La production de gaz naturel du Qatar a chuté de 47,5 % au premier semestre 2026, à 55,02 milliards de m³ contre 104,82 milliards un an plus tôt. A cause des attaques contre les installations de GNL et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
La production qatarie de gaz naturel a enregistré un recul spectaculaire au cours des six premiers mois de 2026. Selon les données de l’initiative conjointe sur les données pétrolières (JODI), citées par l’Unité de recherche énergétique « Energy » le 21 août, elle est tombée à 55,02 milliards de mètres cubes, contre 104,82 milliards au premier semestre 2025, soit une baisse de 49,8 milliards de m³.
Cette chute constitue l’une des conséquences les plus importantes de la guerre avec l’Iran sur le secteur gazier du Qatar, dont l’économie dépend fortement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).
La contraction s’est accentuée au printemps. Au deuxième trimestre, la production qatarie s’est limitée à 16,33 milliards de m³, contre 52,34 milliards durant la même période de 2025, soit un recul de 69 %.
La dégradation a commencé en mars, avec une production ramenée à 5,37 milliards de m³, puis à 5,19 milliards en avril et 5,03 milliards en mai. Une légère amélioration est intervenue en juin, avec 6,12 milliards de m³, mais ce niveau demeurait inférieur de 66 % à celui de juin 2025…
Une amélioration relative a toutefois été enregistrée en juillet, avec des exportations remontées à 1,52 million de tonnes, contre 1,23 million en juin. Ce niveau reste néanmoins inférieur de 78 % à celui de juillet 2025, où les exportations avaient atteint 6,82 millions de tonnes.
La consommation intérieure recule également
La baisse de l’activité gazière ne concerne pas uniquement les exportations. La consommation intérieure de gaz du Qatar a diminué de 31 % au premier semestre, à 13,97 milliards de m³, contre 20,36 milliards un an auparavant. Au deuxième trimestre, la consommation a chuté de 53 %, à 5,17 milliards de m³ contre 10,96 milliards au deuxième trimestre 2025.
Ce recul de la production intervient alors que le Qatar figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de GNL. La perturbation de ses exportations a donc des conséquences bien au-delà du Golfe.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les chargements de GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis ont diminué de 35 milliards de m³ entre mars et juin. La hausse de la production en Amérique du Nord, en Afrique et dans d’autres régions a cependant permis de compenser une grande partie de ce déficit.
Pour l’ensemble de 2026, l’AIE prévoit que l’offre de GNL du Qatar et des Émirats pourrait être inférieure d’environ 45 %, soit 54 milliards de m³, à celle de 2025…
La crise du détroit d’Ormuz bouleverse les approvisionnements en GPL de l’Inde et offre à l’Algérie une nouvelle fenêtre sur un marché qu’elle avait perdu. Selon trois sources commerciales citées par Reuters, Indian Oil Corporation a finalisé un accord avec Sonatrach pour importer du GPL algérien en 2027. Le contrat pourrait porter sur 45.000 à 55.000 tonnes par mois, soit potentiellement jusqu’à 660.000 tonnes sur l’année.
L’Inde revient vers Sonatrach
Ce retour n’est pas anodin. L’Inde avait abandonné quelques années auparavant son contrat à terme avec Sonatrach au profit des fournisseurs du Moyen-Orient. Mais la dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz a changé la donne.
New Delhi a recommencé à importer du GPL algérien dès juin 2026 et devrait en recevoir environ 110.000 tonnes en août, selon les sources commerciales citées par Reuters. Le futur accord marquerait donc le retour d’un approvisionnement régulier plutôt qu’une simple opération ponctuelle.
Ormuz oblige New Delhi à diversifier
Le mécanisme est essentiellement géopolitique. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont affecté les flux de GPL en provenance du Moyen-Orient, au point de contraindre l’Inde à rationner certains approvisionnements.
Face à ce risque, New Delhi accélère la diversification de ses fournisseurs. L’Algérie bénéficie directement de ce mouvement, tout comme les États-Unis, également appelés à renforcer leur présence sur le marché indien.
L’enjeu dépasse donc largement le contrat entre Indian Oil et Sonatrach : une crise au Moyen-Orient est en train de modifier les routes d’approvisionnement d’un des principaux marchés énergétiques asiatiques.
Le prix renforce l’avantage algérien
L’Algérie dispose par ailleurs d’un argument supplémentaire : ses prix.
