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Emploi: une précarité féminine alarmante

Alors que les statistiques globales de l’emploi pour le deuxième trimestre 2026 laissent entrevoir une apparente stabilité, voire une légère baisse du chômage national de 10 points de base à 14,9%, une lecture désagrégée par sexe révèle une réalité bien plus sombre. La situation des femmes sur le marché de l’emploi tunisien continue de se détériorer à un rythme préoccupant.

Le contraste entre les deux genres est particulièrement marquant au cours du dernier trimestre. Le taux de chômage a reculé de 0,5% pour les hommes (11,8%), alors qu’il progresse de 0,9% côté femmes pour grimper à 21,6%.

Le taux de chômage féminin est désormais près de deux fois supérieur à celui des hommes. Les femmes subissent de plein fouet les aléas du marché de l’emploi, représentant une part disproportionnée des personnes en quête d’activité.

Au-delà du seul chômage, l’intégration économique globale des femmes montre des signes de repli sévère. Le taux d’activité des femmes est tombé à 27,1% au T2 2026 (contre 28,9% au T1 2026), tandis que celui des hommes culmine à 63,3%. Moins d’une femme sur trois en âge de travailler participe à la vie active.

Le nombre de femmes actives a chuté de 1 379 000 à 1 302 800, soit une perte de plus de 76 000 femmes sorties de la population active en l’espace d’un seul trimestre. Le nombre de femmes occupant un emploi est passé de 1 094 000 à 1 022 100.

L’indicateur le plus critique concerne sans doute les diplômées de l’enseignement supérieur. Si les femmes constituent la majorité des diplômés universitaires du pays, le marché du travail sanctionne lourdement leur profil. Le taux de chômage des diplômés du supérieur atteint 26,6% au niveau national (en hausse par rapport aux 24,2% du trimestre précédent). Chez les femmes diplômées, ce taux est de 35,6% (contre 32,0% au T1 2026). En comparaison, le chômage des hommes diplômés reste stable à 14,2%. Plus d’une femme diplômée sur trois est aujourd’hui au chômage, affichant un taux de chômage supérieur de 21,4 points à celui de leurs homologues masculins de même niveau d’instruction.

Les chiffres démontrent que les améliorations conjoncturelles du marché de l’emploi profitent quasi exclusivement à la population masculine. Il faut de nouvelles politiques publiques axées sur la levée des freins à l’embauche des femmes, l’adéquation formation-emploi dans les filières tertiaires, et la valorisation des compétences féminines dans les secteurs à forte valeur ajoutée.

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La route de la soie polaire : un détour stratégique pour contourner les turbulences du Moyen-Orient

Les récentes perturbations au Moyen-Orient ont rappelé à la Chine la fragilité de ses routes commerciales historiques. Face à cette vulnérabilité, Pékin semble avoir trouvé une issue inattendue, la route maritime du Nord, cette voie arctique longeant les côtes russes.

 

Pour la première fois, une liaison régulière est en cours d’établissement sur cet itinéraire polaire. Un tournant symbolique et pratique, qui pourrait redessiner les équilibres du commerce mondial dans les décennies à venir.

 

Un passage qui gagne en fiabilité

La route maritime du Nord n’est navigable que pendant les mois les plus chauds. Mais avec l’accélération du dérèglement climatique, la fenêtre de navigation s’allonge année après année, transformant progressivement cette voie glacée en couloir commercial viable.

Pour certains navires, l’itinéraire arctique réduit de plus de moitié le temps de trajet entre la Chine et l’Europe, un gain logistique considérable. Ce raccourci offre surtout un avantage décisif pour les marchandises sensibles aux variations de température et aux délais, comme les véhicules électriques, les batteries au lithium et les équipements solaires.

 

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Une promesse écologique en trompe-l’œil

Pourtant, cette route qui réduit les émissions liées au transport maritime en raccourcissant les distances présente des risques écologiques qui pourraient aisément anéantir ces gains carbone.

