Les marchés obligataires européens subissent une nouvelle vague de ventes, poussant les rendements à des niveaux inédits depuis plusieurs années. Inflation, hausse du pétrole et inquiétudes sur les finances publiques alimentent la tension…
Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont atteint mercredi 19 août des sommets pluriannuels, avant de se détendre légèrement après l’annonce par le Trésor américain d’un renforcement de son programme de rachats d’obligations à long terme.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence du marché obligataire européen, a atteint 3,275 %, son plus haut niveau depuis quinze ans, avant de revenir autour de 3,258 %. Le rendement allemand à 30 ans a également atteint son niveau le plus élevé depuis 2011.
Les obligations françaises et italiennes à dix ans ont, elles aussi, franchi temporairement le seuil de 4,1 %, témoignant de la pression qui s’exerce désormais sur l’ensemble de la courbe européenne.
Inflation et dette sous surveillance
La remontée des rendements traduit d’abord les inquiétudes des investisseurs concernant l’inflation. La hausse des prix du pétrole, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux perturbations du trafic énergétique, nourrit les craintes d’un regain inflationniste. Le Brent a dépassé 92 dollars le baril. Mais les marchés s’inquiètent également de l’augmentation des besoins de financement des États européens et de la progression de leurs niveaux d’endettement. L’offre importante de nouvelles obligations contribue à accentuer la pression sur les prix des titres existants et donc à pousser leurs rendements à la hausse.
La demande s’est d’ailleurs révélée relativement faible lors d’une émission allemande de 3,8 milliards d’euros d’obligations à dix ans, autre signal de la prudence des investisseurs.
La BCE de nouveau sous pression
La remontée des rendements modifie également les anticipations concernant la politique monétaire européenne. Les marchés intègrent désormais environ 45 points de base de hausses supplémentaires des taux de la BCE cette année, contre 40 points précédemment. Cette évolution constitue un changement notable alors que les investisseurs anticipaient auparavant une stabilisation, voire un assouplissement progressif de la politique monétaire.
La combinaison d’une inflation persistante, d’un pétrole plus cher et de déficits publics élevés complique donc considérablement la tâche de la Banque centrale européenne…
Le mouvement reste cependant fragile. Les investisseurs continuent de surveiller l’évolution du pétrole, de l’inflation et des finances publiques. Après plusieurs années de taux exceptionnellement bas, les marchés obligataires européens semblent désormais entrer dans une période où le coût de la dette et le risque inflationniste redeviennent des facteurs centraux de la politique économique.
La Direction générale de la Commission européenne chargée de produire des statistiques fiables et comparables à l’échelle de l’Union européenne, Eurostat, a confirmé, mercredi 19 août, une légère remontée de l’inflation dans la zone euro en juillet, à 2,9 %, contre 2,8 % en juin.
L’inflation annuelle dans la zone euro s’est établie à 2,9 % en juillet 2026, confirmant l’estimation préliminaire publiée précédemment par Eurostat. Elle était de 2,8 % en juin. L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, s’est maintenue à 2,5 % sur un an. Sachant qu’à l’échelle de l’Union européenne, elle atteint 3 %, contre 2,9 % en juin.
Dans la zone euro, les services constituent toujours la principale contribution à la hausse générale des prix, avec 1,55 point de pourcentage; suivis de l’énergie (0,94 point), les biens industriels hors énergie (0,23 point) et l’alimentation, l’alcool et le tabac également (0,23 point).
Les écarts restent considérables entre États membres. La Roumanie affiche le taux le plus élevé, à 8,2 %, devant la Lituanie à 5,4 % et Chypre et la Bulgarie à 4,4 %. À l’autre extrémité, la Suède affiche seulement 0,3 %, la République tchèque 1,3 %, tandis que le Danemark et la Hongrie enregistrent chacun 1,6 %…
Pour la BCE, ces chiffres confirment la complexité de l’environnement monétaire européen : l’inflation globale reste supérieure à l’objectif de 2 %, tandis que son évolution varie fortement selon les économies et les composantes de prix.
