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Tunisie : après l’eau et l’électricité, la peur de manquer d’essence

L’été 2026 n’en finit décidément pas d’ajouter une crise à une autre en Tunisie. Après les coupures d’eau, les difficultés d’approvisionnement en eau minérale et les épisodes de perturbations électriques, voilà que la Tunisie a connu, jeudi 20 août, une…

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Les importations tunisiennes de pétrole brut azerbaïdjanais ont triplé

La Tunisie aurait importé 368 916,3 tonnes de pétrole brut d’Azerbaïdjan entre janvier et juillet 2026. La valeur de cette transaction s’est élevée à 225,47 millions de dollars, selon les données communiquées par les services de douanes azerbaïdjanais et rapportées par le site Report.az.

Par rapport à la même période de 2025, les importations tunisiennes de pétrole brut azerbaidjanais ont été multipliées par 2,9 en volume et par 3,3 en valeur, en raison des récentes hausses des prix, précise la même source, ajoutant que la Tunisie a représenté 2,9 % du total des exportations de pétrole brut de l’Azerbaïdjan au cours de la période considérée.

I. B.

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Tunisie-Inde | Cap sur 1 milliard de dollars d’échanges d’ici 2030

La Tunisie et l’Inde affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat économique et commercial. Du 18 au 20 août 2026, Conect International, en collaboration avec l’ambassade de l’Inde à Tunis et la Confederation of Indian Industry (CII), a contribué à l’organisation d’un programme économique et institutionnel réunissant responsables publics, organisations patronales, institutions et opérateurs économiques des deux pays.

Lotfi Sahli

Cette mission a abouti à la tenue de l’India-Tunisia Joint Business Forum & B2B Meetings, organisé au Sheraton Tunis, le jeudi 20 août 2026. La rencontre a réuni notamment Aslan Berjeb, président de la Conect, Dr. Devyani Uttam Khobragade, ambassadrice de l’Inde en Tunisie, Najmeddine Lakhal, directeur général ‘Asie’ au ministère des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, de Gaurav Dhingra, chef de la délégation économique indienne et Ceo d’Axieva, Jalel Tebib, directeur général de Fipa-Tunisia, ainsi que Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex.

L’un des principaux objectifs affichés est de porter les échanges commerciaux bilatéraux à un milliard de dollars à l’horizon 2030, contre environ 500 millions de dollars prévus fin 2026. Pour y parvenir, les participants souhaitent accélérer les rencontres B2B et transformer les contacts entre entreprises en contrats commerciaux, investissements, partenariats industriels et joint-ventures.

Le point d’orgue de cet événement a été la signature de l’acte fondateur du Tunisia-India Joint Business Forum. Cette nouvelle plateforme vise à pérenniser les liens entre les acteurs économiques des deux pays, à fluidifier les contacts et à stimuler l’émergence de projets inédits

La coopération existante offre déjà des exemples encourageants. Le développement de KPIT, acteur technologique indien présent en Tunisie dans les domaines de l’ingénierie, des technologies automobiles et de la mobilité, illustre notamment l’attractivité du pays en matière de talents, d’innovation et de services à forte valeur ajoutée. L’expérience de Tifert, active dans la transformation du phosphate, constitue également une référence industrielle importante dans les relations tuniso-indiennes.

Au-delà des rencontres institutionnelles, la réussite de cette dynamique se mesurera désormais à ses résultats : contrats, investissements, joint-ventures, transferts de technologie et nouveaux projets.

La mise en place de rencontres économiques régulières entre la Tunisie et l’Inde pourrait également assurer un meilleur suivi des engagements et inscrire cette coopération dans la durée.

Les rencontres B2B organisées durant cette mission ont mis en lumière de nouvelles perspectives dans des domaines clés tels que le numérique, l’automobile, la pharmacie, l’agroalimentaire, le textile, les énergies renouvelables et l’audiovisuel.

Interrogé sur la concrétisation de l’Acte de fondation du Tunisia–India Joint Business Forum, M. Berjeb a souligné que le marché indien représente un potentiel considérable. Au-delà de la consolidation de la présence tunisienne en Europe, le renforcement des relations avec l’Inde pourrait ouvrir de nouvelles perspectives et diversifier les débouchés pour les entreprises tunisiennes. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’orienter cette coopération vers un véritable transfert de technologies et de savoir-faire, afin de créer davantage de valeur et de favoriser le développement des entreprises tunisiennes.

De son côté, M. Tebib a estimé que cette coopération permettrait non seulement à la Tunisie de diversifier ses marchés, mais également de renforcer son rôle de passerelle entre l’Inde et l’Afrique, en s’appuyant notamment sur les accords commerciaux et les opportunités offertes par les marchés africains.

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Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie

Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.

Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.

Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.

Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.

Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.

I. B.

Lire l’étude en anglais.

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La crise de l’eau minérale en bouteille perdure en Tunisie

La pénurie d’eau minérale en bouteille, apparue dans la seconde moitié du mois de juillet, se prolonge en Tunisie où elle reste visible dans de nombreux supermarchés et points de vente, malgré les annonces répétées d’un retour à la normale qui tarde à se concrétiser. Les assurances données ces dernières semaines par ls responsables du secteur ont été à maintes reprises démenties par la réalité du terrain.

Selon la Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées relevant de l’Utica, la centrale patronale, les difficultés sont principalement liées à la forte hausse de la demande provoquée par les températures élevées, qui a épuisé une grande partie des stocks de réserve. À cela se sont ajoutées des coupures d’électricité à répétition, entraînant des ralentissements et des arrêts sur certaines lignes d’embouteillage. Les 31 unités présentes dans le pays fonctionnent actuellement à pleine capacité, rapporte-t-on.

Les producteurs rejettent l’hypothèse d’une pénurie orchestrée par l’industrie, tandis que les autorités ont intensifié les contrôles visant le stockage anormal et les hausses de prix irrégulières.

La situation demeure particulièrement délicate dans les zones connaissant une forte affluence estivale. Dans le gouvernorat de Nabeul, les autorités ont ordonné mercredi 19 août 2026 la mise sur le marché d’un supplément d’environ 36 000 bouteilles pour pallier les difficultés d’approvisionnement.

Le retour à la normale, initialement prévu sous quelques jours, continue donc de se faire attendre, alors que les producteurs et le ministère du Commerce tentent de rééquilibrer la distribution entre les différents gouvernorats.

