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Tunisie : derrière la pénurie d’eau minérale, le nœud du financement et des contrôles

Dans les rayons, l’eau en bouteille manque sur l’ensemble du territoire. La canicule et les arrêts de production ponctuels liés aux coupures d’électricité expliquent en partie la tension. Mais la crise révèle aussi un effet pernicieux moins visible : depuis…

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Géopolitique – « Verticale » AME : La Tunisie saura-t-elle jouer sa carte ?

On parle souvent de la position stratégique de la Tunisie. Au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, notre pays dispose d’un atout géographique rare. Hélas, nous peinons encore à le transformer en véritable avantage économique. La montée en puissance de la « Verticale » Afrique-Méditerranée-Europe pourrait pourtant offrir à la Tunisie l’occasion de mieux valoriser […]

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Barrage Sidi El Barrak | Un système photovoltaïque pour réduire l’évaporation de l’eau   

Un atelier de lancement d’une étude sur l’installation d’un système photovoltaïque flottant pilote au barrage de Sidi El Barrak (gouvernorat de Béja) pour y réduire l’évaporation de l’eau, une technologie déjà expérimentée dans plusieurs pays avec des résultats probants, a été officiellement lancée, le jeudi 27 août 2026, par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet de coopération technique «Tech-Eau» (Identification de technologies innovantes pour améliorer la mobilisation des ressources en eau en Tunisie face à la pénurie d’eau), qui vise à réduire l’évaporation, indique un communiqué du ministère de l’Agriculture.

Le secteur de l’eau constitue un pilier fondamental de la souveraineté et du développement économique. Or ce secteur est confronté à des pressions croissantes en raison des changements climatiques, de la hausse des températures et de la fréquence des périodes de sécheresse, ce qui fait de la préservation de chaque goutte d’eau une priorité nationale absolue.

Or, les barrages et les lacs collinaires subissent d’importantes pertes d’eau dues à l’évaporation. D’où l’importance stratégique de la technologie des centrales photovoltaïques flottantes qui permet non seulement de produire de l’énergie propre, mais aussi de couvrir la surface de l’eau pour la protéger du rayonnement solaire et du vent, contribuant ainsi de manière significative à réduire l’évaporation.

Le projet pilote devant être mis en place au barrage de Sidi El Barrak constitue une opportunité pour tester cette technologie moderne et en évaluer l’efficacité technique, environnementale et économique dans les conditions climatiques locales, en vue d’une éventuelle généralisation à d’autres ouvrages hydrauliques présentant des caractéristiques appropriées. Le but étant de bénéficier de toutes les initiatives et les solutions scientifiques et technologiques innovantes visant à lutter contre la pénurie d’eau et à renforcer la sécurité hydrique en Tunisie.

La rencontre a donné lieu à un échange de vues entre les experts et a souligné l’importance de la coordination entre les différentes parties prenantes, ainsi que la nécessité de poursuivre l’action commune pour mener à bien l’étude et évaluer la faisabilité de l’adoption de cette technique au niveau du barrage de Sidi El Barrak, afin de tirer parti de ses résultats pour le développement de projets similaires à l’avenir.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du partenariat et de la coopération entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et est mise en œuvre par le Centre méditerranéen des ressources en eau (Medrec), dans le but d’explorer les possibilités d’adopter des solutions innovantes alliant production d’énergie renouvelable et utilisation optimale des ressources en eau.

Lors de l’atelier, le projet «Tech-Eau» et le cadre général de l’étude ont été présentés, tout comme le site envisagé au niveau du barrage de Sidi El Barrak. L’état d’avancement de l’étude, les principaux axes d’intervention, la méthodologie adoptée, ainsi que les estimations économiques et les prochaines étapes de mise en œuvre du projet, ont également été exposés.

Par ailleurs, cet atelier a permis de débattre des divers défis — techniques, hydrauliques, environnementaux, énergétiques, organisationnels et économiques — que pourrait soulever la phase de déploiement du projet.
Les discussions ont souligné l’importance de continuer à explorer des solutions technologiques innovantes susceptibles de soutenir la transition énergétique dans le secteur de l’eau et d’améliorer l’efficacité de l’exploitation des ressources disponibles, contribuant ainsi à réduire les coûts énergétiques et à renforcer la durabilité des infrastructures hydrauliques.

La discussion a également insisté sur l’importance des aspects techniques et d’ingénierie liés à leur conception et à leur installation sur les barrages et les retenues d’eau, afin de garantir des niveaux optimaux d’efficacité et de sécurité.

I. B.

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Administration | Retour à la double séance à partir du mardi 1er septembre  

Après deux mois sous le régime de la séance unique estivale, synonyme de farniente et de chute de la productivité, l’horaire d’hiver sera rétabli à partir du mardi 1er septembre 2026 pour les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif. Dans l’espoir que la productivité remonte la pente ne fut-ce que légèrement.

C’est ce qu’a annoncé la Présidence du gouvernement dans un communiqué publié ce vendredi 28 août 2026, en précisant que l’horaire administratif pour les journées de lundi, mardi, mercredi et jeudi est réparti en deux séances : la première s’étend de 8h30 à 12h30, tandis que la seconde débute à 13h30 et se poursuit jusqu’à 17h30.

Le communiqué précise aussi que les horaires de travail du vendredi débutent à 8 heures du matin et se prolongent jusqu’à 13 heures pour la séance du matin, tandis que la séance de l’après-midi reprend à 14h30 pour se poursuivre jusqu’à 17h30.

I. B.

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Tunisie – Se soigner peut-il appauvrir ?

Tomber malade ne devrait pas compromettre l’équilibre financier d’une famille. Pourtant, pour de nombreux ménages tunisiens, une maladie chronique, un traitement prolongé ou des examens médicaux coûteux peuvent rapidement déséquilibrer le budget. Derrière les chiffres des dépenses de santé se cache ainsi une réalité douloureuse : celle de familles contraintes de puiser dans leurs revenus, de réduire d’autres dépenses essentielles ou parfois de s’endetter pour pouvoir se soigner.

Dans un entretien exclusif accordé à L’Économiste Maghrébin, Chokri Arfa, professeur universitaire et expert en économie et financement de la santé, alerte sur le poids du reste à charge pour les ménages. Selon lui, la question n’est pas seulement de savoir combien la Tunisie dépense pour la santé, mais surtout qui paie et dans quelle mesure le système protège réellement les patients contre le risque financier de la maladie qui peut engendrer l’appauvrissement.

