Lese-Ansicht

La Tunisie ne doit plus se contenter d’avoir du soleil, elle doit en faire une industrie

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il existe des richesses que les pays extraient de leur sous-sol et d’autres qu’ils reçoivent chaque matin du ciel. La Tunisie ne possède ni les réserves pétrolières de certains de ses voisins ni les immenses gisements de gaz qui ont façonné la puissance économique d’autres pays. Mais elle possède une ressource abondante, prévisible, gratuite et durable : le soleil. Le véritable enjeu n’est plus seulement d’installer des panneaux sur les toits ou de construire quelques centrales photovoltaïques. Il est de décider que le solaire doit devenir l’un des grands secteurs industriels du pays.

Cette ambition suppose de changer de regard. La question n’est pas seulement : combien de mégawatts allons-nous produire ? Elle est aussi : combien d’usines allons-nous créer, combien d’ingénieurs allons-nous former, combien de technologies allons-nous maîtriser, combien de produits allons-nous exporter ? Une politique énergétique digne de ce nom doit aussi être une politique industrielle. Importer des systèmes complets améliore notre bilan énergétique, mais ne suffit pas à bâtir une puissance économique.

Le soleil ne doit plus être une simple ressource

La Tunisie doit éviter de reproduire avec le solaire une vieille erreur : exploiter une ressource sans maîtriser la chaîne industrielle qui lui donne sa véritable valeur. Nous devons accélérer l’installation de capacités renouvelables, mais chaque projet devrait être pensé en fonction de ce qu’il peut laisser durablement dans le pays.

Structures métalliques, câbles, coffrets électriques, systèmes de fixation, transformateurs, verre spécialisé, logiciels de supervision, électronique de puissance, onduleurs et solutions de stockage : il existe de nombreux segments dans lesquels des entreprises tunisiennes peuvent progressivement se positionner. Tout ne sera pas produit localement dès demain. Mais une stratégie industrielle sérieuse commence par le choix de quelques métiers dans lesquels nous pouvons devenir compétitifs.

La Tunisie dispose déjà d’ingénieurs, de techniciens, d’une tradition industrielle et d’une proximité géographique avec l’Europe. Encore faut-il organiser ces atouts autour d’une vision et éviter que le développement du solaire ne se traduise simplement par une nouvelle vague d’importations.

Une véritable zone industrielle du solaire

Pourquoi ne pas créer une grande zone industrielle et technologique spécialement consacrée au solaire ? Elle pourrait être implantée dans une région combinant disponibilité foncière, accès au réseau électrique, routes, proximité d’un port et besoin de nouveaux emplois. Ce serait un écosystème réunissant industrie, recherche, formation et innovation.

On pourrait y installer des entreprises de fabrication et d’assemblage, des laboratoires de certification, des centres de recherche, des écoles de formation technique, des startups travaillant sur l’intelligence énergétique et le stockage, ainsi que des unités spécialisées dans le recyclage. Les universités et les écoles d’ingénieurs devraient y être directement associées afin que les travaux scientifiques puissent devenir des prototypes, puis des produits commercialisables.

Cette zone pourrait aussi devenir un lieu privilégié pour les partenariats internationaux. La Tunisie gagnerait à coopérer avec des pays très avancés dans le photovoltaïque, le stockage et l’électronique de puissance : Chine, Allemagne, Italie, Espagne, Corée du Sud, Japon et avec des investisseurs du Golfe. L’objectif serait de les inciter à produire chez nous tout en organisant le transfert de compétences, la formation de nos ingénieurs et l’intégration progressive de fournisseurs tunisiens.

Crédits, fiscalité et douane : choisir une priorité

Une ambition nationale ne peut pas rester un discours. Si le solaire devient un secteur prioritaire, cette priorité doit apparaître dans les décisions concrètes. Les entreprises qui investissent dans la fabrication d’équipements solaires devraient bénéficier de lignes de crédit spécifiques, de garanties publiques, de procédures administratives accélérées et d’avantages fiscaux liés à l’investissement productif et à l’exportation.

La politique douanière devrait elle aussi être repensée. Les machines nécessaires à la création d’usines solaires, ainsi que les composants qui ne sont pas encore fabriqués en Tunisie, pourraient bénéficier d’exonérations ou de droits réduits. En revanche, il faudrait éviter une situation où le produit fini importé serait favorisé de la même manière qu’un équipement servant à développer une production locale.

Il s’agit d’utiliser intelligemment les outils de l’État pour encourager l’investissement, l’innovation et l’emploi qualifié.

La commande publique peut aussi jouer un rôle décisif. Écoles, hôpitaux, universités, administrations, stations de pompage et bâtiments publics devront de plus en plus s’équiper en solaire. Une partie de cette demande peut servir de tremplin aux industriels tunisiens, à condition que la qualité et les normes techniques soient rigoureusement respectées.

Produire en Tunisie et vendre au monde

Le marché tunisien ne suffira pas à faire émerger une grande industrie solaire. Dès le départ, la stratégie doit donc être exportatrice. La Tunisie possède pour cela une situation géographique remarquable : africaine, méditerranéenne, proche de l’Europe et ouverte sur plusieurs marchés.

Notre pays devrait chercher à devenir une plateforme de production solaire pour l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et le Sud de l’Europe. Il ne faut pas seulement rêver d’exporter de l’électricité verte. Il faut vouloir exporter les équipements qui permettent de la produire.

Imagine-t-on, dans quinze ans, des onduleurs, des structures, des systèmes électroniques, des logiciels ou des solutions de stockage portant la mention «Made in Tunisia» et installés au Sénégal, en Mauritanie, en Libye, en Italie ou ailleurs ? Ce n’est pas une utopie si une politique cohérente est poursuivie suffisamment longtemps.

