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La Steg inaugure une station électrique de 47 MDT à Bou Argoub

La Steg a mis en service une nouvelle station de transformation électrique à haute tension à Bou Argoub, dans le gouvernorat de Nabeul. D’un coût de 47 millions de dinars, l’infrastructure doit renforcer l’alimentation électrique de la région, notamment de sa zone industrielle, et améliorer la fiabilité du réseau.

La station, située dans la zone industrielle Hached à Bou Argoub, a été inaugurée vendredi 21 août 2026 par la gouverneure de Nabeul et le président-directeur général de la Steg. Le projet repose sur deux transformateurs 33/225 kV, d’une capacité de 40 MVA chacun, ainsi que sur 27 cellules de moyenne tension destinées à renforcer l’alimentation des zones avoisinantes.

Son principal enjeu est toutefois son intégration au réseau de transport à haute tension. La station est désormais reliée à trois pôles électriques — Grombalia, Jebel Ressas et Bouficha — à travers trois lignes aériennes de 225 kV. Les liaisons représentent au total près de 45 kilomètres de nouvelles lignes : 9,6 km entre Bou Argoub et Grombalia, 10,5 km vers Jebel Ressas et 24,7 km vers Bouficha.

Réalisée en un an et demi, cette station vient ainsi renforcer l’architecture du réseau électrique du Cap Bon en augmentant sa capacité de transformation et en multipliant les points de connexion avec le réseau haute tension.

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Après les délestages : Zaafrana, Bou Argoub… où en est le renforcement du réseau électrique ?

Les délestages de juillet ont brutalement rappelé la fragilité du système électrique tunisien face aux pics de consommation. Depuis, deux nouvelles infrastructures majeures ont été mises en service : la station de Zaafrana, à Kairouan, le 13 juillet, puis le poste de transformation de Bou Argoub, à Nabeul, ce 21 août. Deux projets distincts, mais qui témoignent d’un même impératif : renforcer un réseau soumis à une pression croissante.

Zaafrana, première pièce d’un programme de 17 postes

Le 13 juillet, la STEG mettait officiellement en service la station de transformation haute et moyenne tension de Zaafrana, dans le gouvernorat de Kairouan, pour un investissement proche de 25 millions de dinars.

Le projet constitue la première réalisation officiellement annoncée d’un programme national portant sur 17 postes de transformation. La station, raccordée au poste de Msaken II, doit notamment améliorer l’alimentation électrique de plusieurs délégations du sud de Kairouan et renforcer la stabilité du réseau pendant les périodes de forte consommation.

Mais cette mise en service ne constitue pas une réponse conçue en quelques semaines après les délestages. Le contrat de Zaafrana avait été signé en 2020 et le chantier avait accumulé les retards en raison de la pandémie de Covid-19 et des difficultés d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine.

La prochaine étape annoncée concerne Ben Guerdane, dans le gouvernorat de Médenine, suivie de Bir Chaâbane, à Kasserine.

Bou Argoub, un autre chantier stratégique

Un peu plus d’un mois après Zaafrana, c’est au Cap Bon qu’une autre infrastructure importante a été mise en service, a annoncé aujourd’hui la Radio nationale.

Le nouveau poste de Bou Argoub, d’une valeur de 47,094 millions de dinars, fonctionne à des niveaux de tension de 225/33 kV et dispose de deux transformateurs. Il est relié à Grombalia, Jebel Ressas et Bouficha par trois lignes aériennes doubles.

Son rôle est différent de celui d’une centrale électrique : le poste ne produit pas d’électricité. Il renforce la capacité du réseau à transporter, transformer et répartir l’énergie entre plusieurs zones.

Ce projet est particulièrement intéressant dans le contexte actuel car il contribue à consolider les échanges électriques entre le Cap Bon, le Grand Tunis et le Sahel.

Le problème n’est donc pas seulement de produire davantage

L’été 2026 a mis en évidence une réalité souvent moins visible : la sécurité électrique ne dépend pas uniquement des mégawatts produits par les centrales.

Lorsque la demande grimpe brutalement, notamment sous l’effet de la climatisation, il faut également disposer d’un réseau suffisamment robuste pour acheminer cette énergie vers les zones de consommation et absorber les variations de charge.

