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Ligue 1 – 1ère journée :  le choc du Bardo sans vainqueur, succès historique du PSSE

Les trois coups de la nouvelle saison ont été donnés hier sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante qui a avoisiné les 41°, dans trois stades, ceux du Bardo, Hammam Sousse et Sakiet Eddaïer, tandis que le stade de Ben Guerdane est resté fermé après le report de la rencontre devant opposer l’Union Sportive de Ben Guerdane et le Club Sportif de Hammam-Lif pour des raisons extra-sportives.
Côté résultat, seul le PSS Eddaïer a tiré son épingle du jeu, pour avoir remporté une victoire historique pour sa première apparition en Ligue 1. Le choc majeur du jour entre le Stade Tunisien et le Club Sportif Sfaxien et le derby entre l’Espoir Sportif de Hammam Sousse et l’Union Sportive Monastirienne n’ont pas livré de vainqueur.

ST – CSS (1-1) : Les Stadistes méritaient mieux
Le Complexe Hédi Enneifer du Bardo a vécu les deux prétendants en puissance aux premières loges se contenter du point du match nul, bien que le ST ait mérité les trois points. Les deux équipes ont entamé leur rencontre avec quasiment leur meilleure formation du moment, même si du côté stadiste, l’absence du gardien international Noureddine Farhati et celle de l’avant-centre Fakhreddine Ben Youssef avaient de quoi peser sur la balance.
Défiant la grosse chaleur, les joueurs des deux équipes ont entamé cette rencontre sans gants, passant directement au vif du sujet et ce sont les Stadistes qui se sont distingués par leur maîtrise technique, variant leur jeu sur les ailes et mettant la pression sur le bloc défensif adverse. Quant aux Sfaxiens, dominés, ils ont préféré jouer la prudence, tout en procédant par des contres sans parvenir à inquiéter l’arrière-garde stadiste. Entretemps et après 10 minutes de jeu, le CSS perdra les services de son latéral gauche, Hichem Baccar, victime d’une blessure au niveau de la cheville. Au fil des minutes, le jeu s’est équilibré et les Sfaxiens ont mieux carburé au bout d’un quart d’heure de jeu. Ghaieth Sghaier, pour sa première rencontre sous les couleurs sfaxiennes, a servi sur un plateau Mohamed Trabelsi dont le tir a manqué de puissance pour pouvoir inquiéter Atef Dkhili (19’).
La riposte stadiste n’a pas tardé et après une combinaison entre Youssef Saâfi et Boubacar Camara, le ballon est parvenu à Amadou N’Diaye qui vit sa tentative repoussée par Youssef Abchia entré sur le terrain en remplacement de Hichem Baccar. De nouveau en attaque, Mohamed Trabelsi a été plus heureux dans sa deuxième tentative, parvenant à donner l’avantage au CSS d’un tir à la limite de la surface de réparation, parvenant à tromper Atef Dkhili, après avoir fixé les défenseurs stadistes (35’).
La réplique des Stadistes n’a pas tardé et coup sur coup, Youssef Saâfi et Amadou N’Diaye se sont procuré deux bonnes occasions, mais n’ont pas été heureux dans la finition.
Dès le coup d’envoi de la seconde mi-temps, Ndiaye servi par Saâfi a été très près de l’égalisation, mais sa reprise de la tête a trouvé Aymen Dahmen sur la trajectoire du ballon. Poursuivant sur la même lancée, les Bardolais ont bénéficié d’une balle arrêtée à l’approche de la surface de réparation, mais encore une fois, Dahmen a été à la parade. Ainsi, durant les cinq premières minutes de cette seconde période, les Sfaxiens ont subi la forte domination des locaux, réussissant tout de même à éviter le but égalisateur, surtout sur un tir à bout portant de Baubacar Camara (52’). Deux minutes après, les Stadistes ont réclamé un penalty à la suite d’une intervention de Aymen Dahmen devant N’Diaye. Le jeu s’est poursuivi avec la même détermination des deux côtés, les Stadistes autant que les Sfaxiens ont donné la priorité à l’attaque, surtout de la part des locaux à la recherche du but égalisateur. Ce fut fait à la 73e minute lorsque Rafi Riahi a réussi à tromper Aymen Dahmen d’une reprise à bout portant sur un service de Khemissi, remettant ainsi les deux équipes à égalité. Encouragés par ce but, les Stadistes ont eu l’occasion de doubler la marque au moins à deux reprises, surtout lorsque Amadou N’Diaye s’est retrouvé seul devant Dahmen mais a tiré au-dessus de la transversale (80’).

ESHS – USM (0-0) : Manque de rythme
Le stade Bouali Lahouar a abrité la rencontre entre l’Espoir Sportif de Hammam Sousse et l’Union Sportive Monastirienne. Les deux équipes ont débuté cette rencontre avec beaucoup de prudence, mais au fil des minutes, les Hammam-Soussiens ont pris un ascendant sur leurs adversaires et coup sur coup, ils se sont procuré deux bonnes occasions, sans parvenir à prendre le dessus sur le gardien Ahmed Slimane, de retour dans les bois de l’USM après le départ de Abdessalem Hallaoui au Club Sportif Sfaxien. Dominés, les Monastiriens ont essayé de riposter par des échanges rapides au milieu du terrain, mais ils se sont heurtés à un adversaire qui a exercé le pressing sur le porteur du ballon afin de réduire les espaces.
Eprouvés par la chaleur torride, les joueurs des deux camps ont trouvé beaucoup de difficultés à suivre le rythme, ce qui a largement influé sur le niveau du jeu.
Les Monastiriens se sont montrés plus dangereux au début de la seconde mi-temps et Brahim Gadiaga, à peine entré sur le terrain ainsi que Salah Barhoumi ont été menaçants devant le gardien Mohamed Amine Hazgui imperturbable. Durant cette période, les Monastiriens ont été plus en vue avec une meilleure circulation du ballon au milieu du terrain et une approche offensive plus prononcée, mais sans que le score change.

PSSE – JSO (2-0) : Vite fait, bien fait
La ville de Sakiet Eddaïer a vécu une journée exceptionnelle à l’occasion du premier match de l’équipe locale en Ligue 1 sur la pelouse du stade Taïeb Mhiri à Sfax. Pour cet événement, le Progrès Sportif de Sakiet Eddaïer sous la direction de Yosri Ben Kahla a entamé cette rencontre avec toutes ses nouvelles recrues, y compris les étrangers et sous les encouragements des nombreux supporters entassés sur les gradins. La Jeunesse Sportive d’El Omrane, emmenée par Amine Béji, était pratiquement identique à celle de la saison écoulée.
Les locaux très en vue durant les rencontres amicales d’avant-saison, enthousiastes et visiblement déterminés à se mettre en évidence, n’ont pas mis plus de deux minutes pour prendre l’avantage et c’est son attaquant Zied Aloui qui a été au rendez-vous avec les filets adverses. Un but qui a donné des ailes à ses camarades et Mohamed Ali Amri, d’un tir aux abords de la surface de réparation, a réussi d’un tir à ras de sol à doubler la marque après seulement 5 minutes de jeu.
Avec 2 buts d’avance, les joueurs de la Sakia ont baissé le rythme, permettant à leurs adversaires de partir à l’assaut des bois de Abdelkader Chouaia recruté de l’avenir Sportif de Gabès, mais leurs efforts se sont heurtés à un bloc défensif local bien en place. Les Omraniens, surpris par la tournure de la rencontre, ont trouvé des difficultés à imposer leur manière de jeu, laissant l’initiative à leurs adversaires.
Au départ de la seconde mi-temps, Chiheb Zoghlami a pris la place de Bilel Touati, dans une tentative de Amine Béji de consolider le compartiment offensif, mais les défenseurs du Progrès étaient aux aguets et ont empêché leurs adversaires de s’approcher des bois de Chouaïa.

Hédi RASSAÂ

 

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Tunisie : Après un nouvel accident mortel, la CPG face au défi de la sécurité

Le décès d’un ouvrier de la Compagnie des phosphates de Gafsa, samedi à Métlaoui, après le renversement d’un camion transportant du phosphate, relance avec force la question des conditions de sécurité dans le bassin minier. Au-delà de ce nouveau drame, l’accident met en lumière une problématique plus large : celle d’un appareil productif vieillissant, d’accidents du travail répétés et d’un secteur stratégique que la Tunisie cherche simultanément à relancer.

La Compagnie des phosphates de Gafsa a annoncé, samedi, le décès de l’un de ses ouvriers à la suite du renversement d’un camion de transport de phosphate dans l’un des sites d’exploitation de la ville de Métlaoui.

La victime, Abdelkader Diab, a perdu la vie dans cet accident qui a immédiatement suscité une vive inquiétude parmi les travailleurs du bassin minier.

Ce décès intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs accidents du travail dans différents sites de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Des travailleurs et des représentants syndicaux soulèvent depuis plusieurs mois la question des équipements, des moyens de protection et, plus largement, des conditions dans lesquelles s’effectue le travail minier.

Une série d’accidents qui alimente l’inquiétude

Le drame de samedi n’est pas un incident isolé. En janvier dernier, un accident mortel dans une laverie de phosphate de Mdhilla avait provoqué l’arrêt de la production dans plusieurs sites de la région, les travailleurs dénonçant alors la dégradation des conditions de sécurité et réclamant une enquête ainsi que des mesures urgentes.

Quelques semaines plus tard, en février, un camion destiné au transport du phosphate s’était déjà renversé dans le site de Kef Eddour, à Métlaoui, blessant son conducteur.

En juin, quatre autres ouvriers de la CPG avaient été blessés lorsqu’un engin géant de transport du phosphate avait accidentellement percuté le véhicule qui les transportait sur le site de production de Kef Eddour. Le conducteur avait notamment subi de graves fractures.

Cette succession d’accidents pose nécessairement la question de savoir s’il s’agit d’événements indépendants ou du symptôme d’un problème plus profond dans l’organisation et les conditions de travail.

À ce stade, les circonstances précises de l’accident ayant coûté la vie à Abdelkader Diab devront être établies par l’enquête et les investigations compétentes. Il serait donc prématuré d’en attribuer la responsabilité à une défaillance précise.

Lire aussi : CPG : Les agents menacent de trois jours de grève début septembre

La sécurité au travail déjà au centre des préoccupations

La direction générale de la Compagnie des phosphates de Gafsa avait elle-même renforcé ses consignes de sécurité au début de l’année, après une augmentation des accidents dans certains sites de production.

Dans une note diffusée en janvier, la CPG avait appelé ses agents et cadres travaillant dans les mines à ciel ouvert et les laveries à respecter strictement les mesures de sécurité, notamment le port obligatoire des vêtements et chaussures de protection.

