Lese-Ansicht

Départ massif des avocats tunisiens vers la France : voici les vrais chiffres

L’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT) dément catégoriquement la rumeur selon laquelle que 250 avocats tunisiens auraient déjà émigré vers la France. Dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin, son secrétaire général, Me Laroussi Zguir, qualifie ce chiffre de totalement impossible et de pure fiction. Selon lui, un tel effectif annuel de départs n’a probablement jamais été atteint dans toute l’histoire du barreau tunisien.

Les chiffres réels, précise-t-il, sont bien en deçà des rumeurs. D’après les statistiques de l’ONAT, le nombre d’avocats qui sollicitent l’institution chaque année pour entamer les démarches d’expatriation ne dépasse pas vingt voire vingt-cinq confrères, et se situe parfois en deçà. Me Zguir met cette proportion en perspective avec la démographie professionnelle du pays, la Tunisie comptant plusieurs milliers d’avocats inscrits au barreau, et déplore que certains médias publient des chiffres sensationnalistes sans remonter à la source officielle qu’est l’Ordre national des avocats de Tunisie, seul détenteur des statistiques réelles.

Il rappelle par ailleurs que ce désir de réorientation de carrière vers l’étranger est un phénomène classique, observé chaque année depuis plusieurs décennies.

Un protocole légal strict, encadré par l’article 100…

Me Zguir insiste sur un point fondamental : aucun avocat tunisien ne peut s’installer et exercer en France de manière improvisée. Ce parcours n’est pas régi par le CAPA (pour Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat), mais par un cadre réglementaire français extrêmement strict — l’examen prévu par l’article 100 de la loi française relative à l’accès des étrangers à la profession d’avocat.

Pour postuler à cet examen, le candidat doit présenter un dossier rigoureux comprenant plusieurs documents officiels délivrés par l’ONAT. Pièce maîtresse de ce dossier, une lettre du Bâtonnier de Tunisie détaille le parcours professionnel complet de l’avocat et précise, de manière transparente, ses antécédents, notamment s’il a fait l’objet d’un conseil de discipline ou de sanctions. Loin d’être une simple formalité administrative, cette correspondance est adressée directement par le Bâtonnier tunisien à son homologue du barreau d’accueil en France.

Une fois le dossier validé, les candidats passent des épreuves sélectives portant notamment sur la déontologie et l’éthique professionnelle, la procédure civile, la procédure pénale, ainsi que d’autres matières connexes, évaluées par une commission d’examen dédiée. Ce n’est qu’après leur réussite que les lauréats récupèrent leurs documents définitifs auprès de l’ONAT pour s’expatrier de manière régulière et légale.

Tout ceci pour dire que le nombre de 250 avocats tunisiens quittent chaque année la Tunisie pour aller exercer en France est loin de correspondre à la réalité.

L’article Départ massif des avocats tunisiens vers la France : voici les vrais chiffres est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie | Le Courant Populaire pointe l’échec de l’Etat face à l’émigration

Le Courant Populaire (Attayar Chaâbi) a réaffirmé que la question de l’émigration irrégulière n’est pas qu’un simple problème de sécurité, mais qu’il s’agit d’un problème fondamentalement économique et social découlant de l’incapacité de l’État à mettre en place un modèle de développement productif et équitable, capable d’assurer la prospérité du peuple et d’offrir aux jeunes des perspectives d’avenir.

Dans un communiqué, diffusé le 23 août sur sa page Facebook, le parti a appelé les institutions étatiques à apporter leur soutien aux familles des victimes du naufrage de migrants irréguliers disparus au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, au cours de la semaine écoulée, soulignant que la noyade de plusieurs citoyens tunisiens s’apparente au «cri de douleur déchirant» d’un peuple dont les espoirs et les rêves ont été brisés, et qui se retrouve partagé entre l’émigration légale, qui draine les talents et le capital intellectuel du pays, et l’émigration irrégulière, qui cause des tragédies et des blessures profondes à la société dans son ensemble.

Mettre un terme à cette souffrance exige le lancement d’un projet national global, capable de faire cesser les épreuves des Tunisiens et de garantir des services publics de qualité dans les domaines de l’éducation, de la santé et des transports, tout en assurant une gouvernance moderne et l’approvisionnement en eau et en électricité, a souligné le Courant populaire, ajoutant que l’absence d’investissements et d’opportunités d’emploi aggraverait l’hémorragie migratoire sous toutes ses formes et augmenterait le chômage et la pauvreté.

I. B.

L’article Tunisie | Le Courant Populaire pointe l’échec de l’Etat face à l’émigration est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Parti des Travailleurs | Solidarité avec les familles des victimes «barques de la mort»

Le Parti des Travailleurs estime que la persistance des incidents liés à l’immigration irrégulière et les tragédies qui en découlent reflètent le désespoir et l’absence de perspectives auxquels sont confrontés les jeunes, sur fond de politiques de marginalisation, de chômage et de pauvreté.

Dans un communiqué publié ce lundi 24 août 2026, le parti de gauche dirigé par Hamma Hammami a présenté ses condoléances aux familles des victimes du naufrage d’une embarcation de migrants en situation irrégulière au large de Zarzis — un drame ayant entraîné la mort de plusieurs personnes, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus.

Le Parti des Travailleurs a également exprimé son soutien aux revendications des manifestants à Ben Guerdane, dont les enfants ont été victimes du naufrage, appelant à remédier à la précarité économique et sociale dont souffre la région, d’autant plus qu’une part importante de l’activité économique locale dépend du commerce transfrontalier via le poste-frontière de Ras Jedir.

Le parti a dénoncé ce qu’il considère comme le recours des autorités à une approche purement sécuritaire pour gérer les protestations, en l’absence d’une vision globale de développement pour remédier à la situation de la région. Il a également appelé les autorités régionales et centrales à assumer leurs responsabilités en luttant contre les réseaux de trafic d’êtres humains qui exploitent la vulnérabilité des migrants et les poussent à emprunter les «barques de la mort».

