Lese-Ansicht

Ormuz fait flamber les tarifs des superpétroliers

Les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz propulsent les revenus des superpétroliers à près de 510 000 dollars par jour sur la route du Moyen-Orient vers la Chine. La hausse traduit la prime de risque imposée au transport maritime du pétrole du Golfe.

Les tarifs du transport maritime de pétrole flambent sous l’effet des tensions autour du détroit d’Ormuz. Les revenus estimés d’un superpétrolier transportant du brut du Golfe persique vers l’Asie ont atteint près de 510 000 dollars par jour, lundi 17 août, leur plus haut niveau depuis la fin juin, selon les données du Baltic Exchange citées par Bloomberg.

La demande de navires s’est fortement accrue alors que les exportateurs du Golfe cherchent à honorer leurs engagements envers les acheteurs asiatiques, malgré l’incertitude persistante sur la sécurité des passages maritimes.

La flambée des tarifs s’explique autant par la pénurie relative de navires disponibles que par l’augmentation du risque associé à la navigation dans la région. Les armateurs disposant d’une expérience des zones à risque bénéficient ainsi d’un pouvoir de négociation accru.

L’Arabie saoudite continue de proposer des cargaisons disponibles rapidement depuis le Golfe, tandis que l’Irak recourt notamment à des opérateurs des Émirats arabes unis pour assurer ses exportations. Abu Dhabi National OilCompany s’est également imposée comme un acteur majeur de cette logistique maritime sous tension.

La situation reste particulièrement incertaine après l’expiration, lundi, d’une fragile trêve de 60 jours entre Washington et Téhéran. Le maintien de tensions autour d’Ormuz complique les évaluations des tarifs et accroît les primes d’assurance liées au risque de guerre.

Pour les importateurs asiatiques, cette envolée des coûts de fret constitue une charge supplémentaire qui vient s’ajouter à la hausse des prix du brut. Elle illustre surtout la transformation du détroit d’Ormuz en véritable facteur de risque pour l’ensemble de la chaîne mondiale d’approvisionnement énergétique.

L’article Ormuz fait flamber les tarifs des superpétroliers est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Pétrole : le Brent recule, mais reste au-dessus des 88 dollars

Les cours du pétrole ont légèrement reculé ce lundi 17 août, après leurs fortes progressions de la semaine précédente. Le marché reste toutefois soutenu par les tensions au Moyen-Orient et le ralentissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Les prix du pétrole ont marqué le pas lundi 17 août, après avoir enregistré d’importants gains la semaine précédente. Le marché reste dominé par les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et par l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz. Les contrats à terme sur le Brent pour livraison en octobre reculaient de 0,18 %, à 88,36 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre abandonnait pour sa part 0,63 %, à 81,88 dollars.

Ce léger repli intervient après une semaine particulièrement favorable aux cours. Le Brent avait gagné 5,95 % et le WTI 5,4 %, dans un contexte marqué par plusieurs attaques contre des navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz ainsi que contre une installation pétrolière en Arabie saoudite ce matin

Le principal facteur de soutien des cours demeure le ralentissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, l’une des principales artères énergétiques mondiales. Les données de suivi maritime montrent une nette diminution du nombre de navires traversant le détroit. Seulement quatre navires commerciaux y ont transité samedi et aucun n’a été enregistré dimanche, contre 31 navires durant le week-end précédent. Cette contraction du trafic renforce les inquiétudes concernant la capacité des exportateurs du Golfe à maintenir leurs flux pétroliers dans des conditions normales.

Les négociations américano-iraniennes dans l’impasse

Les marchés restent également attentifs à l’évolution des relations entre Washington et Téhéran. Les espoirs d’une reprise rapide des négociations se sont affaiblis après les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, selon lesquelles l’Iran n’avait pas encore décidé de reprendre les discussions avec les États-Unis.

De son côté, Donald Trump a appelé les Américains à accepter une légère hausse des prix de l’essence tant que le conflit se poursuit. Cette absence de visibilité entretient une prime de risque importante sur les marchés pétroliers…

Par ailleurs, la forte progression de la semaine dernière traduit le retour d’une prime géopolitique dans les cours, alors que les marchés anticipaient auparavant une possible détente entre les États-Unis et l’Iran.