Selon une source commerciale citée par Reuters, le GPL algérien est actuellement moins cher que les références contractuelles de Saudi Aramco. Pour août, les prix annoncés sont de 540 dollars la tonne pour le propane et 570 dollars pour le butane, contre respectivement 620 et 640 dollars pour les références saoudiennes.
Pour un acheteur confronté à des difficultés d’approvisionnement et cherchant à sécuriser des volumes importants, cet écart renforce naturellement l’attractivité de l’offre algérienne.
Il ne faut toutefois pas parler d’un remplacement du Moyen-Orient par l’Algérie. L’Inde cherche avant tout à réduire sa dépendance à une seule zone géographique.
Les États-Unis devraient eux aussi prendre une place croissante dans ses importations de GPL, avec une part pouvant atteindre jusqu’à 25 % en 2027, selon Reuters.
Pour Sonatrach, le véritable enjeu est donc de transformer une opportunité née d’une crise en présence durable sur le marché indien.
Il existe des richesses que les pays extraient de leur sous-sol et d’autres qu’ils reçoivent chaque matin du ciel. La Tunisie ne possède ni les réserves pétrolières de certains de ses voisins ni les immenses gisements de gaz qui ont façonné la puissance économique d’autres pays. Mais elle possède une ressource abondante, prévisible, gratuite et durable : le soleil. Le véritable enjeu n’est plus seulement d’installer des panneaux sur les toits ou de construire quelques centrales photovoltaïques. Il est de décider que le solaire doit devenir l’un des grands secteurs industriels du pays.
Cette ambition suppose de changer de regard. La question n’est pas seulement : combien de mégawatts allons-nous produire ? Elle est aussi : combien d’usines allons-nous créer, combien d’ingénieurs allons-nous former, combien de technologies allons-nous maîtriser, combien de produits allons-nous exporter ? Une politique énergétique digne de ce nom doit aussi être une politique industrielle. Importer des systèmes complets améliore notre bilan énergétique, mais ne suffit pas à bâtir une puissance économique.
Le soleil ne doit plus être une simple ressource
La Tunisie doit éviter de reproduire avec le solaire une vieille erreur : exploiter une ressource sans maîtriser la chaîne industrielle qui lui donne sa véritable valeur. Nous devons accélérer l’installation de capacités renouvelables, mais chaque projet devrait être pensé en fonction de ce qu’il peut laisser durablement dans le pays.
Structures métalliques, câbles, coffrets électriques, systèmes de fixation, transformateurs, verre spécialisé, logiciels de supervision, électronique de puissance, onduleurs et solutions de stockage : il existe de nombreux segments dans lesquels des entreprises tunisiennes peuvent progressivement se positionner. Tout ne sera pas produit localement dès demain. Mais une stratégie industrielle sérieuse commence par le choix de quelques métiers dans lesquels nous pouvons devenir compétitifs.
La Tunisie dispose déjà d’ingénieurs, de techniciens, d’une tradition industrielle et d’une proximité géographique avec l’Europe. Encore faut-il organiser ces atouts autour d’une vision et éviter que le développement du solaire ne se traduise simplement par une nouvelle vague d’importations.
Une véritable zone industrielle du solaire
Pourquoi ne pas créer une grande zone industrielle et technologique spécialement consacrée au solaire ? Elle pourrait être implantée dans une région combinant disponibilité foncière, accès au réseau électrique, routes, proximité d’un port et besoin de nouveaux emplois. Ce serait un écosystème réunissant industrie, recherche, formation et innovation.
On pourrait y installer des entreprises de fabrication et d’assemblage, des laboratoires de certification, des centres de recherche, des écoles de formation technique, des startups travaillant sur l’intelligence énergétique et le stockage, ainsi que des unités spécialisées dans le recyclage. Les universités et les écoles d’ingénieurs devraient y être directement associées afin que les travaux scientifiques puissent devenir des prototypes, puis des produits commercialisables.
Cette zone pourrait aussi devenir un lieu privilégié pour les partenariats internationaux. La Tunisie gagnerait à coopérer avec des pays très avancés dans le photovoltaïque, le stockage et l’électronique de puissance : Chine, Allemagne, Italie, Espagne, Corée du Sud, Japon et avec des investisseurs du Golfe. L’objectif serait de les inciter à produire chez nous tout en organisant le transfert de compétences, la formation de nos ingénieurs et l’intégration progressive de fournisseurs tunisiens.