En cas de déversement de carburant, les conséquences seraient catastrophiques. Dans les eaux glacées de l’Arctique, le fioul lourd est plus visqueux que les autres hydrocarbures, ce qui rend son nettoyage extrêmement difficile. Le pétrole se décompose en outre beaucoup plus lentement sous les climats froids, et une fois emprisonné sous la glace, il devient quasiment impossible à extraire. Une marée noire dans cette région serait une tragédie écologique sans précédent, aux répercussions irréversibles.

 

Des changements majeurs à venir

La Russie voit dans cette route un levier géopolitique majeur. En contrôlant les passages et en imposant ses conditions, Moscou espère redessiner la carte du commerce mondial à son avantage. Mais cette mainmise russe suscite de vives réticences chez de nombreux armateurs internationaux, qui y voient un risque politique et sécuritaire trop élevé pour s’y engager pleinement.

La route maritime du Nord ne peut donc pas, à court ou moyen terme, se substituer aux artères historiques que sont le détroit d’Ormuz et le canal de Suez. Elle reste pour l’heure un complément, une option de repli, davantage qu’une véritable alternative. À plus long terme, en revanche, l’équation pourrait changer. Si la route arctique devenait pleinement opérationnelle, elle menacerait directement les recettes du canal de Suez, qui a généré plus de 4 milliards de dollars en 2025. Or, l’Égypte, lourdement endettée et en quête permanente de liquidités, ne peut pas se permettre de voir cette manne financière se tarir.

Le canal de Suez reste pour l’instant indispensable. Mais l’ombre portée de la route polaire, encore lointaine, est déjà suffisamment grande pour inquiéter Le Caire. La Chine, elle, avance ses pions, entre promesses de nouveaux horizons et périls écologiques et politiques.

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Siphat: dynamique commerciale mais défi persistant de l’endettement

La Société des industries pharmaceutiques de Tunisie (Siphat) a publié ses indicateurs d’activité pour le deuxième trimestre et le premier semestre 2026.

Le chiffre d’affaires officinal semestriel est passé de 0,563 MDT fin juin 2025 à 1,825 MDT une année plus tard, porté principalement par les formes sèches (1,363 MDT).

Avec 2,676 MDT au premier semestre 2026 contre 2,812 MDT durant la même période 2025, l’activité hospitalière reste le principal contributeur aux revenus. Le ralentissement a concerné les formes sèches (1,419 MDT).

Les exportations se sont élevées à 0,151 MDT. La Siphat a précisé que ces médicaments exportés correspondent à des lots produits en 2025 et enlevés au 2e trimestre 2026 en raison de contraintes logistiques liées au client étranger.

Malgré la reprise opérationnelle, la structure financière de la Siphat demeure sous tension. L’endettement total atteint 164,218 MDT au 30 juin 2026, affichant une augmentation de 22% en rythme annuel. L’essentiel de de cette dette est dû à l’État et aux entreprises publiques (à hauteur de 82%). Face à cette situation, la direction est en train d’élaborer un projet de restructuration globale. Ce plan stratégique a pour vocation d’assainir le passif financier, de rétablir la compétitivité de l’entreprise et de garantir sa pérennité à long terme. Pour rappel, au cours du mois de mai, la société a annoncé la remise en service de sa ligne de production de flacons de solutions liquides, et ce, après plusieurs années d’interruption.

Le redressement du laboratoire est crucial pour l’industrie pharmaceutique nationale et, surtout, pour l’approvisionnement des établissements hospitaliers.

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SFBT: solidité des chiffres au-delà de la conjoncture

La Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT) a dévoilé ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026.

Les revenus semestriels ont atteint 379,281 MDT, en hausse de 6% en glissement annuel. Cette évolution est portée par les ventes de produits fabriqués (bières et boissons gazeuses principalement), qui s’élèvent à 346,833 MDT. Les ventes de marchandises revendues en l’état se sont établies à 25,168 MDT.

Les approvisionnements consommés ont totalisé 183,430 MDT. Les charges de sous-traitance ont été optimisées à 26,914 MDT (contre 64,557 MDT un an plus tôt) à la suite de l’évolution du modèle économique de mise en boîtes avec la filiale SEABG.

Grâce à la maîtrise des coûts d’exploitation, qui n’ont augmenté que de 2,3%, à 286,927 MDT, le résultat d’exploitation a gagné 19,5%, à 96,055 MDT.

