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L’Allemagne face à une vague de faillites sans précédent

L’économie allemande traverse «sa crise la plus profonde de l’après-guerre», a averti mardi 18 août 2026 la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.

Habib Glenza, à Lodz.  

Longtemps considérée comme le modèle économique à suivre, l’Allemagne traverse aujourd’hui une crise d’une ampleur rarement observée depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2025, plus de 17 600 entreprises ont déposé le bilan, un niveau inédit depuis plus de deux décennies, avec une accélération marquée ces derniers mois. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : près de 48 entreprises ferment chaque jour. Ce phénomène ne concerne pas uniquement les petites structures, mais touche également des géants industriels, révélant un affaiblissement global du tissu économique. 

Le moteur économique de l’Europe en train de lâcher

Contrairement à un krach boursier brutal, la crise actuelle en Allemagne s’installe progressivement, rendant son impact encore plus dangereux. Les faillites augmentent mois après mois, affectant tous les secteurs clés, de l’industrie lourde à la construction. Ce caractère diffus empêche une réaction rapide des marchés et des gouvernements, laissant le temps aux déséquilibres de s’ancrer durablement.

Cette lente érosion du tissu économique est particulièrement préoccupante car elle pourrait contaminer l’ensemble de la zone euro. Dans ce climat d’incertitude prolongée, diversifier ses investissements devient vital, et l’achat d’or représente une valeur refuge fiable face aux crises systémiques qui s’installent dans la durée.

Le modèle allemand repose en grande partie sur le fameux «Mittelstand», un réseau dense de PME familiales, souvent très spécialisées et leaders mondiaux. Ces entreprises représentent plus de 99 % du tissu économique et emploient des millions de personnes. Pourtant, ce pilier historique montre aujourd’hui des signes de faiblesse inquiétants. La hausse des coûts, la baisse de la demande et les contraintes réglementaires pèsent lourdement sur leur rentabilité. Lorsque ce cœur industriel ralentit, c’est toute l’économie qui vacille. 

L’une des causes profondes : la rupture avec le gaz russe

Les sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie, notamment la rupture avec le gaz russe bon marché. En boycottant l’achat du gaz russe, les politiciens de l’UE, en particulier les Allemands, les Anglais, et les Français, ont cru mettre à plat l’économie russe. Aujourd’hui, les sanctions imposées à la Russie se sont retournées contre toutes les économies des pays de l’UE, en particulier contre celle de l’Allemagne qui entraînera dans sa chute les autres économies de l’Europe          

Par ailleurs, la crise actuelle résulte d’une accumulation de facteurs structurels. La flambée des prix de l’énergie, notamment après la rupture avec le gaz russe, a multiplié les coûts de production. À cela s’ajoute la hausse rapide des taux d’intérêt, qui freine les investissements et alourdit le coût du crédit. La transition énergétique, bien que nécessaire, impose également des dépenses considérables aux entreprises. Enfin, le ralentissement du commerce mondial et le retour du protectionnisme, à l’instigation des Etats-Unis de Donald Trump, compliquent les exportations, pilier du modèle allemand. Face à ce cocktail toxique, il devient indispensable d’adopter une stratégie patrimoniale défensive, en intégrant par exemple l’or comme actif de protection contre les turbulences économiques

Ce que traverse l’Allemagne dépasse largement une simple récession conjoncturelle. Il s’agit d’une transformation structurelle profonde de son modèle économique. L’industrie, historiquement basée sur une énergie abondante et bon marché, doit désormais se réinventer dans un environnement plus contraignant et compétitif.

Parallèlement, le pays accuse un retard dans la digitalisation et les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Cette double transition, énergétique et technologique, s’annonce longue, coûteuse et incertaine. Dans ce contexte, sécuriser une partie de son patrimoine avec de l’or tangible constitue une décision prudente et stratégique.

2026 : une année charnière aux perspectives incertaines             

Les prévisions économiques pour 2026 restent prudentes, avec une croissance faible et des faillites qui devraient continuer à augmenter, bien que plus lentement. Le pic de la crise pourrait être proche, mais ses effets s’inscriront dans la durée. De nombreuses entreprises envisagent déjà de délocaliser leur production vers des zones où les coûts sont plus compétitifs, notamment aux États-Unis ou en Europe de l’Est. Cette recomposition industrielle aura des conséquences majeures sur l’emploi et la stabilité économique du continent européen. 

