquième avec deux points.

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Une soirée de rythme et d’émotion avec Sofiene Safta et sa fille Sandra à l’Amphithéâtre d’El Jem 

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un tel engouement pour un chanteur tunisien. Circulation intense, parking saturé et marée humaine du côté de l’Amphithéâtre d’El Jem .La nouvelle avait fait le tour des réseaux sociaux : « Sofiène Safta va se produire sur scène, le lundi 24 août 2026 au Festival Musique du Monde. »

A 22h00 Sofiene sort des coulisses. Les yeux « inspectant » le vide, il tente de discerner les spectateurs de leurs silhouettes. Puis, machinalement, il se tourna vers son orchestre. Fait quelques gestes, le maestro échangea quelques regards avec sa troupe et… Le spectacle commence. Sur les sons assourdissants de guitares électriques, de basses et de percussions, Sofiene donne le «la». Et c’est l’euphorie totale. Les musiciens s´en donnent à coeur joie. C’est la frénésie. Les chansons se suivent et se succèdent. Il fallait être un bon connaisseur du répertoire de cet artiste pour pouvoir trouver les titres des chansons interprétées. Ce soir ,il a interprété des tubes de ses quatre derniers albums.Question d’équilibrer les choses, et que tout le monde soit content.

Les cinq musiciens étaient au rendez-vous ! Ramsis Zanati à la basse, Sofiene Ghanem à la batterie, Hatem Hmila  à la percussion, Montassar Ghunia au nay, et enfin Ahmed Néji au kanoun invité la violoniste sandra Safta . Acclamé par une foule survoltée, le chanteur guitariste Sofiène Safta accompagné par sa fille Sandra   a livré un show maîtrisé et percutant, enchaînant ses tubes les plus populaires, dont « Alam Jadid » et « mazael el kir » .Sandra nous a régalés au violon pendant le récital ! Concentrée, appliquée… elle est  déjà super à l’aise sur scène. Tel père, telle fille !

Puisé dans la musique tunisienne, enrobé de jazz et de World music, soutenu par de brillants musiciens, Sofiène électrisa la foule avec ses tubes : « bladi zina » et « Miroir » .L’amphithéâtre d’El Jem  résonna aux rythmes de sa musique .Avec une spontanéité incomparable et une force unique qu’il a mené son show en interprétant ses meilleurs tubes, notamment ceux de son  album «Barzakh», où il est passé par différents rythmes et mélodies, puis ses anciens succès que le public a chantés fiévreusement en chœur avec lui.Ce public a repris les refrains des chansons qu’il connaît par cœur, en faisant clignoter des centaines de téléphones portables, comme des étoiles brillantes dans le ciel d’El Jem.

Durant tout le concert, ses chansons mythiques furent acclamées et ovationnées par une assistance enflammée qui était éblouie et n’en revenait pas d’être devant son idole.  « Carthage » « Souvenirs d’enfance » et « Danse de l’oasis » et bien d’autres ont semé la fièvre dans tous les coins de l’amphithéâtre . Sofiene a pu conquérir le grand public avec sa voix chaude au timbre mélodieux et un charisme que seul un vrai artiste peut dégager. Une vraie star qui ne manquera pas de marquer l’histoire de la musique tunisienne

                              Kamel Bouaouina

Photos :

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Le demi-monde : quand les pays riches fabriquent leurs pauvres

Par Jamel BENJEMIA

On a longtemps considéré que la cartographie de la pauvreté relevait d’une évidence. D’un côté, le monde dit avancé, de l’autre, celui qui ambitionnait de le rejoindre. Le Nord et le Sud. Puis s’est imposée, sous la plume d’Alfred Sauvy en 1952, la catégorie du tiers-monde, avant que le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, n’offre à la grande pauvreté une autre visibilité et une autre appellation : le quart-monde, cette misère tapie au cœur même des sociétés d’abondance.

Au cœur de certaines des nations les plus riches surgissent aujourd’hui des scènes que l’ancien lexique peine à saisir : files d’attente devant les banques alimentaires, salariés demeurant pauvres malgré l’emploi, familles étranglées par le coût du logement, étudiants rationnant leurs repas, retraités arbitrant entre se chauffer et se nourrir, personnes à la rue dormant à quelques pâtés de maisons des vitrines du luxe.