Par ailleurs, et fidèle à sa vocation de holding agroalimentaire, la SFBT a comptabilisé 106,532 MDT de produits de placement, dont 103,20 MDT de dividendes directs encaissés auprès de ses filiales et participations stratégiques. Cela a permis d’afficher un résultat net de 185,067 MDT fin juin 2026, contre 169,637 MDT à la même date en 2025.

À noter que la société a reçu deux taxations d’office (vérification approfondie 2019 pour 36,026 MDT et vérification 2017 pour 9,335 MDT) qui font l’objet d’expertises judiciaires avec des audiences fixées en octobre 2026, la société ayant souscrit à des échéanciers de paiement du principal pour bénéficier de l’amnistie sur les pénalités. Une vérification approfondie (2021-2024) est actuellement en cours.

La SFBT s’est pourvue en appel contre la décision de première instance du Conseil de la concurrence, datant du mois de mai 2024, lui infligeant une amende de 12,995 MDT (19,985 MDT pour le groupe).

Avec la douane, un accord de conciliation a été conclu pour régler la pénalité sur rapatriement des recettes d’exportation (relatives aux exercices 2000-2024) de 11,517 MDT avec paiements échelonnés réguliers.

Ces éléments ne remettent aucunement en question la qualité des chiffres publiés par la société, qui confirme, encore une fois, sa capacité à améliorer sa profitabilité, quelle que soit la conjoncture économique.

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Le cercle vicieux du déficit énergétique est à briser

Le déficit énergétique en Tunisie a atteint un niveau critique et son coût exorbitant hypothèque effectivement les finances du pays. La facture des sept premiers mois de 2026 montre un trou de 7 946 MDT, soit environ 4,3x le déficit de juillet 2016. Ce seul poste représente 53% du déficit commercial total du pays. Derrière, il y le coût des subventions énergétiques qui devrait être à des sommets.

Cette énorme facture énergétique, couplée à la dégradation des services de base, crée un cercle vicieux. L’État, contraint de financer les subventions énergétiques pour ne pas aggraver le problème de l’inflation, manque de moyens pour investir dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Ses ressources propres ne suffisent pas pour couvrir les besoins grandissants sur ces services.

Il faut impérativement accélérer la transition énergétique. À moyen terme, le gouvernement a fixé l’objectif de 35% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2030, et 80% d’ici à 2050. S’il faut accorder de nouveaux avantages financiers et fiscaux aux investisseurs privés, il est temps de le faire, car le statu quo coûte encore plus cher. Les changements climatiques s’intensifient chaque année et la consommation de l’électricité va encore grimper. Même si les prix de l’énergie baissent, il y aura un effet volume capable d’absorber tout gain possible.

La question des subventions, délicate sur tous les fronts, est centrale. D’un côté, elles protègent les plus vulnérables; de l’autre, leur poids est devenu insoutenable. Une réduction brutale risquerait de provoquer une flambée des prix. Le gouvernement est en permanence à la recherche d’un équilibre entre soutien social et rigueur budgétaire. Peut-être qu’il est temps de réviser le système, même partiellement, et d’orienter l’argent épargné vers les secteurs qui touchent aussi les citoyens, essentiellement la santé. Nos ressources sont limitées et sans des arbitrages courageux, aucun service public ne pourra s’améliorer rapidement.

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La Tunisie à l’épreuve de la volatilité des cours des produits agricoles

Alors que la majorité des Tunisiens sont en congé, les tensions géopolitiques et les phénomènes naturels mettent de la pression sur les marchés mondiaux. A la rentrée, il y a bien un risque de mauvaises surprises.

En fait, les prix alimentaires mondiaux sont à leur plus haut niveau depuis plus de 42 mois. Et ce, sous l’effet des vagues de chaleur estivales et des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

 

Pression sur les céréales

La référence est l’indice des prix des produits alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice, qui suit les variations mensuelles d’un panier de produits alimentaires échangés sur le marché international, est passé à 131,1 points en juillet. C’est un pic depuis janvier 2023, après une hausse des prix des céréales, du sucre et des huiles végétales. Ce trio est particulièrement critique pour la Tunisie.

