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USA-Canada: ces mots qui tuent !

Donald Trump persiste et signe. En plein bras de fer commercial avec le Canada, le président américain signe un décret rebaptisant le lac Ontario « lac d’Amérique ». Si cette décision est symbolique, elle n’en heurte pas moins profondément les sensibilités canadiennes. 

 

La proximité géographique peut-elle se transformer en une véritable malédiction ? « On ne choisit pas ses voisins », lançait, avec un fatalisme teinté d’ironie, feu Hédi Nouira, Premier ministre tunisien sous Habib Bourguiba, face aux provocations à répétition et aux crises diplomatiques que le turbulent Mouammar Kadhafi infligeait à la Tunisie au début des années 1980. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, aurait sans doute pu méditer cette vieille maxime après une nouvelle initiative de Donald Trump, lequel a décidé de rebaptiser le lac situé à la frontière américano-canadienne. Une décision qui s’inscrit dans une série de gestes symboliques et de provocations diplomatiques du président américain, dont le décret signé le 20 janvier 2025, jour de son retour à la Maison-Blanche, ordonnant de remplacer officiellement le nom de « golfe du Mexique » par celui de « golfe d’Amérique ».

« A un dollar près »

Cette nouvelle offensive du président états-unien contre le Canada, qu’il accuse de « dépouiller » les Etats-Unis, risque de doucher l’espoir, exprimé jeudi 27 août par Ottawa, d’une reprise des discussions commerciales. « Les Canadiens nous ont très mal traités. Ce sont des gens méchants », a déclaré le président américain.

Les deux pays, pour l’heure, se rendent coup pour coup en matière de taxes douanières. Le Canada a riposté à de nouveaux droits de douane américains entrés en vigueur samedi avec une série de surtaxes visant certains produits, après la rupture de négociations commerciales entre les deux pays. Ces mesures seront effectives le 8 septembre.

Mais attention. Un décret présidentiel de ce type n’a d’autorité qu’à l’intérieur des Etats-Unis et n’engage ni les autres pays ni les organismes internationaux. En effet, après le décret similaire signé par Donald Trump en janvier 2025 renommant le golfe du Mexique, l’agence de presse américaine Associated Press avait refusé d’adopter cette nouvelle appellation dans ses dépêches, ce qui lui avait valu d’être temporairement exclue d’événements à la Maison Blanche – une décision jugée anticonstitutionnelle par la justice américaine en avril 2025.

Provocation gratuite

Ainsi, dans son nouveau « trip » consistant à redessiner les cartes du monde au gré de ses lubies, et alors même qu’il mène une guerre commerciale contre son voisin du nord, Donald Trump a … ordonné, selon ses propres termes, de changer « immédiatement » le nom du lac Ontario en « lac d’Amérique ».

Une nouvelle provocation qui, comme souvent avec le président américain, ne s’est pas limitée au texte du décret. Dans une mise en scène où la provocation rivalise avec le mauvais goût, Trump a fait installer dans le Bureau ovale une carte affichant le nouveau nom de cette étendue d’eau, l’un des Grands Lacs d’Amérique du Nord. Et, histoire de bien faire passer le message, le très controversé « lac d’Amérique » y apparaissait en grosses lettres rouges. Difficile de faire plus théâtral et plus provocateur à l’égard du voisin canadien.

Et d’enfoncer le clou, le décret publié par la Maison-Blanche affirme que « les États-Unis sont le premier protecteur des Grands Lacs ». Le texte va jusqu’à souligner que Washington « revendique la plus grande partie du volume du lac », au motif que ses zones les plus profondes se trouvent du côté américain.

Une formulation pour le moins provocatrice lorsqu’on sait que le lac Ontario est une étendue d’eau transfrontalière, gérée conjointement par les États-Unis et le Canada. Derrière ce changement de nom hautement symbolique se dessine ainsi une nouvelle démonstration de la méthode Trump, soit  transformer jusqu’aux toponymes en instruments de puissance et de rapport de force.

Une leçon d’histoire

Réaction immédiate de l’altier Premier ministre canadien, l’homme qui a su dire non à son puissant voisin : « Nous savons que les États-Unis sont en train de changer. Leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes » mais « les Canadiennes et les Canadiens savent aussi qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours », a-t-il écrit en français sur son compte X.

Et de rappeler implacablement  qu’« Ontario », également le nom d’une province canadienne, venait d’un mot huron, « Ontari’io », qui signifie « le lac est beau, le lac est grand ». Ce nom remonte « à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique ».

Pour sa part, le grand chef du pays wendat, Pierre Picard, s’est dit indigné et choqué par la décision de Donald Trump, qu’il accuse de « tenter d’effacer notre histoire ». « Je veux lui dire (au président américain, NDLR) qu’il est inacceptable pour nous, en tant que pays, d’avoir un président capable d’effacer notre histoire, notre culture et notre identité. Je ne pense pas que quiconque soit en mesure de faire changer d’avis Trump, mais pour nous, il est important que, en tant que grand chef, je fasse entendre notre voix aux États-Unis et que je leur fasse savoir que nous sommes profondément mécontents de cette décision », a-t-il martelé.

