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Aram Belhadj : Si les détériorations des services publics se poursuivent, l’État s’effondrera réellement

La qualité de l’eau du robinet n’est, pour Aram Belhadj, que la partie visible d’un problème beaucoup plus profond : la dégradation progressive des services publics et, plus largement, le recul de la Tunisie « à tous les niveaux ».

Dans un post publié ce jeudi 3 septembre 2026, l’économiste alerte sur une situation qu’il juge « de plus en plus préoccupante », évoquant « des difficultés économiques, sociales, politiques, financières, sanitaires et même sportives ».

Il rappelle à ce propos que l’« effondrement de l’État » figurait déjà parmi les principaux risques identifiés pour la Tunisie dans l’Executive Opinion Survey du Forum de Davos en 2022. Pour lui, la détérioration des services publics pourrait, si elle se poursuit, conduire à un désordre généralisé et fragiliser ainsi les institutions.

Heureusement que Aram Belhadj ne considère pas ce scénario comme une fatalité. La Tunisie dispose encore des atouts nécessaires pour rejoindre le groupe des pays émergents, dit-il en substance. À une condition toutefois : une véritable « révolution des mentalités », notamment chez les dirigeants et les responsables publics.

 

Lire également : TRIBUNE – UGTT-Avocats-LTDH : tirer la sonnette d’alarme sans faire sonner la sirène

 

Son avertissement est sans ambiguïté : « Si les dérives que nous vivons se poursuivent et s’il n’y a pas de révolution des mentalités, particulièrement chez nos dirigeants et nos responsables, l’État s’effondrera réellement ».

Un constat alarmant, qui transforme un problème aussi concret que celui de l’eau potable en une question beaucoup plus large : jusqu’où la Tunisie peut-elle continuer à se dégrader sans mettre en péril ses institutions et sa stabilité ?

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Tunisie. Khouloud Toumi : « Le meilleur dédommagement d’une PME est d’éviter que les délestages se reproduisent »

La Tunisie a connu tout au long de l’été 2026 des pannes de son système électrique d’une ampleur inédite, en raison d’un déficit de capacité d’environ 2000 mégawatts qui n’a pas été comblé à temps par les pouvoirs publics, malgré…

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STB : un premier semestre en demi-teinte

Au terme du premier semestre 2026, la Société Tunisienne de Banque (STB Bank) affiche un bilan en hausse et un retour de la croissance des crédits. Toutefois, l’analyse de ses états financiers confirme une tendance marquée : l’exposition accrue de la banque publique aux titres d’État.

La STB Bank a publié ses états financiers arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’une progression de 3,5 % de son total bilan. Il s’établit désormais à 15 901 millions de dinars (MDT); contre 15 360 MDT à la fin de l’exercice précédent. Cette dynamique s’accompagne d’une reprise de l’octroi de financements à l’économie et d’une consolidation des dépôts de la clientèle.

L’un des faits marquants de ce premier semestre réside dans le rôle prépondérant joué par la STB dans le financement du budget national. L’encours des titres souverains (principalement les Bons du Trésor Assimilables – BTA) détenus par la banque a progressé de 8 %, pour atteindre 4 680 MDT à la fin juin 2026.

Si ce positionnement garantit des rendements stables et peu risqués, il illustre la dépendance continue du Trésor public vis-à-vis du secteur bancaire local pour couvrir le déficit budgétaire.

Sur le plan prudentiel, la direction de la banque se veut rassurante. La STB affiche des ratios de liquidité à court terme (LCR) et de transformation (LTD) jugés solides. Ils sont soutenus par la collecte de ressources. Ces indicateurs permettent à l’établissement de maintenir sa marge de manœuvre pour accompagner ses partenaires économiques tout en renforçant ses fonds propres.

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Le résultat net de la BNA Bank progresse de 14 %

La Banque Nationale Agricole (BNA) a clôturé le premier semestre 2026 avec un résultat net de 156,3 millions de dinars (MDT). Il correspond à une progression de 14 % par rapport à la même période de 2025.

Quant au PNB de la banque publique, il affiche une croissance de 4,3 % au 30 juin 2026, à 560,1 MDT, soutenue par la nette hausse des revenus du portefeuille d’investissement de la BNA.

De son côté, le résultat d’exploitation a enregistré 4,8 % de progression à 242 MDT.

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ISSOT 2026 : Tozeur mise sur le tourisme saharien

Une réunion s’est tenue mercredi 2 septembre à Tunis, sous la présidence du ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya. Elle avait pour objet les préparatifs du Salon international du tourisme saharien et oasien (ISSOT), prévu à Tozeur. Elle s’est déroulée en présence du gouverneur de Tozeur, Chahine Zeribi, et de représentants des établissements concernés par le tourisme saharien.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’accélérer la finalisation du programme de cet événement qui aura lieu à Tozeur. Il est considéré comme une opportunité majeure pour promouvoir à grande échelle le tourisme saharien et oasien tunisien.

La réunion a également été l’occasion de réaffirmer l’importance de renforcer les liaisons aériennes entre l’aéroport de Tozeur-Nefta et plusieurs aéroports européens. Les participants ont par ailleurs dressé un état des lieux des investissements touristiques dans le gouvernorat de Tozeur. Lequel a enregistré une croissance notable. Et ce, notamment grâce à l’inauguration de deux nouvelles unités touristiques qui renforceront la capacité d’hébergement et l’attractivité de la région.

Enfin, les préparatifs pour le lancement de la deuxième tranche des travaux d’aménagement du site d’Ong Jmal ont été passés en revue. Cette phase prévoit notamment la création d’espaces d’exposition destinés aux artisans, l’embellissement de la place ainsi que l’installation de panneaux de signalisation.

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Tunis Re double son capital social à 200 millions de dinars

Tunis Re lancera le 15 septembre 2026 son augmentation de capital, destinée à doubler son capital social de 100 à 200 millions de dinars.

L’opération prévoit 5 millions d’actions gratuites et l’émission de 15 millions d’actions nouvelles à huit (8) dinars. Elle vise à renforcer la solvabilité du réassureur, accroître sa capacité de souscription et consolider la présence de Tunis Re sur les marchés régionaux et internationaux.

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L’énergie nucléaire | Une solution souveraine pour la Tunisie ?

Dans le contexte de déficit énergétique structurel actuel de la Tunisie, l’idée d’utiliser l’uranium contenu dans nos phosphates pour alimenter une centrale nucléaire nationale ne doit pas être vue comme un simple expédient, mais comme une opportunité historique de rupture stratégique. (Photo : Le phosphate, une ressources minière nationale insuffisamment valorisée).

Elyes Kasri *

La Tunisie traverse une crise énergétique structurelle dont les répercussions se traduisent déjà par de graves perturbations de la vie sociale et économique (coupures d’électricité récurrentes, surcoûts industriels, dégradation de la compétitivité et du pouvoir d’achat).