La Tunisie a déjà montré, notamment dans les composants automobiles et électriques, qu’un petit pays peut s’insérer dans des chaînes industrielles internationales complexes. Le solaire peut devenir une nouvelle étape de cette évolution. Mais le leadership ne se décrète pas. Il se construit dans les usines, les laboratoires, les centres de formation, les banques, les ports et les administrations.

Ce qui manque le plus n’est peut-être pas le potentiel, mais la continuité. Une stratégie industrielle solaire doit survivre aux changements de gouvernements et aux hésitations administratives. Elle doit être pensée sur quinze ou vingt ans, avec des objectifs mesurables et des filières prioritaires.

Le soleil se lève chaque matin sur la Tunisie sans exiger de devises, sans traverser de gazoduc et sans attendre qu’un navire entre dans un port. Cette énergie tombe gratuitement sur nos villes, nos champs et nos régions du Sud. La ressource est là. Ce qui reste à construire, c’est l’industrie qui saura la transformer en emplois, en technologie, en exportations et en souveraineté.

La Tunisie ne deviendra sans doute jamais une grande puissance pétrolière. Elle peut en revanche choisir de devenir une puissance solaire industrielle. Cela exige une priorité claire dans les investissements, les crédits, la fiscalité et les douanes, une zone industrielle spécialisée, des partenariats internationaux exigeants et une ambition exportatrice assumée. Ce serait plus qu’une politique énergétique, ce serait un véritable projet national.

 

L’article La Tunisie ne doit plus se contenter d’avoir du soleil, elle doit en faire une industrie est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Panoro Energy s’implante en Côte d’Ivoire, pendant que la Tunisie reste à la traîne

Panoro Energy accélère son expansion africaine. Le groupe énergétique norvégien vient d’annoncer l’acquisition, auprès de DNO ASA, d’une participation indirecte de 9,09 % dans le bloc gazier ivoirien CI-27, pour un montant de 80 millions de dollars. Une opération qui marque son entrée en Côte d’Ivoire, quelques mois seulement après avoir renforcé sa présence en Guinée équatoriale.

Le bloc CI-27, cela dit en passant, produit principalement du gaz naturel destiné à l’alimentation électrique d’Abidjan – la capitale économique -, dans le cadre d’un contrat de vente à long terme. Et les résultats sont déjà visibles. Selon les chiffres qui publiés par l’entreprise, la part acquise par Panoro a généré une production nette de 3 334 barils équivalent pétrole par jour au premier semestre 2026, et représente 9,4 millions de barils équivalent pétrole de réserves prouvées et probables (2P), auxquelles s’ajoutent 5 millions de barils équivalent pétrole de ressources contingentes (2C).

Grâce à cette acquisition, la production nette proforma du groupe atteint désormais environ 20 800 barils équivalent pétrole par jour, rapprochant Panoro de son objectif de dépasser les 25 000 barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2028. Il s’agit de sa deuxième opération stratégique depuis le début de l’année, confirmant la volonté du groupe de consolider son statut d’acteur énergétique indépendant à vocation panafricaine, se félicite l’entreprise.

Un dynamisme régional qui contraste avec l’inertie tunisienne

Cette opération illustre surtout l’appétit croissant des investisseurs pour le secteur gazier africain, alors que plusieurs pays du continent misent de plus en plus sur leurs ressources pour répondre à leurs besoins en électricité. Un mouvement dont la Tunisie, pourtant dotée d’un potentiel gazier et pétrolier réel, peine à tirer profit, malheureusement.

Pendant que la Côte d’Ivoire attire des investissements structurants et que la Guinée équatoriale consolide son attractivité, le secteur des hydrocarbures tunisien reste englué dans l’attentisme : cadre réglementaire jugé peu incitatif, lenteur administrative, absence de véritable stratégie de valorisation des gisements existants, etc. Résultat, les majors et les indépendants qui multiplient les acquisitions ailleurs sur le continent regardent la Tunisie de loin, quand ils ne s’en détournent pas carrément.

À l’heure où ses voisins transforment leurs ressources gazières en leviers de croissance et d’attractivité, la Tunisie continue de gérer son secteur énergétique au fil de l’eau, sans initiative forte pour inverser la tendance.

Rappelons au passage que Panoro est présente en Tunisie depuis 2018 et détient des participations dans plusieurs concessions pétrolières, notamment Ras El Besh, El Hajeb Guebiba et Cercina Sud, ainsi que dans le permis offshore de Sfax (SOEP) et les champs historiquement exploités via TPS (ex-OMV), dont le champ d’El Ain dans la concession de Gremda (Sfax)…

Quant aux investissements réalisés, ils concernent l’acquisition de DNO-Tunisia AS en 2018, marquant l’entrée de Panoro sur le marché tunisien ; puis l’acquisition d’OMV Tunisia Upstream GmbH (trois mois plus tard) pour 65 millions de dollars, avec une participation de 49 % dans des champs pétroliers en production ; il y a aussi l’acquisition des 40 % de Beender Tunisia Petroleum dans Sfax Petroleum Corp. pour environ 18,2 millions de dollars ; et, en 2024, l’émission obligataire de 150 millions de dollars (taux de 10,25 %, échéance à 5 ans), en partie destinée à accélérer la croissance des activités tunisiennes du groupe.

Voilà pourquoi le management de Panoro considère que le marché tunisien possède un vrai potentiel d’investissement dans le secteur gazier et pétrolier. L’espoir est donc permis pour faire revenir les majors et/ou les moyennes compagnies du secteur.