La spéculation, si elle existe, elle est à chercher du côté de certains détaillants de quartiers qui échappent à la vigilance – si vigilance il y a – des contrôleurs économiques. Peu nombreux et, surtout, peu efficaces.

I. B.  

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Tunisie. Vu sur les réseaux : les prêts « sur l’honneur » font réagir les Tunisiens

Une loi récemment entrée en application en Tunisie suscite déjà de vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Taxé d’angélisme, le texte impose aux banques privées de consacrer une part de leurs profits — fixée à 8 % — au…

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Hausse des prix | Jeu de dupes entre l’Etat et les commerçants

L’Etat tunisien croit pouvoir encore administrer l’économie nationale et faire pression sur les prix, lesquels continuent pourtant de flamber. Dans ce jeu de dupes, les pouvoirs publics peuvent continuer à «imposer» par décrets et arrêtés interposés, c’est le marché, in fine, qui dispose… à sa guise et selon ses propres intérêts.

Dans ce contexte, le ministère du Commerce et du Développement des exportations vient d’annoncer la fixation des marges bénéficiaires brutes maximales pour la vente d’eau minérale conditionnée à 15 % au stade de la distribution en gros et à 15 % au stade de la distribution au détail, et ce, à compter de ce mercredi 19 août 2026.

Selon le communiqué du ministère, ces marges bénéficiaires s’appliquent aux prix d’achat nets figurant sur les factures, sous réserve que les prix de vente au public n’excèdent en aucun cas les niveaux suivants : 600 millimes pour la bouteille de 0,5 litre, 800 millimes pour celle de 1 litre, 850 millimes pour celle de 1,5 litre et 950 millimes pour celle de 2 litres.

Le ministère a souligné que tous les intervenants du secteur de la distribution d’eau minérale sont tenus de recourir aux circuits de distribution réglementés, de régulariser leur situation fiscale, de respecter l’obligation de facturation (ainsi que ses conditions légales et mentions obligatoires) et de présenter les factures à la première demande lors de toute opération de contrôle dans les points de vente, les entrepôts et les moyens de transport.

Il a également insisté sur le fait que toute infraction à cette décision sera constatée, poursuivie et sanctionnée conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

Voilà pour la langue de bois officielle servie aux consommateurs via les médias officiels et officieux, sauf que tout le monde sait que l’eau minérale en bouteille est vendue aujourd’hui beaucoup plus cher par les détaillants. Ces derniers profitent de la pénurie actuelle pour marger comme ils l’entendent et imposer leurs prix à eux. Et les consommateurs, contents d’en trouver encore sur le marché, payent sans rechigner. Quant à ces chers contrôleurs du ministère du Commerce, quelqu’un les a-t-il vus passer dans son quartier et sanctionner les contrevenants ? Un jeu de dupes où tout le monde fait semblant mais qui semble convenir à toutes les parties…

I. B.     

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Conseil supérieur de l’éducation | Entre expertise pédagogique et efficience macroéconomique

Le débat relancé ces derniers jours sur la gouvernance de l’école — opposant la légitimité des choix populaires à l’exigence d’une expertise à long terme — pose la bonne question, mais s’arrête au milieu du gué. Oui, les grandes nations éducatives ont sanctuarisé leur école contre les fluctuations politiques au profit des experts. Mais en Tunisie, le Conseil supérieur de l’éducation ne doit pas être une simple académie de réflexion pédagogique : il doit s’imposer comme une instance d’ingénierie macroéconomique et de souveraineté nationale.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Face à l’érosion continue du modèle éducatif public, la réponse ne peut plus être purement administrative ou incantatoire. Pour restaurer la confiance et stopper la fuite des cerveaux, le Conseil supérieur de l’éducation doit articuler son action autour de trois ruptures stratégiques majeures.

Le premier rôle macroéconomique de cette instance est de traiter l’impact direct du déclin de l’école publique sur le budget des ménages. L’explosion du recours aux cours particuliers et au secteur privé constitue une véritable taxe de défaillance qui asphyxie la classe moyenne tunisienne.

Mobiliser l’ingénierie financière pour la modernisation des infrastructures

En sanctuarisant la qualité des enseignements au sein même de l’école publique, l’institution agit directement comme un bouclier de pouvoir d’achat. Chaque dinar économisé par les familles sur le soutien scolaire informel est un dinar restitué à la consommation et à l’épargne nationale.

On ne peut exiger des performances de premier plan mondial avec des infrastructures obsolètes. Attendre les seuls arbitrages du budget de l’État pour rénover l’école est une impasse financière.

Le Conseil supérieur de l’éducation doit devenir le catalyseur de nouveaux modèles de financement public-privé. En s’appuyant sur des mécanismes d’obligations à impact social, l’écosystème financier national peut être associé au financement de la numérisation et de la mise à niveau des établissements, en conditionnant l’investissement à des indicateurs mesurables de réussite.

L’intelligence artificielle et l’alignement sur les métiers de souveraineté

L’expertise prônée par les modèles les plus performants repose sur une capacité d’anticipation des compétences de demain. L’école publique doit rompre avec la reproduction des programmes du passé pour intégrer massivement les outils de l’intelligence artificielle et des sciences de la donnée dès le secondaire.

Il s’agit de transformer l’école publique en une usine à talents capables de porter la souveraineté numérique de la Tunisie, tout en créant un écosystème d’excellence capable de retenir nos ingénieurs et nos compétences sur le sol national.

La question n’est donc plus seulement de savoir qui décide du système éducatif, mais vers quel modèle de société nous orientons nos ressources. Le Conseil supérieur de l’éducation dispose d’une opportunité historique : dépasser le corporatisme pour devenir l’architecte du renouvellement du capital humain tunisien.

* Ingénieur informatique, cadre de banque.

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L’Allemagne face à une vague de faillites sans précédent

L’économie allemande traverse «sa crise la plus profonde de l’après-guerre», a averti mardi 18 août 2026 la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.

Habib Glenza, à Lodz.  

Longtemps considérée comme le modèle économique à suivre, l’Allemagne traverse aujourd’hui une crise d’une ampleur rarement observée depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2025, plus de 17 600 entreprises ont déposé le bilan, un niveau inédit depuis plus de deux décennies, avec une accélération marquée ces derniers mois. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : près de 48 entreprises ferment chaque jour. Ce phénomène ne concerne pas uniquement les petites structures, mais touche également des géants industriels, révélant un affaiblissement global du tissu économique. 

