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Ligue 1 (2e journée) : le Club Africain confirme, l’US Monastir et le CS Sfax se relancent

Le Club Africain a signé, samedi, un deuxième succès consécutif dans le championnat de la Ligue 1 du football professionnel, édition 2026-2027, en s’imposant face à l’ES Hammam-Sousse sur le plus petit des scores (1-0). Un but de Moataz Zaddem, inscrit à la 88e, a permis aux clubistes de prendre seuls la tête du classement avec 6 points, confirmant leur bonne entame de saison.

Dans les autres rencontres de la journée, l’US Monastir et le CS Sfaxien ont enfin décroché leur premier succès de l’exercice, lançant ainsi leur saison après des débuts mitigés.

A Monastir, les locaux ont dominé le Stade Tunisien (2-1). Raed Bouchniba a ouvert le score pour les usémistes à la 34e, avant que Salah Barhoumi ne double la mise juste avant la pause (45e). Wael Ouerghemmi avait pourtant égalisé pour le Stade Tunisien à la 31e, mais les insulaires du club de la capitale du Ribat ont su préserver leur avance pour décrocher les trois points.

A Sfax, le CS Sfaxien a également renoué avec la victoire aux dépens de l’ES Zarzis (2-1). Mohamed Trabelsi a ouvert le score dès la 23e, suivi d’un second but signé Iyed Belwafi à la 56e. Les « Accaras » ont réduit l’écart en toute fin de rencontre par Hedi Jertila dans le temps additionnel (90e+3), mais cela n’a pas suffi à sauver le match.

Enfin, à La Marsa, l’AS Marsa et le PS Sakiet Eddaier se sont neutralisés (0-0). La rencontre a toutefois été marquée par l’expulsion d’Hamza Rebii (PS Sakiet Eddaier) à la 83e, mais les visiteurs, réduits à dix, ont tenu le nul et conservent leur invincibilité.

Dimanche, la suite de la 2e journée avec quatre rencontres au programme : la JS Omrane accueille l’Espérance de Tunis au Zouiten, le CS Hammam-Lif reçoit le CA Bizertin, l’Olympique de Béja affronte l’US Ben Guerdane, tandis que l’Etoile du Sahel, en quête de sa première victoire, croisera le fer avec l’ES Métlaoui à Sousse.

(D’après TAP)

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« Takbira  » de Montasser Bezzez captive le grand public au Fort d’Hammamet 

« Takbira  »  est un rituel musical et spirituel collectif issu du mysticisme soufi, particulièrement célèbre en Tunisie et au Maghreb. C’est une célébration sacrée qui mêle louanges divines, invocations des saints et transes rythmiques. Ce spectacle organisé par l’Association de sauvegarde de la Médina d’Hammamet,produit par l’artiste Montasser Bezzaz et mis en scène par Houssem Sahli, a été présenté au Fort d’Hammamet devant une assistance nombreuse.

Cette représentation, véritable moment artistique et spirituel, a mêlé l’atmosphère festive de l’anniversaire du Prophète à des expressions musicales et dévotionnelles, le tout dans le cadre historique et architectural exceptionnel du Bordj d’ Hammamet. Fidèle à sa démarche, Montassar Bezzaz  convoquait les traditions tout en les réinventant, offrant au grand public cosmopolite un patrimoine réinventé, où l’empreinte du passé se réaffirmait avec la fougue du présent.L’atmosphère a transporté le public dans un univers de sérénité et d’extase spirituelle, évoquant la profonde signification humaine et spirituelle de l’anniversaire du Prophète.

Au cœur de cette fresque musicale, les voix notamment d’ Abderrazak Asmi, Abdejabar Laribi, Maher Daoud, Borhane Bey, Néji Gueddiche, Mtir Haouel et Ridha Gabsi  ont entonné chants sacrés , enveloppant l’assistance d’une atmosphère de recueillement et d’élévation .Avec des chants envoûtants transmis et appris par coeur au fil des générations comme “Nadou lbabakom”, “Ellil zahi”, “raies lebhar”, “Fares Baghdad”, Montassert a ravivé la mémoire collective, en lui offrant une nouvelle respiration. La fusion entre instruments orientaux et occidentaux offre des sonorités modernes un peu rock, un peu jazzy qui participent à l’évolution d’un patrimoine musical longtemps relégué aux confréries et lui donne plus de relief. En somme, Takbira est un spectacle visuel gai et joyeux, un festival de couleurs, de senteurs et de musique authentique qui a enflammé le public hammamettois

                                  Kamel Bouaouina

Photos Berrazagua

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Entre chaleur et manque d’eau : un tiraillement de trop

Le citoyen tunisien n’est pas du tout à envier ces jours-ci, étant donné qu’il traverse une crise exceptionnelle où il s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume. Et pour le dire plus clairement, entre une chaleur quotidienne diurne et nocturne qui perdure depuis au moins un mois et demi et un manque d’eau embouteillée représenté par de petites apparitions qui ne suffisent pas à étancher une soif devenue permanente. La malchance et l’anachronisme qui déterminent désormais l’existence du citoyen tunisien lambda y sont légion et irritent la vie de ce dernier. Pourtant, il en a vu passer auparavant des périodes similaires au niveau des températures très élevées durant les étés. Mais il s’y est ajouté, en l’an de grâce 2026, aussi bien le problème des coupures de l’eau de robinet, que celui de la disparition de l’eau en bouteilles qu’il avait cru impossible de tarir.

La chaleur, la soif, en plus de la pénible recherche parfois superflue en ville d’une bouteille d’eau, ont rendu sa vie tristounette et banale. Et si la chanson dit que «La vie est une histoire d’amour», son histoire à lui est devenue «Une histoire d’eau» dans un contexte plutôt douloureux, tout à fait à l’opposé de celle que raconte le court métrage du même titre réalisé en 1958 par Jean Luc Godard et François Truffaut. Là où l’héroïne fuit le déluge de la pluie. Ici et maintenant, et sous nos cieux, les choses se passent à l’opposé car le citoyen est à la recherche d’une goutte d’eau à boire dans une chaleur torride. Et même s’il pleut, la situation ne changera pas d’une once. Tout semble stagner et n’est pas sans provoquer la peur chez tout un chacun. Etat stationnaire, comme déclaré par un médecin à propos de l’état de santé de son patient. Entre la peur et l’espérance, l’espoir doit-il demeurer ? Dans un contexte et des circonstances un peu trop exceptionnels.

Lotfi BEN KHELIFA

 

 

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Semmama s’invite au Sommet mondial sur la lutte contre la désertification : restaurer les terres, restaurer l’espoir!

La question de la désertification est entrée dans l’agenda mondial lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992. La COP17 organisé en Mongolie  ne doit pas seulement proclamer une nouvelle déclaration, mais définir des principes communs : systèmes d’alerte précoce, évaluation des risques, planification nationale, gestion intégrée de l’eau, financement et partage des données scientifiques.Le choix de la Mongolie n’est pas seulement symbolique. Avec 1,5 million de km2, , ce vaste pays compte parmi les territoires les plus exposés à la dégradation des terres Sécheresses, surpâturage, tempêtes de poussière , fragilisent directement le modèle pastoral. Le nombre annuel de jours de tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé depuis les années 1960.

A cette occasion, la Mongolie a renforcé la mobilisation du public et la participation des jeunes à travers des dialogues nationaux et des activités de sensibilisation. Adnen Helali est un acteur et poète tunisien. Il est le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine au centre-ouest de la Tunisie. ll participe à la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD/UNCCD) à Oulan-Bator, notamment dans le cadre de la Caravane mondiale de la Route de la Soie et de la promotion du pastoralisme et des territoires ruraux.

Sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », la COP17 , organisée à Oulan-Bator, cherche à accélérer la restauration des écosystèmes dégradés, renforcer la résistance aux sécheresses et mobiliser des financements pour les pays les plus touchés par la désertification. A cette occasion, la « Journée de Semmama… Résister à la désertification culturelle », a été organisée le mardi 25 août dans l’espace vert du Sommet dans le cadre du Sommet mondial sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, parrainée par  Adnen Helali, un acteur et poète tunisien et le fondateur du Centre Culturel Semmama dans la région Kasserine..« Cette COP17 nous rappelle une vérité essentielle : lorsque nous restaurons la terre, nous restaurons aussi l’espoir » précise Adnane Helali. « Aujourd’hui, nous souhaitons porter la voix de Sammama, une région qui connaît les défis de la sécheresse, de la dégradation des terres et de la fragilité des ressources naturelles, mais qui possède également une richesse extraordinaire : ses populations, son savoir-faire, ses terres et sa capacité à construire un avenir durable.La désertification n’est pas seulement une question environnementale. Elle touche directement la vie des populations. Elle affecte l’agriculture, l’eau, l’emploi, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des générations futures.C’est pourquoi nous devons passer des engagements à l’action.

Pour Sammama, cela signifie investir dans la restauration des terres, améliorer la gestion de l’eau, soutenir les agriculteurs et les communautés locales, protéger les parcours et développer des pratiques agricoles adaptées aux conditions climatiques.Cela signifie également donner une place centrale aux jeunes et aux femmes, car ils ne doivent pas être uniquement les bénéficiaires des politiques environnementales : ils doivent être des acteurs de leur conception et de leur mise en œuvre.La présence de la Mongolie à la tête de cette COP17 est particulièrement symbolique. Près de 77 % du territoire mongol est considéré comme dégradé, ce qui montre que la dégradation des terres est un défi qui dépasse les frontières et concerne toutes les régions du monde »

Et d’ajouter « Nous ne demandons pas seulement de protéger nos terres. Nous demandons de leur donner un avenir.Nous appelons à renforcer la coopération internationale, à mobiliser les financements nécessaires et à transformer les engagements internationaux en projets concrets sur le terrain.Sammama peut devenir un exemple de résilience, de restauration et d’innovation.Ensemble, nous pouvons restaurer nos sols, préserver notre eau, renforcer notre sécurité alimentaire et offrir à nos jeunes une raison de rester, de créer et de construire leur avenir chez eux.La terre n’appartient pas seulement à notre génération. Nous l’empruntons aux générations futures.Faisons donc de cette COP17 un moment de décision et d’action ».

La désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental.

L’idée centrale défendue par Helali est particulièrement intéressante : la désertification n’est pas seulement un phénomène environnemental. La protection des parcours pastoraux passe aussi par la préservation de la mémoire, des savoir-faire, de la culture et des modes de vie des communautés rurales.La journée de Semmama constitue donc une manière de porter l’expérience tunisienne de Semmama sur la scène internationale, dans le cadre de la COP17, dont le thème est « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ». Cette journée s’est ouverte  par la présentation de son nouveau recueil de poésie, « Le vent garde nos traces », avec la participation de la chanteuse mongole Enkhgerel Shinzorig, de la poétesse indienne Barnet Kaur, de la chanteuse malienne Inna Modja et du guitariste français William Fourny, en présence de M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère. Le programme s’est poursuivi avec la projection du film documentaire If the Rangelands Could Speak, réalisé par l’Allemande Lizzy Gable, qui retrace le parcours de la Silk Road Caravan, à laquelle Adnen Helali a participé, de la Turquie jusqu’en Mongolie. La journée a également  été l’occasion de présenter l’œuvre d’artisanat « Année internationale des parcours et des pasteurs en vert », réalisée par les artistes Marwa Gdima, Oumaima Boulaares et Khaled Khayatai, en collaboration avec des artisanes de Djebel Semmama et de Bir El-Kassâa. Les distinctions « Soleil de Semmama » ont été remises à plusieurs personnalités et artistes ayant marqué cette rencontre, parmi lesquels : M. Ts. Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, la photographe sud-africaine Kiara Worth, dont les images prises pendant le Sommet sont devenues l’une des principales mémoires visuelles de l’événement ,la  troupe d’Oulan-Bator du patrimoine nomade, qui préserve la rare tradition musicale du khöömii, inspirée des sons de la nature et Burmaa Dashbal, présidente de l’organisation Green Rangeland Gold, et l’une des personnalités ayant contribué à porter l’initiative de l’Année internationale des parcours et des pasteurs.

                                Kamel Bouaouina

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L’intelligence artificielle entre dans le cabinet médical : quand le médecin n’est plus seul

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Pendant des siècles, la consultation médicale a reposé sur une relation presque sacrée entre deux êtres humains : un patient qui confie sa souffrance et un médecin qui écoute, observe, analyse et décide. Le cabinet médical était un espace où la parole, le regard et l’expérience du praticien occupaient une place centrale. Aujourd’hui, une nouvelle présence s’installe progressivement dans cette relation : l’intelligence artificielle. Invisible mais puissante, elle accompagne désormais le médecin dans son raisonnement, l’aide à interpréter des données complexes, à détecter certaines anomalies et à proposer des pistes thérapeutiques.

Cette transformation ne signifie pas que la machine remplace le médecin. Elle introduit plutôt une nouvelle forme de collaboration où l’intelligence humaine s’appuie sur une intelligence numérique capable de traiter en quelques secondes des volumes considérables d’informations. Le médecin du XXIᵉ siècle pourrait ainsi devenir un professionnel augmenté, capable de combiner son expérience clinique, son intuition et les capacités analytiques des systèmes intelligents.

Mais cette révolution médicale soulève aussi de nombreuses interrogations. Une consultation assistée par l’intelligence artificielle représente-t-elle un progrès absolu ? Peut-elle améliorer la qualité des soins sans fragiliser la dimension humaine de la médecine ? Jusqu’où peut-on confier une partie du raisonnement médical à des algorithmes ? Ces questions dépassent la simple technologie : elles concernent notre vision même de la santé et de la relation entre l’homme et la machine.

 

Une nouvelle alliée pour le diagnostic médical

L’une des applications les plus prometteuses de l’intelligence artificielle en médecine concerne l’aide au diagnostic. Le médecin doit souvent prendre une décision à partir d’un ensemble complexe d’éléments : symptômes décrits par le patient, résultats biologiques, images médicales, antécédents familiaux et évolution de la maladie. Cette accumulation d’informations peut parfois rendre l’analyse difficile, même pour un spécialiste expérimenté.

L’intelligence artificielle possède une capacité remarquable à analyser rapidement des milliers de données médicales et à identifier des correspondances invisibles à l’œil humain. Dans certains domaines comme la radiologie, elle peut détecter des anomalies sur des images médicales avec une grande précision et attirer l’attention du médecin sur des zones nécessitant une analyse approfondie.

Cette assistance peut permettre un diagnostic plus précoce de certaines maladies, notamment les cancers, les maladies cardiovasculaires ou les pathologies rares. Elle offre également une possibilité importante dans les régions où l’accès aux spécialistes est limité. Un médecin généraliste pourrait bénéficier d’un outil capable de l’orienter vers des hypothèses diagnostiques plus précises et de réduire ainsi les risques d’erreurs.

Cependant, il faut comprendre que l’intelligence artificielle ne possède ni conscience médicale ni expérience humaine. Elle reconnaît des modèles, compare des données et calcule des probabilités, mais elle ne ressent pas la souffrance d’un patient, ne comprend pas toujours son contexte social ou psychologique et ne peut remplacer le jugement humain.

 

Le médecin augmenté, une médecine plus efficace mais toujours humaine

L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme progressivement le rôle du médecin. Celui-ci ne sera peut-être plus seulement celui qui cherche une information ou établit seul un diagnostic, mais celui qui interprète, explique et accompagne. La valeur du médecin ne disparaît pas, elle évolue.

Une machine peut suggérer plusieurs traitements possibles, mais seul le médecin connaît réellement son patient dans sa globalité. Deux personnes atteintes de la même maladie peuvent avoir des situations totalement différentes : âge, mode de vie, contraintes familiales, préférences personnelles ou capacité à supporter certains traitements. La médecine ne se résume pas à appliquer une formule mathématique, elle est aussi une science humaine.