L’article Panoro Energy s’implante en Côte d’Ivoire, pendant que la Tunisie reste à la traîne est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Coupures d’électricité : Au-delà de la canicule, le spectre d’une crise structurelle du système énergétique tunisien

Les coupures d’électricité qui se multiplient en Tunisie ne seraient pas seulement la conséquence des vagues de chaleur et de l’explosion de la consommation durant l’été. Elles traduiraient surtout une fragilité plus profonde du système énergétique national, marquée par l’absence de marges de sécurité suffisantes et un déficit d’investissement dans les capacités de production.

C’est le diagnostic dressé jeudi 20 août 2026 par l’ingénieur et expert en énergie Fouad Ali, lors d’une intervention sur Jawhara FM.

Selon lui, les épisodes de délestage et les interruptions périodiques de l’alimentation électrique constituent le symptôme d’une « crise structurelle continue » de la filière énergétique tunisienne.

Un système sans véritable marge de sécurité

Fouad Ali estime que le système tunisien de production d’électricité fonctionne durant l’été avec des marges de manœuvre particulièrement réduites. La Tunisie reste ainsi dépendante des importations d’énergie et de gaz en provenance d’Algérie pour répondre aux pics de demande.

Or, cette dépendance devient problématique lorsque l’Algérie connaît elle-même une forte hausse de sa consommation électrique. Les deux pays étant confrontés à des conditions climatiques similaires, notamment à de fortes températures et à des taux d’humidité élevés, la capacité d’assistance disponible du côté algérien peut se réduire au moment même où la demande tunisienne atteint ses niveaux les plus élevés.

Dans ces conditions, la Tunisie peut être contrainte de recourir au délestage, c’est-à-dire à des coupures temporaires et ciblées destinées à éviter une surcharge générale du réseau.

Pourquoi la fin août est particulièrement sensible

L’expert souligne également que la capacité effective de production du réseau électrique tend généralement à être plus faible à la fin du mois d’août qu’en juillet.

Plusieurs facteurs techniques et physiques expliqueraient cette situation. L’augmentation de l’humidité maritime peut notamment réduire l’efficacité du refroidissement de certaines unités de production. Parallèlement, les climatiseurs domestiques perdent eux aussi une partie de leur efficacité lorsque les conditions de chaleur et d’humidité deviennent extrêmes, poussant les ménages à augmenter davantage leur consommation.

À cela s’ajoute le retour estival de nombreux Tunisiens résidant à l’étranger, qui contribue à accroître la demande nationale en électricité. Le réseau subit également les effets de plusieurs semaines de fortes sollicitations durant les vagues de chaleur successives.

Cette combinaison de facteurs place ainsi le système électrique sous une pression maximale à une période où ses capacités disponibles peuvent, paradoxalement, être plus limitées.

Des températures attendues à plus de 40 degrés

Fouad Ali a par ailleurs mis en garde contre la possibilité d’une aggravation des perturbations au cours de la période à venir, avec des températures qui pourraient dépasser les 40 degrés et atteindre localement entre 45 et 47 degrés.

Pour l’expert, la réponse à cette situation ne peut pas se limiter à une gestion ponctuelle des crises ou à des mesures prises dans l’urgence à chaque nouvel épisode de canicule.

Lire aussi : Canicule et délestages : Les Tunisiens redoutent un week-end difficile

« Le problème fondamental est celui du manque d’investissement », a-t-il en substance souligné.

Selon ses estimations, les investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) auraient enregistré une baisse de 87 % au cours des cinq dernières années. Un recul qui aurait privé le réseau du développement de nouvelles capacités de production et accentué l’écart entre l’évolution de la demande et les moyens disponibles pour y répondre.

L’urgence de nouveaux investissements

Face à cette situation, l’expert appelle les autorités à revoir leurs orientations et à accélérer les investissements dans le secteur énergétique.

Il plaide notamment pour la recherche de solutions concernant le dossier des autorisations et des procédures qui freinent le lancement de nouveaux projets, ainsi que pour l’accélération de la construction de nouvelles centrales de production conventionnelles.

Au-delà des épisodes de chaleur, la question des coupures d’électricité renvoie donc à un défi plus large : celui de la capacité de la Tunisie à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. Car si les températures extrêmes agissent comme un accélérateur de la crise, elles ne seraient, selon Fouad Ali, que le révélateur d’un déséquilibre installé depuis plusieurs années entre la croissance des besoins et le rythme des investissements dans les infrastructures énergétiques.

L’article Coupures d’électricité : Au-delà de la canicule, le spectre d’une crise structurelle du système énergétique tunisien est apparu en premier sur webdo.

  •  

Gisement Zarat : après 34 ans d’hibernation, l’heure du réveil?

Trente-quatre ans après sa mise au jour dans le golfe de Gabès, le gisement de Zarat n’a toujours pas été mis en production. La société mixte tuniso-libyenne Joint Oil ouvre un nouveau round d’appel d’offres, avec un calendrier s’étalant de septembre 2026 à avril 2027, pour tenter de trouver le partenaire capable de le développer.

Un gisement découvert en 1992 mais jamais exploité : c’est ce dossier que la Tunisie tente à nouveau de faire avancer. Zarat, situé au large du golfe de Gabès, fait l’objet d’un nouvel appel d’offres porté par Joint Oil, qui espère cette fois convaincre un opérateur de franchir le pas vers la production commerciale.