Le moteur économique de l’Europe en train de lâcher

Contrairement à un krach boursier brutal, la crise actuelle en Allemagne s’installe progressivement, rendant son impact encore plus dangereux. Les faillites augmentent mois après mois, affectant tous les secteurs clés, de l’industrie lourde à la construction. Ce caractère diffus empêche une réaction rapide des marchés et des gouvernements, laissant le temps aux déséquilibres de s’ancrer durablement.

Cette lente érosion du tissu économique est particulièrement préoccupante car elle pourrait contaminer l’ensemble de la zone euro. Dans ce climat d’incertitude prolongée, diversifier ses investissements devient vital, et l’achat d’or représente une valeur refuge fiable face aux crises systémiques qui s’installent dans la durée.

Le modèle allemand repose en grande partie sur le fameux «Mittelstand», un réseau dense de PME familiales, souvent très spécialisées et leaders mondiaux. Ces entreprises représentent plus de 99 % du tissu économique et emploient des millions de personnes. Pourtant, ce pilier historique montre aujourd’hui des signes de faiblesse inquiétants. La hausse des coûts, la baisse de la demande et les contraintes réglementaires pèsent lourdement sur leur rentabilité. Lorsque ce cœur industriel ralentit, c’est toute l’économie qui vacille. 

L’une des causes profondes : la rupture avec le gaz russe

Les sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie, notamment la rupture avec le gaz russe bon marché. En boycottant l’achat du gaz russe, les politiciens de l’UE, en particulier les Allemands, les Anglais, et les Français, ont cru mettre à plat l’économie russe. Aujourd’hui, les sanctions imposées à la Russie se sont retournées contre toutes les économies des pays de l’UE, en particulier contre celle de l’Allemagne qui entraînera dans sa chute les autres économies de l’Europe          

Par ailleurs, la crise actuelle résulte d’une accumulation de facteurs structurels. La flambée des prix de l’énergie, notamment après la rupture avec le gaz russe, a multiplié les coûts de production. À cela s’ajoute la hausse rapide des taux d’intérêt, qui freine les investissements et alourdit le coût du crédit. La transition énergétique, bien que nécessaire, impose également des dépenses considérables aux entreprises. Enfin, le ralentissement du commerce mondial et le retour du protectionnisme, à l’instigation des Etats-Unis de Donald Trump, compliquent les exportations, pilier du modèle allemand. Face à ce cocktail toxique, il devient indispensable d’adopter une stratégie patrimoniale défensive, en intégrant par exemple l’or comme actif de protection contre les turbulences économiques

Ce que traverse l’Allemagne dépasse largement une simple récession conjoncturelle. Il s’agit d’une transformation structurelle profonde de son modèle économique. L’industrie, historiquement basée sur une énergie abondante et bon marché, doit désormais se réinventer dans un environnement plus contraignant et compétitif.

Parallèlement, le pays accuse un retard dans la digitalisation et les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Cette double transition, énergétique et technologique, s’annonce longue, coûteuse et incertaine. Dans ce contexte, sécuriser une partie de son patrimoine avec de l’or tangible constitue une décision prudente et stratégique.

2026 : une année charnière aux perspectives incertaines             

Les prévisions économiques pour 2026 restent prudentes, avec une croissance faible et des faillites qui devraient continuer à augmenter, bien que plus lentement. Le pic de la crise pourrait être proche, mais ses effets s’inscriront dans la durée. De nombreuses entreprises envisagent déjà de délocaliser leur production vers des zones où les coûts sont plus compétitifs, notamment aux États-Unis ou en Europe de l’Est. Cette recomposition industrielle aura des conséquences majeures sur l’emploi et la stabilité économique du continent européen. 

Investir en Allemagne en 2026 nécessite une approche sélective et stratégique. Miser sur l’ensemble du marché peut s’avérer risqué, notamment en raison de l’exposition à des secteurs en difficulté comme l’automobile ou la chimie. En revanche, certaines niches, notamment dans les technologies industrielles avancées ou l’efficacité énergétique, peuvent encore offrir des opportunités intéressantes à long terme.

Toutefois, dans un environnement aussi incertain, il est essentiel de diversifier ses placements et de ne pas dépendre uniquement des marchés financiers traditionnels. 

La situation actuelle en Allemagne agit comme un signal d’alerte pour l’ensemble de l’économie européenne. Ce qui était autrefois un modèle de stabilité devient aujourd’hui un terrain d’incertitudes. Entre transition énergétique, mutation industrielle et tensions géopolitiques, les défis sont nombreux et les solutions encore floues. Pour les investisseurs, l’heure n’est plus à l’improvisation mais à la prudence et à l’anticipation. 

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Tunisie | Jusqu’à 3 ans de prison pour les contrevenants aux réglementations sur les plaques d’immatriculation

La législation tunisienne prévoit des sanctions à l’encontre des conducteurs de véhicules ne respectant pas la réglementation relative aux plaques d’immatriculation pouvant aller jusqu’à trois ans de prison en plus de sanctions financières.

C’est ce qu’a indiqué Haithem Chaabani, chef de la section de la sécurité routière de la région du centre-ouest, dans une déclaration à Diwan FM, ce mercredi 19 août 2026, en expliquant que l’article 88 du Code de la route stipule une peine d’emprisonnement allant de six mois à trois ans et/ou une amende de 500 à 3 000 dinars pour quiconque :

* conduit un véhicule dépourvu de plaques d’immatriculation (ou auquel il manque une plaque, si le véhicule doit en comporter deux) ;

* masque délibérément la plaque d’immatriculation, totalement ou partiellement ;

* conduit un véhicule muni d’une plaque d’immatriculation qui ne lui appartient pas.

Chaabani a ajouté qu’il existe aussi des sanctions financières concernant les plaques d’immatriculation non conformes aux spécifications techniques homologuées :

* une amende de 40 dinars est infligée si la police des caractères, la couleur ou l’emplacement ne sont pas conformes aux spécifications techniques établies par la loi tunisienne ;

* une amende de 20 dinars est applicable à une remorque dont les plaques d’immatriculation ne sont pas conformes aux normes relatives à la couleur, aux dimensions ou à l’emplacement, ou si la plaque d’immatriculation ne bénéficie pas d’un éclairage suffisant pour permettre la lecture du numéro la nuit.