Une charge directe qui fragilise les ménages

En 2023, les ménages tunisiens ont financé directement près de 38 % des dépenses courantes de santé, selon les données citées par Chokri Arfa. Autrement dit, sur 100 dinars consacrés à la santé, près de 38 dinars sont payés directement par les patients et leurs familles. Cette proportion est d’autant plus préoccupante que les analyses internationales retiennent 20 % comme repère au-delà duquel la dépendance aux paiements directs accroît fortement le risque de dépenses catastrophiques et d’appauvrissement. La Tunisie se situe ainsi à près du double de ce niveau.

Pour Chokri Arfa, le problème réside moins dans le volume global des dépenses de santé que dans leur mode de financement. Plus la part restant à la charge des ménages est élevée, plus le risque financier lié à la maladie repose sur les individus plutôt que sur les mécanismes de solidarité collective.

Ce risque est bien réel. En 2021, 10,6 % des ménages tunisiens consacraient au moins 10 % de leur budget aux soins, contre 8,4 % en 2015. Pour les familles modestes, quelques consultations supplémentaires, un traitement coûteux ou des examens répétés peuvent alors suffire à déséquilibrer durablement le budget.

Médicaments, examens et maladies chroniques : la facture s’alourdit

Une grande partie de cette charge se concentre sur les médicaments. Selon l’universitaire, ils représentent plus des deux tiers du reste à charge des ménages, dont plus de 60 % sont réalisés dans les pharmacies privées.

La situation est encore plus difficile pour les ménages les plus pauvres. Les médicaments absorbent jusqu’à 78 % de leurs dépenses directes de santé, les contraignant parfois à s’endetter, à réduire d’autres dépenses essentielles ou à reporter leurs soins.

Les examens médicaux alourdissent également la facture. Entre 2015 et 2021, le coût des analyses de laboratoire et de l’imagerie médicale a augmenté de 84 % en termes réels, selon les données citées par Chokri Arfa. La pression est encore plus forte lorsqu’un membre de la famille souffre d’une maladie chronique : le ménage dépense alors deux fois plus pour sa santé. Les frais médicaux ne sont plus occasionnels, mais deviennent une charge récurrente qui pèse sur le budget mois après mois.

Quand la maladie fait basculer dans la pauvreté

Plus préoccupant encore est l’effet de ces dépenses sur le niveau de vie. Selon un récent rapport de la Banque mondiale cité par Chokri Arfa, les paiements directs de santé auraient fait basculer environ 260 000 personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté en 2021. Autrement dit, ces dépenses auraient entraîné une hausse de 2,2 points de pourcentage du taux de pauvreté, contre 1,8 point en 2015. L’impact financier de la maladie s’est donc aggravé plutôt que stabilisé.

Pour l’expert, cette situation est certes, liée aux difficultés du secteur public. Les ruptures de médicaments, l’insuffisance de plateaux techniques, les files d’attente et autres limites de l’offre peuvent contraindre les patients à se tourner vers le secteur privé, où ils doivent souvent payer davantage de leur poche. La dépense de santé finit alors par concurrencer les autres besoins essentiels du foyer.

C’est là que les statistiques prennent tout leur sens. Les 38% ne représentent pas seulement une proportion dans les comptes de la santé. Ils correspondent à des dinars prélevés directement sur le budget des familles, à des dépenses qui s’ajoutent aux charges courantes et, pour les plus vulnérables, à un risque réel de basculer dans la pauvreté.

Selon Chokri Arfa, l’enjeu n’est pas seulement de mesurer le coût des soins, mais de savoir qui supporte le risque financier lorsque survient la maladie. En Tunisie, une part encore trop importante de ce risque repose sur les ménages : se soigner peut alors devenir bien plus qu’une épreuve médicale. Pour certaines familles, cela peut aussi devenir une épreuve financière, avec une facture qui ne s’arrête pas à la pharmacie ou à l’hôpital, mais peut finir par atteindre le niveau de vie tout entier.

Face à ce constat, la protection financière des ménages doit être au cœur de toute réforme : si la maladie ne choisit pas ceux qu’elle frappe, le système de santé doit empêcher qu’elle ne détermine aussi qui s’endette ou s’appauvrit. 

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La Tunisie face aux intempéries socio-économiques

Le monde traverse de grandes intempéries socio-économiques. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une transition vers un nouvel ordre mondial s’opère. Un processus irréversible qui semble hélas dominé par la guerre, l’injustice et le chaos s’est mis en place. Bien que tous les pays soient affectés à des degrés divers, les Tunisiens sont légitimement en droit de chercher les moyens d’intégrer cette mutation avec le minimum de désagréments. Pour y parvenir, il convient de faire un état des lieux sans complaisance.

Med-Dahmani Fathallah *

La Tunisie fait face à une crise structurelle profonde, née de l’interconnexion de trois cercles vicieux :

– le piège de la rente administrative et économique : la Tunisie souffre d’une économie duale. D’un côté s’impose un secteur privé corporatiste, protégé par des barrières à l’entrée et une bureaucratie asphyxiante ; de l’autre subsiste un secteur informel massif qui absorbe une jeunesse marginalisée. L’État-providence historique, jadis vecteur de mobilité sociale par l’éducation, est devenu budgétairement insoutenable ;

– l’épuisement du contrat social post-indépendance : la promesse d’ascension sociale par le diplôme est rompue, générant un chômage structurel massif chez les jeunes diplômés (de 25 % à 38 % selon les catégories). Il en résulte une fuite dramatique des cerveaux et une érosion de la confiance envers l’ensemble des institutions (partis, syndicats, justice, corporations, associations) ;

– le choc géopolitique et environnemental mondial : dépendante des importations d’énergie et de céréales, la Tunisie subit de plein fouet la fragmentation du commerce international, le resserrement financier mondial et la crise climatique (les sécheresses récurrentes frappant de plein fouet l’agriculture). À cela s’ajoutent des pressions extérieures étouffantes visant à forcer le pays à s’aligner sur l’une ou l’autre des puissances rivales.

Que peuvent faire les Tunisiens pour traverser la tempête ?

Face à l’inflation, à l’effondrement du pouvoir d’achat et à l’incertitude du quotidien, des tentations collectives surgissent fréquemment : le repli, la colère stérile et la confrontation. Pourtant, la sociologie des crises nous enseigne qu’aucun pays ne s’est jamais redressé par le chaos. Toute refondation durable exige deux préalables absolus : la sagesse collective et la non-violence méthodique, fondements de la résilience.

