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Vu sur les réseaux. Algérie/Tunisie : lorsque le complotisme peine à convaincre

Ce weekend a donné à voir une séquence historique similaire en Algérie et en Tunisie où des internautes des deux pays expriment leur ras le bol respectivement face aux explications complotistes du pouvoir algérien concernant les incendies meurtriers qui ravagent…

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Algérie : Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes

Suite aux incendies meurtriers, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné le rétablissement de la peine de mort contre les pyromanes.   En bref Abdelmadjid Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes. Le Code pénal doit être…

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L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial

L’auteur réagit ici à la réponse du Dr Abderrahmane Cherfouh intitulée L’Algérie face à l’histoire : De la souveraineté à la reconquête à un précédent article qu’il avait publié dans Kapitalis : Tunisie : du souverainisme à la question numide.

Dr Mounir Hanablia *

Suite à l’intervention de mon collègue algérien, qui semble avoir perdu  le fil de l’essentiel de mon précédent écrit, à savoir le caractère inutile et nuisible d’une guerre du gaz entre nos deux pays, ou bien d’entreprises qui pourraient remettre en cause leur intégrité territoriale mutuelle, et qui finit  par se lancer dans un récit apologétique dénué d’intérêt sur l’Histoire de l’Algérie contemporaine,  je me dois de rappeler que beaucoup de nations ne furent que les conséquences du fait colonial. Leurs citoyens doivent-ils pour autant porter cela comme une marque d’infamie ? L’Inde est une création anglaise. Aucun Indien ne le niera aujourd’hui, pas plus qu’aucun Pakistanais. Pourtant lors de la bataille de Plassey en 1757, l’Inde possédait les attributs au moins nominaux de l’État unitaire, même si celui-ci miné par les sécessions n’était plus que l’ombre de lui-même.

Un bébé né d’un viol

L’Algérie aujourd’hui est un état libre et indépendant reconnu par la communauté internationale. Et nul ne prétend minimiser l’ampleur du combat héroïque de son peuple contre le colonialisme. Cela n’est nullement antinomique avec la réalité que ce pays, dépourvu à l’origine d’Etat unitaire, ait été réunifié bon gré mal gré par la puissance destructrice de l’armée française. C’est un fait, même si la France n’avait aucun droit légitime à occuper un sol qui ne lui appartenait pas.

Si les gouvernements européens ont établi entre eux des protocoles et des droits de conquête fondés sur des traités inégaux ou illégaux signés avec des chefs indigènes pour légitimer leurs entreprises respectives, cela ne constitue pas un argument valable pour justifier une conquête, tant bien même la négation ou l’absence d’un État en servirait de couverture juridique. Mais quand le bébé est né d’un viol, il faut avoir le courage de le reconnaître, et non pas prétendre à la légitimité du mariage. Et que les colonialistes usent de cet argument pour nier tout droit algérien à l’indépendance ne signifie pas plus qu’ils aient raison de le faire, face à la reconnaissance internationale. Et celle-ci se rapporte à l’Onu, créée par le Président Roosevelt et consolidée par Truman, avec l’assentiment de l’URSS. Et lorsque la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont passés à l’indépendance, celle-ci n’est devenue effective que par la communauté internationale.

En 1943 à Casablanca c’est un fait que le Président Roosevelt ait promis l’indépendance au Sultan Mohamed V et que à la suite de cela les agents américains aient diffusé la bonne nouvelle sur la fin proche du colonialisme français chez les leaders indépendantistes maghrébins.

La protection conférée par Robert Murphy à Bourguiba contre les représailles françaises pour ses contacts avec les Italiens ne démentira certes pas cette réalité. 

Le rôle américain dans la décolonisation du Maghreb

Le statut de l’Algérie demeure particulier du fait de l’intégration du territoire algérien à la France. Et si Messali Hadj fut le véritable père de l’indépendance algérienne, il n’en a pas moins été renié et combattu par le Front de libération national (FLN) algérien. Il est vrai que ses tendances socialisantes ne l’auraient pas fait considérer d’un bon œil de la part des Américains.

Or au moment du débarquement américain en Afrique du Nord, le FLN n’existait pas encore. Ferhat Abbès, fondateur de l’Union démocratique du Manifeste algérien et futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), lui, écrivait quelques années auparavant : «J’ai erré parmi les cimetières, la nation algérienne n’existe pas, notre avenir est avec la France».

Ainsi on ne peut pas prétendre que l’indépendance du Maghreb ait été l’œuvre de Roosevelt et je ne l’ai pas fait. Par contre sans les pressions américaines il est fort probable que la France n’eût pas quitté au moins l’Algérie, tout comme l’Allemagne n’eût pas évacué la France.

Naturellement l’historiographie indépendantiste algérienne prétend que ce départ des Français s’est opéré sous la pression militaire des fellagas. Rien ne le prouve. Outre que cela est nié par de nombreux Français, en particulier les militaires, ce qui est naturel, il n’y a pas eu de Dien Bien Phu algérien.

Ce qui est admis ailleurs que dans le discours officiel algérien, c’est que les combattants algériens de l’intérieur aient été écrasés dans des opérations d’encerclement, par exemple celle dite Courroie, après avoir été enfermés grâce à ligne Morrice qui a coupé leurs approvisionnements et les lignes de communication avec la Tunisie.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a entraîné le putsch des généraux contre De Gaulle en avril 1961 qui ne comprenaient pas les raisons de quitter l’Algérie alors que les opérations militaires tournaient à leur avantage contre les résistants algériens. Ceux qui ont survécu ont été les combattants massés à la frontière et que les lignes de haute tension déployées depuis Tabarka jusqu’au Sahara ont empêchés de traverser. Cela a d’ailleurs provoqué des frictions entre les maquis de l’intérieur et l’armée des frontières commandée par le colonel Boumediene accusé d’être un planqué.

Donc sans prétendre que les Algériens n’aient pas lutté pour leur indépendance, il n’en demeure pas moins que l’élément décisif a été la volonté américaine de liquider les colonies anglaises et françaises, non dans un souci de liberté, mais pour ouvrir ces pays au commerce et à l’influence américains.

Le cas d’Israël prouve bien à l’inverse que le soulèvement populaire et la lutte pour l’indépendance nationale seuls aussi légitimes soient ils ne suffisent pas à abattre une puissance coloniale.

Pour en revenir à l’Etat algérien tel que nous le connaissons, qu’il ait été forgé par le fer et par le sang ainsi que je l’ai indiqué, ne signifie nullement que Bugeaud et le Duc d’Aumale eussent été de grands hommes. Evoquer cela ne laisse d’autre opportunité aux détracteurs de la fiction nationaliste algérienne que d’apparaître comme des colonialistes. Houcine Ait Ahmed, l’un des chefs historiques du FLN, tout comme Krim Belkacem, auraient-ils donc été des colonialistes pour s’être opposés au Clan de Oujda ?

Je me refuse à entrer dans ce sujet qui m’apparaît témoigner d’une volonté de détournement du cœur du débat, à savoir si l’Etat algérien actuel est bien le successeur de celui dont l’armée de Massu et de Salan a constitué un des piliers fondamentaux.

Afin de répondre à cette question, et indépendamment de celle des frontières issues de la colonisation française, que Bourguiba, conscient des réalités, a choisi de régler définitivement avec une grande sagesse, il m’apparaît nécessaire de rappeler qu’en 1991 alors que le Front islamique du salut (Fis) gagnait les élections, éventualité dont je reconnais volontiers le caractère funeste pour l’Algérie et le Maghreb dans son ensemble, c’est bien l’armée algérienne appelée à la rescousse par des intellectuels se qualifiant de démocrates qui a mis fin au processus électoral et engagé le pays dans la décennie noire. Aurait-elle été en droit de le faire sans l’emprise exercée sur le régime qui n’en était que l’émanation ?

Le déroulement de la lutte contre-insurrectionnelle, ou si vous voulez antiterroriste, a apporté la preuve que les méthodes utilisées ne différaient en rien de celles utilisées par l’armée coloniale pour écraser la résistance algérienne, depuis la guerre psychologique, la bleuite et les faux maquis, jusqu’à la torture et aux liquidations extrajudiciaires.

La guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français

Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Habib Souaïdia un ex officier du DRS, ‘‘La sale guerre’’, ainsi que les comptes-rendus du procès en diffamation après une plainte déposée auprès du parquet de Paris par le Général Khaled Nezzar. Un autre livre, ‘‘Françalgérie, crimes et mensonges d’Etat’’ de Louis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, éclairera sur tous les liens occultes entretenus par les élites de la métropole et celles du nouvel Etat algérien indépendant, loin des mystifications et de la langue de bois, dans le cadre des accords d’Evian, cela va sans dire, qui n’étaient que les obligations contractées par le nouvel Etat vis-à-vis de l’ancienne puissance occupante.

Si d’aucuns s’estiment offensés par le rappel de ces réalités, c’est plutôt à leurs dirigeants qu’ils doivent en faire reproche, plutôt que les nier.

Il n’empêche ! En tant que Tunisien, j’ai beaucoup d’admiration pour Mustapha Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Djamila Bouhired, ou Yassef Saadi. J’ai en ai aussi pour le Docteur Cholet et sa femme qui cachaient les deux résistants kabyles Krim Belkacem et le capitaine Ouamrane dans leur voiture et risquaient d’être arrêtés et exécutés par les Parachutistes. Tout comme j’ai de l’admiration pour l’aspirant Maillot ou bien l’instituteur Maurice Labbene, cet ancien internationaliste d’Espagne fondateur du maquis rouge dans l’Ouarsenis, et qui sont morts en patriotes algériens dans un accrochage avec les harkis du bachaga Boualem au service de l’armée coloniale française.