La FAO a cité les vagues de chaleur comme facteur affectant les rendements du blé dans plusieurs pays producteurs clés. Les prix du sucre ont été tirés vers le haut par les dommages causés par le système météorologique El Niño qui se développe rapidement.

Les prix des céréales ont augmenté de 3,4 % sur un mois, incluant une hausse de 5,8 % du coût du blé mondial. Les perturbations persistantes des flux d’exportation de la mer Noire et les dommages causés aux infrastructures d’exportation, après l’intensification des attaques entre la Russie et l’Ukraine, ont fait monter les cours.

Les prix du maïs mondial ont augmenté de 3,6 %. Cela s’explique par les inquiétudes concernant le temps chaud et sec aux États-Unis. La vague de chaleur meurtrière qui a balayé l’Europe en juin, exacerbée par les émissions de carbone, aurait forcé les céréaliers à détruire 9 millions de tonnes de cultures telles que le blé, l’orge, le maïs et l’avoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sucre et les huiles végétales suivent le pas

Pour leur part, les prix du sucre ont bondi de 5,6 % en juillet. Une tendance attribuée aux craintes météorologiques et aux nouvelles règles au Brésil augmentant la quantité d’éthanol pouvant être ajoutée à l’essence. Ce qui a entraîné une demande accrue de la part des fermenteries.

Les prix des huiles végétales ont augmenté de 2 %. Une hausse que le rapport attribue à une demande soutenue du secteur du biodiesel en Indonésie et à la hausse des prix du pétrole brut. La guerre en Iran a également fait monter les prix alimentaires ces derniers mois. Sachant qu’environ un tiers de la production d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Les prix de la viande ont chuté de 2,8 % en juillet.

 

Œuvrer pour des solutions durables

Cette situation risque d’alourdir la pression sur la balance commerciale dans les mois à venir. Depuis sept ans, les crises exogènes s’enchaînent sans répit. À court terme, nous n’avons d’autre choix que de subir. A moyen et long terme, il nous faudra impérativement trouver des solutions du côté de la production nationale. C’est un enjeu de souveraineté qui, au même titre que la santé, l’éducation ou les transports, doit se situer au cœur de l’action publique.

Certes, les idées et les programmes ne manquent pas, mais leur mise en œuvre exige des financements conséquents. Surtout si nous voulons poser les bases d’une politique agricole durable. Toutefois, les capitaux ne manquent pas. Le secteur privé local peut y contribuer, à condition que les portes lui soient ouvertes. L’exemple du secteur photovoltaïque montre d’ailleurs ce qu’une telle politique peut produire.

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13 Août – La femme tunisienne, levier de développement et non sujet de polémique

En Tunisie, les réseaux sociaux sont régulièrement le théâtre de débats autour de la gent féminine. Au cœur des attaques, le Code du statuts personnel (CSP), cette avancée historique qui, depuis 1956, a garanti aux Tunisiennes des droits inédits dans le monde arabo-musulman.

 

Aujourd’hui, une frange croissante de voix, souvent portée par des courants conservateurs, dénonce ce texte qu’elle accuse de fragiliser l’autorité masculine et d’ébranler les « valeurs traditionnelles ». Certains vont jusqu’à y voir une source d’« atteintes aux mœurs », estimant que l’émancipation juridique des femmes aurait ouvert la voie à un relâchement moral.

Lire aussi – Réforme du CSP en Tunisie : attention danger… pour les femmes !

 

L’excellence ne suffit pas

Mais ce procès fait l’impasse sur l’essentiel. Derrière les polémiques identitaires, on oublie trop souvent que la femme tunisienne est d’abord un acteur économique à part entière. On parle de son corps, de son mariage, de son héritage, mais rarement de son accès au travail, de sa place dans l’entreprise ou de sa contribution à la richesse nationale.

Les chiffres ne mentent pas. Les femmes tunisiennes arrachent chaque année leur excellence dans les examens nationaux, avec des taux de réussite au baccalauréat largement supérieurs à ceux des hommes. Elles investissent massivement les filières nobles, comme la médecine, la pharmacie, l’ingénierie et les sciences, et représentent aujourd’hui une majorité d’étudiants dans la plupart des disciplines stratégiques.

