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Libye : Le pétrole bat des records au cœur d’un pays toujours divisé

Le champ pétrolier de Sharara produit désormais environ 335 000 barils par jour, dépassant les niveaux de capacité habituellement cités pour le site. Cette performance intervient quelques jours après les attaques de drones contre Zawiya, qui avaient ravivé les craintes sur la sécurité des infrastructures pétrolières libyennes. Malgré la fragmentation politique et les risques sécuritaires, le secteur pétrolier poursuit ainsi sa remontée, avec un objectif national de 2 millions de barils par jour à terme.

Sharara franchit un nouveau seuil

L’information a été annoncée lundi 17 août lors de la réunion technique et financière d’Akakus Oil Operations, qui exploite le champ de Sharara.

La production atteint environ 335 000 barils par jour, contre une capacité habituellement située entre 300 000 et 320 000 barils par jour. La National Oil Corporation (NOC) vise désormais environ 355 000 barils par jour d’ici la mi-2027.

Ce niveau constitue toutefois une performance ponctuelle et ne doit pas être interprété comme une capacité durablement installée. La production reste soumise aux contraintes techniques et aux conditions sécuritaires qui caractérisent le secteur pétrolier libyen.

Une performance malgré les attaques

Le calendrier de cette annonce est révélateur. Quelques jours auparavant, des attaques de drones contre Zawiya, infrastructure pétrolière stratégique de l’ouest du pays, avaient fait craindre de nouvelles perturbations.

Le secteur montre pourtant une résistance remarquable. La production nationale avait atteint 1,44 million de barils par jour en juin, son niveau le plus élevé depuis 2013, selon des données rapportées par Reuters.

Tripoli ambitionne désormais de porter progressivement cette production à 2 millions de barils par jour.

Le contraste avec la situation politique est saisissant : pendant que le pays reste partagé entre institutions et forces rivales, son industrie pétrolière retrouve des niveaux de production qui renforcent son poids économique.

Les majors continuent de miser sur la Libye

Cette dynamique explique aussi pourquoi les grandes compagnies internationales ne désertent pas le pays malgré les risques.

Akakus Oil Operations compte parmi ses partenaires Repsol, TotalEnergies, OMV et Equinor. Leur présence traduit l’attractivité persistante des ressources libyennes, mais aussi l’importance stratégique de la continuité de la production.

Le pétrole demeure en effet le principal actif économique capable de générer rapidement des revenus pour un pays dont les institutions restent profondément fragmentées.

Le pétrole au cœur de l’après-division

La progression de Sharara dépasse donc la seule dimension énergétique. Elle intervient alors que les acteurs libyens négocient, directement ou indirectement, les contours de la future organisation politique du pays.

Or, derrière la bataille institutionnelle se profile une autre question : qui contrôlera les ressources et comment les revenus pétroliers seront-ils répartis ?

Plus la production augmente, plus cet enjeu devient central.

La hausse enregistrée à Sharara ne signifie évidemment pas que le secteur est à l’abri des tensions. Les attaques contre les infrastructures rappellent sa vulnérabilité. Mais elle montre que, malgré la division politique, la machine pétrolière libyenne continue d’avancer.

À terme, cette capacité à produire davantage pourrait même renforcer la valeur stratégique du pétrole dans la bataille pour l’après-division.

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Tunisie-Libye | Vers la facilitation du transport terrestre

La Tunisie et la Libye ont discuté des moyens d’étendre la coopération dans le domaine du transport terrestre et de faciliter la circulation des passagers et des marchandises entre les deux pays. Ces pourparlers se sont tenus lors d’une réunion du comité technique mixte chargé du transport terrestre, organisée à Tunis les 11 et 12 août 2026. (Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).

La délégation libyenne était conduite par Fadlallah Rafallah Ashour, vice-ministre des Transports chargé du secteur terrestre, tandis que la délégation tunisienne était dirigée par Tarek Bouazizi, directeur général du transport terrestre.

La Libye a présenté des propositions visant à développer son système de transport terrestre et a souligné la nécessité de mettre en œuvre l’accord bilatéral sur le transport routier de passagers et de marchandises, signé le 31 juillet 1996.

