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Zone euro : les marchés misent sur une hausse des taux de la BCE

Les marchés considèrent désormais comme quasiment acquise une hausse des taux de la BCE le 10 septembre 2026. Selon les instruments suivis par LSEG et l’ECB Watch Tool, la probabilité d’un relèvement du taux de dépôt de 2,25 % à 2,50 % atteint 95 à 97 %.

Les anticipations des marchés se sont nettement durcies ces derniers jours. LSEG a évalué, mercredi 26 août, à environ 95 % la probabilité d’une hausse lors de la réunion du 10 septembre. Les contrats de marché intègrent désormais entre 41 et 45 points de base de resserrement monétaire d’ici la fin de l’année, soit davantage que la seule hausse attendue en septembre.

L’ECB Watch Tool donne même une probabilité de 97 % pour un taux de dépôt à 2,50 % en septembre, contre seulement 3 % pour son maintien à 2,25 %. Pour la réunion du 29 octobre, le scénario central reste celui d’un taux à 2,50 %, avec une probabilité de 76,3 %. La probabilité d’un passage à 2,75 % atteint toutefois 21,3 %.

La situation change sensiblement pour la réunion du 17 décembre. Le taux de 2,75 % devient alors le scénario le plus probable, avec une probabilité de 54,3 %, contre 31,9 % pour un maintien à 2,50 %. Les marchés attribuent même une probabilité de 12,8 % à un taux de 3 %.

Au total, la probabilité que le taux de dépôt atteigne au moins 2,75 % d’ici décembre est évaluée à 67,1 %. Autrement dit, les marchés donnent désormais environ deux chances sur trois à au moins deux hausses de 0,25 point cette année.

L’inflation reste au cœur des anticipations

Ce changement de perspective intervient alors que les pressions inflationnistes persistent dans la zone euro, notamment sous l’effet des tensions sur l’énergie. La BCE doit ainsi arbitrer entre le risque de maintenir une inflation trop élevée et celui de peser davantage sur une économie européenne encore fragile.

Les marchés surveillent donc étroitement les prochains indicateurs de prix ainsi que les déclarations des responsables de la BCE.

Après avoir longtemps privilégié l’assouplissement monétaire, la BCE semble désormais confrontée à un environnement qui pourrait l’obliger à resserrer à nouveau sa politique. Pour les marchés, le scénario d’une fin d’année à 2,75 % prend progressivement le dessus.

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USA-Canada : la guerre commerciale renchérit le quotidien du consommateur

La guerre commerciale entre Washington et Ottawa commence à toucher directement les consommateurs. Depuis l’entrée en vigueur de droits de douane américains pouvant atteindre 50 % sur des exportations canadiennes, le bois, le papier, les produits alimentaires et jusqu’au papier toilette sont menacés de renchérissement.

Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada ne concernent plus seulement les grandes industries. Elles commencent à se traduire par une hausse potentielle du prix de produits courants utilisés quotidiennement par les ménages.

Parmi les secteurs exposés figurent notamment le papier, le bois, les produits alimentaires, les produits laitiers, le textile et l’ameublement. Le papier toilette et les mouchoirs pourraient eux aussi subir les conséquences de la hausse des coûts d’importation.

Le secteur du papier est particulièrement vulnérable. Les États-Unis dépendent fortement des approvisionnements canadiens en bois et en produits papetiers. L’application de droits de douane augmente donc directement le coût d’une partie des matières premières et des produits finis…

Ainsi, Washington applique depuis le 22 août des droits de douane de 50 % sur de nombreux produits canadiens entrant aux États-Unis. Ottawa prépare de son côté une riposte commerciale, ce qui fait craindre une escalade entre les deux partenaires historiques, selon un rapport du Journal de Montréal publié le 26 août.

Le risque dépasse largement les échanges bilatéraux. Les chaînes d’approvisionnement nord-américaines sont profondément intégrées, notamment dans l’automobile, l’agroalimentaire, le bois et les industries manufacturières.

Une multiplication des barrières douanières peut donc entraîner une hausse des coûts à plusieurs étapes de la production, avant d’atteindre finalement les consommateurs.

Un risque inflationniste

Cette nouvelle phase de la confrontation commerciale intervient alors que les ménages américains restent sensibles à l’évolution des prix. L’enjeu pour Washington est désormais de protéger les producteurs américains sans provoquer une accélération de l’inflation. Or, lorsque les entreprises importatrices répercutent les droits de douane sur leurs prix de vente, la politique commerciale devient directement une question de pouvoir d’achat.

Le papier toilette constitue à cet égard un symbole particulièrement parlant : une mesure conçue pour protéger l’industrie nationale peut finir par augmenter le coût de produits aussi ordinaires que ceux utilisés chaque jour dans les foyers.

La guerre commerciale entre Washington et Ottawa entre ainsi dans une nouvelle phase : après les industries et les chaînes d’approvisionnement, ce sont désormais les produits du quotidien et le portefeuille des ménages qui se retrouvent en première ligne.

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Allemagne-Chine : Berlin durcit le ton pour protéger son industrie

Le chancelier allemand Friedrich Merz annonce un durcissement possible de la position de Berlin envers la Chine, alors que les déséquilibres commerciaux entre les deux pays alimentent les inquiétudes sur la compétitivité de l’industrie allemande.