Cette réalité contredit le discours réducteur qui voudrait les cantonner à un rôle domestique ou subalterne. Pourtant, ce potentiel exceptionnel reste sous-exploité sur le plan professionnel. Le taux d’activité féminine en Tunisie demeure inférieur à 30 %, bien en deçà des capacités réelles de cette main-d’œuvre qualifiée.

Les freins sont nombreux, essentiellement le plafond de verre dans les postes de direction, la précarité de l’emploi informel, les charges familiales non partagées, et surtout un imaginaire collectif qui peine à concevoir la femme comme un pilier de la croissance.

 

Lire également – Divorce par notaires : inquiétudes autour du CSP

 

Sortir de la pensée primitive

Il est temps de changer de logiciel. Rester enfermé dans un débat stérile sur les « mœurs » ou la « pression sur les hommes », c’est condamner le pays à une pensée primitive, déconnectée des enjeux du 21ème siècle. La véritable question n’est pas de savoir si le Code du statut personnel a « trop » protégé les femmes, mais comment faire de cette protection un levier de développement. Comment transformer l’excellence scolaire en excellence professionnelle ? Comment faire des Tunisiennes des créatrices de richesse, des cheffes d’entreprise, des décideuses, et non plus seulement des diplômées sur le papier ?

La Tunisie a besoin de toutes ses forces vives pour relever ses défis économiques. Ignorer la moitié de sa population active potentielle est un luxe qu’elle ne peut plus se permettre. Il ne s’agit pas de nier les tensions sociales ou culturelles, mais de les dépasser en posant un regard lucide et moderne sur ce que les femmes apportent déjà, et sur ce qu’elles pourraient apporter si on leur en donnait les moyens.

L’émancipation juridique a été une étape fondatrice. L’émancipation économique doit être la suivante. Et celle-ci ne passera ni par la nostalgie d’un passé fantasmé ni par la peur de l’avenir, mais par la reconnaissance pleine et entière de la femme comme sujet économique, social et politique. C’est à ce prix que la Tunisie pourra véritablement avancer.

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Marché de l’immobilier en Tunisie: résilience des prix et repli des transactions

Le marché immobilier tunisien a clôturé l’année 2025, comme observé, sur une tendance haussière des prix, conjuguée à une contraction notable du volume des transactions. Les données publiées par l’Institut national de la statistique mettent en lumière les disparités d’évolution selon les types de biens et les zones géographiques.

Au cours du quatrième trimestre de l’année 2025, l’indice des prix des propriétés bâties a enregistré une hausse modérée de 0,3% par rapport au troisième trimestre de la même année. Cette évolution globale masque toutefois des trajectoires divergentes selon la catégorie de logements. En effet, la progression de l’indice s’explique principalement par la consolidation des prix des maisons et villas, qui ont augmenté de 1,8% sur le trimestre. À l’inverse, le marché des appartements a connu une légère correction à la baisse, avec des prix reculant de 0,3% sur la même période. Du côté du foncier, les prix des terrains destinés à la construction ont, quant à eux, progressé de 1,9% d’un trimestre à l’autre.

L’analyse de l’évolution des prix en glissement annuel confirme la fermeté du marché. Le coût de l’ensemble de l’immobilier bâti s’est apprécié de 5,6% en un an. Dans le détail, les prix des appartements affichent une hausse annuelle de 5,7%, talonnés de près par les maisons individuelles qui enregistrent une croissance de 5,6%. L’indice des prix des terrains résidentiels ne fait pas exception, s’inscrivant également dans cette dynamique haussière avec une augmentation de 3,9% en glissement annuel.

Le bilan révèle des variations géographiques significatives, soulignant l’attractivité de certaines régions. L’augmentation des prix de l’immobilier bâti a été particulièrement tirée par la zone côtière du Sahel (comprenant Nabeul, Sousse, Monastir et Mahdia), où les prix se sont envolés de 6,9% sur un an. La région du Grand Tunis maintient également une dynamique positive avec une progression de 2,9% des prix du bâti en glissement annuel. Concernant les terrains à bâtir, les disparités sont tout aussi notables. Sur un an, les prix fonciers ont augmenté de 4,8% dans le Grand Tunis, de 5,3% dans la région du Sahel, et de 3,6% dans la zone de Sfax et le Sud. À contre-courant de ces tendances haussières, la région du Nord-Ouest se distingue par un recul marqué des prix des terrains résidentiels, enregistrant une baisse de 1,1% en glissement annuel.