La violence, qu’elle soit physique, verbale ou institutionnelle détruit le capital social, effraie l’investissement et dégrade le tissu communautaire. Les révolutions sociales dépourvues de projet économique rationnel mènent invariablement à des récessions plus sévères. La sagesse consiste à reconnaître que les solutions miracles venues d’ailleurs ou dictées par des slogans partisans conduisent inévitablement à d’amers échecs.

Pour surmonter ces intempéries, l’effort doit devenir horizontal : il s’agit de mobiliser le pouvoir d’agir des citoyens à travers des actions concrètes, pacifiques et structurantes.

Nous avons identifié quatre leviers citoyens pour l’action :

– basculer de la culture de la rente vers celle de l’initiative : pendant des décennies, le modèle tunisien a habitué le citoyen à tout attendre de l’État. Aujourd’hui, l’État n’en a plus les moyens financiers ;

– s’orienter vers le micro-entrepreneuriat et les coopératives : plutôt que de viser l’emploi public, la jeunesse doit s’organiser en coopératives agiles, ciblant les secteurs d’avenir : agriculture durable, économie circulaire, traitement de l’eau et le numérique en intégrant l’IA comme technologie incontournable ;

– mettre le cap sur la simplification citoyenne : les communautés locales peuvent instaurer des réseaux d’entraide pour contourner les lourdeurs administratives, notamment en mutualisant l’outillage agricole ou en organisant des circuits courts entre producteurs et consommateurs ;

– réinventer le lien communautaire et la solidarité locale : la force historique de la Tunisie réside dans la solidité de son tissu familial et social. Face à la crise, ce réseau doit se structurer de manière novatrice :

– s’orienter vers les tontines d’investissement et la micro-épargne : structurer des fonds de solidarité de quartier afin de financer des micro-projets locaux, sans dépendre de taux bancaires prohibitifs ;

– miser sur l’économie du partage : généraliser l’entraide pour la garde d’enfants, le covoiturage et le soutien scolaire gratuit, garantissant ainsi le niveau éducatif des enfants issus de milieux défavorisés ;

– réorienter la diaspora vers l’investissement d’impact : la communauté tunisienne à l’étranger transfère chaque année des devises essentielles à la subsistance des familles. Toutefois, cet appui ne doit plus se limiter à la simple consommation et s’orienter vers des investissements rentables. La diaspora peut structurer des fonds d’investissement à impact social pour soutenir directement les startups et PME dans les régions de l’intérieur (investisseurs citoyens et «business angels») ;

– transférer les compétences : organiser des programmes de mentorat à distance pour former les jeunes aux compétences les plus recherchées sur le marché international.

Exercer une citoyenneté responsable et éclairée

Bien naviguer à travers les intempéries sociales exige une transformation des comportements individuels au quotidien.

Consommation locale et raisonnée : privilégier les produits nationaux pour limiter la fuite des devises et soutenir l’agriculture comme l’artisanat locaux.

Sobriété énergétique et gestion de l’eau : face aux défis climatiques, l’adoption de gestes civiques rigoureux pour la préservation des ressources constitue un acte de patriotisme économique direct.

Il convient de souligner que plusieurs de ces recommandations font déjà l’objet d’initiatives sur le terrain. Il importe de les soutenir et de les auditer régulièrement afin d’en assurer la pérennité.

Le rôle de l’État à l’avenir

L’État doit demeurer le socle indéfectible de cet édifice. Son rôle consiste à moderniser les infrastructures et, surtout, à abroger les lois obsolètes tout en promulguant un cadre légal incitatif pour stimuler l’effort citoyen.

En soi, la tempête actuelle n’est ni une fatalité, ni une sentence de souffrances infinies. Elle constitue le signal brutal qu’un modèle épuisé doit céder la place à une société de responsabilité.

En plaçant la retenue, le travail collaboratif et la non-violence au cœur de leur démarche, les Tunisiens ont l’opportunité de prouver que la véritable souveraineté d’un peuple ne réside pas dans la rhétorique politique, mais dans sa capacité à se prendre en charge avec dignité et solidarité.

* Universitaire.

Note de l’auteur : En tant qu’universitaire retraité, mon analyse est affranchie de toute posture partisane ou idéologique. Mon unique objectif est d’examiner rigoureusement les dynamiques de la crise tunisienne afin de proposer un cadre citoyen et pragmatique.

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Eau du robinet : potable ou non ?

L’eau du robinet porte en elle des contrastes : parfois claire et rafraîchissante; parfois incertaine, au gré des sources et des réseaux qui l’acheminent. Cette variabilité inquiète : le rapport national 2024 montre que près de la moitié des prélèvements ne respectent pas les normes chimiques, et plus d’un échantillon sur cinq échoue aux critères microbiologiques. Dans de nombreuses régions, la salinité dépasse 2 g/l, un niveau qui met à l’épreuve notre confiance en l’eau du robinet, d’autant qu’au‑dessus de 1 g/l la consommation devient déjà problématique.

La désinfection au chlore est un garde‑fou nécessaire pour protéger les familles contre les risques bactériens. Mais c’est un équilibre fragile : trop peu de chlore ouvre la porte aux contaminations, trop de chlore altère le goût de l’eau et nous rappelle que la sécurité a un prix sensoriel. L’intervalle optimal se situe entre 0,2 et 0,5 mg/L, un chiffre technique qui conditionne pourtant la tranquillité des ménages.

À la maison, beaucoup cherchent des solutions concrètes pour protéger leurs proches et retrouver une eau agréable. Les filtres à charbon actif adoucissent l’odeur et le goût du chlore, les filtres mécaniques de 5 microns retiennent les impuretés visibles, et le mélange d’eau dessalée (trois quarts) avec de l’eau du robinet (un quart) peut réduire la salinité sans recourir systématiquement à l’eau en bouteille. Les systèmes domestiques de dessalement offrent une réponse plus radicale aux sels dissous, mais ils restent onéreux et exigeants en entretien, un luxe que tout foyer ne peut se permettre.

Il faut garder à l’esprit que les filtres courants n’éradiquent pas la salinité : seule l’osmose inverse ou le dessalement s’en chargent, au coût énergétique et financier élevé. Cela renvoie la question au niveau collectif : l’entretien des réseaux de distribution, la surveillance régulière et les investissements publics sont indispensables pour garantir une eau sûre et digne.

Enfin, la conductivité électrique, indicateur discret mais précieux, révèle la présence d’ions et corrobore les analyses de salinité. Au‑delà des chiffres et des matériels, c’est une question de confiance et de responsabilité partagée : les autorités doivent assurer des services fiables, et chaque citoyen doit mesurer la valeur de cette ressource fragile pour nous-mêmes et pour les générations à venir.