Cette situation menace de s’aggraver sous la pression conjuguée de trois facteurs critiques : les perspectives alarmantes du réchauffement climatique qui accentuent le stress hydrique et les pics de consommation ; la volatilité extrême du marché mondial des hydrocarbures qui fragilise les finances publiques ; et la lenteur préoccupante de la transition vers les énergies renouvelables qui peine à atteindre les objectifs tracés et a peu de chances de combler le déficit actuel.

Dans ce contexte d’urgence, l’idée d’utiliser l’uranium contenu dans nos phosphates pour alimenter une centrale nucléaire nationale ne doit pas être vue comme un simple expédient, mais comme une opportunité historique de rupture stratégique.

Mathématiquement, la ressource est disponible dans notre sous-sol. Bien au-delà de la simple production d’électricité, cette formule pourrait devenir le moteur d’une véritable souveraineté énergétique, hydrique, industrielle et géopolitique à long terme.

Risques des choix énergétiques dogmatiques

L’histoire récente de l’Europe nous offre un cas d’école sur les dangers d’une mauvaise planification à long terme.

L’élan européen vers le démantèlement de la filière nucléaire fait aujourd’hui l’objet de profonds regrets. Ce renoncement, couplé au retard pris par la transition vers les énergies renouvelables, a provoqué une explosion inédite des coûts de l’énergie.

Cette crise est parvenue à fragiliser l’Allemagne, longtemps considérée comme le moteur économique incontesté de l’Europe. La vague inouïe de faillites et de licenciements massifs qui frappe tous les pans de l’industrie allemande — touchant jusqu’aux géants historiques de l’automobile — est désormais analysée comme la résultante directe de choix énergétiques douteux et d’une dépendance totale vis-à-vis du gaz russe qui n’a pas résisté à la volatilité géostratégique.

La question stratégique : face à ces enseignements historiques majeurs, la Tunisie peut-elle se permettre de calquer son avenir sur des modèles qui ont échoué ? Ne devons-nous pas, au contraire, sécuriser notre destin en sanctuarisant une source d’énergie de base stable, pilotable et locale, plutôt que de lier notre survie industrielle à des importations de gaz soumises aux mêmes instabilités mondiales ?

La souveraineté énergétique pour sanctuariser la Tunisie

La dépendance actuelle de la Tunisie vis-à-vis du gaz importé d’Algérie dicte en partie ses marges de manœuvre régionales, dans un environnement marqué par de profondes incertitudes.

Le principal fournisseur de gaz de la Tunisie se trouve aujourd’hui enserré par une ceinture d’instabilité et de feu à ses propres frontières, ce qui fait peser un risque permanent sur la fluidité et la continuité de sa situation politico-sécuritaire interne.

En parallèle, on observe des projets et des velléités de contourner la Tunisie par de nouveaux corridors de distribution de gaz et d’hydrogène vert. Même si la faisabilité technique et financière de ces tracés alternatifs reste hautement aléatoire à court terme, leur simple programmation dessine une volonté d’isolement géo-économique de notre pays qu’une démarche stratégique rigoureuse ne peut feindre d’ignorer.

La question stratégique : en développant une filière nucléaire civile autonome basée sur ses propres phosphates, la Tunisie ne s’offrirait-elle pas un véritable bouclier de souveraineté ? Cette autonomie énergétique absolue n’est-elle pas la condition sine qua non pour sanctuariser le pays face aux velléités hégémoniques régionales, déjouer les stratégies d’isolement infrastructurel et immuniser définitivement notre sécurité nationale contre les secousses politiques de notre voisinage ?

Le couplage énergie-eau comme réponse au stress hydrique

Le réchauffement climatique impose une pression sans précédent sur nos ressources en eau douce, faisant du dessalement de l’eau de mer une obligation vitale pour la survie du pays, bien que cette solution soit extrêmement lourde en consommation électrique.

Un programme nucléaire moderne offre la possibilité technique de concevoir des centrales à cogénération, capables de produire simultanément de l’électricité et de l’énergie thermique.

La question stratégique : en couplant directement la centrale nucléaire à des unités de dessalement de l’eau de mer, la Tunisie ne ferait-elle pas d’une pierre deux coups ? Ce programme ne permettrait-il pas de sécuriser l’approvisionnement en eau potable des grands centres urbains et des régions agricoles du pays à un coût de production stable, décarboné et totalement déconnecté des fluctuations des énergies fossiles ?

Un saut industriel inédit pour une ambition technologique

Aujourd’hui, notre industrie des phosphates exporte une part importante de sa production sous forme de produits à faible ou moyenne valeur ajoutée (minerai brut, engrais classiques).

L’intégration d’unités de récupération de l’uranium au sein de nos complexes chimiques modifierait en profondeur l’économie globale du secteur.

La question stratégique : en transformant le Groupe chimique tunisien (GCT) en un producteur de métaux stratégiques de haute technologie, la Tunisie ne donnerait elle pas une impulsion décisive à la modernisation de son industrie minière, tout en générant des coproduits à très forte valeur ajoutée capables de financer la restructuration du bassin minier de Gafsa ?

Le développement d’une filière atomique civile est un projet de nation qui tire vers le haut l’ensemble du système éducatif, scientifique et industriel d’un pays. C’est un accélérateur de compétences pour la Tunisie. Il s’agit d’un domaine de haute technologie qui exige l’excellence dans la recherche, la métallurgie, la chimie de précision et la sécurité.

La question stratégique : en mettant en place un tel cap technologique, la Tunisie ne se donnerait-elle pas les moyens de stopper la fuite de ses cerveaux en offrant des carrières d’excellence à ses jeunes ingénieurs, et en élevant le standard de notre tissu industriel national aux normes de sécurité internationales les plus strictes ?

Le nucléaire comme socle du renouvelable

Par nature, les énergies renouvelables (solaire et éolien) sont intermittentes et nécessitent une énergie de «base» stable pour faire tourner les usines et les stations de dessalement de l’eau, jour et nuit.

La question stratégique : plutôt que d’opposer les technologies, la Tunisie ne gagnerait-elle pas à concevoir la formule «Phosphates-Uranium» comme le socle de base stable et décarboné de son réseau, qui permettrait d’intégrer et de sécuriser un déploiement massif et serein du solaire, de l’éolien et de sa propre filière hydrogène dans tout le pays ?

L’extraction de l’uranium des phosphates et son utilisation nucléaire ne sont pas un saut dans l’inconnu pour la Tunisie, mais une trajectoire d’émancipation énergétique et hydrique éprouvée par d’autres nations émergentes.

La crise industrielle qui frappe actuellement l’Europe nous rappelle brutalement que l’absence de base énergétique souveraine brise les plus grandes puissances économiques.

