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Le FTDES avertit contre une crise globale en Tunisie

Les interruptions répétées de la distribution d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie et la détérioration des services publics risquent d’alimenter une crise sociale de plus en plus profonde en Tunisie, au point de menacer «la sécurité et la paix sociale».

C’est l’alerte lancée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour répondre au malaise croissant de la population.

Dans un communiqué publié le 30 août 2026, l’ONG évoque une «crise sociale structurelle» qui ne peut plus être réduite à des urgences ponctuelles. Elle pointe du doigt les difficultés d’approvisionnement en eau potable et minérale, les coupures d’électricité, la perte de pouvoir d’achat, le chômage et la précarité économique, la dégradation des services publics ainsi que l’aggravation des problèmes environnementaux.

Le FTDES critique ce qu’il considère comme une réponse insuffisante des autorités et dénonce un fossé grandissant entre le discours officiel et les difficultés vécues au quotidien par les citoyens.

Parmi les revendications figurent la garantie de la continuité de la fourniture d’eau et d’électricité, des interventions pour contenir la hausse du coût de la vie et des mesures assurant la disponibilité des produits de base, notamment à la veille de la rentrée scolaire, période synonyme de nouvelles dépenses pour les familles.

Le FTDES réclame par ailleurs le respect des libertés publiques ainsi que la reprise du dialogue entre les institutions, les organisations sociales, la société civile et les citoyens.

Selon le Forum, le fait de continuer à différer des réponses concrètes pourrait entraîner une «dangereuse dérive sociale».

L’initiative incombe aux institutions de l’État, souligne l’organisation, et «en premier lieu à la présidence de la République».

Cette mise en garde intervient au terme d’un été particulièrement éprouvant pour le pays, marqué par des températures exceptionnellement élevées et des perturbations fréquentes des réseaux d’eau et d’électricité.

D’après l’Observatoire social tunisien du FTDES, 1 101 mouvements de protestation ont été recensés en juillet, contre 867 en juin. Pas moins de 678 mobilisations — soit 61,6 % du total — étaient liées aux problèmes d’accès à l’eau et aux coupures d’électricité.

Le mécontentement a également gagné le Parlement : 56 députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont demandé la convocation d’une séance plénière extraordinaire durant la pause estivale, afin de discuter avec le gouvernement des interruptions de services essentiels, de la hausse des prix, de la perte de pouvoir d’achat et des difficultés d’approvisionnement en certains produits. Sur le plan politique, le président Kaïs Saïed a affirmé ces derniers jours que des enquêtes avaient établi que certaines coupures d’eau et d’électricité enregistrées dans le pays ne résultaient pas de pannes ordinaires, mais d’«actes prémédités» visant, selon lui, à attiser les tensions dans le pays.

Plus que les souffrances quotidiennes qu’ils endurent, c’est ce déni de la réalité de a part du pouvoir exécutif qui révolte désormais les Tunisiens, dont la parole critique s’est totalement relâchée sur les réseaux sociaux.

I. B.  

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Tunisie | Pour le CRLDHT, l’Etat est garant de la vie des détenus

Dans le communiqué reproduit ci-dessous, publié le 30 août 2026 à Paris, le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a évoqué les effets désastreux de la canicule, de la surpopulation, des coupures d’eau et d’électricité, qui ont provoqué des décès dans les prison. «L’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient», affirme l’organisation de défense des droits humains.

Le CRLDHT tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la situation extrêmement grave qui prévaut dans les prisons tunisiennes.

Depuis plusieurs mois, les décès de personnes détenues dans des circonstances suspectes ou insuffisamment élucidées se multiplient. À cette crise ancienne s’est ajoutée, durant l’été 2026, une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, accompagnées dans plusieurs régions de coupures d’eau et d’électricité, alors que le système pénitentiaire connaît déjà une surpopulation massive, des infrastructures dégradées et des difficultés persistantes d’accès aux soins.

Dans son alerte du 24 juillet 2026, le CRLDHT avait averti que la combinaison de la canicule, du manque d’eau, des coupures d’électricité, du défaut d’aération et de la surpopulation faisait peser une menace directe sur la vie et l’intégrité physique des personnes détenues. Des familles ont depuis fait état de malaises, d’évanouissements, de retards dans l’accès aux soins et de cellules transformées en véritables étuves.

La canicule n’a pas créé la crise carcérale. Elle en a révélé la dangerosité.

Selon les données publiées par l’association Intersection, les prisons tunisiennes accueilleraient aujourd’hui plus de 33 000 détenus pour une capacité officielle d’environ 17 000 places, soit un taux d’occupation proche de 194 %. La population carcérale serait passée de 23 000 personnes en 2022 à plus de 33 000 en 2025. Dans certains établissements, la situation est encore plus critique : 251 % d’occupation à Kairouan, 210 % à Mornaguia, 209 % à Gabès et 200 % à Sfax.