Les délestages de juillet ont justement illustré cette pression sur le système. La STEG avait alors programmé plusieurs opérations de coupure tournante afin de préserver la sécurité et la continuité du réseau.

Dans ce contexte, chaque nouveau poste de transformation constitue une pièce supplémentaire du dispositif.

Et les 15 autres postes ?

C’est désormais la question qui mérite d’être suivie.

Les sources disponibles confirment que Zaafrana est la première réalisation du programme des 17 postes et que Ben Guerdane et Bir Chaâbane figurent parmi les prochaines étapes annoncées.

Les documents techniques de la STEG permettent par ailleurs d’identifier plusieurs autres infrastructures prévues dans le cadre du développement du réseau, notamment à Skhira, Jemmal, Noyel, Sanhaja et Bir Chaâbane, avec différents niveaux de tension et raccordements.

Mais leur état d’avancement en août 2026 n’est pas suffisamment documenté dans les sources publiques consultées pour affirmer qu’elles sont déjà opérationnelles.

C’est donc moins le nombre de postes inaugurés que leur rythme réel de mise en service qui constitue désormais l’indicateur à surveiller.

Après les délestages, la question n’est plus seulement de savoir combien de projets électriques sont annoncés. Elle est de savoir combien sont effectivement entrés en exploitation, combien restent en chantier et combien attendent encore leur mise en service.

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Délestage en Tunisie : Plusieurs régions concernées par des coupures ce jeudi

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu’elle pourrait recourir, ce jeudi 20 août 2026, à des coupures périodiques et temporaires d’électricité dans plusieurs régions du pays.

Ces interruptions sont susceptibles d’intervenir entre 13h30 et 17h00, selon l’évolution de la situation sur le réseau électrique national. La STEG précise que les coupures se feront par intermittence et que chaque interruption ne devra pas dépasser deux heures.

Préserver la sécurité du système électrique

Dans son communiqué, l’entreprise explique que cette mesure exceptionnelle vise à préserver la sécurité et la continuité de fonctionnement du système électrique national, dans un contexte de forte pression sur le réseau.

Les zones concernées sont, selon les informations communiquées par la STEG, les mêmes dans différentes régions du pays, ce qui confirme que le recours au délestage ne se limite pas à une seule zone géographique, mais touche plusieurs parties du territoire tunisien.

Lire aussi : Canicule et délestages : Les Tunisiens redoutent un week-end difficile

Cette nouvelle annonce intervient alors que la Tunisie continue de faire face à une forte consommation d’électricité, notamment en raison des températures élevées et de l’utilisation intensive des climatiseurs. Ces dernières semaines, plusieurs coupures ont déjà été enregistrées dans différentes régions, alimentant les inquiétudes des citoyens face à la capacité du réseau à répondre aux pics de demande.

Equilibre entre la production et la consommation

La STEG souligne toutefois que la mise en œuvre de ces coupures dépendra directement de la situation du réseau durant la journée et de l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

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Électricité : La STEG annonce de nouvelles coupures tournantes ce mercredi

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé, ce mercredi 19 août 2026, que de nouvelles coupures tournantes pourraient être appliquées dans plusieurs régions du pays. Ces interruptions sont prévues entre 13h30 et 17h00 et seront déclenchées en fonction de la situation du réseau électrique.

Dans une série d’avis publiés sur sa page officielle Facebook, la STEG explique que cette mesure vise à « préserver la sécurité et la continuité du système électrique ». Les coupures seront intermittentes et ne concerneront donc pas nécessairement simultanément l’ensemble des zones mentionnées.

Plusieurs régions concernées

Les avis publiés par la STEG concernent notamment le Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest.

Dans la région du Centre, la liste communiquée comprend notamment Raqqada, Bouhajla, Nasrallah, Menzel Mhiri, Sbiba, Hergla, Bouficha, Enfidha, Hammam Sousse, Akouda, M’saken, Bouhjar, Menzel Kamel, Jemmal, Ksar Hellal, Sayada et Sidi Bou Ali.

À Sfax, plusieurs secteurs sont également susceptibles d’être concernés, parmi lesquels El Amra, Thyna, Sfax Ouest, Sfax Ville, Jebiniana, El Hencha, Menzel Chaker, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Bir Ali Ben Khalifa, Mahres et Agareb.

