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Kairouan – Bab Souika : Les derviches tourneurs de Konya célèbrent le Mouled

Venus de Turquie, vingt et un artistes ont fait entendre les sonorités de la musique soufie turque avant de laisser place au sema, ce rituel associé aux derviches tourneurs. Une rencontre qui, au-delà du spectacle, faisait dialoguer deux villes dont les mémoires spirituelles se sont construites autour de traditions profondément ancrées dans l’histoire de l’islam. […]

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Doc House : 3300 dinars pour les jeunes cinéastes

Le projet « Tatwir » est de retour pour sa 4ème édition. Portée par Doc House, cette initiative propose un programme visant à guider les participant.e.s à travers les différentes phases de développement de leurs projets de longs métrages de films documentaires.

Cette initiative se déroulera selon les étapes suivantes :

  • Une résidence d’écriture du 28 septembre au 3 octobre 2026
  • Une phase d’écriture & de développement
  • La réalisation d’une démo
  • La rencontre avec des structures d’appui

Une bourse individuelle de 3300 dinars sera allouée à chaque projet sélectionné.

Le dernier délai de soumission des candidatures est fixé au 31/08/2026. « Tatwir  » est un projet de Doc House, soutenu par IMS ( International Media Support ).

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Le poème du dimanche | ‘‘Le bruit du galop’’ de Hervé Carn

Né en 1949 à Fumay (Ardennes) de parents bretons, Hervé Carn vit à Plancoët (Côtes-d’Armor, Bretagne). Il est poète, essayiste et enseignant.

Docteur en littérature française, professeur agrégé de lettres modernes. Auteur de neuf romans, il a publié une dizaine de livres de poésie, Le Bruit du galop, Folle Avoine, 2019, des essais, Bernard Noël, « Poètes d’Aujourd’hui », Seghers, 1986 ; Au pays d’Aimé Césaire, Diabase, 2004. Ami de Georges Perros, il a codirigé le numéro de la revue Europe qui lui a été consacré ainsi qu’un Eloge, Georges Perros, La vie est partout, La Part Commune, 2023, récompensé en 2024 par le Prix Yves Cosson de l’Académie de Bretagne et des Pays de Loire.

Tahar Bekri

Celle qui te suivait

Si proche de tes pas

Avait enfin trouvé en toi

Le baume qui endort

Dans ce pays qui t’aime

Malgré tes gestes durs

Il est toujours en toi

Cette trace fine nette

Que fit son regard

Déposé sur la nuque

Dans l’attention appliquée

D’un soleil réduit au trait

Qui te fend et te fonde

En une manière nouvelle

De prendre congé du temps

Au plus près des embellies

De son ombre habitée

*

Mais le bleu que tu tiens

Entre tes doigts d’ombre

Sort du plus lointain

Pays de ton âme

De tes sens de ton énergie

Que dure est la fin

D’une vivante carapace

Qu’enserre en tremblant

Le souffle du vent chaud

Gagné par la fièvre

Ou les rauques cavalcades

Des cils ombragés des pores

Enneigés par la moisissure

Des pluies et des pleurs

Déposés sur les doigts

Par la fleur effeuillée

Des lèvres entrouvertes

*

La coulée de lave

Souille tes lèvres

Ramène du plus profond

Tes émois tes désirs

On mange le temps dis-tu

Ou on le ronge

Mais ton corps avance

Quand même sous l’élan

Du premier pas

Comme ta langue

Est emportée par le mot

Qui vint se caler

De ta bouche à la remorque

De ton souffle de ton cri

Poussé par le geste brutal

D’une chute dans la nuit

De la perte et du chagrin

*

Souvent en nage

Vers le songe qui menace

Ton corps saigne dis-tu

Ton corps gît dans la glace

Des draps mouillés

Tu renonces à vivre

Tu laisses aller tes membres

Qui cognent contre le mur

Dans un dernier ahan

Dans un dernier élan

Que tu aimerais léger

Pareil dans les nuées

Au vide sans image

Aucune sinon une trace

Ephémère et vive

Blessante et claire

Pour donner à la terre

Des frissons de regret

Ed/ Folle Avoine, 2019. (Remerciements à l’auteur)