I. B.

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Tunisie | Des distributeurs de matériel médical menacés de faillite

Les entreprises tunisiennes de distribution de fournitures médicales traversent actuellement une situation critique et peinent à reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Réuni hier, mardi 18 août 2026, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), le bureau exécutif de la Chambre nationale des entreprises de distribution de matériel médical a discuté de la situation des créances détenues par ses trente entreprises membres sur les hôpitaux, ainsi que sur la grave crise financière que traverse le secteur.

Les participants ont exprimé leur vive inquiétude face à l’accumulation des impayés et aux retards de règlement imputés aux hôpitaux publics.

Selon un communiqué publié ce mercredi par l’Utica et cité par Diwan FM, cette situation a engendré une conjoncture financière extrêmement difficile, devenue intenable pour un grand nombre d’entreprises., qui ne sont plus en mesure d’obtenir les fonds nécessaires pour importer des fournitures et des équipements médicaux, ce qui les empêche de reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Selon le communiqué, certaines de ces entreprises sont au bord de la faillite et dans l’incapacité d’honorer leurs engagements financiers envers leurs fournisseurs étrangers ou de poursuivre leurs activités normales.

Les membres de la Chambre nationale des distributeurs de matériel médical ont appelé les autorités compétentes à intervenir d’urgence pour accélérer le règlement des arriérés dus par les hôpitaux et pour élaborer des solutions pratiques et rapides, susceptibles d’assurer la pérennité de ces entreprises et de garantir la continuité de l’approvisionnement des hôpitaux en équipements et matériels médicaux.

I. B.

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Tunisie | Retour de la canicule à partir de samedi

La trêve n’aura été que de courte durée puisque l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un retour des fortes températures à partir de ce weekend. Espérons que ce nouveau pic de chaleur ne sera pas accompagné de coupures d’électricité et d’eau potable, et que la pénurie d’eau minérale en bouteille qui bat actuellement son plein sera résolue d’ici là. Quoiqu’en Tunisie, on commence à s’habituer à tous ces désagréments ! Et aux défaillances structurelles des services publics. Et cela a un nom : le sous-développement.

Selon un bulletin météorologique publié par l’Institut national de la météorologie (INM), la plupart des régions tunisiennes connaîtront une hausse des températures à partir du samedi 22 août 2026. Cette augmentation sera particulièrement marquée les dimanche 23 et lundi 24 août, avec des valeurs dépassant les moyennes saisonnières de 6 à 10 degrés. Les maximales oscilleront généralement entre 40 et 46 degrés Celsius, accompagnées du Chergui (vent chaud et sec).

Une baisse des températures est attendue le mardi 25 août, avant une nouvelle remontée jusqu’à la fin de la semaine, dépassant à nouveau les moyennes saisonnières de 4 à 8 degrés, indique aussi l’INM, cité par Diwan FM.

On est donc averti et on doit s’attendre à tous les désagréments qui accompagnent généralement les pics de chaleur dans notre pays. Car il est peu probable que la canicule sera plus clémente qu’elle l’a été en juillet dernier, et que, par miracle, les services publics seront cette fois à la hauteur de nos attentes. Ne rêvons pas !

I. B.

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Tunisie | Le Plan de développement 2026-2030, entre rêves et réalités


Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.
** Explications…  

Dr. Sadok Zerelli

Le Plan de développement économique et social 2026-2030, adopté par l’Assemblée le 10 juillet 2026, est une tentative louable de mettre fin à une très mauvaise pratique de politique économique, qui dure depuis la Révolution de 2011, et qui est à mon avis la première responsable du marasme économique le pays connaît depuis des années, à savoir, le pilotage à vue de l’économie nationale.

Je dis bien une tentative et non pas une stratégie de développement économique et social cohérente et réaliste susceptible de relancer la croissance économique, corriger les déséquilibres structurels de notre économie, absorber le chômage massif et améliorer le niveau de vie de la population à l’horizon de ce Plan, à savoir 2030.

En effet, un examen approfondi des hypothèses sur lesquelles repose ce document stratégique, les objectifs quantitatifs et qualitatifs qu’il se fixe et les moyens qu’il met en face pour les atteindre, laissent perplexe un vieil enseignant universitaire de macroéconomie comme moi.

Un plan ambitieux qui n’a pas les moyens de son ambition

Le Plan vise une croissance annuelle moyenne de 4,2 %, contre environ 2,4 % réalisés durant le quinquennat précédent, avec l’ambition d’atteindre même 5,1 % en 2030, selon les projections présentées.

Lorsqu’on sait que durant la période 2023-2025 et selon les chiffres officiels publiés par l’INS, la croissance de l’économie tunisienne n’a été que d’environ 1,5 % par an, que celle réalisée en 2025 n’a pas dépassé 2,5% et que celle attendue pour 2026 ne dépassera pas 2,1%, selon le FMI et la BAD, alors que le gouvernent Tunisien tablait sur 3,3%, on est en droit de se demander si les auteurs de ce Plan ne rêvent pas.

Parmi les autres objectifs dont le réalisme laisse à désirer, figurent notamment :

– un montant global d’investissement d’environ 101,8 milliards de dinars ;

– la création de 21 100 projets et programmes ;

– la réduction progressive du déficit budgétaire à environ 3 % du PIB ;

– la baisse de la dette publique pour la ramener à 80 % du PIB.

Ces objectifs, très ambitieux, traduisent certes une volonté légitime de rupture avec les déséquilibres accumulés au cours des dernières décennies. Mais une question fondamentale demeure : la Tunisie dispose-t-elle des ressources financières, humaines, institutionnelles et technologiques nécessaires pour transformer ces ambitions en résultats concrets ?

Les points forts du Plan

L’un des principaux mérites du nouveau Plan réside dans la volonté de remettre en question un modèle de développement qui n’a pas permis de réduire suffisamment les disparités régionales, de créer suffisamment d’emplois qualifiés ou de stimuler durablement l’investissement.

Un deuxième mérite de ce Plan est qu’il adopte une démarche dite ascendante, partant du niveau local et régional pour remonter vers le niveau national. Cette approche cherche à donner davantage de poids aux besoins exprimés par les territoires et les collectivités. Cette évolution est importante, la Tunisie ayant longtemps souffert d’une concentration des activités économiques et des investissements dans le Grand Tunis et les principales zones côtières. Une politique de développement territorial mieux équilibrée pourrait en effet favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques à l’intérieur du pays.