La question centrale pour les décideurs est de déterminer si la Tunisie doit inscrire sa planification énergétique dans le temps long — celui des grands projets de sécurité nationale — afin de bâtir une infrastructure résiliente face aux crises géopolitiques régionales et d’asseoir sa stabilité future sur sa propre double richesse : ses phosphates et son accès à la mer.

* Ancien ambassadeur.

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Win-Win | Plateforme pour adapter les compétences au marché du travail

Une nouvelle plateforme numérique appelée Win-Win, développée dans le cadre d’un projet financé par l’Union européenne (UE) via le programme Erasmus+, vise à renforcer le lien entre la formation professionnelle et les entreprises en adaptant davantage les compétences des travailleurs aux besoins du marché.

Le portail met à la disposition des centres de formation, des formateurs, des entreprises et des acteurs du marché du travail des ressources pédagogiques, des outils pratiques et des méthodologies visant à améliorer la collaboration entre le système de formation professionnelle et les employeurs

La plateforme, accessible gratuitement et disponible également en français et en arabe, vise notamment à favoriser la mise à jour des compétences, l’employabilité et une meilleure adéquation des parcours de formation à la demande des entreprises. Une application permettant d’utiliser les contenus de formation hors ligne est également prévue.

Le projet Win-Win, lancé en 2025 et programmé jusqu’à la fin de l’année 2027, réunit dix organisations issues de Tunisie, du Maroc, de Jordanie, de Belgique et du Portugal.

Pour la Tunisie, cette plateforme constitue un nouvel outil au service des établissements de formation, des entreprises, des stagiaires et des décideurs œuvrant au développement des compétences et des opportunités d’emploi.

Les partenaires tunisiens sont l’Agence de la formation dans les métiers du tourisme et la société Al Emtiez.

L’initiative prévoit également des activités de formation internationale ainsi que des rencontres entre centres de formation professionnelle et entreprises, dans le but de développer des réseaux de coopération et de favoriser l’échange d’expériences entre les deux rives de la Méditerranée.

I. B.

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La Mauritanie et l’Italie lancent un vaste projet agricole de 10 000 hectares au Brakna

La Société nationale pour le développement rural (SONADER) et le groupe italien BFI (BF International – Best Fields Best Food) préparent la création d’une société d’investissement commune. Elle est destinée à mettre en valeur environ 10 000 hectares dans le bassin de Loueid, au Brakna (Mauritanie).

Le directeur général de la SONADER a reçu, le 31 août, une délégation italienne chargée de poursuivre les études techniques et agricoles du projet. Dès le 1er septembre, une équipe mixte s’est rendue sur le site pour évaluer les sols, les ressources en eau et les infrastructures hydroagricoles existantes. BFI est la filiale internationale de Bonifiche Ferraresi, groupe agricole italien coté à la Bourse de Milan et parmi les plus importants d’Europe par la surface cultivée. Le groupe mène déjà des projets de grande envergure en Algérie (36 000 hectares à Timimoun), ainsi qu’au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Égypte.

Le dossier s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, le programme de coopération de l’Italie avec l’Afrique porté par la présidente du Conseil Giorgia Meloni, doté d’environ 5,5 milliards d’euros. La Mauritanie a été intégrée à ce périmètre en janvier 2025. Des négociations menées à Rome en juin avaient déjà évoqué un appui à l’aménagement de 5 000 à 10 000 hectares ; la mission du 31 août retient désormais l’option haute.
Le projet envisagé porte sur la production de blé, de légumes et de semences de blé et de riz, ainsi que sur la mécanisation et la formation, avec une chaîne intégrée allant de la production à la transformation agroalimentaire.

À ce stade, ni le montant exact de l’investissement ni un calendrier précis n’ont été rendus publics : la mission en cours constitue une étape de préparation technique, préalable à une éventuelle concrétisation du partenariat.

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Bons du Trésor : l’encours bondit de 25,45 % à 37,51 milliards de dinars

37,51 milliards de dinars, soit 7,61 milliards de plus en douze mois. L’encours des Bons du Trésor a augmenté de 25,45 % entre le 31 août 2025 et le 31 août 2026, passant de 29,9 milliards de dinars à 37,51 milliards.

Ces chiffres proviennent des indicateurs monétaires et financiers quotidiens de la Banque centrale de Tunisie (BCT), mis à jour le mardi 1er septembre 2026. La progression repose entièrement sur les Bons du Trésor Assimilables (BTA). Leur encours est passé de 26,95 milliards de dinars à 35,80 milliards en un an. L’augmentation atteint 8,85 milliards de dinars, soit 32,84 %.

Les Bons du Trésor à court terme (BTC) ont suivi une trajectoire opposée. Leur encours est descendu de 2,95 milliards de dinars au 31 août 2025 à 1,71 milliard au 31 août 2026. Cela représente une diminution de 1,24 milliard de dinars, soit 42,06 %.

Cette évolution a modifié la composition des titres en circulation. Les BTA représentent désormais 95,44 % de l’encours, contre 90,13 % un an auparavant. La proportion des BTC s’est parallèlement contractée, passant de 9,87 % à 4,56 %.

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Trump-Iran-Pétrole : les cours reculent le 3 septembre

Les cours du pétrole ont légèrement reculé jeudi 3 septembre dans les échanges asiatiques, après trois séances consécutives de hausse. Le marché a été quelque peu rassuré par les déclarations de Donald Trump sur la durée de la nouvelle campagne militaire américaine contre l’Iran.

Le Brent pour livraison en novembre cède 0,4 % à 95,25 dollars le baril; tandis que le West Texas Intermediate (WTI) recule  de 0,2 % à 90,80 dollars. Les deux références avaient gagné près de 1 % mercredi, atteignant leur plus haut niveau depuis cinq semaines.

La remontée récente des prix a été alimentée par la crainte d’une nouvelle escalade militaire entre Washington et Téhéran susceptible de perturber davantage les approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient. Les forces américaines ont frappé des cibles sur la côte sud de l’Iran. Alors que Téhéran a riposté contre des positions américaines dans la région.

Mais Donald Trump a assuré mercredi que la nouvelle campagne américaine contre l’Iran ne devrait pas s’inscrire dans la durée. Cette déclaration a contribué à réduire une partie de la prime de risque intégrée aux cours du pétrole. Il a indiqué également que les frappes avaient notamment visé des systèmes radars, des installations de missiles iraniens ainsi que des capacités susceptibles d’être utilisées pour mouiller des mines autour du détroit d’Ormuz.

Ormuz reste au centre des inquiétudes

Le détroit d’Ormuz demeure cependant le principal point de tension pour les marchés pétroliers. A cet égard, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright a déclaré que quelque 17 millions de barils de brut ont transité par cette voie maritime lundi 31 août. Soit le niveau quotidien le plus élevé depuis le début de la forte perturbation des flux provoquée par le conflit.

