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Entre chaleur et manque d’eau : un tiraillement de trop

Le citoyen tunisien n’est pas du tout à envier ces jours-ci, étant donné qu’il traverse une crise exceptionnelle où il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume. Et pour le dire plus clairement, entre une chaleur quotidienne diurne et nocturne qui perdure depuis au moins un mois et demi et un manque d’eau embouteillée représenté par de petites apparitions qui ne suffisent pas à étancher une soif devenue permanente. La malchance et l’anachronisme qui déterminent désormais l’existence du citoyen tunisien lambda y sont légion et irritent la vie de ce dernier. Pourtant, il en a vu passer auparavant des périodes similaires au niveau des températures très élevées durant les étés. Mais il s’y est ajouté, en l’an de grâce 2026, aussi bien le problème des coupures de l’eau de robinet, que celui de la disparition de l’eau en bouteilles qu’il avait cru impossible de tarir.

La chaleur, la soif, en plus de la pénible recherche parfois superflue en ville d’une bouteille d’eau, ont rendu sa vie tristounette et banale. Et si la chanson dit que «La vie est une histoire d’amour», son histoire à lui est devenue «Une histoire d’eau» dans un contexte plutôt douloureux, tout à fait à l’opposé de celle que raconte le court métrage du même titre réalisé en 1958 par Jean Luc Godard et François Truffaut. Là où l’héroïne fuit le déluge de la pluie. Ici et maintenant, et sous nos cieux, les choses se passent à l’opposé car le citoyen est à la recherche d’une goutte d’eau à boire dans une chaleur torride. Et même s’il pleut, la situation ne changera pas d’une once. Tout semble stagner et n’est pas sans provoquer la peur chez tout un chacun. Etat stationnaire, comme déclaré par un médecin à propos de l’état de santé de son patient. Entre la peur et l’espérance, l’espoir doit-il demeurer ? Dans un contexte et des circonstances un peu trop exceptionnels.

Lotfi BEN KHELIFA

 

 

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Semmama s’invite au Sommet mondial sur la lutte contre la désertification : restaurer les terres, restaurer l’espoir!

La question de la désertification est entrée dans l’agenda mondial lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992. La COP17 organisé en Mongolie  ne doit pas seulement proclamer une nouvelle déclaration, mais définir des principes communs : systèmes d’alerte précoce, évaluation des risques, planification nationale, gestion intégrée de l’eau, financement et partage des données scientifiques.Le choix de la Mongolie n’est pas seulement symbolique. Avec 1,5 million de km2, , ce vaste pays compte parmi les territoires les plus exposés à la dégradation des terres Sécheresses, surpâturage, tempêtes de poussière , fragilisent directement le modèle pastoral. Le nombre annuel de jours de tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé depuis les années 1960.

A cette occasion, la Mongolie a renforcé la mobilisation du public et la participation des jeunes à travers des dialogues nationaux et des activités de sensibilisation. Adnen Helali est un acteur et poète tunisien. Il est le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine au centre-ouest de la Tunisie. ll participe à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD/UNCCD) à Oulan-Bator, notamment dans le cadre de la Caravane mondiale de la Route de la Soie et de la promotion du pastoralisme et des territoires ruraux.

Sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la COP17 , organisée à Oulan-Bator, cherche à accélérer la restauration des écosystèmes dégradés, renforcer la résistance aux sécheresses et mobiliser des financements pour les pays les plus touchés par la désertification. A cette occasion, la « Journée de Semmama… Résister à la désertification culturelle », a été organisée le mardi 25 août dans l’espace vert du Sommet dans le cadre du Sommet mondial sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, parrainée par  Adnen Helali, un acteur et poète tunisien et le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine..« Cette COP17 nous rappelle une vérité essentielle : lorsque nous restaurons la terre, nous restaurons aussi l’espoir » précise Adnane Helali. « Aujourd’hui, nous souhaitons porter la voix de Sammama, une région qui connaît les défis de la sécheresse, de la dégradation des terres et de la fragilité des ressources naturelles, mais qui possède également une richesse extraordinaire : ses populations, son savoir-faire, ses terres et sa capacité à construire un avenir durable.La désertification n’est pas seulement une question environnementale. Elle touche directement la vie des populations. Elle affecte l’agriculture, l’eau, l’emploi, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des générations futures.C’est pourquoi nous devons passer des engagements à l’action.

Pour Sammama, cela signifie investir dans la restauration des terres, améliorer la gestion de l’eau, soutenir les agriculteurs et les communautés locales, protéger les parcours et développer des pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques.Cela signifie également donner une place centrale aux jeunes et aux femmes, car ils ne doivent pas être uniquement les bénéficiaires des politiques environnementales : ils doivent être des acteurs de leur conception et de leur mise en œuvre.La présence de la Mongolie à la tête de cette COP17 est particulièrement symbolique. Près de 77 % du territoire mongol est considéré comme dégradé, ce qui montre que la dégradation des terres est un défi qui dépasse les frontières et concerne toutes les régions du monde »

Et d’ajouter « Nous ne demandons pas seulement de protéger nos terres. Nous demandons de leur donner un avenir.Nous appelons à renforcer la coopération internationale, à mobiliser les financements nécessaires et à transformer les engagements internationaux en projets concrets sur le terrain.Sammama peut devenir un exemple de résilience, de restauration et d’innovation.Ensemble, nous pouvons restaurer nos sols, préserver notre eau, renforcer notre sécurité alimentaire et offrir à nos jeunes une raison de rester, de créer et de construire leur avenir chez eux.La terre n’appartient pas seulement à notre génération. Nous l’empruntons aux générations futures.Faisons donc de cette COP17 un moment de décision et d’action ».

La désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental.

L’idée centrale défendue par Helali est particulièrement intéressante : la désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental. La protection des parcours pastoraux passe aussi par la préservation de la mémoire, des savoir-faire, de la culture et des modes de vie des communautés rurales.La journée de Semmama constitue donc une manière de porter l’expérience tunisienne de Semmama sur la scène internationale, dans le cadre de la COP17, dont le thème est « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Cette journée s’est ouverte  par la présentation de son nouveau recueil de poésie, « Le vent garde nos traces », avec la participation de la chanteuse mongole Enkhgerel Shinzorig, de la poétesse indienne Barnet Kaur, de la chanteuse malienne Inna Modja et du guitariste français William Fourny, en présence de M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère. Le programme s’est poursuivi avec la projection du film documentaire If the Rangelands Could Speak, réalisé par l’Allemande Lizzy Gable, qui retrace le parcours de la Silk Road Caravan, à laquelle Adnen Helali a participé, de la Turquie jusqu’en Mongolie. La journée a également  été l’occasion de présenter l’œuvre d’artisanat « Année internationale des parcours et des pasteurs en vert », réalisée par les artistes Marwa Gdima, Oumaima Boulaares et Khaled Khayatai, en collaboration avec des artisanes de Djebel Semmama et de Bir El-Kassâa. Les distinctions « Soleil de Semmama » ont été remises à plusieurs personnalités et artistes ayant marqué cette rencontre, parmi lesquels : M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, la photographe sud-africaine Kiara Worth, dont les images prises pendant le Sommet sont devenues l’une des principales mémoires visuelles de l’événement ,la  troupe d’Oulan-Bator du patrimoine nomade, qui préserve la rare tradition musicale du khöömii, inspirée des sons de la nature et Burmaa Dashbal, présidente de l’organisation Green Rangeland Gold, et l’une des personnalités ayant contribué à porter l’initiative de l’Année internationale des parcours et des pasteurs.

                                Kamel Bouaouina

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L’intelligence artificielle entre dans le cabinet médical : quand le médecin n’est plus seul

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Pendant des siècles, la consultation médicale a reposé sur une relation presque sacrée entre deux êtres humains : un patient qui confie sa souffrance et un médecin qui écoute, observe, analyse et décide. Le cabinet médical était un espace où la parole, le regard et l’expérience du praticien occupaient une place centrale. Aujourd’hui, une nouvelle présence s’installe progressivement dans cette relation : l’intelligence artificielle. Invisible mais puissante, elle accompagne désormais le médecin dans son raisonnement, l’aide à interpréter des données complexes, à détecter certaines anomalies et à proposer des pistes thérapeutiques.

Cette transformation ne signifie pas que la machine remplace le médecin. Elle introduit plutôt une nouvelle forme de collaboration où l’intelligence humaine s’appuie sur une intelligence numérique capable de traiter en quelques secondes des volumes considérables d’informations. Le médecin du XXIᵉ siècle pourrait ainsi devenir un professionnel augmenté, capable de combiner son expérience clinique, son intuition et les capacités analytiques des systèmes intelligents.

Mais cette révolution médicale soulève aussi de nombreuses interrogations. Une consultation assistée par l’intelligence artificielle représente-t-elle un progrès absolu ? Peut-elle améliorer la qualité des soins sans fragiliser la dimension humaine de la médecine ? Jusqu’où peut-on confier une partie du raisonnement médical à des algorithmes ? Ces questions dépassent la simple technologie : elles concernent notre vision même de la santé et de la relation entre l’homme et la machine.

 

Une nouvelle alliée pour le diagnostic médical

L’une des applications les plus prometteuses de l’intelligence artificielle en médecine concerne l’aide au diagnostic. Le médecin doit souvent prendre une décision à partir d’un ensemble complexe d’éléments : symptômes décrits par le patient, résultats biologiques, images médicales, antécédents familiaux et évolution de la maladie. Cette accumulation d’informations peut parfois rendre l’analyse difficile, même pour un spécialiste expérimenté.

L’intelligence artificielle possède une capacité remarquable à analyser rapidement des milliers de données médicales et à identifier des correspondances invisibles à l’œil humain. Dans certains domaines comme la radiologie, elle peut détecter des anomalies sur des images médicales avec une grande précision et attirer l’attention du médecin sur des zones nécessitant une analyse approfondie.

