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Grève ou pas ? L’UGTT tranche : “Aucun mouvement n’est annoncé”

Grève ou pas grève, la vérité doit être dite : aucune grève n’a été annoncée. Ghassen Ksibi, chargé de l’information auprès de l’UGTT, l’a confirmé dans une publication sur les réseaux sociaux.

Il indique avoir été en contact avec Slim Sahimi, secrétaire général de l’Union générale du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’avec Salouane Samiri, secrétaire général adjoint et responsable du département des relations internationales et arabes au sein de l’union.

Selon eux, les rumeurs faisant état d’une grève dans le transport des hydrocarbures prévue demain sont infondées. Des contacts et des négociations sont en cours au sujet d’une prime convenue depuis 2018, ainsi que sur la régularisation de la couverture sociale et d’autres dossiers. Il n’existe, à ce stade, aucune intention de déclencher un mouvement de grève demain.

L’UGTT  a convenu avec les représentants syndicaux de tenir une réunion mercredi prochain afin d’évaluer le sérieux de la partie administrative à faire valoir leurs droits. Si aucun progrès n’est constaté, les syndicats émettront un préavis de grève, conformément à la législation et aux procédures en vigueur. Ce préavis ouvrira la voie à des négociations en vue de trouver des solutions. La grève ne sera envisagée qu’en cas d’échec des pourparlers.

« En conséquence, il convient de ne pas relayer d’informations inexactes ni de céder à la rumeur, source de confusion et d’incertitude, sauf s’il existe des tentatives avérées pour inciter à la grève, ce qui, à mon avis, n’est pas le cas actuellement. », rappelle-t-il. 

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Pollution plastique | Un fléau qui s’aggrave en Tunisie

Le problème des déchets plastiques s’aggrave chaque jour en Tunisie, où l’on enregistre une consommation annuelle d’environ 4,2 milliards de sacs en plastique— soit près de 400 sacs par habitant et par an —, un niveau élevé comparé aux moyennes européennes selon plusieurs études.

La Tunisie génère annuellement quelque 188 000 tonnes de déchets plastiques sur un total de plus de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers, alors que l’on estime à environ 60 % la proportion de déchets plastiques ne faisant pas l’objet d’un traitement adéquat.

Afin d’identifier les causes de la prolifération du plastique sous toutes ses formes — sur les routes, dans les rues, les terres agricoles, en mer, sur les plages et dans d’autres espaces à travers le territoire national —, le président de la Chambre nationale des collecteurs de déchets plastiques, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Hamza Chaouch, a appelé touts les parties prenantes à agir en commun pour réduite la pollution plastique sur l’ensemble du territoire national — devenue préoccupante aux plans environnemental, sanitaire et économique.

Cela nécessite une volonté collective, a-t-il déclaré à Mosaïque, lundi 24 août 2026, en citant la chambre syndicale, le ministère des Finances (qui supervise le Fonds de lutte contre la pollution), le ministère de l’Environnement, les collectivités locales, la société civile ainsi que les citoyens et citoyennes.

Nécessité d’adopter le tri sélectif dès la source

Comment limiter le rejet de plastique dans la nature ? C’est la question qui doit être posée aujourd’hui, a indiqué Hamza Chaouch, estimant que des solutions sont aisément envisageables si toutes les parties prenantes se réunissaient autour d’une même table pour examiner ce dossier.

Il est nécessaire de modifier les méthodes de travail en adoptant le tri sélectif dès la source — qu’il s’agisse des administrations, des foyers ou des écoles — tout en sensibilisant la nouvelle génération et les citoyens aux procédures de collecte et de tri, ainsi qu’à la répartition des déchets dans des conteneurs spécifiques selon leur nature, a souligné le dirigeant syndical, en soulignant la disposition des industriels membres de la Chambre et des acteurs légaux du secteur à proposer des solutions efficaces, estimant qu’il est urgent de placer ce dossier au cœur des discussions afin de trouver une solution radicale et durable à ce fléau.

Sur un autre plan, Hamza Chaouch a rappelé que le secteur des déchets plastiques compte plus de 25 000 collecteurs et recycleurs opérant dans un marché informel, en l’absence de statistiques officielles sur les quantités de plastique collectées à travers le pays.

Un autre problème majeur réside dans la présence d’environ 80 % d’acteurs informels — apparus après la Révolution de 2011 — qui exercent dans ce domaine sans s’acquitter de leurs obligations fiscales.

Ce désordre entrave le développement d’un marché organisé pour les collecteurs et les recycleurs de déchets en général, et de ceux en plastique en particulier, estime Hamza Chaouch, qui appelle à soutenir le secteur par l’octroi d’aides financières incitatives spécifiques de la part des municipalités et du ministère de l’Environnement, afin de faciliter le transport et la gestion organisée des déchets.

Encourager la création d’entreprises de collecte de plastique

Tout en soulignant l’importance de faire évoluer les mentalités concernant la collecte, le recyclage et la gestion des plastiques, afin de s’aligner sur les technologies modernes déployées à l’échelle mondiale pour le traitement de divers types de plastiques usagés, M. Chaouch a appelé l’État à intervenir pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir et à créer des entreprises spécialisées dans la collecte des plastiques non recyclables.

Dans le même ordre d’idées, il a exhorté l’Assemblée des représentants du peuple à adopter une loi visant à moderniser le dispositif et à soutenir les activités de collecte et de recyclage afin de renforcer les capacités des entreprises, garantissant ainsi la fin de la pollution plastique qui perdure depuis des années.

Les taux de recyclage du plastique en Tunisie sont jugés limités ; en effet, les déchets plastiques représentent près de 84 % des déchets présents dans le milieu marin méditerranéen. Cette situation menace les écosystèmes côtiers et marins et affecte négativement des secteurs économiques vitaux tels que le tourisme et la pêche, engendrant un coût économique estimé à plus de 20 millions de dollars par an.

I. B.

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Poste Tunisienne | Un agent poursuivi pour détournement de fonds

Le ministère public près le Tribunal de première instance de Ben Arous a ordonné aux agents de la brigade de police judiciaire de Hammam-Lif de placer en garde à vue un employé de la Poste Tunisienne, soupçonné d’avoir détourné des fonds appartenant à des clients du bureau de poste où il travaille.

Cette décision, annoncée lundi 24 août 2026, fait suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant une femme âgée souhaitant retirer 800 dinars ; l’employé a toutefois enregistré un prélèvement de 832 dinars sur son compte tout en ne lui remettant que 800 dinars, un incident qui a suscité l’indignation et de nombreuses interrogations.