Plusieurs forages menés sur le site ont confirmé la présence d’hydrocarbures, avec un potentiel mixte, à la fois gazier et pétrolier. Il ne s’agit donc pas d’une zone vierge de toute exploration, mais d’une découverte dont la valorisation reste, plus de trente ans après, à concrétiser. Les données techniques disponibles évoquent, dans un scénario médian, environ 0,4 trillion de pieds cubes de gaz récupérable, auxquels s’ajoutent 50 millions de barils de liquides.

L’emplacement du gisement pourrait jouer en sa faveur : sa proximité avec les ports et infrastructures de Sfax et de Zarzis est présentée comme un atout pour faciliter un futur développement, ainsi que le traitement et l’évacuation de la production. Pour la Tunisie, mettre Zarat en production permettrait de mieux valoriser ses ressources offshore et de conforter sa production nationale d’hydrocarbures, à un moment où celle-ci recule tandis que la dépendance du pays aux importations énergétiques s’accroît. Le développement de cette découverte pourrait, dans ce contexte, alléger la pression pesant sur la balance énergétique nationale.

Un second volet consacré à l’exploration du Joint Oil Block

L’appel d’offres ne se limite pas à Zarat. Il porte également sur l’exploration du Joint Oil Block, un périmètre offshore d’environ 3.000 km² implanté dans le bassin de Gabès-Tripoli, en Méditerranée centrale, à des profondeurs d’eau comprises entre 80 et 120 mètres. Cette zone se situe dans l’espace maritime partagé entre la Tunisie et la Libye, au cœur du bassin pélagien. Sa localisation, à proximité de plusieurs actifs pétroliers et gaziers déjà en exploitation dans les deux pays, en constitue l’un des principaux arguments de vente auprès des investisseurs potentiels.

Le permis correspondant à ce bloc a été attribué en 1989. Il couvre une superficie d’environ 3.055 km², sur la marge méridionale de la Méditerranée centrale, à quelque 120 kilomètres au sud-est de Sfax et 150 kilomètres au nord-ouest de Tripoli, avec des profondeurs d’eau pouvant atteindre 120 mètres. Les campagnes d’exploration menées au fil des décennies ont permis de constituer une base de données géologique et sismique conséquente, comprenant 6.500 kilomètres de relevés sismiques 2D, 1.900 km² de données 3D, ainsi que plusieurs puits forés.

Un calendrier détaillé jusqu’en 2027

Joint Oil vient de dévoiler les nouvelles échéances de la procédure. Le processus s’ouvrira le 7 septembre 2026 et restera accessible jusqu’au 31 décembre de la même année. Les sociétés candidates auront ensuite jusqu’au 8 janvier 2027 pour déposer leurs propositions. L’annonce des candidats sélectionnés est prévue pour le 26 février 2027, avant des attributions formelles attendues au plus tard le 30 avril 2027.

Ce nouvel appel d’offres sera mis en avant lors de deux rendez-vous internationaux : à Londres, le 9 septembre, à l’occasion d’une réunion du Mediterranean, Middle East & Africa Scout Group, puis les 29 et 30 septembre, dans le cadre du World Energy Summit.

Joint Oil, un partenariat né d’un accord tuniso-libyen de 1988

L’opérateur à la manœuvre, Joint Oil Exploration, Exploitation and Petroleum Services Company, résulte d’un accord bilatéral signé entre la Tunisie et la Libye en 1988. Son capital est réparti à parts égales entre l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) et la société libyenne OLA Energy Holdings. Instituée le 8 août 1988 par une convention entre les deux États, la société a ensuite été entérinée par la loi tunisienne n°89-10 du 1er février 1989.

Depuis sa création, Joint Oil concentre son activité sur l’exploration des ressources situées dans cette zone offshore à cheval entre les eaux tunisiennes et libyennes — un cadre dans lequel s’inscrivent aujourd’hui les deux volets de ce nouvel appel d’offres, entre relance d’une découverte ancienne et poursuite de l’exploration régionale.

L’article Gisement Zarat : après 34 ans d’hibernation, l’heure du réveil? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Prosol Elec 2026: pourquoi l’ANME demande-t-elle aux entreprises de finaliser les démarches? 

Les programmes Prosol Elec et Prosol Elec Économique avancent vers leur mise en œuvre pour 2026. L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) vient de demander aux entreprises retenues dans le cadre de ces deux programmes de finaliser leurs contrats.

Les entreprises concernées doivent récupérer leurs contrats auprès de l’ANME, puis procéder à leur signature et à leur enregistrement. Les dossiers peuvent être déposés au siège de l’agence à Tunis ou dans ses bureaux régionaux à Sfax et Sousse. Cette étape concerne donc directement les entreprises qui vont intervenir dans l’installation des équipements photovoltaïques chez les ménages. Elle permet de passer de la sélection des entreprises à la phase concrète de réalisation des installations prévues pour 2026. Le dispositif repose sur deux programmes aux publics différents. Le Prosol Elec concerne les ménages qui souhaitent produire leur propre électricité à partir de panneaux solaires, tout en restant raccordés au réseau basse tension. Le Prosol Elec Économique vise, lui, les logements à faibles revenus, à savoir une consommation annuelle comprise entre 1 200 et 1 800 kWh. Dans ce cadre, le programme prévoit une subvention de 1 500 dinars par installation et un crédit bancaire à 3% sur 10 ans. Et ce, par prélèvement sur la facture de la Steg. L’objectif est de lever l’un des principaux obstacles au développement du solaire résidentiel: le coût initial de l’équipement.