Cela démontre combien la guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français. L’Histoire de l’Algérie m’intéresse donc même si mon interprétation en est différente. Je n’ai à ce sujet pas de complexe. Les Hambli se trouvent de part et d’autre de la frontière algéro-tunisienne et Ali Hambli un résistant qui ne voulait pas tenir le rôle à lui assigné a été liquidé par le FLN avec la complicité des autorités tunisiennes qui le trouvaient trop proche de ses propres fellagas. Ma grand-mère paternelle était originaire d’au-delà la frontière, tout comme mon aïeule maternelle. Mon grand-père maternel a exercé la médecine pendant de nombreuses années en Algérie, à Souk Ahras, et après la guerre sa maison a été confisquée par le FLN qui en a fait une bibliothèque. Il n’a jamais pu se faire dédommager. Mais cela ne pèse d’aucun poids dans ma réflexion. Je n’en demeure pas moins convaincu que tout comme les peuples sont les seuls à même de choisir les dirigeants qui les gouvernent sans aucune interférence extérieure,  la Tunisie et l’Algérie, tout comme le Maroc, sont appelés à plus de coopération pour faire face à un environnement international de plus en plus hostile.

* Médecin de libre pratique. 

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Algérie : Tebboune ordonne la peine de mort contre les incendiaires

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, le 30 août 2026, une modification du Code pénal afin d’introduire la peine de mort contre les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement déclenché des incendies de forêt. Cette décision intervient après une vague d’incendies qui a fait 12 morts dans plusieurs régions du pays.

Le gouvernement algérien entend répondre avec une fermeté exceptionnelle à la multiplication des incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas du nord du pays. Réuni dimanche avec de hauts responsables civils et militaires pour examiner les conséquences des feux, Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre de la Justice de préparer une modification du Code pénal visant à punir de la peine capitale les auteurs d’incendies de forêt déclenchés délibérément.

Le chef de l’État a donné au ministère de la Justice jusqu’au 15 septembre pour présenter le projet de modification législative. Selon les informations rapportées par la télévision publique, la peine de mort ne pourrait être exécutée qu’après épuisement de toutes les voies de recours judiciaires. La mesure doit donc encore suivre la procédure législative avant de pouvoir entrer en vigueur. Cette initiative constitue un durcissement majeur de la réponse pénale aux incendies criminels.

Douze morts dans les récents incendies

La décision intervient après une série de feux qui ont touché plusieurs régions du pays et provoqué 12 décès, ainsi que plusieurs dizaines de blessés. Les autorités algériennes ont également annoncé des arrestations de personnes soupçonnées d’être impliquées dans le déclenchement volontaire de certains incendies. Le président Tebboune avait déjà évoqué l’hypothèse d’une origine criminelle pour une partie des feux.

L’Algérie est régulièrement confrontée à des incendies durant les mois d’été, notamment dans les régions boisées du nord. Les fortes chaleurs et la sécheresse favorisent leur propagation, tandis que les autorités accusent régulièrement des individus d’actes d’incendie volontaire.

Une peine de mort déjà inscrite dans le droit algérien

La mesure annoncée ne constitue pas une réintroduction générale de la peine capitale dans le droit algérien : la peine de mort demeure déjà prévue par le Code pénal pour plusieurs infractions. En revanche, l’Algérie applique un moratoire de fait sur les exécutions depuis 1993. Des condamnations à mort continuent d’être prononcées par les tribunaux, mais elles ne sont plus exécutées. La nouvelle initiative de Tebboune soulève donc une question plus large : celle de savoir si les condamnations prononcées pour incendies volontaires seront effectivement exécutées ou si le moratoire sera maintenu.

Pour les autorités, la priorité est désormais de dissuader les actes criminels susceptibles d’aggraver les conséquences des incendies. Le gouvernement a parallèlement annoncé des mesures destinées à venir en aide aux populations touchées, à rétablir les services essentiels et à réparer les infrastructures endommagées. Le durcissement de la législation intervient également dans un contexte où les incendies deviennent plus difficiles à maîtriser sous l’effet combiné des températures élevées, de la sécheresse et de la vulnérabilité croissante des zones forestières.

Avec cette réforme annoncée, Alger veut envoyer un message de fermeté maximale aux auteurs d’incendies volontaires. Mais au-delà de la menace pénale, le débat portera désormais sur l’application effective de la peine capitale, alors que l’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993.

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Football | Tunisie U21 en finale des Jeux Méditerranéens

Après avoir battu, tour à tour, le Maroc (1-0), la Turquie (2-1), en phase de groupes et, aujourd’hui, vendredi 28 août 2026, en demi-finale, l’Italie, par un score sans appel (3-1), l’équipe de Tunisie U21 a gagné son billet pour la finale du tournoi de football des Jeux Méditerranéens de Tarente, en Italie.


Les trois buts de l’équipe nationale ont été inscrits par Alaeddine Derbali, Rayane Anane et Walid Dhouib.

Les protégés de Anis Boujelbene, qui n’ont pas froid aux yeux et sont désormais capables de tutoyer toutes les équipes quel que soit leur rang dans la hiérarchie mondiale, briguent désormais la médaille d’or, face à l’Algérie ou le Maroc, et méritent une participation aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles qui se tiendront du 14 au 30 juillet 2028.

Cette belle aventure mérite d’aller jusqu’au bout pour nous faire oublier les humiliations subies par l’équipe sénior à la dernière Coupe du Monde.

I. B.

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Algérie | Trois jours de deuil après une nuit de feu et de mort

L’Algérie est en deuil. Trois jours de deuil national ont été décrétés à compter de ce jeudi 27 août 2026, après les incendies meurtriers qui ont frappé plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays. Douze personnes ont perdu la vie et 54 autres ont été blessées, dont 6 dans un état grave. Le bilan humain est particulièrement lourd à Jijel, avec 5 morts, à Béjaïa, avec 4 victimes, et à Tizi-Ouzou, où 3 personnes ont péri. Parmi les victimes figure un enfant de 8 ans.

Derrière ces chiffres se trouvent des familles qui, en quelques heures, ont basculé dans le deuil. Des proches qui attendaient un retour qui ne viendra plus, des parents confrontés à la disparition brutale d’un enfant, des maisons où une place restera désormais vide. Le feu ne laisse pas seulement derrière lui des arbres calcinés et des terres ravagées. Il laisse des absences.

Les incendies ont touché plusieurs localités, notamment dans les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi-Ouzou. Des familles ont dû être évacuées alors que les flammes, attisées par les conditions météorologiques, menaçaient des zones habitées. Les services de la Protection civile, les forces de sécurité, les autorités locales et de nombreux citoyens ont été mobilisés pour tenter de contenir les foyers et mettre les populations à l’abri.

À Jijel, particulièrement touchée, la situation a nécessité une mobilisation importante.

Dans les zones touchées, les secours poursuivent leur travail alors que les habitants tentent de mesurer l’ampleur des dégâts.

Après les flammes, les questions

Les enquêtes ouvertes afin de déterminer les causes des incendies devront permettre d’établir les circonstances exactes dans lesquelles les différents foyers se sont déclarés et de déterminer, le cas échéant, les responsabilités. La question est d’autant plus importante que l’Algérie connaît, été après été, des incendies qui frappent les mêmes régions avec une violence parfois dévastatrice. La chaleur extrême, la sécheresse et les vents favorisent la propagation des flammes, mais ces facteurs ne sauraient à eux seuls résumer le problème. La prévention, la surveillance des zones forestières, l’entretien des espaces vulnérables, l’alerte précoce et la rapidité des interventions sont autant d’éléments qui doivent être interrogés. Car lorsque les flammes atteignent les villages et les habitations, il ne s’agit plus seulement de protéger une forêt. Il s’agit de sauver des vies. Les enquêtes annoncées devront apporter des réponses précises, au-delà des premières explications liées aux conditions climatiques.

Pendant les 3 jours de deuil national, les drapeaux seront mis en berne dans tout le pays et les manifestations festives ainsi que les compétitions sportives nationales sont suspendues. La première journée du championnat de Ligue 1 Mobilis a été reportée aux 3, 4 et 5 septembre.

L’Algérie pleure aujourd’hui ses morts et rend hommage aux victimes et aux hommes et aux femmes qui ont affronté les flammes pour protéger les populations. Lorsque le feu sera définitivement éteint, il restera pourtant une obligation : se souvenir et comprendre. Comprendre pourquoi les incendies reviennent chaque été avec une telle violence. Comprendre comment mieux protéger les populations. Comprendre enfin comment éviter que d’autres familles algériennes aient, demain, à connaître la même douleur. Parce qu’un deuil national ne devrait jamais être seulement un moment de silence. Il devrait aussi être le début d’une exigence.

Djamal Guettala 

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La conciergerie qui veille sur les maisons des  « immigrés » au Maghreb

Une maison fermée pendant des mois, un jardin qu’on ne voit plus, une fuite dont personne ne s’aperçoit : pour les familles maghrébines installées en France, posséder une maison au pays peut aussi être une source d’inquiétude. C’est à ce…

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Football | MC Alger – MC Oran en ouverture de la Ligue 1 algérienne

Ce jeudi 27 août 2026, la capitale algérienne accueille un choc d’ouverture du championnat national de football. Le MC Alger reçoit le MC Oran au stade du 5 juillet 1962. Un choc d’ouverture attendu. Sur Linebet, ce duel du championnat figure déjà parmi les rendez-vous les plus suivis de la saison.