Après avoir longtemps privilégié le dialogue avec Pékin, Berlin adopte un ton plus ferme. Friedrich Merz a demandé à ses ministres de préparer des propositions destinées à répondre aux déséquilibres commerciaux entre l’Union européenne et la Chine d’une façon générale.

Le changement de position et de ton intervient alors que l’industrie allemande traverse une période difficile, marquée par une croissance faible, des coûts énergétiques élevés et une concurrence chinoise de plus en plus forte dans plusieurs secteurs stratégiques.

La progression des exportations chinoises vers l’Europe exerce une pression particulière sur les industriels allemands, notamment dans l’automobile, les équipements industriels et les technologies vertes.

Pour Berlin, le problème n’est plus seulement commercial. Il touche désormais directement la capacité de l’industrie européenne à rester compétitive sur ses propres marchés.

Cette évolution marque un changement par rapport à la ligne défendue par Merz lors de sa visite à Pékin en février. Le chancelier avait alors insisté sur le partenariat et le dialogue, tout en reconnaissant que l’aggravation du déficit commercial allemand avec la Chine n’était « pas saine ».

Merz vise désormais une croissance d’au moins 1 % en 2027, après plusieurs années de faibles performances. Le gouvernement compte notamment sur les investissements publics dans les infrastructures et sur des réformes favorables aux entreprises.

Environ 50 milliards d’euros ont déjà été affectés à des projets dans le cadre d’un fonds d’infrastructures de 500 milliards d’euros étalé sur douze ans. Selon le ministre des Finances, Lars Klingbeil, cet effort d’investissement contribue actuellement de manière décisive à soutenir l’activité.

Une nouvelle politique industrielle

Le virage allemand traduit une prise de conscience plus large en Europe : l’ouverture commerciale ne suffit plus lorsque les écarts de coûts et de compétitivité deviennent trop importants. Berlin cherche désormais à combiner réformes internes, investissements publics et défense des intérêts industriels européens.

Le changement de ton ne signifie toutefois pas une rupture avec la Chine. Pour l’économie allemande, Pékin demeure un marché majeur et un partenaire commercial incontournable. Le défi pour Friedrich Merz est donc de trouver un équilibre entre la protection de l’industrie européenne et le maintien d’une relation économique avec la Chine dont l’Allemagne reste fortement dépendante.

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Vient de paraître : Tangier Tangerine, le Tanger intime d’un jeune auteur

À 25 ans, le jeune écrivain tangérois Souleiman Berrada porte sur sa ville un regard à la fois intime et neuf. Publié par les éditions françaises Assouline, Tangier Tangerine rassemble photographies et illustrations pour raconter une cité plurielle, entre mémoire,…

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Géopolitique de la mer Rouge: un corridor mondial sous haute tension

La mer Rouge et le canal de Suez forment un axe vital reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, par lequel transite environ 12% du commerce maritime mondial, dont une part importante d’hydrocarbures et de conteneurs.

Depuis fin 2023, les attaques au large du détroit de Bab el-Mandeb ont transformé ce passage en point de friction majeur, poussant de nombreux armateurs à contourner l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, avec des délais allongés et des coûts supplémentaires (carburant, assurances)
En 2026, malgré des accalmies ponctuelles et des reprises partielles du trafic, la situation reste volatile : les volumes transitant par Suez demeurent nettement inférieurs aux niveaux d’avant-crise, tandis que la route du cap de Bonne-Espérance a enregistré des records de tonnage. Cette dynamique illustre comment les voies maritimes sont devenues des leviers de puissance, où se croisent conflits locaux (Yémen, Israël–Hamas, Iran) et intérêts globaux (énergie, commerce, assurances)

Le forum intitulé “Mer Rouge–Suez : un corridor mondial sous tension. organisé par l’ADICO et l’Union arabe des médias et de la culture, sous la présidence de la professeure Hanane Youssef, décrypte les enjeux de contrôle de cette route stratégique. Entre détours par le cap de Bonne-Espérance, surcoûts logistiques et rivalités géopolitiques, la question « Qui contrôle la route du monde ? » renvoie à l’avenir du canal de Suez et à la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’objectif de ce forum vise à offrir une lecture intégrée politique, stratégique et économique de ces dynamiques, en réunissant des experts capables d’analyser les impacts des crises régionales sur le commerce et la navigation, et d’anticiper l’évolution du rôle de la mer Rouge et du canal de Suez dans un ordre international en mutation.

 

Ce qu’il faut savoir:

Selon les données de l’Ecofin, il y a quelques jours de cela, le canal de Suez améliore progressivement son trafic et ses recettes en 2026 (1,26 Md$ au T2, +13%), mais reste 41% en dessous des niveaux d’avant-crise. La reprise est portée par les pétroliers (+22,3% sur un an) et le retour partiel des porte-conteneurs (Maersk : +30% de volumes sur Suez). Toutefois, la résurgence de la piraterie somalienne (13 incidents en sept mois, dont le détournement du Sibu 1 le 20 août) et les tensions régionales (guerre impliquant l’Iran, perturbations d’Ormuz) maintiennent une forte incertitude. tout cela nous amène à dire que les voies maritimes sont des leviers de puissance : leur contrôle ou leur perturbation influence directement la sécurité nationale et l’économie mondiale. Cela signifie que l’avenir du canal de Suez dépend de la stabilisation sécuritaire autant que des stratégies des armateurs, des États riverains et des grandes puissances maritimes.