Crédits, fiscalité et douane : choisir une priorité
Une ambition nationale ne peut pas rester un discours. Si le solaire devient un secteur prioritaire, cette priorité doit apparaître dans les décisions concrètes. Les entreprises qui investissent dans la fabrication d’équipements solaires devraient bénéficier de lignes de crédit spécifiques, de garanties publiques, de procédures administratives accélérées et d’avantages fiscaux liés à l’investissement productif et à l’exportation.
La politique douanière devrait elle aussi être repensée. Les machines nécessaires à la création d’usines solaires, ainsi que les composants qui ne sont pas encore fabriqués en Tunisie, pourraient bénéficier d’exonérations ou de droits réduits. En revanche, il faudrait éviter une situation où le produit fini importé serait favorisé de la même manière qu’un équipement servant à développer une production locale.
Il s’agit d’utiliser intelligemment les outils de l’État pour encourager l’investissement, l’innovation et l’emploi qualifié.
La commande publique peut aussi jouer un rôle décisif. Écoles, hôpitaux, universités, administrations, stations de pompage et bâtiments publics devront de plus en plus s’équiper en solaire. Une partie de cette demande peut servir de tremplin aux industriels tunisiens, à condition que la qualité et les normes techniques soient rigoureusement respectées.
Produire en Tunisie et vendre au monde
Le marché tunisien ne suffira pas à faire émerger une grande industrie solaire. Dès le départ, la stratégie doit donc être exportatrice. La Tunisie possède pour cela une situation géographique remarquable : africaine, méditerranéenne, proche de l’Europe et ouverte sur plusieurs marchés.
Notre pays devrait chercher à devenir une plateforme de production solaire pour l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et le Sud de l’Europe. Il ne faut pas seulement rêver d’exporter de l’électricité verte. Il faut vouloir exporter les équipements qui permettent de la produire.
Imagine-t-on, dans quinze ans, des onduleurs, des structures, des systèmes électroniques, des logiciels ou des solutions de stockage portant la mention «Made in Tunisia» et installés au Sénégal, en Mauritanie, en Libye, en Italie ou ailleurs ? Ce n’est pas une utopie si une politique cohérente est poursuivie suffisamment longtemps.
La Tunisie a déjà montré, notamment dans les composants automobiles et électriques, qu’un petit pays peut s’insérer dans des chaînes industrielles internationales complexes. Le solaire peut devenir une nouvelle étape de cette évolution. Mais le leadership ne se décrète pas. Il se construit dans les usines, les laboratoires, les centres de formation, les banques, les ports et les administrations.
Ce qui manque le plus n’est peut-être pas le potentiel, mais la continuité. Une stratégie industrielle solaire doit survivre aux changements de gouvernements et aux hésitations administratives. Elle doit être pensée sur quinze ou vingt ans, avec des objectifs mesurables et des filières prioritaires.
Le soleil se lève chaque matin sur la Tunisie sans exiger de devises, sans traverser de gazoduc et sans attendre qu’un navire entre dans un port. Cette énergie tombe gratuitement sur nos villes, nos champs et nos régions du Sud. La ressource est là. Ce qui reste à construire, c’est l’industrie qui saura la transformer en emplois, en technologie, en exportations et en souveraineté.
La Tunisie ne deviendra sans doute jamais une grande puissance pétrolière. Elle peut en revanche choisir de devenir une puissance solaire industrielle. Cela exige une priorité claire dans les investissements, les crédits, la fiscalité et les douanes, une zone industrielle spécialisée, des partenariats internationaux exigeants et une ambition exportatrice assumée. Ce serait plus qu’une politique énergétique, ce serait un véritable projet national.
Panoro Energy accélère son expansion africaine. Le groupe énergétique norvégien vient d’annoncer l’acquisition, auprès de DNO ASA, d’une participation indirecte de 9,09 % dans le bloc gazier ivoirien CI-27, pour un montant de 80 millions de dollars. Une opération qui marque son entrée en Côte d’Ivoire, quelques mois seulement après avoir renforcé sa présence en Guinée équatoriale.