La direction avait également demandé aux responsables des différents sites de veiller à la disponibilité des équipements de sécurité, à la préparation des ambulances pour les interventions urgentes, à l’amélioration de l’éclairage des lieux de travail et à l’organisation d’actions de sensibilisation. Ces mesures étaient intervenues après des visites de l’inspection régionale du travail de Gafsa et après plusieurs accidents, dont deux avaient été mortels.

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Quand trouver devient plus important que choisir : La Tunisie bascule dans une économie de pénuries ?

Eau, électricité, eau minérale, médicaments, produits alimentaires subventionnés… Après les files d’attente observées devant les stations-service ces derniers jours, une question s’impose dans le débat public : la Tunisie est-elle en train de basculer vers une économie où la rareté devient une donnée ordinaire du quotidien ? L’expression est forte. La réalité, elle, mérite d’être analysée avec davantage de précision.

Les longues files de voitures devant certaines stations-service du Grand Tunis ont ravivé une inquiétude désormais familière. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont immédiatement vu dans ces images l’annonce d’une nouvelle pénurie : après l’eau, l’électricité, l’eau minérale ou certains médicaments, le carburant allait-il rejoindre la liste des produits et services devenus difficiles à obtenir ?

Le diagnostic doit pourtant être nuancé. Dans le cas du carburant, il ne s’agissait pas, à ce stade, d’une pénurie nationale de produits pétroliers. La perturbation est née d’une grève surprise des chauffeurs de camions de transport de carburant dans la zone pétrolière de Radès, qui a momentanément bloqué la distribution vers les stations-service. La grève a ensuite été levée et l’approvisionnement a repris. Mais les files ont parfois persisté, notamment en raison du retard dans la normalisation de la distribution et de la ruée des automobilistes vers les pompes.

C’est précisément là que se trouve l’un des aspects les plus intéressants du phénomène actuel : une perturbation ponctuelle suffit désormais à déclencher une réaction collective de stockage, de précaution et parfois de panique.

Le problème n’est pas seulement la pénurie, mais l’anticipation de la pénurie

Les économistes distinguent généralement la pénurie physique — lorsque l’offre est réellement insuffisante — des difficultés de disponibilité provoquées par la distribution, la spéculation, le stockage, les défaillances logistiques ou les comportements d’achat exceptionnels.

Or, en Tunisie, ces différentes situations semblent aujourd’hui se superposer dans l’imaginaire collectif.

Lorsqu’un Tunisien voit une station-service avec une file d’attente, son réflexe n’est plus nécessairement de se dire qu’il attendra demain. Il peut décider de remplir immédiatement son réservoir. Lorsqu’un produit manque dans un magasin, le consommateur peut en acheter davantage dès qu’il réapparaît. Ce comportement, individuellement rationnel, peut collectivement aggraver le déséquilibre : la peur de la pénurie produit une demande supplémentaire et contribue elle-même à vider les stocks disponibles.

Autrement dit, la Tunisie ne vit pas nécessairement une pénurie permanente de tout, mais elle semble être entrée dans une période où l’incertitude sur la disponibilité de certains produits essentiels est devenue suffisamment forte pour modifier les comportements.

Une succession de crises qui finit par produire un sentiment de rareté

C’est cette accumulation qui explique l’apparition, sur les réseaux sociaux, de l’expression « économie des pénuries ».

L’eau potable est devenue un sujet récurrent, notamment pendant les périodes de forte chaleur et de stress hydrique. Les coupures et perturbations électriques ont également marqué l’été 2026 dans plusieurs régions. Le marché de l’eau minérale a connu récemment des tensions et des difficultés d’approvisionnement, dans un contexte de forte demande et de problèmes de disponibilité. Les services du contrôle économique ont d’ailleurs annoncé avoir relevé 291 infractions dans le secteur de l’eau minérale et saisi plus de 186 000 litres au cours de la première moitié du mois d’août.

Le secteur de la santé n’est pas épargné. En mars dernier, la présidence du gouvernement a elle-même fait état de pénuries et de ruptures répétées de certains médicaments essentiels et spécifiques, une situation ayant conduit les autorités à examiner des mesures urgentes et une réforme plus profonde du système d’approvisionnement.

À cela s’ajoutent les difficultés périodiques concernant certains produits alimentaires, particulièrement ceux dont les prix sont administrés ou subventionnés : sucre, huiles végétales, dérivés des céréales et autres produits de base.

La liste n’est donc pas imaginaire. Mais elle ne signifie pas que le pays aurait officiellement adopté une « économie des pénuries ».

Une économie des pénuries suppose une organisation durable de la rareté

Historiquement, l’expression « économie de pénurie » renvoie à une situation plus profonde qu’une succession de ruptures d’approvisionnement. Elle désigne généralement un système dans lequel les déséquilibres entre l’offre et la demande deviennent structurels, les prix ne jouent plus pleinement leur rôle d’ajustement et les consommateurs doivent consacrer du temps et de l’énergie à trouver des produits ou des services pourtant ordinaires.

Les files d’attente deviennent alors une institution économique. Le consommateur ne choisit plus seulement entre plusieurs produits ou plusieurs prix : il doit d’abord trouver le produit.

C’est ici que la Tunisie se situe dans une zone intermédiaire. Le pays n’est pas une économie administrativement organisée autour de la rareté. Les marchés fonctionnent, les produits continuent globalement de circuler et les ruptures ne touchent pas en permanence l’ensemble des biens essentiels. Mais plusieurs secteurs présentent des fragilités structurelles qui rendent les tensions répétitives : dépendance aux importations, difficultés financières de certaines entreprises publiques, infrastructures vieillissantes, contraintes hydriques et énergétiques, système de subventions complexe, problèmes logistiques et spéculation.

Lire aussi : Tunisie : Kais Saied dénonce les « cartels » et appelle à lutter contre les pénuries

Le système tunisien de compensation contribue, par exemple, à maintenir des prix accessibles pour plusieurs produits et services essentiels. Depuis des décennies, les pouvoirs publics interviennent directement sur les prix des produits alimentaires de base, des hydrocarbures et de certains médicaments. Mais ce mécanisme peut aussi créer des tensions lorsque le coût réel du produit augmente, que l’approvisionnement est perturbé ou que les circuits de distribution sont détournés. L’OCDE relevait déjà les limites et les effets pervers d’un système de subventions généralisées, notamment les risques de contrebande et de mauvaise allocation des ressources.

Le ministère des Finances continue, pour sa part, de présenter les dépenses de compensation comme un instrument destiné à soutenir le pouvoir d’achat et à stabiliser les prix des produits de base, des carburants et des transports.

Le vrai changement est peut-être dans le comportement des Tunisiens

C’est sans doute le point le plus important du débat. Les textes largement partagé sur les réseaux sociaux parle d’un citoyen qui deviendrait progressivement un « gestionnaire de crise », préoccupé non plus par l’amélioration d’un service mais par la nécessité de le trouver.

L’idée mérite d’être entendue, mais elle doit être formulée sans caricature. Oui, les habitudes de consommation peuvent changer lorsque les ruptures deviennent répétitives. Les ménages développent des stratégies d’adaptation : conserver des réserves, acheter davantage lorsqu’un produit est disponible, multiplier les solutions alternatives, s’informer sur les réseaux sociaux, appeler des proches ou se déplacer vers plusieurs points de vente.

Le temps devient alors lui-même un coût économique. Faire la queue pour acheter du carburant, chercher une pharmacie disposant d’un médicament, stocker de l’eau ou modifier son organisation quotidienne en fonction des coupures n’apparaît pas nécessairement dans les statistiques du PIB. Pourtant, ces heures perdues et cette énergie mobilisée représentent un coût réel pour les ménages et pour l’économie.

Lorsque les perturbations se répètent, le citoyen peut finir par considérer comme normal ce qui devrait rester exceptionnel. Une coupure devient « habituelle », une rupture « prévisible », une file d’attente « ordinaire ». La capacité d’adaptation de la société, qui constitue au départ une force, peut alors avoir un effet paradoxal : elle réduit la pression immédiate créée par la crise parce que chacun finit par trouver, individuellement, ses propres solutions.

Mais attention au raccourci politique

Faut-il pour autant conclure que « personne ne demande plus de comptes » ou que les Tunisiens se seraient résignés à vivre dans la pénurie ?

Ce serait aller trop loin. L’existence d’une forte capacité d’adaptation ne signifie pas l’absence de mécontentement. Les réactions massives sur les réseaux sociaux, les critiques contre la qualité des services publics et les demandes d’explication montrent au contraire que la question reste au cœur du débat.

Le problème est plutôt celui de la transformation de la colère collective en stratégies individuelles de survie quotidienne. Quand la priorité devient de trouver de l’eau, de l’électricité, un médicament ou du carburant, le débat public peut effectivement se déplacer. La question « pourquoi ce service dysfonctionne-t-il ? » risque d’être remplacée, temporairement, par « où puis-je le trouver aujourd’hui ? ».

Ce déplacement est moins une preuve de soumission politique qu’un mécanisme classique de gestion de l’incertitude.

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Naufrage d’une embarcation de migrants à Zarzis : Le parquet ouvre une enquête judiciaire

Le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite du naufrage d’une embarcation de migration irrégulière au large des côtes de Zarzis.

Le porte-parole officiel de la Direction générale de la Garde nationale, le général de brigade Houssem Eddine Jebabli, a confirmé samedi 22 août 2026 que l’enquête a été ouverte, sur autorisation du ministère public, pour des faits liés au franchissement clandestin des frontières maritimes ayant entraîné la mort.

Les opérations de recherche se poursuivent

Cette procédure judiciaire intervient alors que les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver les personnes portées disparues après le naufrage.

Selon Houssem Eddine Jebabli, d’importants moyens ont été mobilisés dans le cadre de ces recherches. Les unités maritimes côtières et les unités navales au large participent aux opérations, en coordination avec la Marine nationale.

Lire aussi : Migration : Au moins 13 Tunisiens portés disparus, deux rescapés

Un hélicoptère a également été mobilisé afin de renforcer les opérations de recherche et de sauvetage et d’élargir la zone de ratissage.

Etablir les circonstances précises du naufrage

Les recherches se poursuivent donc en mer pour retrouver les disparus, tandis que l’enquête judiciaire devra permettre d’établir les circonstances précises du naufrage et d’identifier les éventuelles responsabilités dans cette nouvelle tragédie liée à la migration irrégulière.