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Pénurie d’eau minérale : un deuxième communiqué, les mêmes explications

Dix jours à peine après sa première note explicative, la Chambre nationale syndicale de l’industrie des boissons non alcoolisées (CNSIBA) est repassée à l’offensive communicationnelle. Le constat qui s’impose à la lecture des deux textes est simple : rien n’a vraiment changé, ni dans le diagnostic ni dans les résultats sur le terrain, seul le ton se fait un peu plus insistant.

Le communiqué du 27 août reprend, presque mot pour mot, la trame de celui publié à la mi-août : la canicule, la hausse de la demande estimée à 30 %, l’épuisement du stock stratégique, les coupures d’électricité, et le démenti systématique de toute spéculation ou rétention organisée. Ce sont les mêmes causes, présentées avec les mêmes formules, pour une situation qui, dix jours plus tard, n’est toujours pas résolue. Si les explications n’ont pas varié d’un communiqué à l’autre, c’est peut-être aussi qu’aucune mesure concrète et vérifiable n’a été prise entre-temps pour changer la donne.

Comme lors de la première sortie, les coupures d’électricité sont mentionnées presque en passant, comme une simple coïncidence malheureuse, alors que plusieurs observateurs avaient déjà relevé, dès la mi-août, que ce facteur méritait un traitement bien plus approfondi que la chaleur estivale. Combien d’usines ont été concernées ? Pendant combien de jours cumulés ? Quel volume de production a été perdu ? Le communiqué ne répond à aucune de ces questions, alors qu’il s’agit précisément du seul facteur qui relève, en partie, de décisions publiques et non de la météo.

Des chiffres qui rassurent sur le papier, mais pas dans les rayons

La Chambre rappelle, comme la fois précédente, l’atomisation du secteur : 31 unités de production, aucun acteur ne dépassant 25 % de parts de marché, pour écarter toute hypothèse de position dominante. L’argument est recevable sur le plan structurel, mais il n’explique en rien pourquoi les rayons restent vides dans certaines régions plus de deux semaines après les premières alertes. Une structure de marché non concentrée n’empêche pas des déséquilibres locaux de distribution, et le communiqué reste muet sur les disparités régionales déjà documentées, y compris les interventions ponctuelles des autorités locales pour renflouer certains points de vente.

Le passage appelant les consommateurs à éviter les achats de précaution et à privilégier les « sources officielles d’information » interroge par son timing. Après deux communiqués et plusieurs semaines de tensions non résolues, demander aux citoyens de ne pas s’inquiéter revient à leur transférer une partie de la responsabilité d’une pénurie qu’ils n’ont pas créée, sans que la profession ne s’engage sur un calendrier de retour à la normale ni sur des indicateurs chiffrés et vérifiables permettant de mesurer les progrès.

Ce qui manque toujours

Aucun des deux textes ne fournit :

  • de données chiffrées précises sur les volumes produits, perdus ou distribués ;
  • de calendrier engageant pour un retour à la normale ;
  • de bilan sur les mesures concrètes prises depuis le premier communiqué ;
  • d’explication sur les écarts de traitement entre régions, alors que certaines ont bénéficié d’approvisionnements d’urgence pendant que d’autres restaient en tension.

Tant que ces éléments resteront absents, la répétition des mêmes éléments de langage risque surtout de nourrir la défiance qu’elle prétend dissiper.

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Carburants | Menace de grève des transporteurs pour les 23 et 24 septembre   

Comme si, en pleine canicule estivale, les coupures fréquentes d’électricité et d’eau du robinet, les pénuries d’eau embouteillée, les longs retards des vols de la compagnie nationale Tunisair, entre autres désagréments, ne suffisaient pas au malheur des Tunisiens, voilà que l’on annonce, pour très bientôt, de longues files d’attente devant les stations d’essence pour remplir les réservoirs des voitures.  

Le département du secteur privé de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a émis, ce jeudi 27 août 2026, un préavis de grève pour le secteur du transport d’hydrocarbures, annonçant une grève sectorielle les 23 et 24 septembre 2026 sur tous les lieux de travail à travers le territoire national.

Les représentants des travailleurs du secteur, réunis hier mercredi au siège de l’UGTT sous la supervision du secrétaire général adjoint chargé du secteur privé et du secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, ont justifié cette grève par le non-respect, par les parties administratives, de l’application des accords antérieurs, notamment celui conclu le 2 mai 2019,ainsi que des obligations légales, principalement la couverture sociale auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), indique le préavis de grève, dont une copie a été adressée aux ministres des Affaires sociales, de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, de l’Intérieur, du Commerce et du Développement des exportations, ainsi qu’au ministre du Transport, au directeur des conflits du travail et de la promotion des relations professionnelles, au président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), au président de la Chambre nationale du transport de matières dangereuses (relevant de l’Utica) et aux représentants légaux des entreprises de transport de marchandises et d’hydrocarbures, précise encore le préavis de grève.

Si, donc, d’ici le 23 mai, rien ne serait fait pour régler ce problème, c’est que personne, parmi tous ces responsables, ne se soucie de soulager les Tunisiens des maux qui les accablent.

I. B.  

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La conciergerie qui veille sur les maisons des  « immigrés » au Maghreb

Une maison fermée pendant des mois, un jardin qu’on ne voit plus, une fuite dont personne ne s’aperçoit : pour les familles maghrébines installées en France, posséder une maison au pays peut aussi être une source d’inquiétude. C’est à ce…

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Chaleur en entreprise | L’équipement compte autant que le programme

Un événement d’entreprise prévu six mois à l’avance ne peut pas anticiper la météo du jour. Ce qu’il peut anticiper, c’est le matériel : où trouver de l’ombre, comment distribuer l’eau, et ce que chacun aura entre les mains pendant les heures les plus chaudes.

Les autorités sanitaires recommandent souvent de boire régulièrement avant même de ressentir la soif et de privilégier les activités douces pendant les fortes chaleurs. Cette consigne, simple sur le papier, se heurte souvent à un problème logistique : un point d’eau mal placé n’est tout simplement pas utilisé. 

Le matériel dépend du programme, pas l’inverse 

Un déjeuner sur une terrasse et une après-midi au bord d’un lac n’appellent pas le même équipement. Pour une activité aquatique, chaque participant doit savoir ce qu’il apporte et ce qui est fourni sur place. Des Serviettes de plage personnalisées de Loopper peuvent par exemple servir à identifier le linge distribué à chaque équipe et à éviter les échanges entre participants.