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Algérie : Au moins 12 morts dans les incendies qui ravagent le nord du pays

Au moins 12 personnes ont péri dans les incendies de forêt qui ravagent depuis mercredi plusieurs régions du nord de l’Algérie, notamment les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. Le bilan, communiqué par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, fait état de cinq morts à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou, tandis que des dizaines de personnes ont été blessées et que plusieurs familles ont dû être évacuées. Les opérations de lutte contre les incendies se poursuivent dans plusieurs wilayas du pays.

Douze morts dans trois wilayas

Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a annoncé mercredi soir un bilan de 12 décès liés aux incendies.

Selon les données rapportées par Reuters et les médias algériens, cinq personnes sont mortes dans la wilaya de Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou.

À Béjaïa, la situation est particulièrement préoccupante. Le ministre a fait état de 54 personnes souffrant de brûlures, dont six dans un état grave, prises en charge à l’hôpital de Souk El Tenine.

À Tizi Ouzou, trois femmes d’une même famille auraient péri à Boghni, victimes de l’inhalation de fumées, selon des médias locaux.

Des habitants évacués face à la progression des flammes

Les incendies ont également contraint plusieurs familles à quitter leurs logements dans les régions de Béjaïa et de Jijel.

Des images diffusées par des médias locaux montrent des habitants fuyant des zones menacées par les flammes et la fumée. À Jijel, plusieurs secteurs ont été touchés, notamment Ouled Yahia Khedrouche, Texenna, Ziama Mansouriah, Sidi Maarouf, Bordj Tahar et Chekfa.

La progression des feux a également entraîné la fermeture de plusieurs axes routiers dans l’est du pays. La Gendarmerie nationale a notamment signalé des coupures de routes à proximité de Béjaïa, Jijel et Sétif et appelé les automobilistes à éviter les secteurs concernés.

69 incendies encore actifs

L’ampleur du dispositif de secours reste considérable. Selon un bilan de la Protection civile établi mercredi à 20h, 159 incendies de couvert végétal avaient été recensés à travers plusieurs wilayas. Parmi eux, 90 avaient été éteints tandis que 69 étaient encore en cours.

Béjaïa comptait alors le plus grand nombre de foyers encore actifs, avec 18 incendies, devant Skikda avec 13, Tizi Ouzou avec 12 et Jijel avec sept. Des foyers étaient également signalés dans plusieurs autres wilayas, dont El Tarf, Mila, Annaba, Guelma, Constantine, Sétif et Boumerdès.

La Protection civile a déployé d’importants moyens pour contenir les flammes, alors que les vents violents compliquent les opérations d’extinction.

Les interventions se poursuivent dans plusieurs wilayas, alors que les autorités doivent également assurer la sécurité des populations menacées et l’évacuation des secteurs les plus exposés.

Ces incendies interviennent dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse qui favorisent la propagation des feux dans le nord de l’Algérie. Le pays avait déjà connu plusieurs épisodes meurtriers au cours des dernières années, notamment à Béjaïa en 2023.

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Iran : Pezechkian défie Washington face aux nouvelles sanctions

Le président iranien, Massoud Pezechkian, affirme que les nouvelles mesures économiques américaines ne permettraient pas à Washington d’obtenir de résultats contre l’Iran. Cette déclaration intervient deux jours après l’annonce par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, d’un plan destiné à accentuer la pression économique sur Téhéran et à « provoquer son asphyxie économique ».

Mercredi 26 août 2026, Massoud Pezechkian a assuré que les États-Unis n’obtiendraient « rien » de leur nouvelle campagne de pression économique, estimant que les précédentes mesures n’avaient pas davantage permis de modifier la position iranienne. Téhéran continuera à résister aux sanctions tout en maintenant officiellement sa préférence pour le dialogue et la négociation afin de résoudre les différends, a-t-il ajouté.

A rappeler que lundi 24 août, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé la mise en place d’un nouveau dispositif visant à réduire les ressources économiques de l’Iran. Washington entend également exercer une pression sur les pays et acteurs économiques qui continueraient à commercer avec Téhéran. Cette stratégie vise notamment les revenus et les réseaux commerciaux permettant à l’Iran de maintenir ses échanges malgré les sanctions américaines…

Cette position intervient alors que les relations entre Washington et Téhéran restent fortement tendues après le conflit et les nouvelles mesures américaines visant l’économie iranienne.

Parallèlement, l’armée iranienne affirme avoir réparé les systèmes d’armement endommagés pendant la guerre et avoir introduit de nouveaux équipements dans le pays.

Ceci étant, l’économie iranienne reste confrontée à de lourdes contraintes : sanctions, difficultés d’accès aux marchés internationaux, pression sur les recettes pétrolières et affaiblissement de la monnaie. Pour Washington, l’objectif est de réduire davantage les marges de manœuvre financières de Téhéran. Pour les autorités iraniennes, l’enjeu est au contraire de démontrer que l’économie nationale peut continuer à fonctionner malgré l’isolement.