La première journée de Ligue 1 Algérie lance la saison 2026/2027 avec une affiche de gala. Champion sortant avec 65 points, le club de la capitale part favori face à un adversaire qui a terminé quatrième.

L’opposition MC Alger – MC Oran garde toujours une saveur particulière, entre le géant algérois fondé en 1921 et le club historique de l’Ouest, né en 1917.

Les joueurs clés et les duels : l’attaque d’Alger s’appuie sur Mohamed Saliou Bangoura, meilleur buteur maison, épaulé par le vétéran Zinedine Ferhat. En face, Oran mise sur Ahmed Kerroum, auteur de six réalisations la saison passée, et le milieu Chakib Aoudjane.

Parmi les joueurs de Ligue 1 à surveiller, le bras de fer entre la défense expérimentée d’Ayoub Abdellaoui et les percées de Kerroum devrait fixer le rythme de la rencontre.

Pronostic et attentes : Oran arrive en forme avec trois victoires sur ses cinq derniers matchs, tandis qu’Alger a enchaîné deux nuls et une défaite en préparation. À domicile, les Mouloudia partent tout de même devant.

Les précédents matchs de MC Alger – MC Oran restent serrés, souvent réglés par un seul but. Un score du type 2-1 ou 1-1 semble le plus crédible pour cette ouverture.

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Algérie : Au moins 12 morts dans les incendies qui ravagent le nord du pays

Au moins 12 personnes ont péri dans les incendies de forêt qui ravagent depuis mercredi plusieurs régions du nord de l’Algérie, notamment les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. Le bilan, communiqué par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, fait état de cinq morts à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou, tandis que des dizaines de personnes ont été blessées et que plusieurs familles ont dû être évacuées. Les opérations de lutte contre les incendies se poursuivent dans plusieurs wilayas du pays.

Douze morts dans trois wilayas

Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a annoncé mercredi soir un bilan de 12 décès liés aux incendies.

Selon les données rapportées par Reuters et les médias algériens, cinq personnes sont mortes dans la wilaya de Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou.

À Béjaïa, la situation est particulièrement préoccupante. Le ministre a fait état de 54 personnes souffrant de brûlures, dont six dans un état grave, prises en charge à l’hôpital de Souk El Tenine.

À Tizi Ouzou, trois femmes d’une même famille auraient péri à Boghni, victimes de l’inhalation de fumées, selon des médias locaux.

Des habitants évacués face à la progression des flammes

Les incendies ont également contraint plusieurs familles à quitter leurs logements dans les régions de Béjaïa et de Jijel.

Des images diffusées par des médias locaux montrent des habitants fuyant des zones menacées par les flammes et la fumée. À Jijel, plusieurs secteurs ont été touchés, notamment Ouled Yahia Khedrouche, Texenna, Ziama Mansouriah, Sidi Maarouf, Bordj Tahar et Chekfa.

La progression des feux a également entraîné la fermeture de plusieurs axes routiers dans l’est du pays. La Gendarmerie nationale a notamment signalé des coupures de routes à proximité de Béjaïa, Jijel et Sétif et appelé les automobilistes à éviter les secteurs concernés.

69 incendies encore actifs

L’ampleur du dispositif de secours reste considérable. Selon un bilan de la Protection civile établi mercredi à 20h, 159 incendies de couvert végétal avaient été recensés à travers plusieurs wilayas. Parmi eux, 90 avaient été éteints tandis que 69 étaient encore en cours.

Béjaïa comptait alors le plus grand nombre de foyers encore actifs, avec 18 incendies, devant Skikda avec 13, Tizi Ouzou avec 12 et Jijel avec sept. Des foyers étaient également signalés dans plusieurs autres wilayas, dont El Tarf, Mila, Annaba, Guelma, Constantine, Sétif et Boumerdès.

La Protection civile a déployé d’importants moyens pour contenir les flammes, alors que les vents violents compliquent les opérations d’extinction.

Les interventions se poursuivent dans plusieurs wilayas, alors que les autorités doivent également assurer la sécurité des populations menacées et l’évacuation des secteurs les plus exposés.

Ces incendies interviennent dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse qui favorisent la propagation des feux dans le nord de l’Algérie. Le pays avait déjà connu plusieurs épisodes meurtriers au cours des dernières années, notamment à Béjaïa en 2023.

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L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête 

En réponse à l’article du Dr Mounir Hanablia intitulé «Tunisie / Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle» — dans lequel il affirme notamment que «l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français», réduisant ainsi l’Algérie contemporaine à un simple legs colonial —, cette tribune offre une mise au point historique et politique nécessaire. (Photo : l’Émir Abdelkader – 1808-1883 , fondateur de l’État algérien moderne).

Dr Abderrahmane Cherfouh *

En s’appuyant sur les travaux de grands historiens et sociologues — de Charles-Robert Ageron à Pierre Bourdieu, de Mostefa Lacheraf à Benjamin Stora —, ce texte retrace le fil ininterrompu de la souveraineté algérienne. De la diplomatie active de la Régence d’Alger avant 1830 à la fermeté des négociateurs d’Évian sur l’indivisibilité du Sahara, en passant par le martyre des camps de regroupement et le rôle des pionniers du mouvement national, cette analyse dresse un réquisitoire rigoureux contre l’amnésie mémorielle et la falsification de l’Histoire.

Selon les nostalgiques de l’Algérie française qui n’ont jamais assimilé l’indépendance de 1962, l’Algérie ne serait qu’une création française. L’idée véhiculée par ce discours révisionniste est généralement que l’Algérie n’existait pas en tant que nation ou État avant la colonisation entreprise en 1830.

La réapparition récente, dans les colonnes de Kapitalis, sous la plume du Dr Mounir Hanablia, de la prétention selon laquelle l’Algérie serait une création française — thèse soutenant que «l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français forgé par les troupes de Bugeaud et le duc d’Aumale » — ne relève pas d’un simple débat historiographique anodin. Elle s’inscrit dans la résurgence d’un récit largement entretenu par les officines nostalgiques de la colonisation et relayé sur certains plateaux télévisés français, visant à dénier au peuple algérien la profondeur historique de sa souveraineté.

En affirmant que l’Algérie contemporaine ne doit son existence qu’au tracé territorial de l’occupant et que le Sahara lui aurait été «octroyé» en 1962, ces postures procèdent d’une double confusion : l’assimilation abusive entre la délimitation administrative des frontières et l’existence pluricentenaire d’une nation, doublée d’une méconnaissance délibérée du droit international et de la mémoire des luttes populaires.

I. Avant 1830, la réalité oubliée de l’État d’Alger et de sa souveraineté

Pour mesurer l’inanité de l’argument de la «création coloniale», il convient de rappeler ce qu’était la Régence d’Alger (Dawlat Al-Jaza’ir) bien avant le débarquement de 1830. Loin d’être un territoire vacant, Alger fonctionnait comme une entité politique pleinement souveraine, dotée d’un gouvernement centralisé (Diwan), d’une administration fiscale, d’une puissance navale et d’une diplomatie active.

Comme le rappelle l’historien Charles-Robert Ageron : «L’Algérie n’était pas une tabula rasa sur laquelle la France a écrit son histoire. La société algérienne, malgré les déstructurations du Code de l’Indigénat et les spoliations foncières, a conservé sa cohésion culturelle et son identité face à la domination coloniale.»

Entre le XVIe et le début du XIXe siècle, l’État d’Alger a signé des dizaines de traités bilatéraux de paix, de commerce et de navigation avec l’Angleterre, les Pays-Bas, les États-Unis et la France elle-même. En droit des gens, la conclusion de ces conventions emportait reconnaissance explicite de la souveraineté algérienne. C’est d’ailleurs auprès d’Alger que la République française avait contracté des emprunts cruciaux pour approvisionner ses armées en blé sous la Révolution. La France n’a rien créé ex nihilo : elle a agressé et occupé un État souverain préexistant.

II. Derrière le mythe de la «pacification» : la résistance d’un peuple face aux crimes d’État

L’affirmation selon laquelle la France aurait «forgé» l’Algérie masque une réalité sanglante : loin de toute soumission, le pays fut le théâtre d’une résistance populaire ininterrompue face à une politique systématique de terre brûlée et de crimes de masse.

Forgé par qui, prétendez-vous ? Par Bugeaud, précisément — cet homme que la rigueur de l’histoire a définitivement relégué au rang des bourreaux. Un personnage aujourd’hui rattrapé par sa mémoire sanguinaire : à mesure que tombent ses statues et que s’efface son nom des plaques de rues et de places, la mémoire universelle le condamne définitivement comme l’un des criminels de guerre les plus atroces de son époque.

L’Émir Abdelkader et les traités de souveraineté (1832-1847) : l’Émir n’a pas seulement combattu la politique de la terre brûlée de Bugeaud ; il a réorganisé un État moderne unifié (Al-Dawla Al-Jaza’iriya), doté d’une armée régulière, d’une monnaie et d’une administration. La France a dû reconnaître sa souveraineté par les traités internationaux de Desmichels (1834) et de Tafna (1837).

Les enfumades et la terreur : Bugeaud et ses généraux (Pélissier dans le Dahra en 1845, Cavaignac chez les Sbéhas) ont inauguré des méthodes de guerre génocidaires, enfumant et murant des tribus entières dans des grottes.