M. Picard a ajouté qu’il espérait que les entreprises de cartographie ne se plieraient pas au changement de nom unilatéral imposé par le président américain et que Mark Carney lui avait indiqué que le Canada ne le ferait pas non plus.

Pour rappel, les Wendats occupaient une partie de la vallée du Saint-Laurent jusqu’aux Grands Lacs, cette région étant riche en routes commerciales tant avant qu’après le contact avec les Européens. Ils ont baptisé le lac « Ontari : io ».

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La carte énergétique se déplace du Moyen-Orient aux Amériques !

Le pétrole de l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud est en train de concurrencer sérieusement celui du Moyen-Orient et ce n’est pas uniquement lié au contexte géopolitique relatif à la guerre d’Iran. Le président américain Donald Trump a toujours soutenu aussi bien la multiplication des plateformes de forage que la production effrénée du gaz de schiste. C’est un nouveau paysage énergétique qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Aujourd’hui, le fameux slogan de Trump lors de sa campagne présidentielle «Drill baby, drill!» (Fore chérie, fore!) est en train de se matérialiser. (La carte pétrolière mondiale bascule davantage vers le Texas et le reste des Amériques. Photographe : Daniel Acker/Bloomberg).

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg préparée par Javier Blas, la carte mondiale du pétrole se déplace de plus en plus vers le Texas et le reste des Amériques. Pendant quelques semaines en 2026, les Amériques ont produit près de la moitié du pétrole mondial. Ce fut un moment exceptionnel, même s’il fut de courte durée. 

Il s’agissait en partie d’une anomalie statistique due aux circonstances exceptionnelles créées par la guerre d’Iran qui a paralysé une grande partie du secteur énergétique du Golfe mais c’était aussi un indicateur concret d’une forte augmentation de la production, déplaçant le centre de gravité du marché pétrolier mondial du Moyen-Orient.

L’augmentation de la production et le réalignement qui l’accompagne devraient se poursuivre jusqu’en 2027, voire bien au-delà, contrebalançant significativement la pression à la hausse sur les prix du pétrole résultant d’une guerre prolongée.

Jusqu’à présent, plusieurs facteurs ont contribué à maintenir les prix du pétrole à un niveau relativement bas par rapport au mois de mars. La mise à disposition des réserves stratégiques y contribue, tout comme les oléoducs qui contournent les goulets d’étranglement offshore.

La Chine a également drastiquement réduit ses importations, libérant ainsi davantage de barils pour d’autres acheteurs.

Boom pétrolier sur le continent américain

De plus, le volume de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz reste supérieur à ce que l’on croit (ce n’est pas une fermeture totale comme au mois de mars lorsque la guerre battait son plein). 

Toutefois, le boom pétrolier sur le continent américain constitue un autre facteur important.

Si la révolution du gaz de schiste américain est l’un des événements géoéconomiques les plus sous-estimés de ces 25 dernières années, la forte augmentation de la production pétrolière dans le reste des Amériques, notamment au Brésil et au Canada, passe bien inaperçue.

Cette augmentation est d’autant plus remarquable compte tenu de l’effondrement de la production dans deux des principaux pays producteurs historiques de la région : le Venezuela, en raison d’une mauvaise gestion politique, et le Mexique, pour des raisons géologiques.

42 millions de barils par jour

Les Amériques produisent actuellement environ 39,5 millions de barils par jour de pétrole brut et autres liquides pétroliers.

De plus, le continent produit environ 2,5 millions de barils par jour d’éthanol et de biodiesel, des quantités généralement comptabilisées dans la production pétrolière totale.

Cela porte le total à 42 millions de barils par jour, plus que toute autre région du monde, y compris le Moyen-Orient.

L’hymne national américain proclame les États-Unis «terre de la liberté et patrie des braves» mais le boom énergétique est devenu si massif qu’on pourrait affirmer que le continent se transforme en une terre de magnats du pétrole et un foyer de richesse pétrolière.

En temps normal, les Amériques représentent environ 40% de la production mondiale totale de pétrole.

En quelques semaines seulement, en mars, ce chiffre a bondi à un peu plus de 45% après que l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Irak, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont été contraints de fermer leurs puits de pétrole suite à la fermeture du détroit d’Ormuz.

C’est une manne inestimable pour un continent où de nombreux pays sont préoccupés depuis des décennies par le problème de leur dépendance au pétrole étranger.

En 2000, les Amériques ne représentaient qu’environ 26% de la production mondiale, et ce, avant même la chute spectaculaire de la production au Venezuela et au Mexique.

La croissance est tout aussi importante que le volume. Toutefois, le volume de production n’est pas le seul indicateur important. Son taux de croissance l’est tout autant.

Les Amériques produisent actuellement environ 1,6 million de barils par jour de plus qu’il y a un an, soit suffisamment pour couvrir environ le double de la croissance annuelle habituelle de la demande mondiale.

Cette croissance dépasse les prévisions de la plupart des analystes il y a quelques mois à peine. Par rapport à il y a deux ans, le continent produit désormais 3,2 millions de barils supplémentaires par jour.

Cinq pays sont à l’origine de la majeure partie de cette augmentation: Les États-Unis, le Canada, le Brésil, le Guyana et l’Argentine. Un sixième pays, le Venezuela, rejoint cette tendance cette année.