Le bras de fer entre Washington et Téhéran entre ainsi dans une nouvelle phase : les États-Unis misent sur l’asphyxie économique, tandis que l’Iran affirme que la pression ne fera pas plier son gouvernement et continue de mettre en avant la voie de la négociation.

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Maroc : La fuite Jabaroot, arme politique dans la crise de Ceuta

Le 24 août, le collectif de hackers Jabaroot a publié sur Telegram les données de quelque 70.000 personnes présentées comme membres des services de sécurité marocains. La publication n’est pas un simple acte de piratage : elle est explicitement conditionnée à des exigences politiques liées à la crise migratoire de Ceuta. Une enquête du Monde, publiée mercredi 26 août, relance par ailleurs l’hypothèse que d’anciens agents de la DGST, aujourd’hui en Europe, en seraient les auteurs — sans qu’aucune attribution technique publique ne permette à ce stade de trancher.

Une fuite calibrée pour peser sur Ceuta

La publication du 24 août ne surgit pas isolément. Elle intervient un mois après l’afflux migratoire massif du 30 juillet à Ceuta, où environ 60.000 personnes ont franchi la frontière en quelques jours — un épisode inédit par son ampleur, dont le bilan humain reste disputé entre les autorités espagnoles (au moins 75 morts recensés) et des associations qui avancent des chiffres plus élevés, disparitions comprises.

Jabaroot a directement lié sa fuite à cet épisode. Le groupe cible nommément le conseiller royal Fouad Ali El Himma et Abdellatif Hammouchi, qui dirige à la fois la DGST (renseignement intérieur) et la DGSN (sûreté nationale). Il conditionne la divulgation complète de ses fichiers à une série d’exigences : excuses officielles, deuil national pour les victimes de la traversée, ouverture d’une enquête indépendante sur les violences subies par les migrants, report des élections législatives prévues le 23 septembre, et réformes structurelles de la justice et de l’économie. Le groupe présente par ailleurs sa démarche comme un geste tourné vers l’Espagne, dans un contexte de tensions diplomatiques ravivées entre Madrid et Rabat.

Cette dimension change la nature de l’affaire : il ne s’agit plus seulement d’une fuite de données, mais d’un chantage politique assumé, adossé à une menace de divulgations supplémentaires — Jabaroot affirme notamment détenir la liste des agents ayant coordonné le dispositif marocain à Ceuta.

Cinq ex-agents de la DGST, ou une histoire plus ancienne ?

L’ampleur du chiffre de 70.000 mérite d’être immédiatement nuancée. Plusieurs observateurs relèvent que qualifier l’ensemble de ces personnes d’« espions » ou d’agents de renseignement est excessif : la DGSN est une administration policière large, et rien n’établit publiquement quelle proportion des noms diffusés relève effectivement du renseignement intérieur ou extérieur — l’implication de la DGED, dirigée par Yassine Mansouri, n’est notamment pas confirmée à ce stade. Selon El Confidencial, d’anciens membres des services marocains auraient toutefois jugé authentique une partie des documents, un élément qui pèse sur le niveau de preuve sans permettre de le considérer comme établi.

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La Russie prolonge jusqu’en septembre l’interdiction d’exporter du diesel 

La Russie entend prolonger l’interdiction des exportations de diesel jusqu’en septembre en raison des pénuries de carburant persistantes sur le marché intérieur, suite aux attaques de drones ukrainiens sur plusieurs raffineries, rapporte Reuters

La Russie a imposé cette interdiction du 8 au 31 juillet dans le cadre d’un ensemble de mesures plus vaste visant à soutenir le marché intérieur des carburants, puis l’a étendue aux producteurs de carburants jusqu’au 31 août. Elle a également interdit les exportations de diesel vers les pays non producteurs et d’essence jusqu’au 31 janvier 2027, ainsi que celles de kérosène jusqu’à fin novembre 2026…

Le vice-Premier ministre russe, Alexander Novak, a récemment déclaré que le gouvernement n’avait pas encore décidé de lever l’interdiction, affirmant qu’il n’y avait pas de pénurie de gazole sur le marché intérieur, étant donné que plusieurs raffineries ont terminé leurs travaux de réparation et ont repris la fourniture de carburant supplémentaire.

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Vers la relance du réseau ferroviaire libano-syrien 

La Syrie et le Liban ont convenu, le 25 août 2026 à Damas, de relancer leur coopération dans le transport, notamment ferroviaire.

L’accord dépasse la seule question du transport entre les deux pays. Damas et Beyrouth souhaitent inscrire le futur réseau dans une logique de corridor régional, susceptible de faciliter les échanges entre la Méditerranée orientale, la Syrie, l’Irak, la Turquie et les pays du Golfe.

Le projet prévoit notamment d’étudier la liaison entre le port de Tripoli et le réseau ferroviaire syrien via la région d’Al-Aboudiya, puis vers Homs. L’objectif est de faciliter le transport des marchandises, de réduire les coûts logistiques et de renforcer le rôle des infrastructures libanaises dans les échanges régionaux.

La relance ferroviaire reste toutefois un chantier de longue haleine. Les deux gouvernements doivent d’abord déterminer les itinéraires, les points de raccordement, les procédures douanières et les conditions de circulation des trains.

