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Meriem Zine, de l’audit au leadership de la microfinance tunisienne

À la tête d’Advans Tunisie, Meriem Zine incarne un parcours construit à la croisée de la finance, de l’investissement et du management. Nommée directrice générale d’Advans Tunisie en 2021, elle est devenue la première femme à diriger l’institution de microfinance. 

Son parcours professionnel s’est construit sur plus de 18 ans d’expérience. Après quatre années passées dans l’audit chez Ernst & Young, elle rejoint le secteur du Private Equity, avant d’intégrer GAT Assurances en 2010. Elle y gravit plusieurs échelons, jusqu’à devenir directrice générale de GAT Vie. Elle poursuit ensuite son parcours dans l’écosystème entrepreneurial tunisien en prenant la direction des investissements du Fonds Anava au sein de Smart Capital.

À Advans, son rôle dépasse la seule gestion d’une institution financière. L’enjeu est aussi de faciliter l’accès au financement pour les micro-entrepreneurs et de contribuer à l’inclusion financière. Advans Tunisie compte aujourd’hui parmi ses priorités l’accompagnement des entrepreneurs, la finance responsable et l’autonomisation économique, notamment des femmes.

Ce parcours prend une résonance particulière en ce 13 août. En devenant la première femme à prendre les commandes d’Advans Tunisie, Meriem Zine a aussi contribué à faire évoluer l’image du leadership féminin dans un secteur longtemps associé aux parcours masculins. La Journée nationale de la femme est ainsi l’occasion de rappeler que la place des femmes dans l’économie tunisienne ne se limite plus à leur participation: elles occupent aussi les lieux où se prennent les décisions.

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Hazar Chebbi, une ascension interne jusqu’à la direction de Pluxee Tunisie

Chez Pluxee Tunisie, Hazar Chebbi représente un visage du leadership féminin: celui d’une dirigeante qui a construit son ascension au sein même de l’entreprise. Nommée directrice générale en octobre 2025, elle dirige aujourd’hui la filiale tunisienne du groupe Pluxee.

Diplômée de l’IHEC Carthage, Hazar Chebbi s’est spécialisée au fil de sa carrière dans le marketing, les produits et l’expérience client. Avant d’accéder à la direction générale, elle occupait le poste de directrice Marketing, Produits et Expérience Client de Pluxee Tunisie. L’entreprise souligne son rôle dans le développement de nouvelles offres et dans le repositionnement de l’expérience client au cœur de la stratégie.

Son profil illustre une évolution du métier de dirigeant: aujourd’hui, la performance ne se résume plus aux résultats commerciaux. Hazar Chebbi met également en avant les questions d’inclusion, de bien-être au travail, de transmission et de diversité. 

En ce 13 août, Journée nationale de la femme tunisienne, son parcours rappelle que l’accès des femmes aux postes de décision passe aussi par la capacité des organisations à identifier, développer et promouvoir leurs talents féminins.

 

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Avant les CEO, il y avait les reines : les femmes qui ont marqué l’histoire du leadership en Tunisie

Une reine qui fonde une cité. Une mécène qui transforme sa fortune en œuvre sociale. Une militante qui organise les femmes dans le mouvement national. Une médecin qui ouvre aux Tunisiennes un champ encore presque exclusivement masculin. Une parlementaire qui entre dans l’un des premiers espaces politiques réservés aux hommes. L’histoire tunisienne compte plusieurs femmes dont le rôle ne se résume pas à avoir été « les premières ». Elles ont déplacé les limites de ce qu’une femme pouvait faire à leur époque.

Le 13 août, Fête nationale de la femme tunisienne, offre précisément l’occasion de revenir sur ces trajectoires. Non pour dresser un panthéon de figures féminines, mais pour mesurer, à travers ce qu’elles ont construit ou changé, la profondeur d’une histoire du leadership féminin qui précède largement l’entreprise moderne.

Alors, qui fut la première femme leader de l’histoire tunisienne ? La question n’a pas de réponse unique. Tout dépend de ce que l’on entend par leadership et de la période considérée. Mais plusieurs femmes ont laissé une empreinte suffisamment forte pour que leur influence dépasse leur époque.

La première figure à laquelle on pense est Elyssa, connue sous le nom de Didon. Son histoire est indissociable de celle de Carthage, même si son existence et le récit de sa fondation appartiennent à une tradition mêlant sources antiques, histoire et légende.

Dans les récits transmis par les auteurs antiques, cette princesse de Tyr quitte la Phénicie et arrive en Afrique du Nord avec ses compagnons. Elle fonde Carthage et en devient la reine.  Ce qui a traversé les siècles n’est pas seulement le nom d’une reine. C’est celui d’une fondatrice. Une femme placée au centre d’un récit de migration, de négociation et de création d’une nouvelle cité.

Plus de deux millénaires plus tard, une autre femme laisse une empreinte d’une nature très différente.

Aziza Othmana, princesse de la dynastie mouradite au XVIIe siècle, est restée dans la mémoire tunisienne pour l’importance de son action sociale. Elle consacre une partie de son patrimoine à des œuvres d’aide et à des institutions destinées notamment aux personnes vulnérables. Le CREDIF documente son action et les biens qu’elle a consacrés à ces œuvres. Son nom n’est surtout pas resté uniquement dans les livres d’histoire. Il est encore associé à l’un des établissements hospitaliers les plus connus de Tunis. Son parcours rappelle une autre dimension du leadership : la capacité à transformer un patrimoine privé en impact collectif.