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Festival de Médenine : le concert de Saber Rebaï reporté au 2 septembre après le naufrage d’une embarcation

Le concert de l’artiste Saber Rebaï, initialement programmé ce samedi 22 août dans le cadre de la 46e édition du Festival culturel international de Médenine, a été reporté au 2 septembre 2026, date prévue pour la soirée de clôture de l’événement. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux du festival, l’Association a annoncé cette […]

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XXe session des Journées du Théâtre Universitaire de Monastir : Le miroir et ses fissures

Toute manifestation culturelle est un texte, un corps-texte. Elle s’écrit avec des corps, des espaces, des budgets, des silences obscurs et des négligences sous l’éclat du jour, autant qu’avec des mises en scène et des textes dramaturgiques. Tout ce qui s’y révèle n’est que le reflet de ce qui constitue la mentalité d’un peuple et […]

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Mes Humeurs : La frontière, cette ligne de fuite

La Presse — Une Humeur récente basée sur l’ouvrage de Leila Slimani (Le pays des autres) traitait des frontières, il a suffi d’une image ou plutôt des images pour que le sujet nous revienne en forme de boomerang.  Ces images datent du jeudi 30 et le vendredi 31 du mois de juillet. En moins de […]

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Majda Roumi à Carthage : Rien n’altère l’admiration du public

Il y a des spectacles de musique qu’on voit avec les yeux, et d’autres qu’on voit avec le cœur, et surtout à travers les souvenirs. Majda Roumi a été parmi nous pour un concert grandiose, le 19 août dernier, à la clôture de la 60e édition du Festival international de Carthage. C’est une soirée de […]

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Kaouther Ben Hania dénonce un « écran de fumée » dans l’affaire Hind Rajab

L’armée sioniste a annoncé mercredi dernier, pour la première fois, que ses forces avaient ouvert le feu sur le véhicule à bord duquel se trouvait la fillette palestinienne Hind Rajab (5 ans) dans la ville de Gaza en janvier 2024, annonçant l’ouverture d’une enquête criminelle sur cet incident. La réalisatrice tuniso-française Kaouther Ben Hania, auteure […]

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10e édition de la Mouldeya : la médina de Tunis vibre au rythme du Stambali

L’Association de la culture et de l’art du Stambali déploie un programme d’animation exceptionnel sur un calendrier étendu de 3 jours à l’occasion du Mouled fêté cette année le mardi 25 aout 2026. Malgré des contraintes budgétaires persistantes, ce festival de rue accueillera une confrérie soufie de Turquie et mobilisera des troupes venues de toutes […]

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Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

Djamal Guettala

Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

Une version officielle qui se fissure

Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

La voix qui est devenue une preuve

L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

Une enquête ne suffit pas

La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

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La Goulette : La Kharja de Sidi Chérif aura lieu début septembre

Comme chaque année la procession ( kharja ) de Sidi Chérif aura lieu à la Goulette au début du mois de septembre.

La date de la première journée de la kharja sera le 9 septembre pour un parcours qui se déroulera entre la zaouia de Sidi Chérif et la municipalité de la Goulette.

La kharja se poursuivra ensuite pour les journées du 10 et du 11 septembre.

Selon les traditions locales, la kharja de Sidi Chérif clôture le calendrier des célébrations estivales liées aux principales zaouias de Tunis.

Lire aussi:

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Mostafa Derkaoui, une autre idée du cinéma marocain

Le cinéma marocain perd l’un de ses grands pionniers. Mostafa Derkaoui s’est éteint jeudi 20 août, à l’âge de 82 ans. Réalisateur, scénariste et producteur, il laisse une œuvre singulière, libre et profondément ancrée dans la société marocaine. De «…

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Coup de cœur. Rencontres d’Arles : quand la photographie raconte l’histoire

En cette année de célébration du bicentenaire de la photographie organisée par le ministère de la Culture, cap sur Arles ! Ce rendez-vous mondial de la photographie qui attire chaque année un nombre croissant de visiteurs offre un programme aussi…

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Huile d’olive tunisienne : 368 000 tonnes exportées depuis le début de la campagne 2025/2026

Les quantités exportées de l’huile d’olive tunisienne, au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, ont atteint 368,0 mille tonnes contre 236,9 mille tonnes au cours de la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 55,3%, selon un bulletin de suivi publié vendredi par l’observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI).