Le PT a salué les manifestations de solidarité entre les habitants de Zarzis et de Ben Guerdane, y voyant le reflet d’un esprit de solidarité populaire et de la capacité des Tunisiens à faire face aux crises.

Enfin, le PT a réitéré son rejet des accords migratoires conclus avec l’Union européenne, en juillet 2023, estimant qu’ils transforment la Tunisie en gardien des frontières sud de l’Europe, alors même que la migration irrégulière continue de faire des victimes en Méditerranée.

I. B.

L’article Parti des Travailleurs | Solidarité avec les familles des victimes «barques de la mort» est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Décès de Abderrahmane Tlili | Le parcours heurté d’un homme controversé   

Décédé le dimanche 23 août 2026, à l’âge de 83 ans, Abderrahmane Tlili était un commis de l’Etat, un activiste politique et un homme d’affaires assez controversé dont le parcours, en dents de scie, n’a pas été un long fleuve tranquille.    

Latif Belhedi

Fils de Ahmed Tlili, l’ancien secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui s’était illustré par son opposition à la dérive dictatoriale de Habib Bourguiba, Abderrahmane Tlili n’a pas eu de scrupules à louer ses services au même Bourguiba ainsi qu’à son successeur, non moins dictateur, Zine El Abidine Ben Ali, avec lequel il s’était, cependant, brouillé à la fin, non pour des raisons politiques, mais pour des affaires d’argent. Ce qui lui valut des démêlées judiciaires et des incarcérations pour de présumés abus commis dans la gestion de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca) qu’il avait dirigé jusqu’à sa remise à la retraite d’office en 2003.    

Commis de l’ETat, le défunt a été Pdg de l’Office national de l’huile pendant 11 ans, de la Société de transport pétrolier saharien pendant 5 ans, de la Compagnie franco-tunisienne de pétrole pendant 2 ans, de la Société italo-tunisienne de pétrole pendant 4 ans et de l’Oaca pendant 3 ans.

En politique, il a démarré sa carrière au sein du Parti socialiste destourien (PSD), au pouvoir, et de son héritier le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), fondé en 1988 par Zine El-Abidine Ben Ali, avant de fonder, en 1988, à la demande de ce dernier, l’Union démocratique unioniste (UDU) d’obédience nationaliste arabe, l’un des partis du décor démocratique qui servaient d’alibi pour le dictateur de l’époque pour réprimer les vrais partis de l’opposition et les empêcher de participer aux comédies électorales.

Pour avoir servi avec zèle Ben Ali, dont il était très proche, que ses déboires avec une justice à la solde de ce dernier ne lui ont pas valu beaucoup de soutien de la part de la société civile, qui voyait dans ces déboires des règlements de comptes au sein d’un système corrompu jusqu’à la moelle.

En juillet 2004, Abderrahmane Tlili est reconnu coupable de «délits d’abus de pouvoir, de violation des procédures légales en matière de conclusion de marchés publics et de change». Et il est condamné à 9 ans de prison ferme et à une amende de 42,7 millions de dinars; il est également condamné à une amende supplémentaire de 6,7 millions de dinars à titre de réparation du préjudice matériel subi par l’Oaca et à 100 000 dinars pour le préjudice moral occasionné. Ses défenseurs avaient cependant souligné que «ni l’instruction judiciaire, ni le tribunal, n’ont pu établir la moindre preuve matérielle tangible justifiant ces peines».

Il sera libéré le 17 janvier 2011, trois jours après la chute de Ben Ali.

Le défunt avait vécu un grand drame personnel : son épouse, le docteur Saloua Tlili, a trouvé la mort le 3 juin 2003 à la suite d’une chute du premier étage du hall de l’aéroport international de Tunis-Carthage où se trouvaient alors les bureaux de son époux. Selon des amis du couple, elle souffrait d’une dépression nerveuse et se serait suicidée. Cet épisode fit beaucoup jaser à Tunis, parmi les adversaires du défunt comme parmi ses amis.

L’article Décès de Abderrahmane Tlili | Le parcours heurté d’un homme controversé    est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Migrants : SOS Méditerranée dénonce un harcèlement en mer

L’ONG déplore une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant du doigt des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations. En bref SOS Méditerranée dénonce une intensification des menaces en Méditerranée centrale. L’ONG dit avoir recensé…

L’article Migrants : SOS Méditerranée dénonce un harcèlement en mer est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Tunisie | La fraternité n’est pas une politique étrangère

«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge !». Cet adage bien connu revêt tout son sens dans les relations internationales où l’ «amitié» et la «fraternité» cachent souvent, selon le rapport de force sous-jacent, une volonté de domination d’un côté et une résignation dans la soumission de l’autre. Dans le «monde arabe», comme partout ailleurs, les solidarités proclamées ne remplacent pas les intérêts. La Tunisie doit refonder sa politique étrangère sur la réciprocité, la souveraineté et les bénéfices concrets pour ses citoyens.

Ali Guidara *

La Tunisie gagnerait à se libérer d’un réflexe tenace : celui qui consiste à mythifier des relations dites «fraternelles» ou «amicales», indépendamment de leur bilan concret pour le pays.

La fraternité entre États n’est pas une catégorie stratégique. Elle ne garantit ni emplois, ni investissements durables, ni débouchés commerciaux, ni souveraineté. Elle sert trop souvent de décor rhétorique à des rapports de force bien réels et des soumissions inavouées.

Il faut le dire sans détour : derrière le vocabulaire de la fraternité arabe ou islamique, de la communauté de destin ou de l’identité partagée, certains pouvoirs de la région ont entretenu avec la Tunisie une relation ambiguë, parfois hostile. Ingérences politiques, pressions idéologiques, campagnes de dénigrement, tentatives d’influence financière ou médiatique : le pays a régulièrement été traité non comme un partenaire souverain, mais comme une anomalie qu’il fallait ramener dans le rang.

Cette hostilité s’est particulièrement manifestée chaque fois que la Tunisie a tenté d’avancer sur le terrain des libertés publiques, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la pluralité politique ou de la réforme sociale. À chaque progrès, les mêmes procès en «atteinte à l’identité arabo-musulmane» resurgissent. Mais de quelle identité parle-t-on exactement ?