Désormais, cette hausse va s’accélérer, les entreprises passant d’une stratégie de «production stagnante» à une croissance à un chiffre.

En mai, dernier mois pour lequel des données sont disponibles, les États-Unis ont produit environ 13,7 millions de barils par jour de pétrole brut, 8 millions de barils par jour d’autres liquides pétroliers et environ 1,5 million de barils par jour de biocarburants.

Le pétrole brut est de loin le composant le plus important, et sa production devrait bientôt atteindre 14 millions de barils par jour et continuer d’augmenter tant que les prix du pétrole resteront supérieurs à 70 dollars le baril.

La production d’autres liquides et de biocarburants devrait également augmenter.

La hausse des prix relance les plateformes de forage

Les prix du pétrole étant restés plus élevés que prévu il y a quelques mois, le nombre de plateformes de forage actives a atteint son plus haut niveau en un an.

Le nombre d’équipes chargées de la préparation des puits et de leur mise en production a également atteint un niveau record en 16 mois.

Outre les gains d’efficacité et l’augmentation des forages et des complétions de puits, un autre facteur crucial apparaîtra au second semestre à savoir la reprise des prix du gaz naturel dans le bassin permien.

Lorsque les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste forent dans le Permien, qui s’étend de l’ouest du Texas au sud-est du Nouveau-Mexique, elles produisent généralement du gaz naturel en même temps que du pétrole.

La production de ce «gaz associé» a plus que triplé depuis 2018, dépassant la demande intérieure et la capacité des pipelines.

Pendant des mois, ces compagnies payaient les consommateurs pour qu’ils absorbent leur gaz.

Avec tous les gazoducs disponibles saturés, le prix du gaz au hub de Waha, dans le bassin permien, a chuté à un niveau record de -10 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu) fin avril.

Il s’agissait du point le plus bas enregistré en 132 jours de prix négatifs entre février et juin.

Les gazoducs changent la donne

Cependant, le prix du gaz à Waha a depuis remonté à environ 2 dollars par MMBtu grâce à la mise en service de nouvelles capacités de transport de gaz.

Parmi ces nouvelles capacités figurent l’extension du gazoduc Gulf Coast Express, développé par Kinder Morgan, et la mise en service du nouveau gazoduc Hugh Brinson d’Energy Transfer.

Le gazoduc Blackcomb, développé par un consortium dirigé par Whitewater, devrait également être mis en service plus tard cette année.

Face à la hausse des prix du gaz, les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste ont pu augmenter leur production, soit en forant de nouveaux puits, soit en remettant en service des puits qui avaient été fermés ou dont la production avait été réduite en raison des prix négatifs du gaz.

Permian Resources a informé ses investisseurs en début de mois qu’elle avait dû réduire la production de certains de ses puits au cours du deuxième trimestre mais la situation a depuis évolué.

«Lorsque les prix du gisement de Waha se sont améliorés fin juin, nous avons remis en service tous les puits dont la production avait été réduite, sans aucun problème opérationnel», a déclaré Will Hickey, co-PDG de l’entreprise. Et cette tendance se confirme chez de nombreuses autres sociétés.

Le Brésil, le Guyana et l’Argentine battent des records

Ce boom ne se limite pas aux États-Unis. Le Brésil, le Guyana et l’Argentine ont chacun enregistré leurs niveaux de production les plus élevés jamais atteints le mois dernier.

Le Canada est également en voie d’enregistrer sa production annuelle la plus élevée cette année.

D’ici fin 2027, le Brésil et le Canada réunis produiront plus de pétrole que l’Arabie saoudite. Le Guyana produira autant de pétrole brut que la Libye.

Une étude de JPMorgan met en lumière un facteur clé expliquant la poursuite de ce boom : les nouveaux projets pétroliers offshore au Brésil et au Guyana généreront des rendements sur de nombreuses années, ce qui les rendra relativement moins sensibles aux fluctuations à court terme des prix du pétrole.

Les barils supplémentaires produits au Canada et en Argentine proviennent de producteurs à bas coûts qui devraient continuer d’investir même si les prix baissent l’an prochain.

La carte mondiale du pétrole a été redessinée

La carte mondiale du pétrole a changé bien plus qu’on ne le pense. Les troubles au Moyen-Orient vont entraîner un afflux accru de capitaux vers les projets énergétiques des Amériques, ce qui stimulera la production et déplacera davantage le centre de gravité de l’industrie pétrolière mondiale vers l’ouest.

C’est un nouveau paysage pétrolier qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Le «drill baby, drill !» cher à Donald Trump est passé d’un slogan de campagne à une réalité factuelle. Et pas seulement aux Etats-Unis.