La STEG a parallèlement publié des avis concernant plusieurs localités du Sud et du Sud-Ouest.

Il ne s’agit pas de coupures programmées pour des travaux de maintenance. Leur application dépend directement de l’évolution de la situation du réseau au cours de l’après-midi.

Les dernières annonces retrouvées remontent au 6 août

Les dernières annonces comparables retrouvées dans la presse remontent au 6 août. La STEG avait alors prévenu que des coupures tournantes pouvaient être appliquées dans plusieurs régions entre 13h et 16h afin de préserver la sécurité et la stabilité du réseau électrique.

Les délestages avaient déjà repris quelques jours auparavant. Le 3 août, après plusieurs jours d’accalmie, la STEG avait annoncé de nouvelles coupures dans différentes régions, avant de renouveler ses avis les jours suivants.

Cette chronologie permet de replacer les annonces du 19 août dans une séquence de tensions sur le réseau qui a marqué une partie de l’été, sans pour autant conclure qu’aucun délestage n’a eu lieu entre le 6 et le 19 août.

Un été sous tension pour le réseau électrique

Les épisodes de fortes chaleurs de juillet et du début du mois d’août avaient fortement sollicité le réseau électrique tunisien, notamment en raison de l’utilisation massive des climatiseurs.

La consommation nationale avait atteint environ 6.000 MW lors des précédents pics. Face à l’écart entre la demande et les capacités disponibles, la STEG avait eu recours aux délestages afin de maintenir l’équilibre du réseau et d’éviter une défaillance plus importante du système électrique.

Les nouvelles annonces de ce mercredi montrent que le recours aux coupures tournantes reste d’actualité lorsque les conditions du réseau l’exigent.

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L’été du mécontentement en Tunisie

Cinq ans après sa prise de pouvoir, le président tunisien Kaïs Saïed est confronté à son défi le plus sérieux à ce jour. Les pénuries d’eau et d’électricité, survenant durant un été aux chaleurs records (frôlant les 49 °C dans certaines régions), suscitent un mécontentement croissant à l’égard de sa gouvernance. Ces coupures amènent les Tunisiens à se détourner du populisme.

Sharan Grewal *

Le 25 juillet [2021], date anniversaire de la prise de pouvoir de Saïed, a été marqué par certaines des plus importantes manifestations organisées contre lui jusqu’à présent. La persistance des coupures d’eau et d’électricité a de nouveau déclenché des protestations les 4 et 5 août dans plusieurs régions du pays, et une autre manifestation est prévue à Tunis pour le 20 août.

Pendant des années, Saïed a réussi à surmonter les difficultés économiques en désignant des boucs émissaires : partis politiques, hommes d’affaires, migrants et puissances étrangères, entre autres. Mais aujourd’hui, ces discours populistes ne fonctionnent plus ; en partie parce que cinq ans se sont écoulés depuis sa prise de pouvoir, une période durant laquelle la population attend désormais des résultats concrets. Qui plus est, les pénuries d’eau et d’électricité sont objectivement plus graves que sous l’ère démocratique. Elles sont ressenties de manière viscérale : les Tunisiens constatent concrètement que le pays ne fonctionne plus. Les coupures de courant, y compris dans les hôpitaux, ont même entraîné la mort de certaines personnes. Pire encore, Saïed est resté largement absent, se contentant de promettre de s’en prendre aux comploteurs responsables des pénuries — un discours populiste éculé auquel peu de gens croient encore.

À cela s’ajoutent les atteintes perçues à la souveraineté de la Tunisie de la part de l’Algérie voisine, l’un des plus fervents soutiens de Saïed, avec qui un accord controversé de coopération en matière de défense a été signé l’an dernier.

En réaction aux manifestations, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a menacé d’intervenir en Tunisie pour éliminer les «terroristes» présumés (les manifestants ?), provoquant une levée de boucliers nationaliste, y compris chez certains des premiers partisans de Saïed.

Le mécontentement gagne les rangs du régime

Fait peut-être le plus surprenant, Saïed fait face à des critiques émanant du sein même du régime, alors que les membres de son entourage semblent prendre conscience de l’inéluctabilité de la situation.