Un troisième mérite de ce Plan est qu’il vise également à renforcer la souveraineté économique du pays, à valoriser davantage les ressources nationales et à réduire certaines dépendances extérieures.

Cette orientation est particulièrement pertinente dans un contexte international marqué par les crises énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques.

Un quatrième mérite et non des moindres est que le financement de ce Plan ne repose pas exclusivement sur le budget de l’État. Selon les données publiées, celui-ci devrait assurer environ 61,8 milliards de dinars, soit 61 % du financement, tandis que les entreprises et établissements publics devraient contribuer à hauteur d’environ 32 milliards de dinars. Cette diversification est positive en principe. Elle permettrait de limiter la pression exercée directement sur le budget de l’État.

Les faiblesses et les risques

La première interrogation concerne la capacité réelle de financement. En effet, La Tunisie demeure confrontée à des contraintes budgétaires importantes et à un niveau élevé d’endettement (84% du PIB, selon les dernières statistiques publiées par la BCT). Dans ces conditions, financer plus de 100 milliards de dinars d’investissements en cinq ans représente un défi considérable. Le risque est de voir apparaître un décalage entre les crédits annoncés et les crédits effectivement disponibles.

Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.

Ce risque d’incapacité de financement est d’autant plus à prendre au sérieux, que le rôle attribué par ce Plan au secteur privé demeure très insuffisant. C’est probablement l’une des lacunes majeures de ce Plan, car une croissance de 4,2 % par an ne pourra difficilement être obtenue uniquement grâce à l’investissement public. Une croissance durable nécessite une forte mobilisation de l’investissement privé, national et étranger.

Or l’environnement des affaires tunisien demeure marqué par la bureaucratie, la complexité réglementaire, la lenteur administrative et une certaine incertitude pour les investisseurs.

Enfin et peut-être que c’est le talon d’Achille de ce Plan, c’est la capacité de l’administration à réaliser et superviser simultanément plus de 21 000 projets.

Le problème de la Tunisie n’a jamais été uniquement l’absence de projets. Il réside également dans les délais d’exécution, les procédures administratives, les problèmes fonciers, les appels d’offres, les études techniques et la coordination entre administrations.

Les données disponibles montrent d’ailleurs l’ampleur de la sélection opérée : les conseils locaux, régionaux et de districts avaient proposé 40 748 projets, avant que le processus de sélection ne ramène le portefeuille à 6 467 projets en cours et 14 624 nouveaux projets.

Quant à l’objectif de réaliser 4,2 % de croissance annuelle, pour être honnête, cet objectif n’est pas irréaliste en soi, car la Tunisie dispose d’atouts importants : proximité de l’Europe, capital humain relativement élevé, infrastructures existantes, potentiel touristique, agriculture, industries exportatrices, services numériques et potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables en construction.

Mais atteindre durablement 4,2 % supposerait une nette amélioration de la productivité et de l’investissement.

La question n’est donc pas de savoir si 4,2 % est mathématiquement possible. Elle est de savoir quelles transformations structurelles permettront de passer d’une croissance faible et irrégulière à une croissance durable supérieure à 4 %.

La Tunisie a besoin d’investir davantage dans les infrastructures, certes. Mais elle doit surtout investir dans la productivité.

Cela signifie :

– améliorer la qualité de l’éducation et de la formation professionnelle ;

– rapprocher la formation des besoins des entreprises ;

– accélérer la transformation numérique ;

– soutenir les PME et les entreprises innovantes ;

– faciliter l’accès au financement ;

– simplifier radicalement les procédures administratives ;

– développer les exportations ;

– attirer davantage d’investissements étrangers ;

– valoriser les ressources énergétiques renouvelables ;

– moderniser les entreprises publiques ;

– améliorer la gouvernance des projets publics, etc.

Conclusion

Sans réforme de la productivité, de l’administration, de l’éducation, de la fiscalité et du financement des entreprises, les objectifs très ambitieux de ce Plan risquent de rester des rêves difficiles à réaliser.

En particulier, sans une véritable amélioration du climat des affaires, l’objectif de croissance de 4,2% en moyenne par an risque de rester des chiffres sur du papier, comme le sont d’ailleurs restés les projections tout aussi ambitieuses des précédents plans de développement qui s’apparentent beaucoup plus à des wishful thinking qu’à des objectifs réalistes et réalisables.

Le véritable indicateur du succès de ce Plan ne sera donc pas le nombre de projets qui seront inaugurés, mais leur capacité à produire de la richesse, créer des emplois et augmenter durablement la productivité.

Pour cela, il est impératif de changer le rôle de l’État qui devrait passer de celui de producteur direct à celui de stratège, régulateur, investisseur dans les infrastructures et garant de l’équité territoriale et de la justice sociale.

Comme pratiquement dans tous mes articles, je reviens toujours à la politique, même après des analyses économiques très approfondies, car comme je l’ai déjà indiqué, le nom originel de l’«économie» en tant que discipline universitaire, était jusqu’aux années 1950, «économie politique».

* Economiste universitaire et consultant international.

** Avant de faire des projections irréalistes pour le Plan de développement 2026-2030 avec des ambitions irréalisables, on aurait été mieux inspiré de réaliser préalablement une étude sur les obstacles qui ont empêché la réalisation des projections, tout aussi irréalistes, du Plan de développement 2023-2025, rapidement enterré. Beaucoup de parlote, trop de paperasses, peu de réalisations… (NDLR).

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Transition énergétique en Tunisie | Urgence des réformes et défi des infrastructures

La Tunisie se trouve à un tournant décisif de sa politique énergétique. Et le diagnostic est sans concession : l’autonomie énergétique est devenue une urgence nationale.

Lotfi Sahli

Lors de la restitution de la Consultation nationale sur la transition énergétique, menée sous l’égide du Groupement professionnel des énergies renouvelables (GPER) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), l’expert économique Chekib Ben Mustapha a dressé un constat particulièrement préoccupant : l’indépendance énergétique du pays est passée de 93 % en 2010 à seulement 48 % en 2023 et pourrait tomber sous le seuil des 30 % à l’horizon 2030 si le rythme actuel des réformes et des investissements ne s’accélère pas.

L’enjeu dépasse largement la seule question de l’approvisionnement énergétique. Le déficit du secteur pèse lourdement sur les équilibres extérieurs, l’énergie représentant à elle seule près de la moitié du déficit commercial national. Dans le même temps, la production électrique demeure très largement dépendante du gaz naturel, qui alimente encore l’essentiel des centrales thermiques de la Steg, et dont la plus grande partie est importée de l’Algérie voisine via le gazoduc Transmed transportant le gaz algérien vers l’Italie.