Dans huit prisons, l’espace disponible ne dépasserait pas deux mètres carrés par détenu, tandis que les sanitaires, les douches, l’accès aux produits d’hygiène et aux soins sont largement insuffisants.

Dans de telles conditions, lorsque les températures approchent ou dépassent 45 à 50 °C, la chaleur devient un risque vital.

Des morts qui exigent des réponses

Le décès de Hamza Dridi, 33 ans, détenu à Borj El Amri, est particulièrement alarmant. Selon le témoignage de sa mère recueilli par Nawaat, il lui avait confié lors de sa dernière visite que l’eau avait été coupée pendant quatre jours consécutifs, l’empêchant, comme les autres détenus, de se laver ou de se rafraîchir malgré la chaleur extrême. Peu après cette conversation, il aurait été placé en cellule disciplinaire. Cinq jours plus tard, le 22 juillet, il décédait. Il n’avait pas encore été jugé et, selon sa famille, ne souffrait d’aucune pathologie connue. Le rapport d’autopsie n’avait pas encore été rendu public.

À la prison civile de Gabès, deux détenus sont également morts : Ali Bejaoui et Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi. La LTDH a qualifié ces décès de «suspects». La famille de ce dernier affirme avoir constaté des contusions et une fracture au niveau du cou après la restitution du corps.

Surtout, la section de Gabès de la LTDH dit avoir recueilli des témoignages concordants faisant état de coupures récurrentes d’eau et d’électricité, de surpopulation extrême et d’épisodes d’étouffement parmi les détenus.

À Messadine, Salem Karmous, Franco-Tunisien, est décédé le 19 juillet. Son père affirme avoir constaté des traces de violence et d’agression sur son corps. Ici encore, seule une enquête indépendante peut déterminer les causes du décès et établir les responsabilités.

Ces morts s’inscrivent dans une série plus large. L’OMCT avait déjà documenté treize morts suspectes entre mai 2025 et avril 2026, sans compter celles survenues pendant la canicule.

Fin août, un détenu est également décédé à la prison civile de Gafsa, tandis que deux détenus de Mahdia ont dû être transférés en réanimation dans un contexte de chaleur extrême et de conditions de détention dégradées.

Le 29 août, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé une nouvelle alerte : elle fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur, ainsi que de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence. Elle souligne en outre que le ministère de la Santé recueille des données sur les décès, les coups de chaleur et les capacités des services de réanimation, mais qu’aucun bilan officiel détaillé n’a encore été rendu public.

Une autre information grave a circulé le 28 août concernant cinq décès dans les prisons du Grand Tunis. Bassem Trifi, président de la LTDH, a indiqué, en citant des sources judiciaires saisies des dossiers, que cinq décès avaient été enregistrés la veille, sans compter d’autres régions.

Le périmètre exact de ces décès et leurs causes doivent encore être établis. Mais c’est précisément pour cette raison que le silence des autorités n’est plus acceptable.

L’État ne peut détenir quelqu’un sans garantir sa vie

Une personne détenue dépend entièrement de l’administration pour l’eau, l’électricité, l’aération, l’alimentation, les médicaments, les soins et le transfert vers un hôpital. Elle ne peut pas quitter sa cellule parce qu’il fait trop chaud ni chercher elle-même de quoi se protéger.

L’État qui prive une personne de liberté assume donc envers elle une obligation particulière de protection.

La peine prononcée par un tribunal est la privation de liberté. Elle ne comprend ni la privation d’eau, ni la chaleur insupportable, ni les violences, ni la négligence médicale, ni l’exposition à un risque mortel évitable.

Le détenu conserve pleinement son droit à la vie, à l’intégrité physique, à l’eau, aux soins, à la dignité et à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ouvrir les prisons au contrôle indépendant

    L’administration pénitentiaire affirme disposer de groupes électrogènes, de citernes de secours et de dispositifs permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité. Elle affirme également que les détenus sont pris en charge médicalement et transférés vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige. Ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées.

    Or, au moment même où les décès et les alertes se multiplient, la LTDH rencontre des obstacles pour visiter les établissements pénitentiaires. Une délégation a notamment été empêchée d’accéder à la prison de Messadine le 21 juillet, alors qu’un mémorandum d’entente signé en 2015 avec le ministère de la Justice avait précisément institué un mécanisme de visites indépendantes.

    Si les autorités affirment que les conditions sont conformes au droit, elles doivent ouvrir les prisons au contrôle indépendant.