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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Le coûteux ratage du « raccourci nucléaire » par l’Iran

La rumeur que l’administration Trump discute l’option d’utiliser « l’arme nucléaire tactique » contre l’Iran circule depuis quelque temps dans les réseaux sociaux. Le 15 août, cette rumeur s’est amplifiée par ce tweet sur X publié par l’ancienne représentante de Géorgie au Congrès, Marjorie Taylor Greene : « L’administration Trump a évoqué la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran lors de réunions stratégiques de haut niveau. » Sans surprise, la Maison Blanche a démenti l’allégation, la qualifiant de « pure invention. »

Juste une semaine plus tard, le samedi 22 août, l’Agence Tasnim nous informe que deux parlementaires iraniens, Akhlaqi-Amiri et Ravanbakhsh ont soumis au Parlement une proposition de « retrait de l’Iran du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et de révision de la doctrine de Défense de la République islamique. » Les deux députés expliquent, d’après Tasnim : « Après l’attaque sauvage contre l’Iran, l’assassinat du Guide suprême et d’un grand nombre de commandants et de citoyens, une révision de la doctrine de Défense s’impose. »

Le même jour, le nouveau chef des Gardiens de la Révolution, Mohsen Redhaï, publie ce texte sur les réseaux sociaux : « L’attaque de Trump contre l’Iran a accru le désir de certains pays d’acquérir l’arme nucléaire. Un désir d’autant plus justifié qu’ils ont constaté l’inefficacité de l’adhésion à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et au TNP de prévenir les attaques américaines. » Il faut bien préciser ici que l’adhésion de l’Iran au Traité de non-prolifération nucléaire remonte à 1968, ratifiée en 1970, soit neuf ans avant l’établissement de la République islamique. En d’autres termes, si la proposition des deux députés est adoptée par le Parlement et Téhéran se retire du TNP, l’ultime trace juridique du régime du Chah s’effacera.

Il est certain que des millions d’Iraniens, y compris parmi les hauts responsables de l’Etat, doivent ressentir une grande amertume à l’idée que leur pays est resté 47 ans durant fidèle à l’engagement signé par le Chah auprès de l’AIEA. Si Khomeiny avait abrogé cet engagement avec tout l’arsenal juridique du régime du Chah, l’Iran, la région et le monde seraient aujourd’hui dans un bien meilleur état. Peut-être Khomeny ne l’a pas fait alors, parce que, il y a 47 ans, le monde était beaucoup plus sûr. La division Est-Ouest avec l’Otan d’un côté et le Pacte de Varsovie de l’autre ne permettait à aucune puissance, petite ou grande, de se comporter en force sanguinaire sans foi ni loi, comme le font aujourd’hui les Etats-Unis et Israël.

Mais, malgré les huit ans de guerre dévastatrice avec l’Irak (1980-1988) que Saddam Hussein, encouragé par les Américains et les Européens, avait déclenchée ; malgré les provocations, les agressions et les assassinats perpétrées par Israël et malgré les sanctions étouffantes imposées par les Etats durant des décennies, l’Iran est non seulement resté fidèle au TNP, mais subissait en silence tout le mal dont était capable de lui infliger l’alliance américano-sioniste. A Téhéran, cette passivité était appelée « patience stratégique ». Certes, il s’est avéré que durant les décennies de « patience stratégique », l’Iran se préparait à la guerre inévitable que l’alliance américano-sioniste déclenchera un jour ou l’autre et a fini par déclencher. Et la République islamique s’est bien préparée. Ses missiles et ses drones ont terrifié les ennemis qui ne s’attendaient certainement pas à une telle réaction, et enchanté les amis qui ne s’attendaient pas non plus à de telles performances militaires de la part d’un pays sous sanctions depuis un demi-siècle.

Mais en dépit de la résistance héroïque iranienne, en dépit de la défaite des agresseurs dans le sens où ils n’ont accompli aucun de leurs objectifs de départ, la guerre n’est pas finie pour autant. Trump et Netanyahu refusent de reconnaître leur défaite, et le monde se trouve en 2026 dans une situation « plus grave » que celle dans laquelle il se trouvait en 1939, à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

Deux puissances nucléaires dont l’une vise la domination de la planète entière et l’autre la domination du grand Moyen-Orient, ne reconnaitront jamais leur défaite face à un pays sous sanctions depuis des décennies, et dont le budget militaire est moins de 1% de celui des Etats-Unis. D’où la peur que, face à son impuissance de résoudre le conflit ni par les moyens militaires, ni diplomatiques, ni à travers les pressions économiques, Trump ne recoure, dans un accès de folie, à l’arme nucléaire.

La peur est exacerbée par un récent rapport de la CIA qui détaille les dangers stratégiques qui menacent les Etats-Unis en cas de défaite : « effondrement de la crédibilité de la dissuasion américaines, la crise énergétique mondiale, et le renforcement de l’axe multipolaire adverse. » Pour ne pas en arriver là, le rapport recommande implicitement « une victoire de quelque manière que ce soit. » De là à penser que l’usage de l’arme nucléaire n’est plus exclu, beaucoup d’analystes ont franchi le pas.