Parallèlement à cette résilience des prix, le marché immobilier accuse un essoufflement notable au niveau des ventes. Corrigé de l’effet des variations saisonnières, le volume global des transactions a fléchi au quatrième trimestre 2025 comparativement au troisième trimestre. Cette contraction affecte l’ensemble des catégories de biens. Les échanges de terrains à bâtir ont reculé de 2,9%, les ventes de maisons ont baissé de 2,4%, et le segment des appartements est celui qui a subi le plus fort ralentissement, avec une chute de 4,9% du volume des transactions. Cette situation traduit un marché où des prix élevés coexistent avec une demande en retrait. Elle illustre une érosion nette du pouvoir d’achat des ménages et des capacités de financement bancaire.

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L’investissement industriel redémarre timidement, les prévisions s’améliorent pour fin 2026

Au cours du premier semestre 2026, le solde d’opinion des chefs d’entreprises industrielles sur l’évolution de l’investissement global s’est établi à 24%, contre 21% lors du second semestre 2025. Cette progression, bien que modeste, constitue un signal de reprise progressive après une période de prudence, voire de contraction, observée au cours des exercices précédents.

Les chefs d’entreprise interrogés sont nettement plus confiants pour l’avenir. Le solde d’opinion anticipé pour le second semestre 2026 s’élève à 26%, contre 20% la période précédente. Cette hausse de 600 points de base indique une dynamique d’accélération attendue dans les mois à venir.

L’analyse par secteur d’activité révèle des tendances contrastées. Le secteur des industries mécaniques et électriques enregistre la plus forte progression, avec un solde passant de 35% au second semestre 2025 à 48% au premier semestre 2026. Cette performance est le reflet de la demande soutenue dans les filières technologiques et d’équipement. Le secteur des matériaux de construction, céramique et verrerie connaît également une embellie notable, avec un solde bondissant de 10 à 19%.

À l’inverse, le secteur textile, habillement et cuir a vu son solde chuter dans le rouge, passant de 2 à -4%, signalant une détérioration des conditions d’investissement. Le secteur des industries chimiques, bien que bénéficiant d’un niveau élevé (29%), a tout de même enregistré un repli par rapport à son score de 38% au semestre précédent.

Les prévisions pour le second semestre 2026 confirment la position de leader du secteur des industries mécaniques et électriques, dont le solde anticipé devrait s’envoler de 10 à 37%. Les industries agroalimentaires et les industries diverses affichent également des perspectives de hausse, avec des soldes respectifs attendus à 32 et 26%.

Cependant, certains secteurs anticipent une accalmie, voire un ralentissement, notamment les matériaux de construction (dont le solde est projeté de 31 à 18%) et le textile, qui devrait voir son solde se dégrader davantage (passant de 0 à -6%). Enfin, les industries chimiques devraient connaître une stabilisation de leur niveau d’investissement.

L’enquête semestrielle de l’INS pour l’année 2026 dresse le portrait d’une industrie manufacturière en phase de redémarrage. Si le premier semestre confirme une sortie progressive de la morosité, les attentes pour la seconde partie de l’année sont résolument tournées vers une reprise plus franche. La publication du prochain bulletin semestriel permettra de vérifier si ces anticipations optimistes se sont concrétisées.

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L’inflation ralentit en juillet, les services et l’alimentation toujours sous pression

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 5,1% en juillet 2026, marquant un léger ralentissement par rapport aux 5,3% du mois précédent. Ce chiffre, bien qu’en baisse, reste élevé et cache des disparités importantes entre les secteurs, les produits libres continuant de tirer la hausse vers le haut.

Le reflux de l’inflation globale est principalement attribuable au ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires et boissons (6,6% en juillet contre 7,1% en juin). Ce secteur, pourtant crucial pour le pouvoir d’achat des ménages, semble marquer une pause après des mois de fortes augmentations.