Le Parlement, longtemps perçu comme une simple chambre d’enregistrement, compte désormais des membres qui critiquent ouvertement et directement le gouvernement, voire Saïed lui-même. Le député Hamdi Ben Salah a demandé que Saïed comparaisse devant le Parlement pour y être interrogé ; le député Ammar Al-Aidoudi a qualifié d’illégitime le second mandat de Saïed (au cours duquel il a recueilli un score supposé de 91 % des suffrages) ; et le député Ali Zaghdoud a entrepris de préparer une motion de censure contre le gouvernement.

On dirait que certains députés cherchent à quitter le navire en prévision de la chute du régime. Sur fond de rumeurs concernant l’état de santé de Saïed, ses [proches] eux-mêmes se livreraient à une lutte d’influence pour déterminer qui pourrait lui succéder.

De son côté, Saïed a déployé l’armée et la Garde nationale pour assurer l’approvisionnement en eau et a obtenu par la suite de l’électricité en provenance d’Algérie ; toutefois, il ne s’agit pas de solutions durables aux pénuries. Il pourrait tenter de rejeter la faute sur le Premier ministre et de remanier le gouvernement, mais après avoir vu défiler quatre Premiers ministres depuis sa prise de pouvoir, rien ne garantit qu’une telle mesure apaisera la colère de la population.

Les experts estiment que ces pénuries résultent d’années de sous-investissement public dans les entreprises d’État chargées de l’eau et de l’électricité (respectivement la Sonede et la Steg), lesquelles sont trop lourdement endettées pour entreprendre des améliorations d’infrastructure.

Ce n’est pas le premier été marqué par des coupures d’électricité et d’eau, ce qui amène les Tunisiens à se demander pourquoi le gouvernement n’a pas davantage anticipé la chaleur et pris des dispositions en amont.

Les limites des promesses populistes

Toutefois, il faut reconnaître qu’après avoir tourné le dos au Fonds monétaire international et à de nombreux alliés étrangers, le gouvernement dispose de peu de fonds pour investir. Comme l’a récemment souligné l’ancien Premier ministre Hichem Mechichi (évincé par Saied lors de sa prise de pouvoir) : «Saïed est totalement opposé aux bailleurs de fonds internationaux, mais il ne propose aucune alternative. Il a des idées populistes, mais elles n’ont aucun impact sur le terrain.»

Rached Ghannouchi, le chef d’Ennahdha âgé de 85 ans et ancien président du Parlement — qui croupit aujourd’hui en prison alors que sa santé se dégrade — se montrait déjà optimiste en 2022, estimant que les Tunisiens finiraient par comprendre que le populisme ne repose que sur des promesses vaines. «Le populisme est comme une drogue», m’a-t-il confié lors d’un entretien. Il a ajouté : «Il vous anesthésie, vous procure une euphorie passagère, mais vous finissez par vous réveiller face à une triste réalité. Les gens voient désormais cette triste réalité : ils constatent la hausse des prix, la pénurie de produits de première nécessité, le chômage, les atteintes aux droits humains, l’emprisonnement de blogueurs, etc.»

Ghazi Chaouachi, ancien dirigeant du parti Courant démocrate — également emprisonné — m’a tenu des propos similaires. «Kais Saïed tient un discours populiste comparable à celui de Donald Trump», déclarait Chaouachi en 2022. Il a ajouté : «Avec le temps, les Tunisiens comprendront que toutes ses promesses sont sans lendemain et qu’elles mèneront à la ruine de la Tunisie plutôt qu’à sa réussite… Je pense qu’après ce que Kais Saïed a fait, la population sera traumatisée. Par la suite, le populisme refluera et perdra en popularité.»

Cinq ans plus tard, les Tunisiens prennent peut-être enfin conscience de la triste réalité. Les accusations populistes de Saied concernant des complots, des élites corrompues et des manigances étrangères sonnent de plus en plus creux lorsque les robinets s’assèchent et que la climatisation tombe en panne. Il reste incertain que la crise actuelle débouche sur une ouverture démocratique. Toutefois, si elle contribue à délégitimer enfin le populisme en Tunisie, cela facilitera le retour du pays à la démocratie lorsque cette transition finira par se produire.

Traduit de l’anglais.

* Chercheur principal non résident – ​​Politique étrangère, Centre pour la politique au Moyen-Orient.

Source : Brookings.  

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