Investir en Allemagne en 2026 nécessite une approche sélective et stratégique. Miser sur l’ensemble du marché peut s’avérer risqué, notamment en raison de l’exposition à des secteurs en difficulté comme l’automobile ou la chimie. En revanche, certaines niches, notamment dans les technologies industrielles avancées ou l’efficacité énergétique, peuvent encore offrir des opportunités intéressantes à long terme.

Toutefois, dans un environnement aussi incertain, il est essentiel de diversifier ses placements et de ne pas dépendre uniquement des marchés financiers traditionnels. 

La situation actuelle en Allemagne agit comme un signal d’alerte pour l’ensemble de l’économie européenne. Ce qui était autrefois un modèle de stabilité devient aujourd’hui un terrain d’incertitudes. Entre transition énergétique, mutation industrielle et tensions géopolitiques, les défis sont nombreux et les solutions encore floues. Pour les investisseurs, l’heure n’est plus à l’improvisation mais à la prudence et à l’anticipation. 

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Industrie tunisienne : Le textile décroche, la mécanique accélère

L’investissement industriel donne l’image d’une Tunisie à deux vitesses. Au premier semestre 2026, les perspectives progressent globalement, mais derrière cette amélioration se cache un net décrochage du textile-habillement-cuir, dont le solde d’opinion tombe à −4 %, tandis que les industries mécaniques et électriques atteignent +48 %. Pour le second semestre, l’écart pourrait encore se creuser : le textile anticipe un nouveau recul, à −6 %.

Une amélioration globale qui masque de profondes fractures

L’enquête menée par l’Institut national de la statistique auprès de 1085 entreprises privées fait apparaître une industrie tunisienne loin d’être homogène.

L’indicateur global de l’investissement progresse, traduisant une amélioration des anticipations des chefs d’entreprise. Mais cette tendance d’ensemble masque des évolutions radicalement différentes selon les secteurs.

D’un côté, certaines branches affichent une confiance renforcée et des intentions d’investissement nettement orientées à la hausse. De l’autre, des secteurs historiquement importants pour l’industrie tunisienne entrent dans une zone de recul.

Le cas du textile-habillement-cuir est particulièrement révélateur.

Le textile bascule dans le rouge

Au premier semestre 2026, le solde d’opinion relatif à l’investissement dans le secteur textile-habillement-cuir s’établit à −4 %.

Ce chiffre ne correspond pas à une baisse de 4 % des montants réellement investis. Il s’agit d’un solde d’opinion, construit à partir de la différence entre la part des chefs d’entreprise anticipant une hausse de leurs investissements et celle prévoyant une baisse.

Mais l’indicateur reste révélateur : les opinions négatives deviennent plus nombreuses que les anticipations positives.

Et la tendance ne devrait pas s’inverser immédiatement. Pour le second semestre, le solde d’opinion du secteur tomberait à −6 %, confirmant la persistance d’un climat d’investissement dégradé.

La mécanique et l’électrique prennent le contre-pied

À l’opposé, les industries mécaniques et électriques affichent une dynamique particulièrement forte.

Leur solde d’opinion sur l’investissement atteint +48 %, soit l’un des niveaux les plus élevés parmi les secteurs industriels étudiés.

L’écart avec le textile illustre l’ampleur de la divergence : entre un secteur dont les entreprises anticipent davantage un recul qu’une progression et un autre où les perspectives positives dominent largement, l’industrie tunisienne avance désormais selon des rythmes très différents.

Cette accélération de la mécanique et de l’électrique constitue un signal encourageant pour des activités davantage intégrées aux chaînes de valeur industrielles et tournées vers des productions à plus forte composante technologique.

Le textile n’est pas le seul secteur à montrer des signes de faiblesse. L’enquête fait également apparaître un ralentissement dans les industries chimiques, confirmant que l’amélioration globale de l’investissement ne profite pas à l’ensemble du tissu industriel.

Le risque serait donc de tirer des conclusions trop rapides à partir du seul indicateur général. Une progression globale peut coexister avec des difficultés sectorielles importantes, voire avec une aggravation des écarts entre branches.

Une industrie de plus en plus contrastée

Le principal enseignement de cette enquête est finalement moins la progression de l’indicateur global que la fragmentation des trajectoires industrielles.

La Tunisie ne fait pas face à une industrie uniformément en reprise ou uniformément en difficulté. Elle voit au contraire certains secteurs accélérer pendant que d’autres reculent.

La question des prochains mois sera donc de savoir si la dynamique des industries mécaniques et électriques pourra entraîner plus largement l’investissement industriel ou si, au contraire, la faiblesse persistante du textile et le ralentissement de la chimie finiront par peser davantage sur l’ensemble du secteur.

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