Les « minutes » de la réunion de juillet, publiées mercredi 19 août, montrent un durcissement du ton au sein de la Réserve fédérale. Plusieurs responsables se disent prêts à relever les taux si l’inflation ne se rapproche pas durablement de l’objectif de 2 %.
L’inquiétude monte au sein de la Réserve fédérale américaine face à la persistance des tensions inflationnistes. Les « minutes » de la réunion des 28 et 29 juillet révèlent que plusieurs membres du Comité de politique monétaire se sont déclarés favorables à un relèvement des taux si l’inflation ne ralentit pas davantage. Lors de cette réunion, la Fed avait maintenu son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %…
Selon les « minutes », les tensions inflationnistes apparaissent désormais relativement larges. La situation énergétique et les perturbations provoquées par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, notamment autour du détroit d’Ormuz, contribuent à maintenir la pression sur les prix. Les flux de pétrole et de gaz par cette voie stratégique restent très réduits.
Pour l’heure, les marchés n’anticipent toutefois pas de hausse immédiate. La Fed devrait maintenir ses taux lors de sa prochaine réunion, prévue les 15 et 16 septembre, notamment en raison d’une légère modération récente de l’inflation et du recul inattendu de l’emploi en juillet…
Le débat monétaire américain change ainsi progressivement de nature. Alors que l’année avait commencé sur fond d’anticipations de baisse des taux, la persistance de l’inflation contraint désormais la Fed à envisager à nouveau le scénario inverse.
L’inflation au Royaume-Uni a augmenté en juillet dernier, pour atteindre 2,9 %, stimulée par une hausse des factures d’énergie des ménages après une augmentation de 13 % du plafond tarifaire fixé par l’organisme de réglementation Ofgem.
L’inflation annuelle des prix à la consommation a atteint 2,9 % en juillet, contre un plus bas en 15 mois à 2,6 % en juin, a indiqué l’Office for National Statistics (ONS)…
L’inflation sous-jacente, qui exclut l’impact des prix de l’énergie et de l’alimentation, s’est établie légèrement au-dessus des prévisions, à 2,6 %, contre une prévision médiane de 2,5 % selon un sondage Reuters. « L’inflation provoquée par la guerre en Iran continue de peser sur les prix ici dans le pays, mais l’économie britannique est résiliente », a déclaré le chancelier de l’Échiquier, John Healy, commentant ces chiffres.
Les contrats à terme sur la livre sterling et les obligations d’État britanniques ont peu réagi immédiatement aux données, qui étaient globalement conformes aux attentes.
Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.** Explications…
Dr. Sadok Zerelli
Le Plan de développement économique et social 2026-2030, adopté par l’Assemblée le 10 juillet 2026, est une tentative louable de mettre fin à une très mauvaise pratique de politique économique, qui dure depuis la Révolution de 2011, et qui est à mon avis la première responsable du marasme économique le pays connaît depuis des années, à savoir, le pilotage à vue de l’économie nationale.
Je dis bien une tentative et non pas une stratégie de développement économique et social cohérente et réaliste susceptible de relancer la croissance économique, corriger les déséquilibres structurels de notre économie, absorber le chômage massif et améliorer le niveau de vie de la population à l’horizon de ce Plan, à savoir 2030.
En effet, un examen approfondi des hypothèses sur lesquelles repose ce document stratégique, les objectifs quantitatifs et qualitatifs qu’il se fixe et les moyens qu’il met en face pour les atteindre, laissent perplexe un vieil enseignant universitaire de macroéconomie comme moi.
Un plan ambitieux qui n’a pas les moyens de son ambition
Le Plan vise une croissance annuelle moyenne de 4,2 %, contre environ 2,4 % réalisés durant le quinquennat précédent, avec l’ambition d’atteindre même 5,1 % en 2030, selon les projections présentées.
Lorsqu’on sait que durant la période 2023-2025 et selon les chiffres officiels publiés par l’INS, la croissance de l’économie tunisienne n’a été que d’environ 1,5 % par an, que celle réalisée en 2025 n’a pas dépassé 2,5% et que celle attendue pour 2026 ne dépassera pas 2,1%, selon le FMI et la BAD, alors que le gouvernent Tunisien tablait sur 3,3%, on est en droit de se demander si les auteurs de ce Plan ne rêvent pas.