Lalla Fatma N’Soumer (1854-1857) : dans le Djurdjura, la résistance menée par cette figure héroïque a prouvé le rôle fondamental et précoce des femmes algériennes dans la défense de la patrie.

Les Ouled Sidi Cheikh, 1871 et les déportations en Nouvelle-Calédonie : du Sud aux Hauts-Plateaux, puis en Kabylie sous l’impulsion du Cheikh Mokrani et du Cheikh El-Haddad, le peuple s’est soulevé. La réponse coloniale fut d’une fureur féroce : séquestre de 500 000 hectares de terres, spoliations foncières (loi Warnier) et effondrement social qui provoqua la terrible famine de 1867-1869 où plus de 500 000 Algériens périrent. Pour parfaire cette entreprise de déstructuration, l’administration coloniale a systématiquement décapité la résistance de ses cadres dirigeants. Assimilés cyniquement à des criminels de droit commun par des juridictions d’exception, des centaines de chefs d’insurrection, d’érudits et de notables furent condamnés au bannissement et déportés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie afin d’isoler le peuple de ses guides légitimes.

III. Du mouvement national à la Guerre de Libération : la reconquête de la souveraineté

L’Algérie moderne s’est forgée dans le sang de ses martyrs et la maturation de son mouvement national — et non, comme le prétend l’auteur, sous l’effet d’une prétendue impulsion extérieure attribuée au débarquement américain de 1942 et à la défaite nazie en Tunisie. L’intellectuel et historien Mostefa Lacheraf rappelait justement que la résistance algérienne, au XIXe comme au XXe siècle, témoigne d’un refus permanent de l’état de fait colonial pour réaffirmer une personnalité historique que la violence coloniale n’a jamais pu dissoudre.

De l’Émir Khaled à l’Étoile Nord-Africaine, jusqu’au 8 mai 1945 : dès les années 1920, l’Émir Khaled — petit-fils de l’émir Abdelkader — posait les premières pierres du nationalisme moderne en réclamant la fin du régime de l’indigénat et une représentation politique réelle pour les Algériens. Dans cette continuité, Messali Hadj et l’Étoile Nord-Africaine (ENA) franchirent un cap décisif dès 1926 en revendiquant l’indépendance totale. L’historien Mahfoud Kaddache a parfaitement démontré comment la conscience nationale s’est structurée à travers cette trajectoire du mouvement national. Malgré les péripéties politiques, la rupture définitive fut consommée le 8 mai 1945 : les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata démontrèrent tragiquement l’illusion et l’impossibilité de toute voie réformiste.

Le CRUA et le 1er Novembre 1954 : l’aboutissement de l’unité nationale : face aux divisions politiques, la jeune garde révolutionnaire fonde le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), jetant les bases de l’insurrection décisive. En juin 1954, la réunion historique du «groupe des 22» à Clos-Salembier scelle l’option des armes, portée par des figures issues de toute l’Algérie profonde — des Aurès à la Kabylie, du Nord au Sud, de l’Oranie au Titteri. Cette convergence totale des provinces et des trajectoires militantes apporte la preuve éclatante de l’unité fondamentale du pays et de sa résistance face au colonisateur. Comme le souligne fort justement l’historien Benjamin Stora : « La guerre d’indépendance algérienne n’est pas née d’un coup de tonnerre dans un ciel serein le 1er novembre 1954. Elle est le produit d’un long processus de dépossession, de refus du statut colonial et d’une suite de résistances jamais éteintes depuis 1830.»

La guerre contre-insurrectionnelle et les camps de regroupement : cette politique de répression a atteint son paroxysme avec l’instauration des «zones interdites» et la création des camps de regroupement. Comme l’ont établi les travaux d’historiens et de sociologues — notamment Michel Cornaton, Pierre Bourdieu, Abdelmalek Sayad et Régine Goutalier —, plus de 2,3 millions de paysans algériens ont été arrachés à leurs terres et déportés dans des camps d’enfermement. Ce déracinement forcé a provoqué la mort de près de 200 000 civils, principalement des enfants et des vieillards, emportés par la faim et la maladie. Ce drame humain à huis clos témoigne de la volonté de déstructurer fondamentalement la société rurale algérienne pour briser son soutien à la Révolution.

Pendant la Guerre de Libération nationale (1954-1962), la puissance coloniale a déployé un système répressif et contre-insurrectionnel global visant à briser la résistance populaire, à isoler le territoire et à étouffer l’Armée de Libération Nationale (ALN) :

L’institutionnalisation de la torture : sous le couvert de la loi sur les «pouvoirs spéciaux» (1956) et durant la bataille d’Alger (1957), la torture est passée d’un excès individuel à une méthode d’État rationalisée et généralisée par l’armée coloniale (notamment les parachutistes) et les services de renseignement (DOP). Utilisation de la gégène, exécutions sommaires ciblées (les «crevettes Bigeard»), noyades, immersions et sévices atroces sont devenus des pratiques courantes.

Le martyre des femmes algériennes : les femmes algériennes — moudjahidate, poseuses de bombes, agentes de liaison ou civiles — ont payé un tribut particulièrement lourd, subissant des violences sexuelles ciblées et la torture. L’arrestation de Djamila Boupacha en 1960 et sa défense par l’avocate Gisèle Halimi, soutenue par Simone de Beauvoir et le «Comité Djamila Boupacha» (rejoint par Jean-Paul Sartre, Louis Aragon et Pablo Picasso), dévoila au monde entier l’usage du viol et de la torture comme armes de guerre coloniales. Elles s’inscrivent dans la lignée des figures majeures comme Djamila Bouhired, Djamila Bouazza, Zohra Drif et Baya Hocine.

Le soutien des clercs et des intellectuels : face aux dérives, une minorité d’hommes d’Église et d’intellectuels français choisirent la conscience contre la raison d’État : Mgr Thomas Duval (archevêque d’Alger), le théologien Jacques de Bollardière démissionnant de son commandement, ou encore le réseau Jeanson organisant le soutien logistique et financier au FLN en métropole.

L’enferment territorial : pour étouffer la Révolution, l’armée française entreprit l’isolement hermétique des frontières par les lignes électrifiées Morice et Challe (plus de 2 000 km de barrières sous haute tension) et l’enfouissement de millions de mines antipersonnel («bandes de la mort»), tuant et mutilant des combattants et des civils pendant et longtemps après le conflit.

IV. Le Sahara : un territoire libéré, non une concession coloniale

Prétendre que le Sahara aurait été «octroyé» à l’Algérie lors des Accords d’Évian relève d’une contrevérité flagrante. Consciente de la manne pétrolière de Hassi Messaoud et des enjeux nucléaires, la France a tenté d’amputer l’Algérie de son Sud en créant l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) en 1957.

Comme l’a souligné l’historien Gilbert Meynier, le FLN a su incarner l’âme d’une nation en armes, imposant au GPRA une intransigeance absolue lors des négociations d’Évian quant à l’indivisibilité du territoire. De Gaulle a dû renoncer à ce projet de partition face à la fermeté des négociateurs algériens. Le Sahara algérien n’a pas été donné : il a été défendu par les armes depuis la résistance des Touaregs sous Moussa ag Amastan jusqu’à l’intransigeance politique des négociateurs de la Révolution.

Conclusion : la souveraineté ne se donne pas, elle s’arrache

L’Algérie n’est pas née d’un décret du duc d’Aumale ni d’une concession de la France aux Accords d’Évian. Elle est le produit d’une continuité étatique séculaire et du prix exorbitant payé par plusieurs générations d’Algériens pour recouvrer leur liberté.

L’histoire ne saurait être falsifiée au point de présenter la fin de la colonisation comme un legs ou un arrangement de circonstance.

L’indépendance de l’Algérie n’a été ni négociée par complaisance, ni «octroyée» par un décret français : elle a été arrachée dans le sang, au prix du sacrifice ultime d’un million et demi de martyrs. Présenter un tel peuple comme l’héritier passif d’une structure «forgée par Bugeaud» relève d’une profonde indignité mémorielle et d’un déni de la réalité historique.

Répéter la rhétorique mémorielle des nostalgiques de la colonisation pour nourrir des ressentiments politiques au Maghreb est une démarche historiquement fausse et irresponsable. Face aux révisionnismes, la rigueur des faits, des traités, de la recherche historique et du sang versé demeure la seule vérité intemporelle.

* Médecin.

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Tunisie | Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle

Les récents articles** publiés dans Kapitalis font table rase du passé d’une manière somme toute radicale. De surcroît, l’idéologie souverainiste à la base de sa réflexion est assez insolite dans un pays par nature tolérant dont les élites se vantent volontiers d’être cosmopolites.

Dr Mounir Hanablia *

Je dis bien souverainiste, le nationalisme au Maghreb étant d’essence arabo- musulmane, comme si dans le contexte le sentiment de tunisianité était exclusif, opposable à toute autre appartenance. C’est déjà faire insulte à la double nationalité.

L’auteur des articles ne laisse donc d’autre choix que de remonter le cours de l’Histoire afin de relativiser le bien-fondé de ses thèses.

On veut bien admettre l’existence d’un souverainisme tunisien dont il serait le fondateur, sans la référence à la bataille de Legnano. Mais dans ce cas pourquoi le limiter à la borne 233 ou aux redevances gazières ? Il n’est venu à l’esprit de quiconque de réclamer la souveraineté sur la Sicile qui pendant deux siècles a fait partie de l’émirat aghlabide de Kairouan, Fatimide de Mahdia ou Ziride, ou bien sur le Mezzogiorno quand Bari était le chef-lieu d’un émirat.