Mais le dispositif ne vise pas uniquement à aider les ménages. Il cherche aussi à créer un marché pour les entreprises. En soutenant la demande, l’État donne davantage de visibilité aux installateurs, mais aussi aux fournisseurs d’équipements, aux techniciens et aux sociétés de maintenance. L’expérience de Prosol dans le solaire thermique montre déjà cet effet. Selon l’ANME, le programme a contribué à la création de 750 emplois directs et plus de 5 000 emplois indirects. Pour le photovoltaïque, le marché a également déjà pris de l’ampleur. L’ANME indique que Prosol Elec avait permis l’installation d’environ 300 MW pour près de 90 000 familles.

Par ailleurs, la contractualisation des entreprises constitue une étape nécessaire. Cette nouvelle étape intervient alors que la Tunisie cherche à développer les énergies renouvelables et à réduire sa dépendance aux énergies fossiles pour produire son électricité. Le solaire photovoltaïque destiné à l’autoconsommation fait partie des solutions retenues pour y parvenir. 

 

L’article Prosol Elec 2026: pourquoi l’ANME demande-t-elle aux entreprises de finaliser les démarches?  est apparu en premier sur Managers.

  •  

Électricité en France : les prix au plus haut depuis 19 mois

En France, les prix journaliers de l’électricité ont atteint leur plus haut niveau depuis janvier 2025, en raison des coupures liées aux températures élevées dans les centrales nucléaires du pays et des conditions météorologiques plus nuageuses en Europe qui limitent la production d’énergie solaire.

Les réacteurs continuent de faire face à des contraintes, la hausse des températures des rivières empêchant certaines centrales nucléaires d’utiliser l’eau pour leur refroidissement. La production d’électricité nucléaire en France a chuté samedi à son plus bas niveau depuis octobre, selon les données de RTE publiées lundi 17 août, tandis que la disponibilité du parc nucléaire français est tombée à 58 % lundi, d’après Bloomberg.

Les prix de l’électricité pour le lendemain ont atteint 177,34 euros par mégawattheure lundi, selon les données d’Epex Spot. Les prix en cours de journée ont même été plus élevés pendant certaines heures lundi, ce qui laisse présager un marché encore plus tendu depuis le week-end.

Les vagues de chaleur intenses qui ont frappé le continent cet été ont mis à rude épreuve les réseaux électriques et d’eau, exercé une pression sur les services de santé publique et provoqué d’importants incendies de forêt, même si les températures devraient baisser cette semaine.

Alors que la région a bénéficié de plusieurs semaines de temps clair et ensoleillé, ce qui a permis de réduire les coûts de l’électricité en milieu de journée, la couverture nuageuse limite désormais la production d’énergie solaire. La production d’énergie solaire en Allemagne, qui influe sur les prix de l’électricité en France, devrait atteindre un pic d’environ 25 gigawatts aujourd’hui, selon les modèles de Bloomberg. Cela représente moins de la moitié de la production de pointe enregistrée la semaine dernière, et le niveau de mardi devrait être encore plus bas.

Une vague de temps plus frais et humide est attendue en Allemagne cette semaine, accompagnée d’une nébulosité accrue, selon les modèles météorologiques et les analyses des météorologues. Des conditions venteuses et pluvieuses sont également prévues en France cette semaine, d’après les modèles du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT).

L’article Électricité en France : les prix au plus haut depuis 19 mois est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Électricité : une hausse de production de 5 %… vraiment?

Alors que les Tunisiens subissent une nouvelle vague de délestages et de coupures de courant à répétition en plein été, le bilan officiel de l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONE) tente de rassurer avec des chiffres au vert.

Ainsi, à fin juin 2026, l’observatoire fait état d’une hausse de la production nationale d’électricité de 5 % pour atteindre 9 550 GWh (autoproduction renouvelable incluse), contre 9 058 GWh un an plus tôt. Mais sur le terrain, cette augmentation théorique ne suffit manifestement pas à masquer les fragilités d’un réseau à bout de souffle.

Dépendance persistante et transition renouvelable à la traîne

Malgré cette progression, le pays reste incapable d’assurer son autonomie énergétique lors des pics de consommation. Les achats d’électricité auprès de l’Algérie ont ainsi dû couvrir 10 % des besoins du marché local sur les six premiers mois de l’année.

Pendant ce temps, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) conserve un quasi-monopole archaïque, canalisant 91 % de la production nationale. Une hégémonie qui freine la diversification : la part des énergies renouvelables plafonne à un modeste 9,2 % de la production globale. L’effort repose encore largement sur les initiatives privées, avec 500 MW de toitures photovoltaïques installées par le secteur résidentiel et 130 MW dans l’industrie, le tertiaire et l’agriculture.

Surchauffe du réseau et recul de l’activité industrielle

Pendant que la pointe de consommation a bondi de 5 % pour atteindre 4 750 MW (contre 4 531 MW à fin juin 2025), la demande industrielle, elle, envoie des signaux inquiétants sur la santé économique du pays :

  • Industrie chimique et pétrolière : les ventes d’électricité s’effondrent de 5 %.

  • Matériaux de construction : recul des ventes de 2 %.

  • Consommation globale HT/MT : une baisse de 5 % des ventes pour la haute tension, compensée seulement par une timide hausse de 1 % en moyenne tension.

Seuls le secteur du papier/édition (+8 %) et le pompage agricole (+6 %) enregistrent une hausse d’activité — ce dernier chiffre traduisant surtout l’aggravation du stress hydrique et la nécessité d’irriguer davantage.

Flou artistique sur la consommation des ménages

Alors que la population paie le prix fort des pannes répétées, l’ONE admet à demi-mot son incapacité à mesurer la consommation réelle des ménages. Basées sur une facturation bimestrielle dont près de la moitié des montants est simplement « estimée », les statistiques officielles pour la basse tension (dont 75 % est absorbé par le résidentiel) restent approximatives.