Dans le vocabulaire d’aujourd’hui, on parlerait volontiers d’investissement à impact ou de philanthropie. Ces termes n’existaient évidemment pas à son époque. Mais l’idée est là : les ressources dont elle disposait ont été utilisées pour produire un effet durable sur la société.

Au XXe siècle, le combat change de terrain.

Bchira Ben Mrad comprend que la participation des femmes à la vie publique ne peut pas rester marginale. En 1936, elle fonde l’Union musulmane des femmes de Tunisie, première organisation féminine tunisienne de cette nature, et cherche à donner aux femmes un rôle actif dans le mouvement national. 

Son action ne se limite pas à créer une association. Elle mobilise des femmes autour d’actions concrètes et participe à l’effort nationaliste, notamment à travers des campagnes de collecte de fonds. Ce qui mérite d’être retenu, près de neuf décennies plus tard, est moins le titre de « pionnière » que la méthode : organiser, fédérer et donner à un groupe jusqu’alors peu visible un espace pour agir. Le leadership prend ici une dimension collective. Il ne s’agit plus seulement d’exercer un pouvoir, mais de créer les conditions pour que d’autres femmes puissent en exercer un à leur tour.

Avec Radhia Haddad, le leadership féminin entre plus directement dans les institutions.

Engagée dans le mouvement national, elle participe à la création de l’Union nationale des femmes de Tunisie après l’indépendance. En 1959, elle devient députée de Tunis et compte parmi les premières femmes parlementaires en Afrique et dans le monde arabe. Elle préside également l’UNFT.  Son parcours intervient dans une période où la Tunisie redéfinit profondément le statut juridique et social des femmes. Le Code du statut personnel de 1956 marque notamment une rupture majeure dans le droit tunisien de la famille. Radhia Haddad incarne alors une étape supplémentaire : la femme n’est plus seulement mobilisée dans la société civile ; elle entre dans l’espace où se fabriquent les décisions publiques.

Puis vient Tawhida Ben Cheikh.

En 1928, elle devient la première bachelière musulmane de Tunisie. En 1936, elle obtient son diplôme de médecine à Paris et devient la première femme médecin de Tunisie et l’une des premières femmes médecins du monde arabe et du Maghreb. Elle aurait pu se contenter d’une réussite individuelle. Elle fait l’inverse.

De retour en Tunisie, elle ouvre son cabinet, se spécialise en gynécologie et prend progressivement des responsabilités hospitalières. Elle contribue ensuite au développement du planning familial et milite en faveur de l’accès à la contraception et à l’avortement. Elle dirige notamment des services de maternité à Charles-Nicolle et à l’hôpital Aziza-Othmana. Son influence dépasse donc largement le fait d’avoir été « la première femme médecin ». Elle a contribué à changer la manière dont la médecine prenait en charge les femmes et dont les femmes pouvaient décider de leur santé reproductive.

C’est précisément ce qui transforme une réussite personnelle en leadership : l’effet produit au-delà de soi.

2026 

Cette histoire ne s’arrête évidemment pas avec les pionnières du XXe siècle.

En 2026, les Tunisiennes sont présentes dans des univers professionnels qui auraient été difficilement imaginables quelques générations auparavant. Elles sont CEO, dirigeantes, ingénieures, médecins, chercheuses, pilotes, entrepreneures, responsables d’équipes, cadres dans l’industrie et la finance, spécialistes de la technologie et fondatrices de startups. Elles travaillent aussi dans des métiers physiquement exigeants et naturellement très masculins. Elles sont présentes dans les ateliers, les usines, les laboratoires, les chantiers, les exploitations agricoles et les secteurs techniques.

Cette diversité compte. Elle se mesure aussi dans l’emploi créé, les entreprises développées, les compétences transmises, les produits conçus, les marchés conquis et les innovations mises sur le marché.

Le programme Femmes Entrepreneures de Tunisie (FET), créé par Managers en 2015, en donne chaque année une illustration concrète. Le concours a précisément été créé pour valoriser et accompagner les femmes entrepreneures à travers le pays et favoriser leur accès aux marchés tunisien et africain. 

De Didon aux entrepreneures de 2026

Il serait tentant de chercher une continuité parfaite entre Didon et les CEO tunisiennes de 2026. Elle n’existe pas.

Les sociétés, les droits, les économies et les rapports de pouvoir ont profondément changé.

Mais il existe une continuité plus intéressante : celle des femmes qui repoussent le périmètre de ce qu’elles peuvent faire.

Fondatrice de Carthage dans un récit antique, mécène dans la Tunisie ottomane, militante pendant le mouvement national, parlementaire après l’indépendance, médecin et pionnière de la santé reproductive, puis entrepreneure, ingénieure, dirigeante ou scientifique aujourd’hui : les formes du leadership ont changé, mais l’enjeu reste celui de l’accès à la décision et de la capacité à produire du changement.

Le 13 août peut donc être l’occasion de regarder le leadership féminin tunisien autrement.

Pas comme une faveur accordée aux femmes.
Pas comme une simple question de représentation.
Et encore moins comme une célébration annuelle sans lendemain.

Comme une histoire de valeur créée.

Car c’est probablement là que se trouve le meilleur trait d’union entre les pionnières d’hier et les entrepreneures d’aujourd’hui : elles ne se sont pas contentées d’occuper une place. Elles ont changé ce qu’il était possible d’y faire.

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