La dame, qui subissait ces prélèvements abusifs depuis de longues années et de la part du même agent, était accompagnée, ce jour-là, de son fils, qui a découvert le pot aux roses et exigé des explications de l’agent en question qui s’est confondu en justifications oiseuses. La ficelle était trop grosse et les malversations sont dûment documentées par l’historique des transactions sur le compte de la victime, comme l’a expliqué son fils dans la vidéo.

En réaction, la Poste tunisienne a affirmé, dans un communiqué publié dimanche 23 août 2026, qu’elle «ne tolérera aucun manquement avéré», précisant que les mesures nécessaires seront prises et la loi appliquée avec la plus grande rigueur à l’encontre de toute personne dont la responsabilité serait établie, conformément aux réglementations et lois en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise publique se trouve au centre d’une polémique à cause des abus de certains de ses agents : un renforcement du système de contrôle interne est on ne peut plus nécessaire pour mettre fin aux malversations que se permettent certains agents.

I. B.

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Canicule en Tunisie | Appel à la vigilance contre les incendies

L’Office national de la protection civile a mis en garde contre une nouvelle hausse des températures sur tout le territoire tunisien. A partir de ce mardi 25 août 2026, les températures devraient osciller entre 40 et 45 degrés Celsius, ce qui va accroître le risque de déclenchement d’incendies.

Tout en appelant les citoyens à respecter les consignes de prévention pour limiter les dangers d’incendies, l’Office leur recommande notamment de ne pas laisser de bouteilles ou de récipients en verre dans les forêts ou les espaces ouverts, en raison du risque de concentration des rayons solaires qu’ils présentent, et à ne pas jeter de mégots de cigarettes ou de matières inflammables sur les routes ou dans les espaces naturels.

Dans une publication sur sa page Facebook hier, lundi 24 août, le porte-parole de l’Office national de la protection civile a également recommandé de s’abstenir de brûler des déchets, des résidus de récoltes ou des herbes sèches, et d’éviter d’allumer des feux dans les forêts ou à proximité de zones agricoles et d’herbes sèches.

Il a insisté sur la nécessité de surveiller les enfants et de les empêcher de jouer avec le feu ou des pétards, tout en appelant à coopérer avec les agents de la protection civile et les autorités locales et à respecter leurs consignes afin de préserver les vies et les biens.

Il a également appelé à signaler immédiatement toute apparition de fumée ou tout incendie en contactant la protection civile au numéro 198, rapporte Mosaïque FM.

Rappelons que la Protection civile avait annoncé, dans un communiqué publié hier, lundi, que ses unités ont effectué, 596 interventions au cours des dernières vingt-quatre heures, dont 124 opérations d’extinction d’incendies.

Par ailleurs, la canicule qui s’est installée dans le pays semble appelée à perdurer toute la semaine. Selon l’Institut national de la météorologie, la hausse des températures va se poursuivre et une augmentation marquée est attendue dans la plupart des régions les mardi 25 et mercredi 26 août, où les températures devraient dépasser les normales saisonnières de 7 à 11 degrés ; les maximales oscillant entre 42 et 48 degrés, accompagnées du vent de sirocco.

I. B.

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L’élève Amine Sayhi meurt des suites d’une insolation | Il travaillait dans les champs

C’est l’histoire d’un adolescent de 14 ans, Amine Sayhi, originaire de la région de Zelfan et élève de huitième année au collège de Thala (Kasserine), qui a trouvé la mort des suites d’une insolation… La pauvreté de sa famille l’a contraint à travailler dans les champs par ce temps caniculaire où la chaleur dépassait 40 degrés Celsus, rapporte Anba Tounes.  

«Comme tout enfant de son âge, il nourrissait des rêves : des livres, un cartable, l’école et un avenir qu’il espérait bâtir de ses propres mains. Mais la pauvreté et le besoin ne lui ont pas permis de vivre l’enfance qu’il méritait», a écrit Me Nadia Chaouachi, qui a rapporté son drame sur sa page Facebook, hier, lundi 24 août 2026.

«Durant les vacances, Amine est parti travailler dans des exploitations agricoles… non pas pour s’acheter un jouet, ni pour mener une vie d’aisance, et encore moins parce qu’il avait choisi ce travail. Il est parti travailler pour gagner un peu d’argent, de quoi acheter ses fournitures scolaires et poursuivre ses études», écrit encore Mme Chaouachi. Elle ajoute : «Un enfant à la fleur de l’âge : au lieu d’être à l’abri de l’école, il s’est retrouvé exposé à un soleil impitoyable… Ses mains, qui auraient dû tenir un stylo, se sont mises au travail pour en payer le prix. Mais le destin s’est montré plus cruel encore… Amine nous a quittés après avoir été victime d’une insolation, emportant avec lui un petit rêve : celui de poursuivre ses études».

«À peine 14 ans… Quel est son tort ? Qu’a-t-il fait pour être privé de son enfance ? Son histoire doit nous bouleverser, éveiller nos consciences et nous amener à nous interroger : combien d’autres Amine travaillent encore sous un soleil de plomb ? Combien d’enfants sacrifient leur enfance parce que leur famille n’a pas les moyens ?», conclut la juriste, en pensant à tous ces enfants qui travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles, et que les autorités feignent de ne pas voir.

I. B.

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Ben Guerdane – 12 morts et 2 disparus | Comment est-on arrivé là ?

Comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ? C’est la question que pose le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) dans le communiqué suivant, publié le 24 août 2026, où  il exprime sa profonde douleur et sa solidarité avec les familles et les populations de Ben Guerdane et de Zarzis frappées par le naufrage d’une embarcation transportant quinze jeunes Tunisiens qui tentaient de rejoindre l’Italie.

Selon le dernier bilan communiqué par la Direction générale de la Garde nationale, douze corps ont été repêchés, deux personnes restent portées disparues et une seule personne a survécu. Quatorze des quinze personnes à bord étaient originaires de Ben Guerdane et une de Zarzis. L’embarcation avait quitté les côtes le 19 août et a sombré à environ 14 milles marins au large de Zarzis.

Le CRLDHT présente ses condoléances aux familles des victimes et partage l’angoisse de celles qui attendent encore de connaître le sort de leurs enfants. Il demande que les recherches se poursuivent sans interruption jusqu’à ce que les deux derniers disparus soient retrouvés.