La situation reste toutefois très instable. D’après les données préliminaires de Kpler, seulement quatre navires marchands ont franchi le détroit mardi, contre une moyenne d’environ 13 sur les dix jours précédents.

Dans ce contexte, cette forte volatilité entretient les incertitudes sur la capacité du marché à retrouver rapidement un fonctionnement normal, malgré les signes d’une reprise partielle du trafic.

Les stocks américains soutiennent les cours

Le marché a également reçu un signal favorable du côté des stocks américains. Les réserves commerciales de pétrole brut des États-Unis ont diminué de 4,5 millions de barils la semaine dernière, à 424,5 millions de barils, enregistrant leur première baisse en cinq semaines. Cette évolution a surpris les analystes, qui anticipaient au contraire une légère progression des stocks.

Du côté des produits raffinés, les données sont plus contrastées. Les stocks d’essence ont diminué de 1,2 million de barils; alors que ceux de distillats, qui comprennent notamment le diesel et le fioul domestique, ont augmenté d’environ 800 000 barils.

L’Opep+ sous surveillance

Les investisseurs se tournent désormais vers la prochaine réunion de l’Opep+. Le groupe devrait maintenir inchangée sa politique de production pour octobre, après avoir achevé le démantèlement programmé d’une partie des réductions de production.

Notons que l’Opep+ avait déjà relevé les quotas de production pour septembre de 188 000 barils par jour. Entre les déclarations de Washington, l’évolution du conflit avec l’Iran et le trafic toujours irrégulier dans le détroit d’Ormuz, le marché pétrolier reste ainsi suspendu à l’évolution de la situation géopolitique.

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Le MCC 2027 confirme l’éligibilité de la Tunisie et de toute l’Afrique du Nord

Le Millennium Challenge Corporation (MCC) a publié le 31 août 2026 son premier rapport pour l’exercice fiscal 2027 destiné au Congrès américain. Bonne nouvelle pour la Tunisie, en ce sens qu’elle figure dans la colonne « sans réserve » parmi les 91 pays candidats à un « Compact », ce financement américain conditionné à des réformes de gouvernance. On y trouve également les cinq autres pays d’Afrique du Nord, à savoir l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc et la Mauritanie. Ce qui fait de cette zone la seule sous-région du continent où aucun pays n’est frappé d’exclusion.

Il faut noter que pour être candidat, un pays doit afficher un revenu national brut par habitant inférieur à 8 105 dollars (environ 4 082 $ USD pour la Tunisie, selon les données de fin 2025) et ne pas être légalement inéligible à l’aide américaine.

Mais attention : candidature ne vaut pas sélection. Le Conseil d’administration du MCC devra encore évaluer les performances de la Tunisie et de ses voisins en matière de gouvernance démocratique, de liberté économique et d’investissement dans le capital humain avant d’envisager la signature d’un Compact.

 

Lire aussi: Tunisie – USA : le conseil d’administration de la MCC approuve le programme Compact Tunisia

 

Le reste du continent, plus fracturé

Ailleurs en Afrique, le tableau est nettement plus contrasté. Trois pays du Sahel, en l’occurrence le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont purement exclus en raison de la restriction sur les coups d’État militaires (section 7008 de la loi de finances). Le Soudan subit la même sanction. Le Zimbabwe reste banni tant que Washington n’aura pas constaté un rétablissement de l’État de droit et des droits de propriété. Le Tchad, le Soudan du Sud et l’Érythrée sont écartés pour leur classement « Tier 3 » sur la traite des personnes ou leur bilan en matière de droits humains.

Entre ces deux extrêmes, la Guinée-Bissau et Madagascar occupent une zone grise : classés candidats, mais sous réserve explicite que cela soit « jugé conforme à la loi », signe d’une éligibilité encore incertaine.

 

Un outil de soft power évolutif

Le MCC, agence indépendante créée en 2004 pour financer des projets de croissance dans les pays en développement (Ped), fonctionne comme un baromètre annuel de la gouvernance mondiale. Le rapport prévient d’ailleurs que rien n’est figé : un pays candidat aujourd’hui pourrait être exclu demain si sa situation se dégrade et inversement.

Pour la Tunisie et ses voisins maghrébins, l’enjeu est désormais de transformer cette éligibilité de principe en Compact effectif, en démontrant lors des prochaines évaluations un engagement suffisant en faveur de la gouvernance et des réformes économiques attendues par Washington.

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Bientôt, un parc éolien à El Fahs subventionné par le Japon

Le projet éolien terrestre de 75 MW d’El Fahs, gouvernorat de Zaghouan, qui a été sélectionné, en juillet 2026, pour bénéficier d’une subvention du Japon, sera mis en œuvre par une coentreprise nippo-norvégienne composée d’Eurus Energy Holdings Corporation et de Scatec. Il s’agit du 5e projet mis en œuvre dans le cadre du Mécanisme d’échange de crédits carbone (MCC), fondé sur l’article 6 de l’Accord de Paris, en Tunisie, et du premier projet éolien approuvé en la matière. (Photo: Champs d’éoliennes à Haouaria, Nabeul).

Dans un communiqué publié ce jeudi 3 septembre 2026, l’ambassade du Japon en Tunisie rappelle les autres projets mis en œuvre dans le cadre du MCC. En avril 2026, deux centrales photovoltaïques d’une puissance de 50 MW chacune, l’une à Tozeur et l’autre à Sidi Bouzid, ont été mises en service. En outre, un projet photovoltaïque de 100 MW à Sidi Bouzid est en cours de développement, tandis qu’un projet photovoltaïque de 130 MW à Gabès a été sélectionné en février 2026.

Bien que de manière encore limitée, ces projets ont généré des emplois, tant durant les phases de construction que pour les activités d’exploitation et de maintenance (O&M), précise le communiqué.

«Ces initiatives renforcent la capacité de production d’énergies renouvelables en Tunisie, soutiennent la transition énergétique nationale et contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre», ajoute l’ambassade du Japon qui conclut : «Nous souhaitons qu’elles contribuent à une meilleure maîtrise de l’approvisionnement énergétique et au renforcement de la sécurité énergétique, en augmentant la production locale d’électricité renouvelable.»

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Tunis Re obtient l’accord du CMF pour le doublement de son capital capital

Tunis Re a obtenu le feu vert du Conseil du Marché Financier (CMF) pour doubler son capital social, qui passera de 100 à 200 millions de dinars (MDT). L’opération a été décidée lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 24 avril 2026, qui s’articule autour de deux volets distincts.

Le premier volet est une distribution gratuite : 5 millions d’actions nouvelles seront attribuées aux actionnaires existants, à raison d’une action gratuite pour quatre actions détenues, financées par prélèvement sur les primes d’émission, soit 25 millions de dinars (MDT).