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Handball : ce soir, hors d’œuvre transalpin pour nos dames

C’est ce soir à 19h00 que commencera l’aventure pour  la sélection tunisienne féminine senior dans ces Jeux méditerranéens de Taranto. Une entame qui s’annonce ardue et loin de toute quiétude. D’abord, parce qu’il est de tradition qu’il est souvent difficile et, parfois même, impossible de s’imposer, dans tout tournoi officiel, devant l’équipe organisatrice que soutiennent la présence du public local et, souvent, la complaisance de l’arbitrage. Ensuite, parce que le handball transalpin a formidablement progressé au cours des cinq dernières années, passant rapidement du standing d’un petiot figurant tendre, frêle et facilement maîtrisable à celui d’un adversaire respectable et flirtant désormais avec le podium des championnats d’Europe et du monde. En effet, la progression est remarquable dans ces deux compétitions, en sautant respectivement de la 22e à la 8e place, et de la 19e à la 7e place. Pour vous dire…

Gare à l’affolement 
Pour gérer la confrontation de ce soir, nos filles miseront sur leurs principaux atouts nés du dernier Mondial historique de Hollande, à savoir l’homogénéité du groupe, la rage de vaincre et les exploits individuels des talentueuses Soumaya Belhadj, Mariem Rezgui, Fatma Bouri, Salma Ben Hassine et, bien évidemment, la première handballeuse du pays par qui tout se décide, Sondes Hachana. Tous ces atouts de valeur devront, espérons-le, compenser l’absence de nos six pros qui n’ont pas le droit de participer à ce tournoi exclusivement ouvert, selon les règlements imposés par les organisateurs, au handball amateur. Six pros out, mes aïeux, ce n’est pas peu, c’est légitimement frustrant, pour ne pas dire déstabilisant. Qu’à cela ne tienne, il va falloir, pour ne pas en souffrir outre mesure, lutter férocement et fouler le parquet en tenue de guerrières. Mentalement aussi, il faudra, coûte que coûte, éviter de tomber dans le piège de l’affolement, particulièrement dans les moments difficiles que traversera le match. OK ? Alors, bonne chance, les Carthaginoises.

Mohsen ZRIBI 

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Ligue 1 -1ère journée  : démarrage sur les chapeaux de roue

Les trois coups de la nouvelle saison vont être donnés aujourd’hui avec le programme de la première journée qui comprend deux chocs. Le premier programmé pour demain et le second aura pour cadre le Complexe Hédi Enneïfer du Bardo, cet après-midi, entre le Stade Tunisien et le Club Sportif Sfaxien. Le derby de cette journée d’ouverture se disputera également cet après-midi entre le nouveau promu, l’Espoir Sportif de Hammam Sousse, et l’Union Sportive Monastirienne. Au même moment, les deux autres nouveaux promus seront également au rendez-vous avec le Progrès Sportif de Sakiet Eddaïer qui accueillera la Jeunesse Sportive d’El Omrane et le Club Sportif de Hammam-Lif qui rendra visite à l’Union Sportive de Ben Guerdane.

ST – CSS : à chances égales
Le Complexe Hédi Enneifer du Bardo va ouvrir ses portes pour un sommet, celui qui va opposer le Stade Tunisien au Club Sportif Sfaxien. Deux prétendants qui cherchent, chacun de son côté, à marquer son territoire et à afficher ses prétentions.
Le Stade Tunisien, pris en main par le Portugais Tozé Marreco, devrait avoir fière allure après les récents recrutements, particulièrement au niveau du milieu de terrain et sur le plan offensif, où Fakhreddine Ben Youssef et Baraket Hmidi vont certainement apporter le plus.
Les Stadistes vont tout mettre en œuvre sur leur terrain pour contrecarrer leurs adversaires du jour et glaner les trois points de la victoire afin d’envoyer un message à leurs prochains adversaires. Les Bardolais comptent sur leur milieu de terrain, l’un des meilleurs de la Ligue 1 tout au long de la saison dernière, pour contrôler les différentes péripéties de la rencontre, assurer la supériorité numérique et imposer leurs choix. Les Yusuf Touré, Youssef Saâfi et Salifou Tapsoba, aux côtés du nouveau venu, Zakaria El Ayeb, sont capables de dicter leurs choix et d’assurer la transition pour faire la différence.
Le Club Sportif Sfaxien, version Nabil Kouki, devrait en imposer à son tour. Potentiel candidat au sacre, aussi bien en championnat qu’en Coupe de la Confédération, la formation sfaxienne, conduite par Aymen Dahmen dans les bois et Ali Maâloul, deux joueurs d’expérience, va aborder ce premier écueil avec une grande détermination pour remporter son premier succès en déplacement. Après le départ de son attaquant et buteur Omar Ben Ali, c’est Moemen Rahmani qui va conduire la ligne d’attaque du CSS et donner une nouvelle impulsion au compartiment offensif.
Avec une formation qui ne va pas être très différente de celle de la saison écoulée, le Club Sportif Sfaxien a de bonnes raisons de croire en sa bonne étoile et de débuter le nouvel exercice sur une note positive.

ESHS – USM : derby à Hammam Sousse
Si le stade Hamadi Agrebi de Radès et le Complexe Hédi Enneïfer du Bardo vont abriter deux chocs en cette journée inaugurale, le stade Bouali Lahouar de Hammam Sousse sera le théâtre pour sa part du premier derby de la saison, celui qui va opposer l’Espoir Sportif de Hammam Sousse à l’Union Sportive Monastirienne. Pour leur premier match en Ligue 1, après une longue période en division inférieure, les Hammam-Soussiens ne veulent pas rater l’occasion de confirmer leur renouveau. Cette rencontre va constituer une occasion pour l’ESHS de renouveler sa victoire aux dépens des Monastiriens, celle obtenue pour le compte de la saison… 2012/2013, lors de sa dernière apparition en Ligue 1. Les protégés de Youssef Mouihbi n’ont aucune raison de craindre outre mesure leurs adversaires du jour, même s’ils vont débuter la saison sans leur buteur, et celui de la Ligue 2 la saison écoulée, Nour Mani, qui est parti à l’Avenir Sportif de La Marsa. Ils vont compter sur l’expérience de leur ancien joueur, Ghazi Abderrazek, de retour au bercail, et sur l’enthousiasme de Aymen, Zine venu du Sfax Railways Sports, l’expérience de Fakhreddine Ouji et celle de Ayoub Chaâbane pour tenir la dragée haute aux Monastiriens.
L’Union Sportive Monastirienne a perdu plusieurs de ses joueurs cadres durant l’intersaison et ce, dans les trois compartiments du jeu. Leurs remplaçants ne manquent pas d’allure ni de détermination à l’image du jeune gardien Driss Arfaoui, du défenseur Bayrem Nouisser, du milieu du terrain Malek Mehri et de l’attaquant Ahmed Bouassida qui a démontré ses dons de buteur durant la période de préparation et les rencontres amicales.
En faisant le court déplacement jusqu’à Hammam Sousse, les Monastiriens peuvent profiter de leur expérience pour remporter leur premier succès de la saison et booster leur moral en ce début de saison, même si les joueurs nouvellement recrutés n’ont pas encore été qualifiés pour des raisons administratives.

PSSE – JSO : inédit
Pour sa première apparition en Ligue 1, le Progrès Sportif de Sakiet Eddaïer veut que sa première sortie à domicile soit une véritable fête et une date marquante. En recevant la Jeunesse Sportive d’El Omrane, les protégés de Yosri Belkahla veulent confirmer les bonnes dispositions affichées lors des rencontres amicales disputées durant l’intersaison.
Avec des renforts de valeur et dans une ambiance rassurante, les nouveaux promus sont capables de poser des problèmes à leur adversaire, tout en visant les points de la victoire.
En face, la Jeunesse Sportive d’El Omrane, égale à elle-même, mais avec plusieurs changements par rapport à la saison écoulée, s’emploiera à ne pas rater cette première marche. En comptant sur des joueurs assez rodés en Ligue 1, les Omraniens restent capables de s’illustrer, même en déplacement, et de confirmer leur statut d’outsider, sous la conduite de Amine Béji.

USBG – CSHL : surprise dans l’air ?
De retour en Ligue 1, le Club Sportif de Hammam-Lif débute sa saison en déplacement en se rendant à Ben Guerdane pour se mesurer à l’équipe locale qui n’a pas été très active durant le mercato, enregistrant seulement trois arrivées contre pas moins de dix départs.
Reprise en main par Sofiène Hidoussi, l’Union Sportive de Ben Guerdane a par ailleurs commencé tardivement sa préparation et tout porte à croire que celle-ci a été insuffisante pour un marathon footballistique et une grande concurrence pour éviter le purgatoire.
Mais les Sudistes de Ben Guerdane misent sur leur détermination à démentir tous les pronostics d’avant-saison et à profiter de leur présence sur leur terrain et face à un adversaire en manque d’expérience de la Ligue 1, pour se surpasser et réussir leur entrée en matière.
Le CS Hammam-Lif a certes perdu les repères de la Ligue 1, mais il garde le profil d’une équipe qui a toujours marqué de sa présence la compétition et qui compte sur la grande expérience de son entraîneur et sa parfaite connaissance des équipes adverses pour se faire une place loin de la zone dangereuse.
Avec un effectif formé de joueurs rompus à la Ligue 1, et d’autres déterminés à se mettre en évidence, la formation banlieusarde reste capable d’un coup d’éclat, même en déplacement.

Hédi RASSAÂ

Programme (Tous les matchs à 16h30)
Complexe Hédi Enneïfer du Bardo
S Tunisien – CS Sfaxien
Arbitre : Badis Ben Salah
VAR : Asmir Sagrkovic (Slovénie)
Stade Bouali Lahouar de Hammam Sousse
ES Hammam Sousse – US Monastirienne
Arbitre : Houssem Ben Salah
VAR : Alksander Matkovic (Slovénie)
Stade Sakiet Eddaïer
PS Sakiet Eddaïer – JS Omrane
Arbitre : Hosni Naïli
VAR : Hamza Jaïed
Stade 7 mars à Ben Guerdane
US Ben Guerdane – CS Hammam-Lif
Arbitre : Seif Ouertani
VAR : Khaled Gouider

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Pays-Bas : La canicule tunisienne retarde les uniformes de l’armée

Les fortes chaleurs enregistrées cet été en Tunisie ont eu une conséquence inattendue aux Pays-Bas : elles ont contribué, selon la Défense néerlandaise, à retarder la livraison des nouvelles tenues de combat de son armée. Des coupures d’électricité ont affecté un fournisseur tunisien intégré à la chaîne de production du groupe allemand Hexonia.