Entre hausses de production théoriques, dépendance aux importations et opacité des données de consommation, le constat demeure amer : la gestion actuelle peine à garantir aux usagers et aux entreprises la continuité d’un service public pourtant fondamental.

L’article Électricité : une hausse de production de 5 %… vraiment? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie | PIB en hausse de 2,3% au terme du 2e trimestre 2026

Les estimations issues des comptes nationaux trimestriels de la Tunisie montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une croissance au taux de 2,3% sur un an au cours du deuxième trimestre de 2026.

C’est ce que signale l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport périodique sur la croissance économique, ajoutant que le PIB en volume, au cours de la même période, et en glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre de 2026, a augmenté de 1,4%.

S’agissant des variations trimestrielles, le PIB a enregistré une croissance de 1,4 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de la même année.

Sur cette base, le PIB a enregistré une croissance de 2,4 % au cours du premier semestre de l’année en cours, par rapport à la même période de l’année précédente.

Les activités agricoles ont enregistré une accélération de leur croissance au cours du deuxième trimestre 2026, le volume de la valeur ajoutée du secteur progressant de 5,5 % en glissement annuel.

Ce secteur a contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage au taux de croissance de 2,3 % enregistré pour le PIB.

De même, les activités de services ont maintenu une dynamique de croissance positive au cours du deuxième trimestre de l’année en cours ; le volume de la valeur ajoutée a augmenté de 1,9 % par rapport au deuxième trimestre 2025, contribuant pour 1,18 point de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

Cette évolution est principalement portée par la hausse de la valeur ajoutée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (+4,6 %), de l’information et de la communication (+3,5 %) et des transports (+1,7 %).

S’agissant des industries manufacturières, le volume de la valeur ajoutée a progressé de 0,9 % au cours du deuxième trimestre 2026, porté par la croissance de l’agroalimentaire (2,1 %), des industries mécaniques et électriques (1,6 %) et des industries diverses (3,7 %).

À l’inverse, le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et du traitement des déchets a enregistré un recul de 1,7 % de sa valeur ajoutée ; ce repli est principalement imputable à la baisse de la valeur ajoutée dans le secteur minier et dans celui de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en baisse respective de 9,6 % et de 1,1 %.

Dans l’ensemble, le secteur industriel a enregistré une croissance de 0,3 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Celui de la construction a également affiché une croissance positive, le volume de la valeur ajoutée augmentant de 3,6 % en glissement annuel par rapport au deuxième trimestre de 2025.

La répartition du PIB par composante de la demande pour le troisième trimestre 2026 fait apparaître une hausse de 3,3 % du volume de la demande intérieure — incluant les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe (investissement) — par rapport au deuxième trimestre 2025 (en glissement annuel). Cette évolution positive a contribué à hauteur de 3,61 points de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

À l’inverse, le solde du commerce extérieur a contribué par une baisse de -1,33 point de pourcentage à ce taux de croissance du PIB. Cette situation s’est inscrite dans un contexte de progression de 10,4 % du volume des exportations de biens et services et de 11,2 % du volume des importations au cours de la même période.

Le rapport en arabe.

L’article Tunisie | PIB en hausse de 2,3% au terme du 2e trimestre 2026 est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

La Tunisie face au pari à haut risque de l’IA

Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ? (Photo: DataXion).

Naamen Bouhamed *

La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.

Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.

Production actuelle et défis à venir

La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ? 

Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.

Comparaisons internationales : des signaux d’alerte

En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.

La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.

La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.

Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.

Une demande mondiale en explosion

Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.

La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.

Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :

– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;

– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;

– l’essor de la production d’énergie sur site ;

– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;

– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.

Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe

A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.

Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.

En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.

L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable, alerte sur:

– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;

– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.

La pollution provoquée par les géants du numérique

Selon une enquête du Monde (juillet 2026) :

– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;

– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.

Et la Tunisie dans cette course ?

Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.

La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?

Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?

Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.

La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?

Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :

Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?

La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :

– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;

– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;

– former une nouvelle génération d’experts en IA ;

– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;

– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?

L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?

Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.

Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.

Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents

La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.

Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.

Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.

A suivre…

* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.

L’article La Tunisie face au pari à haut risque de l’IA est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie : le déficit énergétique s’envole à 7 milliards de dinars

Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie s’est fortement creusé au premier semestre 2026. Il est passé de 5,175 milliards de dinars à fin juin 2025 à 7 milliards de dinars à fin juin 2026, soit une hausse de 35%, en tenant compte de la redevance sur le gaz algérien exporté.

Selon le rapport sur la conjoncture énergétique publié vendredi par l’Observatoire national de l’énergie et des mines, cette évolution intervient dans un contexte marqué à la fois par une progression des échanges énergétiques à l’import comme à l’export.

Les exportations de produits énergétiques ont augmenté de 38% en valeur, tandis que les importations ont progressé de 36% sur la même période.

Le pétrole, le dollar et les volumes au cœur de l’évolution

Les échanges commerciaux dans le secteur de l’énergie restent particulièrement sensibles à trois principaux facteurs : les quantités échangées, le taux de change dollar/dinar et les cours du Brent.

Le Brent constitue en effet la référence pour l’indexation des prix du brut importé et exporté ainsi que pour ceux des produits pétroliers.

Au cours du mois de juin 2026, les cours du Brent ont ainsi enregistré une hausse de 14 dollars par baril par rapport à juin 2025. Cette progression s’explique notamment par l’escalade des tensions au Moyen-Orient, ainsi que par les risques qui pèsent sur le transit pétrolier à travers le détroit d’Ormuz.