Il ne s’agit pas de nier l’histoire, la langue, la culture et les références religieuses de la Tunisie. Elles font partie du pays. En revanche, il faut refuser que cette identité soit réduite à un programme politique autoritaire : une société où la femme serait éternellement mineure, où la religion servirait à légitimer l’hypocrisie sociale et le contrôle politique, où toute autonomie intellectuelle serait assimilée à une trahison. La Tunisie n’a pas à choisir entre son héritage et sa liberté. Elle n’a surtout pas à accepter que d’autres régimes définissent à sa place ce qu’elle entend devenir.

La Tunisie rangée dans le carcan du bloc autocratique

Ce même jeu de «fraternité de façade» s’est révélé avec une rare netteté lors du coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui a suscité une grande satisfaction chez certains dirigeants arabes, clairement favorables à ce retour à l’autoritarisme. Des médias proches de ces régimes en ont fait le récit d’une victoire contre les Frères musulmans, alors qu’il s’agit bel et bien d’une confiscation du pouvoir et d’un verrouillage de l’appareil de l’État.

Cette prise de position doit être retenue pour ce qu’elle est : non une preuve d’amitié ou de fraternité, mais l’expression d’une préférence pour une Tunisie étouffée, gouvernée sans institutions indépendantes et rangée dans le carcan d’un bloc autocratique – la preuve, s’il en fallait une, que penser les relations internationales en termes d’amitié et de fraternité relève, au mieux, d’une naïveté politique ; au pire, d’une dangereuse illusion.

Depuis cette rupture, la légitimité du pouvoir en Tunisie demeure profondément contestée. Les consultations électorales organisées dans un contexte de verrouillage politique, d’exclusion ou d’emprisonnement d’adversaires, de restrictions contre les candidats potentiels et d’abstention massive ne peuvent conférer une légitimité au pouvoir actuel. Un scrutin ne tire pas sa validité de sa seule tenue administrative ; il suppose la liberté de concourir, d’informer, de critiquer et de choisir.

Cette réalité engage la responsabilité des futurs gouvernements tunisiens, une fois démocratiquement élus. Ils devront examiner l’ensemble des accords, engagements et arrangements conclus sous l’autorité issue du 25 juillet 2021. Il ne s’agit pas de prôner l’irresponsabilité diplomatique ou juridique, mais de rappeler une règle simple : aucun accord ne doit être considéré comme intouchable lorsqu’il a été négocié sans contrôle institutionnel effectif et sans mandat populaire crédible.

Les engagements contraires à l’intérêt national devront être annulés lorsque le droit le permet, ou renégociés avec fermeté lorsque cela est nécessaire. La continuité de l’État n’implique pas l’acceptation passive de décisions opaques, déséquilibrées ou contraires aux intérêts durables de la nation.

La politique extérieure tunisienne doit enfin reposer sur une logique d’intérêts plutôt que sur des slogans. Les priorités sont claires : consolider les relations avec les États qui offrent de véritables débouchés aux entreprises tunisiennes, accueillent une diaspora importante, investissent dans l’économie réelle et contribuent à la formation, à la recherche, aux infrastructures et à la mobilité des citoyens. Nos relations doivent être envisagées selon cette grille : quels bénéfices concrets pour la Tunisie, sa croissance, ses travailleurs, ses étudiants et sa souveraineté ?

Rompre avec la diplomatie des faux-semblants

Les relations avec les pays arabes doivent naturellement continuer lorsqu’elles servent ces objectifs. Mais elles ne doivent plus relever d’une loyauté automatique ni d’un imaginaire de fraternité obligatoire. Une relation qui ne produit ni échanges substantiels, ni coopération technologique, ni soutien fiable en période de crise, ni respect de la souveraineté tunisienne, n’a aucune raison d’occuper une place centrale dans la diplomatie du pays.

La même lucidité doit s’appliquer aux organisations régionales telles que la Ligue arabe. Lorsqu’elles se réduisent à des sommets cérémoniels, à des déclarations sans effet et à une solidarité de régimes préoccupés par leur survie, soumis à l’influence de leurs principaux bailleurs et plus soucieux de leurs intérêts que du sort des peuples, elles deviennent une dépense politique et financière sans rendement. La Tunisie n’a pas besoin de tribunes où l’on coordonne les silences face à la répression et les postures face aux crises. Elle a besoin d’alliances utiles, transparentes et respectueuses de son autonomie.

La rupture nécessaire n’est pas une rupture avec les peuples arabes, dont les aspirations à la dignité, à la liberté et à la justice rejoignent celles des Tunisiens. C’est une rupture avec la diplomatie des illusions : celle qui confond les peuples avec les régimes, l’identité avec l’obéissance, et la fraternité proclamée avec l’intérêt national.

La Tunisie n’a pas à demander la permission d’exister comme démocratie, comme État souverain et comme société libre, moderne et pluraliste. Elle doit choisir ses partenaires sur leurs actes, non sur leurs slogans.

* Docteur en politiques publiques.

L’article Tunisie | La fraternité n’est pas une politique étrangère est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie : 12 migrants morts dans un naufrage au large de Zarzis

Dans la nuit de vendredi à samedi, une embarcation transportant seize personnes migrantes a fait naufrage au large de la Tunisie. L’immigration irrégulière fait encore des morts en Méditerranée. En bref Un bateau transportant 16 personnes migrantes a fait naufrage…

L’article Tunisie : 12 migrants morts dans un naufrage au large de Zarzis est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

L’article Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Bayt Mal Al-Qods. La Princesse Lalla Meryem reçoit les enfants maqdessis

Sur ordre du Roi Mohammed VI, la Princesse Lalla Meryem a reçu, le 23 août au Palais des Hôtes Royaux à Rabat, les enfants maqdessis participant à la 17e édition des colonies de vacances organisées par l’Agence Bayt Mal Al-Qods…

L’article Bayt Mal Al-Qods. La Princesse Lalla Meryem reçoit les enfants maqdessis est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Pénurie d’eau embouteillée : visite surprise de Kaïs Saïed dans une usine à Oueslatia

Le président de la République Kaïs Saïed a effectué, dans la nuit du samedi 22 août 2026, une visite surprise à Oueslatia (Kairouan), où il s’est rendu dans un complexe de production d’eau minérale, sans qu’aucun détail ne soit communiqué sur les échanges ou décisions prises.