La consultation médicale assistée par l’intelligence artificielle pourrait même renforcer la relation entre le médecin et le patient. En automatisant certaines tâches administratives, en facilitant la rédaction des dossiers médicaux ou en accélérant l’analyse des examens, elle pourrait libérer davantage de temps pour l’écoute et le dialogue. Le médecin pourrait consacrer moins d’énergie aux procédures techniques et davantage à ce qui constitue l’essence de son métier : comprendre l’être humain derrière la maladie.

Cette évolution exige toutefois une nouvelle formation des professionnels de santé. Le médecin de demain devra comprendre les principes de fonctionnement des outils numériques, connaître leurs limites et savoir quand leur faire confiance ou, au contraire, remettre en question leurs recommandations.

 

Les dangers d’une médecine trop dépendante des algorithmes

Comme toute grande innovation, l’intelligence artificielle médicale comporte des risques. Le premier concerne la dépendance excessive à la technologie. Si un médecin suit systématiquement la recommandation d’un système informatique sans exercer son propre jugement, la médecine risque de perdre une partie de son esprit critique.

Les algorithmes ne sont pas neutres. Ils sont conçus à partir de données collectées dans certaines populations et peuvent parfois reproduire des erreurs ou des biais présents dans ces données. Un système entraîné principalement sur des patients d’un continent ou d’un groupe particulier peut être moins performant dans d’autres contextes. La qualité des données utilisées devient donc une question essentielle.

La protection des informations médicales constitue également un défi majeur. Les dossiers de santé contiennent des données extrêmement sensibles sur les individus. Leur utilisation par des systèmes d’intelligence artificielle nécessite des garanties fortes concernant la confidentialité, la sécurité et le respect de la vie privée.

Une autre question fondamentale concerne la responsabilité. Si une intelligence artificielle propose une recommandation erronée qui entraîne une mauvaise décision médicale, qui est responsable ? Le médecin ? Le concepteur du logiciel ? L’établissement de santé ? Ces questions juridiques et éthiques devront trouver des réponses claires avant une utilisation généralisée de ces technologies.

 

Vers une médecine où l’homme et la machine collaborent

L’avenir de la médecine ne sera probablement pas celui d’un remplacement du médecin par une machine, mais celui d’une coopération intelligente entre deux formes de savoir. L’intelligence artificielle possède la puissance du calcul, la rapidité d’analyse et la capacité de mémoriser une quantité immense d’informations. Le médecin possède l’empathie, l’expérience, la compréhension humaine et la capacité de prendre en compte la complexité d’une vie.

Cette complémentarité pourrait ouvrir une nouvelle époque médicale. La médecine pourrait devenir plus personnalisée, plus préventive et plus précise. Au lieu d’attendre l’apparition des maladies, les systèmes intelligents pourraient aider à identifier les risques avant qu’ils ne deviennent visibles, permettant ainsi une approche davantage orientée vers la prévention.

Mais cette révolution doit rester guidée par une idée essentielle : la technologie doit servir l’homme et non l’inverse. La santé n’est pas seulement une accumulation de données biologiques, elle concerne une personne avec ses émotions, ses inquiétudes et son histoire. Une consultation réussie ne dépend pas uniquement de la précision d’un diagnostic, mais aussi de la confiance qui unit le patient à celui qui le soigne.

L’intelligence artificielle représente donc une chance exceptionnelle pour améliorer la médecine, à condition de l’intégrer avec prudence et responsabilité. Le médecin de demain ne sera pas celui qui aura été remplacé par une machine, mais celui qui saura utiliser cette nouvelle intelligence pour devenir encore plus humain.

La véritable révolution médicale ne sera pas la victoire de l’intelligence artificielle sur l’intelligence humaine, mais la rencontre harmonieuse entre deux capacités différentes au service d’un même objectif : mieux comprendre, mieux soigner et mieux accompagner l’être humain.

 

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Hôpital numérique, un an après :  un bilan satisfaisant

«L’Hôpital numérique a permis, durant sa première année de fonctionnement, la réalisation de 120.000 examens d’imagerie médicale à distance dans 26 établissements hospitaliers», a révélé le ministère de la Santé.

Dans un communiqué, le ministère a précisé que ce dispositif a également permis d’assurer 334 consultations et 22 expertises médicales à distance, couvrant sept spécialités médicales et 17 gouvernorats.

Au-delà du nombre d’actes réalisés, le ministère de la Santé a souligné le niveau élevé de satisfaction des bénéficiaires, avec un taux de 92% concernant les consultations médicales à distance. Le communiqué a, en outre, indiqué que seuls 5% des cas pris en charge ont nécessité une hospitalisation.

Par ailleurs, le ministère de la Santé a mis en avant les résultats de la plateforme «Njda.tn», lancée le 12 août 2025. Cette plateforme permet de détecter précocement les infarctus du myocarde et d’alerter instantanément les équipes médicales, favorisant ainsi une intervention rapide, essentielle pour sauver des vies et limiter les complications.

«Depuis son lancement, Njda.tn a permis d’assurer le suivi de plus de 4.000 cas d’infarctus aigu du myocarde», a indiqué le ministère.

En outre, le ministère a affirmé que la première prise en charge à distance d’un accident vasculaire cérébral (AVC) a été réalisée depuis Médenine.

«Le patient a été évalué à distance par une équipe médicale spécialisée et a pu bénéficier du traitement en moins d’une heure», a affirmé le ministère.

Vers un renforcement du partenariat tuniso-allemand

Dans le cadre de la dynamique engagée pour accélérer la transformation numérique du secteur de la santé, le ministère de la Santé entend renforcer ses partenariats internationaux afin de tirer pleinement parti des nouvelles technologies, notamment la télémédecine et l’intelligence artificielle.

À ce sujet, une séance de travail tuniso-allemande consacrée à la santé numérique et à l’intelligence artificielle s’est tenue le 12 août 2026.

Le ministère de la Santé a indiqué que la rencontre a notamment porté sur les projets communs et les perspectives d’élargissement du partenariat, en particulier dans les domaines de la numérisation de la santé, de la télémédecine, de l’intelligence artificielle et de l’innovation.

Par ailleurs, les avancées réalisées dans le cadre de l’Hôpital numérique ont également été évoquées, ainsi qu’un certain nombre de projets visant à rapprocher les services de santé des citoyens, à faciliter leur accès aux soins et à améliorer la qualité de leur prise en charge.

 

27,3 millions d’euros pour moderniser le système de santé et développer la télémédecine

Dans cette perspective, il convient de rappeler que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a approuvé, en février 2026, un projet de loi portant approbation de la convention de prêt conclue entre la République tunisienne et l’Agence française de développement (AFD), en vue de contribuer au financement du programme de soutien à la santé électronique «E-Santé».

Ce programme bénéficie d’un financement de 27,3 millions d’euros, destiné à accompagner le déploiement de la santé numérique en Tunisie et à accélérer la modernisation du système de santé.

Le programme «E-Santé» ambitionne de moderniser en profondeur le système d’information sanitaire, avec pour objectif d’améliorer la prise en charge des patients et de renforcer la qualité des services proposés par les établissements hospitaliers publics. Plus largement, il s’inscrit dans une dynamique de réforme, de modernisation et de transformation numérique du secteur de la santé.

Concrètement, le programme repose sur trois axes majeurs. Le premier porte sur la modernisation et la sécurisation des systèmes d’information des établissements de santé, avec leur déploiement dans 24 hôpitaux universitaires.

Le deuxième axe concerne le soutien au développement et à la mise en œuvre de cinq initiatives régionales de télémédecine, couvrant le Nord, le Centre et le Sud du pays. Cette composante vise notamment à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés et à rapprocher l’expertise médicale des patients, quelle que soit leur région de résidence.

 Le troisième axe prévoit un renforcement des capacités institutionnelles dans le domaine de la santé électronique, afin d’accompagner durablement la transformation numérique du système de santé et de consolider les acquis du programme.