L’information a été communiquée au Parlement néerlandais par le secrétaire d’État à la Défense, Derk Boswijk, et rapportée vendredi 21 août par l’agence néerlandaise ANP et NL Times.

Vestes et pantalons bloqués

Il y a deux ans, le ministère néerlandais de la Défense avait commandé de nouvelles tenues de combat à l’entreprise allemande Hexonia. Une partie de la chaîne d’approvisionnement passe cependant par la Tunisie, où est implanté l’un de ses fournisseurs.

Selon les informations transmises au Parlement, ce sous-traitant a été confronté cet été à des coupures d’électricité attribuées par la Défense néerlandaise aux épisodes de chaleur extrême.

Des pièces essentielles, notamment les vestes et pantalons de combat, n’ont ainsi pas pu être livrées selon le calendrier prévu.

La distribution des nouveaux uniformes devait initialement commencer en septembre 2026. Elle est désormais attendue au cours du premier trimestre 2027, soit un retard d’au moins quatre mois.

Le ministère néerlandais de la Défense assure toutefois que ce décalage n’aura « aucune conséquence pratique » sur l’équipement du personnel actuel et futur de l’armée.

Lire aussi: STEG : 18.294 interventions, mais la colère ne retombe pas

La Tunisie, maillon discret d’une chaîne militaire européenne

Au-delà de son caractère insolite, l’affaire met en lumière la place de l’industrie tunisienne dans certaines chaînes d’approvisionnement européennes. Une entreprise implantée en Tunisie participe ici indirectement à la fabrication d’équipements destinés aux forces armées néerlandaises.

Le nom du fournisseur tunisien concerné n’est toutefois pas indiqué dans les informations publiques disponibles. Il serait donc prématuré d’identifier une entreprise ou une région industrielle particulière.

Cette chaîne de production illustre une organisation industrielle dépassant largement les frontières nationales : le client final est le ministère néerlandais de la Défense, le fabricant Hexonia est allemand et l’un de ses fournisseurs est installé en Tunisie.

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L’épisode montre surtout comment une perturbation locale peut se répercuter plusieurs mois plus tard sur une commande publique européenne. Une panne électrique affectant un sous-traitant suffit à ralentir une chaîne industrielle répartie entre plusieurs pays.

Dans ce dossier, les conséquences de la chaleur tunisienne ont donc dépassé les frontières du pays. Selon les explications fournies par La Haye, les coupures subies par un fournisseur en Tunisie ont fini par retarder jusqu’à la distribution des nouveaux uniformes de l’armée néerlandaise.

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Tunisie | Le TGV Bizerte-Ben Guerdane verra-t-il, un jour, le jour ?

A défaut de pouvoir inaugurer de vraies infrastructures qui améliorent la vie des gens ou, tout au moins, allègent leurs souffrances quotidiennes, les autorités tunisiennes se contentent d’annoncer des plans, des stratégies ou des projets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront réalisés que dans vingt ou trente ans ou ne seront jamais réalisés. Les effets d’annonce leur tiennent lieu de… bilan.

Dans ce contexte, la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), qui fait face à de lourdes difficultés financières et a du mal à faire circuler convenablement ses vieux trains, a annoncé avoir lancé la phase de faisabilité du corridor ferroviaire nord-sud, pompeusement appelé TGV Bizerte-Ben Guerdane, et des liaisons avec l’Algérie et la Libye.

Cette «première étape concrète» vers la réalisation d’un grand corridor ferroviaire à hautes performances destiné à relier Bizerte, à l’extrême nord du pays, à Ben Guerdane, dans le sud-est, près de la frontière libyenne, selon les termes utilisés par les médias, consiste en la publication d’un avis de présélection de cabinets d’études spécialisés pour la première phase du projet de «corridor ferroviaire Nord-Sud».

On n’en est clairement encore qu’au stade préliminaire de ce projet présenté comme le futur «TGV tunisien», annoncé par le président de la République Kaïs Saïed, lors de sa campagne pour les présidentielles de 2019.

La SNCFT entend donc sélectionner des entreprises et des groupements tunisiens et internationaux spécialisés dans le secteur ferroviaire pour leur confier l’étude de faisabilité ainsi que les premières études d’ingénierie de ce projet.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 24 septembre à 11 heures, l’ouverture publique des offres devant avoir lieu quinze minutes plus tard.

Le projet s’inscrit dans le cadre des grandes infrastructures stratégiques prévues par le Plan de développement tunisien 2026-2030. L’axe devrait relier Bizerte à Ben Guerdane en desservant les principaux pôles urbains, ports, centres de fret et zones logistiques du pays, avec pour objectif de renforcer les liaisons entre le nord et le sud et d’accroître le rôle du rail dans le transport de marchandises. Une dimension régionale est également envisagée. Vers l’ouest, une connexion avec le réseau algérien en direction d’Annaba est à l’étude via l’axe Tabarka-Nefza-Mateur-Jdeida. Au sud, le corridor pourrait être prolongé jusqu’au poste-frontière de Ras Jedir, à la frontière libyenne, en passant par Mareth et Médenine, avec une bifurcation vers le port de Zarzis.

À terme, ce projet pourrait constituer l’un des principaux axes ferroviaires pour passagers et marchandises du Maghreb.

Cependant, le tracé définitif, les caractéristiques techniques, les coûts et la viabilité économique restent encore à définir : le lancement des travaux n’a pas été décidé et dépendra des résultats des études qui viennent de faire l’objet d’un appel d’offres.

Reste une question : quand les Tunisiens verront-ils la concrétisation et l’inauguration de ce projet ? Dans vingt ou trente ans ? Ou jamais ?

Quand on sait que les premières études relatives au port en eau profondes d’Enfidha remontent aux années 1990 et que, près de trente ans après, ce projet est encore dans les cartons, on est en droit d’esquisser un sourire de scepticisme face aux vaines agitations de ces ronds de cuir de l’administration publique, des incompétents notoires qui croient pouvoir nous berner avec des effets d’annonce qui n’engagent que ceux qui y croient.

I. B.

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Santé des détenus : La Direction générale des prisons dément les accusations et publie ses chiffres

La Direction générale des prisons et de la rééducation a démenti, samedi 22 août 2026, les informations faisant état d’une dégradation générale de la santé de certains détenus, de négligences médicales ou d’une absence de soins. L’administration pénitentiaire a également communiqué des chiffres sur les consultations hospitalières enregistrées au premier semestre 2026.

Près de 20 800 consultations hospitalières au premier semestre

Le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation, Hatem Akroute, a indiqué à la TAP que 19 537 consultations médicales de jour avaient été effectuées dans les hôpitaux publics au profit de détenus jusqu’à fin juin 2026.

À celles-ci s’ajoutent 1 236 consultations nocturnes, portant à 20 773 le nombre total de consultations hospitalières rapportées sur cette période.

Ce chiffre correspond au nombre de consultations et non au nombre de détenus pris en charge : une même personne peut avoir bénéficié de plusieurs consultations.

Selon Hatem Akroute, la prise en charge sanitaire en milieu carcéral comprend les examens médicaux, le suivi, les traitements et les analyses nécessaires, ainsi que l’orientation vers les établissements publics spécialisés lorsque l’état du détenu l’exige.

La décision médicale revient aux médecins, selon l’administration

La Direction générale des prisons affirme que les situations sanitaires évoquées récemment sont suivies conformément aux procédures médicales en vigueur.

Son porte-parole précise que les décisions médicales ne sont pas prises sur la base de considérations administratives ou pénales, mais en fonction du diagnostic établi par les professionnels de santé compétents.

L’administration rejette ainsi les informations faisant état de négligences ou d’absence de soins et estime que certaines descriptions diffusées récemment sont susceptibles de donner une image ne correspondant pas à la réalité.

Cette position reste toutefois celle de l’administration pénitentiaire. Les données communiquées à la TAP constituent des chiffres officiels déclarés et ne permettent pas, à elles seules, une évaluation indépendante des conditions sanitaires dans les différents établissements pénitentiaires.

Un nouveau démenti après celui de juillet

Cette intervention n’est pas la première de l’administration pénitentiaire au cours de l’été.

Fin juillet, la Direction générale des prisons avait déjà démenti les informations faisant état d’une détérioration de l’état de santé de certains détenus et d’entraves aux visites, dans un contexte alors marqué par de fortes chaleurs.

La déclaration du 22 août apporte cette fois un élément supplémentaire : des chiffres sur le recours aux hôpitaux publics au cours des six premiers mois de l’année.

La Direction générale des prisons prévient également qu’elle pourrait engager des procédures judiciaires contre toute personne qui diffuserait délibérément des informations qu’elle considère comme fausses ou susceptibles de porter atteinte à la réputation de l’institution pénitentiaire ou de créer la confusion.

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Libye : Washington salue l’accord de Tunis, Al-Menfi tempère

À peine paraphé à Tunis, l’accord entre représentants de l’Est et de l’Ouest libyens connaît son premier test politique. Alors que Washington y voit une avancée vers des élections nationales, le président du Conseil présidentiel, Mohamed al-Menfi, émet déjà des réserves sur la méthode et la légitimité de certains arrangements.

Cette double réaction illustre la fragilité du compromis obtenu jeudi 20 août dans la capitale tunisienne.

Washington salue une « avancée importante »

Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a salué les progrès réalisés à Tunis concernant les lois électorales et la Haute Commission nationale électorale (HNEC).

Dans une déclaration relayée par Libya Herald, il les présente comme une étape importante vers un processus crédible susceptible de conduire à des élections nationales réussies.

Washington réaffirme également son soutien à l’émergence d’un exécutif unifié. Mais cet objectif appartient à la feuille de route politique plus large soutenue par les Nations unies et ne figure pas dans le texte paraphé à Tunis.

Celui-ci porte sur deux dossiers précis : la formation du conseil de la HNEC et l’amendement du cadre juridique régissant les élections présidentielle et législatives.

Selon la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), les participants doivent poursuivre leurs consultations en Libye afin de définir les modalités d’application de l’accord.

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Al-Menfi critique déjà la méthode

À Tripoli, Mohamed al-Menfi s’est montré beaucoup plus réservé.

Dans des déclarations reprises par Anadolu, le président du Conseil présidentiel critique le manque de transparence entourant certains arrangements et insiste sur la nécessité de respecter les références constitutionnelles et les compétences des institutions libyennes.

Il met notamment en garde contre des décisions concernant les institutions souveraines, dont la HNEC, qui pourraient reposer sur des compétences juridiquement contestables.

Al-Menfi estime que la Libye n’a pas besoin d’arrangements susceptibles de reproduire les divisions existantes ou de devenir un nouveau partage des postes et de l’influence.