La hausse des prix des produits alimentaires, bien que ralentie, reste un des principaux moteurs de l’inflation. Sur un an, plusieurs produits de première nécessité ont vu leurs prix grimper de manière significative. Les viandes sont en première ligne, avec la viande ovine (+16,7%), la viande bovine (+13,7%) et la volaille (+12,5%) qui enregistrent des hausses à deux chiffres. Les poissons frais ne sont pas en reste avec une augmentation de 11,6%. Les fruits frais ont vu leurs prix s’envoler de 13,8% sur un an. En revanche, cette flambée est atténuée par la baisse des prix des huiles alimentaires (-4,9%) et des œufs (-3,8%), des denrées qui avaient connu de fortes hausses les années précédentes.

Les prix des services d’hébergement ont bondi de 16,6% sur un an, et de 7,2% rien que sur le seul mois de juillet. Cette hausse, probablement liée à la saison touristique estivale, est le principal facteur de l’augmentation du groupe restaurants et hôtels (+1,4% sur le mois). Les services de santé ont augmenté de 0,7% en juillet, portés par les produits pharmaceutiques (+1,2%). Sur un an, l’inflation dans ce secteur est de 2,7%.

Quant au groupe de habillement et chaussures, souvent soumis à des variations saisonnières, il affiche une hausse annuelle de 9,1%, soulignant que les prix des vêtements neufs restent orientés à la hausse.

Le taux d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et l’énergie, a légèrement reculé, passant de 4,9% en juin à 4,8% en juillet. Cette baisse, bien que modeste, est un signal que les pressions inflationnistes structurelles pourraient commencer à s’atténuer. Les prix des produits libres (non régulés) ont augmenté de 6,2% sur un an, alors que les prix des produits encadrés ont gagné 1,1%.

Par régime de prix, la contribution la plus forte à l’inflation provient des produits non alimentaires libres (3,0%) et des produits alimentaires libres (1,9%). L’inflation actuelle est donc principalement tirée par les mécanismes de marché non régulés. Le chemin est encore long avant de voir les prix baisser significativement.

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Un 2026 modeste pour les startups africaines

Selon Africa: The Big Deal, 44 startups africaines ont annoncé des levées de fonds supérieurs à 100 000 dollars au cours du mois de juillet 2026, mobilisant un total de 102 millions de dollars (hors sorties). Cela fait de juillet un mois de faible valeur, mais pas de faible activité. Le nombre d’entreprises concernées est dans la moyenne des 12 derniers mois, contrairement aux montants qui étaient 60 % en dessous de la moyenne de financement de la même période. Il s’agit effectivement du total mensuel le plus bas depuis mars 2025.

Sur les 102 millions de dollars, seulement 25 millions de dollars provenaient de tours de table en fonds propres, la valeur mensuelle la plus basse depuis avril 2019. L’essentiel des financements provient de la dette.

Depuis le début de l’année, les startups africaines ont levé 1,46 milliard de dollars, contre 2 milliards de dollars jusqu’à fin juillet 2025. Le financement en fonds propres a atteint 921 millions de dollars, en baisse de 9 % en glissement annuel. La dette a totalisé 529 millions de dollars, bien en dessous des 941 millions de la même période l’an dernier. Seules 241 entreprises ont levé plus de 100 000 dollars, un chiffre inférieur à celui de janvier-juillet 2025 (302), 2024 (286) et 2023 (300). Au moins 256 investisseurs actifs ont contribué à ces levées en 2026, contre 328 à la même période l’an dernier.

Pour l’instant, l’année 2026 enregistre des performances modestes pour les startups africaines. Les bailleurs de fonds préfèrent accorder des prêts à des entreprises établies, capables de générer des revenus prévisibles pour rembourser, plutôt que de prendre des participations au capital d’entreprises plus jeunes et plus risquées. Les capitaux se concentrent sur les acteurs les plus solides.

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SIAME: le marché local a partiellement compensé le repli de l’export

La Société Industrielle d’Appareillage et de Matériels Électriques (SIAME) a publié ses indicateurs d’activité relatif au premier semestre 2026, faisant ressortir une performance contrastée. Si le marché local affiche une nette progression, l’effondrement des exportations, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, pèse lourdement sur les revenus globaux de l’entreprise.