Nouha MAINSI



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La «culture du jetable» s’empare de notre quotidien

Les économistes classiques classifiaient les biens de consommation en biens durables et en biens non durables. En effet, il y avait des produits achetés pour être conservés durant des années et peut-être pour toute la vie (les ustensiles de cuisine fabriqués en cuivre, des nappes, les tapis, les couvre-lits, les rideaux, les bijoux, le vélo, la moto, la voiture…) et d’autres pour la consommation immédiate, tels que les produits alimentaires ou vestimentaires. C’est que dans les ménages traditionnels, on distinguait entre l’indispensable et le superflu et la priorité était toujours donnée aux besoins vitaux, donc nécessaires. Il fut donc un temps où les choses étaient faites pour durer et où l’on jetait très peu. Or, dans la vie moderne, tout semble devenir provisoire, même ce qu’on considérait jadis comme un objet durable et permanent. Aujourd’hui, dans une conjoncture socio-économique stimulant la consommation, presque tous les achats effectués par les ménages sont devenus non durables, donc jetables, à telle enseigne que des sociologues parlent d’une «culture du jetable».

Décidément, les temps changent et les habitudes aussi. Notre société de consommation a favorisé l’industrie des biens de consommation à outrance, donnant naissance à un mode de vie différent où les gens sont devenus de grands consommateurs de produits «jetables» pour les remplacer par d’autres dernier cri, quoique souvent plus chers. Conséquence : la durée de certains produits devient de plus en plus courte, quoiqu’ils soient souvent utiles pour les consommateurs toujours avides de «prêt-à-porter» et de «prêt-à-consommer», eu égard à leur rythme de vie qui devient très accéléré. Et c’est ainsi que chez nous, à l’instar d’autres pays de consommation, les produits jetables sont devenus nécessaires et plus pratiques et rencontrent un très grand succès chez la majorité des consommateurs. Quant aux fabricants de ces produits jetables, ils se frottent les mains en encourageant activement cette tendance, et ce, à grand renfort de publicité. Cette mentalité s’est ancrée partout chez nous depuis des années et c’est devenu comme un fait accompli.

 

Ces produits «jetables» qui nourrissent nos poubelles…

En effet, nos poubelles débordent de produits usés : vaisselle en papier ou en plastique, serviettes, objets de décors, jouets, ballons, bouteilles, gadgets électroniques, voire postes de télévision, ordinateurs, frigidaires, fauteuils et tutti quanti. Côté nourriture, les restes de la veille sont déversés quotidiennement à la poubelle, quand bien même ils pourraient être gardés au congélateur pour être consommés ultérieurement. C’est que les enfants d’aujourd’hui n’aiment pas manger les restes de la veille et préfèrent un sandwich tout prêt ou un repas instantané acheté à l’extérieur du foyer. Des chaises en plastique, des poussettes pour bébés, des ustensiles de cuisine encore fonctionnels, tout se jette après un certain temps d’usage pour être remplacé par d’autres neufs certes, mais pas forcément plus performants ou plus solides. Alors qu’avec un peu d’entretien et de soin, on aurait allongé la durée de vie de ces produits qui vont nourrir nos poubelles et gâcher notre environnement. «Dans le passé, nous a confié un chef de famille, mon père prenait mon cartable chez le cordonnier pour le raccommoder et le même cartable avait servi à mon frère cadet durant plusieurs années. On ne jetait pas les vêtements usés, on les gardait pour la saison suivante. On se contentait de la nourriture préparée à la maison : on ne jetait pas du pain à la poubelle. Aujourd’hui, mon fils peut avoir jusqu’à trois paires de chaussures de sport pendant l’année scolaire et pourtant, elles ne sont pas assez usées pour être jetées. C’est une culture du jetable qui gagne nos enfants, ils n’ont pas la notion du durable. Seuls l’immédiat et le tout prêt comptent pour eux ! On doit, au contraire, leur apprendre à prolonger la durée de vie des biens et des produits qu’ils utilisent en les faisant réparer plutôt que de prendre du neuf».

 

L’environnement menacé

Les sacs en plastique, pourtant interdits à cause de leur nocivité, sont de plus en plus utilisés pour contenir nos achats ou servir d’emballage à nos produits alimentaires. Il est de plus en plus rare de voir dans nos marchés des clients portant les traditionnels filets à provisions ou des couffins en paille ou en alfa, ces matières naturelles, durables et non nuisibles. Tout le monde se sert de sachets plastiques dont on se débarrasse dès qu’ils sont vidés de leur contenu. Les sacs en plastique qui jonchent nos rues et nos trottoirs donnent un spectacle désolant, sachant que la dégradation d’un sac de plastique jeté dans la nature dure jusqu’à 400 ans ! Des milliers d’articles sont jetés à la poubelle ou dans la nature aussitôt qu’ils sont utilisés ou épuisés : rasoirs, appareils photos, briquets, livres scolaires ou parascolaires, parapluies… On avait pourtant l’habitude d’utiliser un briquet qu’on rechargeait avec du butane. Idem pour les rasoirs traditionnels dont seules les lames étaient remplacées, ce qui aidait énormément à protéger l’environnement et diminuer les dépenses. Les cahiers parascolaires, qu’on vend actuellement chez les libraires, une fois utilisés par un enfant, ne seront plus utiles pour son frère ou sa sœur, qui auront besoin d’autres cahiers encore vierges… Les produits jetables sont bien utiles pour gagner du temps et faciliter la vie ; mais le revers de la médaille, c’est que ces articles jetés sont une énorme source de pollution. Des milliers de briquets, de rasoirs, d’assiettes en papier ou en plastique, de sacs d’emballage et d’autres items encore utilisables vont aux ordures chaque jour en aggravant les problèmes environnementaux. Ces produits à usage unique, pas forcément plus pratiques que ceux qui sont réutilisables ou rechargeables, sont généralement deux à cinq fois plus nocifs pour l’environnement.

 

Question de goût et de bon sens

Cette «culture du jetable» fait naître chez nous la facilité d’usage : au lieu d’utiliser de la vaisselle en porcelaine ou en verre lors de nos cérémonies (fêtes d’anniversaire, réceptions…) qui demande à être lavée et essuyée avant d’être rangée, on préfèrerait la vaisselle en papier ou en plastique dont il est plus facile de se débarrasser après usage. Ces produits jetables se consomment en grandes quantités et finissent rapidement en déchets déversés à la poubelle. L’usage à outrance de ces produits jetables peut influer sur le goût et le bon sens de nos enfants, a fait remarquer une dame interrogée sur ce sujet, donner à boire à un invité dans un gobelet en plastique ou à manger dans une assiette en papier, pour éviter de faire la vaisselle et gagner du temps, c’est un signe de mauvais goût et surtout, une mauvaise leçon à donner à nos enfants à qui, en principe, nous devons inculquer les bonnes manières et les règles du bon usage des choses. Lors des cérémonies, la plupart du temps, tout est fait en «jetable» : le décor et la consommation. De même, des familles utilisent des assiettes jetables tous les jours pour éviter de faire la vaisselle, trouvant plus pratique de les jeter à la poubelle, histoire de gagner du temps. Et là, c’est plutôt une question de paresse et de manque de respect envers l’environnement.

Hechmi KHALLADI 



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Rentrée scolaire : le plus dur commence pour le CSEE 

Par Kamel ZAIEM

 

Avec les dernières plaintes de la Fédération de l’enseignement secondaire, on peut dire que le travail de terrain commence, déjà, pour le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement et que le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed, avait raison d’accélérer la mise en place d’une telle structure qui aura à résoudre, sans se substituer au ministère de l’Education, de tels problèmes sans attendre, à chaque fois, le début de l’année scolaire pour agir.

 

On s’y attendait un peu et ce qui s’est passé, à trois semaines de la rentrée scolaire, était prévisible. En effet, le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, Mohamed Safi, a dénoncé l’exclusion de la partie syndicale par le ministère de l’Éducation des préparatifs de la prochaine rentrée scolaire, estimant que «le ministère conduit cette rentrée vers une impasse», selon ses termes.