Parmi les autres objectifs dont le réalisme laisse à désirer, figurent notamment :
– un montant global d’investissement d’environ 101,8 milliards de dinars ;
– la création de 21 100 projets et programmes ;
– la réduction progressive du déficit budgétaire à environ 3 % du PIB ;
– la baisse de la dette publique pour la ramener à 80 % du PIB.
Ces objectifs, très ambitieux, traduisent certes une volonté légitime de rupture avec les déséquilibres accumulés au cours des dernières décennies. Mais une question fondamentale demeure : la Tunisie dispose-t-elle des ressources financières, humaines, institutionnelles et technologiques nécessaires pour transformer ces ambitions en résultats concrets ?
Les points forts du Plan
L’un des principaux mérites du nouveau Plan réside dans la volonté de remettre en question un modèle de développement qui n’a pas permis de réduire suffisamment les disparités régionales, de créer suffisamment d’emplois qualifiés ou de stimuler durablement l’investissement.
Un deuxième mérite de ce Plan est qu’il adopte une démarche dite ascendante, partant du niveau local et régional pour remonter vers le niveau national. Cette approche cherche à donner davantage de poids aux besoins exprimés par les territoires et les collectivités. Cette évolution est importante, la Tunisie ayant longtemps souffert d’une concentration des activités économiques et des investissements dans le Grand Tunis et les principales zones côtières. Une politique de développement territorial mieux équilibrée pourrait en effet favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques à l’intérieur du pays.
Un troisième mérite de ce Plan est qu’il vise également à renforcer la souveraineté économique du pays, à valoriser davantage les ressources nationales et à réduire certaines dépendances extérieures.
Cette orientation est particulièrement pertinente dans un contexte international marqué par les crises énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques.
Un quatrième mérite et non des moindres est que le financement de ce Plan ne repose pas exclusivement sur le budget de l’État. Selon les données publiées, celui-ci devrait assurer environ 61,8 milliards de dinars, soit 61 % du financement, tandis que les entreprises et établissements publics devraient contribuer à hauteur d’environ 32 milliards de dinars. Cette diversification est positive en principe. Elle permettrait de limiter la pression exercée directement sur le budget de l’État.
Les faiblesses et les risques
La première interrogation concerne la capacité réelle de financement. En effet, La Tunisie demeure confrontée à des contraintes budgétaires importantes et à un niveau élevé d’endettement (84% du PIB, selon les dernières statistiques publiées par la BCT). Dans ces conditions, financer plus de 100 milliards de dinars d’investissements en cinq ans représente un défi considérable. Le risque est de voir apparaître un décalage entre les crédits annoncés et les crédits effectivement disponibles.
Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.
Ce risque d’incapacité de financement est d’autant plus à prendre au sérieux, que le rôle attribué par ce Plan au secteur privé demeure très insuffisant. C’est probablement l’une des lacunes majeures de ce Plan, car une croissance de 4,2 % par an ne pourra difficilement être obtenue uniquement grâce à l’investissement public. Une croissance durable nécessite une forte mobilisation de l’investissement privé, national et étranger.
Or l’environnement des affaires tunisien demeure marqué par la bureaucratie, la complexité réglementaire, la lenteur administrative et une certaine incertitude pour les investisseurs.
Enfin et peut-être que c’est le talon d’Achille de ce Plan, c’est la capacité de l’administration à réaliser et superviser simultanément plus de 21 000 projets.
Le problème de la Tunisie n’a jamais été uniquement l’absence de projets. Il réside également dans les délais d’exécution, les procédures administratives, les problèmes fonciers, les appels d’offres, les études techniques et la coordination entre administrations.
Les données disponibles montrent d’ailleurs l’ampleur de la sélection opérée : les conseils locaux, régionaux et de districts avaient proposé 40 748 projets, avant que le processus de sélection ne ramène le portefeuille à 6 467 projets en cours et 14 624 nouveaux projets.