L’argument est simple. Si le monde s’est montré incapable de prévenir le génocide de Gaza et indifférent à sa banalisation, que peut-il faire pour empêcher un usage de l’arme nucléaire et la banalisation de l’holocauste qui s’ensuivrait ? C’est là où l’amertume ressentie par des millions d’Iraniens de ne pas avoir quitté plus tôt le TNP prend tout son sens. Car, en toute logique, au lieu d’avoir dépensé autant d’énergie, d’effort et de temps à construire des usines de fabrication de missiles et de drones sous les montagnes, il aurait été beaucoup plus simple de prendre, à l’exemple de la Corée du nord, « le raccourci nucléaire. »

En d’autres termes, à la lumière de la dangereuse impasse dans laquelle se trouve non seulement les belligérants, mais le monde dans son ensemble, il aurait été plus judicieux que l’Iran quitte à temps le TNP, construise une dizaine de bombes, faire exploser une dans le désert pour annoncer officiellement son entrée dans le club nucléaire et assurer ainsi sa paix et sa sécurité par le biais de la dissuasion.

L’Iran et le monde avec sont en train de payer le prix fort de ce ratage du « raccourci nucléaire » par la République islamique. La proposition des deux députés de soumettre au parlement iranien un vote sur le retrait du TNP vient peut-être un peu tard.

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Trump veut étrangler l’Iran, Pékin refuse de lui tendre la corde !

La nouvelle stratégie américaine visant à asphyxier économiquement l’Iran pourrait se heurter à un obstacle majeur : la Chine. Principal partenaire commercial de Téhéran et premier débouché de son pétrole, Pékin n’entend pas se plier aux exigences de Washington.

C’est manifestement un aveu d’échec. Confronté à une impasse militaire et incapable de dégager une issue à une guerre dans laquelle il s’est enlisé jusqu’au cou, ni de transformer la démonstration de force militaire en victoire politique, Donald Trump change désormais de stratégie. Plutôt que de poursuivre une confrontation militaire sans perspective de victoire, le président américain fait le choix d’intensifier la pression sur Téhéran pour l’isoler et l’asphyxier économiquement. Jusqu’à provoquer l’effondrement du régime des mollahs de l’intérieur, tel un château de cartes.

Ainsi, après avoir brandi régulièrement la menace d’une intervention militaire massive, Donald Trump change de cap en s’appuyant désormais sur les sanctions et la pression économique pour faire plier Téhéran. Il se pourrait que le président américain ait précisément choisi cette nouvelle stratégie pour offrir un répit à l’action militaire, alors que les polémiques s’accumulent, notamment sur l’état des stocks de missiles américains ou encore sur la situation à bord du porte-avions « USS Abraham Lincoln » ? L’hypothèse n’est pas à écarter.

Toujours est-il que, toutes proportions gardées, ce nouveau virage rappelle curieusement le scénario actuellement à l’œuvre à Cuba. Là encore, Washington a privilégié l’étau économique, les sanctions et la pression maximale pour tenter d’étouffer un adversaire que la force n’a pas suffi depuis plus d’un demi-siècle à faire plier.

Coup de sang

Sitôt dit, sitôt fait. Les Etats-Unis et le milliardaire américain ont pressé jeudi 20 août leurs alliés et la Chine de rejoindre une vaste opération de pression économique contre l’Iran, censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires. Tout en menaçant sans ambiguïté tout pays qui, de près ou de loin, apporterait son soutien à son ennemi juré « de subir les foudres de Washington ».

« J’annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d’offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l’Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Ajoutant sur un ton guerrier qu’il s’agit de « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise ».

« Contrebande de pétrole, swaps de devises, transferts de fonds, bureaux de change, registres de navires, sociétés écrans : tout cela doit cesser immédiatement », a aussi détaillé le locataire de la Maison-Blanche, qui explique sa décision par le fait que l’Iran a « échoué à saisir » l’opportunité de conclure un accord.

Surenchère

Reprenant le ton spartiate et sans détour de son patron, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, enfonce le clou. Il brandit à son tour la menace d’un isolement économique de l’Iran « comme le monde n’en a jamais vu », auquel pourrait s’ajouter un blocus naval du détroit d’Ormuz. De quoi faire monter d’un cran la pression sur Téhéran et transformer l’arme économique en véritable instrument d’asphyxie stratégique.

« Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes, que ce lien soit entretenu volontairement ou délibérément ignoré », a menacé sur X le secrétaire américain au Trésor.

« Nous sommes en quelque sorte dans une nouvelle phase où l’outil le plus efficace que nous ayons est la pression économique que nous pouvons leur imposer », a assuré de son côté le vice-président JD. Vance, invité d’un podcast conservateur. « Ce sera une danse délicate » parce que l’Iran « essaiera de faire pression économiquement sur nous », a-t-il toutefois averti.

Le niet chinois

Reste également à savoir quelle attitude adopteront les alliés des États-Unis, qui ont jusqu’ici choisi de rester à l’écart des opérations militaires, une prudence qui leur vaut désormais la rancœur tenace du président américain.

Mais c’est surtout de l’attitude de Pékin que dépendra le succès ou l’échec de cette nouvelle offensive économique américaine.

En effet, Donald Trump se dit convaincu de bénéficier d’une relation privilégiée avec le président chinois Xi Jinping, qu’il doit recevoir le 24 septembre aux États-Unis.

Reste que cette proximité affichée sera mise à rude épreuve dès lors qu’il s’agira de l’Iran. Car plus d’un quart des échanges commerciaux de la République islamique ont été réalisés avec la Chine en 2024, faisant de Pékin un partenaire économique incontournable de Téhéran. La Chine est également l’un des principaux débouchés du pétrole iranien, que Téhéran continue d’exporter malgré les sanctions américaines, notamment grâce au recours à une vaste flotte dite « fantôme ». Dès lors, sans la coopération ou à tout le moins la neutralité de Pékin, l’ambition américaine d’asphyxier économiquement l’Iran risque de se heurter à un obstacle de taille.