Les deux parties ont également débattu de l’amélioration des services et de la simplification des procédures de transport aux postes-frontières.

Elles ont réaffirmé les liens étroits unissant la Libye et la Tunisie, ainsi que l’importance d’une coordination continue pour faciliter la circulation des personnes et des marchandises et pour améliorer les services aux postes-frontières.

I. B. (d’après The Libya Observer).

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3 000 km² en Méditerranée : La Tunisie et la Libye relancent un projet pétrolier stratégique

La coopération énergétique entre la Tunisie et la Libye se concrétise davantage. La société mixte tuniso-libyenne Joint Oil a actualisé le calendrier de son appel d’offres international destiné à attirer des partenaires pour l’exploration du bloc offshore « Joint Oil » et le développement de la découverte de Zarat.

Selon les informations publiées le 12 août par Energy-Pedia, sur la base des éléments communiqués par Joint Oil et son conseiller stratégique Moyes & Co, la nouvelle procédure sera officiellement ouverte le 7 septembre 2026 et restera ouverte jusqu’au 31 décembre 2026. Les offres devront être déposées au plus tard le 8 janvier 2027. Les entreprises retenues devraient être informées le 26 février 2027, tandis que les attributions formelles sont attendues d’ici le 30 avril 2027.

Cette actualisation est importante, puisque le calendrier communiqué au printemps prévoyait initialement une ouverture le 1er août 2026 et une clôture à la fin novembre ou au début décembre. Le nouveau calendrier repousse donc le lancement effectif de la procédure au mois de septembre.

Deux opportunités pétro-gazières mises sur le marché

L’opération porte en réalité sur deux volets distincts. Le premier concerne l’exploration du « Joint Oil Block », un périmètre offshore d’environ 3 000 km² situé dans le bassin Gabès-Tripoli. Joint Oil cherche un partenaire capable de poursuivre l’exploration afin d’identifier de nouveaux gisements, prospects et structures géologiques, dans le cadre d’un accord de partage de l’exploration et de la production (EPSA).

Le bloc se situe à des profondeurs d’eau comprises entre 80 et 120 mètres et bénéficie d’un important volume de données sismiques, avec environ 6 500 kilomètres de données 2D et 1 900 km² de données 3D. Plusieurs forages ont également déjà été réalisés dans le périmètre.

Le deuxième volet concerne la découverte de Zarat et vise cette fois son développement en tant que ressource pétrolière et gazière unifiée. Le dossier prévoit notamment un Development and Production Sharing Agreement (DPSA), un accord d’unitisation ainsi que des accords relatifs à l’exploitation et aux services.

Le site de Joint Oil indique que la découverte de Zarat couvre la zone de Zarat North ainsi qu’une partie du Joint Oil Block. Le projet dispose notamment de données sismiques 2D et 3D, de plusieurs puits d’exploration et de données de réservoir permettant de préparer différents scénarios de développement.

Un projet à la frontière maritime tuniso-libyenne

L’intérêt de cette opération tient également à sa dimension transfrontalière. Joint Oil est une société commune créée en 1988 et associant l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) et OLA Energy Holdings, liée à la Libyan Investment Authority. Elle intervient dans les ressources en hydrocarbures de la zone offshore située entre les deux pays.

La zone proposée aux investisseurs se trouve dans le bassin Gabès-Tripoli, dans le prolongement géologique du bassin de Sabratha-Gabès. Elle est entourée de plusieurs champs pétroliers et gaziers déjà exploités ou connus, notamment El Bouri, El Jurf et Bahr Essalam côté libyen, ainsi que Hasdrubal, Ashtart, Miskar et Didon côté tunisien.

Cette proximité avec des infrastructures existantes constitue l’un des arguments avancés pour attirer des investisseurs : elle pourrait faciliter les opérations offshore, le traitement des hydrocarbures et leur acheminement vers les infrastructures d’exportation.