La Syrie dispose encore d’un réseau ferroviaire de 2 552 kilomètres, mais seulement 1 052 kilomètres sont actuellement en exploitation. Une partie importante des infrastructures nécessite donc des travaux de réhabilitation.

Le pays cherche parallèlement à mobiliser des financements internationaux, notamment auprès de la Banque islamique de développement et de la Banque mondiale, afin de soutenir la modernisation de ses infrastructures de transport.

Tripoli veut retrouver un rôle logistique

Pour le Liban, le projet présente un intérêt particulier pour le port de Tripoli. Son raccordement au réseau ferroviaire syrien permettrait de faciliter l’acheminement des marchandises vers l’intérieur de la Syrie et, potentiellement, vers des marchés plus éloignés. Cette perspective pourrait également renforcer la position du port libanais comme point d’entrée méditerranéen d’un corridor commercial régional.

Les autorités des deux pays insistent toutefois sur le caractère progressif du projet. La première étape consiste à réaliser les études techniques et à définir les priorités. La reconstruction des infrastructures viendra ensuite, avant une éventuelle intervention d’investisseurs privés dans l’exploitation des lignes et des services ferroviaires.

En parallèle, les deux pays travaillent à la réhabilitation des routes et des ponts et prévoient la réouverture du poste-frontière d’Al-Arida dans les prochaines semaines, afin d’améliorer immédiatement les échanges terrestres.

La relance du rail apparaît ainsi comme un projet à la fois économique et géopolitique : pour Damas comme pour Beyrouth, il s’agit de reconstruire une infrastructure historique tout en repositionnant leurs territoires sur les futurs corridors commerciaux reliant la Méditerranée au Moyen-Orient.

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Or : léger repli après un sommet de trois mois

Après avoir atteint mardi 25 août 2026 un nouveau sommet, l’or a légèrement reculé ce mercredi, autour de 4 640 dollars l’once. Le repli du pétrole et des rendements obligataires américains a quelque peu réduit les craintes inflationnistes…

Le marché surveille particulièrement l’indice PCE américain, attendu cette semaine, ainsi que l’intervention du président de la Fed, Kevin Warsh, lors du symposium de Jackson Hole. Des chiffres d’inflation moins élevés ou un discours plus accommodant de la Banque centrale pourraient renforcer l’attrait de l’or en réduisant les rendements réels.

De son côté, le reflux du pétrole contribue également à soutenir indirectement l’or. Les cours du brut ont chuté de plus de 2 % ce mercredi, après la reprise des discussions entre l’Iran et Oman sur la réouverture du détroit d’Ormuz, ce qui a atténué les craintes d’un nouveau choc énergétique et inflationniste.

Malgré ce repli, l’environnement reste favorable au métal précieux. L’or avait progressé de plus de 5 % la semaine précédente et d’environ 15 % depuis le début du mois d’août, porté notamment par la demande de valeurs refuges et les incertitudes économiques et financières…

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Chiffre de la semaine : 350 travailleurs humanitaires tués en 2025, selon l’ONU

Le nombre de travailleurs humanitaires tués en 2025 s’élève à 350, dont 186 à Gaza et 71 au Soudan. Ce sont les chiffres du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, issus de la base de données…

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Cisjordanie : violence des colons, souffrance psychologique des Palestiniens

En proie au harcèlement des colons extrémistes juifs, les Palestiniens peinent à accéder à des soins psychologiques. Médecins sans frontières dénonce l’inaction des autorités israéliennes.   En bref MSF observe depuis mars une hausse de la part des consultations psychologiques…

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Asie : chute des valeurs énergétiques avec le recul du pétrole

Les valeurs pétrolières et gazières asiatiques ont fortement reculé ce mercredi 26 août, dans le sillage de la baisse des cours du brut. La reprise des discussions entre l’Iran et Oman sur la navigation dans le détroit d’Ormuz alimente l’espoir d’une réouverture progressive de cette voie stratégique…

Les cours du pétrole ont poursuivi leur repli ce mercredi, le Brent reculant de 2,5 % à 86,41 dollars le baril, tandis que le WTI abandonnait 2,4 % à environ 80,42 dollars… Le mouvement est principalement lié aux discussions engagées entre Téhéran et Mascate autour d’un cadre provisoire permettant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le projet évoqué comprendrait notamment un corridor maritime temporaire et une coopération pour le déminage.

L’enjeu est considérable : avant le conflit, le détroit assurait le passage d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL. Toute perspective de rétablissement de la navigation réduit donc mécaniquement les craintes de pénurie et exerce une pression à la baisse sur les prix.

Le recul du brut s’est immédiatement répercuté sur les grandes valeurs énergétiques de la région d’Asie. En Australie, Woodside Energy a perdu plus de 4 %, tandis que Santos reculait de près de 2 %. Le sous-indice énergétique du S&P/ASX 200 a abandonné 2,5 %, sa plus forte baisse intrajournalière depuis environ un mois. En Corée du Sud, la pression a été encore plus forte : SK Innovation a chuté de plus de 16 %, tandis que S-Oil a perdu 7 %. Au Japon, Eneos Holdings et Japan Petroleum Exploration ont reculé chacun d’environ 2 %.