Mais revenons à l’époque moderne et à l’indépendance de la Tunisie. Force est d’admettre dans la polémique engendrée par ses opinions que l’impulsion décisive en faveur de l’indépendance au Maghreb est bien constituée par le débarquement américain au Maroc qui aboutira à la défaite des Nazis en Tunisie en juin 1943, ainsi que la volonté clairement exprimée par le président Roosevelt et ses représentants, ou bien perçue comme telle par les leaders nationalistes, de liquider l’empire français. La suite est donc dans l’ordre normal des choses même si l’affrontement Est-Ouest la retarde inévitablement.

Le Vietnam en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956, obtiennent l’indépendance. Seule l’Algérie du fait de son statut de territoire français pose problème, l’armée de Challe et de Salan qui émerge de l’humiliation de Dien Bien Phu avec une terrible soif de revanche refuse de l’abandonner et envisage la constitution d’une Algérie européenne sécessionniste, un Israël français.

L’Algérie est bien une création de la France

Cependant en 1962, elle accède à l’indépendance dans le cadre des accords d’Evian et le Sahara lui est attribué. Ainsi ce pays, contrairement à ses voisins, ne disposait d’aucun Etat unitaire en 1830. C’est bien une création de la France dont la colonne vertébrale est constituée non par la bourgeoisie citadine comme en Tunisie, ni par le Palais comme au Maroc, mais par les ultimes détenteurs de la force seule à même de maintenir la cohésion de cet immense espace, les prétoriens.

A ce titre l’État algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français forgé par les troupes de Bugeaud et du Duc d’Aumale.

Malgré un vernis de socialisme, la coopération entre la métropole et l’ex- colonie, pas plus qu’avec les Américains, ne se démentira jamais, en particulier au Sahara dans le domaine des essais nucléaires ainsi que les exploitations du gaz et des hydrocarbures.

Contrairement à ce que d’aucuns affirment actuellement, c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. Et le Président Bourguiba l’a bien compris. Il n’était en effet pas question d’assurer au pays contrôlant Bizerte et le détroit de Sicile la part d’hydrocarbures et de gaz qui lui eût assuré la puissance. 

Bourguiba et la question des frontières

Bourguiba toujours visionnaire admettra également en réglant la question de la frontière ne pas vouloir chez lui d’un problème numide, c’est-à-dire d’un irrédentisme des habitants des montagnes de l’Ouest qui acceptent mal le diktat de populations côtières se prévalant de l’unité nationale et qui brandissent le drapeau du pays voisin dans des manifestations de protestation contre une politique de développement inégalitaire. C’est d’ailleurs du bassin minier à l’Ouest que naîtra l’incendie qui jettera à bas le régime de Ben Ali. 

Cependant l’Algérie elle-même en butte à un irrédentisme kabyle soutenu par Israël peut difficilement tabler sur la partition de la Tunisie ; il lui en coûterait la sécession de toute sa partie orientale pour former une nouvelle Numidie forcément hostile.

Néanmoins des arguments souverainistes totalement étrangers à la nature de notre pays prennent pour cible le voisin de l’Ouest, jugé hégémoniste. L’Etat, le nôtre, est accusé de complaisance coupable dans ses rapports avec lui, notamment sur la question du gaz. L’Histoire est là pour rappeler que Carthage fut une colonie étrangère, que Massinissa le Roi des Numides a bien contribué à sa destruction, que l’Afrique du Nord a été dans son ensemble une province romaine, arabe, française, que l’armée française est arrivée en Tunisie en 1881 en provenance d’Algérie pour imposer le protectorat, et que les enfants de Hussein Ben Ali Turki n’ont dû qu’au Dey d’Alger d’être rétablis sur le trône de leur père.

A l’inverse, c’est bien sûr à nos frontières que l’ALN algérienne s’est constituée en vue de prendre le pouvoir, avec le total assentiment de la puissance coloniale sur le départ.

Aujourd’hui et de nouveau on tient rigueur à Bourguiba de l’avoir accepté pour fustiger l’ingratitude. Mais que vaut la gratitude en politique ? C’est tout juste si on ne précise pas qu’on eût dû aider le colonel Tahar Zbiri en fuite chez nous à prendre le pouvoir à Alger, ou bien que de là-bas Ahmed Ben Salah ou Nabil Karoui, pour ne pas dire Mohamed Mzali, eussent dû trouver l’aide fraternelle nécessaire à la chute de la tyrannie. Qu’à cela ne tienne ; c’est désormais dans le Hirak, pour ne pas dire le MAK, que nous devons selon nos souverainistes placer nos espoirs d’entretenir des relations apaisées et équilibrées. Mais les acteurs politiques peuvent se suivre sans se ressembler, les réalités géostratégiques elles sont immuables, ainsi que le prouve du Chah aux mollahs la volonté iranienne de maîtriser le nucléaire.

Peut-on remettre en question l’intégrité territoriale de son pays ?

Avant donc de parler de jugulaire, de goulot de bouteille, ou d’étranglement, ou de terrorisme importé avec un parti Ennahdha au pouvoir, il convient de savoir s’il est dans l’intérêt de la Tunisie d’avoir à ses portes un nouvel Etat numide soutenu de l’étranger doté d’une idéologie expansionniste et revancharde qui rogne sur son territoire et pour qui Carthage ne soit qu’un ramassis d’envahisseurs.

Si donc le pouvoir tunisien est déstabilisé par les grèves, les pannes, les pénuries, ou selon certains, l’incompétence, et que l’opposition pour parvenir à ses fins est capable de placer son destin entre les mains de ceux qui remettent en question l’intégrité territoriale de son propre pays, faut-il s’étonner que nos voisins envisagent des projets alternatifs exclusifs à l’écoulement du gaz ?

Dans le contexte conflictuel que nous connaissons qui frappe la mer Rouge et le Golfe Persique, arguer des difficultés techniques de l’entreprise pour en faire un simple outil de propagande ne tient compte ni de la volonté européenne de garantir son approvisionnement énergétique, ni de le sécuriser, ni de l’évolution constante des moyens techniques disponibles vers plus d’efficacité. C’est dire combien minutieusement l’opposition doit choisir le panier où placer ses œufs. 

* Médecin de libre pratique.

** L’auteur fait allusion aux articles de l’ambassadeur Elyes Kasri sur le Transmed et la nécessité pour la Tunisie de mieux défendre ses intérêts dans le passage par ses territoires de ce gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Italie.    

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Visas Espagne-Algérie : Jusqu’à 25 000 euros, l’enquête s’étend au système des rendez-vous

L’enquête espagnole sur un trafic présumé de visas au consulat d’Espagne à Alger s’élargit désormais au fonctionnement de la chaîne de gestion des rendez-vous, dans laquelle intervient BLS International — le même prestataire qui gère les demandes de visas espagnols en Tunisie. Certaines familles auraient versé jusqu’à 25 000 euros au réseau présumé, tandis que des demandeurs suivant la procédure normale auraient pu être écartés au profit de dossiers plus rémunérateurs.

Ce que révèle l’enquête espagnole

Le Juzgado Central de Instrucción n°3 de l’Audience nationale espagnole instruit l’affaire depuis avril, après l’arrestation de Vicente Moreno, alors responsable administratif du consulat d’Espagne à Alger, et de l’employé algérien Mohamed Boutouchent.

Selon The Objective, qui cite des sources policières et judiciaires, les investigations portent notamment sur des soupçons d’aide à l’immigration irrégulière, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.

Certaines familles auraient déboursé jusqu’à 25 000 euros pour obtenir des visas ou des documents permettant l’entrée ou le séjour en Espagne.

Ce montant doit être interprété avec prudence : il correspond aux sommes maximales que certaines familles auraient versées au réseau présumé et non au prix officiel d’un visa ou à un tarif imputé à BLS.

L’enquête s’intéresse également à une question particulièrement sensible : des demandeurs utilisant normalement les procédures auraient-ils été pénalisés au profit de dossiers rapportant de l’argent au réseau présumé ?

Selon les éléments judiciaires rapportés par le média espagnol, du personnel intervenant dans des services administratifs aurait sélectionné des familles ayant effectué les paiements réclamés.

BLS International entre dans le périmètre de l’enquête

L’instruction cherche désormais à déterminer le rôle éventuel d’intervenants appartenant aux entreprises chargées de l’attribution des rendez-vous et de la gestion documentaire.

The Objective rapporte que l’enquête s’intéresse à cette chaîne de traitement, avec notamment des références à des plateformes de type BLS.

BLS International conteste toute implication fautive et rappelle que son rôle porte sur la gestion administrative des demandes, tandis que la décision d’accorder ou de refuser un visa appartient aux autorités consulaires espagnoles.

À ce stade, l’élargissement des investigations ne permet donc pas de conclure à une responsabilité de BLS International. La présomption d’innocence s’applique aux personnes concernées par la procédure.

L’affaire soulève néanmoins une question dépassant désormais le fonctionnement interne du consulat : un système parallèle a-t-il pu prospérer autour de l’accès aux rendez-vous et pénaliser ceux qui empruntaient la procédure régulière ?

Et pour la Tunisie ?

La dimension tunisienne mérite d’être relevée avec prudence.

BLS International intervient également à Tunis dans le traitement administratif des demandes de visas pour l’Espagne. Aucun élément disponible ne permet cependant d’établir un lien entre l’enquête menée en Algérie et les activités tunisiennes de l’entreprise.

Le rapprochement s’arrête donc au prestataire et au fonctionnement externalisé d’une partie de la procédure.