Lire aussi : Pétrole et gaz : La production nationale poursuit son repli

Une relance après une première tentative en 2023

Le lancement actuel n’est pas une première. Une précédente procédure avait été engagée en 2023 pour cette zone, mais elle n’avait pas permis d’attirer suffisamment d’investisseurs. Le Middle East Economic Survey (MEES) avait déjà fait état, en décembre 2023, d’une tentative de commercialisation de ces actifs offshore. En mai 2026, la publication spécialisée indiquait que Joint Oil relançait la procédure dans un contexte jugé plus favorable à l’investissement énergétique régional.

La relance intervient donc après plusieurs années durant lesquelles le développement de ces ressources n’a pas abouti à l’arrivée d’un partenaire industriel ou financier suffisamment solide.

Pourquoi ce projet est stratégique pour la Tunisie

L’enjeu est particulièrement important pour la Tunisie, dont la production nationale d’hydrocarbures reste sous pression et dont la dépendance aux importations énergétiques pèse sur la balance commerciale.

Le développement de nouvelles ressources offshore pourrait, s’il aboutit à une production commerciale, contribuer à renforcer l’offre nationale de pétrole et de gaz. Mais il serait prématuré d’en déduire un impact immédiat sur la production ou sur les importations tunisiennes : aucun partenaire n’a encore été sélectionné et aucune décision finale d’investissement n’a été annoncée.

Il faut également distinguer deux étapes : l’exploration du Joint Oil Block, qui comporte un risque géologique inhérent à toute activité d’exploration, et le développement de Zarat, qui correspond à une découverte déjà documentée mais qui nécessite encore un schéma industriel et financier permettant son exploitation commerciale.

Un contexte énergétique libyen également favorable à l’exploration

La démarche intervient alors que la Libye cherche elle aussi à accroître ses investissements dans l’exploration pétrolière. En juin 2026, la National Oil Corporation (NOC) libyenne avait annoncé la signature d’accords définitifs avec plusieurs compagnies internationales ayant remporté la dernière procédure d’appel d’offres du pays, mettant fin à une longue période sans nouvelles entrées internationales dans certains projets d’exploration.

Le contexte n’est toutefois pas sans risques. La Libye reste confrontée à des problèmes de sécurité et à une forte instabilité politique. Début août, des attaques de drones avaient notamment visé le complexe pétrolier de Zawiya, même si la raffinerie elle-même n’avait pas été endommagée.

Pour les investisseurs, le dossier tuniso-libyen présente donc à la fois l’attrait d’un potentiel géologique important et les risques liés à l’environnement régional.

Les prochaines échéances

La prochaine étape sera désormais l’ouverture officielle de la procédure le 7 septembre 2026. Joint Oil prévoit par ailleurs de présenter l’opportunité aux investisseurs lors du London Mediterranean, Middle East & Africa Scout Group (MMEA), le 9 septembre, puis au World Energy Summit à Londres les 29 et 30 septembre 2026.

Le processus devrait ensuite suivre le calendrier suivant :

  • 7 septembre 2026 : ouverture du nouvel appel d’offres ;
  • 31 décembre 2026 : fin de la procédure ;
  • 8 janvier 2027 : date limite de remise des offres ;
  • 26 février 2027 : annonce des soumissionnaires retenus ;
  • 30 avril 2027 au plus tard : attribution formelle des contrats.

À retenir

Il ne s’agit donc pas encore de l’annonce d’un nouveau gisement ni de la signature d’un contrat avec une compagnie pétrolière. La nouveauté est le lancement prochain d’une procédure internationale destinée à sélectionner des partenaires pour deux opérations : l’exploration du Joint Oil Block et le développement de Zarat.

L’enjeu dépasse ainsi la seule recherche de pétrole : pour la Tunisie et la Libye, le dossier constitue un test important de leur capacité à valoriser conjointement une zone offshore transfrontalière, à attirer des capitaux internationaux et à transformer des ressources géologiques identifiées en production énergétique.