Les analystes estiment toutefois que le potentiel de hausse immédiate reste limité tant que de nouvelles attaques importantes contre les infrastructures pétrolières ou les navires ne sont pas confirmées…

Le risque reste concentré sur Ormuz

La situation dans le détroit demeure donc le principal indicateur à surveiller. Une nouvelle attaque contre un pétrolier ou une infrastructure énergétique pourrait rapidement provoquer une nouvelle poussée des cours, en raison de la faiblesse actuelle du trafic maritime. À l’inverse, une reprise des négociations entre Washington et Téhéran et une amélioration de la sécurité dans le détroit pourraient réduire rapidement la prime géopolitique.

Pour l’heure, le marché reste prudent. Le Brent évolue au-dessus de 88 dollars le baril, tandis que les opérateurs évaluent simultanément les risques pesant sur l’offre et les perspectives de normalisation du trafic énergétique au Moyen-Orient.

L’article Pétrole : le Brent recule, mais reste au-dessus des 88 dollars est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Trump exfiltré dans un conteneur pour échapper à une vague menace iranienne

L’incident s’est produit à la fin du sommet de l’Otan, le 8 juillet dernier. Donald Trump, averti d’une prétendue menace d’attaque de la part de l’Iran, s’est retrouvé mêlé à une opération rocambolesque d’évasion au cours de laquelle il s’était fait couvrir de ridicule qui, on le sait, ne tue pas. (Photo : Trump exfiltré dans un conteneur de restauration se la joue James Bond 007).

Habib Glenza, à Lodz.

La première information rapportée par la presse américaine était que Trump avait troqué le Boeing 747-8 récemment rénové, un cadeau du Qatar, contre l’ancien Air Force One pour rentrer du sommet de l’Otan en Turquie.

Les journalistes ont trouvé étrange que Trump ait décidé à la hâte de changer son Boeing 747-8 Air Force One flambant neuf, d’une valeur de 400 millions de dollars, dont la modernisation, selon The Independent, a coûté environ 1 milliard de dollars supplémentaires.

Au départ, on pensait que le changement d’avion de Trump était dû à des failles de sécurité du nouvel Air Force One. Paradoxalement, l’ancien Air Force One était considéré comme plus sûr. Du moins, c’est ce que l’on croyait.

Sur Truth Social, Donald Trump avait alors affirmé que l’ancien et le nouveau Air Force One feraient un arrêt imprévu à la base de la Royal Air Force de Mildenhall, au Royaume-Uni, afin que les soldats de la base puissent visiter le nouvel appareil.

«Tout le monde est très enthousiaste, et nous pensions qu’ils devaient être les premiers à le voir. Par nostalgie, nous allons faire voler l’ancien Air Force One de Turquie à Mildenhall, un court voyage qui en vaut vraiment la peine afin que nos grands héros militaires aient l’occasion d’apprécier notre magnifique nouvel appareil au sein de la flotte de l’Armée de l’air», écrivait Trump à l’époque dans son style fanfaron habituel.

Les explications concernant ce changement d’avion semblaient pour le moins extravagantes. La vérité allait bientôt être révélée par la presse américaine.

A cause d’une soi-disant menace iranienne

L’échange d’avions est intervenu dans un contexte de nouvelles attaques américaines contre l’Iran, un aspect clé de l’histoire qui a pris une importance accrue lorsque des informations ont indiqué qu’une menace contre le président était la raison apparente de ce changement soudain d’appareil.

Des rapports ultérieurs, publiés en juillet, ont ajouté une autre pièce au puzzle lorsque des responsables ont déclaré que le passage à l’ancien Air Force One était intervenu alors que les États-Unis avaient détecté un complot crédible de groupes soutenus par l’Iran visant à tirer un missile sur l’avion, comme l’a rapporté le New York Times.

Cette révélation a apporté un nouvel éclairage à l’affaire, des informations antérieures ayant indiqué que le Boeing 747-8 fourni par le Qatar, récemment modernisé pour servir de nouvel avion présidentiel Air Force One, ne disposerait pas de certains systèmes avancés de défense antimissile équipant l’ancien appareil présidentiel bleu clair.

Selon le New York Times, une fois la menace détectée, les services secrets américains ont demandé à Trump de changer d’avion.