Et c’est sans surprise que la Chine a réagi, vendredi 21 août, à la pression des États-Unis menaçant les pays « partenaires » de l’Iran d’une guerre économique.

Ainsi, Pékin dit « s’opposer aux sanctions unilatérales illégales qui n’ont aucun fondement en droit international et qui n’ont pas l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies ». « Les sanctions et les pressions ne permettront pas de résoudre le problème », a affirmé un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian en appelant « toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables et à régler le problème par la voie politique et diplomatique ».

Pour résumer, Pékin ne semble pas disposé à se plier automatiquement à l’injonction de Washington. La Chine s’oppose au principe des sanctions extraterritoriales américaines et entend préserver ses intérêts énergétiques avec l’Iran. Dans le même temps, elle cherche à éviter une confrontation frontale avec Washington.

Difficile à concilier, quitte à jouer le grand écart.

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Les Talibans veulent ouvrir un nouveau chapitre avec les États-Unis !

Cinq ans après le retrait américain et leur retour au pouvoir, les Talibans souhaitent le retour de Washington en Afghanistan mais sous une forme radicalement différente : une présence diplomatique et des investissements économiques mais sans présence militaire. De leur côté, les Américains restent très prudents car même si Donald Trump n’est pas très regardant sur les droits humains, l’oppression des femmes par le sulfureux mouvement islamiste est telle que sauter le pas et ouvrir une nouvelle page avec les Talibans est loin de soulever l’enthousiasme de l’administration américaine. (Photo: Amir Khan Muttaqi).

Imed Bahri

Selon le New York Times, ce changement est clairement perceptible dans les déclarations du ministre afghan des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi qui a appelé les États-Unis à rouvrir leur ambassade à Kaboul et à maintenir une présence diplomatique dans son pays ainsi qu’à investir dans les minerais et les infrastructures notamment les barrages et les routes. 

Muttaqi présente cette invitation comme le début d’un «nouveau chapitre» dans les relations bilatérales, fondé sur le respect mutuel et la coopération plutôt que sur la guerre et le conflit.

Le NYT associe cette initiative à une tentative plus large des Talibans de sortir de l’isolement international dans lequel ils sont depuis leur retour au pouvoir en 2021. Ils ont intensifié leurs efforts diplomatiques et économiques en renforçant leurs relations avec la Russie et les pays d’Asie centrale, en concluant des accords commerciaux, en s’ouvrant aux États du Golfe et en coopérant avec plusieurs pays européens sur la question du rapatriement des migrants afghans.

Obstacles majeurs à Washington

Les Talibans considèrent le rétablissement d’une forme de relation avec Washington s’il se concrétise comme un grand succès diplomatique. Ils souhaitent que ceci ait lieu tant que le président Trump est encore au pouvoir car il accorde une grande importance aux deals et aux intérêts commerciaux et économiques.

Par conséquent, le mouvement tente de se présenter aux États-Unis comme une autorité capable d’imposer la sécurité et la stabilité et de créer un environnement propice aux investissements étrangers, bien que cette ambition se heurte à d’importants obstacles à Washington.

En effet, l’administration américaine ne semble pas actuellement disposée à normaliser ses relations avec les Talibans. De fait, elle a pris des mesures ces derniers temps qui ont creusé le fossé entre les deux camps.

Par ailleurs, les États-Unis conditionnent tout engagement avec les Talibans à la lutte contre le terrorisme et au respect des droits humains, alors même que le mouvement continue d’imposer de fortes restrictions aux femmes et aux filles dans le domaine de l’éducation.

Washington a également rejeté plusieurs revendications formulées précédemment par les Talibans, tandis que le mouvement n’a pas répondu aux demandes du président Trump, notamment le retour du contrôle américain sur la base aérienne de Bagram, la restitution des armes américaines laissées en Afghanistan après le retrait et le cas d’un citoyen américain qui, selon Washington, est détenu par les Talibans ce que ces derniers démentent.

À l’inverse, les Talibans tentent de convaincre Washington que le retour des Américains n’implique pas le retour des forces militaires. Muttaqi, selon le NYT, affirme que les Afghans n’acceptent pas une présence militaire étrangère sur leur territoire, compte tenu de la longue expérience historique du pays en matière d’interventions étrangères. C’est pourquoi les Talibans privilégient une approche fondée sur a représentation diplomatique, l’investissement et le commerce plutôt que sur des bases militaires.

Ressources minérales vitales

L’offre des Talibans met l’accent notamment sur les richesses minières de l’Afghanistan.  Le pays possède d’importantes réserves inexploitées de lithium, de cuivre et de minerai de fer, ainsi que des terres rares.

Certaines personnalités américaines interrogées par le NYT estiment que cette question pourrait constituer un point d’entrée concret pour relancer le dialogue entre Washington et Kaboul, d’autant plus que l’administration Trump a tendance à privilégier les intérêts économiques et les accords commerciaux.