Il suffit parfois de quelques stations de métro pour passer d’une topographie de l’opulence à un tout autre pays.

Or ces États ne sont ni démunis ni économiquement défaillants.  Leurs économies pèsent des milliers de milliards, leurs entreprises opèrent sur tous les continents, leurs universités recrutent les élites mondiales.    Comment désigner une telle contradiction ? Peut-être convient-il de risquer un troisième terme : le demi-monde. 

Le mot n’est pas vierge. En 1855, Alexandre Dumas fils donnait à voir, dans Le Demi-Monde, un milieu gravitant autour de la richesse, du pouvoir et de leurs codes. Plus d’un siècle et demi plus tard, les salons ont changé, les couloirs aussi. Les courtisans, eux, n’ont pas disparu.

Dans ce nouveau sens, le demi-monde désignerait ces nations suffisamment riches pour être classées parmi les économies développées, mais assez fracturées pour qu’une partie de leur population ait cessé d’en partager effectivement la prospérité. 

 

Riches, certes, mais prospères pour qui ?

Le produit intérieur brut sait compter. Il sait moins bien raconter. Il additionne ce qu’une nation produit, échange, construit. Mais entre ses colonnes disparaît souvent l’essentiel : la manière dont cette richesse atteint, ou n’atteint plus, la vie ordinaire.

Une moyenne flatteuse peut parfaitement résulter de la cohabitation d’un milliardaire et de mille travailleurs précaires.

C’est ici que s’enracine le malentendu.

Durant des décennies, l’augmentation de la richesse nationale a été tenue pour l’indice le plus sûr de l’amélioration du sort commun. La métaphore de la marée qui soulève tous les bateaux semblait aller de soi. Elle portait en elle la promesse du ruissellement : la richesse créée au sommet devait, tôt ou tard, descendre les étages de la société, relever les revenus et irriguer jusqu’aux plus modestes.

Cette mécanique s’est enrayée.

Dans plusieurs économies développées, l’emploi ne protège plus nécessairement de la vulnérabilité. L’appartenance aux classes moyennes ne garantit plus la possibilité d’épargner. De nombreux ménages, sans être statistiquement pauvres, vivent désormais au voisinage du basculement. Leur équilibre tient moins à un niveau de vie assuré qu’à l’absence d’accident.

La ligne de fracture de la pauvreté ne sépare donc plus uniquement des ensembles nationaux. Elle traverse désormais les nations elles-mêmes.

C’est peut-être là que les mots nous trompent. La richesse dit ce qu’un pays possède, la prospérité, ce que ses habitants peuvent réellement en vivre.

Entre les deux s’est ouvert un espace.

C’est là que s’installe le demi-monde.

 

Lorsque l’abondance côtoie le manque

Il faut éviter les raccourcis. La pauvreté observée à Paris, Londres ou New York n’est pas assimilable à celle de régions privées d’eau potable, de soins essentiels ou d’infrastructures de base.

Le scandale propre au demi-monde relève d’une autre logique : il tient à l’écart entre les ressources disponibles et les garanties effectivement offertes à chacun.

Quand une économie souffre de rareté, celle-ci explique pour partie la misère. Lorsque, au contraire, l’opulence et le dénuement partagent le même espace, parfois la même rue, la question se déplace. Il ne s’agit plus de demander combien possède la société, mais comment elle organise ce qu’elle possède.

Un pays peut accumuler des actifs tandis que sa cohésion s’érode, multiplier les fortunes privées tout en fragilisant ses classes moyennes, ériger des tours étincelantes tandis qu’à leur pied s’enracine le sentiment d’une prospérité devenue hors de portée.

Le demi-monde n’est donc ni le tiers-monde ni le quart-monde. Il est le paradoxe d’une société où la pauvreté perdure alors même que les moyens de la réduire existent.

Et cet avertissement ne concerne pas les seules démocraties occidentales.

Les pays qui ambitionnent de rejoindre le cercle des économies développées gagneraient à ne pas se demander seulement quand ils deviendront riches, mais quelle société ils entendent bâtir avec cette richesse.