Ce déplacement intervient dans un contexte de pénurie prolongée d’eau embouteillée en Tunisie, marquée par des difficultés d’approvisionnement, des coupures d’électricité et une forte hausse de la demande liée à la chaleur.

 

L’article Pénurie d’eau embouteillée : visite surprise de Kaïs Saïed dans une usine à Oueslatia est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

Le porte-parole officiel de la Direction générale de la Garde nationale, le colonel-major Houssem Eddine Jebabli, a affirmé aujourd’hui, samedi, qu’une enquête judiciaire a été ouverte, avec l’autorisation du ministère public, pour franchissement clandestin des frontières maritimes ayant entraîné mort d’homme, suite au naufrage d’une embarcation de migration irrégulière au large des côtes de Zarzis.

Jebabli a indiqué que les opérations de recherche des personnes disparues se poursuivent, avec la participation des unités maritimes côtières et des unités maritimes flottantes, en coordination avec la marine nationale. Un hélicoptère a par ailleurs été mobilisé pour renforcer les opérations de recherche et de sauvetage.

Pour rappel, une embarcation transportant près de 15 migrants en situation irrégulière, dont l’un originaire de Zarzis et le reste originaires de Ben Guerdane, a fait naufrage à 14 milles marins des côtes de Zarzis. Un seul passager a pu être secouru, après avoir été retrouvé par un navire commercial.

L’article Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

Djamal Guettala

Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

Une version officielle qui se fissure

Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

La voix qui est devenue une preuve

L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

Une enquête ne suffit pas

La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

L’article Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Racisme | L’affaire Jason Arday secoue le Royaume-Uni !

Jason Arday, 41 ans, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge a été accusé de plagiat cependant l’affaire qui aurait pu être traitée dans le cadre académique est devenue une affaire nationale. Pour la droite raciste et les médias blancs, c’était une aubaine à ne pas manquer et le jeune homme a été voué aux gémonies dans les unes de journaux, dans des centaines d’articles sans parler des réseaux sociaux. Jason Arday a été retrouvé mort à son domicile le vendredi 7 août 2026. Aujourd’hui, les médias qui ont instrumentalisé cette affaire en s’adonnant à un harcèlement basé sur un racisme désinhibé et un acharnement obscène sont sur le banc des accusés. Le Premier ministre Andy Burnham a parlé d’«une tragédie».

Imed Bahri

Dans les colonnes de l’hebdomadaire britannique The Observer, Seun Matiluko est revenue sur l’affaire Jason Arday dont l’épilogue a été la fin tragique du jeune universitaire, elle considère que cette affaire est révélatrice d’une obsession de l’élite blanche qui estime que la réussite des Noirs se fait à ses dépens. 

L’histoire d’Arday a suscité une couverture médiatique qui dépasse largement la controverse entourant le plagiat présumé de sa thèse de doctorat soumise à l’Université Liverpool Moors, et ce, depuis sa nomination comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’Université de Cambridge.

Il y a un être humain derrière les tweets

Selon Seun Matiluko, Jason, qui enseignait la sociologie et les sciences de l’éducation à Cambridge avant d’être contraint de démissionner début août, en raison de la polémique médiatique concernant son intégrité académique et personnelle, a mis en lumière l’hypocrisie du traitement médiatique de sa mort, instrumentalisée par la droite pour faire du «scandale» un phénomène mondial.

Tard vendredi avant-dernier, un universitaire a résumé avec justesse la situation d’Arday : «Il y a deux semaines, Jason Arday était professeur à l’Université de Cambridge, et maintenant il n’est plus là». Matiluko fait remarquer qu’il peut parfois sembler futile de rappeler aux gens d’être bienveillants et de se souvenir, avant d’attaquer, qu’il y a un être humain derrière leurs tweets, publications ou titres. 

L’histoire a commencé lorsqu’un individu se définissant comme «réaliste racial», convaincu que dans un système méritocratique, «les Noirs disparaîtraient de la quasi-totalité des postes à responsabilité, hormis dans le sport et le divertissement» – une affirmation que beaucoup qualifieraient de raciste – a révélé un plagiat dans la thèse de doctorat d’Arday et l’a dénoncé.

Les journaux ont enquêté sur ces allégations et les ont jugées crédibles. L’affaire aurait pu s’arrêter là, et la couverture médiatique aurait été similaire à celle du professeur William O’Reilly de Cambridge, qui avait plagié 4 000 mots de travaux d’étudiants et les avait republiés comme étant les siens dans des revues académiques, prétendant être victime de harcèlement homophobe une fois démasqué.

Cependant, l’attention médiatique portée à Arday a dépassé le cadre de ses travaux universitaires qui, bien que suffisants pour lui permettre de réussir son doctorat à l’Université John Moores de Liverpool, ont été critiqués par certains, estimant qu’ils avaient nui à la réputation de Cambridge.

Deux cent quarante-neuf articles ont été publiés à son sujet en 22 jours. Quelques heures après l’annonce de son décès, le Times a diffusé une publicité sponsorisée sur X pour un article rédigé par un ancien étudiant mécontent de la méthode d’enseignement d’Arday. S’il n’était pas un jeune professeur noir à Cambridge y aurait-il eu autant d’articles et y aurait-il eu un tel emballement médiatique ?

Le journal a indiqué qu’une grande partie de la couverture médiatique intense précédant les événements tragiques de vendredi s’était concentrée sur les chocs culturels.