Un dinar quasi stable face au dollar

À l’inverse, le taux de change du dinar tunisien face au dollar américain, principale devise utilisée dans les échanges de produits énergétiques, est resté quasi stable en juin 2026 par rapport à la même période de l’année précédente.

L’évolution du déficit énergétique apparaît ainsi principalement liée à la dynamique des échanges et à l’évolution des cours internationaux du pétrole, dans un contexte où la facture énergétique continue de peser lourdement sur les équilibres commerciaux de la Tunisie.

L’article Tunisie : le déficit énergétique s’envole à 7 milliards de dinars est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Énergie en Tunisie : 400 entreprises concentrent 70% de la consommation industrielle

Alors que la Tunisie cherche à réduire sa dépendance énergétique, une grande partie des économies possibles se trouve dans seulement 400 entreprises. L’exemple d’une cimenterie ayant investi 40 millions de dinars pour économiser 15 millions par an montre l’importance du potentiel encore disponible.

Sur près de 5000 établissements industriels recensés en Tunisie, 400 grandes entreprises absorbent environ 70% de la consommation énergétique du secteur. Ces données ont été communiquées, mardi 11 août 2026 à la TAP, par Mohamed Ali Safi, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur industriel à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).

Ces grands consommateurs dépassent chacun 800 tonnes équivalent pétrole par an. Selon le responsable, les programmes d’audit énergétique obligatoire et de cogénération menés auprès des entreprises concernées ont permis de réduire leur facture énergétique d’environ 30% et leur consommation d’énergie primaire de 35%.

Cette concentration signifie qu’une action ciblée sur seulement 8% des établissements pourrait produire des effets importants à l’échelle de l’industrie. L’enjeu concerne à la fois la maîtrise de la demande nationale, les coûts de production et la compétitivité des entreprises.

Une cimenterie économise 15 millions de dinars par an

L’ANME cite notamment un projet de récupération de chaleur résiduelle réalisé dans une cimenterie tunisienne. L’investissement, estimé à 40 millions de dinars, a permis d’économiser environ 15 millions de dinars par an et de réduire de 30% la consommation électrique de l’usine.

Le montant investi aurait ainsi été récupéré en moins de deux ans. Les études techniques évaluent à 80 mégawatts le potentiel cumulé de projets comparables dans l’ensemble du secteur cimentier.

La récupération de chaleur consiste à capter l’énergie thermique dégagée par les procédés industriels afin de la convertir notamment en électricité.

Des garanties pour financer les projets

Une convention avec la Société tunisienne de garantie prévoit un mécanisme couvrant 75% du principal des crédits, moyennant une commission ne dépassant pas 2%. Le dispositif vise principalement les PME confrontées aux difficultés de financement et de mobilisation de fonds propres.

Les équipements d’efficacité énergétique peuvent également bénéficier d’une TVA réduite à 7% et de droits de douane ramenés à 10%.

L’échéance du carbone européen

La Tunisie développe parallèlement une feuille de route industrielle de décarbonation. Une aide du Fonds de transition énergétique peut couvrir 70% du coût des études de comptabilité et d’empreinte carbone, dans la limite de 70.000 dinars. La plateforme numérique « DecarboTech » permet aussi aux entreprises de réaliser une première autoévaluation.

Ces mesures doivent notamment aider les exportateurs à répondre aux exigences du mécanisme carbone européen, entré dans sa phase définitive le 1er janvier 2026. Le ciment, les engrais, le fer, l’acier et l’aluminium figurent parmi les secteurs concernés.

Lire aussi:

L’article Énergie en Tunisie : 400 entreprises concentrent 70% de la consommation industrielle est apparu en premier sur webdo.

  •  

Crise de l’énergie : les hôtels tunisiens plongés dans la pénombre en pleine saison touristique

Hôtels, restaurants et autres établissements d’hébergement sont confrontés à des interruptions de courant qui mettent à rude épreuve leur fonctionnement quotidien et risquent d’avoir des répercussions durables sur l’image de la destination.

Alors que la haute saison estivale bat son plein, les coupures d’électricité à répétition qui frappent le pays tout entier plongent une partie du secteur touristique tunisien dans une situation inédite.

Ces perturbations interviennent au pire moment. Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs régions : les réclamations de clients se multiplient, des demandes de rapatriement sont signalées, tandis que certains tour-opérateurs demandent des explications à leurs partenaires tunisiens.

En parallèle, les avis négatifs publiés sur les principales plateformes de réservation et de notation entraînent une dégradation de la réputation de plusieurs établissements, avec un impact qui pourrait perdurer bien au-delà de la saison actuelle.

Les solutions impossibles

Sur le plan opérationnel, les difficultés s’accumulent. Les hôtels qui tentent de louer des groupes électrogènes font face à une forte hausse des coûts, sans pour autant pouvoir garantir une alimentation électrique continue. Les interruptions de courant fragilisent également la chaîne du froid, exposant les établissements à des pertes de denrées alimentaires et à un risque accru de rupture d’approvisionnement, dans la mesure où les fournisseurs sont eux aussi affectés par la crise énergétique.

Cette nouvelle épreuve intervient alors que le secteur touristique n’avait pas encore totalement retrouvé son rythme habituel. Déjà confrontés à un ralentissement des réservations lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux répercussions du conflit entre les États-Unis et l’Iran sur les comportements de certains marchés émetteurs, les professionnels voient désormais s’ajouter un facteur de crise supplémentaire susceptible de fragiliser davantage la saison estivale.