Quant à l’objectif de réaliser 4,2 % de croissance annuelle, pour être honnête, cet objectif n’est pas irréaliste en soi, car la Tunisie dispose d’atouts importants : proximité de l’Europe, capital humain relativement élevé, infrastructures existantes, potentiel touristique, agriculture, industries exportatrices, services numériques et potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables en construction.
Mais atteindre durablement 4,2 % supposerait une nette amélioration de la productivité et de l’investissement.
La question n’est donc pas de savoir si 4,2 % est mathématiquement possible. Elle est de savoir quelles transformations structurelles permettront de passer d’une croissance faible et irrégulière à une croissance durable supérieure à 4 %.
La Tunisie a besoin d’investir davantage dans les infrastructures, certes. Mais elle doit surtout investir dans la productivité.
Cela signifie :
– améliorer la qualité de l’éducation et de la formation professionnelle ;
– rapprocher la formation des besoins des entreprises ;
– accélérer la transformation numérique ;
– soutenir les PME et les entreprises innovantes ;
– faciliter l’accès au financement ;
– simplifier radicalement les procédures administratives ;
– développer les exportations ;
– attirer davantage d’investissements étrangers ;
– valoriser les ressources énergétiques renouvelables ;
– moderniser les entreprises publiques ;
– améliorer la gouvernance des projets publics, etc.
Conclusion
Sans réforme de la productivité, de l’administration, de l’éducation, de la fiscalité et du financement des entreprises, les objectifs très ambitieux de ce Plan risquent de rester des rêves difficiles à réaliser.
En particulier, sans une véritable amélioration du climat des affaires, l’objectif de croissance de 4,2% en moyenne par an risque de rester des chiffres sur du papier, comme le sont d’ailleurs restés les projections tout aussi ambitieuses des précédents plans de développement qui s’apparentent beaucoup plus à des wishful thinking qu’à des objectifs réalistes et réalisables.
Le véritable indicateur du succès de ce Plan ne sera donc pas le nombre de projets qui seront inaugurés, mais leur capacité à produire de la richesse, créer des emplois et augmenter durablement la productivité.
Pour cela, il est impératif de changer le rôle de l’État qui devrait passer de celui de producteur direct à celui de stratège, régulateur, investisseur dans les infrastructures et garant de l’équité territoriale et de la justice sociale.
Comme pratiquement dans tous mes articles, je reviens toujours à la politique, même après des analyses économiques très approfondies, car comme je l’ai déjà indiqué, le nom originel de l’«économie» en tant que discipline universitaire, était jusqu’aux années 1950, «économie politique».
* Economiste universitaire et consultant international.
** Avant de faire des projections irréalistes pour le Plan de développement 2026-2030 avec des ambitions irréalisables, on aurait été mieux inspiré de réaliser préalablement une étude sur les obstacles qui ont empêché la réalisation des projections, tout aussi irréalistes, du Plan de développement 2023-2025, rapidement enterré. Beaucoup de parlote, trop de paperasses, peu de réalisations… (NDLR).
La guerre au Moyen-Orient et le renchérissement de l’énergie éloignent l’inflation de la cible de 2 % de la BCE. Philip Lane estime qu’elle pourrait rester autour de 3 % jusqu’à la fin de l’année…
L’inflation dans la zone euro pourrait rester proche de 3 % jusqu’à la fin de 2026, selon Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE).
Dans un entretien accordé à la radio irlandaise RTÉ lundi 17 août, le responsable de la BCE a estimé que l’inflation devrait évoluer « autour de 3 % » durant le reste de l’année, en raison notamment du renchérissement de l’énergie provoqué par la guerre au Moyen-Orient.
Cette prévision demeure toutefois fortement dépendante de l’évolution du conflit. Une amélioration rapide de la situation géopolitique pourrait réduire les tensions sur les marchés de l’énergie, tandis qu’une prolongation de la crise ferait peser un risque supplémentaire sur les prix.
L’inflation de la zone euro a atteint 2,9 % en juillet, accentuant son éloignement de l’objectif de 2 % fixé par la BCE. La hausse des prix de l’énergie constitue désormais l’un des principaux facteurs de préoccupation pour les responsables monétaires.
Vers une nouvelle hausse des taux ?