Le choix d’un tel objet se fait sur des critères concrets : taille, absorption, temps de séchage, conditions de lavage. Le marquage répond à un besoin d’organisation, pas l’inverse. Un objet choisi uniquement parce qu’il est facile à distribuer finit souvent dans un sac, oublié dès le retour au bureau. 

Ce que reçoivent les participants doit servir à quelque chose 

La même logique s’applique à tout objet remis en fin de journée. Les cadeaux d’entreprise ont davantage de sens lorsqu’ils correspondent à l’activité vécue ou répondent à un besoin identifié sur place, plutôt qu’à un choix générique. 

Quatre questions permettent de trancher avant toute commande :

● À quel moment l’objet sera-t-il utilisé ? 

● Les participants doivent-ils le transporter toute la journée ? 

● Remplace-t-il quelque chose qu’ils auraient dû apporter eux-mêmes ? 

● Sera-t-il encore utile après l’événement ?

Ces questions évitent de transformer une attention en contrainte supplémentaire pour l’invité. 

Les équipes présentes sur place sont exposées plus longtemps 

Les participants arrivent une fois l’installation terminée. Les techniciens, traiteurs et équipes d’accueil, eux, travaillent déjà depuis plusieurs heures, souvent avec un effort physique que les invités ne voient pas : monter du mobilier, transporter du matériel, installer une scène. 

L’INRS recommande, pour ces situations, d’augmenter la fréquence des pauses, de fournir une source d’eau fraîche et d’aménager de véritables espaces de repos. Une ouverture au public à neuf heures peut ainsi imposer une installation dès six heures, avec les mêmes besoins en ombre et en eau qui doivent être disponibles à ce moment-là, avant même l’arrivée du premier invité. 

Le bilan porte sur l’usage, pas sur le confort ressenti 

Une journée sans coup de chaud ne prouve pas que le dispositif était bien pensé. Le bilan utile porte sur des faits vérifiables : quantité d’eau réellement consommée, zones d’ombre les plus fréquentées, matériel utilisé ou resté dans les cartons. 

La vigilance canicule de Météo-France donne un cadre objectif pour fixer, en amont, le seuil à partir duquel le programme doit changer. Poser cette limite avant l’envoi des invitations évite d’improviser une décision une heure avant l’arrivée des premiers participants. 

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Pénurie de diesel en Europe profite au Mexique

La pénurie de diesel en Europe contraint les importateurs à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Pour la première fois depuis sept ans, des cargaisons de diesel mexicain prennent la direction du marché européen, dans un contexte marqué par la baisse des exportations russes et les perturbations de l’offre mondiale.

Le marché européen du diesel connaît une tension croissante. Les difficultés d’approvisionnement poussent les négociants à rechercher de nouvelles sources, y compris auprès de fournisseurs jusqu’ici peu présents sur le marché européen. Cette situation intervient alors que les exportations russes de diesel restent fortement limitées…

Dans ce contexte, des cargaisons de diesel mexicain sont désormais destinées à l’Europe, selon un rapport de Reuters publié le 26 août, une situation qui n’avait plus été observée depuis environ sept ans. Cette évolution illustre la profondeur des tensions sur le marché des distillats. L’Europe ne cherche plus seulement à remplacer les volumes russes, elle doit également compenser une offre mondiale plus tendue et une concurrence accrue entre les différents marchés importateurs.

Le marché européen subit également les conséquences de la réorientation des flux énergétiques. Les importations de carburéacteur ont fortement augmenté afin de compenser la diminution des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient, tandis que les volumes de diesel restent plus difficiles à sécuriser…

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Psychodrame à la pompe : l’étincelle médiatique qui a mis le feu aux poudres

Hier soir, le 26 août 2026, une radio de la place a annoncé l’imminence d’une grève des transporteurs de carburant. Cette information a semé la panique parmi les consommateurs, qui se sont immédiatement rués vers les stations-service.

Cet afflux massif a provoqué des embouteillages, du désordre et des tensions, submergeant totalement les employés des stations, qui se sont retrouvés dans l’incapacité de gérer une telle situation.

Des vidéos relayant ce chaos ont montré des scènes désolantes, illustrant l’ampleur de cette situation épineuse. Les conducteurs ont agi dans la précipitation, persuadés par cette annonce que la grève était pour le 27 aout. Cependant, l’information exacte était tout autre. En réalité, le département du secteur privé relevant de l’UGTT s’apprête simplement à déposer un préavis de grève. Celle-ci est prévue pour la fin du mois prochain, les 23 et 24 septembre 2026, afin de laisser un laps de temps suffisant aux négociations. Ces pourparlers portent sur les revendications du secteur, notamment le droit à la sécurité sociale et l’application d’un procès-verbal datant du 2 mai 2019.

La  grève n’est pas pour tout de suite, et c’est une simple imprécision médiatique qui a provoqué ce vent de panique injustifié.

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Festival du Poisson à la Goulette | Entre mer, gastronomie et patrimoine

Ouvert avant-hier soir, mardi 25 août 2026, le Festival du poisson à La Goulette sera clôturé ce soir, jeudi 27 août, dans cette cité portuaire et balnéaire située à une vingtaine de kilomètres au nord de Tunis. Il réunit résidents et visiteurs autour des thèmes de la mer, de l’art culinaire, de la mémoire culturelle et du vivre-ensemble.

Lors de cet événement, les rues de La Goulette se transforment en une scène à ciel ouvert cette manifestation culinaire, culturelle et populaire visant à valoriser l’identité maritime de la ville à travers des spectacles, des initiatives commerciales et des activités dédiées au patrimoine local. À l’occasion du festival, la municipalité interdit la circulation et le stationnement sur l’avenue Franklin Roosevelt — l’une des principales artères de la ville — de 17 heures à minuit. Et ce afin de garantir la sécurité du public et faciliter les déplacements des participants. Les automobilistes sont également invités à respecter la signalisation et à emprunter des itinéraires alternatifs afin de limiter les perturbations de la circulation.

Le cœur de la manifestation est un défilé de carnaval traversant les rues de La Goulette, transformant l’espace urbain en un lieu de rencontre entre expressions artistiques et traditions locales.

L’événement est conçu pour dépasser le simple cadre du spectacle, s’inscrivant dans une démarche plus large de revitalisation urbaine et de mise en valeur du patrimoine de La Goulette. La ville — historiquement liée au port, à la pêche et à sa dimension multiculturelle, notamment à travers le quartier italien connu sous le nom de «Petite Sicile» — se présente ainsi comme un espace capable d’allier tradition et initiatives culturelles contemporaines.