Mais cette tragédie ne peut être réduite à un nouveau fait divers de la migration dite irrégulière.

La question n’est pas seulement de savoir comment ces jeunes sont morts. Elle est aussi de comprendre pourquoi des jeunes, âgés pour plusieurs d’entre eux de 18 à 25 ans, ont estimé qu’il ne leur restait d’autre horizon que de prendre la mer au risque de leur vie.

Ben Guerdane : sécurité sans développement

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui à Ben Guerdane, il faut revenir sur les profondes transformations qu’a connues cette région frontalière au cours de la dernière décennie.

La lutte contre le terrorisme et la sécurisation de la frontière tuniso-libyenne étaient des nécessités incontestables, particulièrement après les événements de mars 2016 : les affrontements d’El Aouija du 2 mars, puis surtout l’attaque de grande ampleur menée par Daech contre Ben Guerdane, le 7 mars 2016.

La population de Ben Guerdane avait alors joué, aux côtés des forces militaires et sécuritaires, un rôle déterminant dans la résistance aux assaillants.

Mais les réponses apportées aux problèmes de la région sont restées principalement sécuritaires, sans véritable politique économique et sociale à la hauteur de ses besoins.

La construction et le renforcement du dispositif militaire frontalier, l’intensification des contrôles et les restrictions apportées aux échanges ont directement affecté l’économie transfrontalière, y compris le commerce informel qui constitue depuis longtemps une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles.

Restreindre cette économie sans construire simultanément des alternatives crédibles revenait à exposer une partie croissante de la population au chômage, à la précarité et à l’absence de perspectives.

À cela s’ajoutent les difficultés persistantes liées au passage frontalier de Ras Jedir, véritable artère économique et sociale de Ben Guerdane. Fermetures, réouvertures, restrictions, difficultés de passage et décisions changeantes ont fragilisé encore davantage les activités dont dépendent de nombreuses familles.

Contrôler les départs ne peut remplacer l’obligation de sauver

Cette tragédie interpelle également les politiques migratoires mises en œuvre par la Tunisie, notamment dans le cadre de sa coopération avec l’Union européenne.

Depuis plusieurs années, des moyens importants sont consacrés au contrôle des côtes, à la surveillance des zones de départ et à l’interception des embarcations. Les dispositifs sont d’abord conçus pour empêcher les départs.

Le CRLDHT rappelle pourtant que la protection de la vie humaine et le sauvetage en mer doivent constituer une priorité absolue.

Comment expliquer que des moyens importants soient mobilisés pour surveiller les côtes, empêcher les départs et intercepter les embarcations, alors qu’un bateau transportant quinze personnes peut disparaître et qu’un survivant peut rester près de deux jours en mer avant d’être découvert par un navire commercial ?

Le drame de Ben Guerdane ravive inévitablement le souvenir du naufrage de Zarzis de septembre 2022. Quatre ans plus tard, les familles restent mobilisées pour connaître toute la vérité sur la disparition de l’embarcation, les conditions des recherches et la gestion des dépouilles.

Une nouvelle tragédie survient aujourd’hui dans la même région maritime et pose à nouveau la question des enseignements réellement tirés de Zarzis et de l’efficacité des dispositifs de recherche et de sauvetage.

Mais cette responsabilité ne s’arrête pas aux frontières tunisiennes. Les politiques migratoires européennes portent également une part de responsabilité dans les drames et les disparitions en Méditerranée. La lutte contre les départs ne peut continuer à primer sur la protection des vies, tandis que des milliers de personnes meurent ou disparaissent en mer et que leurs familles restent parfois des années sans savoir ce qu’elles sont devenues.

Silence politique et réponse policière

À ce jour, aucune prise de parole publique significative du gouvernement ou de la Présidence de la République sur cette tragédie, ses causes et la situation de Ben Guerdane n’est à relever.

La Garde nationale communique sur les opérations de recherche et indique qu’elles font l’objet d’un suivi au plus haut niveau. Mais cela ne remplace pas une parole politique adressée aux familles et à la population.

Ce silence contraste avec la réponse apportée aux manifestations qui ont éclaté à Ben Guerdane. Pendant deux nuits, des habitants et des jeunes sont descendus dans la rue. Leur mobilisation exprimait d’abord l’angoisse devant la disparition des leurs, puis plus largement le chômage, les difficultés de Ras Jedir, les projets de développement bloqués et l’absence de perspectives.

Face à cette colère, les forces de sécurité sont intervenues, ont chargé des manifestants et fait usage de gaz lacrymogène.

Le contraste est saisissant : silence politique face au drame et à ses causes, intervention policière lorsque la colère s’exprime dans la rue.

Établir les responsabilités

L’enquête judiciaire ouverte est indispensable, mais elle ne peut se limiter aux organisateurs de la traversée et aux éventuels passeurs. Elle doit aussi établir les circonstances du naufrage, la chronologie des alertes et des recherches, les moyens de surveillance et de sauvetage mobilisés et les éventuelles responsabilités, y compris institutionnelles. Un bilan des mesures prises depuis le naufrage de Zarzis de 2022 doit également être rendu public. Les familles ont droit à la vérité.

Le CRLDHT appelle parallèlement à une révision profonde des politiques concernant les régions frontalières, particulièrement Ben Guerdane et Ras Jedir, ainsi que des politiques migratoires tunisiennes et européennes, afin que le sauvetage et la protection des vies disposent des moyens nécessaires.  

Les douze victimes ne sont pas seulement des «migrants irréguliers». Ce sont des jeunes Tunisiens qui cherchaient une possibilité de vivre autrement. Quand le commerce frontalier se réduit sans alternative, que le chômage et les restrictions s’accumulent et que tout horizon se ferme, la mer finit par apparaître comme une issue, au risque de devenir un tombeau.

Une question demeure : comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ?

Communiqué.

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Italie : avec 626 Tunisiens arrivés par mer, la Tunisie au 8e rang des nationalités

Selon les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), arrêtées au 30 juin 2026, 626 personnes parties de Tunisie ont été enregistrées parmi les arrivées maritimes sur les côtes italiennes depuis le début de l’année.

Ces arrivées représentent 4,4 % du total recensé au cours du premier semestre 2026. La Tunisie figure ainsi parmi les principaux pays de départ, derrière le Bangladesh, la Somalie, le Soudan, le Pakistan, l’Algérie, l’Égypte et l’Érythrée. Elle devance notamment le Mali, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Bangladesh arrive largement en tête avec 4 249 arrivées, soit 29,5 % du total. Il est suivi par la Somalie avec 1 644 personnes (11,4 %), le Soudan avec 1 369 (9,5 %) et le Pakistan avec 1 185 (8,2 %). L’Algérie occupe la cinquième position avec 1 106 arrivées, devant l’Égypte, avec 920 personnes.