Le «grand écart» entre ambitions et réalité

Pendant des années, la transition énergétique tunisienne a été marquée par un décalage entre les ambitions affichées et la réalité opérationnelle. Le Plan solaire tunisien fixe notamment un objectif de 35 % d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2030. Pourtant, le solaire et l’éolien ont longtemps progressé à un rythme insuffisant pour permettre au pays de se rapprocher de cette cible : la part des énergies renouvelables dans la production électrique nationale a atteint à peine 9,2 % à la fin du premier semestre 2026.

Plusieurs obstacles ont contribué à ralentir cette dynamique : la complexité des procédures administratives pour l’installation d’équipements solaires photovoltaïques dans les entreprises et les foyers, les délais d’autorisation, les limites du réseau de transport électrique, le coût élevé du financement pour les entreprises et, enfin, le décalage entre la recherche universitaire et les besoins du tissu industriel.

Face à la dégradation des équilibres énergétiques, mais aussi à la pression croissante des politiques européennes de décarbonation, les pouvoirs publics ont engagé une évolution du cadre réglementaire.

Les arrêtés du 9 octobre 2024 ont notamment révisé les tarifs d’achat garantis de l’électricité solaire photovoltaïque produite sous le régime de l’autorisation et approuvé un contrat-type de vente d’électricité entre les producteurs privés et la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg). Parallèlement, la clarification des tarifs de transit et des mécanismes de rachat des excédents a renforcé l’intérêt de l’autoproduction pour les entreprises.

Cette dynamique est également portée par le contexte international. Pour les entreprises exportatrices, investir dans les énergies renouvelables constitue désormais un moyen de réduire leur facture énergétique, mais aussi d’anticiper les nouvelles exigences environnementales du marché européen, notamment le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (Macf).

Les premiers résultats commencent à se mesurer

La mise à jour sectorielle de 2026 montre que la transition énergétique tunisienne entre progressivement dans une phase plus concrète. À la mi-2026, la capacité solaire photovoltaïque installée dépasse les 630 MW, selon les données sectorielles fournies par l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) et le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

L’autoproduction constitue le principal moteur de cette progression. Le parc résidentiel atteint près de 500 MW, porté notamment par le programme Prosol Elec et les mécanismes de mensualisation sur les factures de la Steg. Les secteurs industriel, tertiaire et agricole représentent, pour leur part, environ 130 MW d’installations autonomes.

Sur les douze derniers mois, la production électrique nationale atteint environ 9 550 GWh, tandis que la part des énergies renouvelables s’établit désormais à 9,2 %. Malgré cette progression, le gaz naturel conserve une place dominante dans le mix électrique, la Steg assurant encore environ 91 % de la fourniture globale à partir de cette source.

Le paysage de la production s’est toutefois enrichi au printemps 2026 avec la mise en service commerciale de deux centrales solaires en concession de 50 MW chacune, à Tozeur et Sidi Bouzid. Cette dynamique s’est poursuivie avec le bouclage financier du projet Sidi Bouzid II, d’une capacité de 120 MW, ainsi qu’avec le lancement du programme Chems, soutenu par la Banque africaine de développement et l’ANME, destiné notamment à accompagner l’équipement des PME.

Les appels à projets continuent également de se multiplier, avec notamment le lancement, en avril 2026, d’un nouveau programme de 200 MW sous régime d’autorisation.

Le véritable défi se déplace vers le réseau

Ces avancées ne doivent cependant pas masquer la principale faiblesse du système : la capacité du réseau électrique à absorber rapidement les nouvelles productions renouvelables.

Le problème n’est désormais plus uniquement de produire de l’électricité verte, mais de pouvoir la transporter, la distribuer et l’intégrer au réseau dans de bonnes conditions. Plusieurs régions du Centre et du Sud présentent déjà des contraintes d’accueil qui pourraient ralentir le développement de nouveaux projets.

Autrement dit, les textes réglementaires peuvent accélérer l’investissement, mais ils ne suffisent pas à transporter les électrons. Le prochain chantier de la transition énergétique tunisienne sera donc nécessairement celui des infrastructures de transport.

Pour atteindre l’objectif de 35 % de renouvelables en 2030, correspondant à une capacité cumulée estimée entre 3 800 et 4 700 MW, la Tunisie devra engager des investissements importants dans la modernisation de son réseau de transport et de distribution.

Le développement des smart grids, le renforcement des interconnexions et le déploiement de solutions de stockage par batteries apparaissent désormais comme des conditions essentielles à la réussite de cette transformation.

La transition énergétique tunisienne n’est donc plus une simple ambition environnementale. Elle est devenue une question de compétitivité industrielle, de maîtrise du déficit commercial et, plus largement, de souveraineté économique. Le véritable enjeu des prochaines années sera de transformer l’accélération réglementaire et l’essor de l’autoproduction en une mutation durable du système énergétique national.

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La Tunisie et la Libye relancent leur coopération énergétique

La Tunisie et la Libye relancent leur coopération énergétique en Méditerranée grâce à un nouvel appel d’offres international portant sur l’exploration d’une zone offshore d’environ 3 000 kilomètres carrés et sur la mise en valeur du gisement de pétrole et de gaz de Zarat, à cheval sur la frontière maritime entre les deux pays. Cette initiative est portée par Joint Oil, une coentreprise tuniso-libyenne active depuis 1988.

S’appuyant sur des informations communiquées par Joint Oil et son conseiller stratégique, Moyes & Co, Energy-Pedia a dévoilé le calendrier de l’opération : le processus débute le 7 septembre et s’achève le 31 décembre 2026, les entreprises intéressées devant soumettre leurs offres au plus tard le 8 janvier 2027. Le résultat sera annoncé le 26 février, et l’attribution définitive des contrats pour le 30 avril.

Le projet comprend deux volets distincts. Le premier concerne le «bloc Joint Oil», une zone d’environ 3 000 kilomètres carrés située dans le bassin offshore Gabès-Tripoli, par des profondeurs d’eau allant de 80 à 120 mètres. Le partenaire sélectionné devra poursuivre l’exploration de nouvelles structures pétrolières et gazières dans le cadre d’un accord de partage de production.