1% des professeurs d’université britanniques sont noirs

Arday a été comparé à Meghan Markle, l’épouse du prince Harry, et des journalistes, désireux de se vanter de leur formation à Cambridge, ont affirmé que la présence d’Arday prouvait que les Noirs avaient un accès plus facile au monde universitaire. Ils feignent d’oublier que seulement 1% des professeurs d’université britanniques sont noirs.

Les réseaux sociaux ont également été inondés d’affirmations extravagantes selon lesquelles les universités d’Oxford et de Cambridge admettaient des étudiants noirs avec des notes inférieures simplement parce qu’ils étaient noirs.

En réalité, la seule forme de discrimination positive, de diversité, d’égalité, d’inclusion, ou quel que soit le terme employé, dans les admissions universitaires britanniques est fondée sur la classe sociale, et non sur l’origine ethnique. Les personnes ayant fréquenté des écoles modestes ou vivant dans des zones défavorisées peuvent bénéficier de circonstances exceptionnelles. Nombreux sont les étudiants blancs issus de milieux populaires qui bénéficient d’offres conditionnelles et dans ce cas, les opposants à la diversité, à l’équité et à l’inclusion dans le cadre de la guerre culturelle deviennent muets quand il s’agit des Blancs.

Seun Matiluko soutient qu’il est légitime de demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir et de démasquer les menteurs surtout que la violente campagne médiatique menée contre Arday était disproportionnée par rapport à ses erreurs.

Une frénésie médiatique largement liée à la couleur d’Arday

L’auteure s’interroge pourquoi tant de médias ont-ils affiché la photo d’Arday en une pendant des semaines, à l’exception du lendemain de sa mort ? Elle estime que si Arday n’avait pas été professeur à Cambridge mais à Leeds, Durham ou au King’s College de Londres, son histoire n’aurait sans doute pas suscité autant d’attention et elle affirme que cette frénésie médiatique était largement liée à l’origine ethnique d’Arday, puisqu’il était noir.

Matiluko rappelle que des titres de presse allant jusqu’à affirmer que le mouvement Black Lives Matter a propulsé Jason Arday sur le devant de la scène relèvent d’une politique de victimisation propre aux Blancs qui soupçonnent d’emblée la réussite des Noirs d’être le fruit d’un travail mené à leur détriment.

Arday n’est ni le premier, ni le dernier, à être accusé de plagiat ou d’avoir relaté une biographie contenant des éléments douteux. Il n’est pas le premier à être accusé d’être un piètre universitaire. La plupart des diplômés universitaires ont une anecdote à raconter sur des professeurs qui estimaient que leurs performances n’étaient pas à la hauteur du poste pour lequel ils avaient été embauchés. Cependant, rien ne justifie l’emballement, le déchaînement et le harcèlement dont il a fait l’objet 

Aujourd’hui, Arday est mort et ses enfants grandiront sans père. Dans un an, certains de ses détracteurs auront peut-être même oublié son nom. Matiluko estime qu’il est peut-être naïf d’attendre de tous les journalistes qu’ils agissent de manière éthique et rappelle que de nombreux journalistes ont prétendu avoir tiré les leçons du suicide de Caroline Flack, la journaliste harcelée par les médias et dont la vie privée a été exploitée sans relâche mais que malheureusement, six ans plus tard, il semble que la leçon retenue soit de harceler sans relâche une personnalité publique, puis, à sa mort, de dire hypocritement «Repose en paix» et «Nos pensées et nos prières t’accompagnent», avant de rejeter la faute sur autrui.

L’article Racisme | L’affaire Jason Arday secoue le Royaume-Uni ! est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie | Le Mouvement Nafas appelle à la libération de Seifeddine Arfaoui

Le mouvement Nafas — qui a organisé des manifestations contre le régime de Kaïs Saïed le jeudi 20 août 2026 à Tunis — a publié un communiqué de soutien et de solidarité avec le militant Seifeddine Arfaoui, suite à son arrestation par les autorités. Selon certaines sources, cette arrestation fait suite aux slogans qu’il a scandés et qui ont été jugées offensantes et injurieuses pour le chef de l’Etat. Nous publions ci-dessous une traduction dudit communiqué.  

Le pouvoir autoritaire poursuit ses restrictions systématiques des droits et libertés, ainsi que la persécution des militants de la société civile, des acteurs politiques et des voix libres, dans une tentative désespérée d’intimider les citoyens et de les dissuader d’exercer leur droit à l’expression et de défendre leurs droits économiques et sociaux.

Dans ce contexte, ce vendredi 21 août 2026, à la suite d’une campagne systématique sur les réseaux sociaux, le blogueur, défenseur des droits humains et militant du mouvement Nafas, Seifeddine Arfaoui, a été conduit au siège de la Brigade de lutte contre la criminalité à El Gorjani pour y être interrogé. Après consultation du ministère public, celui-ci a ordonné sa garde à vue pour une durée de 48 heures, en raison d’une publication sur sa page Facebook personnelle reprenant des slogans scandés lors de la manifestation «Nafas» du 20 août 2026.
Il s’agit de la deuxième arrestation au sein du mouvement Nafas, après celle du journaliste Zied El Heni le 28 avril 2026, également intervenue à la suite d’une publication sur sa page Facebook personnelle.

Au vu de ce qui précède, le mouvement Nafas :

1- exprime son soutien total et inconditionnel au militant Seifeddine Arfaoui, exige sa libération et l’abandon de toute poursuite à son encontre, ainsi que la fin des poursuites visant les personnes exprimant leurs opinions et les militants de la société civile et du monde politique pour l’exercice de leurs droits légitimes ;

2- réitère son refus de voir l’exercice des droits et libertés ainsi que la participation à des mouvements civiques pacifiques servir de motifs de poursuites judiciaires, ou voir les appareils de l’État instrumentalisés pour intimider les militants et dissuader les citoyens d’exprimer leurs positions et de participer à des actions civiques pacifiques ;

3- fait part de sa conviction que la situation de Seifeddine Arfaoui est indissociable du climat général dans lequel la liberté d’expression, les positions dissidentes et l’engagement civique sont désormais exposés à la criminalisation et aux poursuites.