    Le CRLDHT demande :

    1- la publication immédiate d’un bilan national exhaustif des décès en détention depuis le 1er juillet 2026, établissement par établissement ;

    2- la clarification immédiate des cinq décès signalés fin août dans les prisons du Grand Tunis, avec identification des personnes concernées et des circonstances exactes ;

    3- l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les décès suspects, notamment ceux de Hamza Dridi, Ali Bejaoui, Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi et Salem Karmous.

    4- la communication aux familles des conclusions médico-légales et des rapports d’autopsie, ainsi que l’accès aux dossiers médicaux.

    5- la publication par le ministère de la Santé des données relatives à la canicule : décès, hospitalisations, admissions en réanimation et transferts de détenus.

    6- des mesures d’urgence dans toutes les prisons : accès permanent à l’eau potable, électricité, ventilation, soins médicaux et protection particulière des personnes âgées, malades ou vulnérables ;

    – des inspections indépendantes et inopinées des établissements pénitentiaires ;

    7- la levée immédiate des entraves aux visites de la LTDH et le respect du mémorandum de 2015 ;

    8- l’identification des responsabilités administratives, politiques ou pénales chaque fois qu’une faute, une négligence ou une violence ayant contribué à un décès est établie ;

    9- des mesures urgentes contre la surpopulation carcérale, notamment par un réexamen de la détention provisoire et le développement des alternatives à l’incarcération.

    Les familles ont droit à la vérité.

    Les détenus ont droit à la dignité.

    Et, avant toute chose, ils ont droit à la vie.

    Paris, le 30 août 2026

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    La Sonede annonce des coupures d’eau à Mahdia et Sfax

    La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé des perturbations et des interruptions dans la distribution d’eau potable dans plusieurs zones des gouvernorats de Sfax et de Mahdia, ce lundi 24 août 2026, entre 10 heures et 20 heures.

    Dans un communiqué, la société a précisé que l’interruption de l’approvisionnement est due à une coupure d’électricité survenue dans la matinée au niveau de la station de pompage principale de Karkar, qui alimente de vastes zones dans les deux gouvernorats.

    Elle a ajouté que ces coupures concernent, dans le gouvernorat de Mahdia, les habitants des délégations d’El Jem, Boumerdes, Sidi Alouane, Melloulech, Bradaa, Chebba, Souassi, Ouled Chamekh, Hbira et Chorban.

    Les perturbations touchent, dans le gouvernorat de Sfax, les délégations d’El Hancha et Jebeniana ainsi que la zone d’El Gharaba et le centre Kammoun (délégation de Menzel Chaker).

    Par ailleurs, la coupure affecte les zones en altitude des délégations de Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaier, ainsi que les secteurs d’El Aouabed, El Bokâa El Baidha et la route d’El Aïn (délégation de Sfax Sud).

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    L’été du mécontentement en Tunisie

    Cinq ans après sa prise de pouvoir, le président tunisien Kaïs Saïed est confronté à son défi le plus sérieux à ce jour. Les pénuries d’eau et d’électricité, survenant durant un été aux chaleurs records (frôlant les 49 °C dans certaines régions), suscitent un mécontentement croissant à l’égard de sa gouvernance. Ces coupures amènent les Tunisiens à se détourner du populisme.

    Sharan Grewal *

    Le 25 juillet [2021], date anniversaire de la prise de pouvoir de Saïed, a été marqué par certaines des plus importantes manifestations organisées contre lui jusqu’à présent. La persistance des coupures d’eau et d’électricité a de nouveau déclenché des protestations les 4 et 5 août dans plusieurs régions du pays, et une autre manifestation est prévue à Tunis pour le 20 août.

    Pendant des années, Saïed a réussi à surmonter les difficultés économiques en désignant des boucs émissaires : partis politiques, hommes d’affaires, migrants et puissances étrangères, entre autres. Mais aujourd’hui, ces discours populistes ne fonctionnent plus ; en partie parce que cinq ans se sont écoulés depuis sa prise de pouvoir, une période durant laquelle la population attend désormais des résultats concrets. Qui plus est, les pénuries d’eau et d’électricité sont objectivement plus graves que sous l’ère démocratique. Elles sont ressenties de manière viscérale : les Tunisiens constatent concrètement que le pays ne fonctionne plus. Les coupures de courant, y compris dans les hôpitaux, ont même entraîné la mort de certaines personnes. Pire encore, Saïed est resté largement absent, se contentant de promettre de s’en prendre aux comploteurs responsables des pénuries — un discours populiste éculé auquel peu de gens croient encore.

    À cela s’ajoutent les atteintes perçues à la souveraineté de la Tunisie de la part de l’Algérie voisine, l’un des plus fervents soutiens de Saïed, avec qui un accord controversé de coopération en matière de défense a été signé l’an dernier.