Il ne rejette toutefois pas explicitement l’ensemble du processus. Ses réserves portent surtout sur la méthode, sa base juridique et les conditions de mise en œuvre du compromis.

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Tunis, point de départ et non point d’arrivée

L’accord de Tunis ne constitue donc pas un règlement de la crise libyenne. Il tente d’abord de lever deux obstacles au processus électoral, bloqué depuis l’échec du scrutin prévu en décembre 2021.

Le contraste entre Washington et Al-Menfi donne surtout un aperçu des difficultés à venir.

Pour les États-Unis, Tunis ouvre une nouvelle voie vers les élections. En Libye, le compromis devra encore convaincre les institutions et les acteurs qui n’ont pas directement participé à sa rédaction.

La Tunisie aura ainsi accueilli une étape diplomatique significative. Mais le véritable test commence désormais en Libye : transformer un compromis sur les règles du jeu électoral en mécanisme suffisamment légitime pour être réellement appliqué.

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Huile d’olive tunisienne en Espagne : Une percée commerciale qui inquiète Madrid

Portée par une récolte exceptionnelle et des prix compétitifs, l’huile d’olive tunisienne s’impose de plus en plus sur le marché espagnol, devenu son premier débouché. Une progression qui commence à susciter une réaction politique chez les producteurs ibériques, qui réclament des mesures de protection.

Une razzia tunisienne sur les importations espagnoles

Selon les dernières données du ministère espagnol de l’Agriculture (MAPA), citées par l’agence EFE, les importations espagnoles d’huile d’olive en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne ont bondi de 83,9 % entre janvier et mai 2026, pour atteindre 73.400 tonnes. Toutes origines confondues, l’Espagne a importé 115.300 tonnes d’huile d’olive sur cette période, soit 27,5 % de plus qu’un an auparavant.

Interrogé par EFE, Rafael Pico, directeur général de l’Association espagnole de l’industrie et du commerce exportateur de l’huile d’olive (Asoliva), explique cette hausse par une production nationale inférieure aux attentes — 1,3 million de tonnes depuis octobre, en recul de 8,5 % — et par des écarts de prix marqués entre producteurs méditerranéens. Il cite explicitement la Tunisie, qui a bénéficié d’une récolte abondante et de prix « sensiblement inférieurs » à ceux pratiqués en Espagne et dans le reste de l’Europe.

Cette envolée intervient alors que la Tunisie vit une campagne d’exportation exceptionnelle. Selon l’ONAGRI, ses ventes à l’étranger ont atteint 368.000 tonnes à fin juillet 2026, en hausse de 55,3 % sur un an. L’Espagne est désormais le premier client de l’huile tunisienne, avec 32,1 % des volumes exportés, devant l’Italie (20 %) et les États-Unis (19,2 %).

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Un marché stratégique, mais politiquement sensible

Cette présence tunisienne croissante ne passe pas inaperçue auprès des producteurs espagnols. L’organisation agricole COAG réclame depuis plusieurs semaines l’activation des clauses de sauvegarde prévues par l’accord euro-méditerranéen UE-Tunisie, afin de bloquer les entrées d’huile tunisienne au-delà du contingent préférentiel. Ce contingent autorise chaque année l’entrée sans droits de douane de 56.700 tonnes d’huile tunisienne dans l’Union européenne.

Lire aussi: Huile d’olive tunisienne : Bruxelles refuse d’augmenter les quotas sous pression italienne

Pour la COAG, l’afflux d’huile à bas prix a contribué à l’effondrement des cours payés aux producteurs espagnols : l’huile d’olive extra vierge se négocie aujourd’hui autour de 3,4 euros le litre, contre plus de 4 euros en décembre 2025.

Asoliva défend une lecture différente, estimant que ces importations comblent avant tout le manque de disponibilité locale. L’association rappelle que l’huile importée est soumise aux mêmes contrôles sanitaires et qualitatifs que la production européenne, et dément tout recours aux pesticides sur l’huile tunisienne.

Et pour la Tunisie ?

Pour le secteur oléicole tunisien, l’Espagne représente à la fois une opportunité commerciale majeure et un marché de plus en plus exposé à la pression politique. Près d’un tiers des exportations tunisiennes d’huile d’olive prennent aujourd’hui cette direction — une dépendance qui expose la filière tunisienne aux arbitrages réglementaires européens, comme l’illustre déjà le refus de Bruxelles, plus tôt cette année, d’élargir le contingent tunisien sous la pression des producteurs italiens.

Lire aussi: Huile d’olive : Les agriculteurs andalous pointent du doigt la Tunisie

La question n’est donc plus seulement de savoir combien d’huile la Tunisie peut vendre en Espagne, mais jusqu’où cette progression pourra se poursuivre sans provoquer de nouvelles restrictions commerciales.

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Hind Rajab | L’aveu tardif d’Israël et la colère de Kaouther Ben Hania

Plus de deux ans après la mort de Hind Rajab, l’armée israélienne reconnaît que ses soldats ont tiré sur la voiture où se trouvait la fillette palestinienne de cinq ans. Un aveu tardif qui pulvérise la version officielle avancée après le drame et que la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qualifie d’«écran de fumée».

Djamal Guettala

Il y a des voix que les démentis ne parviennent pas à faire taire. Celle de Hind Rajab en fait partie.

En janvier 2024, la fillette palestinienne de cinq ans se retrouve prisonnière d’une voiture à Gaza, après que plusieurs membres de sa famille ont été tués. Elle appelle le Croissant-Rouge palestinien. Sa voix tremble. Elle demande qu’on vienne la chercher. Autour d’elle, les tirs continuent.

Deux ambulanciers sont envoyés à sa rencontre. Ils seront eux aussi tués.

Pendant plus de deux ans, l’armée israélienne a nié que ses soldats se trouvaient dans le secteur au moment du drame. Aujourd’hui, elle reconnaît finalement que ses troupes ont bien ouvert le feu sur le véhicule et annonce l’ouverture d’une enquête pénale.

Une version officielle qui se fissure

Cette reconnaissance intervient après une longue bataille autour de la vérité.

Dès les premières semaines, plusieurs enquêtes indépendantes avaient mis en doute la version israélienne. Images satellites, analyses acoustiques, données géographiques et examen de la scène ont permis de reconstituer les mouvements militaires autour du véhicule.

Le contraste est désormais saisissant : ce que l’armée niait hier, elle le reconnaît aujourd’hui.

Mais cette admission ne répond pas à la question centrale. Elle ne dit pas pourquoi une voiture occupée par des civils a été prise pour cible. Elle ne dit pas non plus pourquoi la présence de soldats israéliens avait été initialement niée.

Elle ouvre donc un nouveau chapitre plutôt qu’elle ne referme celui de Hind Rajab.

La voix qui est devenue une preuve

L’histoire de Hind Rajab a franchi les frontières de Gaza grâce à un document aussi fragile que terrible : l’enregistrement de son appel aux secours.

Une enfant de cinq ans qui demande de l’aide. Une enfant qui attend une ambulance. Une enfant qui entend les tirs et comprend qu’elle est en danger.

Cette voix est devenue le cœur du film ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.

Présenté à la Mostra de Venise en 2025, le film a transformé ce drame en une œuvre cinématographique et politique qui interroge la disparition des civils dans les récits de guerre.

Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée»

L’annonce israélienne n’a pas convaincu la réalisatrice. Kaouther Ben Hania dénonce «un écran de fumée», considérant que les éléments permettant de comprendre ce qui s’est passé étaient disponibles depuis longtemps.

Son interrogation est simple et vertigineuse : pourquoi cette reconnaissance intervient-elle seulement maintenant ? Et surtout, que signifie une enquête militaire menée après des années de dénégations ?

La cinéaste refuse que l’affaire soit réduite à un communiqué annonçant une procédure interne. Derrière cette affaire se trouve une enfant dont la voix avait déjà raconté, presque minute par minute, ce qui se déroulait autour d’elle.

Une enquête ne suffit pas

La famille de Hind Rajab et des organisations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante. Elles mettent en doute la capacité d’une procédure interne à établir pleinement les responsabilités. Car la question n’est plus seulement de savoir si les soldats israéliens ont tiré. L’armée vient de le reconnaître. Il faut désormais déterminer les circonstances exactes des tirs, les règles d’engagement appliquées, les éventuels ordres reçus et les responsabilités individuelles et hiérarchiques.

Le cas de Hind Rajab est devenu un symbole parce que sa voix a survécu à la mort. Elle est devenue une trace que les versions officielles successives n’ont pas réussi à effacer.

L’aveu israélien constitue donc un tournant. Mais il ne saurait être confondu avec la justice.

Deux ans après, l’armée reconnaît les tirs. Kaouther Ben Hania y voit un «écran de fumée». Entre les deux se trouve l’essentiel : la vérité complète sur ce qui s’est passé et la question, toujours ouverte, de savoir qui devra répondre de la mort d’une enfant de cinq ans et des secouristes venus la sauver.

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La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie

L’agitation cyclique autour du Galsi Pipeline, le projet de gazoduc sous-marin algéro-italien censé contourner la Tunisie par la Sardaigne, est l’arme maîtresse d’une guerre psychologique menée contre la Tunisie qui traverse une crise énergétique passagère. Elle vise à persuader l’opinion publique tunisienne que le pays est remplaçable et susceptible d’être soumis à «la sanction énergétique» quitte à «vivre dans le noir» afin de donner un alibi suffisant aux adeptes de la capitulation contractuelle. La présente analyse vise à déconstruire ce narratif de l’effacement par les faits, en démontrant que la Tunisie dispose, au contraire, d’un levier d’interdépendance majeure pour exiger un rééquilibrage global de ses partenariats. (Carte : Principaux gisements d’hydrocarbures au Maghreb et pipelines transméditerranéens).  

Elyes Kasri *

1. La valeur stratégique décuplée du TransMed face aux crises mondiales

Le rôle de pivot énergétique de la Tunisie n’est plus seulement régional, il est devenu névralgique à l’échelle mondiale. La convergence de trois crises géopolitiques majeures a décuplé la valeur stratégique du réseau terrestre trans-tunisien (TransMed) pour l’ensemble du continent européen :

– l’onde de choc de la guerre en Ukraine : la rupture historique et définitive des approvisionnements en gaz russe a privé l’Europe de sa principale source d’énergie fossile. Dans cette quête absolue de diversification, l’Afrique du Nord, et particulièrement l’axe Algérie-Tunisie-Italie, est devenue l’alternative immédiate la plus fiable pour sécuriser l’Europe du Sud et le cœur industriel de l’Union européenne;

– la paralysie des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz : les tensions militaires dans le golfe d’Aden et le golfe Persique ont gravement compromis la sécurité des routes maritimes globales. Le transit du gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et d’autres fournisseurs du Golfe par méthaniers est soumis à des goulots d’étranglement permanents, à des détours maritimes pharaoniques (via le Cap de Bonne-Espérance) et à une explosion des coûts d’assurance ;

– le TransMed comme sanctuaire d’approvisionnement : face à l’insécurité des détroits et à la fin du gaz russe, le TransMed s’impose comme une infrastructure géographiquement immunisée contre les crises du Moyen-Orient. Ce pipeline terrestre offre un flux continu, direct et insensible aux blocus maritimes, propulsant le sol tunisien au rang de corridor de sécurité absolue pour la survie énergétique de l’Europe.