Le bloc CI-27, cela dit en passant, produit principalement du gaz naturel destiné à l’alimentation électrique d’Abidjan – la capitale économique -, dans le cadre d’un contrat de vente à long terme. Et les résultats sont déjà visibles. Selon les chiffres qui publiés par l’entreprise, la part acquise par Panoro a généré une production nette de 3 334 barils équivalent pétrole par jour au premier semestre 2026, et représente 9,4 millions de barils équivalent pétrole de réserves prouvées et probables (2P), auxquelles s’ajoutent 5 millions de barils équivalent pétrole de ressources contingentes (2C).
Grâce à cette acquisition, la production nette proforma du groupe atteint désormais environ 20 800 barils équivalent pétrole par jour, rapprochant Panoro de son objectif de dépasser les 25 000 barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2028. Il s’agit de sa deuxième opération stratégique depuis le début de l’année, confirmant la volonté du groupe de consolider son statut d’acteur énergétique indépendant à vocation panafricaine, se félicite l’entreprise.
Un dynamisme régional qui contraste avec l’inertie tunisienne
Cette opération illustre surtout l’appétit croissant des investisseurs pour le secteur gazier africain, alors que plusieurs pays du continent misent de plus en plus sur leurs ressources pour répondre à leurs besoins en électricité. Un mouvement dont la Tunisie, pourtant dotée d’un potentiel gazier et pétrolier réel, peine à tirer profit, malheureusement.
Pendant que la Côte d’Ivoire attire des investissements structurants et que la Guinée équatoriale consolide son attractivité, le secteur des hydrocarbures tunisien reste englué dans l’attentisme : cadre réglementaire jugé peu incitatif, lenteur administrative, absence de véritable stratégie de valorisation des gisements existants, etc. Résultat, les majors et les indépendants qui multiplient les acquisitions ailleurs sur le continent regardent la Tunisie de loin, quand ils ne s’en détournent pas carrément.
À l’heure où ses voisins transforment leurs ressources gazières en leviers de croissance et d’attractivité, la Tunisie continue de gérer son secteur énergétique au fil de l’eau, sans initiative forte pour inverser la tendance.
Rappelons au passage que Panoro est présente en Tunisie depuis 2018 et détient des participations dans plusieurs concessions pétrolières, notamment Ras El Besh, El Hajeb Guebiba et Cercina Sud, ainsi que dans le permis offshore de Sfax (SOEP) et les champs historiquement exploités via TPS (ex-OMV), dont le champ d’El Ain dans la concession de Gremda (Sfax)…
Quant aux investissements réalisés, ils concernent l’acquisition de DNO-Tunisia AS en 2018, marquant l’entrée de Panoro sur le marché tunisien ; puis l’acquisition d’OMV Tunisia Upstream GmbH (trois mois plus tard) pour 65 millions de dollars, avec une participation de 49 % dans des champs pétroliers en production ; il y a aussi l’acquisition des 40 % de Beender Tunisia Petroleum dans Sfax Petroleum Corp. pour environ 18,2 millions de dollars ; et, en 2024, l’émission obligataire de 150 millions de dollars (taux de 10,25 %, échéance à 5 ans), en partie destinée à accélérer la croissance des activités tunisiennes du groupe.
Voilà pourquoi le management de Panoro considère que le marché tunisien possède un vrai potentiel d’investissement dans le secteur gazier et pétrolier. L’espoir est donc permis pour faire revenir les majors et/ou les moyennes compagnies du secteur.
Les coupures d’électricité qui se multiplient en Tunisie ne seraient pas seulement la conséquence des vagues de chaleur et de l’explosion de la consommation durant l’été. Elles traduiraient surtout une fragilité plus profonde du système énergétique national, marquée par l’absence de marges de sécurité suffisantes et un déficit d’investissement dans les capacités de production.
C’est le diagnostic dressé jeudi 20 août 2026 par l’ingénieur et expert en énergie Fouad Ali, lors d’une intervention sur Jawhara FM.
Selon lui, les épisodes de délestage et les interruptions périodiques de l’alimentation électrique constituent le symptôme d’une « crise structurelle continue » de la filière énergétique tunisienne.
Un système sans véritable marge de sécurité
Fouad Ali estime que le système tunisien de production d’électricité fonctionne durant l’été avec des marges de manœuvre particulièrement réduites. La Tunisie reste ainsi dépendante des importations d’énergie et de gaz en provenance d’Algérie pour répondre aux pics de demande.