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Libye : La libération d’un otage américain révèle l’influence grandissante de Haftar au Sahel

La libération d’un missionnaire américain retenu en otage pendant neuf mois au Sahel révèle un rôle jusqu’ici peu visible de Khalifa Haftar. Le chef militaire de l’Est libyen ne cherche plus seulement à peser sur l’avenir de la Libye : il étend progressivement son influence vers le Sahel et tente d’en faire un atout dans son rapprochement avec Washington.

Kevin Rideout, un Américain travaillant pour une organisation missionnaire évangélique, enlevé au Niger en octobre 2025 par une filiale de l’organisation État islamique active dans le Sahel, a retrouvé la liberté jeudi 13 août après neuf mois de captivité.

Selon une enquête publiée vendredi 14 août par Reuters, les autorités de l’Est libyen contrôlées par Khalifa Haftar ont joué un rôle central dans sa libération et son transfert vers Benghazi.

Les circonstances exactes restent toutefois entourées d’incertitudes. Plusieurs sources de Reuters évoquent une négociation menée notamment par Cherif Ould Tahar, un homme d’affaires malien disposant de connexions avec des groupes armés et des réseaux régionaux.

L’une des sources citées par Reuters affirme qu’une rançon aurait été versée par la partie libyenne, sans que Reuters puisse établir les modalités exactes de l’accord. Les forces de Haftar présentent une version différente, assurant qu’une unité d’élite aurait mené une opération militaire au Mali pour libérer l’Américain.

Haftar étend son influence au-delà de la Libye

Au-delà du sort de l’otage, l’affaire révèle surtout la capacité du camp Haftar à intervenir dans un espace qui dépasse largement l’Est libyen.

Le Sahel est devenu l’un des principaux foyers mondiaux d’activité des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Le Niger et le Mali occupent une place centrale dans cet espace sécuritaire, tandis que le sud libyen constitue depuis longtemps une zone de circulation reliant l’Afrique du Nord au Sahel.

Selon Reuters, l’intervention dans le dossier Rideout illustre la manière dont Haftar s’est progressivement construit une position d’intermédiaire sécuritaire régional. Une position qu’il cherche désormais à valoriser auprès de l’administration américaine.

L’affaire intervient justement au moment où les relations entre Washington et le camp Haftar connaissent une évolution notable.

Washington intensifie ses contacts avec le camp Haftar

En juin, Saddam Haftar, fils de Khalifa Haftar et numéro deux des forces de l’Est, s’est rendu aux États-Unis où il a rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio.

Cette rencontre s’inscrit dans les efforts américains visant à rapprocher les deux principaux centres de pouvoir libyens. Un projet de réunification révélé en juillet par Reuters prévoit une transition de 36 mois associant les camps de l’Est et de l’Ouest.

Dans l’une des configurations discutées, Abdelhamid Dbeibah resterait Premier ministre tandis que Saddam Haftar prendrait la tête du Conseil présidentiel. Le camp Haftar obtiendrait également un rôle majeur dans la gestion budgétaire. Le projet reste cependant en négociation et rien ne garantit sa mise en œuvre.

La libération de Kevin Rideout intervient donc dans un contexte où les Haftar ont tout intérêt à démontrer à Washington qu’ils peuvent être autre chose qu’une puissance militaire contrôlant une partie de la Libye : un partenaire capable d’agir sur les grands dossiers sécuritaires régionaux.

Le Sahel comme nouvelle carte diplomatique

Cette évolution pourrait modifier la perception du camp Haftar à Washington. Sa position géographique, ses relations avec plusieurs acteurs du Sahel et son contrôle d’une grande partie du sud et de l’est libyens lui donnent accès à un espace stratégique allant de la Méditerranée aux frontières du Niger, du Tchad et du Soudan.

Pour les États-Unis, confrontés à une influence jihadiste croissante au Sahel et à une présence russe importante dans plusieurs pays de la région, disposer d’interlocuteurs capables d’opérer dans ces réseaux présente un intérêt évident.

Mais l’affaire Rideout impose aussi une grande prudence. Les modalités exactes de sa libération restent inconnues et les différentes versions disponibles sont contradictoires.