2. La centralité du TransMed dans l’économie algérienne :

L’examen des indicateurs macroéconomiques sectoriels démontre la dépendance de l’Algérie envers ce réseau terrestre trans-tunisien, faisant du gazoduc Enrico Mattei (TransMed) le véritable poumon financier du régime d’Alger :

– le poids des hydrocarbures dans les recettes algériennes : les hydrocarbures représentent 93 % à 95 % des recettes d’exportation de l’Algérie et alimentent le budget de l’État algérien à hauteur de plus de 60 % via la fiscalité pétrolière ;

– la part du TransMed dans les exportations de gaz algérien : selon les bilans énergétiques compilés, l’Algérie exporte environ 52 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz naturel par an. Le TransMed en achemine à lui seul entre 22 et 25 bcm directement vers l’Italie, soit près de 45 % à 50 % de la totalité des exportations gazières algériennes, et plus de 70 % de son gaz acheminé par pipeline;

– valorisation financière pour Alger : au cours moyen du gaz sur le marché européen (TTF), le flux transitant par le sol tunisien génère pour l’Algérie des revenus directs estimés entre 10 et 12 milliards de dollars par an. Une interruption ou une réduction structurelle de ce flux provoquerait un choc budgétaire immédiat et ingérable pour la paix sociale algérienne suffisamment fragile et menacée par un Hirak qui couve sous les cendres.

3. L’irréalisme technique et le péril sécuritaire du Galsi :

Selon les données techniques validées par les registres officiels du Global Energy Monitor (mis à jour en juillet 2024), le projet Galsi est une impossibilité industrielle et financière à court et moyen terme:

– profondeur abyssale : le tracé maritime (565 km de section offshore) impose une pose de conduites à une profondeur record de 2 885 mètres sous la mer Méditerranée, ce qui représente une complexité d’ingénierie exceptionnelle;

– capacité limitée : le Galsi a été configuré pour un débit maximal de 8 milliards de m³ par an. Il ne pourrait donc absorber qu’un quart du flux du TransMed (capacité de 32 milliards de m³), rendant tout contournement total physiquement impossible ;

– impasse financière et réglementaire : estimé initialement à 3 milliards de dollars, sa réévaluation dépasse aujourd’hui 5 à 6 milliards de dollars. Dans le cadre du Green Deal de l’Union Européenne et du gel des financements fossiles lourds par les institutions bancaires internationales, sa levée de fonds est irréalisable, maintenant le projet au statut officiel de projet «mis de côté» (shelved), comme le confirme l’étude technique de l’Eurasia Review ;

– le fardeau critique de la vulnérabilité sous-marine : au-delà des barrières financières, l’impératif de sécurité internationale condamne les alternatives purement offshores ;

– le précédent Nord Stream 1 et 2 : le sabotage spectaculaire des gazoducs Nord Stream en mer Baltique (septembre 2022) a définitivement démontré la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures sous-marines profondes face aux attaques asymétriques, au terrorisme d’État ou aux actes de guerre hybride. En haute mer, la surveillance constante et la protection physique de milliers de kilomètres de conduites immergées sont matériellement impossibles ;

– l’avantage du tracé terrestre tunisien : face à ce péril sous-marin, le corridor trans-tunisien offre une résilience stratégique inégalée, soulignée dans l’étude sectorielle de l’Observatoire Méditerranéen de l’Énergie. Un tracé terrestre permet un accès immédiat pour la maintenance, une surveillance continue par satellite et par patrouilles, ainsi qu’un contrôle souverain permanent, garantissant à Rome et à Alger une continuité de flux qu’aucune conduite immergée ne peut promettre.

4. Argumentaire pour une réévaluation à la hausse des redevances de transit :

Le taux actuel de la redevance tunisienne (5,25 %, prélevé majoritairement en nature) est obsolète et dérisoire. La Tunisie est légitimement en position d’exiger une réévaluation substantielle (objectif : 8 % à 10 %) :

– le coût de la sécurisation : la Tunisie assure à ses frais exclusifs la protection militaire et technologique de 400 km de conduites terrestres et de stations de compression critiques (Cap Bon). Ce service de sécurité environnementale et industrielle, qui protège l’approvisionnement européen contre les risques de déstabilisation, devrait être intégré dans le coût du transit ;

– l’indexation sur la prime de substitution : si l’Algérie devait substituer le TransMed par du transport de GNL par voie marine pour livrer l’Italie, le coût de l’infrastructure portuaire et maritime augmenterait le coût de livraison de 25 % à 30 %. La redevance tunisienne actuelle est donc une décote majeure et une concession exorbitante accordée par la Tunisie à Alger ;

– valorisation budgétaire actuelle : les recettes de cette redevance sont passées à plus de 1,8 milliard de dinars tunisiens (TND) par an. Ce gaz couvre entre 60 % et 66 % des besoins de consommation en gaz naturel de la Tunisie, ce qui prouve la valeur critique de cet actif dans notre équilibre énergétique national.

5- Pour une diplomatie de l’interdépendance active et équitablement profitable

Céder à la panique face à l’alternative Galsi relève d’une asymétrie psychologique savamment entretenue par des officines étrangères à travers la cinquième colonne de la «khawakhawanomanie» ambiante, et non d’une contrainte technique réelle.

La Tunisie détient une carte maîtresse mondiale : la sécurité, la viabilité et la supériorité stratégique terrestre de l’autoroute énergétique tunisienne vers l’Europe dans un monde marqué par la fermeture des détroits et les crises climatiques.

La Tunisie est incontestablement le verrou énergétique d’une Europe qui paie au prix fort le boycott du gaz russe et l’instabilité qui prévaut, sans perspective de stabilisation à court et à moyen termes, dans les détroits d’Ormuz et Bab El Mandeb.

Elle tient également le régime algérien par la jugulaire, car en dépit de toutes les fanfaronnades, ce régime se trouve confronté à une population frustrée et prête à en découdre ne pourra pas se passer à moyen et même à long terme du Transmed et des recettes financières et des garanties sécuritaires offertes par le transit par la Tunisie plus qu’aucun autre itinéraire.

Il appartient aux négociateurs tunisiens d’exploiter ce nœud vital pour redresser les torts asymétriques hérités de l’histoire — qu’il s’agisse des redevances énergétiques, de la spoliation de l’Albien ou du développement de nos infrastructures critiques de transport et de logistique — et arracher un accord digne, global et protecteur des intérêts supérieurs de la Nation.

Le célèbre philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) a bien dit que «la liberté est le droit de ne pas être soumis à la fatalité extérieure».

* Ancien ambassadeur.

Note de la rédaction : On a dû réduire cet article de près de la moitié de son volume, tout en l’allégeant de son appareil critique (références, sources, etc.)

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Racisme | L’affaire Jason Arday secoue le Royaume-Uni !

Jason Arday, 41 ans, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge a été accusé de plagiat cependant l’affaire qui aurait pu être traitée dans le cadre académique est devenue une affaire nationale. Pour la droite raciste et les médias blancs, c’était une aubaine à ne pas manquer et le jeune homme a été voué aux gémonies dans les unes de journaux, dans des centaines d’articles sans parler des réseaux sociaux. Jason Arday a été retrouvé mort à son domicile le vendredi 7 août 2026. Aujourd’hui, les médias qui ont instrumentalisé cette affaire en s’adonnant à un harcèlement basé sur un racisme désinhibé et un acharnement obscène sont sur le banc des accusés. Le Premier ministre Andy Burnham a parlé d’«une tragédie».

Imed Bahri

Dans les colonnes de l’hebdomadaire britannique The Observer, Seun Matiluko est revenue sur l’affaire Jason Arday dont l’épilogue a été la fin tragique du jeune universitaire, elle considère que cette affaire est révélatrice d’une obsession de l’élite blanche qui estime que la réussite des Noirs se fait à ses dépens. 

L’histoire d’Arday a suscité une couverture médiatique qui dépasse largement la controverse entourant le plagiat présumé de sa thèse de doctorat soumise à l’Université Liverpool Moors, et ce, depuis sa nomination comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’Université de Cambridge.

Il y a un être humain derrière les tweets

Selon Seun Matiluko, Jason, qui enseignait la sociologie et les sciences de l’éducation à Cambridge avant d’être contraint de démissionner début août, en raison de la polémique médiatique concernant son intégrité académique et personnelle, a mis en lumière l’hypocrisie du traitement médiatique de sa mort, instrumentalisée par la droite pour faire du «scandale» un phénomène mondial.

Tard vendredi avant-dernier, un universitaire a résumé avec justesse la situation d’Arday : «Il y a deux semaines, Jason Arday était professeur à l’Université de Cambridge, et maintenant il n’est plus là». Matiluko fait remarquer qu’il peut parfois sembler futile de rappeler aux gens d’être bienveillants et de se souvenir, avant d’attaquer, qu’il y a un être humain derrière leurs tweets, publications ou titres. 

L’histoire a commencé lorsqu’un individu se définissant comme «réaliste racial», convaincu que dans un système méritocratique, «les Noirs disparaîtraient de la quasi-totalité des postes à responsabilité, hormis dans le sport et le divertissement» – une affirmation que beaucoup qualifieraient de raciste – a révélé un plagiat dans la thèse de doctorat d’Arday et l’a dénoncé.

Les journaux ont enquêté sur ces allégations et les ont jugées crédibles. L’affaire aurait pu s’arrêter là, et la couverture médiatique aurait été similaire à celle du professeur William O’Reilly de Cambridge, qui avait plagié 4 000 mots de travaux d’étudiants et les avait republiés comme étant les siens dans des revues académiques, prétendant être victime de harcèlement homophobe une fois démasqué.

Cependant, l’attention médiatique portée à Arday a dépassé le cadre de ses travaux universitaires qui, bien que suffisants pour lui permettre de réussir son doctorat à l’Université John Moores de Liverpool, ont été critiqués par certains, estimant qu’ils avaient nui à la réputation de Cambridge.