Cette assistance peut permettre un diagnostic plus précoce de certaines maladies, notamment les cancers, les maladies cardiovasculaires ou les pathologies rares. Elle offre également une possibilité importante dans les régions où l’accès aux spécialistes est limité. Un médecin généraliste pourrait bénéficier d’un outil capable de l’orienter vers des hypothèses diagnostiques plus précises et de réduire ainsi les risques d’erreurs.

Cependant, il faut comprendre que l’intelligence artificielle ne possède ni conscience médicale ni expérience humaine. Elle reconnaît des modèles, compare des données et calcule des probabilités, mais elle ne ressent pas la souffrance d’un patient, ne comprend pas toujours son contexte social ou psychologique et ne peut remplacer le jugement humain.

 

Le médecin augmenté, une médecine plus efficace mais toujours humaine

L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme progressivement le rôle du médecin. Celui-ci ne sera peut-être plus seulement celui qui cherche une information ou établit seul un diagnostic, mais celui qui interprète, explique et accompagne. La valeur du médecin ne disparaît pas, elle évolue.

Une machine peut suggérer plusieurs traitements possibles, mais seul le médecin connaît réellement son patient dans sa globalité. Deux personnes atteintes de la même maladie peuvent avoir des situations totalement différentes : âge, mode de vie, contraintes familiales, préférences personnelles ou capacité à supporter certains traitements. La médecine ne se résume pas à appliquer une formule mathématique, elle est aussi une science humaine.

La consultation médicale assistée par l’intelligence artificielle pourrait même renforcer la relation entre le médecin et le patient. En automatisant certaines tâches administratives, en facilitant la rédaction des dossiers médicaux ou en accélérant l’analyse des examens, elle pourrait libérer davantage de temps pour l’écoute et le dialogue. Le médecin pourrait consacrer moins d’énergie aux procédures techniques et davantage à ce qui constitue l’essence de son métier : comprendre l’être humain derrière la maladie.

Cette évolution exige toutefois une nouvelle formation des professionnels de santé. Le médecin de demain devra comprendre les principes de fonctionnement des outils numériques, connaître leurs limites et savoir quand leur faire confiance ou, au contraire, remettre en question leurs recommandations.

 

Les dangers d’une médecine trop dépendante des algorithmes

Comme toute grande innovation, l’intelligence artificielle médicale comporte des risques. Le premier concerne la dépendance excessive à la technologie. Si un médecin suit systématiquement la recommandation d’un système informatique sans exercer son propre jugement, la médecine risque de perdre une partie de son esprit critique.

Les algorithmes ne sont pas neutres. Ils sont conçus à partir de données collectées dans certaines populations et peuvent parfois reproduire des erreurs ou des biais présents dans ces données. Un système entraîné principalement sur des patients d’un continent ou d’un groupe particulier peut être moins performant dans d’autres contextes. La qualité des données utilisées devient donc une question essentielle.

La protection des informations médicales constitue également un défi majeur. Les dossiers de santé contiennent des données extrêmement sensibles sur les individus. Leur utilisation par des systèmes d’intelligence artificielle nécessite des garanties fortes concernant la confidentialité, la sécurité et le respect de la vie privée.

Une autre question fondamentale concerne la responsabilité. Si une intelligence artificielle propose une recommandation erronée qui entraîne une mauvaise décision médicale, qui est responsable ? Le médecin ? Le concepteur du logiciel ? L’établissement de santé ? Ces questions juridiques et éthiques devront trouver des réponses claires avant une utilisation généralisée de ces technologies.

 

Vers une médecine où l’homme et la machine collaborent

L’avenir de la médecine ne sera probablement pas celui d’un remplacement du médecin par une machine, mais celui d’une coopération intelligente entre deux formes de savoir. L’intelligence artificielle possède la puissance du calcul, la rapidité d’analyse et la capacité de mémoriser une quantité immense d’informations. Le médecin possède l’empathie, l’expérience, la compréhension humaine et la capacité de prendre en compte la complexité d’une vie.

Cette complémentarité pourrait ouvrir une nouvelle époque médicale. La médecine pourrait devenir plus personnalisée, plus préventive et plus précise. Au lieu d’attendre l’apparition des maladies, les systèmes intelligents pourraient aider à identifier les risques avant qu’ils ne deviennent visibles, permettant ainsi une approche davantage orientée vers la prévention.

Mais cette révolution doit rester guidée par une idée essentielle : la technologie doit servir l’homme et non l’inverse. La santé n’est pas seulement une accumulation de données biologiques, elle concerne une personne avec ses émotions, ses inquiétudes et son histoire. Une consultation réussie ne dépend pas uniquement de la précision d’un diagnostic, mais aussi de la confiance qui unit le patient à celui qui le soigne.

L’intelligence artificielle représente donc une chance exceptionnelle pour améliorer la médecine, à condition de l’intégrer avec prudence et responsabilité. Le médecin de demain ne sera pas celui qui aura été remplacé par une machine, mais celui qui saura utiliser cette nouvelle intelligence pour devenir encore plus humain.

La véritable révolution médicale ne sera pas la victoire de l’intelligence artificielle sur l’intelligence humaine, mais la rencontre harmonieuse entre deux capacités différentes au service d’un même objectif : mieux comprendre, mieux soigner et mieux accompagner l’être humain.

 

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