La quantité d’huile d’olive conditionnée a enregistré une hausse de 50,8% par rapport à la campagne précédente (2024/2025), passant de 34,1 mille tonnes à 51,5 mille tonnes.  Elle représente désormais 14% des quantités totales exportées, tandis que l’huile d’olive exportée en vrac représente 86% des quantités totales exportées.

Par ailleurs, la catégorie extra vierge représente à elle seule 83,6% du volume total exporté.

En termes de valeur, la recette des exportations enregistrée durant les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026 est de 4605,3 MD contre 3190,0 MD durant la même période de la campagne précédente d’où une hausse de 44,4%. Sachant que seulement 18,6% de la recette proviennent des exportations de l’huile d’olive conditionnées.

En juillet 2026, le prix moyen de l’huile d’olive a augmenté de 1,4% par rapport à la même période de la campagne précédente, passant de 12,97 DT/kg à 13,16 DT/kg. Selon les catégories, les prix varient entre 8,22 DT/kg et 17,00 DT/kg.

À fin juillet 2026, l’huile d’olive tunisienne a été exportée vers plus de 70 pays, confirmant la diversification des marchés internationaux. Le marché de l’Union européenne représente 57,1% du volume total des exportations, notamment vers l’Espagne (32,1%) et l’Italie (20,0%). L’Amérique du Nord représente 24,0% des exportations, principalement à destination des États-Unis (19,2%) et du Canada (4,8%). L’Asie absorbe 11,3% des volumes exportés, avec notamment l’Arabie Saoudite (4,6%) et la Jordanie (3,1%). Enfin, le marché africain représente 3,8%, dont 3,3% pour l’Égypte.

Concernant les exportations d’huile d’olive biologique, au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, le volume des exportations a atteint 51,2 mille tonnes d’une valeur d’environ 673,4 MD.

Néanmoins, la part de l’huile d’olive biologique conditionnée n’a pas dépassé les 6,2% du total du volume de l’huile d’olive biologique exporté. Quant au prix, la moyenne du prix de l’huile d’olive biologique atteint est de 13,16 DT/kg variant entre 12,93 DT/kg pour le vrac et 16,56 DT/kg pour le conditionnée.

Le 1er pays importateur de l’huile d’olive biologique tunisienne est l’Italie avec une part de 38% des quantités exportées durant les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, suivi par l’Espagne (26%), l’USA (23%) et la France (8%).

(D’après Tap)

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A la Chebba, au rendez-vous international des artistes

L’association Chebba Art et Environnement organise sous l’égide du ministère des Affaires culturelles la douzième édition du festival international Marsa El Founoun (Le port des arts).

Cette importante manifestation culturelle se déroulera du 25 au 27 août en présence de nombreux artistes tunisiens et étrangers.
Un événement qui compte dans le calendrier des arts et gagne en importance à chaque année.

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Portrait. Sonia Recasens, la curatrice qui bouscule l’art contemporain

Commissaire d’exposition franco-marocaine, Sonia Recasens défend une scène artistique plus inclusive. De ses recherches sur les artistes africaines et arabes à ses combats contre le « greenwashing » et pour une culture plus accessible, la directrice de l’AICA internationale revendique…

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Des bénévoles pour réhabiliter l’écomusée de l’orangeraie de Hammamet

L’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere), présidée par Dr Salem Sahli, annonce l’organisation de son 34 chantier de jeunes bénévoles, qui se tiendra du 23 au 30 août 2026. Cette initiative citoyenne aura pour mission la réhabilitation de l’écomusée de l’orangeraie, situé au sein du Centre culturel international de Hammamet (CCIH).