Mais la question du coût et de l’accès aux visas Schengen fait également débat en Tunisie. L’Organisation tunisienne pour l’information du consommateur avait notamment critiqué en mai 2026 le poids des frais de service et les difficultés rencontrées par les demandeurs.

Une initiative législative distincte a également proposé le remboursement de 50 % de certains frais de service en cas de refus.

Ces débats tunisiens ne doivent pas être confondus avec l’enquête judiciaire espagnole menée à Alger. Ils posent néanmoins une question commune : jusqu’où l’externalisation des procédures consulaires peut-elle aller sans renforcer les mécanismes de transparence, de contrôle et de recours pour les demandeurs ?

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Kaïs Saïed s’entretient par téléphone avec Abdelmadjid Tebboune

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est entretenu, dimanche après-midi, par téléphone avec le président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmadjid Tebboune.

Les deux présidents ont réaffirmé, au cours de cet entretien, leur détermination commune à relever tous les défis, dans un contexte régional et international marqué par des évolutions rapides et imprévisibles, selon un communiqué de la Présidence de la République.

Ils ont également réaffirmé leur volonté profonde et constante d’œuvrer ensemble dans tous les domaines, dans l’intérêt des deux peuples frères.

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Tunisie-Algérie : Saïed et Tebboune affichent leur unité

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est entretenu dimanche après-midi par téléphone avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur détermination commune à faire face aux défis dans un contexte régional et international marqué par des évolutions rapides et imprévisibles. Ils ont également renouvelé leur volonté d’œuvrer ensemble dans tous les domaines, dans l’intérêt des deux peuples.

Une nouvelle concertation entre Tunis et Alger

Selon un communiqué de la Présidence de la République, l’entretien entre Kaïs Saïed et Abdelmadjid Tebboune a porté sur la nécessité de poursuivre l’action commune face aux différents défis auxquels sont confrontés les deux pays.

Les deux chefs d’État ont insisté sur la volonté de maintenir et de renforcer la coopération bilatérale, sans qu’aucun dossier particulier ne soit détaillé dans le communiqué de la Présidence de la République.

Cet échange intervient toutefois dans un contexte où les relations tuniso-algériennes ont récemment été marquées par plusieurs déclarations du président algérien consacrées à la stabilité et à la sécurité de la Tunisie.

Tebboune avait alerté sur les risques de déstabilisation

Fin juillet, Abdelmadjid Tebboune avait affirmé que la Tunisie pouvait être la cible de tentatives de déstabilisation en raison de sa proximité avec l’Algérie. Il avait notamment estimé que ceux qui chercheraient à fragiliser la Tunisie pourraient ensuite s’en prendre à l’Algérie.

Le président algérien avait également tenu un discours particulièrement ferme concernant le recours au terrorisme contre la Tunisie, affirmant que l’Algérie ne resterait pas passive face à une telle menace.

Ces déclarations avaient été présentées à Alger comme relevant de la défense d’un intérêt sécuritaire commun, la stabilité de la Tunisie étant considérée comme étroitement liée à celle de l’Algérie. Elles avaient néanmoins suscité différentes lectures en Tunisie, certains observateurs s’interrogeant sur les destinataires exacts du message de Tebboune.

Un partenariat présenté comme constant

L’entretien de dimanche s’inscrit ainsi dans la continuité d’une relation bilatérale que Tunis et Alger souhaitent maintenir à un niveau élevé.

Kaïs Saïed et Abdelmadjid Tebboune ont réaffirmé leur volonté « profonde et constante » d’œuvrer ensemble dans tous les domaines, dans l’intérêt des deux peuples frères.

Au-delà des questions sécuritaires, cette coopération couvre notamment des dimensions économiques, énergétiques et politiques. La séquence récente a également illustré la solidarité entre les deux pays, l’Algérie ayant notamment apporté son soutien à la Tunisie lors de sa crise électrique de l’été.

Le nouvel échange entre les deux présidents vient donc confirmer, sans annoncer de nouvelle décision particulière, la volonté de Tunis et d’Alger de maintenir une concertation étroite dans un environnement régional jugé de plus en plus incertain.

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Crise d’Ormuz : Comment l’Algérie récupère une partie du marché énergétique perdu au Moyen-Orient

La crise du détroit d’Ormuz bouleverse les approvisionnements en GPL de l’Inde et offre à l’Algérie une nouvelle fenêtre sur un marché qu’elle avait perdu. Selon trois sources commerciales citées par Reuters, Indian Oil Corporation a finalisé un accord avec Sonatrach pour importer du GPL algérien en 2027. Le contrat pourrait porter sur 45.000 à 55.000 tonnes par mois, soit potentiellement jusqu’à 660.000 tonnes sur l’année.

L’Inde revient vers Sonatrach

Ce retour n’est pas anodin. L’Inde avait abandonné quelques années auparavant son contrat à terme avec Sonatrach au profit des fournisseurs du Moyen-Orient. Mais la dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz a changé la donne.

New Delhi a recommencé à importer du GPL algérien dès juin 2026 et devrait en recevoir environ 110.000 tonnes en août, selon les sources commerciales citées par Reuters. Le futur accord marquerait donc le retour d’un approvisionnement régulier plutôt qu’une simple opération ponctuelle.

Ormuz oblige New Delhi à diversifier

Le mécanisme est essentiellement géopolitique. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont affecté les flux de GPL en provenance du Moyen-Orient, au point de contraindre l’Inde à rationner certains approvisionnements.

Face à ce risque, New Delhi accélère la diversification de ses fournisseurs. L’Algérie bénéficie directement de ce mouvement, tout comme les États-Unis, également appelés à renforcer leur présence sur le marché indien.

L’enjeu dépasse donc largement le contrat entre Indian Oil et Sonatrach : une crise au Moyen-Orient est en train de modifier les routes d’approvisionnement d’un des principaux marchés énergétiques asiatiques.

Le prix renforce l’avantage algérien

L’Algérie dispose par ailleurs d’un argument supplémentaire : ses prix.

Selon une source commerciale citée par Reuters, le GPL algérien est actuellement moins cher que les références contractuelles de Saudi Aramco. Pour août, les prix annoncés sont de 540 dollars la tonne pour le propane et 570 dollars pour le butane, contre respectivement 620 et 640 dollars pour les références saoudiennes.

Pour un acheteur confronté à des difficultés d’approvisionnement et cherchant à sécuriser des volumes importants, cet écart renforce naturellement l’attractivité de l’offre algérienne.

Il ne faut toutefois pas parler d’un remplacement du Moyen-Orient par l’Algérie. L’Inde cherche avant tout à réduire sa dépendance à une seule zone géographique.

Les États-Unis devraient eux aussi prendre une place croissante dans ses importations de GPL, avec une part pouvant atteindre jusqu’à 25 % en 2027, selon Reuters.

Pour Sonatrach, le véritable enjeu est donc de transformer une opportunité née d’une crise en présence durable sur le marché indien.

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Transmed | Du mythe de la «jugulaire» à la réalité des chiffres

En réponse à l’article intitulé «La Tunisie goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie», et afin d’apporter ma contribution sur les enjeux énergétiques et stratégiques régionaux, j’ai tenu à proposer une analyse rigoureuse et documentée. Face aux postures alarmistes et aux contresens techniques qui cherchent à altérer la perception des relations entre nos deux pays, cette contribution s’attache à déconstruire les chiffres avec méthode, tout en réaffirmant la profondeur des liens fraternels et institutionnels qui unissent l’Algérie et la Tunisie.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

En instrumentalisant la peur pour se tailler un costume de sauveur, Elyes Kasri accumule les contresens techniques, les contrevérités économiques et les manipulations politiques. Une remise au point méthodique s’impose.

1. L’illusion du corridor unique : l’Algérie, puissance multi-vectorielle

L’affirmation selon laquelle l’Europe et l’Algérie dépendraient de manière absolue du sol tunisien pour assurer leurs flux gaziers relève d’une méconnaissance des réalités industrielles. L’Algérie n’est nullement tributaire d’un réseau terrestre unique. Grâce au gazoduc Medgaz, qui la relie directement à l’Espagne sans passer par aucun pays tiers, et à ses méga-complexes de liquéfaction de Skikda et d’Arzew, elle dispose d’un accès maritime direct aux marchés mondiaux. Sa flotte de méthaniers navigue librement en Méditerranée et vers l’Atlantique, s’affranchissant de toute contrainte de transit.

Loin d’être une chimère ou un projet théorique, la dimension stratégique du Gazoduc Transsaharien (TSGP) est aujourd’hui une réalité opérationnelle. Les accords trilatéraux définitifs ayant été signés entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, et les travaux de chantier étant officiellement engagés sur le terrain, ce mégaprojet continental consacre définitivement l’Algérie comme le hub énergétique incontournable reliant l’Afrique subsaharienne à l’Europe.

2. Confusion entre exportations et production globale :

Pour bâtir sa théorie d’un rapport de force asymétrique, l’auteur opère un glissement chiffré trompeur. Il évoque un volume d’exportation de 52 milliards de mètres cubes (bcm) comme s’il s’agissait de la totalité de la ressource algérienne. C’est omettre que la production brute de l’Algérie oscille en réalité entre 100 et 135 milliards de mètres cubes par an. Plus de la moitié de cette ressource est consommée localement — alimentant 99 % de l’électricité algérienne — ou réinjectée dans les gisements pour en optimiser le rendement.