Les questions sans réponses

Au-delà des conséquences immédiates, les interrogations sont nombreuses. Combien de temps cette situation durera-t-elle ? Quel sera son coût économique pour les entreprises touristiques ? Quel impact aura-t-elle sur la perception de la destination Tunisie auprès des voyageurs internationaux ? Et surtout, s’agit-il d’un épisode ponctuel ou du début d’un phénomène appelé à se reproduire lors des prochaines saisons estivales ?

Sur le terrain, les professionnels font face à une clientèle de plus en plus difficile à rassurer.

« Nous faisons tout pour essayer de calmer les esprits et de nous excuser auprès de nos clients, mais rien n’y fait. Il faut comprendre que lorsqu’il fait encore 36 °C à 23 heures et qu’il n’y a plus de climatisation dans les chambres, les clients sont hors d’eux, notamment les familles avec de jeunes enfants », témoigne une hôtelière de Hammamet.

Toutes les régions touchées

« La clientèle est particulièrement remontée contre l’hôtel et ne peut pas admettre que cette situation échappe totalement à notre volonté. Beaucoup considèrent qu’il est de notre responsabilité de disposer d’un groupe électrogène », explique pour sa part le directeur commercial d’un établissement à Monastir.

Or, rappellent les professionnels, la réalité technique est bien plus complexe. Installer des groupes électrogènes de forte puissance représente un investissement considérable, nécessite des espaces adaptés et implique des contraintes d’exploitation importantes.

Dans la plupart des hôtels, les équipements de secours existants — groupes électrogènes ou onduleurs — ont été conçus pour assurer uniquement les fonctions essentielles : un éclairage minimal des espaces stratégiques comme la réception, le maintien des systèmes de sécurité ainsi que l’alimentation des chambres froides afin de préserver la chaîne du froid. Ils ne permettent généralement pas d’assurer le fonctionnement simultané de l’ensemble des installations d’un hôtel, notamment les systèmes de climatisation des centaines de chambres.

Pour les professionnels du secteur, la multiplication des coupures d’électricité dépasse désormais le simple désagrément technique. Elle constitue un véritable enjeu économique, commercial et d’image pour une industrie qui représente l’un des piliers de l’économie tunisienne et dont la compétitivité repose avant tout sur la qualité de l’expérience offerte aux visiteurs.

D.T

L’article Crise de l’énergie : les hôtels tunisiens plongés dans la pénombre en pleine saison touristique est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

  •  

STEG: 3,5 Milliarden Dinar ausstehenden Zahlungen, 600 MW Defizit und 19% Verluste

Die ausstehenden Forderungen der tunesischen Strom- und Gasgesellschaft (STEG) gegenüber öffentlichen Einrichtungen belaufen sich auf fast 3,5 Milliarden Dinar. Ein Betrag, der die Finanzen des Mehr

Der Beitrag STEG: 3,5 Milliarden Dinar ausstehenden Zahlungen, 600 MW Defizit und 19% Verluste erschien zuerst auf Tunesienexplorer.de.

  •  

BlackoutTN: Eine Web-App von Bürgern, um Kommunikationslücken der Steg zu schließen

Angesichts der zunehmenden Stromausfälle und der wachsenden Kritik an der Außen-Kommunikation der tunesischen Strom- und Gasgesellschaft (STEG) hat eine Gruppe junger Entwickler eine partizipative App Mehr

Der Beitrag BlackoutTN: Eine Web-App von Bürgern, um Kommunikationslücken der Steg zu schließen erschien zuerst auf Tunesienexplorer.de.

  •  

Wasserausfälle im Sahel: Sonede verspricht strukturelle Lösungen und erläutert die Störungen

Angesichts der zahlreichen Beschwerden und Fragen von Bewohner der Sahelzone zu den seit einigen Tagen bestehenden Trinkwasserausfällen ging der Regionaldirektor für den Zentralbereich der Nationalen Mehr

Der Beitrag Wasserausfälle im Sahel: Sonede verspricht strukturelle Lösungen und erläutert die Störungen erschien zuerst auf Tunesienexplorer.de.

  •  

La Tunisie lance son premier classement des entreprises les plus performantes sur le plan énergétique

Comment distinguer une entreprise réellement performante sur le plan énergétique d’une autre qui se contente d’afficher de bonnes intentions ? C’est à cette question que veut répondre le Grand Prix de la Performance Énergétique (GPPE), officiellement lancé lundi 29 juin 2026. Présenté comme une première en Tunisie, ce nouveau dispositif entend mesurer, comparer et récompenser...

L’article La Tunisie lance son premier classement des entreprises les plus performantes sur le plan énergétique est apparu en premier sur Business News.

  •  

Commerce extérieur : ce que nos déficits et nos excédents disent de l’économie tunisienne

À fin mai 2026, le déficit commercial tunisien a atteint 10,42 milliards de dinars, un record pour les cinq premiers mois de l’année. Derrière ce chiffre se dessine pourtant une réalité plus nuancée. Les statistiques du commerce extérieur montrent une économie capable de dégager des excédents industriels et agricoles sur plusieurs marchés, mais toujours dépendante...

L’article Commerce extérieur : ce que nos déficits et nos excédents disent de l’économie tunisienne est apparu en premier sur Business News.

  •  

Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse : la vulnérabilité de la Tunisie s’aggrave

Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse, déficit commercial qui se creuse et facture pétrolière toujours plus exposée aux tensions géopolitiques : les chiffres révélés par le ministère de l’Industrie confirment que la vulnérabilité énergétique de la Tunisie continue de s’aggraver. Le ministère vient de publier son rapport sur la conjoncture énergétique à fin...

L’article Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse : la vulnérabilité de la Tunisie s’aggrave est apparu en premier sur Business News.

  •  
❌