Le second volet est une augmentation en numéraire : 15 millions d’actions nouvelles seront proposées à la souscription au prix de 8 dinars par action (soit 5 dinars de valeur nominale et 3 dinars de prime d’émission) pour un montant total de 75 MDT. Les actionnaires actuels bénéficient d’une priorité de souscription, à raison de trois actions nouvelles pour quatre actions détenues.

Le calendrier est le suivant : la période de souscription prioritaire est ouverte du 15 septembre au 2 octobre 2026. En cas d’actions non souscrites, une période de redistribution complémentaire est prévue du 12 au 16 octobre 2026. L’ensemble des actions nouvelles – gratuites comme souscrites – porteront jouissance en dividende à compter du 1er janvier 2026.

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La BCT et le CMF signent un accord de supervision financière intégrée

La Banque centrale de Tunisie (BCT) et le Conseil du marché financier (CMF) ont signé, mardi 1er septembre 2026, un accord de coopération et d’échange d’informations visant à renforcer la coordination entre les deux autorités de régulation du secteur financier. 

Selon un communiqué publié mercredi par le CMF, cet accord s’inscrit dans une logique de renforcement de la coopération institutionnelle entre la BCT et le CMF, répondant à un besoin croissant d’approche de supervision intégrée, face à l’interconnexion des activités financières et à la diversification des risques qui y sont associés, notamment dans un contexte de transformations économiques, financières, technologiques et réglementaires rapides du secteur.

Cette initiative s’aligne également sur les efforts de mise en conformité du cadre national de supervision avec les standards internationaux et les meilleures pratiques en matière de surveillance financière. Elle vise à améliorer la coordination et l’échange d’informations sur les dossiers d’intérêt commun, précise le même communiqué.

L’accord repose sur plusieurs axes prioritaires. A savoir, le renforcement de la conformité en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armements, le renforcement de la coopération en matière de contrôle sur site et d’expertise technique entre les deux institutions. Il en va de même de la mise en place de mécanismes clairs de signalement des manquements constatés au sein des établissements supervisés.

Il prévoit également le soutien aux projets d’innovation financière numérique et le développement des services financiers digitaux, suivi de l’accompagnement du développement du financement vert et durable et le le renforcement de la transparence non financière relative à l’impact environnemental et social des activités des institutions financières supervisées.

La signature de cet accord constitue une étape importante dans le renforcement de la collaboration entre les deux autorités de régulation. Son importance ne se limite pas aux domaines qu’il couvre, mais réside aussi dans l’instauration de mécanismes permanents d’échange d’informations et d’expertises, ainsi que de coordination des actions de supervision. 

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Rawafed +: l’UE ouvre aux PME tunisiennes une subvention d’investissement

L’Union européenne en Tunisie a lancé un appel à candidatures destiné aux entreprises tunisiennes pour bénéficier de la subvention d’investissement « Rawafed + », accessible exclusivement via la plateforme numérique « POPS » dédiée aux subventions et à l’investissement.

Cette aide, financée par l’UE et mise en œuvre par Expertise France dans le cadre de la ligne de crédit « Tunisie -Relance économique » de 170 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI), correspond à 10% du financement obtenu, avec un plafond entre 1 000 et 50 000 euros. Elle est accordée sous forme de subvention directe et non remboursable.

Pour y prétendre, l’entreprise doit avoir reçu une notification de financement au titre de la ligne de crédit de la BEI et remplir au moins un critère social : investissement dans les régions prioritaires, promotion de l’emploi des femmes et des jeunes, amélioration de l’accès au marché du travail ou contribution au développement durable. La demande doit être déposée dans un délai de quatre mois suivant la notification du financement, et les candidatures restent ouvertes jusqu’à épuisement des crédits ou au plus tard en décembre 2027.

Le projet, d’une durée de 48 mois (juillet 2024 – juin 2028), vise à renforcer la résilience des PME tunisiennes et leur accès au financement, via l’assistance technique aux institutions financières, des subventions à impact environnemental et social, un accompagnement technique des entreprises et le renforcement de la culture financière et de la gestion durable.

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Mesures pour pallier la pénurie d’eau en bouteille en Tunisie

La Chambre nationale des grandes surfaces commerciales, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) a annoncé le lancement d’un programme de distribution intensive et équitable d’eau embouteillée, afin de pallier les pénuries d’approvisionnement observée ces deux dernières semaines et de répondre à la hausse de la consommation.

Le président de la Chambre, Hédi Baccour, a expliqué dans une déclaration à Diwan FM que cette distribution intensive a débuté progressivement pour couvrir les différents gouvernorats, notamment ceux du Sahel (Mahdia, Monastir et Sousse), qui ont connu une grave pénurie d’approvisionnement.

M. Baccour a confirmé une amélioration de la situation à la suite d’une réunion avec le ministère du Commerce et les producteurs d’eau minérale ; les deux parties ont convenu de rétablir le quota de distribution habituel de 20 % à l’échelle nationale, après qu’il était tombé à environ 5 % au cours de la période précédente.

Il a également indiqué que les enseignes commerciales veilleraient à répartir équitablement les quotas d’achat entre les clients afin de garantir l’accès à l’eau au plus grand nombre de citoyens, tout en se préparant à coordonner la constitution de stocks de régulation et stratégiques pour faire face à toute pénurie éventuelle lors des prochaines périodes de forte demande.

I. B.

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Eaux usées traitées : la Tunisie peut-elle en faire une véritable ressource agricole ?

Face à la raréfaction de l’eau, la Tunisie veut transformer ses eaux usées traitées en nouvelle ressource stratégique. À l’horizon 2050, 120 projets doivent permettre d’en valoriser jusqu’à 450 millions de m³, notamment pour irriguer quelque 56000 hectares. Cependant, alors que le pays produit déjà près de 300 millions de m³ d’eaux usées traitées chaque année, leur réutilisation agricole reste encore limitée. Qualité et niveau du traitement notamment tertiaire, réseaux de transfert, coûts, acceptabilité par les agriculteurs, renforcement des dispositifs de suivi et sécurité sanitaire : le véritable défi n’est plus seulement de traiter l’eau, mais de réussir à la valoriser à grande échelle.

 

Eaux usées : le défi de la réutilisation

Dans un pays confronté à un stress hydrique chronique, où les sécheresses exercent une pression croissante sur les barrages, les nappes phréatiques et les périmètres irrigués, une question se pose : pourquoi la Tunisie utilise-t-elle encore si peu les eaux usées qu’elle traite chaque année, alors que ses besoins en eau ne cessent d’augmenter ?

En effet, chaque année, la Tunisie produit environ 300 millions de m³ d’eaux usées traitées. Pourtant, seule une part limitée de cette ressource est effectivement réutilisée, notamment dans l’agriculture. Les estimations disponibles font état d’un taux d’utilisation encore faible, variable selon les périmètres et les méthodes de calcul retenues.