Le marché mise sur une détente à Ormuz

Cette nouvelle baisse du pétrole traduit surtout un changement dans les anticipations des investisseurs. Après plusieurs semaines dominées par la crainte d’une perturbation durable des exportations du Golfe, les premiers signes de dialogue autour d’Ormuz font désormais espérer une amélioration des flux. Le marché reste néanmoins particulièrement sensible à l’évolution des négociations entre Washington et Téhéran, qui demeurent dans l’impasse, tandis que les États-Unis poursuivent leur pression économique sur l’Iran…

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Mort de Sliman Mansour, le peintre qui a donné un visage à la Palestine

Figure majeure de l’art palestinien, Sliman Mansour est mort le 24 août 2026 à Jérusalem, à l’âge de 79 ans. De Jamal al-Mahamel, son célèbre « Chameau des fardeaux », à ses oliviers, ses femmes et ses paysages, il a…

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Drapeau de l’ancienne Rhodésie : sanction disciplinaire contre des soldats français ?

Le ministère des Armées a lancé une procédure contre des militaires ayant posé, au Zimbabwe, avec un symbole associé aux mouvances suprémacistes blanches.   En bref Le ministère des Armées a lancé une procédure contre des militaires français. Des photos…

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Visas Espagne-Algérie : Jusqu’à 25 000 euros, l’enquête s’étend au système des rendez-vous

L’enquête espagnole sur un trafic présumé de visas au consulat d’Espagne à Alger s’élargit désormais au fonctionnement de la chaîne de gestion des rendez-vous, dans laquelle intervient BLS International — le même prestataire qui gère les demandes de visas espagnols en Tunisie. Certaines familles auraient versé jusqu’à 25 000 euros au réseau présumé, tandis que des demandeurs suivant la procédure normale auraient pu être écartés au profit de dossiers plus rémunérateurs.

Ce que révèle l’enquête espagnole

Le Juzgado Central de Instrucción n°3 de l’Audience nationale espagnole instruit l’affaire depuis avril, après l’arrestation de Vicente Moreno, alors responsable administratif du consulat d’Espagne à Alger, et de l’employé algérien Mohamed Boutouchent.

Selon The Objective, qui cite des sources policières et judiciaires, les investigations portent notamment sur des soupçons d’aide à l’immigration irrégulière, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.

Certaines familles auraient déboursé jusqu’à 25 000 euros pour obtenir des visas ou des documents permettant l’entrée ou le séjour en Espagne.

Ce montant doit être interprété avec prudence : il correspond aux sommes maximales que certaines familles auraient versées au réseau présumé et non au prix officiel d’un visa ou à un tarif imputé à BLS.

L’enquête s’intéresse également à une question particulièrement sensible : des demandeurs utilisant normalement les procédures auraient-ils été pénalisés au profit de dossiers rapportant de l’argent au réseau présumé ?

Selon les éléments judiciaires rapportés par le média espagnol, du personnel intervenant dans des services administratifs aurait sélectionné des familles ayant effectué les paiements réclamés.

BLS International entre dans le périmètre de l’enquête

L’instruction cherche désormais à déterminer le rôle éventuel d’intervenants appartenant aux entreprises chargées de l’attribution des rendez-vous et de la gestion documentaire.

The Objective rapporte que l’enquête s’intéresse à cette chaîne de traitement, avec notamment des références à des plateformes de type BLS.

BLS International conteste toute implication fautive et rappelle que son rôle porte sur la gestion administrative des demandes, tandis que la décision d’accorder ou de refuser un visa appartient aux autorités consulaires espagnoles.

À ce stade, l’élargissement des investigations ne permet donc pas de conclure à une responsabilité de BLS International. La présomption d’innocence s’applique aux personnes concernées par la procédure.

L’affaire soulève néanmoins une question dépassant désormais le fonctionnement interne du consulat : un système parallèle a-t-il pu prospérer autour de l’accès aux rendez-vous et pénaliser ceux qui empruntaient la procédure régulière ?

Et pour la Tunisie ?

La dimension tunisienne mérite d’être relevée avec prudence.

BLS International intervient également à Tunis dans le traitement administratif des demandes de visas pour l’Espagne. Aucun élément disponible ne permet cependant d’établir un lien entre l’enquête menée en Algérie et les activités tunisiennes de l’entreprise.

Le rapprochement s’arrête donc au prestataire et au fonctionnement externalisé d’une partie de la procédure.

Mais la question du coût et de l’accès aux visas Schengen fait également débat en Tunisie. L’Organisation tunisienne pour l’information du consommateur avait notamment critiqué en mai 2026 le poids des frais de service et les difficultés rencontrées par les demandeurs.

Une initiative législative distincte a également proposé le remboursement de 50 % de certains frais de service en cas de refus.

Ces débats tunisiens ne doivent pas être confondus avec l’enquête judiciaire espagnole menée à Alger. Ils posent néanmoins une question commune : jusqu’où l’externalisation des procédures consulaires peut-elle aller sans renforcer les mécanismes de transparence, de contrôle et de recours pour les demandeurs ?

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Marché de l’art : pourquoi les tableaux les plus rares valent des fortunes

Le marché mondial de l’art a profondément changé sous l’effet de l’enrichissement des grandes fortunes. Si l’histoire, la qualité artistique et la réputation d’un peintre restent déterminantes, la rareté, la provenance, la demande des collectionneurs et la capacité financière des acheteurs jouent désormais un rôle majeur dans les prix records, selon une analyse de ‘Al Business’ publiée dimanche 23 août.