Deux cent quarante-neuf articles ont été publiés à son sujet en 22 jours. Quelques heures après l’annonce de son décès, le Times a diffusé une publicité sponsorisée sur X pour un article rédigé par un ancien étudiant mécontent de la méthode d’enseignement d’Arday. S’il n’était pas un jeune professeur noir à Cambridge y aurait-il eu autant d’articles et y aurait-il eu un tel emballement médiatique ?

Le journal a indiqué qu’une grande partie de la couverture médiatique intense précédant les événements tragiques de vendredi s’était concentrée sur les chocs culturels.

1% des professeurs d’université britanniques sont noirs

Arday a été comparé à Meghan Markle, l’épouse du prince Harry, et des journalistes, désireux de se vanter de leur formation à Cambridge, ont affirmé que la présence d’Arday prouvait que les Noirs avaient un accès plus facile au monde universitaire. Ils feignent d’oublier que seulement 1% des professeurs d’université britanniques sont noirs.

Les réseaux sociaux ont également été inondés d’affirmations extravagantes selon lesquelles les universités d’Oxford et de Cambridge admettaient des étudiants noirs avec des notes inférieures simplement parce qu’ils étaient noirs.

En réalité, la seule forme de discrimination positive, de diversité, d’égalité, d’inclusion, ou quel que soit le terme employé, dans les admissions universitaires britanniques est fondée sur la classe sociale, et non sur l’origine ethnique. Les personnes ayant fréquenté des écoles modestes ou vivant dans des zones défavorisées peuvent bénéficier de circonstances exceptionnelles. Nombreux sont les étudiants blancs issus de milieux populaires qui bénéficient d’offres conditionnelles et dans ce cas, les opposants à la diversité, à l’équité et à l’inclusion dans le cadre de la guerre culturelle deviennent muets quand il s’agit des Blancs.

Seun Matiluko soutient qu’il est légitime de demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir et de démasquer les menteurs surtout que la violente campagne médiatique menée contre Arday était disproportionnée par rapport à ses erreurs.

Une frénésie médiatique largement liée à la couleur d’Arday

L’auteure s’interroge pourquoi tant de médias ont-ils affiché la photo d’Arday en une pendant des semaines, à l’exception du lendemain de sa mort ? Elle estime que si Arday n’avait pas été professeur à Cambridge mais à Leeds, Durham ou au King’s College de Londres, son histoire n’aurait sans doute pas suscité autant d’attention et elle affirme que cette frénésie médiatique était largement liée à l’origine ethnique d’Arday, puisqu’il était noir.

Matiluko rappelle que des titres de presse allant jusqu’à affirmer que le mouvement Black Lives Matter a propulsé Jason Arday sur le devant de la scène relèvent d’une politique de victimisation propre aux Blancs qui soupçonnent d’emblée la réussite des Noirs d’être le fruit d’un travail mené à leur détriment.

Arday n’est ni le premier, ni le dernier, à être accusé de plagiat ou d’avoir relaté une biographie contenant des éléments douteux. Il n’est pas le premier à être accusé d’être un piètre universitaire. La plupart des diplômés universitaires ont une anecdote à raconter sur des professeurs qui estimaient que leurs performances n’étaient pas à la hauteur du poste pour lequel ils avaient été embauchés. Cependant, rien ne justifie l’emballement, le déchaînement et le harcèlement dont il a fait l’objet 

Aujourd’hui, Arday est mort et ses enfants grandiront sans père. Dans un an, certains de ses détracteurs auront peut-être même oublié son nom. Matiluko estime qu’il est peut-être naïf d’attendre de tous les journalistes qu’ils agissent de manière éthique et rappelle que de nombreux journalistes ont prétendu avoir tiré les leçons du suicide de Caroline Flack, la journaliste harcelée par les médias et dont la vie privée a été exploitée sans relâche mais que malheureusement, six ans plus tard, il semble que la leçon retenue soit de harceler sans relâche une personnalité publique, puis, à sa mort, de dire hypocritement «Repose en paix» et «Nos pensées et nos prières t’accompagnent», avant de rejeter la faute sur autrui.

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Le cimetière de Sousse totalement à l’abandon

Il y a quelques jours , je me suis rendu au cimetière de Houmet Swiss, à Sousse, et j’ai été attristé, voire indigné, par l’état dans lequel je l’ai trouvé. La saleté est malheureusement ce qui m’a le plus frappé : feuilles mortes jonchant les allées, arbres et végétation manifestement peu entretenus, détritus éparpillés çà et là… À cela s’ajoutent des tombes qui, plusieurs mois après les inhumations, ne sont toujours pas construites, ainsi qu’un cercueil abandonné sur place.

Mohamed Sadok Lejri

Un tel état d’abandon est difficilement compatible avec le respect que nous devons à nos morts et à leurs familles.

Je n’étais d’ailleurs pas le seul à déplorer cette situation *. Plusieurs personnes venues se recueillir sur les tombes de leurs proches partageaient exactement le même constat. Nous en avons discuté ensemble, avec le sentiment commun que ce lieu de mémoire mériterait davantage d’attention et d’entretien.

Pour ne rien arranger, les fleurs que les familles déposent sur les tombes de leurs proches disparus disparaissent en moins de 24 heures…

Un ouvrier présent sur place m’a expliqué que le cimetière était actuellement dépourvu de «mouqawel», c’est-à-dire de la personne chargée de superviser l’entretien du cimetière et les opérations d’inhumation, depuis l’éviction du dernier responsable, il y a environ quatre mois.

Il m’a également fait part des difficultés liées au manque d’effectifs. Le cimetière ne disposerait actuellement que de quatre ouvriers maçons et de deux ouvriers chargés de les assister. Il y a une quinzaine d’années, ils étaient pourtant quatorze à travailler au cimetière de Swiss.

Plus préoccupant encore, les quatre ouvriers maçons ne sont réunis au complet que deux jours par semaine ; à savoir : jeudi et vendredi. Le reste du temps, une partie de l’effectif est affectée à d’autres cimetières, notamment ceux de Hay Laaouina et d’Oued Kharroub, où la charge de travail est également importante en raison de l’étendue des lieux et de la forte densité de la population.

Ces explications permettent certes de mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les ouvriers, mais elles ne peuvent laisser indifférent face à l’état actuel du cimetière.

Il serait donc souhaitable que la municipalité de Sousse se penche, dans les meilleurs délais, sur la situation du cimetière de Houmet Swiss, afin de renforcer les moyens humains qui lui sont consacrés, d’assurer son entretien régulier et de remédier aux différents problèmes qui s’y posent.

Nos morts méritent le respect et leurs familles doivent venir se recueillir dans un lieu propre, digne et convenablement entretenu. Veiller à la dignité de nos cimetières, c’est aussi veiller à la dignité de ceux qui nous ont quittés et au respect de ceux qui leur rendent visite.

Désengagement de la municipalité et incurie des riverains

* Nous reproduisons ci-dessous le poste sur le même sujet qu’un autre Soussien, Noureddine Ali, a posté sur sa page Facebook, le 19 août 2026…

Il y a quelques jours, sur facebook, Anouar El Fani et Mohamed Sadok Lejri alias Pierrot le fou dénonçaient, chacun de son côté, l’état d’abandon et de délabrement du cimetière de Sousse. Je m’y suis rendu aujourd’hui pour me recueillir sur la tombe de mes parents. Effectivement, le cimetière offre un spectacle de désolation qui tranche avec la dignité que l’on attend d’un lieu de recueillement. Dès l’entrée, une végétation sauvage et envahissante impose sa loi : ronces, herbes folles et arbustes épineux ont colonisé les allées, rendant la circulation entre les tombes malaisée, parfois même impossible à moins de courir le risque de se fouler la cheville ce qui a failli m’arriver.

Les inscriptions de nombreuses sépultures s’effacent peu à peu sous la mousse et les lichens. Le sol, par endroits, disparaît sous un tapis de détritus accumulés au fil des années : sacs plastiques déchirés, bouteilles vides, gravats de construction et déchets divers jonchent les abords comme le cœur même du cimetière, apportés là par le vent ou par l’incurie de riverains peu scrupuleux. Aucun entretien régulier ne semble avoir été assuré depuis longtemps, et l’abandon dans lequel se trouve ce patrimoine funéraire témoigne d’une négligence collective aussi affligeante qu’inquiétante pour la mémoire des défunts qui y reposent.

Face à ce constat désolant, les services municipaux font preuve d’une atonie frappante. L’absence d’entretien régulier, le manque de gardiennage et l’inaction des autorités locales traduisent un désengagement manifeste envers le respect dû aux défunts et le patrimoine de la ville et laissent le site vulnérable au vandalisme et au vol, au point que déposer des fleurs sur une tombe relève désormais du défi.

La municipalité se limite à des interventions ponctuelles et superficielles, souvent uniquement après de vives protestations citoyennes. L’absence d’un gardiennage permanent et vigilant ou d’une brigade dédiée à l’entretien des espaces sacrés laisse le champ libre à l’abandon total du site. Ce n’est pourtant pas une fatalité, il suffit de se rendre au cimetière de Hamam-Sousse pour constater la différence.

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Agriculture | Le blues des producteurs de poivron rouge

Durant la saison de récolte, les producteurs de poivrons du gouvernorat de Nabeul ont été confrontés à d’importantes difficultés liées à une pénurie de main-d’œuvre, auxquelles se sont ajoutés des problèmes de commercialisation du poivron rouge destiné à la transformation ; ils ont notamment dû subir de longues heures d’attente devant les unités de transformation, tout en voyant leurs quantités produites parfois refusées.

Le prix de vente actuel oscille entre 600 et 800 millimes le kilogramme, un niveau jugé très bas au regard des coûts de production, estimés à environ 20 000 dinars par hectare, selon les déclarations de Mohamed Ben Hassen, secrétaire général du Groupement régional de la tomate destinée à la transformation, à la radio Diwan FM.

Ben Hassen a ajouté que les petits agriculteurs subissent des pertes considérables tout en voyant leur endettement s’aggraver, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs ayant affecté négativement le secteur, notamment la hausse des températures, les perturbations de l’irrigation et l’arrêt de l’activité de certaines unités de transformation.

Le responsable syndical a également lancé un appel urgent aux autorités compétentes — les ministères du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture — pour qu’elles interviennent afin de réguler le marché et d’améliorer les prix, garantissant ainsi une marge bénéficiaire aux agriculteurs.