Une chose apparaît néanmoins plus clairement : Khalifa Haftar cherche désormais à transformer son influence militaire libyenne en utilité stratégique régionale. Et la libération d’un otage dont le retour constituait une priorité américaine lui offre une carte particulièrement précieuse dans son dialogue avec Washington.

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Libye : Que se passe-t-il à Zawiya, cette ville stratégique à quelques heures de la Tunisie ?

À une centaine de kilomètres de la frontière tunisienne, la ville libyenne de Zawiya est de nouveau au cœur des tensions sécuritaires. Depuis plusieurs jours, des attaques de drones visant son important complexe pétrolier se multiplient, faisant peser des risques sur les infrastructures énergétiques et l’approvisionnement en carburant dans l’ouest de la Libye.

Située à environ 40 kilomètres à l’ouest de Tripoli, Zawiya abrite la plus grande raffinerie actuellement en activité en Libye, avec une capacité de traitement d’environ 120.000 barils par jour. Le complexe constitue également un maillon essentiel du dispositif énergétique libyen.

Une série d’attaques de drones

Le complexe pétrolier de Zawiya a été la cible de plusieurs attaques de drones depuis le week-end dernier. L’une des frappes a directement touché un réservoir contenant environ 4,5 millions de litres d’essence, provoquant un important incendie et l’effondrement du réservoir.

Un autre réservoir a également été endommagé lors des attaques. Les autorités libyennes n’ont, à ce stade, fait état d’aucune victime, tandis que les équipes de secours ont travaillé pour contenir les incendies et empêcher leur propagation aux autres installations du site.

La National Oil Corporation (NOC), compagnie pétrolière nationale libyenne, a placé le secteur en état d’alerte maximale et averti que la poursuite des attaques pourrait l’amener à déclarer un cas de « force majeure » et à suspendre les opérations dans le complexe.

Pourquoi Zawiya est-elle stratégique ?

L’importance de Zawiya dépasse largement les limites de la ville. Sa raffinerie joue un rôle majeur dans l’approvisionnement du marché libyen en carburants et est reliée au champ pétrolier de Sharara, l’un des principaux champs producteurs du pays.

Les attaques ont déjà entraîné un arrêt partiel des opérations dans le dépôt pétrolier de Zawiya et une interruption temporaire de l’approvisionnement de plusieurs stations-service dans l’ouest du pays. La compagnie Brega Petroleum Marketing a toutefois indiqué que la situation générale de l’approvisionnement restait pour le moment stable, grâce aux stocks disponibles dans le dépôt de Tripoli et à l’arrivée de cargaisons supplémentaires.

Lire aussi : Libye : Des affrontements près de la frontière tunisienne, une municipalité suspend ses activités

Une fermeture prolongée du complexe pourrait donc avoir des conséquences bien plus importantes sur l’approvisionnement en carburant et sur le secteur pétrolier libyen.

Une ville déjà habituée aux affrontements

Les violences actuelles ne constituent pas un épisode isolé. Zawiya est depuis plusieurs années l’un des principaux foyers de tensions dans l’ouest de la Libye, région marquée par la présence de groupes armés rivaux et par la fragmentation du pouvoir sécuritaire.

Des affrontements entre groupes armés ont régulièrement éclaté autour de la ville et de ses infrastructures pétrolières. En décembre dernier, des combats entre acteurs sécuritaires locaux avaient notamment provoqué la fermeture temporaire de la route côtière et fait plusieurs victimes.

La proximité de Zawiya avec Tripoli et avec la route reliant la capitale à la frontière tunisienne lui confère par ailleurs une importance stratégique particulière.

Une nouvelle escalade aux conséquences régionales

Ce qui inquiète aujourd’hui les autorités libyennes est surtout la répétition des frappes contre une infrastructure aussi sensible. La NOC considère que ces attaques menacent non seulement les installations et leurs employés, mais également les populations et les infrastructures environnantes.

Le Premier ministre du gouvernement basé à Tripoli, Abdelhamid Dbeibah, a dénoncé les frappes comme un acte « grave et organisé » et évoqué une riposte. Pour l’heure, aucune partie n’a officiellement revendiqué les attaques.