Ce décalage entre la ressource disponible et son utilisation apparaît d’autant plus important au regard des ambitions affichées à l’horizon 2050. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche prévoit ainsi la mise en œuvre de 120 projets visant à valoriser jusqu’à 450 millions de m³ d’eaux usées traitées. L’objectif est notamment de mobiliser cette ressource pour l’irrigation de 56 000 hectares, dont 30 000 hectares de nouvelles superficies, pour un volume estimé à 230 millions de m³.

La stratégie ne se limite toutefois pas à l’agriculture. Elle prévoit également des projets de recharge des nappes, de lutte contre l’intrusion marine, d’arrosage des espaces verts et des terrains de golf, ainsi que des usages industriels et l’alimentation de certaines zones humides.

Dans ce contexte, la véritable question est désormais celle du passage à une valorisation régulière et à grande échelle de cette ressource.

A terme, le défi pour la Tunisie, sera donc de transformer les eaux usées traitées, encore largement sous-exploitées, en un véritable levier de sécurité hydrique et de résilience face au changement climatique.

 

Paradoxe des 7819 hectares

Les données disponibles en 2025-2026 montrent que la Tunisie dispose déjà d’une expérience significative dans la réutilisation des eaux usées traitées pour l’agriculture. En effet, environ 7819 hectares ont été aménagés à cet effet (terres préparées et équipées pour pouvoir être irriguées), répartis sur 36 périmètres dans 17 gouvernorats.

Toutefois, malgré ces efforts d’aménagement, les superficies réellement exploitées restent nettement inférieures. Ainsi, selon les données présentées par les autorités en juillet 2026, seuls 2778 hectares étaient effectivement irrigués par des eaux usées traitées, soit environ 36 % des superficies aménagées.

Cet écart est révélateur : le principal problème ne réside pas uniquement dans le manque d’infrastructures. En réalité, la Tunisie dispose déjà de terres aménagées, de réseaux d’irrigation et de stations produisant de l’eau traitée. Le défi consiste désormais à faire fonctionner l’ensemble de cette chaîne de manière régulière et fiable.

Par ailleurs, pour l’agriculteur, disposer d’une eau traitée ne suffit pas. Il est également nécessaire qu’il puisse compter sur une qualité constante, une disponibilité régulière et un coût maîtrisé. C’est cette fiabilité, plus que la seule production d’eau traitée, qui conditionnera le développement de sa réutilisation agricole.

 

Un défi ne se résume pas à la quantité

Les ambitions gouvernementales reposent sur la disponibilité d’une ressource importante. Toutefois, les volumes disponibles ne suffisent pas à eux seuls à garantir leur réutilisation.

En effet, une eau usée traitée peut être adaptée à certains usages et ne pas l’être à d’autres. Sa qualité dépend de plusieurs facteurs : le niveau de traitement appliqué, l’origine des effluents, les performances de la station d’épuration, la maintenance des équipements, mais aussi les conditions de transport et de stockage après la sortie de la station.

C’est précisément sur cet aspect que les données scientifiques récentes appellent à la vigilance.

Une étude publiée en 2026 sur la réutilisation agricole à Oued Souhil, dans le gouvernorat de Nabeul, a notamment mis en évidence une forte variabilité de la qualité de l’eau au cours de la chaîne de réutilisation. Les chercheurs ont relevé des dépassements de plusieurs paramètres physico-chimiques par rapport aux références retenues, ainsi que la présence d’indicateurs parasitaires.

Pour autant, ces résultats ne permettent évidemment pas de généraliser à l’ensemble des eaux usées traitées en Tunisie, ni de conclure que leur réutilisation présente systématiquement un risque. Ils soulignent en revanche un point essentiel : le traitement d’une eau usée ne constitue pas, à lui seul, une garantie permanente de sa qualité.

La sécurité de la réutilisation dépend donc d’un suivi continu, depuis le traitement jusqu’à l’usage final, avec des contrôles adaptés à l’origine de l’eau, à son niveau de traitement et à la destination prévue. Dans le cas de l’agriculture, cette exigence revêt une importance particulière, car la qualité de l’eau d’irrigation peut avoir des conséquences sur les sols, les cultures et, à terme, sur la sécurité sanitaire des produits agricoles.

 

Risques qui concernent aussi les sols

Le risque ne concerne pas uniquement le consommateur et sa sécurité sanitaire. En effet, une irrigation répétée avec une eau présentant une salinité élevée ou une composition chimique défavorable peut également affecter progressivement la qualité des sols.

Cet enjeu est particulièrement important dans les régions tunisiennes déjà soumises à une forte pression sur les ressources en eau souterraine. Ainsi, une eau réutilisée peut contribuer à réduire les prélèvements d’eau douce à court terme, mais une mauvaise gestion pourrait, à plus long terme, dégrader le capital agricole.

La réutilisation doit donc être accompagnée d’un suivi de la qualité des sols, du drainage et des eaux souterraines. En ce sens, économiser l’eau aujourd’hui ne doit pas conduire à compromettre la fertilité des terres demain.

 

Recharge des nappes : la prudence s’impose

Le programme gouvernemental prévoit également des projets de recharge des nappes phréatiques ainsi que des barrières hydrauliques destinées à limiter l’intrusion marine.

Dans ce contexte, la recharge artificielle peut contribuer à restaurer certaines ressources souterraines et à limiter leur dégradation. Cependant, elle exige un niveau de précaution particulièrement élevé.

En effet, une nappe n’est pas un réservoir dans lequel on peut introduire n’importe quelle eau. La recharge avec des eaux traitées nécessite ainsi un contrôle rigoureux de la qualité de l’eau, des volumes injectés ou infiltrés, des conditions hydrogéologiques du site et de l’évolution de la nappe.

La logique doit donc être claire : nous ne rechargeons pas une nappe parce qu’il faut trouver un débouché à l’eau traitée, nous la rechargeons lorsque la qualité de l’eau, les caractéristiques du site et le bénéfice attendu le permettent.

 

Agriculteurs : le problème est-il vraiment le refus ?

L’un des clichés les plus persistants consiste à expliquer la faible utilisation des eaux usées traitées par le seul refus des agriculteurs des eaux usées traitées parce qu’elles proviennent des réseaux d’assainissement. Toutefois, la réalité est plus nuancée.

En effet, des études menées en Tunisie montrent une acceptabilité relativement élevée de la réutilisation, notamment lorsque les agriculteurs la considèrent comme un moyen de faire face à la rareté de l’eau. A titre d’exemple, dans le périmètre de Cebala, une étude a notamment montré que 80 % des agriculteurs interrogés se déclaraient disposés à payer davantage pour une eau traitée de meilleure qualité.

Ce résultat est particulièrement révélateur : le problème ne tient pas nécessairement à l’origine de l’eau, mais à la confiance dans sa qualité, sa régularité et ses effets sur l’exploitation.