Défendre Seifeddine revient à défendre le droit de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne à s’exprimer, à exprimer des opinions divergentes, à participer à la vie publique et à manifester pacifiquement.

Nous refusons que des publications sur les réseaux sociaux se transforment en chefs d’accusation, que l’expression d’une opinion devienne un délit et que l’engagement citoyen pacifique serve de motif à une arrestation.

Si ces pratiques visent à effrayer les gens et à les réduire au silence, nous affirmons que la répression et l’intimidation ne feront que renforcer notre détermination à exercer notre droit à l’expression, à la critique et à la contestation pacifique.

Liberté pour Seifeddine Arfaoui.

Liberté pour Zied El Heni.

Liberté pour les prisonniers d’opinion et les prisonniers politiques.

Communiqué traduit de l’arabe.

L’article Tunisie | Le Mouvement Nafas appelle à la libération de Seifeddine Arfaoui est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Ukraine | L’entourage de Zelnsky visé par des enquêtes anticorruption

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé mercredi 19 août 2026 sa cheffe adjointe de cabinet, Iryna Mudra, alors que les enquêteurs anticorruption lançaient une vaste enquête visant une organisation criminelle présumée impliquant de hauts responsables liés à la présidence.

Habib Glenza, à Lodz.

Outre Mudra, les suspects comprennent un député en fonction, un ex-parlementaire ainsi que le directeur général et le président du conseil de surveillance d’une banque publique, indique le Bureau national de lutte contre la corruption (Nabu). La description de ces responsables bancaires semble renvoyer à Sense Bank.

Les enquêteurs affirment que le groupe a contribué au blanchiment d’environ 3 millions d’euros (150 millions de hryvnias ukrainiennes) déposés comme caution pour un suspect dans une affaire de corruption.

Il s’agit de l’opération «Midas», une enquête sur des soupçons de corruption au sein de Energoatom, l’entreprise publique ukrainienne de l’énergie nucléaire, devenue la plus vaste affaire de corruption du mandat de Zelensky.

La nouvelle affaire n’est donc pas isolée : elle semble découler directement d’une enquête qui met déjà en cause d’anciens hauts responsables gouvernementaux et des personnes entretenant de longue date des liens personnels et politiques avec Zelensky.

De «Midas» à «Forest Gump»

Le Nabu et le Parquet spécialisé anticorruption (Sapo) ont dévoilé l’opération «Midas» en novembre 2025, au terme de plus d’un an d’enquête.

Ils affirment que les membres d’une organisation criminelle exerçaient une influence sur Energoatom sans y occuper de fonctions officielles, prélevant des pots-de-vin représentant 10 à 15 % des contrats auprès des fournisseurs en échange du déblocage des paiements.

Le Nabu estime qu’environ 85 millions d’euros ont été blanchis via ce système présumé.

L’ancien ministre de la Justice et de l’Énergie Herman Halouchtchenko a été accusé de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle.

En février, le Nabu a indiqué que plus de 7,4 millions de dollars, 2,4 millions d’euros et 1,3 million de francs suisses liés au système présumé avaient été transférés ou mis à la disposition de sa famille.

Les 3 millions d’euros au cœur de la dernière enquête, baptisée opération «Forest Gump», auraient été déposés comme caution pour Halouchtchenko

Selon des mandats de perquisition divulgués par des parlementaires ukrainiens, Sense Bank aurait été utilisée pour transférer une partie des fonds de caution. Le Nabu a également rendu publics des enregistrements audios dans lesquels on entend Mudra évoquer Sense Bank et des tentatives présumées d’influencer les décisions la concernant.

Dans une conversation enregistrée en juin, Mudra indique qu’on lui a dit que le directeur général de la banque et le président de son conseil de surveillance viendraient la voir.

Elle évoque aussi une personne prénommée «David» et le président d’une commission parlementaire, qui chercheraient à offrir une protection politique à la banque. On ignore si David fait référence à David Arakhamia, chef du groupe Serviteur du peuple de Zelenskiy au Parlement.

« Ils ne s’en prendront pas à Sense Bank et Sense Bank doit les payer», déclare Mudra sur cet enregistrement. Dans une autre conversation, Mudra affirme que «Timur», qu’elle décrit comme «un réfugié israélien», l’a appelée pour lui demander de prendre en charge le dossier de Sense Bank.

Cette description semble renvoyer à Timur Mindich, ami de longue date et ancien partenaire commercial de Zelensky, présenté comme l’un des cerveaux du système de corruption «Midas» évalué à 100 millions de dollars (85 millions d’euros).

D’un ami de longue date à un ancien chef de cabinet

Mindich faisait partie du premier cercle de Zelensky bien avant son entrée en politique et est copropriétaire de Kvartal 95, la société de production cofondée par le président.

Suspect dans l’opération «Midas», Mindich a quitté l’Ukraine pour Israël en novembre 2025. Son nom apparaît aussi dans l’enquête «Dynasty», dans laquelle le Nabu et le Sapo affirment que plus de 8,8 millions d’euros ont été blanchis via un complexe résidentiel de luxe en périphérie de Kyiv, à partir de fonds provenant en partie de systèmes de corruption, notamment chez Energoatom.

Mais le nom le plus en vue cité dans l’affaire «Dynasty» est celui d’Andriy Iermak, ancien chef de cabinet de Zelensky et pendant des années l’une des figures les plus puissantes d’Ukraine.

Iermak a dirigé le cabinet du président de 2020 jusqu’à son départ en 2025, devenant le plus proche confident politique de Zelensky et jouant un rôle central dans la politique intérieure, la diplomatie et la conduite de la guerre.

En mai 2026, le Nabu et le Sapo ont désigné Iermak comme suspect dans l’affaire de blanchiment d’argent «Dynasty». Un tribunal a ordonné son placement en détention avec la possibilité d’une libération sous caution de 2,7 millions d’euros, somme qui a ensuite été versée. Iermak nie les accusations.