Pour la Tunisie, la situation mérite une attention particulière en raison de la proximité géographique de Zawiya avec le territoire tunisien et de son emplacement sur l’axe côtier reliant l’ouest libyen à la frontière. Une dégradation durable de la situation sécuritaire pourrait également affecter les mouvements de personnes et de marchandises ainsi que les flux routiers entre les deux pays.

À ce stade, toutefois, les autorités libyennes assurent que l’approvisionnement national en carburant reste stable et que l’incendie principal a été maîtrisé. Le principal enjeu est désormais de savoir si les attaques vont se poursuivre et si elles finiront par contraindre la Libye à interrompre les activités de l’un de ses principaux pôles pétroliers.

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Caméras sur 200 km le long de la frontière libyenne avec la Tunisie

La Garde-frontière libyenne, qui relève du ministère de l’Intérieur du Gouvernement d’unité nationale de Tripoli, a lancé la première phase d’un projet de surveillance électronique destiné à couvrir environ 200 kilomètres de la frontière occidentale de la Libye, le long de la frontière avec la Tunisie. Est-ce que cela va se traduire par une baisse des flux de migrants illégaux subsahariens vers la Tunisie ? On attendra pour voir si ce machin, entre les mains des gardes frontières libyens, va servir à cela ou… à autre chose de plus inavouable.

Cette initiative, communiquée par la Garde-frontière libyenne sur sa page Facebook officielle et relayée par le ministère libyen de l’Intérieur, est menée en collaboration avec la mission de l’Union européenne (UE) d’assistance à la gestion intégrée des frontières en Libye (Eubam), précise l’agence italienne Ansa, ajoutant qu’une délégation conjointe s’est rendue dans le secteur frontalier d’Al-Assa, dans la partie nord de la frontière libyo-tunisienne, pour vérifier la mise en œuvre des travaux prévus dans le cadre de cette première phase.

Le projet comprend l’installation d’un système de surveillance optique et thermique reposant sur des caméras et des technologies de pointe, conçu pour surveiller la zone frontalière 24 heures sur 24, de jour comme de nuit.

Selon la Garde-frontière libyenne, ces équipements devraient améliorer les capacités d’observation et de détection précoce des menaces, tout en renforçant la préparation opérationnelle des unités déployées dans la zone.

Ce système vise également à soutenir la lutte contre la contrebande, la migration irrégulière et la criminalité transfrontalière.

La coopération dans la zone d’Al-Assa avait déjà été identifiée comme prioritaire en 2024, lors de la première réunion du comité conjoint entre les autorités libyennes et l’Eubam. Les parties avaient convenu de concentrer une première phase d’interventions sur le renforcement des capacités libyennes à Al-Assa et au poste-frontière de Ras Jedir, principal point de passage terrestre entre la Libye et la Tunisie. Eubam est une mission civile de l’UE chargée d’aider les autorités libyennes à gérer les frontières terrestres, maritimes et aériennes, ainsi qu’à lutter contre la traite des êtres humains, le trafic de migrants, la criminalité transfrontalière et le terrorisme. Son mandat actuel a été prorogé jusqu’en juin 2027.

I. B.

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Sécurité aux frontières : Tunis, Tripoli et Alger resserrent la coordination

Face à la persistance des réseaux de contrebande, des filières de migration irrégulière et des menaces terroristes dans l’espace saharo-maghrébin, la Tunisie, la Libye et l’Algérie poursuivent le renforcement de leur coopération sécuritaire. Réunis mardi 16 juin 2026 à Tripoli, les responsables des trois pays ont tenu la deuxième réunion du groupe de travail tripartite...

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Libye : une douzaine de Tunisiens arrêtés, l’OTDH dénonce des représailles

Alors que l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH) poursuit le suivi de plusieurs dossiers impliquant des ressortissants tunisiens en Libye, son président, Mostafa Abdelkebir, a révélé l’arrestation d’environ douze Tunisiens dans la région de Zaouïa. Selon lui, ces interpellations seraient liées à l’affaire de trois ressortissants libyens arrêtés et poursuivis en Tunisie. Lors d’une...

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