Des arrivées en baisse à l’échelle italienne

Ces chiffres s’inscrivent toutefois dans un contexte général de recul des arrivées maritimes en Italie. Après le pic enregistré en 2023, avec 157 651 personnes arrivées par la mer, le nombre d’arrivées a fortement diminué pour atteindre 66 617 en 2024, puis 66 316 en 2025, selon les données du HCR.

Cette baisse s’accompagne également d’une diminution du nombre de morts et de disparus en mer. Celui-ci est passé de 1 908 en 2023 à 1 126 en 2025, selon les séries annuelles publiées par le HCR.

Malgré ce recul, la route de la Méditerranée centrale reste l’un des principaux axes migratoires vers l’Europe. La Tunisie conserve, dans ce dispositif, une position particulière, à la fois comme pays de départ pour ses propres ressortissants et comme territoire de transit pour des migrants originaires d’autres pays africains.

La Tunisie au cœur de la route de la Méditerranée centrale

La présence de ressortissants tunisiens parmi les arrivées en Italie s’ajoute ainsi à celle de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ayant transité par le territoire tunisien avant de tenter la traversée. Le Soudan, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée figurent notamment parmi les nationalités recensées dans les arrivées maritimes en Italie.

Lire aussi : Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

La route reliant les côtes tunisiennes et libyennes à l’Italie, notamment à Lampedusa et en Sicile, demeure ainsi un axe stratégique des migrations en Méditerranée centrale. Malgré le recul global des flux, les départs depuis la Tunisie continuent d’alimenter les arrivées sur les côtes italiennes.

Le HCR poursuit le suivi de ces mouvements à travers son portail de données opérationnelles, avec des mises à jour régulières sur les arrivées maritimes en Europe ainsi que sur les personnes mortes ou portées disparues en mer.

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Le zgougou, star du Mouled… et cauchemar du budget familial

Chaque année, les familles tunisiennes célèbrent le Mouled selon leurs moyens et leurs priorités. Si cette fête, qui commémore la naissance du Prophète Mohamed, demeure profondément ancrée dans les traditions, son organisation a évolué sous l’effet de la hausse des prix et de la dégradation du pouvoir d’achat. Entre consommation, dépenses et attachement aux coutumes, les Tunisiens continuent-ils à célébrer le Mouled comme autrefois ? Reportage.

Une tradition familiale toujours vivante

Pour une bonne partie des citoyens, la célébration du Mouled dépend avant tout des moyens financiers de chaque famille. Saoussen K., graphiste, résume : « Tout dépend des priorités et de mon budget. J’achète en fonction de ce que je peux me permettre. Je respecte la tradition, car elle nous permet aussi de préserver les liens familiaux. Cette année, j’ai pris 500 grammes de pâte de zgougou à 29 dinars, et environ 40 dinars de fruits secs : poudre d’amandes, noisettes, pistaches… Cela dit, j’ai pris l’habitude de cette flambée des prix. On vit avec. On achète une petite quantité, mais on garde la tradition. »

Même constat pour Latifa, qui tient à perpétuer cette coutume malgré la hausse des prix : « Je célèbre le Mouled comme d’habitude, en famille. C’est une occasion de partager un moment de convivialité et de rappeler nos traditions liées à la naissance du Prophète. Les prix sont certes élevés et j’ai l’impression qu’ils augmentent d’une année à l’autre, mais le zgougou et l’assida restent incontournables. »

 

Lire aussi: Zgougou, de produit traditionnel à un luxe inaccessible

 

Pour Nihel.D le Mouled représente également une occasion de préserver le patrimoine familial et culturel : « C’est un moment convivial qui permet de faire vivre nos coutumes afin qu’elles ne disparaissent pas. Dans certaines familles, on organise même des concours de la meilleure assida. Mais le plus important reste ce retour aux sources et ces échanges entre les membres de la famille ». 

Des recettes qui évoluent

La tradition ne disparaît pas, mais les recettes et les habitudes changent. Chaque famille célèbre le Mouled à sa façon. Certains préparent l’assida au zgougou, tandis que d’autres restent fidèles à l’ancienne recette, l’assida blanche. Aujourd’hui, les recettes se sont diversifiées : on ajoute des noisettes, des pistaches et d’autres fruits secs, voir même assida aux cacahuètes. Cela dit, qui dit Mouled dit aussi assida traditionnelle. On garde les traditions et on ne change pas nos habitudes. Cette journée est aussi une occasion de revoir la famille et les amis. 

Le prix du zgougou suscite la colère

Pour certaines familles, cependant, les dépenses liées au Mouled sont devenues difficiles à supporter, mais l’assida blanche reste une alternative. Car pour de nombreuses familles, l’assida blanche apparaît ainsi comme une alternative économique au zgougou. Préparée à base de semoule ou de farine, elle permet de respecter la tradition tout en limitant les dépenses.

Les témoignages recueillis montrent que les Tunisiens ne renoncent pas nécessairement au Mouled, mais qu’ils adaptent sa célébration à leurs moyens. Pour certains, le boycott du zgougou ne figure pas dans leur vocabulaire. Pour d’autres, l’assida blanche permet de préserver la tradition sans alourdir le budget familial.

 

Lire également : ODC : appel au boycott du « Zgougou »

 

Selon un communiqué de l’Organisation de défense du consommateur, le prix du zgougou pique toujours dans plusieurs gouvernorats, en lien avec la cherté de la vie.

Au-delà des dépenses, le Mouled reste avant tout une fête familiale. Il offre aux proches l’occasion de se retrouver, de partager un plat traditionnel et de transmettre un héritage culturel aux nouvelles générations. Dans plusieurs familles, des concours de la meilleure assida sont même organisés, rappelant que la convivialité demeure au cœur de cette célébration.

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Tunisie – Une allocation chômage de 500 dinars à partir de 2027? Père Noël en plein été !

Une publication virale affirme que la Tunisie versera, à partir de 2027, une allocation chômage de 500 dinars à toute personne sans emploi. Vérification faite auprès des communications officielles du gouvernement, en particulier du ministère des Affaires sociales, cette information n’est pas confirmée.