Le journal américain rappelle l’expérience passée des États-Unis soulignant qu’ils ont dépensé près d’un milliard de dollars entre 2004 et 2021 pour tenter de développer le secteur extractif afghan, sans obtenir de résultats tangibles.

Actuellement, le gouvernement taliban a déjà commencé à signer des accords d’investissement minier avec des entreprises internationales, ce qui témoigne de sa volonté d’exploiter les ressources naturelles du pays afin d’attirer des capitaux étrangers.

Le NYT rappelle aussi que les pays européens ont commencé à dialoguer avec les Talibans notamment sur la question de l’immigration et de l’expulsion des demandeurs d’asile afghans déboutés ou des criminels de droit commun condamnés.

Les rencontres qui ont eu lieu entre diplomates afghans et européens sont le signe d’un assouplissement progressif de la distance politique qui avait caractérisé les premières années du retour au pouvoir des talibans.

Toutefois, cette ouverture ne constitue pas une reconnaissance internationale formelle du gouvernement taliban. Les pays européens ne reconnaissent toujours pas ce gouvernement comme l’autorité légitime en Afghanistan et les Talibans demeurent exclus des principales institutions internationales.

Par ailleurs, le chef du mouvement Haibatullah Akhundzada fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité liés à la politique du mouvement à l’égard des femmes et des filles.

À Washington même, des voix se sont élevées pour réclamer une réévaluation de la politique d’isolement total des Talibans. D’anciens diplomates et chercheurs américains affirment que la poursuite du boycott pourrait nuire aux intérêts américains, notamment compte tenu de l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Afghanistan.

Washington moins enthousiaste à l’idée d’un retour

Ces observateurs estiment qu’une présence diplomatique américaine à Kaboul offrirait à Washington une plus grande marge de manœuvre pour influencer l’évolution de la situation en Afghanistan, défendre ses intérêts économiques, renforcer ses relations avec les États d’Asie centrale et contrebalancer l’influence de la Chine et de la Russie.

Le chercheur Hassan Abbas résume l’essence du dilemme en affirmant que les Talibans n’ont pas encore fait assez pour modifier la position de la communauté internationale à leur égard et que toute véritable ouverture nécessite un changement dans certaines de leurs politiques, ce que le mouvement ne semble pas prêt à proposer pour le moment.

Alors qu’il y a quelques années, la question portait sur le retrait militaire américain d’Afghanistan, elle porte aujourd’hui sur un éventuel retour des États-Unis dans le pays, non pas en tant que force militaire mais en tant que puissance diplomatique et économique, un retour que les talibans semblent souhaiter ardemment tandis que Washington hésite encore à en payer le prix politique et sécuritaire. 

Il faut rappeler que depuis leur retour au pouvoir, les talibans n’ont montré aucun signe d’évolution sur les questions sociétales et particulièrement la condition des femmes. Depuis 2021, ils imposent aux femmes et aux filles en Afghanistan une exclusion systématique de la vie publique et des discriminations extrêmes que l’ONU qualifie « d’apartheid de genre ». Privées d’éducation secondaire et supérieure, d’accès à la plupart des emplois et de liberté de mouvement sans tuteur masculin, les Afghanes subissent une répression totale renforcée par de nouvelles lois punitives. Dans ce contexte où les talibans ne font aucun effort sur la question des droits des femmes, l’ouverture d’un nouveau chapitre entre Washington et Kaboul demeure suspendue. 

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Phosphate : Washington veut sécuriser ses approvisionnements au Maghreb

Longtemps considéré comme une simple matière première agricole, le phosphate est désormais traité par Washington comme un véritable enjeu stratégique de sécurité économique et alimentaire. Depuis son inscription, en novembre 2025, sur la liste américaine des minerais critiques, les États-Unis…

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Trump exfiltré dans un conteneur pour échapper à une vague menace iranienne

L’incident s’est produit à la fin du sommet de l’Otan, le 8 juillet dernier. Donald Trump, averti d’une prétendue menace d’attaque de la part de l’Iran, s’est retrouvé mêlé à une opération rocambolesque d’évasion au cours de laquelle il s’était fait couvrir de ridicule qui, on le sait, ne tue pas. (Photo : Trump exfiltré dans un conteneur de restauration se la joue James Bond 007).

Habib Glenza, à Lodz.

La première information rapportée par la presse américaine était que Trump avait troqué le Boeing 747-8 récemment rénové, un cadeau du Qatar, contre l’ancien Air Force One pour rentrer du sommet de l’Otan en Turquie.

Les journalistes ont trouvé étrange que Trump ait décidé à la hâte de changer son Boeing 747-8 Air Force One flambant neuf, d’une valeur de 400 millions de dollars, dont la modernisation, selon The Independent, a coûté environ 1 milliard de dollars supplémentaires.

Au départ, on pensait que le changement d’avion de Trump était dû à des failles de sécurité du nouvel Air Force One. Paradoxalement, l’ancien Air Force One était considéré comme plus sûr. Du moins, c’est ce que l’on croyait.