Or, cette dépendance devient problématique lorsque l’Algérie connaît elle-même une forte hausse de sa consommation électrique. Les deux pays étant confrontés à des conditions climatiques similaires, notamment à de fortes températures et à des taux d’humidité élevés, la capacité d’assistance disponible du côté algérien peut se réduire au moment même où la demande tunisienne atteint ses niveaux les plus élevés.
Dans ces conditions, la Tunisie peut être contrainte de recourir au délestage, c’est-à-dire à des coupures temporaires et ciblées destinées à éviter une surcharge générale du réseau.
Pourquoi la fin août est particulièrement sensible
L’expert souligne également que la capacité effective de production du réseau électrique tend généralement à être plus faible à la fin du mois d’août qu’en juillet.
Plusieurs facteurs techniques et physiques expliqueraient cette situation. L’augmentation de l’humidité maritime peut notamment réduire l’efficacité du refroidissement de certaines unités de production. Parallèlement, les climatiseurs domestiques perdent eux aussi une partie de leur efficacité lorsque les conditions de chaleur et d’humidité deviennent extrêmes, poussant les ménages à augmenter davantage leur consommation.
À cela s’ajoute le retour estival de nombreux Tunisiens résidant à l’étranger, qui contribue à accroître la demande nationale en électricité. Le réseau subit également les effets de plusieurs semaines de fortes sollicitations durant les vagues de chaleur successives.
Cette combinaison de facteurs place ainsi le système électrique sous une pression maximale à une période où ses capacités disponibles peuvent, paradoxalement, être plus limitées.
Des températures attendues à plus de 40 degrés
Fouad Ali a par ailleurs mis en garde contre la possibilité d’une aggravation des perturbations au cours de la période à venir, avec des températures qui pourraient dépasser les 40 degrés et atteindre localement entre 45 et 47 degrés.
Pour l’expert, la réponse à cette situation ne peut pas se limiter à une gestion ponctuelle des crises ou à des mesures prises dans l’urgence à chaque nouvel épisode de canicule.
« Le problème fondamental est celui du manque d’investissement », a-t-il en substance souligné.
Selon ses estimations, les investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) auraient enregistré une baisse de 87 % au cours des cinq dernières années. Un recul qui aurait privé le réseau du développement de nouvelles capacités de production et accentué l’écart entre l’évolution de la demande et les moyens disponibles pour y répondre.
L’urgence de nouveaux investissements
Face à cette situation, l’expert appelle les autorités à revoir leurs orientations et à accélérer les investissements dans le secteur énergétique.
Il plaide notamment pour la recherche de solutions concernant le dossier des autorisations et des procédures qui freinent le lancement de nouveaux projets, ainsi que pour l’accélération de la construction de nouvelles centrales de production conventionnelles.
Au-delà des épisodes de chaleur, la question des coupures d’électricité renvoie donc à un défi plus large : celui de la capacité de la Tunisie à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. Car si les températures extrêmes agissent comme un accélérateur de la crise, elles ne seraient, selon Fouad Ali, que le révélateur d’un déséquilibre installé depuis plusieurs années entre la croissance des besoins et le rythme des investissements dans les infrastructures énergétiques.
Les programmes Prosol Elec et Prosol Elec Économique avancent vers leur mise en œuvre pour 2026. L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) vient de demander aux entreprises retenues dans le cadre de ces deux programmes de finaliser leurs contrats.
Les entreprises concernées doivent récupérer leurs contrats auprès de l’ANME, puis procéder à leur signature et à leur enregistrement. Les dossiers peuvent être déposés au siège de l’agence à Tunis ou dans ses bureaux régionaux à Sfax et Sousse. Cette étape concerne donc directement les entreprises qui vont intervenir dans l’installation des équipements photovoltaïques chez les ménages. Elle permet de passer de la sélection des entreprises à la phase concrète de réalisation des installations prévues pour 2026. Le dispositif repose sur deux programmes aux publics différents. Le Prosol Elec concerne les ménages qui souhaitent produire leur propre électricité à partir de panneaux solaires, tout en restant raccordés au réseau basse tension. Le Prosol Elec Économique vise, lui, les logements à faibles revenus, à savoir une consommation annuelle comprise entre 1 200 et 1 800 kWh. Dans ce cadre, le programme prévoit une subvention de 1 500 dinars par installation et un crédit bancaire à 3% sur 10 ans. Et ce, par prélèvement sur la facture de la Steg. L’objectif est de lever l’un des principaux obstacles au développement du solaire résidentiel: le coût initial de l’équipement.