Environ 6 500 kilomètres de données sismiques 2D et 1 900 kilomètres carrés de relevés 3D sont déjà disponibles pour cette zone, auxquels s’ajoutent les données issues de cinq puits d’exploration forés entre 1976 et 2010.

Le second volet porte sur Zarat, un gisement avéré s’étendant de part et d’autre de la frontière maritime tuniso-libyenne ; Joint Oil entend le développer comme une ressource pétrolière et gazière unique, via des accords de développement, d’unification («unitization») et de gestion conjointe.

La zone se trouve également à proximité d’infrastructures et de gisements déjà en production — notamment Bouri, Al Jurf et Bahr Essalam côté libyen, ainsi qu’Ashtart, Miskar, Didon et Hasdrubal côté tunisien — une proximité susceptible de réduire les coûts de traitement et de transport des nouveaux hydrocarbures.

Joint Oil est détenue conjointement par des entreprises publiques des deux pays : l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) pour la Tunisie et Ola Energy Holdings pour la partie libyenne.

La société a chargé le groupe américain Moyes & Co. de rechercher des partenaires internationaux expérimentés dans le développement offshore.

Cette nouvelle démarche marque la relance d’un projet présenté au marché en 2023, mais qui n’avait pas suscité un intérêt suffisant de la part des investisseurs.

Le calendrier annoncé au printemps — qui prévoyait initialement le lancement de l’appel d’offres au 1er août — a depuis été reporté au mois de septembre.

Pour Tunis, cette initiative revêt une importance particulière compte tenu du déclin continu de la production nationale. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’énergie, la production tunisienne de pétrole brut a reculé de 6 % en glissement annuel à fin juin 2026, tandis que le taux d’indépendance énergétique du pays est tombé à 34 %, contre 38 % à la même période en 2025.

Toutefois, cet appel d’offres ne signifie ni l’annonce d’une nouvelle découverte ni le démarrage immédiat de la production. À ce stade, l’objectif est de sélectionner des opérateurs et de réunir les capitaux nécessaires pour transformer le potentiel de la zone offshore partagée — ainsi que la découverte de Zarat, déjà identifiée — en un projet industriel économiquement viable.

Il convient de rappeler dans ce contexte que lors d »une visite, le 16 mars 2023, à l’Etap, le président de la république Kaïs Saïed avait déclaré que dans l’affaire du partage du plateau continental avec la Libye, «la Tunisie a reçu des miettes». Et à réclamer un partage du gisement pétrolier d’El Bouri et du plateau continental à parts égales entre les deux voisins. Selon lui, avec ses 23 000 barils par jour, le gisement, situé à 120 kilomètres des côtes libyennes, peut couvrir les besoins de la Tunisie et au-delà.

I. B.

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Augmentation du coût de la vie étudiante, les étrangers toujours plus précarisés

Loyers, transports, alimentation : pour cette rentrée 2026, le coût de la vie étudiante sera une nouvelle fois en hausse, selon le rapport annuel de l’Unef (PDF). En bref Hausse générale : le coût de la vie étudiante augmente de …

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Quand les grands projets redessinent le Maroc

À Tanger, les porte-conteneurs se succèdent. Entre les grandes villes, les trains filent à grande vitesse. À Ouarzazate, le soleil produit de l’électricité. Et partout, routes, barrages et stations de dessalement modifient peu à peu le paysage. Derrière ces transformations,…

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Auto | La Chine passe à l’électrique beaucoup plus vite que l’Europe

Les automobiles chinoises ont submergé les marchés européens jadis dominés par les marques allemandes. Les raisons de cette montée vertigineuse des ventes de voitures chinoises électriques dans le monde sont liées, en plus du prix alléchant défiant toute concurrence et au design adapté au goût du consommateur européens, à l’innovation technologique en général et, en particulier, à la batterie en lithium, sans parler de la richesse des options et au service après-vente, souvent impeccable, en tout cas pour l’Europe. En Pologne, par exemple, la vente des voitures électriques chinoises dépasse de très loin celle des européennes avec en bonus une assurance automobile annuelle pour 1 zloty (environ 0,25 euro) ! (Photo : Le SUV électrique Omoda 9 du constructeur chinois Chery sera bientôt fabriqué dans d’anciennes usines Volkswagen en Allemagne Ce modèle incarne les ambitions européennes de Chery, qui dispose déjà d’une usine en Espagne depuis 2024). 

Habib Glenza

Pendant des années, le marché chinois a été le moteur de croissance de BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen. Tout se vendait presque tout seul, au point que les trois groupes écoulaient encore 5,6 millions de voitures en Chine en 2019, soit plus de 23 % du marché local. Mais la donne a changé brutalement avec l’explosion de la voiture électrique. Les chiffres récents montrent une chute d’au moins 30 % des ventes au deuxième trimestre pour plusieurs marques allemandes.

En Chine, plus de 85 % des ventes des New Energy Vehicle (NEV) sont signées BYD, SAIC, Geely, XPeng et Xiaomi. On recense environ 150 marques chinoises et quelque 500 modèles nouveaux ou restylés ont été lancés.  

En moins d’une décennie, la Chine a fait basculer son marché automobile vers l’électrique à une vitesse inédite. En 2024, les NEV (100 % électriques ou hybrides rechargeables) représentent déjà environ 45 % des ventes, puis dépassent la barre des 50 % au premier semestre 2025, avec 5,46 millions de NEV vendus contre 5,43 millions de thermiques. Le pays comptait fin 2024 près de 23 millions de voitures entièrement électriques en circulation, soit une bonne moitié des immatriculations mondiales de véhicules électriques (VE) de l’année. Pour l’automobiliste chinois urbain, la voiture électrique n’est plus une niche, mais le choix par défaut.

Les Allemandes rattrapées par leur retard sur l’électrique

À l’inverse, le modèle économique des constructeurs allemands reste bâti sur le thermique premium. En 2019, les groupes BMW, Mercedes-Benz etVolkswagen réalisaient 23,1 % de part de marché en Chine ; en 2025, ils tournent autour de 11,3 %, avec 3,8 millions de voitures seulement.

La Chine pèse pourtant encore entre un quart et près d’un tiers de leurs ventes mondiales suivant les groupes, ce qui rend le choc encore plus visible dans leurs comptes. En 2024, ils ont vendu environ 325 000 voitures électriques en Chine, soit à peine 7,5 % de leurs propres ventes locales, alors que près de 28 % des voitures achetées dans le pays sont déjà électriques. Leur présence cumulée sur le segment NEV tourne autour de 3 % : une part minime sur un segment devenu central.