Mohamed Safi a indiqué que le manque potentiel d’enseignants et de personnel éducatif ne concerne pas uniquement les enseignants, mais l’ensemble des corps éducatifs, notamment le primaire, le secondaire, les surveillants et le personnel administratif.

Il a rappelé que le dernier chiffre communiqué par le ministère de l’Éducation, lorsqu’il était encore en concertation avec les structures syndicales, faisait état d’un déficit de 5.000 agents.

«Même en l’absence de chiffres sur le déficit potentiel pour la prochaine rentrée, plusieurs indicateurs confirment l’existence de ce manque», a-t-il affirmé. Il a notamment cité la surcharge des classes, avec plus de 40 élèves par classe dans certains cas, ainsi que la possibilité de voir des enseignants affectés à plusieurs établissements et l’augmentation du nombre d’heures de travail.

A vrai dire, une telle situation, si elle est confirmée, ne peut pas aider à développer la qualité de l’enseignement, aussi bien pour le primaire que pour le secondaire, et des solutions doivent être trouvées pour permettre une année scolaire réussie et enrichissante.

 

Pour le ministère, tout va bien…

Face à ces déclarations peu rassurantes, nous avons attendu la réponse du ministère de tutelle et sa réaction n’a pas trop tardé. Lors d’une intervention médiatique, le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, avait assuré que les préparatifs de l’année scolaire 2026-2027 avançaient à un rythme soutenu afin de garantir une rentrée régulière, sans postes vacants dans les corps éducatifs, avec des infrastructures prêtes et des manuels scolaires disponibles dans les délais.

Le ministre avait souligné que le dossier des ressources humaines faisait l’objet d’une attention particulière, affirmant la volonté de couvrir l’ensemble des besoins en personnel enseignant, administratif et d’encadrement.

Le gouvernement travaille également depuis plusieurs mois à finaliser les préparatifs nécessaires afin d’éviter tout déficit susceptible d’affecter le déroulement normal des cours ou la qualité de l’enseignement, selon le ministère.

Il faut également rappeler que la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé vendredi 14 août un Conseil ministériel restreint consacré aux préparatifs de la rentrée scolaire, universitaire et de la formation professionnelle 2026-2027.

La réunion a porté notamment sur la préparation des différents secteurs concernés et sur les mesures à prendre pour assurer une rentrée réussie. La Cheffe du gouvernement a appelé à réduire la surcharge des classes, améliorer la répartition des élèves et renforcer les extensions et créations d’établissements nécessaires, afin d’améliorer les conditions d’enseignement et de parvenir à un meilleur équilibre entre les établissements éducatifs.

 

Eviter les problèmes de l’année passée

Certes, il est bon de constater que la Cheffe du gouvernement, en anticipant l’organisation d’une telle réunion, a bien fait pour éloigner d’éventuelles mauvaises surprises, mais il faut également rappeler que de tels problèmes  étaient d’actualité il y a exactement une année, aussi bien pour l’enseignement secondaire que pour celui du primaire.

L’année passée, le constat était peu rassurant, un mois après la rentrée. Plusieurs écoles primaires des différentes régions du pays enregistraient un manque d’enseignants, soulevant l’indignation des parents d’élèves. Les postes vacants se comptaient par milliers, selon le syndicat de l’enseignement primaire (près de 10 mille !) alors que la commission tripartite (UGTT-ministère de l’Education et l’Institut Arabe des Droits de l’Homme) chargée du dialogue sur la réforme du système éducatif n’a pas encore tranché sur la question de la sixième année.

On se rappelle même les appels des parents d’élèves de différentes écoles du Grand Tunis qui dénonçaient le manque d’enseignants qui perdurait depuis presque un mois, surtout pour les classes de la sixième année.

De même, dans plusieurs écoles, les emplois du temps n’étaient pas encore définitifs et changeaient d’une semaine à l’autre alors que le changement des enseignants et de leurs exigences en matière de fournitures scolaires était aussi monnaie courante, selon les élèves.

C’est dire que la persistance de ces problèmes n’a plus sa raison d’être puisque la réunion présidée par la Cheffe du gouvernement aurait touché à tous ces détails pour tout remettre en place avant les trois coups de la rentrée scolaire.

 

Que peut faire le CSEE ?

Le communiqué de la Fédération de l’enseignement secondaire et la réponse du ministère de l’Education confirment que le problème doit être réglé, logiquement, entre ces deux structures, sans avoir besoin d’autres intermédiaires. Or, lorsqu’il s’agit de postes vacants d’enseignants, de classes chargées ou de programmes remodelés au gré d’un enseignant ou d’un autre, l’avis du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement serait très utile, surtout pour définir, de manière générale, certaines règles sans entrer dans les détails. Il sert également à être un partenaire très utile en matière de consultation et de concertation pour débloquer certaines situations complexes entre le ministère de tutelle et les syndicats de l’enseignement.

C’est ce qui nous ramène à certaines interrogations posées par des experts en la matière qui se demandaient si le Conseil va superviser la réforme à venir par l’intermédiaire de ses commissions spécialisées et de ses séances plénières, ou s’il va se contenter de donner son avis sur les résultats du travail d’autres parties au sein des ministères concernés ou des organismes politiques, syndicaux, académiques ou autres.

La présence du CSEE dans les divers points de discorde entre les autres parties concernées vient d’ailleurs d’être rappelée par certains parlementaires qui ont discuté d’un projet de loi portant sur la réduction du temps scolaire pour le cycle primaire. Un projet qui a été officiellement présenté et qui s’inscrit dans une vision globale de développement des ressources humaines en Tunisie, d’où l’importance de la participation des hautes instances. 

Lors de la même réunion, un autre député a assuré qu’une nouvelle vision est en cours d’élaboration, ajoutant que l’allègement des contenus pédagogiques constitue également une priorité du Conseil supérieur de l’éducation et de l’Enseignement. 

Aujourd’hui, en matière d’enseignement, la Tunisie ne doit plus se heurter à de telles difficultés. Avec la présence de hautes compétences au ministère et la contribution du CSEE, le moment est venu pour passer la vitesse supérieure. Toutefois, ce qui a été révélé par le syndicat de l’enseignement secondaire concernant la non-implication des syndicats dans les préparatifs de la prochaine rentrée scolaire est assez inquiétant car le ministère doit impliquer toutes les parties prenantes pour pouvoir prendre les décisions qui s’imposent et qui ne posent de problèmes à aucune des parties, et pour assurer des relations solides de partenariat afin d’éviter les tensions et les éventuelles mauvaises surprises, d’autant plus que la concertation a toujours été un outil précieux pour garantir les meilleures conditions de réussite pour l’année scolaire.

Et si certains pensent que les problèmes relevés par le syndicat ne dépassent pas le cadre des consultations entre la partie syndicale et le ministère, nous estimons que l’intervention du CSEE, surtout lorsque le dialogue se trouve bloqué, est à apprécier pour débloquer la situation, sans que le Conseil se substitue à aucune des parties en présence. Et c’est pour cette raison que nous pensons que le rôle du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, tel que préconisé par le Chef de l’Etat, ne se limite pas au travail académique et doit toucher à tout ce qui met en place un enseignement de haut niveau dans des conditions satisfaisantes pour toutes les parties concernées.