I. B.

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Chirurgie esthétique | L’Ordre des médecins avertit contre les intrus

Avec la multiplication des plaintes de patients ayant subi des actes de chirurgie esthétiques dans des conditions douteuses, les professionnels de la santé en Tunisie ne cessent d’avertir contre les intrus qui pratiquent des actes médicaux dans des officines douteuses.     

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a affirmé, vendredi 21 août 2026, que la médecine esthétique demeure une activité médicale légale, soulignant que les injections et autres actes médicaux à visée esthétique doivent être réalisés par des professionnels qualifiés et compétents, dans des conditions garantissant la sécurité des patients.

Dans un communiqué à valeur de mise au point, l’Ordre des médecins a souligné que «lorsque des injections ou d’autres actes médicaux sont réalisés par des personnes non qualifiées ou non habilitées à les pratiquer, il ne s’agit plus d’une simple activité esthétique, mais d’un exercice illégal de la médecine, comportant des risques pour la santé publique».

L’Ordre a estimé que la banalisation de telles pratiques — en particulier lorsqu’elles font l’objet de promotion ou sont évoquées publiquement dans les médias et sur diverses plateformes — nécessite l’intervention des autorités compétentes et la prise des mesures qui s’imposent.

Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de réaliser tout acte médical au sein de structures de santé appropriées, dans le respect des règles d’hygiène et de sécurité, tout en garantissant la disponibilité des moyens nécessaires pour prendre en charge d’éventuelles complications et en assumant la responsabilité professionnelle.

L’Ordre des médecins a réaffirmé que la médecine esthétique demeure une discipline médicale et qu’elle est soumise, à ce titre, aux mêmes exigences de compétence, de sécurité, d’éthique et de responsabilité professionnelle, précisant qu’il est hors de question de banaliser ces pratiques ou de faire la moindre concession lorsqu’il s’agit de la santé et de la sécurité des citoyens.

I. B.

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Huile d’olive tunisienne | Exportations en hausse de 55%

Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) rapportées par l’agence Tap, il y a eu une évolution notable des performances du secteur de l’huile d’olive en Tunisie au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle, avec des quantités exportées record, atteignant 368 000 tonnes contre 236 900 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une augmentation de 55,3 %.

Selon un rapport publié vendredi 21 août 2026 par l’Onagri sur sa page Facebook officielle, ce dynamisme des exportations a eu un impact positif sur les recettes financières du pays : la valeur des exportations s’est élevée à 4 605,3 millions de dinars (MDT), enregistrant une croissance de 44,4 % par rapport à la campagne précédente (3 190 MDT).

Cette hausse est portée par une demande mondiale croissante, notamment pour l’huile d’olive vierge extra, qui a représenté à elle seule 83,6 % du volume total exporté.

Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont également enregistré une progression de 50,8 %, les quantités exportées passant de 34 1000 tonnes à 51 500 tonnes ; elles représentent ainsi 14 % du volume total des exportations, contre 86 % pour l’huile d’olive exportée en vrac.

La part des exportations d’huile d’olive conditionnée a atteint 18,6 % des recettes totales d’exportation au cours des neuf premiers mois de la campagne actuelle.

Par ailleurs, le prix moyen de l’huile d’olive a augmenté de 1,4 % en juillet 2026 par rapport à la même période de la campagne précédente, passant de 12,97 dinars le kilogramme à 13,16 dinars ; les prix ont varié, selon les variétés, entre 8,22 et 17 dinars le kilogramme.

Plus de 70 marchés

À la fin du mois de juillet 2026, les exportations d’huile d’olive tunisienne étaient réparties sur plus de 70 pays, témoignant ainsi de la diversité des marchés extérieurs.

Le marché de l’Union européenne absorbe la plus grande part des exportations, soit 57,1 %, avec en tête l’Espagne (32,1 %) et l’Italie (20 %).

L’Amérique du Nord occupe la deuxième place avec une part de 24 %, répartie principalement entre les États-Unis (19,2 %) et le Canada (4,8 %).

Les marchés asiatiques représentent 11,3 % du volume total des exportations, l’Arabie saoudite 4,6 %, la Jordanie 3,1 %, le marché africain 3,8 % et le marché égyptien 3,3 %.

673,4 MDT de recettes pour l’huile bio

Concernant l’huile d’olive biologique, les quantités exportées au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026 ont atteint environ 51 200 tonnes, pour une valeur avoisinant les 673,2 MDT.

La part de l’huile d’olive biologique conditionnée n’a pas dépassé 6,2 % du volume total des exportations de cette catégorie.

Le prix moyen de l’huile d’olive biologique s’est établi à 13,16 dinars le kilogramme, oscillant entre 12,93 dinars le kilogramme pour l’huile «en vrac» et 16,56 dinars le kilogramme pour l’huile «conditionnée».

L’Italie arrive en tête des pays importateurs d’huile d’olive biologique tunisienne, avec une part de 38 % du volume total exporté, suivie par l’Espagne (26 %), les États-Unis (23 %) et la France (8 %).

Tap

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Tunisie | Le Mouvement Nafas appelle à la libération de Seifeddine Arfaoui

Le mouvement Nafas — qui a organisé des manifestations contre le régime de Kaïs Saïed le jeudi 20 août 2026 à Tunis — a publié un communiqué de soutien et de solidarité avec le militant Seifeddine Arfaoui, suite à son arrestation par les autorités. Selon certaines sources, cette arrestation fait suite aux slogans qu’il a scandés et qui ont été jugées offensantes et injurieuses pour le chef de l’Etat. Nous publions ci-dessous une traduction dudit communiqué.  

Le pouvoir autoritaire poursuit ses restrictions systématiques des droits et libertés, ainsi que la persécution des militants de la société civile, des acteurs politiques et des voix libres, dans une tentative désespérée d’intimider les citoyens et de les dissuader d’exercer leur droit à l’expression et de défendre leurs droits économiques et sociaux.

Dans ce contexte, ce vendredi 21 août 2026, à la suite d’une campagne systématique sur les réseaux sociaux, le blogueur, défenseur des droits humains et militant du mouvement Nafas, Seifeddine Arfaoui, a été conduit au siège de la Brigade de lutte contre la criminalité à El Gorjani pour y être interrogé. Après consultation du ministère public, celui-ci a ordonné sa garde à vue pour une durée de 48 heures, en raison d’une publication sur sa page Facebook personnelle reprenant des slogans scandés lors de la manifestation «Nafas» du 20 août 2026.
Il s’agit de la deuxième arrestation au sein du mouvement Nafas, après celle du journaliste Zied El Heni le 28 avril 2026, également intervenue à la suite d’une publication sur sa page Facebook personnelle.

Au vu de ce qui précède, le mouvement Nafas :

1- exprime son soutien total et inconditionnel au militant Seifeddine Arfaoui, exige sa libération et l’abandon de toute poursuite à son encontre, ainsi que la fin des poursuites visant les personnes exprimant leurs opinions et les militants de la société civile et du monde politique pour l’exercice de leurs droits légitimes ;

2- réitère son refus de voir l’exercice des droits et libertés ainsi que la participation à des mouvements civiques pacifiques servir de motifs de poursuites judiciaires, ou voir les appareils de l’État instrumentalisés pour intimider les militants et dissuader les citoyens d’exprimer leurs positions et de participer à des actions civiques pacifiques ;

3- fait part de sa conviction que la situation de Seifeddine Arfaoui est indissociable du climat général dans lequel la liberté d’expression, les positions dissidentes et l’engagement civique sont désormais exposés à la criminalisation et aux poursuites.

Défendre Seifeddine revient à défendre le droit de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne à s’exprimer, à exprimer des opinions divergentes, à participer à la vie publique et à manifester pacifiquement.

Nous refusons que des publications sur les réseaux sociaux se transforment en chefs d’accusation, que l’expression d’une opinion devienne un délit et que l’engagement citoyen pacifique serve de motif à une arrestation.

Si ces pratiques visent à effrayer les gens et à les réduire au silence, nous affirmons que la répression et l’intimidation ne feront que renforcer notre détermination à exercer notre droit à l’expression, à la critique et à la contestation pacifique.

Liberté pour Seifeddine Arfaoui.

Liberté pour Zied El Heni.

Liberté pour les prisonniers d’opinion et les prisonniers politiques.

Communiqué traduit de l’arabe.

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Migration : Deux morts et douze disparus après le naufrage au large de Zarzis

Mise à jour – 23 août 2026

Le bilan du naufrage d’une embarcation partie du sud tunisien à destination de l’Italie s’est alourdi. Deux corps ont été repêchés et un seul survivant est désormais confirmé, tandis que douze personnes restent portées disparues.

Ces nouveaux éléments actualisent les premières informations publiées samedi, qui faisaient état de treize disparus et de deux rescapés.

Deux corps repêchés

Le porte-parole de la Garde nationale, Houssem Eddine Jebabli, a indiqué que les opérations de recherche avaient permis de récupérer deux corps. Les dépouilles ont été transférées vers un établissement hospitalier de l’île de Djerba.

Selon les informations communiquées à la TAP et rapportées également par Associated Press, une quinzaine de personnes se trouvaient à bord de l’embarcation.

Le bateau avait pris la mer jeudi depuis le sud-est tunisien. Ses occupants tentaient de rejoindre les côtes italiennes lorsqu’ils ont fait naufrage.

Le bilan communiqué depuis par les autorités permet désormais de préciser les circonstances du drame.

Un seul survivant désormais confirmé

Un seul survivant est à ce stade officiellement confirmé. Il a été retrouvé en mer par un navire commercial alors qu’il portait un gilet de sauvetage.

Son témoignage a notamment permis d’établir qu’environ quinze personnes avaient pris place à bord de l’embarcation.

À la suite de ce sauvetage, les autorités tunisiennes ont renforcé le dispositif destiné à retrouver les autres occupants. Un hélicoptère ainsi que des unités de la Garde maritime ont été mobilisés pour participer aux recherches.

Les opérations se poursuivent et le bilan reste susceptible d’évoluer.

Douze personnes toujours portées disparues

Sur la base des informations actuellement disponibles — une quinzaine de personnes à bord, deux corps retrouvés et un survivant — environ douze personnes restent portées disparues.

Ce chiffre demeure toutefois provisoire tant que le nombre exact de personnes ayant embarqué n’a pas été définitivement établi par les autorités.

Le drame ravive le souvenir du naufrage qui avait profondément marqué Zarzis en 2022. Une embarcation transportant 18 personnes avait alors disparu en mer. L’affaire avait provoqué une importante mobilisation des familles et une controverse autour des opérations de recherche et de l’identification de certaines victimes.

Pour le nouveau naufrage, les recherches se poursuivent au large du sud-est tunisien. La priorité reste de retrouver les personnes encore portées disparues et d’établir un bilan définitif.

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