Le 11 août, le Washington Post a révélé que Trump n’avait voyagé ni à bord du nouvel Air Force One, ni à bord de l’ancien. En réalité, une opération secrète de désinformation avait été mise en place pour protéger le président, opération qui a pu mettre en danger toutes les personnes voyageant à bord d’Air Force One, notamment les journalistes qui suivent Trump lors de ses déplacements.

L’ancien avion Air Force One utilisé comme leurre

Trump a embarqué à bord du vieil avion présidentiel Air Force One sous l’œil des caméras de télévision, mais aurait été rapidement transféré dans un C-32A de l’armée de l’air, plus petit, pour quitter la Turquie.

Mais le plus étonnant dans cette histoire est la manière dont le président a réussi à rejoindre le C-32A sans être repéré. Le président américain aurait été transporté jusqu’au C-32A dans un conteneur de restauration aéroportuaire. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, est monté à bord par un escalier extérieur, ce qui, selon le Washington Post, visait à «donner l’illusion d’un vol normal».

Trump s’est rendu au Royaume-Uni à bord du troisième avion et est remonté secrètement à bord de l’ancien Air Force One, s’adressant finalement au groupe de journalistes, qui n’avaient pas été informés de la situation et qui étaient également resté à bord de l’ancien Air Force One pendant le vol vers le Royaume-Uni.

Un responsable a déclaré au Washington Post que l’ancien Air Force One et les médias à bord servaient de leurre. Durant le vol vers le Royaume-Uni, les journalistes auraient été priés de baisser leurs stores. Interrogé à ce sujet plus tard, de retour à bord de l’ancien Air Force One, Trump a donné une réponse pour le moins surprenante, en déclarant aux journalistes qu’ils avaient dû baisser les stores car ils étaient «probablement sur un vol dangereux à cause de la racaille à laquelle nous devons faire face». Il a ajouté que sa vie était «constamment en danger» et qu’il figurait en tête de la liste noire iranienne.

Depuis, l’affaire a fait les gros titres aux États-Unis. Lorsque le Washington Post a fourni à l’administration les détails de son reportage, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steve Cheung, a déclaré : «Comme le président l’a dit récemment, de nombreux ennemis des États-Unis le visent, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour faire face à ces menaces.»

Sauf que, dans toute cette affaire, où beaucoup de monde a été mené en bateau, y compris peut-être Trump lui-même, personne ne s’est avisé à vérifier si menace iranienne il y a eu réellement ce jour-là, ou si ce n’était pas une énième manipulation des services secrets… israéliens.  Ah, ces incorrigibles Américains !

L’article Trump exfiltré dans un conteneur pour échapper à une vague menace iranienne est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Les États-Unis veulent durcir le blocus naval de l’Iran

Les États-Unis ont déclaré, jeudi 13 août, qu’ils pourraient maintenir indéfiniment un blocus naval de l’Iran, parce que les pourparlers pour un cessez-le-feu ont échoué et que l’offre mondiale de pétrole diminue.

Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a déclaré jeudi aux journalistes que l’armée américaine avait la capacité de maintenir une présence navale dans la région pour faire respecter son blocus de l’Iran, qui a infligé de graves dommages économiques au pays. « La marine américaine peut maintenir indéfiniment un blocus de ce type car nous ferons tourner les navires, comme nous l’avons fait et comme nous continuerons de le faire », a-t-il expliqué aux journalistes lors d’un voyage au Panama.

Pour sa part, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, assure que les États-Unis prévoyaient d’infliger davantage de dommages financiers à l’Iran. « Restez à l’écoute pour d’autres annonces la semaine prochaine, car nous allons appliquer des mesures jamais vues dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays », souligne-t-il lors d’une interview dans l’émission « Rob Schmitt Tonight » de Newsmax.

Avec un accord provisoire de juin visant à mettre fin à la guerre, l’Iran a cherché à exercer une influence sur Washington en contrepartie en contrôlant le détroit d’Ormuz.

L’article Les États-Unis veulent durcir le blocus naval de l’Iran est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Iran | Le come-back de Mohsen Rezaie !