 

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A Hammamet, des bénévoles à pied d’oeuvre pour réhabiliter l’écomusée de l’orangeraie

Des jeunes hammamettois de 12 à 18 ans tentent de réhabiliter l’écomusée de l’orangeraie de Hammamet au centre culturel international d’Hammamet dans le cadre du  34ᵉ chantier de jeunes bénévoles du 23 au 30 août 2026, organisé par l’’Association d’Éducation Relative à l’Environnement (AERE)  « Ce chantier   est, certes, une initiative louable, indique Salem Sahli, Président de l’AERE  qui vise à sensibiliser les jeunes au problème de l’environnement .  Des gestes simples au quotidien pourraient tout changer. Notre association compte 32 chantiers de jeunes à son actif. En effet, son premier chantier remonte à 1993 et avait pour cadre la zone forestière d’El Faouara à Hammamet.Depuis, se sont succédés plusieurs chantiers à raison d’un par an avec les mêmes enthousiasme et engagement : chantiers dans les établissements scolaires, en milieu rural, dans les espaces naturels, les quartiers de la ville, les structures socio-collectives 

Photos Berrazagua

Projet initié par l’AERE et cofinancé par le programme Euromed Heritage de l’Union européenne, l’écomusée de l’orangeraie a été conçu en juillet 2009 lors d’un atelier d’étude international, avant d’être mis en œuvre par des bénévoles et inauguré en 2011. Il permet aux habitants comme aux visiteurs de redécouvrir le patrimoine paysager et agricole de la région de Hammamet. Une dizaine de  jeunes s’empare du matériel, brouettes, pelles, seaux… et attendent de recevoir les consignes de leur chef.Loin des bruits stressants de la ville, chaque jeune prendra place dans un lieu calme où la nature a encore ses droits pour profiter de ce chantier qui a pour ambition ainsi  de sensibiliser nos jeunes  aux conséquences de notre mode de consommation sur l’environnement, de lui offrir des solutions concrètes et applicables, et de créer un lieu de partage et d’échange. 

Ensemble, ils ont procédé à des travaux de débroussaillage, de  nettoyage, de désherbage, et de badigeonnage des arbres, ainsi que la réparation, la consolidation de la passerelle en bois, le curage et le  badigeonnage des rigoles et du bassin. Islem Ben Fradj, étudiante en médecine, estime que ce chantier constitue un univers festif de partage, de rencontres et de découvertes. Il s’adresse à ces générations durables qui ont  envie d’un moment et d’une planète proposant un peu plus d’engagement, d’art et de culture et de sensibilisation à la sauvegarde de l’environnement . « C’était passionnant comme action .Pas besoin de compétences particulières pour participer à l’entretien des espaces verts et des bassins .Nos équipes d’animateurs sont là pour nous transmettre les techniques traditionnelles. Les talents se révèlent dans l’action et chacun trouvera un rôle dans ce projet citoyen .Nous travaillons main dans la main avec l’AERE pour redonner à l’éco-musée de l’orangeraie son lustre d’antan. Nous y travaillons de façon volontariste. » dit-elle 

Aymen Attia, lycéen, est convaincu que ce chantier aura un impact sur ces jeunes « Ils seront conscients que leur avenir dépend de la préservation des espaces naturels, de leurs ressources ainsi que d’un développement plus durable. L’objectif c’est d’être acteur dans son environnement. Le programme leur donne les outils pour arriver à être des éco-citoyens en action.Ce chantier est, certes, une initiative louable, qui vise à sensibiliser les jeunes au problème de l’environnement. Des gestes simples au quotidien pourraient tout changer » Pour Iyed Kasdaghli,  « Ce chantier nous permet d’agir en faveur d’un monde plus durable. Il  offre une diversité d’opportunités que chaque bénévole peut saisir à tout instant de sa vie. J’ai apprécié l’ensemble des travaux effectués à l’école. L’accueil par les membres de l’association, la découverte du travail  sont des éléments que j’ai beaucoup appréciés. » Pour le jeune lycéen, Seyfeddine Sahli « L’esprit de groupe était fort. Apprendre un savoir-faire est une expérience enrichissante pour moi . Ce chantier   offre une opportunité unique de relier les jeunes à leur environnement naturel, tout en leur donnant les moyens de devenir des acteurs du changement. »

Photos Berrazagua

Pour Malek Fray «  il y a toujours cette envie d’agir pour les autres tout en satisfaisant sa propre curiosité avec cet épanouissement qu’on tire au contact des autres .C’est un passionnant. Le chef de chantier est là pour nous aider à contrôler nos efforts. A ne pas aller au-delà de nos limites .Et puis c’est une expérience pratique que je juge très utile pour la suite de mes études, et pour ma future activité professionnelle. Ça nous aide à apprécier les gens qui travaillent sur les chantiers. Nous, comme futurs ingénieurs, on doit juste théoriser. Mais là on voit comment ça se passe dans la réalité » dit-elle« En donnant aux jeunes une « voix » et une « main » ajoute Ahmed Baccara, nous pouvons non seulement enrichir nos apprentissages, mais aussi nous engager dans des actions concrètes pour un avenir plus équitable et résilient . C’est un travail collectif, visible et immédiatement utile au territoire qui se joue l’apprentissage de la citoyenneté ».

L’eau, une ressource précieuse dans les vergers

Au fil des ans, l’agriculture a évolué et a progressé grâce à des technologies innovantes. Ces dernières années, nous avons assisté à des changements météorologiques résultant du réchauffement de la planète. Les agriculteurs doivent relever de nouveaux défis. L’un des plus importants concerne le climat qui, suite au réchauffement de la planète, est de plus en plus imprévisible et extrême. Certai­nes régions sont soumises à des chaleurs ou à des froids extrêmes et à des conditions météorologiques ne correspondant pas à la saison, ce qui entraîne parfois la destruction totale des cultures.Dans un verger, bien irriguer ne signifie pas simplement apporter de l’eau : il s’agit surtout d’apporter la bonne quantité, au bon moment et régulièrement. Une irrigation bien pilotée ne consiste donc pas à arroser davantage, mais à apporter l’eau nécessaire au bon moment pour éviter les à-coups de croissance, sécuriser la récolte et préserver la qualité.  Dans les vergers des agrumes d’Hammamet , l’eau joue un rôle essentiel pour garantir une production régulière et de qualité. « Mais ce qui est important, explique Dr.Sahli , c’est que les paysans hammamétois ont perpétué un précieux patrimoine hérité de leurs ancêtres Andalous. Il s’agit de l’organisation et de l’irrigation du verger d’agrumes.

La richesse du langage vernaculaire lié à l’usage de l’eau témoigne encore de la vivacité de cet héritage.L’eau sortant du puits, grâce à la traction animale s’il s’agit d’un Dalou ou à la force d’entraînement d’une éolienne désignée localement par le terme Sarout, arrive d’abord dans un premier bassin appelé Hjir servant à collecter temporairement l’eau pour les besoins de la famille. Elle s’écoule ensuite gravitairement vers un grand bassin nettement plus profond que le premier dénommé Jabia qui sert à stocker l’eau. La Jabia est muni de deux orifices pouvant être fermés ou ouverts à l’aide d’un Moghlak afin de maîtriser les volumes d’eau d’irrigation.Quittant la Jabia en direction du verger, l’eau passe dans un troisième petit bassin dit Khossa qui sert à casser l’énergie de l’eau émergeant du grand bassin. Elle est drainée ensuite dans la Séquia mère ou principale construite en brique tout au long de l’axe central du verger. La Séquia est munie de plusieurs petites encoches latérales placées face à d’autres Séquias secondaires façonnées à même le sol. De ces Séquias en terre, l’eau est dirigée intentionnellement par le fellah vers les carrés d’agrumes Haoudh, limités chacun par une levée de terre dite Tssir. Une fois les agrumes du premier carré irrigués, le fellah réoriente l’eau vers un autre carré et ainsi de suite »

                                                                     Kamel Bouaouina

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JM Tarente-2026 : Achraf Zouaoui décroche l’or et offre une deuxième médaille à la Tunisie

Achraf Zouaoui s’est imposé comme la grande figure de la journée de mardi aux Jeux méditerranéens de Tarente-2026 en montant sur la plus haute marche du podium en tir de précision, dans le cadre des épreuves de boule lyonnaise, offrant ainsi à la Tunisie sa deuxième médaille d’or après celle remportée par le taekwondoïste Firas Katoussi.

La journée de mardi s’est soldée par un bilan tunisien particulièrement positif, avec quatre médailles au total, grâce notamment à la pétanque qui en a récolté trois, une en or et deux en bronze, tandis que la lutte a sauvé sa participation en décrochant une médaille de bronze.