Philip Lane s’est gardé de confirmer une éventuelle nouvelle hausse des taux d’intérêt. Il a rappelé que la BCE prendra les décisions nécessaires en fonction de l’évolution des données économiques et des risques inflationnistes.
Les marchés anticipent néanmoins une possible hausse supplémentaire de 25 points de base d’ici la fin de l’année. La prochaine étape majeure sera la réunion de septembre, au cours de laquelle la BCE doit actualiser ses projections économiques.
Le maintien d’une inflation élevée pourrait prolonger la période de taux d’intérêt élevés, avec des conséquences directes pour les ménages endettés, notamment les détenteurs de crédits immobiliers.
Malgré ces risques, Lane s’est montré relativement confiant concernant la conjoncture. L’économie de la zone euro a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, une performance supérieure aux attentes qui témoigne, selon lui, d’une certaine résistance de l’économie face aux chocs géopolitiques.
La BCE reste toutefois confrontée à un équilibre délicat : empêcher une nouvelle accélération de l’inflation sans fragiliser davantage une économie déjà exposée aux conséquences de la crise énergétique et géopolitique.
L’inflation poursuit son ralentissement en Tunisie. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), elle s’est établie à 5,1% en juillet 2026, contre 5,3% en juin et 5,5% en mai. Une évolution qui pourrait, à première vue, être perçue comme une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat. Pourtant, dans le quotidien des ménages, le sentiment d’une vie toujours plus chère reste bien présent. Courses alimentaires, viande, fruits, poisson, sorties ou hébergement : plusieurs dépenses continuent de peser lourdement sur les budgets. Ce décalage apparent entre les statistiques et le ressenti des consommateurs s’explique en réalité assez simplement : lorsque l’inflation ralentit, cela ne signifie pas que les prix baissent, mais qu’ils augmentent moins rapidement.
En juillet, les prix à la consommation ont d’ailleurs encore progressé de 0,2% par rapport au mois précédent. Sur un an, l’augmentation reste particulièrement sensible pour certains produits de consommation courante. Le ralentissement de l’inflation constitue donc un signal économique encourageant, mais il ne suffit pas encore à effacer plusieurs années de hausse des prix ni à redonner immédiatement aux ménages le pouvoir d’achat perdu.
Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix baissent
C’est probablement l’une des principales sources de confusion lorsqu’un nouveau chiffre de l’inflation est annoncé. Une inflation à 5,1% ne signifie pas que les prix ont diminué de 5,1%, pas plus que le passage de 5,5% en mai à 5,1% en juillet ne traduit un retour aux niveaux de prix observés auparavant. Cela signifie simplement que le rythme général de progression des prix ralentit. Prenons un exemple simple. Lorsqu’un produit passe de 10 à 12 dinars après plusieurs hausses successives, le ralentissement de l’inflation ne le fait pas automatiquement revenir à 10 dinars. Son prix peut continuer à augmenter, mais plus lentement. Pour le consommateur, la différence est fondamentale : le niveau atteint reste élevé et le budget nécessaire pour acheter le même panier qu’il y a quelques années demeure supérieur.
Les chiffres de juillet illustrent parfaitement ce phénomène. L’indice général des prix a progressé de 0,2% en un mois. Dans le même temps, certaines catégories ont enregistré des mouvements plus marqués. Les prix des restaurants et hôtels ont ainsi augmenté de 1,4% en juillet, notamment sous l’effet d’une progression de 7,2% des services d’hébergement. Les groupes santé ainsi que loisirs et culture ont chacun enregistré une hausse mensuelle de 0,7%. À l’inverse, les prix du groupe alimentation et boissons ont diminué de 0,6% par rapport à juin, notamment grâce au recul des légumes, de la viande ovine, de la volaille et des œufs. Ce mouvement mensuel reste toutefois insuffisant pour effacer les augmentations accumulées sur une période plus longue.