Au 30 juin 2026, le chiffre d’affaires total de la SIAME s’est établi à 20,011 MTND, en baisse de 11,6% par rapport au premier semestre de l’exercice précédent.

Le marché local constitue le principal moteur de croissance, enregistrant une progression de 7,2% pour atteindre 15,527 MTND. Cette performance est portée par le dynamisme du secteur privé, dont les ventes ont bondi de 39,6%, confirmant un regain d’activité sur ce segment. En revanche, les ventes à la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (Steg) ont chuté de 31,8%, un repli expliqué par le décalage du calendrier d’exécution de nouveaux marchés, dont les livraisons sont programmées au second semestre de l’exercice.

À l’inverse, les exportations ont connu une chute brutale de 45%, passant de 8,157 MTND à 4,484 MTND. Cette contre-performance est imputable à l’arrêt provisoire des expéditions vers l’Irak, le principal marché d’exportation de la société, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le conflit entre l’Iran et les États-Unis a perturbé les flux commerciaux, entraînant un blocage des expéditions vers ce pays.

Malgré cette baisse d’activité, la SIAME affiche des signes de résilience et une gestion financière rigoureuse. L’endettement bancaire total s”est élevé à 18,625 MTND, en recul de 10% par rapport au 31 décembre 2025. Cette réduction reflète les actions engagées par la société pour optimiser son besoin en fonds de roulement.

Parallèlement, les investissements ont été multipliés par plus de deux, atteignant 2,017 MTND. Ces investissements se concentrent principalement sur les actifs immatériels (1,479 MTND), traduisant une stratégie d’innovation et de modernisation, tandis que les investissements matériels s’élèvent à 0,538 MTND.

La SIAME a démontré sa capacité à naviguer dans un environnement complexe, en s’appuyant sur la vigueur de son marché local pour compenser les aléas géopolitiques affectant ses exportations. La réduction significative de l’endettement et l’augmentation des investissements témoignent d’une stratégie de consolidation et de préparation de l’avenir. Le redressement des exportations reste toutefois conditionné à une résolution des tensions au Moyen-Orient, tandis que la reprise des livraisons à la Steg au second semestre pourrait soutenir la performance annuelle.

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BA Glass BV lance une OPA obligatoire sur 17,43% du capital de la Sotuver

Le Conseil du Marché Financier a validé les modalités de l’Offre Publique d’Achat obligatoire lancée par la société néerlandaise B.A GLASS B.V à destination des actionnaires minoritaires de la Société Tunisienne de Verreries (Sotuver). Cette opération fait suite à l’acquisition par BA Glass BV d’un bloc de titres de 16, 205 315 actions, représentant 41,28% du capital.

L’offre, ouverte du 5 au 26 août 2026, vise le solde des actions non détenues par l’initiateur, soit 6 843 844 titres représentant 17,43% du capital, au prix de 13,390 TND par action. Ce prix a été établi conformément à la réglementation boursière, en retenant la valeur la plus élevée entre la moyenne des cours des quatre-vingt-dix derniers jours, le prix d’acquisition du bloc historique et toute autre transaction significative.

L’initiateur de l’offre a fait savoir qu’il n’envisageait, à ce stade et pour les douze prochains mois, aucune modification significative de la politique industrielle, financière ou sociale de la société visée. L’acquéreur s’est également engagé à maintenir la cotation boursière des titres Sotuver, en s’interdisant tout retrait de la cote et en promettant, le cas échéant, de redistribuer sur le marché le nombre de titres nécessaire pour rétablir un flottant d’au moins 10% du capital. Par ailleurs, le Conseil d’Administration de Sotuver, récemment renouvelé, reflète désormais cette nouvelle donne actionnariale, avec des représentants des deux principaux blocs. La société a également pris l’engagement de lancer, au cours de l’année 2026, deux appels à candidature pour pourvoir les postes d’administrateur indépendant et de représentant des actionnaires minoritaires, conformément aux exigences de bonne gouvernance.

Sur le marché, le titre reste sur une performance exceptionnelle depuis le début de l’année. Nous pensons que la majorité des minoritaires préserveraient leurs actions au vu des belles perspectives de croissance l’entreprise.

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