Examiné lors d’un Conseil ministériel restreint en janvier 2025, affirme la publication, ce dispositif ciblerait principalement les travailleurs ayant involontairement perdu leur emploi. Il pourrait prévoir, sous certaines conditions, une indemnité compensatoire, une couverture sanitaire, des allocations en espèces ainsi qu’un accompagnement destiné à favoriser la formation et la réinsertion professionnelle.

Cela dit, un tel projet ne constitue donc pas une allocation universelle destinée à tous les chômeurs. Il s’agit d’un mécanisme d’assurance soumis à des critères d’éligibilité et à des procédures précises.

Par ailleurs, le Conseil ministériel consacré au projet de budget économique pour 2027, réuni le 19 août 2026, a évoqué la situation de l’emploi et la baisse du taux de chômage à 14,9%, sans annoncer la création d’une allocation chômage de 500 dinars.

En somme, la Tunisie prépare bien un régime d’assurance contre la perte d’emploi, mais aucune source officielle ne confirme le versement automatique de 500 dinars à chaque chômeur à partir de 2027.

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Quand la pénurie met en péril la cohésion sociale

En plein été, les Tunisiens se retrouvent  pris entre des eaux du robinet troubles, jaunâtres, impropres à la consommation, et une absence totale d’eau minérale dans les espaces commerciaux, sans oublier les coupures récurrentes d’électricité, une situation catastrophique ayant créé un terrain fertile aux prix exorbitants qui épuisent les revenus des citoyens. Une  souffrance qui met en péril les valeurs de la société. 

L’expert en économie, Ridha Chkoundali, a multiplié les analyses en août 2026 sur les dysfonctionnements structurels de l’économie du pays . 

Ridha ChkoundaliDans son post, Ridha Chkoundali met en garde contre une lecture superficielle des indicateurs officiels (croissance de 2,29% au T2 2026, chômage en baisse, tourisme résilient, etc.). Pour lui, ce chiffre global masque une distorsion structurelle : la croissance repose surtout sur l’agriculture, l’hôtellerie-restauration et quelques secteurs, sans refléter une amélioration de l’économie productive ni du niveau de vie réel.

Evoquant la question relative à la hausse des prix des médicaments, Ridha Chkoundali estime que cette  hausse  qui atteint parfois +200% à +500% sur certains produits n’est pas qu’un problème tarifaire. Elle révèle une crise de gouvernance touchant la Pharmacie centrale, la CNAM, les hôpitaux publics, le financement du système de santé et les équilibres macroéconomiques.  Ainsi il appelle à une réforme structurelle : meilleure gouvernance de la Pharmacie centrale, renforcement des stocks stratégiques, soutien à l’industrie pharmaceutique locale et aux génériques, révision d) Bourse, banques et signal d’alerte pour l’économie réelle.

Par ailleurs, sur le plan  financier, Ridha Chkoundali considère la turbulence boursière de fin juillet 2026 (chute du Tunindex, suspension de cotation) comme un signal de danger : la hausse précédente reposait largement sur les banques, pas sur l’économie productive. Il craint une transmission des difficultés du marché financier vers l’économie réelle et le secteur bancaire. 

Pour Ridha Chkoundali, la solution n’est pas seulement  » plus de contrôles » ou « plus de répression contre l’accaparement », mais une réforme structurelle : meilleure gouvernance des entreprises publiques, stocks stratégiques, soutien à la production locale, révision des mécanismes de financement et de remboursement, et surtout un choix politique en faveur du rassemblement et de l’inclusion plutôt que de l’exclusion.

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FTDES : à Zarzis, quand l’absence d’horizon pousse les jeunes à risquer leur vie en mer

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) exprime sa pleine solidarité avec les familles des victimes et des personnes portées disparues, ainsi qu’avec les habitants de Ben Guerdane et de Zarzis, à la suite du naufrage d’une embarcation survenu à environ 14 kilomètres des côtes de Zarzis.

Dans un communiqué, le Forum dénonce, par ailleurs, l’absence d’informations précises et actualisées concernant l’évolution des opérations de recherche et de sauvetage, rappelant le droit des familles et de l’opinion publique à obtenir des informations claires et régulières sur la situation.

Selon les dernières données disponibles, l’embarcation transportait plus de 15 personnes, dont la majorité seraient originaires de Ben Guerdane, ainsi qu’un jeune homme de Zarzis. Un seul jeune homme a pu être secouru, tandis que 11 corps ont été repêchés et transférés à l’hôpital régional de Zarzis.

Les opérations de recherche se poursuivent afin de retrouver les autres personnes portées disparues. Elles mobilisent les unités de la sûreté maritime ainsi que plusieurs marins et pêcheurs qui participent aux opérations de recherche et de sauvetage.

Le FTDES affirme également soutenir les habitants dans leurs mobilisations et protestations réclamant que toute la lumière soit faite sur cette tragédie, que les informations soient communiquées et que les responsabilités soient établies. Le Forum salue, dans le même temps, les efforts des marins, des pêcheurs et des différents intervenants engagés dans les opérations de recherche et de sauvetage.

Pour le Forum, cette nouvelle tragédie, comme les précédentes, ne peut être dissociée des causes sociales, économiques et politiques profondes du phénomène migratoire. La marginalisation, l’absence de perspectives et l’impasse des possibilités d’une vie digne constituent, selon le FTDES, des facteurs qui poussent davantage de jeunes à risquer leur vie en mer à la recherche d’un avenir meilleur.

Face à cette nouvelle tragédie, le Forum appelle à poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage avec tous les moyens disponibles, à garantir aux familles et à l’opinion publique un accès à des informations précises et actualisées et à faire toute la lumière sur les circonstances du naufrage afin de déterminer les responsabilités.

Le FTDES appelle également à s’attaquer aux causes profondes qui poussent les jeunes à migrer et à mettre leur vie en danger, à travers des politiques sociales et économiques garantissant le droit à l’emploi et à une vie digne, l’égalité des chances et de véritables perspectives d’avenir pour la jeunesse.

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Tunisie. Ben Guerdane : la colère après le drame en mer

Le naufrage d’une embarcation clandestine, qui a coûté la vie à quinze jeunes Tunisiens au large des côtes sud-est du pays, a déclenché un week-end de heurts à Ben Guerdane. Derrière les violences, une ville meurtrie exprime autant son deuil…

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Aram Belhadj : le plafonnement des prix de l’eau minérale risque d’aggraver le marché parallèle

L’économiste Aram Belhadj estime que la décision de plafonner les prix de l’eau minérale en bouteille intervient sur le dernier maillon de la chaîne de valeur, celui de la distribution et de la fixation des prix, alors que le véritable problème se situe, selon lui, en amont, au niveau de la production.