Mais le dispositif ne vise pas uniquement à aider les ménages. Il cherche aussi à créer un marché pour les entreprises. En soutenant la demande, l’État donne davantage de visibilité aux installateurs, mais aussi aux fournisseurs d’équipements, aux techniciens et aux sociétés de maintenance. L’expérience de Prosol dans le solaire thermique montre déjà cet effet. Selon l’ANME, le programme a contribué à la création de 750 emplois directs et plus de 5 000 emplois indirects. Pour le photovoltaïque, le marché a également déjà pris de l’ampleur. L’ANME indique que Prosol Elec avait permis l’installation d’environ 300 MW pour près de 90 000 familles.
Par ailleurs, la contractualisation des entreprises constitue une étape nécessaire. Cette nouvelle étape intervient alors que la Tunisie cherche à développer les énergies renouvelables et à réduire sa dépendance aux énergies fossiles pour produire son électricité. Le solaire photovoltaïque destiné à l’autoconsommation fait partie des solutions retenues pour y parvenir.
Les estimations issues des comptes nationaux trimestriels de la Tunisie montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une croissance au taux de 2,3% sur un an au cours du deuxième trimestre de 2026.
C’est ce que signale l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport périodique sur la croissance économique, ajoutant que le PIB en volume, au cours de la même période, et en glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre de 2026, a augmenté de 1,4%.
S’agissant des variations trimestrielles, le PIB a enregistré une croissance de 1,4 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de la même année.
Sur cette base, le PIB a enregistré une croissance de 2,4 % au cours du premier semestre de l’année en cours, par rapport à la même période de l’année précédente.
Les activités agricoles ont enregistré une accélération de leur croissance au cours du deuxième trimestre 2026, le volume de la valeur ajoutée du secteur progressant de 5,5 % en glissement annuel.
Ce secteur a contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage au taux de croissance de 2,3 % enregistré pour le PIB.
De même, les activités de services ont maintenu une dynamique de croissance positive au cours du deuxième trimestre de l’année en cours ; le volume de la valeur ajoutée a augmenté de 1,9 % par rapport au deuxième trimestre 2025, contribuant pour 1,18 point de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.
Cette évolution est principalement portée par la hausse de la valeur ajoutée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (+4,6 %), de l’information et de la communication (+3,5 %) et des transports (+1,7 %).
S’agissant des industries manufacturières, le volume de la valeur ajoutée a progressé de 0,9 % au cours du deuxième trimestre 2026, porté par la croissance de l’agroalimentaire (2,1 %), des industries mécaniques et électriques (1,6 %) et des industries diverses (3,7 %).
À l’inverse, le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et du traitement des déchets a enregistré un recul de 1,7 % de sa valeur ajoutée ; ce repli est principalement imputable à la baisse de la valeur ajoutée dans le secteur minier et dans celui de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en baisse respective de 9,6 % et de 1,1 %.
Dans l’ensemble, le secteur industriel a enregistré une croissance de 0,3 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Celui de la construction a également affiché une croissance positive, le volume de la valeur ajoutée augmentant de 3,6 % en glissement annuel par rapport au deuxième trimestre de 2025.
La répartition du PIB par composante de la demande pour le troisième trimestre 2026 fait apparaître une hausse de 3,3 % du volume de la demande intérieure — incluant les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe (investissement) — par rapport au deuxième trimestre 2025 (en glissement annuel). Cette évolution positive a contribué à hauteur de 3,61 points de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.
À l’inverse, le solde du commerce extérieur a contribué par une baisse de -1,33 point de pourcentage à ce taux de croissance du PIB. Cette situation s’est inscrite dans un contexte de progression de 10,4 % du volume des exportations de biens et services et de 11,2 % du volume des importations au cours de la même période.
Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ?(Photo: DataXion).
Naamen Bouhamed *
La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.
Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.
Production actuelle et défis à venir
La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ?
Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.
Comparaisons internationales : des signaux d’alerte
En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.
La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.
La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.
Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.
Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.
La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.
Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :
– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;
– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;
– l’essor de la production d’énergie sur site ;
– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;
– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.
Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe
A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.
Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.
En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.
L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable”, alerte sur:
– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;
– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.