Ainsi, un agriculteur peut accepter l’utilisation d’une eau usée traitée quand il connaît sa composition, quand il peut compter sur une disponibilité régulière, quand elle ne présente pas de risque de dégradation pour son sol et qu’elle lui permet de maintenir une production dans des conditions économiquement acceptables. À l’inverse, une eau dont la qualité est variable ou imprévisible peut être rejetée, même lorsqu’elle est théoriquement disponible.

Les 2778 hectares effectivement exploités constituent un indicateur particulièrement révélateur. Dans cette perspective, ce chiffre montre que la réticence des agriculteurs ne saurait être attribuée uniquement à des facteurs culturels, mais qu’elle doit également être mise en relation avec des considérations techniques, économiques et environnementales.

Si des milliers d’hectares aménagés ne sont pas exploités, il faut examiner l’ensemble du système : qualité de l’eau, régularité de l’approvisionnement, état des réseaux, coûts, accompagnement technique, cultures autorisées, risques perçus, débouchés commerciaux  et confiance envers les institutions.

Le problème est donc moins celui d’un refus de principe que celui d’un équilibre entre coût, risque, fiabilité et bénéfice économique.

 

Du traitement à l’irrigation : sécuriser toute la chaîne

La réutilisation des eaux usées traitées dépend directement de la performance des stations d’épuration. Dans cette perspective, un programme soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) prévoit notamment la réhabilitation de 19 stations d’épuration dans 11 gouvernorats en Tunisie, avec l’amélioration des procédés de traitement et l’installation de traitements tertiaires dans plusieurs stations.

L’objectif est ainsi d’améliorer la qualité des eaux traitées et leur aptitude à certains usages. A cet égard, cette évolution montre que la politique de réutilisation ne peut pas être dissociée de la politique d’assainissement.

En effet, si les stations produisent une eau de qualité instable, il sera impossible de demander aux agriculteurs d’en faire une ressource fiable. Le contrôle ne doit pas donc s’arrêter à la sortie de la station. Au contraire, la sécurité doit être suivie tout au long de la chaîne : traitement, stockage, transport, distribution, irrigation et production agricole.

Cette approche se retrouve également dans le travail engagé avec la FAO. En 2025, l’organisation et les autorités tunisiennes ont travaillé sur des plans de sécurité sanitaire destinés à encadrer la réutilisation agricole des eaux traitées, notamment à travers un site pilote à Zaouiet Sousse.

Cette démarche traduit ainsi une évolution importante : la sécurité sanitaire est désormais envisagée comme une responsabilité couvrant l’ensemble du parcours de l’eau, et non comme une simple vérification à la sortie de la station. La logique est simple : une eau conforme à la sortie de la station doit le rester, autant que possible, jusqu’à son utilisation finale.

La sécurité sanitaire doit donc être pensée comme un système.

 

Vers une classification des eaux selon les usages ?

Le ministère prépare un nouveau projet de décret visant à faire évoluer le cadre de la réutilisation des eaux usées traitées. Présenté en juillet 2026, ce projet prévoit notamment de classer la qualité de l’eau en fonction des usages auxquels elle est destinée et de définir les mesures de sécurité nécessaires. Cette évolution répond à la nécessité de mieux tenir compte de l’usage prévu et de la sensibilité du milieu récepteur, en adaptant le niveau de traitement et les dispositifs de contrôle aux caractéristiques de chaque situation.

Dans cette perspective, cette logique est importante : toutes les eaux traitées ne doivent pas nécessairement répondre aux mêmes exigences. En effet, une eau destinée à certains usages agricoles ne présente pas les mêmes contraintes qu’une eau destinée à la recharge d’une nappe ou à certains usages industriels.

L’enjeu est donc de construire une chaîne cohérente et de faire correspondre la qualité de l’eau au niveau de traitement requis, à l’usage auquel elle est destinée et au contrôle nécessaire permettant d’en garantir la sécurité.

Cette approche pourrait contribuer à passer d’une réutilisation ponctuelle à une véritable politique nationale de réutilisation.

 

 

Coût de l’eau, un enjeu central

Derrière les volumes annoncés se pose une question essentielle : combien coûtera réellement le mètre cube réutilisé ?

En effet, l’eau traitée n’est pas une ressource gratuite. Il faut la collecter, l’épurer, contrôler sa qualité, éventuellement renforcer le traitement, puis la stocker, la transporter et la pomper jusqu’aux zones agricoles.

Le ministère envisage notamment des projets de transfert depuis les principaux pôles de production du Grand Tunis, de Sousse, de Monastir et de Sfax vers les zones de demande. Ces infrastructures pourraient permettre de valoriser environ 150 millions de m³. Cependant, plus les distances augmentent, plus les coûts d’investissement, d’énergie, de pompage et de maintenance deviennent déterminants.

L’enjeu dépasse ainsi la seule faisabilité technique du transfert de l’eau : il concerne également le coût de sa mise à disposition pour l’agriculteur et surtout, la capacité de ce coût à rester compatible avec la rentabilité des cultures.

Autrement dit, une eau peut être techniquement disponible sans être nécessairement économiquement accessible. La réussite de la réutilisation dépend donc aussi de sa viabilité économique pour l’ensemble des acteurs concernés.

 

450 millions de m³ : quel indicateur de réussite ?

Le chiffre de 450 millions de m³ reste aujourd’hui le cœur du programme détaillé du ministère. Toutefois, les ambitions nationales semblent désormais évoluer. Des publications de juillet et août 2026 évoquent une valorisation pouvant dépasser 80 % du volume des eaux usées traitées à l’horizon 2050.

Le succès de la stratégie Eau 2050 ne devrait donc pas être mesuré uniquement au volume d’eaux usées traitées réutilisé.

Il conviendra également de suivre plusieurs indicateurs essentiels : la part réellement réutilisée, les superficies effectivement irriguées, la régularité de la qualité de l’eau, l’évolution de la salinité des sols, l’état des nappes, le coût réel du mètre cube livré, les incidents sanitaires ou environnementaux et le niveau de satisfaction des agriculteurs. Parmi ces indicateurs, l’un apparaît toutefois particulièrement déterminant : la quantité d’eau douce réellement économisée grâce à la réutilisation.

C’est elle qui permettra de déterminer si les eaux usées traitées constituent réellement une nouvelle ressource pour la Tunisie ou si elles ne font que créer un nouveau circuit hydraulique, parfois coûteux, sans réduction significative de la pression sur les ressources conventionnelles.

 

Véritable pari tunisien

La Tunisie ne manque pas seulement d’eau. Elle doit surtout réussir à transformer les ressources disponibles en ressources réellement utilisables, sûres et économiquement viables. Les eaux usées traitées en sont l’un des meilleurs exemples.