Parmi les thèmes centraux de l’événement figurent également la tolérance interreligieuse et le dialogue entre les différentes composantes de la communauté, dans le sillage de la sortie de la statue de la Madone de Trapani de l’église de la ville où coexistent dans une parfaite entente musulmans, chrétiens et juifs depuis plusieurs siècles.

Une attention particulière est aussi portée à la dimension gastronomique ainsi qu’à la promotion des activités économiques locales. Durant toute la durée du festival, un marché aux poissons est installé, permettant aux producteurs de vendre directement aux consommateurs et créant ainsi un lien entre la manifestation et l’une des activités traditionnellement associées à l’identité de la ville. Cette initiative s’accompagne d’une formule destinée aux restaurants et aux commerces, proposant un plat complet à base de poisson au prix fixe de 14 dinars, afin d’encourager la participation du public et de soutenir les activités commerciales pendant l’événement.

Le Festival du poisson constitue donc aussi une tentative de réinsuffler de la vie collective dans les espaces publics de La Goulette, grâce à une combinaison de spectacles, d’activités commerciales, de gastronomie et d’initiatives culturelles. Le choix d’ancrer le programme dans le lien avec la mer et le patrimoine de la ville vise à renforcer l’image de La Goulette en tant que destination de proximité pour les résidents comme pour les visiteurs, tout en valorisant son caractère maritime et son histoire.

Enfin, la manifestation s’inscrit dans une saison estivale durant laquelle plusieurs villes tunisiennes misent sur des événements culturels et des initiatives locales pour animer les espaces urbains et soutenir les économies de quartier.

I. B.

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Eau minérale : la demande explose de 30 %, les producteurs tourneraient à plein régime

La Chambre syndicale nationale des fabricants de boissons non alcoolisées assure que la capacité de production nationale est actuellement mobilisée au maximum afin de répondre aux besoins du marché et de rétablir un rythme d’approvisionnement normal dans les meilleurs délais.

Dans un communiqué publié mercredi, la Chambre a précisé que le suivi de la situation est assuré de manière continue, à travers des réunions régulières avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations ainsi que l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie. L’objectif est de suivre les niveaux de production et les quantités disponibles et d’orienter la distribution en fonction des besoins des différentes régions du pays.

Cette coordination, menée sous le suivi des directions régionales du commerce, vise à assurer le meilleur équilibre possible dans la répartition des volumes disponibles entre les différentes régions de la Tunisie.

Une demande en hausse de 30 %

Selon la Chambre, les difficultés ponctuelles d’approvisionnement s’expliquent principalement par la progression exceptionnelle de la demande durant cette saison estivale. Celle-ci a atteint près de 30 % au-dessus des niveaux habituels, sous l’effet des vagues de chaleur intense qui ont touché le pays.

À cette pression sur la demande se sont ajoutées les coupures répétées d’électricité enregistrées dans plusieurs régions. Ces interruptions ont entraîné l’arrêt temporaire de plusieurs unités de production d’eau minérale, pendant des périodes variables, affectant ainsi le rythme de production et, par conséquent, celui de l’approvisionnement du marché.

La Chambre souligne également que la conjugaison de ces facteurs a conduit à l’épuisement du stock stratégique constitué durant l’hiver. Ce stock avait précisément été préparé afin de couvrir l’écart entre la capacité de production nationale et l’augmentation attendue de la consommation pendant la période estivale.

Les producteurs démentent toute rétention à des fins spéculatives

Face aux informations relayées sur certaines pages et réseaux sociaux faisant état d’une rétention volontaire des eaux minérales par les producteurs ou de la constitution de stocks à des fins spéculatives, la Chambre syndicale dément catégoriquement ces accusations.

Elle affirme que l’ensemble des entreprises relevant de sa compétence fonctionne à pleine capacité, avec pour priorité d’assurer la continuité de l’approvisionnement et de répondre, dans la mesure du possible, aux besoins des consommateurs dans les différentes régions du pays.

La Chambre estime par ailleurs que le stockage d’eau minérale à des fins spéculatives ne présente pas de logique économique dans le contexte actuel. Les tensions observées sont, selon elle, de nature conjoncturelle et principalement liées au pic de consommation enregistré durant l’été.

Un retour progressif à la normale attendu

La demande devrait progressivement diminuer au cours de la prochaine période avec la baisse des températures. Selon la Chambre, les quantités disponibles devraient alors dépasser les besoins du marché, ce qui rendrait économiquement peu pertinent le recours à des stocks spéculatifs dans la situation actuelle.

La Chambre syndicale appelle enfin les consommateurs à privilégier les informations provenant des sources officielles et à éviter de relayer des informations imprécises susceptibles d’alimenter les inquiétudes. Elle met notamment en garde contre les achats de volumes supérieurs aux besoins réels, qui pourraient accentuer davantage la pression conjoncturelle exercée sur le marché de l’eau minérale embouteillée.

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Khouloud Toumi : « l’investissement sacrifié sur l’autel du financement de l’État »

La circulation fiduciaire en Tunisie a dépassé 30 milliards de dinars, au 26 août 2026. Pour l’analyste économique Khouloud Toumi, cette progression traduit un basculement structurel de la liquidité hors du système bancaire, avec des répercussions directes sur l’investissement.

Selon les chiffres cités par Khouloud Toumi dans une publication sur Facebook, la monnaie fiduciaire en circulation s’élevait à 25,9 milliards de dinars un an plus tôt, le niveau étant déjà passé de 22,59 milliards de dinars fin 2024 à 26,88 milliards de dinars fin 2025. L’analyste insiste sur le fait que le rythme de cette hausse importe davantage que son niveau : la croissance annuelle de la circulation fiduciaire est passée de 8,4 % à 19 % entre 2024 et 2025.

Khouloud Toumi précise que cette dynamique ne résulte pas d’un facteur unique. L’expansion de l’économie parallèle, la hausse des prix et la faiblesse de la confiance envers le système bancaire jouent un rôle depuis plusieurs années. Le net changement de rythme observé récemment est en revanche attribué par l’analyste à la réforme de la loi sur les chèques, décrite comme un facteur ayant amplifié une tendance préexistante plutôt que créé.

Lire aussi: « La loi sur les chèques critiquée : vers un retour en force de l’argent liquide ?

Le chèque, rappelle l’universitaire, servait en Tunisie d’instrument de crédit commercial et de paiement différé pour les entreprises et les commerçants. Ce mécanisme a rapidement reculé avec le durcissement de son usage, sans que le besoin économique qu’il couvrait ne disparaisse pour autant. Une partie des transactions s’est reportée vers les paiements électroniques, une autre vers le cash.