La pression se voit aussi sur les marges. Sous l’effet de la baisse de régime en Chine, BMW a abaissé sa prévision de marge automobile jusqu’à 1 %, ce qui en fait l’un des constructeurs européens les moins rentables cette année.

Volkswagen a reconnu que son modèle économique était quasiment cassé et prépare un plan de réduction d’environ 100 000 emplois avec des fermetures d’usines en Allemagne.

Face à une offre locale très électrique et très technologique, avec des prix agressifs, les Allemands se retrouvent piégés avec un mix encore très thermique et plus cher. Sur le segment d’entrée de gamme où se place la CLA électrique, la berline «est dans une position délicate, ce n’est ni la plus abordable ni la plus luxueuse», analyse Li Yanwei, conseiller auprès de l’association des distributeurs automobiles de Chine.

Les marques chinoises ont pris l’avantage

Pour tenter de rattraper leur retard, les groupes allemands multiplient les baisses de prix et les modèles dédiés à la Chine, parfois au détriment de la rentabilité. Mercedes a conçu une CLA à empattement long, truffée de logiciels et de commandes vocale dopée à l’IA, vendue beaucoup moins cher qu’en Europe. Mais pour vraiment rivaliser avec Xiaomi ou BYD, il faudrait encore baisser les tarifs, au risque de vendre à perte. Le constructeur explique qu’il mise avant tout «sur une croissance durable plutôt que sur l’achat de parts de marché à court terme», dans un contexte de guerre des prix où le bénéfice trimestriel de BYD a, par exemple, chuté de 55 % pour tomber à son plus bas niveau depuis plus de trois ans.

Dans le haut de gamme, certains modèles Xiaomi, concurrents d’une Porsche Taycan, atteignent 300 000 ventes en Chine, quand la berline électrique de Stuttgart reste sur quelques dizaines de milliers d’unités.

Ce ressenti illustre un basculement plus large de la perception des marques allemandes en Chine. Même sur des modèles électriques capables d’afficher des autonomies comparables à celles des rivales locales, Mercedes, BMW ou Audi sont vues comme moins avancées sur le logiciel embarqué, la conduite assistée ou le divertissement.

Les constructeurs chinois déploient des fonctions très adaptées aux usages locaux, comme le karaoké intégré, les écrans arrière géants ou des sièges qui se rabattent complètement pour transformer l’habitacle en espace de camping.

Pendant ce temps, les Allemands lancent la nouvelle plateforme Neue Klasse de BMW, les Audi développées avec SAIC ou encore les SUV électriques issus du partenariat Volkswagen-Xpeng, avec plus de 10 milliards d’euros déjà investis rien que pour BMW. Mais pour retrouver de l’air en Chine, il leur faudra fonctionner au rythme de la «China speed», tout en gardant assez de marge pour financer cette transition sur leur propre terrain européen.

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Index mondial de la prospérité | La Tunisie en tête des pays d’Afrique du Nord

La Tunisie s’est classée au 75e rang mondial sur 161 pays au Legatum Prosperity Index 2026. Malgré ses difficultés économiques actuelles, la Tunisie devance tous les autres pays d’Afrique du Nord : Maroc (76e), Algérie (83e), Libye (115e), Egypte (120e) et Soudan (152e). Il n’y a pas de quoi être fier, mais comme dit le proverbe français «Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console».    

Dans ce rapport publié annuellement depuis 2007 et qui offre un éclairage unique sur l’évolution de la prospérité à travers le monde, le meilleur classement de la Tunisie remonte à 2017 : 66e. Depuis elle n’a cessé de péricliter, mais ses voisins africains du nord n’ont pas fait mieux. Si elle reste en tête du classement régional c’est grâce à ses avancées socio-économiques réalisées dans les années 1990-2010 avec une croissance annuelle moyenne de près de 5%. C’était le bon vieux temps de… Ben Ali, dirait l’autre.

On peut toujours dénoncer a postériori la dictature de l’ancien président, mais on ne peut pas dire qu’on a beaucoup avancé depuis qu’on l’a chassé du pays le 14 janvier 2011. Au contraire, le déclin de notre pays a commencé depuis cette date fatidique qui devait être celle d’une libération et qui s’est révélée être, au final, celle du début de la décadence.

Malgré tout, et même s’ils continuent de se plaindre de leur situation, les 12,4 millions d’habitants que compte la Tunisie s’en tirent toujours mieux que tous leurs voisins immédiats. Ils sont choyés par la géographie avec leurs 1200 km de côtes méditerranéennes, leurs plaines fertiles du nord et du Sahel et la richesse de leurs régions désertiques. Sans oublier bien sûr l’ingéniosité de ses enfants, ou de certains d’entre eux.

L’économie tunisienne est modérément industrialisée, avec un PIB nominal dépassant les 51 milliards de dollars. Parmi ses principales exportations figurent l’huile d’olive, les dattes, les machines électriques et les produits textiles, tandis que ses importations incluent le blé, les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les véhicules, rappellent à juste titre les auteurs de l’Index. Ils auraient pu ajouter en observation : peut mieux faire !

I. B.

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Tunisie-Libye | Vers la facilitation du transport terrestre

La Tunisie et la Libye ont discuté des moyens d’étendre la coopération dans le domaine du transport terrestre et de faciliter la circulation des passagers et des marchandises entre les deux pays. Ces pourparlers se sont tenus lors d’une réunion du comité technique mixte chargé du transport terrestre, organisée à Tunis les 11 et 12 août 2026. (Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).

La délégation libyenne était conduite par Fadlallah Rafallah Ashour, vice-ministre des Transports chargé du secteur terrestre, tandis que la délégation tunisienne était dirigée par Tarek Bouazizi, directeur général du transport terrestre.

La Libye a présenté des propositions visant à développer son système de transport terrestre et a souligné la nécessité de mettre en œuvre l’accord bilatéral sur le transport routier de passagers et de marchandises, signé le 31 juillet 1996.

Les deux parties ont également débattu de l’amélioration des services et de la simplification des procédures de transport aux postes-frontières.

Elles ont réaffirmé les liens étroits unissant la Libye et la Tunisie, ainsi que l’importance d’une coordination continue pour faciliter la circulation des personnes et des marchandises et pour améliorer les services aux postes-frontières.

I. B. (d’après The Libya Observer).

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