La même enquête met également en cause l’ancien vice-Premier ministre Oleksiy Chernyshov, qui a occupé plusieurs hautes fonctions gouvernementales sous Zelensky et est présenté comme un ami de longue date de la famille présidentielle.

D’autres enquêtes ont rattrapé d’anciens membres de l’administration présidentielle. Rostyslav Shurma, ex-chef adjoint chargé de la politique économique, a été désigné comme suspect en janvier dans une affaire distincte portant sur des abus présumés dans le système de subventions aux énergies renouvelables en Ukraine.

Le Nabu et le Sapo soupçonnent Shurma, son frère Oleg et d’autres personnes d’avoir détourné environ 2,7 millions d’euros. Les deux frères ont été placés sur une liste de recherche en février, et un tribunal a ordonné leur détention par contumace en avril. Shurma, actuellement à l’étranger, nie tout acte répréhensible.

Une proximité douteuse et dérangeante

Ces enquêtes surviennent à un moment particulièrement sensible pour les ambitions européennes de l’Ukraine.

Kiev et Bruxelles ont ouvert en juin le cluster Fondamentaux des négociations d’adhésion de l’Ukraine, qui couvre notamment l’État de droit, la justice, les marchés publics et le contrôle financier. Un deuxième cluster, consacré aux relations extérieures a suivi en juillet.

L’UE a souligné que les progrès réalisés sur le cluster Fondamentaux détermineront le rythme global des négociations d’adhésion de l’Ukraine, plaçant l’indépendance et l’efficacité des institutions anticorruption du pays sous un examen particulier.

La série d’enquêtes dresse pour Zelensky un tableau politique de plus en plus délicat.

Son ancien chef de cabinet a été désigné comme suspect. D’anciens chefs adjoints de cabinet également. Son ami de longue date et ancien partenaire commercial est impliqué dans plusieurs grandes affaires. D’anciens ministres et d’autres hauts responsables de son administration sont eux aussi devenus suspects.

Chacune des enquêtes menées par le Nabu et le Sapo suscite aussi une forte mobilisation de l’opinion. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont descendus dans la rue en 2025 pour défendre l’indépendance du Nabu et du Sapo après la décision du Parlement de restreindre les pouvoirs de ces autorités anticorruption.

La société civile a aussi réclamé des investigations supplémentaires sur des soupçons de corruption au plus haut niveau de l’État. 

Pour un président arrivé au pouvoir en 2019 en promettant de rompre avec l’establishment politique corrompu du pays, la proximité de tant d’affaires visant son entourage a un coût politique de plus en plus lourd.

Source : The Kyiv Independent 

L’article Ukraine | L’entourage de Zelnsky visé par des enquêtes anticorruption est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Commémoration 30 ans après l’expulsion de l’église Saint-Bernard

Une plaque commémorative sera dévoilée le 26 août. Il y a 30 ans, des sans-papiers avaient été expulsés de cette église parisienne, provoquant une forte mobilisation citoyenne. En bref Une plaque commémorative doit être dévoilée le 26 août devant l’église…

L’article Commémoration 30 ans après l’expulsion de l’église Saint-Bernard est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Mobilisation à Tunis sur fond de crise sociale

Jeudi 20 août 2026, plusieurs organisations de la société civile ont manifesté à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, laquelle dégradation a pour nom, entre autres, coupures d’eau et d’électricité, pénuries de médicaments.

Organisée à l’appel de « Nafas », un mouvement citoyen civil indépendant, la marche a réuni un nombre important de participants, lesquels réclamaient des solutions concrètes à la crise économique et sociale. Ils demandent aussi la préservation des libertés publiques, des droits politiques et des acquis sociaux.

Plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile ont livré leur analyse sur place. C’est le cas de Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui est revenu sur les slogans et le contexte politique : « La dernière fois, les slogans n’étaient pas uniquement ceux de l’organisation. Les jeunes ont scandé leurs propres slogans, qui ont même dépassé ceux de l’organisation ».

Selon lui, « les gens sont excédés par la situation actuelle. Ils estiment que les choses ne peuvent pas rester comme elles sont. Il faut un changement ». Il ajoute que « ce pouvoir politique s’est isolé de ses propres institutions, du gouvernement et du parlement. Cet isolement isole aussi le pays par rapport à son environnement régional et international. Nous perdons beaucoup d’occasions sur le plan socio-économique ».

Blocage socio-économique et absence de dialogue

Et l’ancien d’estimer que « le pays est bloqué sur le plan socio-économique. Il n’y a pas d’investissements ». Évoquant le système des entreprises communautaires, il juge qu’« il ne représente rien » et qu’« il n’est pas capable de créer de la richesse. C’est une économie de la pauvreté, pas une économie de création de richesse ».

Il note aussi qu’« à aucun moment dans l’histoire du pays, on n’est arrivé à une situation où il y a aussi peu de discussion. Même lors des grandes crises, il y a toujours eu des communications  et dialogue », ajoute-t-il.

Foued Mouakhar:  » Privilégier l’intérêt national »

Foued Mouakhar, dirigeant du PDL, rappelle son appel à « privilégier l’intérêt national ». « Nous voulons contribuer à élever la parole de vérité. Nous avons des causes communes : le système républicain, les droits, les libertés, l’État de droit, les institutions, la justice, la séparation et l’indépendance des pouvoirs. Quiconque va dans ce sens, nous marchons avec lui », déclare-t-il.

Pour lui, « l’important est que ces milliers de voix s’expriment et parviennent jusqu’au pouvoir ». « Si le pouvoir dit : “Faites ce que vous voulez, et faisons ce que nous voulons”, cela n’est pas de la démocratie. C’est une neutralisation de la démocratie. Nous ne pouvons pas étouffer les voix. Chacun est libre d’exprimer son opinion. C’est cela le plus important », affirme-t-il.

Nafaâ Laribi: « Les choses vont de mal en pire »

De son côté, Nafaa Laribi, membre du comité de défense d’Abir Moussi, note que c’est la troisième mobilisation après juin et le 25 juillet 2026. « On a encore plus de coupures d’électricité, encore plus de pénuries d’eau. La mise en bouteille de l’eau minérale et des eaux de source est en difficulté. On fait face à une pénurie d’essence et de carburant. Les choses vont de mal en pire », observe-t-il.