L’alimentation continue de peser lourd
C’est sans doute dans le panier alimentaire que le décalage entre le taux général d’inflation et le ressenti des ménages apparaît le plus clairement. Sur un an, les prix du groupe «Alimentation et boissons» ont augmenté de 6,6% en juillet, soit davantage que l’inflation générale. Certes, cette progression ralentit puisqu’elle atteignait encore 7,1% en juin, mais certaines hausses restent particulièrement importantes. La viande ovine affiche ainsi une augmentation de 16,7% sur un an, les fruits frais de 13,8%, la viande bovine de 13,7%, la volaille de 12,5% et les poissons frais de 11,6%. Quelques produits évoluent dans le sens inverse : les huiles alimentaires enregistrent une baisse de 4,9% et les œufs de 3,8%. Mais dans la perception du coût de la vie, tous les produits n’ont pas le même poids. Une augmentation importante de produits achetés régulièrement est immédiatement visible. Le consommateur ne raisonne pas en moyenne statistique lorsqu’il remplit son panier : il constate ce qu’il doit débourser à la caisse. Une famille qui achète régulièrement viande, volaille, poisson et fruits peut donc ressentir une hausse du coût de son alimentation nettement supérieure au chiffre général de 5,1%. La distinction entre produits libres et produits encadrés renforce également ce contraste. En juillet, les prix des produits libres ont progressé de 6,2% sur un an, contre seulement 1,1% pour les produits encadrés. Pour les seuls produits alimentaires, l’écart est encore plus spectaculaire : les produits alimentaires libres ont augmenté de 7,4%, contre 0,2% pour ceux dont les prix sont encadrés.
Quand le ralentissement se fera-t-il sentir dans les portefeuilles ?
La question centrale n’est donc plus seulement de savoir si l’inflation baisse, mais à quel moment cette amélioration statistique pourra être réellement ressentie par les ménages. Le ralentissement observé depuis mai est positif : l’inflation est passée de 5,5% en mai à 5,3% en juin puis à 5,1% en juillet. L’inflation sous-jacente, calculée hors alimentation et énergie, s’est également légèrement repliée, passant de 4,9% en juin à 4,8% en juillet. Mais le pouvoir d’achat dépend d’une équation plus complexe. Il ne suffit pas que les prix progressent moins vite, encore faut-il que les revenus puissent suivre leur évolution. Après plusieurs années de renchérissement, les ménages ont déjà adapté leurs habitudes, réduit certaines dépenses, modifié leurs achats ou renoncé à certains produits devenus trop chers. Même lorsque l’inflation ralentit, ces arbitrages ne disparaissent pas du jour au lendemain.
La baisse du rythme de l’inflation constitue donc une évolution favorable pour l’économie tunisienne, mais elle ne doit pas être confondue avec une baisse généralisée des prix. Pour que l’amélioration soit véritablement perceptible dans le quotidien, il faudra que la modération des prix s’inscrive dans la durée et que l’évolution des revenus permette progressivement aux ménages de retrouver des marges de manœuvre. Le chiffre de 5,1% raconte ainsi une partie de la réalité économique tunisienne. Le panier du consommateur en raconte une autre. Les deux ne sont pas contradictoires : l’inflation ralentit bel et bien, mais les prix restent à des niveaux élevés. Et pour les ménages, c’est encore le montant payé à la caisse, bien davantage que le taux d’inflation annoncé, qui mesure chaque jour la réalité du pouvoir d’achat.
La présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Beth Hammack, a réitéré son point de vue selon lequel la Banque centrale américaine (Fed) devrait immédiatement relever les taux d’intérêt afin de réduire l’inflation excessivement élevée, rapporte Reuters.
« Lorsque je discute avec des entreprises, je constate qu’elles sont très désireuses de lever des capitaux et d’emprunter pour continuer à investir. Elles perçoivent les opportunités de croissance, ce qui est positif. Je souhaite qu’elles continuent à les percevoir. Mais si cette croissance est excessive… elle pourrait exercer une pression supplémentaire sur les prix, contribuant ainsi aux pressions inflationnistes », a déclaré Mme Hammack lors d’une intervention à la Chambre de commerce de la région de Dayton, dans l’Ohio.
« Nous devons veiller à ce que notre politique permette une certaine modération [de l’activité] afin de ramener l’inflation de son niveau actuel – supérieur à 3 % – à l’objectif de 2 % », a-t-elle ajouté.