La Tunisie porte ainsi son total à 12 médailles (2 or, 2 argent et 8 bronze), grimpant à la neuvième place du classement général, toujours dominé par l’Italie avec 81 médailles (29 or, 29 argent et 23 bronze), devant la Turquie, deuxième avec 37 médailles (17 or, 10 argent et 10 bronze), et la Grèce, troisième avec 26 médailles (9 or, 8 argent et 9 bronze).

Achraf Zouaoui a décroché le précieux métal après sa victoire en finale face à l’Italien Matteo Mana, représentant le pays hôte, sur le score de 11 à 9.

Dans une déclaration à l’envoyé spécial de l’agence TAP à Tarente, Zouaoui s’est dit particulièrement heureux de cette médaille d’or, soulignant la valeur particulière de ce sacre, le premier de sa carrière pour sa deuxième participation aux Jeux méditerranéens.

Il a ajouté que son parcours vers le podium n’avait pas été de tout repos, précisant avoir disputé les épreuves malgré une blessure, mais avoir fait preuve de détermination et de combativité jusqu’au bout pour finalement décrocher l’or.

La pétanque a également offert à la Tunisie deux médailles de bronze dans l’épreuve du tir de précision. Mouna Béji s’est imposée face à l’Italienne Sara Ferrera sur le score de 43 à 40, avant de récidiver en double avec sa coéquipière Ahlem Haj Hassan, grâce à une victoire 13 à 3 contre la paire turque Mizgin Morkoyun-Dilcin Oguz.

Dans une déclaration à l’envoyé spécial de l’agence TAP, Mouna Béji s’est dite satisfaite de son résultat en tir de précision, tout en reconnaissant ressentir une certaine amertume après avoir manqué de peu la qualification pour la finale et la possibilité de briguer l’or, à la suite de sa défaite d’un seul point en demi-finale face à la Française Nelly Peyre, 36 à 37.

De son côté, Zeineb Sghaïer a sauvé la participation de la lutte tunisienne en remportant la médaille de bronze dans la catégorie des 68 kg, après avoir battu la Croate Veronika Vilk, 7 à 1.

En natation, la prestation du champion du monde Ahmed Jaouadi n’a en revanche pas répondu aux attentes. Il a pris la sixième place de la finale du 1.500 m nage libre en 15 min 30 sec 99 cent, décevant une nouvelle fois les espoirs placés en lui après s’être contenté de la médaille de bronze sur 400 m et 800 m nage libre.

L’Italien Matteo Diodato a remporté l’or en 15 min 06 sec 27 cent, devant l’Espagnol Cristob Vargas Trujillo, médaillé d’argent en 15 min 07 sec 37 cent, et un autre Italien, Ivan Giovannoni, qui a décroché le bronze en 15 min 08 sec 01 cent.

Dans les sports collectifs, l’équipe de Tunisie masculine de handball a bien réagi après sa défaite lors de la première journée face à la Grèce (27-39), en signant son premier succès aux Jeux contre Chypre, sur le score de 34 à 27, dans le cadre de la deuxième journée du groupe B.

Avec deux points, la Tunisie, troisième du classement, devra impérativement battre jeudi l’Algérie, co-leader avec la Grèce avec trois points chacune, pour assurer sa qualification pour les demi-finales. Les deux premiers de chaque groupe accèdent au dernier carré.

En revanche, la sélection tunisienne masculine de volley-ball s’est inclinée face à la France sur le score de 3 sets à 0 (25-21, 25-20, 25-22), lors de la quatrième journée du groupe A, perdant ainsi toute chance de qualification pour les demi-finales.

La Tunisie, troisième avec cinq points, à sept longueurs du duo de tête composé de la France et de l’Italie, clôturera vendredi son parcours au premier tour face au Portugal, cinquième avec deux points.

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Une soirée de rythme et d’émotion avec Sofiene Safta et sa fille Sandra à l’Amphithéâtre d’El Jem 

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un tel engouement pour un chanteur tunisien. Circulation intense, parking saturé et marée humaine du côté de l’Amphithéâtre d’El Jem .La nouvelle avait fait le tour des réseaux sociaux : « Sofiène Safta va se produire sur scène, le lundi 24 août 2026 au Festival Musique du Monde. »

A 22h00 Sofiene sort des coulisses. Les yeux « inspectant » le vide, il tente de discerner les spectateurs de leurs silhouettes. Puis, machinalement, il se tourna vers son orchestre. Fait quelques gestes, le maestro échangea quelques regards avec sa troupe et… Le spectacle commence. Sur les sons assourdissants de guitares électriques, de basses et de percussions, Sofiene donne le «la». Et c’est l’euphorie totale. Les musiciens s´en donnent à coeur joie. C’est la frénésie. Les chansons se suivent et se succèdent. Il fallait être un bon connaisseur du répertoire de cet artiste pour pouvoir trouver les titres des chansons interprétées. Ce soir ,il a interprété des tubes de ses quatre derniers albums.Question d’équilibrer les choses, et que tout le monde soit content.

Les cinq musiciens étaient au rendez-vous ! Ramsis Zanati à la basse, Sofiene Ghanem à la batterie, Hatem Hmila  à la percussion, Montassar Ghunia au nay, et enfin Ahmed Néji au kanoun invité la violoniste sandra Safta . Acclamé par une foule survoltée, le chanteur guitariste Sofiène Safta accompagné par sa fille Sandra   a livré un show maîtrisé et percutant, enchaînant ses tubes les plus populaires, dont « Alam Jadid » et « mazael el kir » .Sandra nous a régalés au violon pendant le récital ! Concentrée, appliquée… elle est  déjà super à l’aise sur scène. Tel père, telle fille !

Puisé dans la musique tunisienne, enrobé de jazz et de World music, soutenu par de brillants musiciens, Sofiène électrisa la foule avec ses tubes : « bladi zina » et « Miroir » .L’amphithéâtre d’El Jem  résonna aux rythmes de sa musique .Avec une spontanéité incomparable et une force unique qu’il a mené son show en interprétant ses meilleurs tubes, notamment ceux de son  album «Barzakh», où il est passé par différents rythmes et mélodies, puis ses anciens succès que le public a chantés fiévreusement en chœur avec lui.Ce public a repris les refrains des chansons qu’il connaît par cœur, en faisant clignoter des centaines de téléphones portables, comme des étoiles brillantes dans le ciel d’El Jem.

Durant tout le concert, ses chansons mythiques furent acclamées et ovationnées par une assistance enflammée qui était éblouie et n’en revenait pas d’être devant son idole.  « Carthage » « Souvenirs d’enfance » et « Danse de l’oasis » et bien d’autres ont semé la fièvre dans tous les coins de l’amphithéâtre . Sofiene a pu conquérir le grand public avec sa voix chaude au timbre mélodieux et un charisme que seul un vrai artiste peut dégager. Une vraie star qui ne manquera pas de marquer l’histoire de la musique tunisienne

                              Kamel Bouaouina

Photos :

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Le demi-monde : quand les pays riches fabriquent leurs pauvres

Par Jamel BENJEMIA

On a longtemps considéré que la cartographie de la pauvreté relevait d’une évidence. D’un côté, le monde dit avancé, de l’autre, celui qui ambitionnait de le rejoindre. Le Nord et le Sud. Puis s’est imposée, sous la plume d’Alfred Sauvy en 1952, la catégorie du tiers-monde, avant que le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, n’offre à la grande pauvreté une autre visibilité et une autre appellation : le quart-monde, cette misère tapie au cœur même des sociétés d’abondance.

Au cœur de certaines des nations les plus riches surgissent aujourd’hui des scènes que l’ancien lexique peine à saisir : files d’attente devant les banques alimentaires, salariés demeurant pauvres malgré l’emploi, familles étranglées par le coût du logement, étudiants rationnant leurs repas, retraités arbitrant entre se chauffer et se nourrir, personnes à la rue dormant à quelques pâtés de maisons des vitrines du luxe.

Il suffit parfois de quelques stations de métro pour passer d’une topographie de l’opulence à un tout autre pays.