Avant la guerre israélo-américaine sur l’Iran qui a débuté le 28 février 2026, Mohsen Rezaie était un paisible retraité qui n’occupait plus que le poste de membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime. Avec le début de la guerre et l’avènement de Mojtaba Khamenei, il a d’abord été nommé par celui-ci comme conseiller militaire et cette semaine, il vient de le nommer au poste très stratégique de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Rezaie, 71 ans, est une légende vivante du Corps des Gardiens de la révolution. Il a dirigé ce corps de 1981 à 1997 et c’est sous son impulsion que cette institution est devenue puissante et omnipotente.

Imed Bahri

Dans le New York Times, Yeganeh Torabti, correspondante du journal en Iran, est revenu sur la nomination de Rezaie à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale estimant qu’elle représente un renforcement de l’autorité de l’appareil sécuritaire traditionnel. 

Un porte-parole du président iranien a annoncé dimanche sur les réseaux sociaux que Rezaie, qui a commandé les Gardiens de la révolution iraniens pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, occuperait le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Jusqu’à cette annonce, Rezaie était le conseiller militaire du Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei.

Rezaie remplace Mohammad Baqer, qui avait lui-même succédé à Ali Larijani, tué lors d’une frappe aérienne israélienne pendant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en début d’année.

Le porte-parole de la présidence, Seyed Mehdi Tabatabaei, a annoncé sur les réseaux sociaux la démission de Zolqadr, sa nomination à un nouveau poste et son remplacement par Rezaie. Le NYT a souligné que Zolqadr est lui-même un ancien membre du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), la force de sécurité la plus puissante d’Iran, mais les analystes estiment qu’il ne dispose pas de l’autorité de certains hauts gradés militaires, actuels ou anciens.

Les plus conservateurs désormais aux commandes

Le Conseil, composé de hauts responsables civils et militaires, joue un rôle crucial dans la définition de la politique iranienne face au conflit en cours avec les États-Unis. En juin, le Conseil avait approuvé un mémorandum d’entente visant à mettre fin au conflit mais cet accord a rapidement volé en éclats en raison de désaccords entre les États-Unis et l’Iran concernant le contrôle du détroit d’Ormuz.

Hamid Reza Azizi, expert en questions de sécurité iraniennes basé à Berlin, a déclaré que la nomination de Rezaie est significative à plusieurs égards, notamment parce qu’elle indique que les hauts responsables de la sécurité du pays continuent de consolider leur pouvoir au lieu de permettre une transition vers une nouvelle génération d’élites politiques. Rezaie est une figure de proue des plus hautes sphères de l’establishment militaire et politique iranien depuis plus de quarante ans. Outre son rôle militaire, il s’est présenté à plusieurs reprises à l’élection présidentielle, sans succès.

Azizi a ajouté que cette nomination témoigne également d’une tentative de contrebalancer l’influence de Mohammad Bagher Qalibaf, qui dirige les négociations entre l’Iran et les États-Unis. Il a précisé que Qalibaf, autre commandant vétéran des Gardiens de la révolution, est président du Parlement et est connu pour ses liens étroits avec Zolqadr.

Azizi estime que ce changement à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale pourrait représenter une tentative de l’ayatollah Mojtaba Khamenei de limiter l’influence excessive de Qalibaf.

Qalibaf a défendu l’accord de cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les États-Unis en juin malgré les critiques formulées par des éléments plus radicaux au sein du régime. Azizi a déclaré que «la nomination de Rezaie signifie que les plus conservateurs du régime sont désormais aux commandes».

Saeid Golkar, professeur à l’Université du Tennessee à Chattanooga et spécialiste des forces de sécurité iraniennes, a déclaré que la promotion de Rezaie confirme que les Gardiens de la révolution détiennent le pouvoir décisionnel suprême en Iran. Précédemment, le Conseil suprême de sécurité nationale était occupé par des profils civils à l’instar d’Ali Larijani et Saïd Jailli, tous deux universitaires. Le premier a fait des études de mathématiques et de philosophie et le second en sciences politiques. Avec Rezaie, c’est un profil militaire traditionnel mais aussi un homme de confiance de Mojtaba Khamenei qui via cette nomination prend en main cette institution clé de la République islamique.

Golkar estime toutefois que pour le moment ce changement n’implique pas de facto un durcissement de la politique ni au contraire un plus grand pragmatisme.  