Projet initié par l’Aere et cofinancé par le programme Euromed Heritage de l’Union européenne, l’écomusée de l’orangeraie a été conçu en juillet 2009 lors d’un atelier d’étude international, avant d’être mis en œuvre par des bénévoles et inauguré en 2011. Il permet aux habitants comme aux visiteurs de redécouvrir le patrimoine paysager et agricole de la région de Hammamet.

Organisé en partenariat avec le CCIH, ce chantier réunira 15 participants bénévoles. Leurs interventions porteront sur la remise en état des trois composantes majeures du site :

– le verger témoin et le jardin de collection : travaux de débroussaillage, nettoyage, désherbage, badigeonnage des arbres, ainsi que la réparation et la consolidation de la passerelle en bois ;

– le circuit d’irrigation traditionnelle : curage et badigeonnage des rigoles et du bassin ;

– la salle d’exposition permanente : remise à niveau de l’espace et renouvellement des panneaux d’information et des supports de sensibilisation.

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L’Italie veut changer sa relation avec l’Afrique par la culture

Avec le nouveau Prix Mattei pour la coopération culturelle, Rome veut faire de la création, du patrimoine et de la formation de nouveaux instruments de rapprochement avec l’Afrique. Le Maroc figure déjà parmi les partenaires de cette stratégie qui entend…

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René De Maximy | Rencontre autour d’une mémoire partagée

Je n’avais pas prévu de rencontrer René De Maximy. Mais le hasard, parfois, emprunte les chemins du destin. Ce jour-là, à la librairie Île aux Mots, je pensais simplement découvrir un livre consacré à l’Algérie. Je ne savais pas encore que cette rencontre me conduirait jusqu’à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille, auprès d’un homme dont la mémoire, malgré les années et la maladie, porte encore les traces d’une histoire commune entre la France et l’Algérie.

Djamal Guettala, à Marseille.

Tout commence par un détail. Une femme tient un livre entre ses mains. Mon regard s’arrête sur la couverture : ‘‘Le cœur à contre-guerre. Grande Kabylie, mars 1960-mars 1962’’ (Éditions La Fontaine de Siloé, 1er décembre 2011). Un livre sur l’Algérie. Un livre consacré à une période dont les blessures et les interrogations demeurent, plus de soixante ans après. Je lui demande : «Qui a écrit ce livre ?» Sa réponse me surprend : «C’est mon mari.»

Cette femme s’appelle Marie-Christine de Maximy. À cet instant, l’ouvrage change de dimension. Il n’est plus seulement un témoignage sur une période de l’histoire. Il devient le lien vers un homme, un parcours et une mémoire.

Je veux en savoir davantage. Est-il encore vivant ? Est-il possible de le rencontrer ?

— Oui, il est vivant… mais il est à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille. Il a Alzheimer. Cette phrase aurait pu mettre fin à ma démarche. Elle produit l’effet inverse.

Derrière chaque livre, il y a une voix. Lorsque le temps commence à effacer les souvenirs, il devient peut-être encore plus urgent d’aller à la rencontre de celui qui les a confiés à l’écriture.

Je lui demande : «Le jour où vous irez le voir, puis-je vous accompagner ?» Elle accepte, en ajoutant avec prudence : «Je ne sais pas s’il pourra parler avec vous.»

Je décide pourtant d’y aller. Avec son livre entre les mains.

Un livre, une mémoire, une histoire

Publié en 2011 aux éditions La Fontaine de Siloé, ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ est un témoignage singulier sur les dernières années de la guerre d’Algérie.

Dès les premières lignes, René De Maximy donne le ton : «J’ai 25 ans, en 1960, lorsque j’aborde en terre algérienne.»

Son récit n’est ni celui d’un militaire racontant une campagne, ni celui d’un acteur politique défendant une position. Il témoigne comme un jeune citoyen français appelé sous les drapeaux et envoyé en Algérie au moment où le conflit entre la France et le FLN entre dans une phase décisive.