Or ces États ne sont ni démunis ni économiquement défaillants.  Leurs économies pèsent des milliers de milliards, leurs entreprises opèrent sur tous les continents, leurs universités recrutent les élites mondiales.    Comment désigner une telle contradiction ? Peut-être convient-il de risquer un troisième terme : le demi-monde. 

Le mot n’est pas vierge. En 1855, Alexandre Dumas fils donnait à voir, dans Le Demi-Monde, un milieu gravitant autour de la richesse, du pouvoir et de leurs codes. Plus d’un siècle et demi plus tard, les salons ont changé, les couloirs aussi. Les courtisans, eux, n’ont pas disparu.

Dans ce nouveau sens, le demi-monde désignerait ces nations suffisamment riches pour être classées parmi les économies développées, mais assez fracturées pour qu’une partie de leur population ait cessé d’en partager effectivement la prospérité. 

 

Riches, certes, mais prospères pour qui ?

Le produit intérieur brut sait compter. Il sait moins bien raconter. Il additionne ce qu’une nation produit, échange, construit. Mais entre ses colonnes disparaît souvent l’essentiel : la manière dont cette richesse atteint, ou n’atteint plus, la vie ordinaire.

Une moyenne flatteuse peut parfaitement résulter de la cohabitation d’un milliardaire et de mille travailleurs précaires.

C’est ici que s’enracine le malentendu.

Durant des décennies, l’augmentation de la richesse nationale a été tenue pour l’indice le plus sûr de l’amélioration du sort commun. La métaphore de la marée qui soulève tous les bateaux semblait aller de soi. Elle portait en elle la promesse du ruissellement : la richesse créée au sommet devait, tôt ou tard, descendre les étages de la société, relever les revenus et irriguer jusqu’aux plus modestes.

Cette mécanique s’est enrayée.

Dans plusieurs économies développées, l’emploi ne protège plus nécessairement de la vulnérabilité. L’appartenance aux classes moyennes ne garantit plus la possibilité d’épargner. De nombreux ménages, sans être statistiquement pauvres, vivent désormais au voisinage du basculement. Leur équilibre tient moins à un niveau de vie assuré qu’à l’absence d’accident.

La ligne de fracture de la pauvreté ne sépare donc plus uniquement des ensembles nationaux. Elle traverse désormais les nations elles-mêmes.

C’est peut-être là que les mots nous trompent. La richesse dit ce qu’un pays possède, la prospérité, ce que ses habitants peuvent réellement en vivre.

Entre les deux s’est ouvert un espace.

C’est là que s’installe le demi-monde.

 

Lorsque l’abondance côtoie le manque

Il faut éviter les raccourcis. La pauvreté observée à Paris, Londres ou New York n’est pas assimilable à celle de régions privées d’eau potable, de soins essentiels ou d’infrastructures de base.

Le scandale propre au demi-monde relève d’une autre logique : il tient à l’écart entre les ressources disponibles et les garanties effectivement offertes à chacun.

Quand une économie souffre de rareté, celle-ci explique pour partie la misère. Lorsque, au contraire, l’opulence et le dénuement partagent le même espace, parfois la même rue, la question se déplace. Il ne s’agit plus de demander combien possède la société, mais comment elle organise ce qu’elle possède.

Un pays peut accumuler des actifs tandis que sa cohésion s’érode, multiplier les fortunes privées tout en fragilisant ses classes moyennes, ériger des tours étincelantes tandis qu’à leur pied s’enracine le sentiment d’une prospérité devenue hors de portée.

Le demi-monde n’est donc ni le tiers-monde ni le quart-monde. Il est le paradoxe d’une société où la pauvreté perdure alors même que les moyens de la réduire existent.

Et cet avertissement ne concerne pas les seules démocraties occidentales.

Les pays qui ambitionnent de rejoindre le cercle des économies développées gagneraient à ne pas se demander seulement quand ils deviendront riches, mais quelle société ils entendent bâtir avec cette richesse.

Car un État peut franchir le seuil de la richesse bien avant que son peuple n’atteigne celui de la prospérité.

 

L’impôt et ses antichambres

Toute inégalité n’est pas nécessairement une injustice. La créativité, la prise de risque propre à l’entrepreneuriat, l’excellence technique, l’effort soutenu ou la rareté d’une expertise peuvent, à bon droit, engendrer des écarts de rémunération.

L’inégalité change pourtant de nature lorsqu’elle ne procède plus seulement de la création de valeur, mais aussi de la capacité inégalement répartie à peser sur les règles de son partage. 

C’est à ce point que l’impôt devient une affaire éminemment politique.

Devant l’impôt, tous les citoyens sont égaux en droit. Ils le sont beaucoup moins en moyens.

À mesure que les patrimoines s’accroissent, les instruments se sophistiquent : holdings, arbitrages d’actifs, choix de juridictions, optimisation et conseil fiscal sur mesure. 

Ces dispositifs n’ont rien, en eux-mêmes, d’illégal. La difficulté tient moins à la fraude qu’à l’asymétrie des moyens que les contribuables peuvent mobiliser face à la norme fiscale.

Et voici la dette. Elle entre dans l’histoire comme une créancière silencieuse : avant même que l’État ne décide ce qu’il fera de ses recettes, une part du lendemain appartient déjà au passé. Plus son poids augmente, plus se resserre l’espace où arbitrer entre école, santé, investissement et protection sociale. La dette ne fabrique pas le demi-monde. Mais lorsqu’elle étrangle les marges publiques, elle peut en approfondir les fissures.

L’épisode français de la taxe dite «Zucman», inspirée des travaux de l’économiste et traduite dans une proposition d’impôt plancher de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, a cristallisé cette tension.

Reste une question : jusqu’où demander davantage à ceux qui ont le moins de moyens pour organiser leur contribution, lorsque les détenteurs des patrimoines les plus considérables peuvent, eux, mobiliser expertises juridiques et réseaux d’influence pour défendre leurs intérêts ?

L’impôt ne se réduit alors plus à un barème, il engage la question du consentement.

Un citoyen accepte difficilement qu’une règle se veuille commune si, au moment d’être appliquée, elle semble s’ouvrir par plusieurs portes.

 

Les demi-mondains d’aujourd’hui

C’est ici qu’Alexandre Dumas fils réapparaît dans notre imaginaire collectif.

Le Demi-Monde de Dumas avait ses courtisans, ses antichambres et tout un microcosme aimanté par la richesse.

Le XXIe siècle s’est doté de ses propres médiateurs : lobbyistes, consultants, conseillers, fiscalistes. Leurs fonctions sont légitimes et souvent indispensables. Il va de soi que tous ne travaillent pas au bénéfice des plus puissants.

Seulement voilà : toutes les voix ne parlent pas à la même distance du pouvoir.

Le retraité n’a pas d’antichambre. Le salarié n’a pas de cabinet pour recomposer son impôt. Le travailleur pauvre, lui, n’a guère d’actifs à déplacer d’une juridiction à l’autre.

Certaines grandes fortunes peuvent, en revanche, réunir autour d’elles les meilleures expertises afin de préserver les conditions de leur enrichissement.

À l’autre extrémité, des ménages ne se demandent plus comment accroître ce qu’ils possèdent, mais comment préserver ce qu’ils risquent de perdre : leur autonomie, leur sécurité, parfois simplement leur place dans la société.

C’est là que le demi-monde révèle sa véritable fracture : non parce que l’existence des riches constituerait une nouveauté, mais parce que l’enrichissement fulgurant des uns et l’appauvrissement éprouvé des autres finissent par apparaître comme deux mouvements contraires d’un même mécanisme d’horlogerie.

Dumas décrivait les demi-mondains qui évoluaient dans l’orbite des riches.

Notre époque a peut-être inventé ceux qui veillent à ce qu’ils le restent.

Et c’est peut-être là la définition contemporaine du demi-monde : un pays suffisamment riche pour ne plus pouvoir expliquer ses pauvres par son manque de ressources, mais pas encore assez juste pour empêcher que la prospérité se fracture entre eux.



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