Rezaie et Qalibaf finiront par s’affronter

Il est probable que Rezaie et Qalibaf finissent par s’affronter en raison de leurs ambitions divergentes. À l’instar de Rezaie, Qalibaf a déjà brigué la présidence. «Cette situation est vouée à l’échec», a conclu Golkar, ajoutant: «Chacun aspire au pouvoir»

Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, Mohammad Baqer Kharrazi, un religieux conservateur apparenté par alliance à l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a prédit cette nomination, la décrivant comme une tentative de contenir le président iranien Masoud Pezeshkian. Ce dernier, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, étaient la cible d’attaques virulentes de la part des conservateurs iraniens en raison de leurs efforts diplomatiques auprès des États-Unis. Selon Kharrazi, Pezeshkian avait menacé à plusieurs reprises de démissionner de la présidence. Ces menaces répétées n’ont pas plu au Guide suprême qui l’a averti que sa patience commençait à s’épuiser qu’il accepterait sa démission la prochaine fois qu’il la proposerait.

Cette mise sur orbite de Rezaie par ce dernier en le nommant à un poste de premier plan pourrait être une façon de le préparer à la présidence au cas où Pezeshkian finirait par partir. Rezaie président conviendrait à la fois à Mojtaba Khamenei qui aura un président avec lequel il sera sur la même longueur d’onde et conviendrait aussi aux Gardiens de la révolution qui auront leur ancien patron et leur membre le plus illustre à la tête de l’exécutif.

L’article Iran | Le come-back de Mohsen Rezaie ! est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Le Hezbollah tend la main à la Syrie d’Ahmed al-Charaa

L’annonce par le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem de la disposition du parti chiite libanais à dialoguer avec les dirigeants syriens marque un tournant dans son discours politique à l’égard de Damas après la chute du régime de Bachar Al-Assad qui appartenait au même axe pro-iranien que le mouvement chiite libanais et aux côtés duquel il s’était engagé militairement durant la guerre civile en Syrie.

Imed Bahri

Selon le journal londonien arabophone Al-Quds al-Arabi, cette ouverture intervient alors que le Hezbollah fait face à des pressions internes et régionales croissantes, coïncidant avec les efforts de Damas pour redéfinir sa politique régionale en fonction de ses priorités sécuritaires et de ses relations officielles avec d’autres pays.

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent quant aux motivations de cette ouverture, à ses chances de succès et aux limites auxquelles elle sera confrontée. 

Les experts et les analystes interrogés par Al-Quds al-Arabi sur ce sujet livrent des analyses divergentes. Certains y voient une tentative du Hezbollah de sortir de son isolement et de contenir les pressions qu’il subit, tandis que d’autres y voient un élément d’une stratégie iranienne plus large. Les interprétations des motivations de ce changement et de l’ampleur de la réaction syrienne divergent également.

Le Hezbollah cherche à desserrer l’étau

En analysant les implications de ce changement, le chercheur et analyste politique Mahmoud Allouch estime que l’ouverture du Hezbollah au dialogue avec les dirigeants syriens ne se limite pas à la nature des relations entre les deux parties. Elle reflète aussi une évolution des calculs politiques et sécuritaires du parti, compte tenu des pressions internes et régionales auxquelles il est confronté, parallèlement au rôle que Damas cherche à consolider dans le règlement de la question libanaise.

Il explique à Al-Quds al-Arabi que la déclaration du Hezbollah, se disant prêt au dialogue avec les nouveaux dirigeants syriens, témoigne d’un changement significatif dans l’approche du parti vis-à-vis de Damas et, simultanément, dynamise l’initiative syrienne visant à résoudre la crise libanaise par la voie politique.

Il estime que le parti a pris conscience de l’importance de tirer parti de l’approche syrienne actuelle, qui vise à promouvoir un règlement politique global au Liban incluant toutes les parties, y compris le Hezbollah.

Allouch souligne que cette voie constitue, à l’heure actuelle, une alternative à toute intervention militaire syrienne potentielle au Liban. Il explique que le parti comprend que la poursuite et l’escalade de la crise libanaise pourraient contraindre Damas, pour des raisons de sécurité nationale et de proximité régionale, à adopter des options plus interventionnistes. Dans cette perspective, il estime que le parti «cherche à limiter les facteurs susceptibles de pousser la Syrie vers une future intervention militaire en démontrant sa volonté de s’engager dans un processus politique». Il ajoute : «Le Hezbollah subit actuellement une pression croissante à plusieurs niveaux, compte tenu de la confrontation en cours avec l’Iran, conjuguée à une tendance régionale et internationale visant à réduire l’influence iranienne dans la région, notamment en Irak».