Pour Khouloud Toumi, cette évolution s’accompagne d’un recul de l’intermédiation bancaire. Une part plus importante de la liquidité échappe désormais au circuit qui transforme l’épargne en dépôts, les dépôts en crédit, et le crédit en investissement et en production.

Le recours accru de l’État aux ressources internes vient s’ajouter à ce constat, souligne l’analyste. Les placements des banques en bons du Trésor sont passés de 19,3 milliards de dinars en 2023 à 33,2 milliards de dinars en 2025, soit une hausse de 72 % en deux ans, et la part du secteur public dans les actifs bancaires a atteint 27,6 %. Ce mouvement traduit, selon l’économiste, un effet d’éviction : les banques disposent de moins de marge pour financer les entreprises au moment même où l’État sollicite davantage leurs ressources.

Les données qu’elle cite montrent que les crédits à moyen et long terme, liés au financement de l’investissement, n’ont progressé que de 0,19 % en 2025, contre 5,83 % pour les crédits à court terme destinés à la gestion courante des entreprises.

Lire également : Tunisie – Les paiements mobiles ont bondi de 67%

Khouloud Toumi observe par ailleurs que les transactions par chèques ont reculé de 24,9 % en nombre et de 28 % en valeur au premier trimestre 2026, tandis que le paiement mobile, lui, a bondi de 81 % en 2025. Ce dernier chiffre est toutefois relativisé par l’analyste, la base de départ du paiement numérique restant limitée face à une masse monétaire fiduciaire dépassant 30 milliards de dinars.

Elle avance trois pistes pour atténuer l’envolée de la monnaie fiduciaire. La première consiste à développer des alternatives au crédit commercial, tels que la lettre de change, l’affacturage et le financement de la chaîne d’approvisionnement, assorties de mécanismes de garantie pour les petites et moyennes entreprises. La deuxième vise à fixer un horizon progressif et annoncé pour le recours de l’État aux ressources internes, afin de préserver une marge bancaire dédiée à l’investissement. La troisième porte sur le paiement numérique, que l’analyste souhaite voir rendu moins coûteux et plus accessible que le cash dans le commerce quotidien, notamment par l’élargissement du réseau de terminaux de paiement et la baisse des commissions pour les petits commerçants.

À l’approche de la loi de finances 2027, Khouloud Toumi estime que la monnaie fiduciaire, la liquidité bancaire, les ressources de l’État, l’investissement et le système de paiement ne peuvent plus être traités séparément. Elle avertit que la poursuite de cette trajectoire sans correction accentuerait la fuite de liquidité hors intermédiation, la pression sur les ressources bancaires et l’éviction du financement privé, tout en creusant l’écart entre l’économie monétaire et l’économie réelle.

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Plus de 34 750 fermetures d’entreprises

En Tunisie comme dans d’autres pays après le COVID,  les petites entreprises paient le prix fort de la mauvaise conjoncture économique : des dizaines de milliers d’entrepreneurs ont quitté le marché ou se sont retrouvés sans activité.

Les chiffres du Répertoire national des entreprises, relevant de l’Institut national de la statistique, dressent un constat préoccupant. En 2023, 34 751 entreprises privées ont cessé leur activité, contre 59 430 en 2022. Le nombre de sorties a ainsi reculé de 41,5% en un an, mais demeure supérieur à celui enregistré en 2021, avec 29 481 entreprises.

Cette baisse ne suffit toutefois pas à dissiper les inquiétudes quant à la fragilité du tissu entrepreneurial tunisien. Le commerce reste de loin le secteur le plus touché, avec 15 903 entreprises sorties du marché, dont 12 529 dans le commerce de détail. Il est suivi par les transports et l’entreposage, avec 4 684 sorties, l’industrie avec 3 342, l’hébergement et la restauration avec 2 111, puis la construction avec 1 862.

Les microentreprises en première ligne

La grande majorité des entreprises concernées sont de très petites structures. 33 594 des 34 751 entreprises ayant cessé leur activité en 2023 n’employaient aucun salarié. Seules 897 entreprises comptaient un ou deux salariés.

Dans le détail, les personnes physiques représentent 30 636 cessations d’activité, contre 4 115 pour les personnes morales. Ces données montrent que le phénomène touche principalement les entrepreneurs individuels et les microstructures, particulièrement vulnérables aux difficultés de financement, à la baisse de la demande et à l’augmentation des charges.

Sur le plan géographique, le nord-est concentre le plus grand nombre de sorties, avec 14 141 entreprises, dont 4 600 à Tunis. Viennent ensuite le centre-est, avec 7 507 sorties, et le sud-est, avec 4 349.

Il convient cependant d’interpréter avec prudence le pic de 92 255 sorties enregistré en 2018. Ce niveau exceptionnel s’explique en grande partie par une opération administrative menée par la Direction générale des impôts, qui avait conduit à la radiation d’entreprises n’ayant déclaré aucune activité depuis quatre ans.

 

 

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Marques fantômes, rayons vides : anatomie d’une pénurie d’eau minérale

Pénurie, marques inconnues et silence des autorités : plongée dans la crise de l’eau minérale qui assoiffe les Tunisiens.

Depuis la fin du mois de juin, il n’y a plus que l’inquiétude qui règne en maître chez le consommateur tunisien. Une inquiétude qui se manifeste à travers la triste bousculade des consommateurs, allant de magasin en magasin, d’une épicerie à une autre, d’une supérette à une autre, à la recherche désespérée d’une bouteille d’eau minérale. Et l’on ne parle plus de six bouteilles d’eau potable, ni même de la possibilité de choisir parmi les marques préférées des Tunisiens. De nouvelles marques, jusque-là totalement inconnues sur le marché de l’eau potable, ont récemment émergé comme par enchantement. Drôle de coïncidence : l’apparition de nouvelles marques au beau milieu d’une période de pénurie sévère !

« J’en ai marre de dire à mes clients que je n’ai plus de bouteilles d’eau. J’en ai marre de jurer que je ne cache pas d’eau », me confie le propriétaire d’une supérette de mon quartier.

Un autre me raconte que ses trois fournisseurs ne veulent plus recevoir d’appels pour s’enquérir de la possibilité d’obtenir de nouvelles quantités d’eau minérale. Plusieurs dépôts d’eau minérale, auparavant archicombles de marchandises, ont mis, on l’espère provisoirement, la clé sous la porte, faute de stock. Et lorsque, par chance, ils reçoivent des quantités limitées, ils ouvrent leur dépôt pour voir leur marchandise s’évaporer en un temps record, emportée par des clients assoiffés et désespérés. Ils sont ensuite contraints de fermer à nouveau leurs portes, jusqu’à la réception d’un nouvel arrivage, dont la date demeure incertaine. Dans une grande surface, une employée me confie que ce n’est pas facile du tout, que c’est presque ingérable de gérer les consommateurs lors de l’arrivage des bouteilles d’eau minérale, et ce pour deux raisons : la bousculade devant la marchandise et les mains qui s’arrachent violemment les bouteilles.