Surtout, s’agissant du TransMed : la redevance de transit en nature (5,25 %) perçue par Tunis couvre entre 60 % et 66 % de la consommation nationale tunisienne de gaz naturel. Parler de «serrer la jugulaire» ou menacer ce flux ne provoquerait pas la ruine d’Alger, mais la coupure immédiate du réseau électrique tunisien. L’interdépendance énergétique n’est pas une arme d’oppression : elle est le socle d’une sécurité partagée.

3. Un arbitrage industriel classique, non une «guerre psychologique»

Qualifier les études relatives au gazoduc sous-marin Galsi (vers la Sardaigne) d’«agression» ou de «guerre psychologique» destinée à faire capituler la Tunisie relève d’une rhétorique victimaire. Dans le secteur des hydrocarbures, la recherche de routes alternatives constitue la norme de gestion des risques pour un État qui investit 60 milliards de dollars afin de porter sa production à 200 milliards de m³. La faisabilité des conduites en eaux profondes est éprouvée — comme le prouve le Medgaz —, et attribuer des intentions machiavéliques à des études de planification industrielle traduit une déconnexion inquiétante avec la réalité des marchés.

4. Une menace pour la signature diplomatique de la Tunisie

Inviter les négociateurs tunisiens à exiger unilatéralement une hausse de la redevance (à 8 ou 10 %) en facturant la «protection militaire» des conduites terrestres repose sur une confusion juridique grave. La sécurisation des infrastructures sur son territoire relève de la souveraineté et de la sécurité nationale de la Tunisie, non d’un service marchand facturable à un tiers. Prôner la remise en cause des traités sous le ton de la sommation entacherait la signature de l’État tunisien auprès de ses partenaires internationaux et européens — à commencer par l’Italie —, pour qui la sécurité juridique des contrats est non négociable.

5. Démasquer les entrepreneurs de la discorde

Derrière l’usage d’un vocabulaire d’une rare violence («tenir par la jugulaire»«capitulation») se cache la véritable intention : saborder les relations fraternelles et historiques entre deux pays frères. Les entrepreneurs de la discorde, en rupture d’influence, tentent de sacrifier l’intérêt supérieur des deux peuples.

En cherchant à substituer au principe sacré du «Khawa-Khawa» (fraternité) la logique destructrice d’une «Adawa-Adawa» (animosité), ils offensent l’Histoire et la dignité de la diplomatie.

Les relations entre l’Algérie et la Tunisie ne se jouent pas dans une arène où l’un doit être lésé pour que l’autre triomphe. Elles reposent sur une solidarité organique, éprouvée par les épreuves de l’Histoire, un respect strict des souverainetés et une communauté de destin qu’aucun messianisme de circonstance ne saura altérer.

* Médecin, Canada.

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Tunisie | Le TGV Bizerte-Ben Guerdane verra-t-il, un jour, le jour ?

A défaut de pouvoir inaugurer de vraies infrastructures qui améliorent la vie des gens ou, tout au moins, allègent leurs souffrances quotidiennes, les autorités tunisiennes se contentent d’annoncer des plans, des stratégies ou des projets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront réalisés que dans vingt ou trente ans ou ne seront jamais réalisés. Les effets d’annonce leur tiennent lieu de… bilan.

Dans ce contexte, la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), qui fait face à de lourdes difficultés financières et a du mal à faire circuler convenablement ses vieux trains, a annoncé avoir lancé la phase de faisabilité du corridor ferroviaire nord-sud, pompeusement appelé TGV Bizerte-Ben Guerdane, et des liaisons avec l’Algérie et la Libye.

Cette «première étape concrète» vers la réalisation d’un grand corridor ferroviaire à hautes performances destiné à relier Bizerte, à l’extrême nord du pays, à Ben Guerdane, dans le sud-est, près de la frontière libyenne, selon les termes utilisés par les médias, consiste en la publication d’un avis de présélection de cabinets d’études spécialisés pour la première phase du projet de «corridor ferroviaire Nord-Sud».

On n’en est clairement encore qu’au stade préliminaire de ce projet présenté comme le futur «TGV tunisien», annoncé par le président de la République Kaïs Saïed, lors de sa campagne pour les présidentielles de 2019.

La SNCFT entend donc sélectionner des entreprises et des groupements tunisiens et internationaux spécialisés dans le secteur ferroviaire pour leur confier l’étude de faisabilité ainsi que les premières études d’ingénierie de ce projet.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 24 septembre à 11 heures, l’ouverture publique des offres devant avoir lieu quinze minutes plus tard.

Le projet s’inscrit dans le cadre des grandes infrastructures stratégiques prévues par le Plan de développement tunisien 2026-2030. L’axe devrait relier Bizerte à Ben Guerdane en desservant les principaux pôles urbains, ports, centres de fret et zones logistiques du pays, avec pour objectif de renforcer les liaisons entre le nord et le sud et d’accroître le rôle du rail dans le transport de marchandises. Une dimension régionale est également envisagée. Vers l’ouest, une connexion avec le réseau algérien en direction d’Annaba est à l’étude via l’axe Tabarka-Nefza-Mateur-Jdeida. Au sud, le corridor pourrait être prolongé jusqu’au poste-frontière de Ras Jedir, à la frontière libyenne, en passant par Mareth et Médenine, avec une bifurcation vers le port de Zarzis.

À terme, ce projet pourrait constituer l’un des principaux axes ferroviaires pour passagers et marchandises du Maghreb.

Cependant, le tracé définitif, les caractéristiques techniques, les coûts et la viabilité économique restent encore à définir : le lancement des travaux n’a pas été décidé et dépendra des résultats des études qui viennent de faire l’objet d’un appel d’offres.

Reste une question : quand les Tunisiens verront-ils la concrétisation et l’inauguration de ce projet ? Dans vingt ou trente ans ? Ou jamais ?

Quand on sait que les premières études relatives au port en eau profondes d’Enfidha remontent aux années 1990 et que, près de trente ans après, ce projet est encore dans les cartons, on est en droit d’esquisser un sourire de scepticisme face aux vaines agitations de ces ronds de cuir de l’administration publique, des incompétents notoires qui croient pouvoir nous berner avec des effets d’annonce qui n’engagent que ceux qui y croient.

I. B.

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La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

L’agitation cyclique autour du Galsi Pipeline, le projet de gazoduc sous-marin algéro-italien censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l’arme maîtresse d’une guerre psychologique menée contre la Tunisie qui traverse une crise énergétique passagère. Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que le pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à «la sanction énergétique» quitte à «vivre dans le noir» afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle. La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l’effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d’un levier d’interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats. (Carte : Principaux gisements d’hydrocarbures au Maghreb et pipelines transméditerranéens).  

Elyes Kasri *

1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales

Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n’est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l’échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l’ensemble du continent européen :

– l’onde de choc de la guerre en Ukraine : la rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l’Europe de sa principale source d’énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l’Afrique du Nord, et particulièrement l’axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l’alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l’Europe du Sud et le cœur industriel de l’Union européenne;

– la paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : les tensions militaires dans le golfe d’Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d’étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d’assurance ;

– le TransMed comme sanctuaire d’approvisionnement : face à l’insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s’impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l’Europe.

2. La centralité du TransMed dans l’économie algérienne :

L’examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l’Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d’Alger :

– le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d’exportation de l’Algérie et alimentent le budget de l’État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière ;

– la part du TransMed dans les exportations de gaz algérien : selon les bilans énergétiques compilés, l’Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an. Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l’Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline;

– valorisation financière pour Alger : au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l’Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

3. L’irréalisme technique et le péril sécuritaire du Galsi :

Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet Galsi est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme:

– profondeur abyssale : le tracé maritime (565 km de section offshore) impose une pose de conduites à une profondeur record de 2 885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle;

– capacité limitée : le Galsi a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an. Il ne pourrait donc absorber qu’un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible ;

– impasse financière et réglementaire : estimé initialement à 3 milliards de dollars, sa réévaluation dépasse aujourd’hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l’Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet «mis de côté» (shelved), comme le confirme l’étude technique de l’Eurasia Review ;

– le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine : au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores ;

– le précédent Nord Stream 1 et 2 : le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d’État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de milliers de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles ;

– l’avantage du tracé terrestre tunisien : face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l’étude sectorielle de l’Observatoire Méditerranéen de l’Énergie. Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu’un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu’aucune conduite immergée ne peut promettre.

4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d’exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

– le coût de la sécurisation : la Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon). Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l’approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit ;

– l’indexation sur la prime de substitution : si l’Algérie devait substituer le TransMed par du transport de GNL par voie marine pour livrer l’Italie, le coût de l’infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 %. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger ;

– valorisation budgétaire actuelle : les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie, ce qui prouve la valeur critique de cet actif dans notre équilibre énergétique national.

5- Pour une diplomatie de l’interdépendance active et équitablement profitable

Céder à la panique face à l’alternative Galsi relève d’une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la «khawakhawanomanie» ambiante, et non d’une contrainte technique réelle.

La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l’autoroute énergétique tunisienne vers l’Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab El Mandeb.

Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du Transmed et des recettes financières et des garanties sécuritaires offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

Il appartient aux négociateurs tunisiens d’exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l’histoire — qu’il s’agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l’Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que «la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure».

* Ancien ambassadeur.

Note de la rédaction : On a dû réduire cet article de près de la moitié de son volume, tout en l’allégeant de son appareil critique (références, sources, etc.)