Son regard est celui d’un homme qui découvre une réalité plus complexe que les discours officiels. Derrière les mots de «maintien de l’ordre», il perçoit une véritable guerre, avec ses violences, ses blessures et ses contradictions.

À son arrivée en 1960, le jeune appelé connaît déjà, par les journaux et les récits, la violence des années précédentes. Il sait également que le plan Challe et l’opération Jumelles, menée en Grande Kabylie, ont profondément affaibli les maquis du FLN.

L’Algérie semble alors, en apparence, sous le contrôle de l’armée française. Les combattants indépendantistes sont repoussés vers les frontières tunisienne et marocaine. Mais cette impression de pacification reste fragile. Dans les montagnes, les tensions demeurent.

C’est cette réalité que René De Maximy raconte avec sobriété. Son témoignage n’est pas une simple chronique militaire. Il constitue avant tout une réflexion sur la conscience individuelle face à la guerre. L’auteur évoque les violences commises de part et d’autre et affirme une exigence essentielle : le respect de la dignité humaine.

Le titre résume cette position intérieure : ‘‘Le cœur à contre-guerre’’. Comme si l’homme en lui résistait à la mécanique de la violence.

Djamal Guettala en visite à René De Maximy.

Quand le livre réveille la mémoire

Le jour de la rencontre, Marie-Christine de Maximy m’accompagne jusqu’à la chambre de son mari, à la Résidence Rivoli.

Je ne sais pas comment René De Maximy va réagir. Alzheimer est là, avec ses silences et ses absences. Mais certains objets ont parfois le pouvoir de faire ressurgir une part de soi que l’on croyait perdue.

Je me présente. Puis je lui montre son livre. Son regard change. Il reconnaît l’ouvrage. Et soudain, la parole revient. Il évoque la Kabylie, ses paysages, ses villages, les femmes kabyles, les embuscades, mais aussi les scènes de la vie quotidienne. La guerre n’est pas le seul sujet. Il parle également d’une terre et de rencontres.

La conversation avance naturellement, d’un souvenir précis à une anecdote plus légère. Derrière chaque phrase, une mémoire cherche à rester vivante.

Marie-Christine est étonnée. Elle qui craignait qu’il ne puisse plus échanger découvre un homme encore capable de raconter et de transmettre.

Ce jour-là, le livre devient un déclencheur. Un lien entre le passé et le présent.

L’homme derrière l’auteur

René De Maximy est né en 1935 à Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire. Géographe, il a été directeur de recherches émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Son parcours scientifique, consacré aux territoires et aux sociétés humaines, éclaire aussi son regard sur l’Algérie : une attention portée aux réalités humaines derrière les événements historiques.

René De Maximy est également écrivain. Son premier roman, ‘‘La Ferme des Neuf Chemins’’, révèle déjà un homme attentif au monde qui l’entoure, désireux d’observer et de comprendre.

Sa famille appartient elle aussi à plusieurs univers. Il est le frère de Jean De Maximy, artiste-peintre, et l’oncle d’Antoine de Maximy, connu notamment pour l’émission ‘‘J’irai dormir chez vous’’.

Recherche, art, écriture et voyage semblent ainsi se rejoindre autour d’une même volonté : aller vers l’autre.

Une rencontre qui dépasse le livre

Depuis cette première visite, je suis retourné plusieurs fois à la Résidence Rivoli. Ce qui devait être une rencontre autour d’un ouvrage est devenu un rendez-vous humain. Lors de ma deuxième visite, c’est lui qui m’interroge : «Comment va l’Algérie ?» Puis : «Comment êtes-vous venu ici ?» «Pourquoi habitez-vous Marseille ?»

Ses questions montrent que, malgré la maladie, sa curiosité pour l’autre demeure intacte.

Lors d’une visite plus récente, je le trouve plus triste. Son visage porte la fatigue. Mais dès que nous commençons à parler, quelque chose change. La conversation semble l’apaiser. Puis il me confie cette phrase : «Au moins, il y a quelqu’un qui sait que j’existe encore.»

Quelques mots qui disent beaucoup de la solitude et de ce besoin universel d’être reconnu.