Dans une publication, il considère que cette décision illustre un mode d’intervention classique de la politique économique tunisienne, fondé principalement sur des décisions administratives rapides, au lieu de s’orienter vers des solutions permettant de traiter le problème de manière structurelle.

Un risque d’aggravation du marché parallèle

Selon Aram Belhadj, le plafonnement des prix pourrait, dans le contexte actuel de pénurie persistante d’eau minérale conditionnée, contribuer à renforcer le marché parallèle en Tunisie.

Il estime que cette mesure risque également de créer un décalage entre les prix fixés par les autorités de tutelle et les prix effectivement appliqués aux consommateurs lors de la vente.

Pour l’économiste, le traitement du problème devrait ainsi davantage porter sur les difficultés liées à la production, plutôt que de se limiter à une intervention sur la distribution et les prix.

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Météo : sirocco, forte chaleur et températures jusqu’à 47°C ce lundi

La Tunisie connaît, ce lundi 24 août 2026, une nouvelle journée marquée par une forte chaleur. Les températures restent nettement supérieures aux normales saisonnières, avec des maximales pouvant atteindre 47°C dans plusieurs régions et l’apparition du sirocco (ch’hili).

Le temps sera chaud et peu nuageux sur la plupart des régions en matinée. Les nuages deviendront progressivement plus abondants dans l’après-midi sur les régions ouest du Nord et du Centre, avec l’apparition de cellules orageuses accompagnées de pluies et de chutes locales de grêle. Ces phénomènes pourront ensuite concerner certaines régions de l’Est.

Les températures maximales varieront entre 37 et 42°C sur les zones côtières et les hauteurs, et entre 43 et 47°C dans le reste du pays, avec apparition du ch’hili.

Jusqu’à 10°C au-dessus des normales

Selon une note de suivi publiée par l’Institut national de la météorologie (INM), cette hausse marquée des températures, amorcée dimanche 23 août, se poursuit lundi 24 et mardi 25 août. Les températures dépasseront les normales saisonnières de 6 à 10°C.

Les maximales atteindront ainsi 42 à 47°C dans la plupart des régions, avec apparition du ch’hili, contre 37 à 41°C dans les régions côtières et les hauteurs.

L’INM prévoit par ailleurs que les températures resteront élevées dans la majorité des régions, avec la persistance du ch’hili, jusqu’à la fin de la semaine prochaine.

Des vents plus forts et un risque orageux

Les vents souffleront de secteur Est, faibles à modérés, avant de se renforcer relativement dans l’après-midi près des côtes et dans le Sud. Ils pourront également se renforcer lors du passage des cellules orageuses, avec des rafales dépassant 70 km/h.

La mer sera peu agitée, avant de devenir progressivement agitée en fin de journée sur les côtes nord.

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Mouled : 350 tonnes de zgougou produites… mais seulement 95 tonnes collectées !

À l’approche du Mouled et face à la hausse de la demande en zgougou et en fruits secs, le traitement de l’augmentation des prix de ces produits nécessite un suivi de l’ensemble des maillons des circuits de distribution afin d’identifier l’origine des hausses enregistrées et de garantir un prix équitable reflétant les coûts réels et la valeur ajoutée du produit.

C’est ce qu’a déclaré, dimanche, le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, Lotfi Riahi.

Il a appelé les différents intervenants, du producteur au commerçant, en passant par les autorités de contrôle et les organisations de défense du consommateur, à œuvrer en faveur d’un marché équitable et transparent, permettant au citoyen de célébrer le Mouled sans supporter des prix excessifs.

Lotfi Riahi a souligné que la protection du pouvoir d’achat ne signifie ni lutter contre le commerçant ni exercer une pression sur le producteur. Elle consiste, selon lui, à parvenir à un équilibre entre les intérêts du producteur, du distributeur et du consommateur.

Le prix final dépend de toute la chaîne

Le président de l’organisation a expliqué que le prix final du zgougou et des fruits secs ne dépend pas uniquement du coût de production. Il est également influencé par les différentes étapes que traverse le produit, de la production, la collecte et le regroupement au stockage et au transport, puis à la vente en gros, à la distribution et à la vente au détail.

Les marges bénéficiaires ainsi que l’évolution de l’offre et de la demande interviennent également dans la formation du prix final.

Selon lui, la multiplicité des maillons de distribution peut accentuer l’écart entre le prix à la source et celui payé par le consommateur. Il préconise ainsi un suivi des prix à chaque étape, ainsi que la détermination du coût réel et de la marge bénéficiaire appliquée à chaque maillon.

Cette démarche doit permettre, a-t-il précisé, de distinguer les hausses justifiées par les coûts des augmentations qui ne le sont pas.

Zgougou : 350 tonnes de production contre 95 tonnes collectées

Concernant le zgougou, Lotfi Riahi a indiqué que la production est estimée à environ 350 tonnes, alors que quelque 95 tonnes seulement sont collectées.

Cet écart entre les quantités disponibles et les volumes collectés nécessite, selon lui, un suivi accru de la part des services de l’administration des forêts, afin d’identifier les raisons de cette situation et ses répercussions sur les prix.

Extrait des fruits du pin d’Alep, le zgougou est un produit local à valeur alimentaire et patrimoniale. Son prix au consommateur est toutefois influencé, outre les coûts de production, de collecte et de transformation, par les frais de stockage et de transport, le nombre d’intermédiaires et les marges bénéficiaires, ainsi que par la spéculation et l’évolution de l’offre et de la demande à l’approche du Mouled.

Fruits secs : une chaîne qui pèse sur le prix final

Le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur a également insisté sur la nécessité de distinguer une hausse réelle du coût de production d’une augmentation injustifiée résultant de l’exploitation commerciale de l’occasion du Mouled.

Le consommateur ne doit pas, selon lui, supporter seul le poids de la hausse des prix lorsque celle-ci n’est pas proportionnelle à l’évolution des coûts réels et de la valeur ajoutée du produit.

S’agissant des fruits secs produits localement, Lotfi Riahi a souligné que l’existence d’une production tunisienne ne signifie pas nécessairement que le produit arrive au consommateur à un prix abordable.

Le prix final se forme à travers une succession d’étapes, du producteur ou agriculteur à la collecte, au stockage, au transport, à la vente en gros, à la distribution et, enfin, à la vente au détail.