Car un État peut franchir le seuil de la richesse bien avant que son peuple n’atteigne celui de la prospérité.

 

L’impôt et ses antichambres

Toute inégalité n’est pas nécessairement une injustice. La créativité, la prise de risque propre à l’entrepreneuriat, l’excellence technique, l’effort soutenu ou la rareté d’une expertise peuvent, à bon droit, engendrer des écarts de rémunération.

L’inégalité change pourtant de nature lorsqu’elle ne procède plus seulement de la création de valeur, mais aussi de la capacité inégalement répartie à peser sur les règles de son partage. 

C’est à ce point que l’impôt devient une affaire éminemment politique.

Devant l’impôt, tous les citoyens sont égaux en droit. Ils le sont beaucoup moins en moyens.

À mesure que les patrimoines s’accroissent, les instruments se sophistiquent : holdings, arbitrages d’actifs, choix de juridictions, optimisation et conseil fiscal sur mesure. 

Ces dispositifs n’ont rien, en eux-mêmes, d’illégal. La difficulté tient moins à la fraude qu’à l’asymétrie des moyens que les contribuables peuvent mobiliser face à la norme fiscale.

Et voici la dette. Elle entre dans l’histoire comme une créancière silencieuse : avant même que l’État ne décide ce qu’il fera de ses recettes, une part du lendemain appartient déjà au passé. Plus son poids augmente, plus se resserre l’espace où arbitrer entre école, santé, investissement et protection sociale. La dette ne fabrique pas le demi-monde. Mais lorsqu’elle étrangle les marges publiques, elle peut en approfondir les fissures.

L’épisode français de la taxe dite «Zucman», inspirée des travaux de l’économiste et traduite dans une proposition d’impôt plancher de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, a cristallisé cette tension.

Reste une question : jusqu’où demander davantage à ceux qui ont le moins de moyens pour organiser leur contribution, lorsque les détenteurs des patrimoines les plus considérables peuvent, eux, mobiliser expertises juridiques et réseaux d’influence pour défendre leurs intérêts ?

L’impôt ne se réduit alors plus à un barème, il engage la question du consentement.

Un citoyen accepte difficilement qu’une règle se veuille commune si, au moment d’être appliquée, elle semble s’ouvrir par plusieurs portes.

 

Les demi-mondains d’aujourd’hui

C’est ici qu’Alexandre Dumas fils réapparaît dans notre imaginaire collectif.

Le Demi-Monde de Dumas avait ses courtisans, ses antichambres et tout un microcosme aimanté par la richesse.

Le XXIe siècle s’est doté de ses propres médiateurs : lobbyistes, consultants, conseillers, fiscalistes. Leurs fonctions sont légitimes et souvent indispensables. Il va de soi que tous ne travaillent pas au bénéfice des plus puissants.

Seulement voilà : toutes les voix ne parlent pas à la même distance du pouvoir.

Le retraité n’a pas d’antichambre. Le salarié n’a pas de cabinet pour recomposer son impôt. Le travailleur pauvre, lui, n’a guère d’actifs à déplacer d’une juridiction à l’autre.

Certaines grandes fortunes peuvent, en revanche, réunir autour d’elles les meilleures expertises afin de préserver les conditions de leur enrichissement.

À l’autre extrémité, des ménages ne se demandent plus comment accroître ce qu’ils possèdent, mais comment préserver ce qu’ils risquent de perdre : leur autonomie, leur sécurité, parfois simplement leur place dans la société.

C’est là que le demi-monde révèle sa véritable fracture : non parce que l’existence des riches constituerait une nouveauté, mais parce que l’enrichissement fulgurant des uns et l’appauvrissement éprouvé des autres finissent par apparaître comme deux mouvements contraires d’un même mécanisme d’horlogerie.

Dumas décrivait les demi-mondains qui évoluaient dans l’orbite des riches.

Notre époque a peut-être inventé ceux qui veillent à ce qu’ils le restent.

Et c’est peut-être là la définition contemporaine du demi-monde : un pays suffisamment riche pour ne plus pouvoir expliquer ses pauvres par son manque de ressources, mais pas encore assez juste pour empêcher que la prospérité se fracture entre eux.



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