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René De Maximy | Rencontre autour d’une mémoire partagée

Je n’avais pas prévu de rencontrer René De Maximy. Mais le hasard, parfois, emprunte les chemins du destin. Ce jour-là, à la librairie Île aux Mots, je pensais simplement découvrir un livre consacré à l’Algérie. Je ne savais pas encore que cette rencontre me conduirait jusqu’à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille, auprès d’un homme dont la mémoire, malgré les années et la maladie, porte encore les traces d’une histoire commune entre la France et l’Algérie.

Djamal Guettala, à Marseille.

Tout commence par un détail. Une femme tient un livre entre ses mains. Mon regard s’arrête sur la couverture : ‘‘Le cœur à contre-guerre. Grande Kabylie, mars 1960-mars 1962’’ (Éditions La Fontaine de Siloé, 1er décembre 2011). Un livre sur l’Algérie. Un livre consacré à une période dont les blessures et les interrogations demeurent, plus de soixante ans après. Je lui demande : «Qui a écrit ce livre ?» Sa réponse me surprend : «C’est mon mari.»

Cette femme s’appelle Marie-Christine de Maximy. À cet instant, l’ouvrage change de dimension. Il n’est plus seulement un témoignage sur une période de l’histoire. Il devient le lien vers un homme, un parcours et une mémoire.

Je veux en savoir davantage. Est-il encore vivant ? Est-il possible de le rencontrer ?

— Oui, il est vivant… mais il est à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille. Il a Alzheimer. Cette phrase aurait pu mettre fin à ma démarche. Elle produit l’effet inverse.

Derrière chaque livre, il y a une voix. Lorsque le temps commence à effacer les souvenirs, il devient peut-être encore plus urgent d’aller à la rencontre de celui qui les a confiés à l’écriture.

Je lui demande : «Le jour où vous irez le voir, puis-je vous accompagner ?» Elle accepte, en ajoutant avec prudence : «Je ne sais pas s’il pourra parler avec vous.»

Je décide pourtant d’y aller. Avec son livre entre les mains.

Un livre, une mémoire, une histoire

Publié en 2011 aux éditions La Fontaine de Siloé, ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ est un témoignage singulier sur les dernières années de la guerre d’Algérie.

Dès les premières lignes, René De Maximy donne le ton : «J’ai 25 ans, en 1960, lorsque j’aborde en terre algérienne.»

Son récit n’est ni celui d’un militaire racontant une campagne, ni celui d’un acteur politique défendant une position. Il témoigne comme un jeune citoyen français appelé sous les drapeaux et envoyé en Algérie au moment où le conflit entre la France et le FLN entre dans une phase décisive.

Son regard est celui d’un homme qui découvre une réalité plus complexe que les discours officiels. Derrière les mots de «maintien de l’ordre», il perçoit une véritable guerre, avec ses violences, ses blessures et ses contradictions.

À son arrivée en 1960, le jeune appelé connaît déjà, par les journaux et les récits, la violence des années précédentes. Il sait également que le plan Challe et l’opération Jumelles, menée en Grande Kabylie, ont profondément affaibli les maquis du FLN.

L’Algérie semble alors, en apparence, sous le contrôle de l’armée française. Les combattants indépendantistes sont repoussés vers les frontières tunisienne et marocaine. Mais cette impression de pacification reste fragile. Dans les montagnes, les tensions demeurent.

C’est cette réalité que René De Maximy raconte avec sobriété. Son témoignage n’est pas une simple chronique militaire. Il constitue avant tout une réflexion sur la conscience individuelle face à la guerre. L’auteur évoque les violences commises de part et d’autre et affirme une exigence essentielle : le respect de la dignité humaine.

Le titre résume cette position intérieure : ‘‘Le cœur à contre-guerre’’. Comme si l’homme en lui résistait à la mécanique de la violence.

Djamal Guettala en visite à René De Maximy.

Quand le livre réveille la mémoire

Le jour de la rencontre, Marie-Christine de Maximy m’accompagne jusqu’à la chambre de son mari, à la Résidence Rivoli.

Je ne sais pas comment René De Maximy va réagir. Alzheimer est là, avec ses silences et ses absences. Mais certains objets ont parfois le pouvoir de faire ressurgir une part de soi que l’on croyait perdue.

Je me présente. Puis je lui montre son livre. Son regard change. Il reconnaît l’ouvrage. Et soudain, la parole revient. Il évoque la Kabylie, ses paysages, ses villages, les femmes kabyles, les embuscades, mais aussi les scènes de la vie quotidienne. La guerre n’est pas le seul sujet. Il parle également d’une terre et de rencontres.

La conversation avance naturellement, d’un souvenir précis à une anecdote plus légère. Derrière chaque phrase, une mémoire cherche à rester vivante.

Marie-Christine est étonnée. Elle qui craignait qu’il ne puisse plus échanger découvre un homme encore capable de raconter et de transmettre.

Ce jour-là, le livre devient un déclencheur. Un lien entre le passé et le présent.

L’homme derrière l’auteur

René De Maximy est né en 1935 à Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire. Géographe, il a été directeur de recherches émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Son parcours scientifique, consacré aux territoires et aux sociétés humaines, éclaire aussi son regard sur l’Algérie : une attention portée aux réalités humaines derrière les événements historiques.

René De Maximy est également écrivain. Son premier roman, ‘‘La Ferme des Neuf Chemins’’, révèle déjà un homme attentif au monde qui l’entoure, désireux d’observer et de comprendre.

Sa famille appartient elle aussi à plusieurs univers. Il est le frère de Jean De Maximy, artiste-peintre, et l’oncle d’Antoine de Maximy, connu notamment pour l’émission ‘‘J’irai dormir chez vous’’.

Recherche, art, écriture et voyage semblent ainsi se rejoindre autour d’une même volonté : aller vers l’autre.

Une rencontre qui dépasse le livre

Depuis cette première visite, je suis retourné plusieurs fois à la Résidence Rivoli. Ce qui devait être une rencontre autour d’un ouvrage est devenu un rendez-vous humain. Lors de ma deuxième visite, c’est lui qui m’interroge : «Comment va l’Algérie ?» Puis : «Comment êtes-vous venu ici ?» «Pourquoi habitez-vous Marseille ?»

Ses questions montrent que, malgré la maladie, sa curiosité pour l’autre demeure intacte.

Lors d’une visite plus récente, je le trouve plus triste. Son visage porte la fatigue. Mais dès que nous commençons à parler, quelque chose change. La conversation semble l’apaiser. Puis il me confie cette phrase : «Au moins, il y a quelqu’un qui sait que j’existe encore.»

Quelques mots qui disent beaucoup de la solitude et de ce besoin universel d’être reconnu.

À chaque fin de visite, il répète : «Merci, merci, merci d’être passé me voir.»

Alors je continuerai à venir aussi longtemps que cela sera possible. Avec du temps, des conversations, des souvenirs partagés. Et parfois quelques madeleines ou des gâteaux au chocolat.

Une mémoire qui défie l’oubli

À travers le parcours de René De Maximy, une autre manière de regarder une période majeure de notre histoire commune apparaît. Plus de soixante ans après, la guerre d’Algérie demeure une mémoire sensible, traversée de blessures et d’interrogations qui continuent d’habiter les deux rives de la Méditerranée.

L’intérêt de son témoignage tient aussi à cette volonté de replacer l’humain au centre. Derrière les grandes dates, les opérations militaires et les affrontements politiques, il y a toujours des destins individuels : des jeunes hommes appelés sous les drapeaux, des populations confrontées à la violence, des femmes et des hommes pris dans une période qui les dépasse.

Son livre ne simplifie rien. Il propose le regard d’un témoin qui a choisi de raconter son expérience avec lucidité et exigence morale.

René De Maximy ne se présente pas en héros. Il est simplement un homme qui a vécu un moment particulier de l’Histoire et qui a voulu transmettre ce qu’il avait vu et ressenti.

La mémoire ne prend véritablement sens que lorsqu’elle est transmise, lorsqu’elle circule entre les générations et permet de regarder le passé sans enfermer les peuples dans ses blessures.

Cette rencontre m’amène aujourd’hui à lancer un appel aux autorités culturelles de Marseille ainsi qu’à M. le maire. René De Maximy mérite un geste de reconnaissance. Pas nécessairement une grande cérémonie. Une simple visite suffirait. Quelques instants d’échange avec un homme qui a consacré sa vie à la recherche, à l’écriture et à la compréhension des sociétés humaines.

Marseille est une ville de mémoire et de culture, ouverte sur la Méditerranée, un lieu où les histoires de France et d’Algérie se rencontrent quotidiennement. Venir saluer René De Maximy à la Résidence Rivoli, c’est reconnaître le parcours d’un géographe, d’un chercheur, d’un écrivain et d’un témoin. C’est aussi rappeler que les hommages les plus précieux sont souvent ceux que l’on rend aux personnes de leur vivant. Parce qu’une reconnaissance tardive ne remplace jamais une présence. Parce qu’un simple échange peut parfois avoir une valeur immense.

René De Maximy a écrit ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ pour que ses souvenirs ne disparaissent pas. Aujourd’hui, cette mémoire continue de vivre. Dans un livre. Dans une voix. Dans une rencontre. Et parfois, il suffit de pousser une porte, de s’asseoir quelques minutes et d’écouter.

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Saison Méditerranée 2026 : quand la France regarde vers ses deux rives

De Marseille à Lille, de l’Ardèche à Montpellier, la Saison Méditerranée 2026 fait entrer les cultures méditerranéennes dans toute la France. Jusqu’au 31 octobre, plus de 500 rendez-vous donnent une place particulière aux artistes, aux jeunesses et aux diasporas. Le…

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