Pendant longtemps, la valeur d’une œuvre d’art reposait principalement sur des critères historiques et esthétiques : l’importance de l’artiste, la période de création, la qualité de l’œuvre ou encore sa place dans l’histoire de l’art. Mais le marché a profondément évolué. L’arrivée massive de capitaux privés, notamment ceux des milliardaires, a transformé l’art en un actif recherché à la fois pour sa valeur culturelle, son prestige et son potentiel financier.

Le premier facteur qui explique les montants atteints par certains tableaux est leur extrême rareté. Les œuvres majeures des grands maîtres ne sont pas disponibles en quantité illimitée. Certaines sont conservées dans les musées, d’autres appartiennent depuis plusieurs générations à des collectionneurs privés et ne sont pratiquement jamais proposées sur le marché.

Lorsqu’une œuvre exceptionnelle réapparaît dans une vente aux enchères, elle peut ainsi déclencher une compétition entre plusieurs acheteurs fortunés. Le prix ne correspond donc pas simplement au coût de production du tableau. Il traduit surtout la rareté d’un objet que plusieurs acheteurs souhaitent posséder simultanément.

Le nom du peintre constitue naturellement un autre déterminant essentiel. Une œuvre de Picasso, Van Gogh, Monet, Leonardo da Vinci ou René Magritte bénéficie d’une demande internationale qui dépasse largement le cercle traditionnel des amateurs d’art.

La réputation de l’artiste apporte une forme de garantie : plus son œuvre est reconnue par les historiens de l’art et les institutions culturelles, plus le nombre d’acheteurs potentiels est susceptible d’être important.

Le phénomène est particulièrement visible lors des grandes ventes aux enchères. En novembre 2024, par exemple, « L’Empire des lumières » de René Magritte a été vendu 121 millions de dollars chez Christie’s à New York, après seulement dix minutes d’enchères, établissant un nouveau record pour l’artiste.

La provenance peut faire exploser la valeur

Deux tableaux d’un même artiste et d’une qualité comparable peuvent afficher des prix très différents selon leur provenance. Une œuvre ayant appartenu à une personnalité célèbre, figuré dans une grande collection ou été présentée dans des expositions prestigieuses bénéficie d’une histoire propre. Cette trajectoire contribue à son authenticité et à son prestige.

La provenance joue également un rôle essentiel dans la confiance des acheteurs. Plus l’historique d’une œuvre est documenté, plus les risques liés à son authenticité ou à sa propriété sont réduits.

Le marché des milliardaires

L’un des changements majeurs des dernières décennies réside dans l’arrivée d’acheteurs disposant de fortunes considérables. Pour ces collectionneurs, un tableau exceptionnel peut représenter à la fois un patrimoine, un symbole social et un objet de prestige. Cette concentration de la richesse modifie mécaniquement la formation des prix. Quelques acheteurs disposant de moyens financiers très importants peuvent faire monter les enchères à des niveaux qui auraient été inimaginables quelques décennies plus tôt. Le marché de l’art devient ainsi de plus en plus lié à celui des grandes fortunes mondiales.

L’art contemporain et les chefs-d’œuvre historiques sont également considérés par certains investisseurs comme des actifs permettant de diversifier leur patrimoine. Cependant, contrairement à une action ou à une obligation, une œuvre d’art ne génère généralement pas de revenu régulier. Sa valeur dépend largement de l’évolution du marché, de la réputation de l’artiste et de la demande future. L’investissement comporte donc une part importante d’incertitude.

Les grandes maisons de ventes comme Christie’s ou Sotheby’s jouent également un rôle dans la formation des prix. La mise aux enchères transforme l’achat en compétition publique. Chaque nouvelle offre devient une information sur la valeur que le marché est prêt à attribuer à l’œuvre. Cette dynamique peut provoquer une envolée spectaculaire des prix lorsqu’il ne reste plus que deux ou trois acheteurs déterminés à l’emporter.

Le record de Magritte en constitue une illustration : 121 millions de dollars pour une seule toile, un montant qui témoigne autant de la valeur attribuée à l’artiste que de la puissance financière des collectionneurs présents sur le marché.

Le paradoxe du marché de l’art

Plus une œuvre est rare, plus elle peut être chère. Mais plus elle devient chère, moins elle est accessible au public. Une partie croissante des chefs-d’œuvre appartient ainsi à des collectionneurs privés, des fondations ou des institutions disposant de ressources considérables. Le marché produit donc un paradoxe : la valeur financière croissante des grandes œuvres peut contribuer à leur éloignement du grand public, alors même que leur importance culturelle dépasse largement leur propriétaire.

Au fond, les prix extraordinaires atteints par certains tableaux ne reposent pas sur un seul critère. Ils résultent de la combinaison de plusieurs facteurs : rareté, qualité artistique, réputation, provenance, authenticité, histoire de l’œuvre et concurrence entre acheteurs fortunés. Dans ce marché où l’offre est structurellement limitée, quelques œuvres exceptionnelles peuvent ainsi atteindre des montants qui dépassent largement leur valeur matérielle.