Chaque maillon peut ajouter un coût et une marge bénéficiaire, ce qui peut entraîner un écart important entre le prix à la source et le prix final, sans que cet écart soit toujours expliqué par les coûts réels ou la valeur ajoutée.

Lotfi Riahi a ainsi appelé à renforcer la transparence dans la formation des prix et à expliquer les écarts enregistrés tout au long des circuits de distribution.

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Décès d’Abderrahmane Tlili, figure de l’administration et de la politique tunisienne

L’ancien secrétaire général du parti de l’Union démocratique unioniste (UDU), Abderrahmane Tlili, est décédé dimanche 23 août 2026 à l’âge de 83 ans.

Fils du célèbre dirigeant syndical Ahmed Tlili, il a marqué la scène publique tunisienne par son parcours politique à la tête de l’UDU, un parti d’orientation nationaliste, mais aussi par ses hautes responsabilités administratives avant la Révolution. Il a notamment dirigé l’Office national de l’huile ainsi que l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA).

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Saison des pluies : prévenir plutôt que réparer

À quelques semaines du retour des premières pluies automnales, la prévention des inondations revient au premier plan. Le Conseil ministériel restreint consacré jeudi aux préparatifs de la saison des précipitations remet surtout en évidence un impératif : agir avant les intempéries plutôt que dans l’urgence une fois les dégâts constatés. Curage des oueds et des canaux, entretien des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, traitement des zones vulnérables et réalisation des projets de protection constituent autant d’interventions qui doivent être achevées ou accélérées pendant la période estivale.
L’enjeu est d’autant plus important que les épisodes météorologiques violents peuvent désormais survenir sur des périodes très courtes et provoquer des dégâts considérables. Les inondations de janvier dernier en ont encore montré les conséquences dans plusieurs régions. La préparation de la prochaine saison pluvieuse ne relève donc pas d’un simple programme annuel d’entretien. Elle constitue un véritable dispositif de prévention dont dépend la protection des populations, des habitations, des infrastructures et de l’activité économique.

L’été, une période déterminante pour préparer l’automne
Lorsque les fortes précipitations commencent, il est souvent déjà trop tard pour intervenir sur certaines infrastructures. C’est pendant les mois secs que doivent être nettoyés les canaux, dégagés les cours d’eau, entretenus les ouvrages hydrauliques et identifiées les zones présentant les risques les plus importants. Les chiffres présentés lors du Conseil ministériel montrent l’ampleur des opérations engagées, mais également celle du travail restant à accomplir. Sur les 3.800 kilomètres de canaux et de cours d’eau inscrits au programme annuel de curage, 2.250 kilomètres ont été traités. Pour les oueds, 131 kilomètres ont été nettoyés sur les 363 prévus dans 18 gouvernorats. L’entretien des lacs collinaires et des réseaux d’évacuation des eaux pluviales se poursuit également.
Ces interventions peuvent sembler ordinaires, mais leur importance apparaît pleinement lorsque surviennent de fortes pluies. Un canal obstrué par des déchets, des végétaux ou des sédiments peut empêcher l’écoulement normal de l’eau. Un réseau d’évacuation insuffisamment entretenu peut rapidement arriver à saturation. Dans les zones urbaines fortement construites, où les surfaces imperméabilisées empêchent l’eau de s’infiltrer naturellement dans le sol, quelques dizaines de minutes de précipitations intenses peuvent suffire pour submerger certaines rues. C’est précisément pour cette raison que la prévention ne peut être concentrée uniquement sur les semaines précédant l’automne. L’entretien des ouvrages doit être régulier et les interventions programmées suffisamment tôt pour que les infrastructures soient opérationnelles avant les premiers épisodes pluvieux importants.

Les «points noirs», une priorité
Au-delà de l’entretien général des réseaux, l’un des principaux enjeux réside dans l’identification des zones particulièrement exposées aux inondations. Certaines sont connues depuis plusieurs années : quartiers situés en contrebas, routes régulièrement submergées, passages sous les ponts, zones proches des oueds ou secteurs où les réseaux d’évacuation atteignent rapidement leurs limites. Le Conseil ministériel a d’ailleurs insisté sur la nécessité de hiérarchiser les zones à risque et d’actualiser les données concernant les points sensibles. Une démarche indispensable pour concentrer les moyens là où les conséquences d’un épisode pluvieux pourraient être les plus graves. Une enveloppe de 132 millions de dinars a déjà été mobilisée au profit de quinze gouvernorats afin de réparer les dégâts provoqués par les inondations de janvier 2026. Une première tranche de 84 millions de dinars concerne le traitement de 120 points noirs. Ces montants illustrent aussi le coût considérable des intempéries lorsque les infrastructures sont endommagées.
À cela s’ajoutent 29 projets de protection contre les inondations programmées pour 2026, pour un investissement global de 396 millions de dinars. Leur achèvement dans les délais représente un enjeu majeur. Car la prévention a certes un coût, mais les conséquences d’une inondation peuvent être beaucoup plus lourdes : routes endommagées, habitations touchées, réseaux publics détériorés, activités économiques interrompues et parfois, surtout, des vies humaines mises en danger. Traiter durablement les points noirs permet également de sortir d’une logique d’intervention répétitive. Lorsqu’une même zone est inondée à chaque épisode de fortes précipitations, réparer les dégâts après chaque événement ne peut constituer une réponse suffisante. L’objectif doit être de réduire, autant que possible, la vulnérabilité du secteur avant la pluie suivante.

Passer de la réaction à l’anticipation
La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes impose aujourd’hui de revoir la manière dont le risque est géré. Les fortes précipitations ne sont pas nouvelles en Tunisie, mais leur intensité et leur caractère parfois brutal rendent l’anticipation encore plus nécessaire. Cette préparation ne repose pas uniquement sur les ouvrages de protection. Les systèmes d’alerte précoce, la surveillance météorologique, la circulation rapide de l’information et la coordination entre les différents intervenants sont tout aussi essentiels. Lorsqu’un épisode dangereux est annoncé, quelques heures d’anticipation peuvent permettre de sécuriser certaines zones, d’interdire temporairement des routes ou des passages à risque et d’informer les habitants.
Les citoyens ont également un rôle à jouer. Les déchets abandonnés dans les rues, les canaux ou les cours d’eau peuvent obstruer les systèmes d’évacuation et aggraver les conséquences des pluies. La prévention passe donc aussi par une meilleure gestion des déchets et par le respect des infrastructures destinées à l’écoulement des eaux. À la fin du mois d’août, le calendrier devient désormais serré. Une partie importante des travaux a été réalisée, mais plusieurs centaines de kilomètres de réseaux, d’oueds et de cours d’eau restent encore concernés par les programmes d’entretien. Les prochaines semaines seront donc déterminantes.