Interrogé sur l’impact de la manifestation, il répond : « La société civile et l’opposition sont présentes. L’essentiel est d’être toujours là, de faire pression, de lever haut nos principes et nos revendications, et de ne pas laisser le terrain vide ».

Houssem Hami, coordinateur de la coalition Soumoud, estime que « les Tunisiens tiennent bon ». « Ils ont lancé un message clair : assez de l’injustice, de l’échec et de l’absurde dans la gestion des affaires publiques », dit-il.

« Jeunesse, femmes, régions disent non à l’injustice et non à l’échec. Les citoyens sont épuisés par les coupures d’eau et d’électricité, par le manque de médicaments et par la hausse des prix. C’est la situation elle-même qui les pousse à descendre dans la rue », précise-t-il.

Et de conclure : « Nous avons proposé de nous rassembler autour du minimum commun : la citoyenneté. Les citoyens ont répondu, ainsi que les partis politiques et les organisations de la société civile. Nous sommes sur la bonne voie pour obtenir un changement réel dans la vie quotidienne et au niveau des droits et des libertés. La situation en Tunisie est la pire depuis des décennies : dégradation sociale, régression des libertés. C’est pourquoi nous nous réunissons pour définir les moyens d’agir et exiger un changement »

Eau, électricité, médicaments, coût de la vie, libertés : la mobilisation de jeudi met en lumière un ensemble de dossiers qui structurent, cet été, le mécontentement d’une partie de la société tunisienne. 

L’article Mobilisation à Tunis sur fond de crise sociale est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Samir Dilou | «L’état de santé de Rached Ghannouchi est stable»

L’état de santé de Rached Ghannouchi (85 ans), ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, incarcéré depuis plus de trois ans et condamné à de lourdes peines de prison dans différentes affaires, est jugée stable après sa sortie de l’hôpital, le 18 août 2026, et ses avocats ont été autorisés à lui rendre visite.

Samir Dilou, membre de son collectif de défense, a déclaré à The New Arab qu’il lui avait rendu visite, le 19 août, et que son état de santé était stable, malgré la faiblesse dont il souffre à la suite de problèmes de santé récents.

M. Ghannouchi avait été privé de visites et totalement isolé du monde extérieur, sans pouvoir suivre l’actualité pendant 23 jours, ce qui l’avait conduit à entamer une grève de la faim pour protester, a expliqué Me Dilou. Il a ajouté que M. Ghannouchi gardait le moral malgré tout ce qu’il a traversé, soulignant qu’il bénéficiait de soins au sein de la prison.

Le collectif de défense de M. Ghannouchi a indiqué, dans un communiqué publié le 19 août, que ce dernier avait été ramené lundi soir à la prison civile de Mornaguia, près de la capitale, après avoir séjourné à l’hôpital depuis le 29 juillet.

Le collectif a précisé que, durant son hospitalisation, M. Ghannouchi avait été maintenu en «isolement total», se voyant refuser les visites de ses avocats et de sa famille, et empêché de suivre l’actualité par les moyens accessibles aux autres détenus.

Cela s’est produit malgré les demandes répétées de la défense pour lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé, selon le communiqué.

M. Ghannouchi est incarcéré depuis le 17 avril 2023 et a été condamné à plusieurs peines de prison, dont certaines à perpétuité, dans des affaires liées à un complot contre la sûreté de l’État.

I. B.

L’article Samir Dilou | «L’état de santé de Rached Ghannouchi est stable» est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Ahmed Nejib Chebbi garde le moral en prison malgré son état de santé fragile

Haifa Chebbi, avocate membre du collectif de défense des détenus politiques en Tunisie et fille d’Ahmed Nejib Chebbi (82 ans)— dirigeant du Front de salut national actuellement en détention, condamné dans l’affaire dite de complot contre l’Etat, avec son frère, Issam Chebbi, secrétaire général du Parti Républicain, a déclaré à The New Arab que son père garde le moral malgré son état de santé fragile.

Me Chebbi a expliqué que son père, lui-même avocat, avait récemment rencontré des problèmes de santé, aggravés notamment par les fortes chaleurs régnant en prison.

Elle a précisé que l’administration pénitentiaire «ne néglige rien et met tout en œuvre pour surveiller son état de santé, mais elle atteint les limites de ses capacités», ajoutant que son père préfère ne pas se focaliser sur sa santé, estimant qu’il existe des questions plus urgentes.

Haifa Chebbi a indiqué que son père a suivi les informations concernant la marche organisée le 25 juillet 2026, marquant le 69e anniversaire de la proclamation de la République tunisienne et le cinquième anniversaire du coup de force constitutionnel du 25 juillet 2021 ayant permis au président de la république Kaïs Saïed d’accaparer la totalité des pouvoirs.

Il s’est montré optimiste quant à la participation de divers groupes d’opposition et forces de la société civile, estimant que «c’est précisément pour cette cause qu’ils sont actuellement emprisonnés», a-t-elle souligné, ajoutant que cette mobilisation a grandement contribué à remonter le moral de l’ensemble des détenus politiques.

Me Chebbi a affirmé que son père est pleinement conscient que «tant que le coup de force perdurera, il ne sortira pas de prison» et qu’il paie le prix de son opposition aux autorités et de son refus de la situation actuelle.

I. B.

L’article Ahmed Nejib Chebbi garde le moral en prison malgré son état de santé fragile est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Italie/Albanie : un accord migratoire incompatible avec le droit européen ?

Un rapport d’Amnesty International révèle des atteintes aux droits des demandeurs d’asile dans le cadre de l’accord entre l’Italie et l’Albanie. L’ONG fustige l’externalisation de la gestion migratoire.     En bref L’Italie et l’Albanie ont conclu un accord prévoyant…

L’article Italie/Albanie : un accord migratoire incompatible avec le droit européen ? est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  
❌