    En réaction aux manifestations, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a menacé d’intervenir en Tunisie pour éliminer les «terroristes» présumés (les manifestants ?), provoquant une levée de boucliers nationaliste, y compris chez certains des premiers partisans de Saïed.

    Le mécontentement gagne les rangs du régime

    Fait peut-être le plus surprenant, Saïed fait face à des critiques émanant du sein même du régime, alors que les membres de son entourage semblent prendre conscience de l’inéluctabilité de la situation.

    Le Parlement, longtemps perçu comme une simple chambre d’enregistrement, compte désormais des membres qui critiquent ouvertement et directement le gouvernement, voire Saïed lui-même. Le député Hamdi Ben Salah a demandé que Saïed comparaisse devant le Parlement pour y être interrogé ; le député Ammar Al-Aidoudi a qualifié d’illégitime le second mandat de Saïed (au cours duquel il a recueilli un score supposé de 91 % des suffrages) ; et le député Ali Zaghdoud a entrepris de préparer une motion de censure contre le gouvernement.

    On dirait que certains députés cherchent à quitter le navire en prévision de la chute du régime. Sur fond de rumeurs concernant l’état de santé de Saïed, ses [proches] eux-mêmes se livreraient à une lutte d’influence pour déterminer qui pourrait lui succéder.

    De son côté, Saïed a déployé l’armée et la Garde nationale pour assurer l’approvisionnement en eau et a obtenu par la suite de l’électricité en provenance d’Algérie ; toutefois, il ne s’agit pas de solutions durables aux pénuries. Il pourrait tenter de rejeter la faute sur le Premier ministre et de remanier le gouvernement, mais après avoir vu défiler quatre Premiers ministres depuis sa prise de pouvoir, rien ne garantit qu’une telle mesure apaisera la colère de la population.

    Les experts estiment que ces pénuries résultent d’années de sous-investissement public dans les entreprises d’État chargées de l’eau et de l’électricité (respectivement la Sonede et la Steg), lesquelles sont trop lourdement endettées pour entreprendre des améliorations d’infrastructure.

    Ce n’est pas le premier été marqué par des coupures d’électricité et d’eau, ce qui amène les Tunisiens à se demander pourquoi le gouvernement n’a pas davantage anticipé la chaleur et pris des dispositions en amont.

    Les limites des promesses populistes

    Toutefois, il faut reconnaître qu’après avoir tourné le dos au Fonds monétaire international et à de nombreux alliés étrangers, le gouvernement dispose de peu de fonds pour investir. Comme l’a récemment souligné l’ancien Premier ministre Hichem Mechichi (évincé par Saied lors de sa prise de pouvoir) : «Saïed est totalement opposé aux bailleurs de fonds internationaux, mais il ne propose aucune alternative. Il a des idées populistes, mais elles n’ont aucun impact sur le terrain.»

    Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha âgé de 85 ans et ancien président du Parlement — qui croupit aujourd’hui en prison alors que sa santé se dégrade — se montrait déjà optimiste en 2022, estimant que les Tunisiens finiraient par comprendre que le populisme ne repose que sur des promesses vaines. «Le populisme est comme une drogue», m’a-t-il confié lors d’un entretien. Il a ajouté : «Il vous anesthésie, vous procure une euphorie passagère, mais vous finissez par vous réveiller face à une triste réalité. Les gens voient désormais cette triste réalité : ils constatent la hausse des prix, la pénurie de produits de première nécessité, le chômage, les atteintes aux droits humains, l’emprisonnement de blogueurs, etc.»

    Ghazi Chaouachi, ancien dirigeant du parti Courant démocrate — également emprisonné — m’a tenu des propos similaires. «Kais Saïed tient un discours populiste comparable à celui de Donald Trump», déclarait Chaouachi en 2022. Il a ajouté : «Avec le temps, les Tunisiens comprendront que toutes ses promesses sont sans lendemain et qu’elles mèneront à la ruine de la Tunisie plutôt qu’à sa réussite… Je pense qu’après ce que Kais Saïed a fait, la population sera traumatisée. Par la suite, le populisme refluera et perdra en popularité.»

    Cinq ans plus tard, les Tunisiens prennent peut-être enfin conscience de la triste réalité. Les accusations populistes de Saied concernant des complots, des élites corrompues et des manigances étrangères sonnent de plus en plus creux lorsque les robinets s’assèchent et que la climatisation tombe en panne. Il reste incertain que la crise actuelle débouche sur une ouverture démocratique. Toutefois, si elle contribue à délégitimer enfin le populisme en Tunisie, cela facilitera le retour du pays à la démocratie lorsque cette transition finira par se produire.

    Traduit de l’anglais.

    * Chercheur principal non résident – ​​Politique étrangère, Centre pour la politique au Moyen-Orient.

    Source : Brookings.  

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