Selon Allouch, ces facteurs poussent le parti à tenter de se positionner dans tout futur accord politique, plutôt que de se retrouver confronté à un accord qui lui est imposé sans sa participation, notamment sur la scène libanaise.

À l’inverse, Allouch estime que les dirigeants syriens sont disposés à dialoguer avec le Hezbollah. Il souligne toutefois qu’à Damas, ce dialogue n’est pas perçu comme une fin en soi mais plutôt comme un instrument au service de l’initiative syrienne concernant le Liban.

Cette initiative repose essentiellement sur l’intégration de la question du désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un règlement politique global pour le Liban.

Cette approche syrienne bénéficie du «soutien américain, ainsi que d’un appui régional, ce qui renforce ses chances de succès dans les prochains mois», note-t-il également, tout en soulignant que la situation reste ouverte à de multiples éventualités et que le contexte politique et sécuritaire des relations entre la Syrie et le Hezbollah n’est pas encore stabilisé.

Il est donc difficile de prévoir l’évolution de ces relations dans un avenir proche et ce, malgré des signes suggérant une évolution possible dans le cadre d’accords plus larges concernant la situation libanaise.

Les calculs sous-jacents iraniens

À l’inverse, l’analyste politique Mohammed Al-Attar attribue ce changement aux pressions que subit le Hezbollah et aux calculs de l’Iran quant au maintien de son influence en Syrie et dans la région. Il souligne que toute communication entre Damas et le Hezbollah reste soumise aux considérations de souveraineté étatique et au rôle des institutions officielles.

Al-Attar explique à Al-Quds Al-Arabi que, pour comprendre l’annonce par le Hezbollah de sa disposition au dialogue avec les dirigeants syriens, il est nécessaire d’examiner les intérêts iraniens sous-jacents à cette démarche. Il s’interroge sur les objectifs de Téhéran qui encourage le Hezbollah à ouvrir des canaux de communication avec Damas à ce stade.

Il estime que l’Iran perçoit cette approche comme un moyen de préserver son influence en Syrie en cherchant à réactiver les voies sur lesquelles il s’appuyait auparavant pour transporter des armes et du matériel et faciliter les déplacements de ses réseaux et agents dans le sud de la Syrie et sur la côte. Ceci, selon lui, garantit la continuité de sa présence régionale après les transformations observées sur la scène syrienne. «Le Hezbollah traverse une phase très délicate, confronté à des défis qui pourraient constituer une menace existentielle, compte tenu de la poursuite des frappes israéliennes, de l’escalade des tensions internes au Liban et de la réduction drastique de sa marge de manœuvre ces dernières années», dit-il, tout en doutant que l’annonce par le parti de sa disposition au dialogue avec Damas soit une initiative indépendante, affirmant qu’elle pourrait être coordonnée avec l’Iran, dont les «calculs dépassent les intérêts immédiats du parti, même si ce dernier a également ses propres motivations liées à l’atténuation des pressions qu’il subit».

L’analyste estime que le parti chiite cherche à réduire le nombre de fronts ouverts car aucun accord avec Israël ou les forces politiques libanaises sur le plan interne ne semble se profiler à l’horizon. Cela le pousse à tirer profit des déclarations du président syrien Ahmed Al-Charaa, qui s’est dit ouvert au dialogue si celui-ci sert la stabilité du Liban et de la région.

Selon Al-Attar, le parti vise deux objectifs principaux par cette ouverture. Le premier est d’atténuer l’isolement et la pression qu’il subit du côté syrien. Le second, et le plus important, est de servir les intérêts iraniens en maintenant l’influence de Téhéran en Syrie et en rétablissant l’axe de communication entre l’Irak et la Syrie, permettant ainsi la continuité des lignes de soutien logistique.

Néanmoins, le second objectif est irréaliste étant donné que le président syrien Ahmed Al-Charaa allié des États du Golfe ne jouera jamais le rôle que jouait jadis Bachar Al-Assad en acceptant que son territoire soit une courroie de transport des armes entre l’Irak et le Liban.