Alors que les chiffres officiels révèlent une aggravation de la crise du chômage chez les diplômés universitaires, les différentes coordinations des chômeurs en Tunisie, notamment l’Union des diplômés chômeurs (UDC), multiplient les mouvements de protestation pour faire pression sur l’exécutif en vue d’accélérer la mise en œuvre de la loi n° 18 de 2025, relative au recrutement exceptionnel des personnes au chômage depuis plus de dix ans.
Latif Belhedi
Ces mouvements surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les syndicats de diplômés et les autorités de sécurité, tensions exacerbées par des décisions visant à restreindre les manifestations, prévues sur les plans aussi bien national que régional. Ces restrictions suscitent un vif mécontentement parmi les organisateurs qui font valoir qu’elles sont en totale contradiction avec les slogans officiels prônant la défense des droits, au moment où leurs droits fondamentaux au travail, à la dignité et à l’expression leur sont refusés.
Politique de temporisation et d’ajournement
Ces restrictions des libertés violent la Constitution, disent-ils, estimant que «la liberté d’expression et de réunion ne constitue ni une faveur accordée par les autorités, ni un privilège octroyé ou révoqué au gré de leur volonté. Il s’agit au contraire de droits constitutionnels dont l’exercice ne saurait être soumis à un calendrier dicté par les autorités.»
Ces restrictions, ajoutent-ils, touchent au cœur même du droit des chômeurs à exprimer leurs préoccupations et à contester les atermoiements persistants dans la mise en œuvre d’une loi adoptée il y a plusieurs mois.
Les organisations des diplômés chômeurs tiennent le pouvoir exécutif pour seul responsable du blocage continu de l’application de la loi, ainsi que de toute conséquence découlant de cette politique de temporisation et d’ajournement.
Loi n° 18 et chiffres alarmants du chômage
Il convient de noter que la loi n° 18 de 2025, publiée au Journal officiel le 22 décembre 2025, prévoit des dispositions exceptionnelles pour le recrutement dans le secteur public de diplômés universitaires au chômage depuis plus de dix ans.
Bien que plusieurs mois se soient écoulés depuis sa promulgation, les personnes concernées attendent toujours sa mise en œuvre effective.
Par ailleurs, le retard dans l’élaboration et la publication des décrets d’application nécessaires, ainsi que dans le lancement de la plateforme numérique destinée à la réception et à la modification des candidatures, perdure en dépit des assurances officielles répétées quant à l’engagement de l’État à rendre cette loi opérationnelle.
Cette situation survient à un moment délicat. Elle coïncide avec la publication, par l’Institut national de la statistique, des chiffres relatifs à l’emploi et au chômage pour le premier trimestre 2026. Ces données font état d’une hausse significative de 1,7 % du taux de chômage chez les diplômés universitaires, lequel atteint désormais 24,2 %, contre 22,5 % au dernier trimestre 2025. Les statistiques révèlent également un écart important entre les sexes, avec un taux de chômage de 14,2 % pour les hommes contre 32 % pour les femmes.
En conséquence, la colère de l’opinion publique s’est intensifiée et les appels à une intensification de la contestation pour exiger un emploi immédiat se sont multipliés, dans un contexte de difficultés financières et budgétaires, de hausse de l’inflation, d’augmentation des prix et de baisse du pouvoir d’achat des citoyens.
Par ailleurs, et malgré l’accélération du phénomène de la fuite des compétences, le nombre de diplômés chômeurs continue d’augmenter, dans un contexte caractérisé par une décélération de l’investissement, public et privé, et une faible croissance économique.
Malgré un taux d’inflation qui demeure relativement stable, les signaux envoyés par l’économie tunisienne restent préoccupants. Invité à commenter les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), l’économiste et universitaire Ridha Chkoundali a alerté, mardi 9 juin 2026, sur un changement de tendance de l’inflation, ainsi que sur les risques liés aux...
Im Dezember 2023 ging die Inflation auf 8,1% zurück, verglichen mit 8,3% im November 2023. Dies geht aus einer am Freitag veröffentlichten Mitteilung des Nationalen Mehr