Le prix d’un chef-d’œuvre ne mesure donc pas seulement la beauté d’un tableau : il mesure aussi la rareté d’une histoire, la puissance d’une signature et la fortune de ceux qui veulent en devenir les propriétaires.

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Gaza : Le piège des soldats musulmans

Ils devaient être plusieurs milliers. Jusqu’à 8000 Indonésiens, auxquels devaient s’ajouter des Marocains, des Kazakhs, des Kosovars ou encore des Albanais. Sur le papier, leur mission est rassurante : stabiliser Gaza, protéger les civils, sécuriser l’aide humanitaire et accompagner le retrait israélien. Mais derrière ces objectifs se cache une question beaucoup plus embarrassante : que feront réellement ces soldats musulmans lorsqu’ils seront sur le terrain ?

L’annonce d’un contingent marocain pouvant atteindre 500 hommes remet aujourd’hui cette question au premier plan. Car si l’envoi de soldats arabes et musulmans à Gaza peut spontanément être perçu comme un engagement en faveur des Palestiniens, le mandat de la Force internationale de stabilisation (ISF) est beaucoup plus complexe.

Cette force n’a pas seulement vocation à s’interposer entre Israéliens et Palestiniens. Elle doit participer à l’établissement d’un nouvel ordre sécuritaire dans la bande de Gaza.

Et c’est précisément là que commence le problème.

8000 Indonésiens qui ne sont jamais partis

Le cas de l’Indonésie est révélateur. Jakarta avait envisagé de fournir entre 5000 et 8000 militaires. Une contribution considérable puisque l’ISF doit théoriquement compter environ 20 000 hommes. Le plus grand pays musulman du monde aurait ainsi pu constituer à lui seul près de 40% de cette force.

Puis tout s’est arrêté.

L’escalade militaire entre Israël, les États-Unis et l’Iran a officiellement conduit Jakarta à suspendre son déploiement. Mais cette décision est intervenue alors qu’une question devenait déjà politiquement sensible en Indonésie : dans quel camp ces militaires se retrouveraient-ils réellement ?

Car l’ISF n’est pas une classique mission de Casques bleus. Elle doit protéger les civils et faciliter l’aide humanitaire, certes. Elle doit aussi accompagner le retrait progressif de l’armée israélienne et permettre à une nouvelle police palestinienne de prendre progressivement le contrôle du territoire. Mais elle doit également contribuer à la démilitarisation de Gaza.

Protéger les Palestiniens… et en désarmer d’autres

C’est tout le paradoxe.

Un soldat indonésien ou marocain pourrait demain sécuriser un convoi humanitaire destiné à des familles palestiniennes. Quelques heures plus tard, il pourrait être appelé à sécuriser des armes récupérées ou à empêcher la reconstitution d’une infrastructure militaire appartenant à une faction palestinienne.

La même force serait donc chargée de protéger les Palestiniens et de participer au désarmement de groupes palestiniens.

La différence est fondamentale. Et elle pourrait devenir explosive dans les opinions publiques musulmanes si les premières images montrant des militaires marocains, indonésiens ou kazakhs confrontés à des Palestiniens venaient à circuler.

D’autant que cette force internationale ne serait pas indépendante des puissances directement impliquées dans le conflit.

Sous commandement américain

L’ISF doit fonctionner sous commandement unifié américain et coordonner ses opérations notamment avec Israël et l’Égypte.

Pour les pays musulmans participants, l’équation devient alors extrêmement délicate.

Ils peuvent considérer qu’ils viennent remplacer progressivement l’armée israélienne, protéger la population et permettre aux Palestiniens de retrouver une administration et une police propres.

C’est probablement la justification politique la plus forte de leur présence.

Mais une autre lecture est possible : celle de soldats musulmans participant à l’application sur le terrain d’un ordre sécuritaire conçu sous leadership américain et dont l’un des objectifs majeurs demeure le désarmement du Hamas et des autres groupes armés.

Entre ces deux lectures existe une frontière extrêmement mince.

Pourquoi le Maroc accepte-t-il ce risque ?

L’annonce concernant les quelque 500 Marocains devient dès lors beaucoup plus intéressante qu’un simple chiffre.

Rabat sait nécessairement combien l’image d’un soldat marocain à Gaza sera politiquement sensible.

La monarchie entretient des relations avec Israël depuis la normalisation de 2020 tout en continuant d’afficher son soutien à la cause palestinienne. Le roi Mohammed VI préside par ailleurs le Comité Al-Qods.

Envoyer des militaires à Gaza permettrait donc au Maroc de montrer qu’il participe directement à la stabilisation et à la reconstruction du territoire palestinien.

Mais cette présence comporte un risque considérable : que ces militaires soient perçus non plus comme des protecteurs, mais comme les exécutants arabes d’un dispositif imposé de l’extérieur.

L’Indonésie semble avoir compris la difficulté. Ses milliers de soldats préparés pour Gaza sont toujours restés chez eux.

Le Maroc paraît aujourd’hui disposé à avancer avec un contingent beaucoup plus limité.

Reste une question essentielle, à laquelle ni les chiffres ni les déclarations diplomatiques ne répondent encore vraiment :

lorsqu’un soldat musulman entrera à Gaza sous l’uniforme de l’ISF, sera-t-il là pour protéger les Palestiniens — ou pour leur imposer le nouvel ordre de l’après-guerre ?

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