La véritable efficacité du dispositif se mesurera finalement lors des premières fortes précipitations. L’objectif n’est évidemment pas de prétendre pouvoir éliminer tout risque d’inondation. Face à certains phénomènes exceptionnels, aucune infrastructure ne peut garantir une protection absolue. Mais anticiper, entretenir, surveiller et intervenir sur les zones les plus vulnérables permet d’en réduire considérablement les conséquences. Et surtout d’éviter que chaque saison des pluies ne ramène les mêmes images, les mêmes dégâts et les mêmes interrogations sur ce qui aurait pu être fait en amont.

Leila SELMI

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Ezzahra | L’agresseur des chauffeurs de taxi arrêté

La brigade de la police judiciaire de Hammam-Lif a arrêté un individu impliqué dans une série d’agressions (vols avec violence) à l’encontre de plusieurs chauffeurs de taxi individuel.

Selon les informations disponibles, rapportées par Mosaïque FM, le suspect hélait les taxis en prétendant vouloir se rendre dans le quartier de Borj Louzir à Ezzahra, cité balnéaire située dans la banlieue sud de Tunis, et s’asseyait systématiquement à l’arrière du véhicule. Une fois arrivé dans une zone isolée, il prenait le chauffeur par surprise en l’étranglant violemment par-derrière pour le neutraliser, avant de lui dérober son téléphone portable et des sommes d’argent et de prendre la fuite.

À la suite d’investigations, les services de sécurité ont réussi à identifier l’auteur des faits et à localiser l’endroit où il se trouvait. On lui a tendu un guet-apens et procédé à son arrestation. Le ministère public a ordonné son placement en garde à vue pour les besoins de l’enquête, afin d’engager les procédures légales à son encontre et de le déférer à la justice.

I. B.

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    Tunisie | La canicule pourrait se poursuivre toute la semaine prochaine  

    La nouvelle vague de chaleur que connaît la Tunisie depuis hier, samedi 22 août 2026, devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Les températures devraient rester élevées dans la plupart des régions, accompagnées du vent de sirocco, prévoit l’Institut national de la météorologie (INM).

    À partir de ce dimanche 23 août, et durant les journées de lundi 24 et mardi 25 août, les températures connaîtront une hausse notable, dépassant les normales saisonnières de 6 à 10 degrés.

    Les températures maximales devraient osciller entre 42 et 47 degrés dans la plupart des régions, avec la présence du sirocco, tandis qu’elles varieront entre 37 et 41 degrés dans les zones côtières et les régions montagneuses.

    Les prévisions indiquent que ce temps chaud et ces températures élevées persisteront dans la majeure partie du pays au cours des prochains jours, toujours accompagnés du sirocco, ce qui nécessite de la vigilance, en particulier durant les heures les plus chaudes de la journée.

    Espérons que cette nouvelle vague de canicule ne sera pas accompagnée, comme souvent depuis la mi-juillet dernier, de pannes d’électricité et de coupures de l’eau de robinet.

    I. B.

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    Zarzis | Poursuite des recherches des disparus du naufrage de migrants irréguliers

    Dans un communiqué publié hier soir, samedi 22 août 2026, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à l’ouverture d’une enquête sérieuse et urgente pour faire la lumière sur les circonstances du naufrage d’une embarcation transportant 15 migrants en situation irrégulière, survenu dans la nuit du vendredi à samedi, au large de Zarzis, au sud-est de la Tunisie.

    Selon d’autres sources, l’embarcation transportait 17 personnes lorsqu’elle a fait naufrage, environ six heures après avoir quitté le port d’El Ktef. Une personne a été secourue après avoir passé près de 24 heures en mer et trois corps ont été repêchés.

    L’organisation syndicale a appelé à mobiliser tous les moyens disponibles pour poursuivre les opérations de recherche et de sauvetage et à garantir une prise en charge humaine et responsable de l’incident, tout en appelant à démanteler les réseaux de passeurs et de trafic d’êtres humains impliqués dans l’organisation de ces traversées et à traduire les responsables en justice.

    La centrale a également insisté sur la nécessité pour les services de l’État d’assurer un soutien psychologique et social complet aux familles touchées et de les accompagner face aux conséquences de ce drame. Et exprimé son rejet de ce qu’elle a qualifié d’«approche sécuritaire dans la gestion du dossier de la migration irrégulière», estimant que ce phénomène relève avant tout d’enjeux sociaux, économiques et humanitaires, plutôt que d’une question de sécurité.

    Pour l’UGTT, les solutions pérennes de ce fléau de la migration clandestine résident dans la mise en place de politiques économiques et sociales garantissant le droit au travail et à une vie digne dans le pays, ainsi que l’ouverture de voies légales et sûres pour la migration et le travail à l’étranger.

    Dans ce contexte, la centrale a souligné qu’elle se coordonnait avec ses partenaires au sein des organisations syndicales internationales et régionales afin de protéger les droits des migrants, de préserver leur dignité et de lutter contre toutes les formes d’exploitation.

    Pour sa part, Mustapha Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, a confirmé l’achèvement des procédures médicales concernant trois victimes repêchées du naufrage d’une embarcation de migration irrégulière, ainsi que la remise de leurs dépouilles à leurs familles ce dimanche 23 août.

    Trois ambulances ont été mobilisées pour transporter les corps de l’hôpital vers les familles, en vue de procéder aux funérailles, a-t-il ajouté. Les corps ont été transférés à l’hôpital régional Sadok Mokaddem de Djerba pour l’accomplissement des procédures nécessaires et la vérification de l’identité des défunts.

    Il convient de noter que le ministère public avait ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour franchissement illicite des frontières maritimes ayant entraîné la mort, suite au naufrage de l’embarcation au large de Zarzis.

    Les opérations de recherche des autres personnes disparues se poursuivent avec la participation d’unités maritimes côtières et d’unités navigantes, en coordination avec la Marine nationale, parallèlement à la mobilisation d’un hélicoptère pour renforcer les efforts d’intervention et de sauvetage.

    Sur un autre plan, les familles et proches des victimes ont manifesté hier soir à Ben Guerdane et des heurts ont eu lieu entre la population et les forces de l’ordre.

    I. B.  

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