En vain, l’équipe de la grande surface tente de convaincre les clients que chaque personne n’a droit qu’à douze bouteilles d’eau. Cette grande surface garde jalousement, y compris auprès de la majorité de ses propres employés, la date et l’heure de l’arrivée de la marchandise. Notre interlocutrice affirme en ignorer les raisons, mais nous pensons qu’il s’agit d’éviter que les employés ne communiquent cette information à leurs parents et amis pour leur faciliter les choses. Ce n’est pas une ruée vers l’or, c’est une ruée vers l’eau minérale (il faut dire que la Constitution garantit de toute façon l’accès à l’eau potable).

Un autre fait qui attise la curiosité et l’inquiétude des consommateurs livrés à eux-mêmes, c’est l’absence de toute communication institutionnelle sur le sujet de la pénurie. Où sont les points de presse ? Où est le porte-parole du gouvernement ? La presse et les consommateurs voudraient recevoir des réponses claires. En attendant ces réponses, la ruée vers l’eau minérale ne cessera pas ; le triste paysage des dépôts fermés et les réponses négatives des commerçants continueront de ponctuer le quotidien des Tunisiens.

Où va la Tunisie ?

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Crise hydrique : Aram Belhadj fixe un nouveau cap pour la LF 2027

Dans un post Facebook publié le 26 août 2026, l’économiste Aram Belhadj dénonce une pénurie d’eau qui n’a rien d’accidentel et exige que la loi de finances 2027 rompe enfin avec des décennies de sous-investissement dans les infrastructures vitales.

Pour Aram Belhadj, la crise de cet été met en lumière un schéma récurrent de l’économie tunisienne : une stabilité apparente des indicateurs macroéconomiques qui masque en réalité une érosion structurelle et cumulative. L’économiste réfute l’idée d’une crise conjoncturelle et l’attribue directement à un défaut de planification, d’anticipation et de suivi de la part des décideurs publics.

Il cite en exemple le déficit d’investissement chronique au sein de la STEG et de la SONEDE, où le choc énergétique s’est propagé le long de la chaîne de production pour se transformer en choc hydrique, puis en choc d’embouteillage. Selon lui, la plupart des explications avancées jusqu’ici passent à côté de la réalité, et même les mesures prises se sont concentrées sur l’offre tarifaire plutôt que sur la capacité de production, une approche qui traite les symptômes sans s’attaquer aux racines du déséquilibre, un phénomène qu’il observe également dans d’autres secteurs de l’économie.

L’économiste voit dans la loi de finances 2027 une occasion de corriger une partie de cette situation qu’il qualifie de catastrophique. Il écarte toutefois l’hypothèse d’un élargissement de la dépense publique comme solution, rappelant que le déficit budgétaire atteint 5,2 % du PIB et que la dette publique s’élève à 83 %, deux contraintes qui ne laissent guère de marge de manœuvre.

Aram Belhadj détaille plusieurs pistes qu’il juge prioritaires. Il propose d’abord l’apurement des dettes croisées entre l’État et les deux entreprises publiques afin de libérer immédiatement leur trésorerie, puis la réorientation d’une partie de la masse des subventions énergétiques vers l’investissement dans les réseaux. Il plaide également pour un soutien accru au partenariat public-privé dans le solaire décentralisé, ce qui suppose selon lui un changement de mentalité à l’égard du secteur privé. L’économiste recommande par ailleurs de traiter les pertes d’eau, qui dépassent 30 %, à moindre coût, grâce à des programmes de maintenance ciblés géographiquement vers les régions les plus touchées comme Le Kef ou Jendouba. Il suggère enfin de recourir à un financement extérieur dédié, sous forme de prêts concessionnels accordés par les institutions régionales, afin de ne pas alourdir davantage le budget de l’État.

Le chercheur tunisien estime que la loi de finances de l’an prochain devra répondre à une nouvelle exigence si l’exécutif entend éviter de nouvelles crises : garantir un investissement suffisant dans les infrastructures vitales, et non plus seulement viser un équilibre des grands agrégats macroéconomiques.

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Coupures d’électricité | Tous servis au même pied d’égalité

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé dans un communiqué qu’en raison de la vague de chaleur prévue à partir du mercredi 26 août 2026, des perturbations et des coupures dans la distribution d’électricité sont à prévoir, notamment durant les périodes de pic de demande, soit de 13h00 à 17h00 ; et de 22h00 à 01h00 du matin.

Toutes ls régions tunisiennes sont concernées par ces coupures qui interviendraient par séquences intermittentes ne dépassant pas deux heures chacune, en fonction de l’état du réseau, explique la Steg.

A ce niveau, au moins, nous devons être reconnaissants à l’entreprise publique pour son esprit égalitaire et son sens de l’éthique : tout le monde sera servi par ces coupures d’électricité, sans discrimination (positive) aucune. En sommes, nous sommes tous égaux face aux désagréments causés par la mauvaise gouvernance publique !

Pour ce qui est des dégâts qui seront provoqués par ces coupures intempestives, vous les assumerez comme des grands. L’Etat ne peut rien pour vous, il s’en lave les mains. Chacun pour soi et Dieu pour tous !

Rappelons que, dans un communiqué publié hier, mardi, la Steg avait appelé à réduire autant que possible l’utilisation des climatiseurs — considérés comme la cause principale de la hausse de la demande d’électricité aux heures de pointe — et à adopter des pratiques de consommation rationnelle de l’électricité. Ces mesures visent à alléger la pression sur le réseau et à éviter, dans la mesure du possible, les perturbations qui, faute de production suffisante d’électricité, reste inévitable pour le restant de l’été.

Il faut dire que l’Etat, qui ne cesse d’augmenter le budget de la présidence de la république, comme ceux des ministères de l’Intérieur et de la Défense, et qui trouve assez d’argent aussi pour financer (à perte) les sociétés communautaires si chères à notre cher président de la république, ne trouve plus forcément de quoi financer la construction de nouvelles centrales électriques. Alors, il faut prendre son mal en patience, et ne pas demander l’impossible ! Il y a des urgences nationales, et l’électricité, semble-t-il, n’en fait pas partie.

I. B.

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