La pollution provoquée par les géants du numérique
– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;
– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.
Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.
La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?
Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?
Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.
La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?
Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :
Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?
La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :
– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;
– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;
– former une nouvelle génération d’experts en IA ;
– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;
– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?
L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?
Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.
Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.
Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents
La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.
Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.
Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.
A suivre…
* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.
Hôtels, restaurants et autres établissements d’hébergement sont confrontés à des interruptions de courant qui mettent à rude épreuve leur fonctionnement quotidien et risquent d’avoir des répercussions durables sur l’image de la destination.
Alors que la haute saison estivale bat son plein, les coupures d’électricité à répétition qui frappent le pays tout entier plongent une partie du secteur touristique tunisien dans une situation inédite.
Ces perturbations interviennent au pire moment. Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs régions : les réclamations de clients se multiplient, des demandes de rapatriement sont signalées, tandis que certains tour-opérateurs demandent des explications à leurs partenaires tunisiens.
En parallèle, les avis négatifs publiés sur les principales plateformes de réservation et de notation entraînent une dégradation de la réputation de plusieurs établissements, avec un impact qui pourrait perdurer bien au-delà de la saison actuelle.
Les solutions impossibles
Sur le plan opérationnel, les difficultés s’accumulent. Les hôtels qui tentent de louer des groupes électrogènes font face à une forte hausse des coûts, sans pour autant pouvoir garantir une alimentation électrique continue. Les interruptions de courant fragilisent également la chaîne du froid, exposant les établissements à des pertes de denrées alimentaires et à un risque accru de rupture d’approvisionnement, dans la mesure où les fournisseurs sont eux aussi affectés par la crise énergétique.
Cette nouvelle épreuve intervient alors que le secteur touristique n’avait pas encore totalement retrouvé son rythme habituel. Déjà confrontés à un ralentissement des réservations lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux répercussions du conflit entre les États-Unis et l’Iran sur les comportements de certains marchés émetteurs, les professionnels voient désormais s’ajouter un facteur de crise supplémentaire susceptible de fragiliser davantage la saison estivale.
Les questions sans réponses
Au-delà des conséquences immédiates, les interrogations sont nombreuses. Combien de temps cette situation durera-t-elle ? Quel sera son coût économique pour les entreprises touristiques ? Quel impact aura-t-elle sur la perception de la destination Tunisie auprès des voyageurs internationaux ? Et surtout, s’agit-il d’un épisode ponctuel ou du début d’un phénomène appelé à se reproduire lors des prochaines saisons estivales ?
Sur le terrain, les professionnels font face à une clientèle de plus en plus difficile à rassurer.
« Nous faisons tout pour essayer de calmer les esprits et de nous excuser auprès de nos clients, mais rien n’y fait. Il faut comprendre que lorsqu’il fait encore 36 °C à 23 heures et qu’il n’y a plus de climatisation dans les chambres, les clients sont hors d’eux, notamment les familles avec de jeunes enfants », témoigne une hôtelière de Hammamet.
Toutes les régions touchées
« La clientèle est particulièrement remontée contre l’hôtel et ne peut pas admettre que cette situation échappe totalement à notre volonté. Beaucoup considèrent qu’il est de notre responsabilité de disposer d’un groupe électrogène », explique pour sa part le directeur commercial d’un établissement à Monastir.
Or, rappellent les professionnels, la réalité technique est bien plus complexe. Installer des groupes électrogènes de forte puissance représente un investissement considérable, nécessite des espaces adaptés et implique des contraintes d’exploitation importantes.
Dans la plupart des hôtels, les équipements de secours existants — groupes électrogènes ou onduleurs — ont été conçus pour assurer uniquement les fonctions essentielles : un éclairage minimal des espaces stratégiques comme la réception, le maintien des systèmes de sécurité ainsi que l’alimentation des chambres froides afin de préserver la chaîne du froid. Ils ne permettent généralement pas d’assurer le fonctionnement simultané de l’ensemble des installations d’un hôtel, notamment les systèmes de climatisation des centaines de chambres.
Pour les professionnels du secteur, la multiplication des coupures d’électricité dépasse désormais le simple désagrément technique. Elle constitue un véritable enjeu économique, commercial et d’image pour une industrie qui représente l’un des piliers de l’économie tunisienne et dont la compétitivité repose avant tout sur la qualité de l’expérience offerte aux visiteurs.
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