Par ailleurs, Al-Attar exclut la possibilité que Damas accepte d’ouvrir un dialogue avec le Hezbollah indépendamment de l’État libanais, considérant que «tout accord de ce type doit être conclu par l’intermédiaire des autorités légitimes de Beyrouth qui ont le pouvoir de signer des accords internationaux et de gérer les relations entre États».

Il conclut qu’il est naturel pour l’État syrien de chercher à contribuer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité au Liban mais par la coopération avec l’État libanais et ses institutions et non en s’engageant auprès d’un groupe armé ou en prenant part aux conflits internes libanais.

Le dilemme du Hezbollah

Se fondant sur l’héritage des relations entre le Hezbollah et la Syrie durant les années de guerre, l’écrivain et politologue Ahmed Al-Hawas estime que toute discussion sur un rapprochement mutuel est indissociable du rôle joué par le parti chiite en Syrie ainsi que des bouleversements de l’équilibre des pouvoirs après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Le parti se préoccupe davantage d’atténuer les pressions croissantes qu’il subit que de nouer de nouvelles relations avec Damas, soutient-il.

Dans un entretien accordé à Al-Quds Al-Arabi, il explique que le problème fondamental entre le Hezbollah et la Syrie ne réside pas tant dans l’État syrien en tant que système politique mais que c’est plutôt un problème avec le peuple syrien. Il considère que le Hezbollah a fait partie intégrante du système qui, selon lui, a contribué aux massacres, aux déplacements de population et aux bouleversements démographiques, sans parler des tentatives d’implantation idéologique visant à diffuser le chiisme dans des régions majoritairement sunnites.

On estime que l’intervention du Hezbollah dans la guerre civile syrienne ne s’est pas limitée à empêcher la chute du régime précédent mais a également contribué à prolonger le conflit et à aggraver les souffrances des Syriens, ce qui a profondément terni l’image du parti au sein de la société syrienne.

Le retrait du Hezbollah de Syrie et son retour au Liban l’ont privé de nombreux acquis, que ce soit le réseau de milices locales qu’il avait constitué ou à ses activités liées au Captagon et au trafic de drogue, souligne l’analyste. De plus, le déclin de sa présence, aux côtés des forces iraniennes et des milices irakiennes, a affaibli l’une des principales voies d’influence iraniennes, qui s’étendait à travers le territoire syrien jusqu’aux frontières de la Palestine occupée.

Il ajoute que le Hezbollah est désormais confronté à une situation plus complexe, compte tenu des pressions croissantes au Liban pour que l’État ait le monopole de la possession des armes ainsi que des discussions sur le rôle potentiel de Damas dans le soutien à l’État libanais sur cette question. Il exclut toutefois toute intervention militaire syrienne au Liban, suggérant que le rôle de la Syrie se limiterait à fournir des conseils et un soutien politique et sécuritaire aux autorités libanaises.

L’improbable trêve avec Damas

Selon lui, le Hezbollah, conscient de sa marge de manœuvre réduite, cherche à alléger la pression en améliorant ses relations avec Damas. Il estime cependant que le parti ne recherche pas tant un rapprochement qu’une trêve ou une position de neutralité afin d’éviter l’ouverture d’un nouveau front contre lui.

Al-Hawas doute que l’État syrien réponde favorablement à cette proposition, car elle concerne les États et leurs institutions officielles, et non les milices ou les groupes armés.

Il souligne que tout rapprochement avec la Syrie, s’il devait avoir lieu, resterait conditionné par un certain nombre de points qu’il juge fondamentaux, notamment des excuses au peuple syrien, l’indemnisation des victimes, la reconnaissance des violations commises pendant les années de guerre civile, le retrait des troupes de la frontière syrienne, la cessation du trafic de drogue et la divulgation des noms des groupes locaux ayant collaboré avec le Hezbollah en Syrie.

Il conclut que ces exigences rendent difficile la recherche d’un véritable accord, leur mise en œuvre étant hors de portée du Hezbollah.

Par conséquent, il estime que l’objectif principal du parti chiite libanais à ce stade est de surmonter sa situation délicate et de rechercher une relation apaisée avec Damas afin d’éviter que ce dernier ne devienne une source de pression supplémentaire sur le parti à l’avenir.

L’article Le Hezbollah tend la main à la Syrie d’Ahmed al-Charaa est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