Sur Truth Social, Donald Trump avait alors affirmé que l’ancien et le nouveau Air Force One feraient un arrêt imprévu à la base de la Royal Air Force de Mildenhall, au Royaume-Uni, afin que les soldats de la base puissent visiter le nouvel appareil.

«Tout le monde est très enthousiaste, et nous pensions qu’ils devaient être les premiers à le voir. Par nostalgie, nous allons faire voler l’ancien Air Force One de Turquie à Mildenhall, un court voyage qui en vaut vraiment la peine afin que nos grands héros militaires aient l’occasion d’apprécier notre magnifique nouvel appareil au sein de la flotte de l’Armée de l’air», écrivait Trump à l’époque dans son style fanfaron habituel.

Les explications concernant ce changement d’avion semblaient pour le moins extravagantes. La vérité allait bientôt être révélée par la presse américaine.

A cause d’une soi-disant menace iranienne

L’échange d’avions est intervenu dans un contexte de nouvelles attaques américaines contre l’Iran, un aspect clé de l’histoire qui a pris une importance accrue lorsque des informations ont indiqué qu’une menace contre le président était la raison apparente de ce changement soudain d’appareil.

Des rapports ultérieurs, publiés en juillet, ont ajouté une autre pièce au puzzle lorsque des responsables ont déclaré que le passage à l’ancien Air Force One était intervenu alors que les États-Unis avaient détecté un complot crédible de groupes soutenus par l’Iran visant à tirer un missile sur l’avion, comme l’a rapporté le New York Times.

Cette révélation a apporté un nouvel éclairage à l’affaire, des informations antérieures ayant indiqué que le Boeing 747-8 fourni par le Qatar, récemment modernisé pour servir de nouvel avion présidentiel Air Force One, ne disposerait pas de certains systèmes avancés de défense antimissile équipant l’ancien appareil présidentiel bleu clair.

Selon le New York Times, une fois la menace détectée, les services secrets américains ont demandé à Trump de changer d’avion.

Le 11 août, le Washington Post a révélé que Trump n’avait voyagé ni à bord du nouvel Air Force One, ni à bord de l’ancien. En réalité, une opération secrète de désinformation avait été mise en place pour protéger le président, opération qui a pu mettre en danger toutes les personnes voyageant à bord d’Air Force One, notamment les journalistes qui suivent Trump lors de ses déplacements.

L’ancien avion Air Force One utilisé comme leurre

Trump a embarqué à bord du vieil avion présidentiel Air Force One sous l’œil des caméras de télévision, mais aurait été rapidement transféré dans un C-32A de l’armée de l’air, plus petit, pour quitter la Turquie.

Mais le plus étonnant dans cette histoire est la manière dont le président a réussi à rejoindre le C-32A sans être repéré. Le président américain aurait été transporté jusqu’au C-32A dans un conteneur de restauration aéroportuaire. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, est monté à bord par un escalier extérieur, ce qui, selon le Washington Post, visait à «donner l’illusion d’un vol normal».

Trump s’est rendu au Royaume-Uni à bord du troisième avion et est remonté secrètement à bord de l’ancien Air Force One, s’adressant finalement au groupe de journalistes, qui n’avaient pas été informés de la situation et qui étaient également resté à bord de l’ancien Air Force One pendant le vol vers le Royaume-Uni.

Un responsable a déclaré au Washington Post que l’ancien Air Force One et les médias à bord servaient de leurre. Durant le vol vers le Royaume-Uni, les journalistes auraient été priés de baisser leurs stores. Interrogé à ce sujet plus tard, de retour à bord de l’ancien Air Force One, Trump a donné une réponse pour le moins surprenante, en déclarant aux journalistes qu’ils avaient dû baisser les stores car ils étaient «probablement sur un vol dangereux à cause de la racaille à laquelle nous devons faire face». Il a ajouté que sa vie était «constamment en danger» et qu’il figurait en tête de la liste noire iranienne.

Depuis, l’affaire a fait les gros titres aux États-Unis. Lorsque le Washington Post a fourni à l’administration les détails de son reportage, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steve Cheung, a déclaré : «Comme le président l’a dit récemment, de nombreux ennemis des États-Unis le visent, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour faire face à ces menaces.»

Sauf que, dans toute cette affaire, où beaucoup de monde a été mené en bateau, y compris peut-être Trump lui-même, personne ne s’est avisé à vérifier si menace iranienne il y a eu réellement ce jour-là, ou si ce n’était pas une énième manipulation des services secrets… israéliens.  Ah, ces incorrigibles Américains !

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Donald Trump réitère la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara

Le président américain Donald Trump a réaffirmé la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara ainsi que son soutien constant au plan d’autonomie, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI à l’occasion du 27e…

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Marokko – Schnellstraße Tiznit-Dakhla nach Donald Trump benannt

PräsidentDie 1.055 Kilometer lange Verkehrsverbindung in den südlichen Provinzen trägt laut Medienberichten künftig den Namen „Präsident Donald J. Trump Highway“. US-Präsident Donald Trump dankte König Mohammed VI. auf Truth Social. Eine offizielle Bestätigung aus Rabat steht jedoch noch aus. Rabat / Washington D.C. – Marokkanischen Medienberichten zufolge ist die 1.055 Kilometer lange Schnellstraße zwischen Tiznit […]

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