À chaque fin de visite, il répète : «Merci, merci, merci d’être passé me voir.»

Alors je continuerai à venir aussi longtemps que cela sera possible. Avec du temps, des conversations, des souvenirs partagés. Et parfois quelques madeleines ou des gâteaux au chocolat.

Une mémoire qui défie l’oubli

À travers le parcours de René De Maximy, une autre manière de regarder une période majeure de notre histoire commune apparaît. Plus de soixante ans après, la guerre d’Algérie demeure une mémoire sensible, traversée de blessures et d’interrogations qui continuent d’habiter les deux rives de la Méditerranée.

L’intérêt de son témoignage tient aussi à cette volonté de replacer l’humain au centre. Derrière les grandes dates, les opérations militaires et les affrontements politiques, il y a toujours des destins individuels : des jeunes hommes appelés sous les drapeaux, des populations confrontées à la violence, des femmes et des hommes pris dans une période qui les dépasse.

Son livre ne simplifie rien. Il propose le regard d’un témoin qui a choisi de raconter son expérience avec lucidité et exigence morale.

René De Maximy ne se présente pas en héros. Il est simplement un homme qui a vécu un moment particulier de l’Histoire et qui a voulu transmettre ce qu’il avait vu et ressenti.

La mémoire ne prend véritablement sens que lorsqu’elle est transmise, lorsqu’elle circule entre les générations et permet de regarder le passé sans enfermer les peuples dans ses blessures.

Cette rencontre m’amène aujourd’hui à lancer un appel aux autorités culturelles de Marseille ainsi qu’à M. le maire. René De Maximy mérite un geste de reconnaissance. Pas nécessairement une grande cérémonie. Une simple visite suffirait. Quelques instants d’échange avec un homme qui a consacré sa vie à la recherche, à l’écriture et à la compréhension des sociétés humaines.

Marseille est une ville de mémoire et de culture, ouverte sur la Méditerranée, un lieu où les histoires de France et d’Algérie se rencontrent quotidiennement. Venir saluer René De Maximy à la Résidence Rivoli, c’est reconnaître le parcours d’un géographe, d’un chercheur, d’un écrivain et d’un témoin. C’est aussi rappeler que les hommages les plus précieux sont souvent ceux que l’on rend aux personnes de leur vivant. Parce qu’une reconnaissance tardive ne remplace jamais une présence. Parce qu’un simple échange peut parfois avoir une valeur immense.

René De Maximy a écrit ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ pour que ses souvenirs ne disparaissent pas. Aujourd’hui, cette mémoire continue de vivre. Dans un livre. Dans une voix. Dans une rencontre. Et parfois, il suffit de pousser une porte, de s’asseoir quelques minutes et d’écouter.

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Philofest An 5 : Comment repenser la liberté ?

Le Nabeul Book Club organise la cinquième édition du Philofest du 21 au 23 août avec la participation de nombreux invités.

Le thème choisi pour cette édition est celui de la liberté face à nos choix, nos limites et notre époque.

Le Philofest se définit comme un espace de pensée critique, de création artistique et de réflexion collective.

Après avoir exploré lors des éditions antérieures, les thèmes de la démocratie, du corps, du bonheur et de l’amour, Philofest ouvre un nouveau cycle de réflexion autour de trois grandes questions :

  • L’art est-il un espace de liberté radicale ?
  • Sommes-nous libres par nature ou apprenons-nous à le devenir ?
  • Quelle place reste-t-il pour notre liberté dans un monde façonné par les contraintes sociales, économiques et culturelles ?

Pendant trois jours, philosophes, artistes, écrivain·es et citoyen·nes croiseront leurs regards pour questionner nos certitudes, confronter les idées et construire une réflexion commune.

Organisé par le Nabeul Book Club, fort de plus de dix ans d’engagement culturel, le Philofest est devenu un espace où la philosophie quitte les livres pour rencontrer l’art, la société et les préoccupations de notre époque.

À suivre du 21 au 23 août à l’espace Jeelen à Nabeul.

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