Le pays dispose déjà de stations d’épuration, de périmètres aménagés, d’une expérience ancienne en matière de réutilisation et d’un cadre réglementaire. Il bénéficie également de financements internationaux et de projets d’investissement visant à moderniser les stations d’épuration et à accroître les volumes d’eaux usées traitées et réutilisées. Pourtant, malgré ces acquis, l’écart entre les infrastructures disponibles et leur utilisation effective reste important.

Le défi des 450 millions de m³ annoncés pour 2050 ne consiste donc pas simplement à produire davantage d’eau traitée. Il s’agit avant tout d’en garantir la qualité et la continuité, de maîtriser les coûts, de protéger les sols et les nappes, mais aussi de rassurer les agriculteurs et de convaincre les consommateurs.

 

Dans cette perspective, la Tunisie devra ainsi éviter deux écueils : considérer les eaux usées traitées comme une solution miracle ou, à l’inverse, les rejeter par principe. L’enjeu n’est donc pas seulement de réutiliser davantage, mais surtout de réutiliser mieux.

Pour y parvenir, il conviendra de privilégier, dans un premier temps, les usages pour lesquels les risques sont maîtrisables, de renforcer les traitements lorsque cela est nécessaire, de surveiller les sols et les nappes, d’améliorer les réseaux de transfert et d’offrir aux agriculteurs des garanties suffisamment solides pour leur permettre de prendre des décisions économiques rationnelles.

L’objectif ne devrait donc pas être de maximiser à tout prix les volumes d’eaux usées traitées réutilisés. Il devrait plutôt consister à construire une véritable économie circulaire de l’eau, dans laquelle chaque mètre cube réutilisé génère un bénéfice mesurable, sans déplacer les risques vers les sols, les nappes ou la santé publique.

 

Malek Chouchi

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Tunisie | La BCT publie une circulaire relative aux prêts sur l’honneur

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié, le 1er septembre 2026, la circulaire n° 8 de l’année 2026 adressée aux banques. Ce texte définit les conditions et les procédures réglementaires que les banques doivent respecter lors du traitement des demandes de prêts et de microfinancements sur l’honneur, en application des dispositions du décret n° 148 de l’année 2026, daté du 23 juillet 2026.

Cette circulaire vise à harmoniser le mécanisme de réception des demandes des clients auprès des banques soumises aux dispositions dudit décret, consacrant ainsi le principe d’égalité entre eux et garantissant le classement des demandes selon l’ordre de leur dépôt, indique la BCT, laissant ainsi entendre que les banques sont sommées d’appliquer ce nouveau système d’octroi de prêts sans garantie d’aucune sorte, qui est très critiqué par la plupart des experts.

À cet effet, la circulaire impose à chaque banque de mettre en place une plateforme numérique destinée, de manière obligatoire et exclusive, au dépôt des demandes des clients souhaitant obtenir un prêt ou un financement sur l’honneur, et ce, à compter du 1er octobre 2026.

«Cette initiative s’inscrit dans le cadre du développement et de la simplification des services bancaires. Elle vise également à garantir la transparence des procédures ainsi que la fiabilité du traitement des demandes des clients, tout en respectant les dispositions législatives et réglementaires relatives à la protection des données personnelles et aux exigences de sécurité informatique», explique encore la BCT.

Avant la mise en service de ces plateformes, et sous la supervision de la BCT, les banques prendront les mesures de communication nécessaires pour faire connaître, notamment, les conditions et modalités de dépôt des demandes ainsi que les étapes de leur examen et de leur traitement ; cela se fera par le biais de messages d’information qui seront prochainement diffusés via les canaux de communication disponibles.

La BCT souligne que le choix du 1er octobre 2026 comme date d’entrée en vigueur de la circulaire et de lancement des plateformes numériques s’inscrit dans le cadre de la volonté de mettre en place les exigences techniques et procédurales nécessaires à la mise en œuvre effective et adéquate du dispositif juridique relatif aux prêts et microfinancements sur l’honneur, ainsi que d’atteindre les objectifs économiques et sociaux visés par son adoption.

Le mécanisme du prêt sur l’honneur est un financement à taux zéro, sans intérêts, sans frais de dossier ni garanties exigées. En veux tu, en voilà !  «Ya mrayedh takelchi ?» (Ne demandez pas au malade s’il veut manger ?), dit le proverbe tunisien

Les montants prévus sont jusqu’à 5 000 dinars pour les particuliers (crédit à la consommation) ; jusqu’à 10 000 dinars pour les porteurs de petits projets ; et jusqu’à 25 000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.

Les banquiers qui sont tous tenus d’appliquer cette circulaire et d’octroyer des prêts à quiconque les demande sans exiger de garanties, comme l’exigent les pratiques du secteur, ne se sont pas encore exprimés sur cette initiative dont le caractère populiste voire électoraliste saute aux yeux. Il va sans dire qu’il va complètement chambarder leur organisation et mobiliser une bonne partie de leurs effectifs pour une rentabilité équivalente à zéro.

Il reste à avoir si nos chers banquiers vont trouver suffisamment de cash à distribuer à gauche et à droite et si cet argent va servir à quelque chose d’utile, ou s’il ne va pas seulement accroître le rythme de la consommation, exacerber le taux d’inflation et rogner davantage sur le pouvoir d’achat des Tunisiens.

Les bonnes intentions n’inspirent pas forcément les meilleures décisions, dirait l’autre. N’est-ce pas monsieur le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhair Nouri ?

I. B.

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UIB : le bénéfice net progresse de 6,6% à 52,3 MDT au premier semestre 2026

L’Union Internationale de Banques (UIB) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’un résultat net de 52,286 millions de dinars ( MDT) , en hausse de 6,6% par rapport aux 49,048 millions de dinars enregistrés à la même période de 2025. Le résultat par action s’établit à 1,513 dinar contre 1,419 dinar un an plus tôt.

Le produit net bancaire s’est élevé à 273,783 MDT, en progression de 5,9% sur un an, porté par une baisse des charges d’exploitation bancaire à 177,505 MDT  contre 196,568 millions de dinars au 30 juin 2025. Le résultat d’exploitation ressort à 100,528 millions de dinars, contre 85,394 millions de dinars un an auparavant.

Le total du bilan atteint 8,746 milliards de dinars au 30 juin 2026, contre 8,507 milliards de dinars au 30 juin 2025 et 8,707 milliards de dinars au 31 décembre 2025. Les créances sur la clientèle s’établissent à 6,480 milliards de dinars, contre 6,342 milliards de dinars un an plus tôt. Les dépôts de la clientèle progressent à 7,186 milliards de dinars, contre 7,079 milliards de dinars au 30 juin 2025, portés notamment par les dépôts à vue (2,261 milliards de dinars) et les comptes d’épargne (2,808 milliards de dinars).

 

 

 

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