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Au-delà des chiffres : quand les statistiques officielles révèlent une économie qui s’essouffle et rejette ses talents

À la lecture superficielle des derniers indicateurs de l’Institut National de la Statistique, le paysage économique  pourrait sembler stable, voire prometteur : une croissance positive, des intentions d’investissement à la hausse et une baisse du taux de chômage. Cependant, dès que l’on décortique ces chiffres et que l’on plonge dans leurs détails, des paradoxes structurels choquants et une supercherie statistique masquant une réalité économique bien plus dure se révèlent.L’expert  en économie Ridha Chkoundali est revenu sur  les derniers indicateurs de l’Institut national de la statistique donnent une image relativement rassurante de l’économie du pays.

Une trajectoire de croissance déclinante : une économie de consommation portée par l’agriculture, dont les moteurs industriels s’effondrent

Se contenter de mettre en avant le chiffre global de la croissance économique (2,29 % au deuxième trimestre 2026) masque une distorsion structurelle profonde dans les moteurs de l’économie tunisienne, tant au niveau de l’offre sectorielle que de la demande macroéconomique. Du côté de l’offre, on découvre que cette croissance repose sur des bases fragiles et saisonnières ; elle est tirée par l’agriculture et la pêche (5,54 %), suivies par l’hôtellerie et la restauration (4,64 %) et le bâtiment (3,61 %). En revanche, les moteurs stratégiques et industriels subissent une contraction effrayante : l’extraction minière recule de -9,60 %, entraînant les industries chimiques dans une baisse de -7,02 %, tandis que l’extraction de pétrole et de gaz recule de -1,12 %, et le secteur textile (locomotive de l’exportation) n’échappe pas à cette hémorragie en enregistrant -0,94 %. Du côté de la demande, cette croissance reflète une économie de consommation par excellence, où la demande intérieure a augmenté de 3,3 % et les exportations de 10,4 %. Or, cette amélioration a été entièrement absorbée par l’explosion du volume des importations (+11,2 %). Ce double constat explique directement la crise du marché du travail : les secteurs actuellement en croissance (agriculture, tourisme, bâtiment) s’appuient sur une main-d’œuvre précaire, saisonnière et non qualifiée, tandis que les secteurs industriels en contraction constituent le vivier historique des emplois stables à forte valeur ajoutée. Nous sommes face à une économie qui alimente les importations et détruit ses propres capacités de création de richesse.

 La grande supercherie statistique : une baisse « fictive » du chômage qui dissimule la destruction de 58 200 emplois

Ce que les chiffres révèlent de plus grave réside sans doute dans la contradiction mathématique et économique des indicateurs du marché du travail. Les statistiques vantent une baisse du taux de chômage global à 14,9 % au deuxième trimestre 2026. En apparence, ce chiffre semble encourageant, mais comment le chômage peut-il baisser alors que l’économie a détruit 58 200 emplois d’un coup par rapport au trimestre précédent ? Le secret statistique réside dans la disparition totale de 77 500 Tunisiens des registres de la population active en l’espace de trois mois seulement (passant de 4,26 millions à 4,19 millions de personnes). Cette baisse du taux n’est nullement le signe d’une reprise, mais l’illustration d’un désespoir généralisé et de l’ampleur du phénomène des « travailleurs découragés ». Des dizaines de milliers de personnes abandonnent définitivement l’idée de chercher du travail ou choisissent les embarcations de l’émigration clandestine. La base de calcul se réduit ainsi, entraînant une baisse artificielle du taux dans une supercherie statistique qui dissimule une violente contraction sociale.

Une croissance destructrice de compétences : un modèle économique qui « punit » les diplômés de l’enseignement supérieur

Le caractère excluant de la croissance tunisienne actuelle se confirme de manière flagrante lorsque l’on observe sa capacité d’absorption des catégories instruites. Alors que le taux de chômage global baissait de manière fictive, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur a bondi, passant de 24,0 % au deuxième trimestre 2025 à 26,6 % sur la même période en 2026. Cette contradiction est la conséquence logique de la distorsion des sources de croissance ; nous sommes face à un modèle économique qui « punit » les compétences, créant des emplois précaires dans l’agriculture et le bâtiment, tandis que les secteurs de services avancés et l’industrie manufacturière ferment leurs portes et licencient. Ce déséquilibre structurel vide l’université tunisienne de son rôle d’ascenseur social et fait de la fuite des cerveaux le seul choix rationnel qui s’offre à une jeunesse dans laquelle l’État a investi pendant des années, pour ensuite la laisser à la merci d’une économie qui méprise le savoir.

 L’illusion des exportations et le dilemme du phosphate : on vend de la terre et on importe des pertes

Les sept premiers mois de l’année 2026 ont enregistré une hausse de 9,91 % de la valeur des exportations, ce qui pourrait laisser croire à une reprise économique. Cependant, en y regardant de plus près, on découvre une véritable catastrophe : le poids (volume) des exportations a augmenté de 11,26 % (soit une augmentation colossale de 727 000 tonnes). Nous exportons d’immenses quantités physiques pour obtenir des revenus financiers proportionnellement moindres, ce qui traduit une détérioration drastique des termes de l’échange. Le dilemme du phosphate s’impose ici comme la plus grande plaie économique ; les chiffres montrent que la Tunisie a quasiment cessé d’exporter du phosphate transformé à haute valeur ajoutée (les exportations de produits chimiques inorganiques comme l’acide phosphorique ont chuté de 167 500 tonnes, et les engrais de 77 200 tonnes). Cela correspond parfaitement au double effondrement de l’extraction minière (-9,60 %) et des industries chimiques (-7,02 %). Pour compenser cette paralysie, nous nous sommes tournés vers l’exportation de produits lourds et primaires, les exportations du Chapitre 25 (qui comprend les terres, le ciment et le clinker) explosant avec une augmentation de 442 900 tonnes à un prix moyen dérisoire ne dépassant pas 140 millimes par kilogramme. Même dans l’agriculture, la Tunisie a injecté d’énormes quantités d’huile d’olive en vrac, avec une augmentation de volume de 62,2 %, tandis que les revenus n’ont augmenté que de 39,6 %. Notre économie rétrograde dans la chaîne de valeur, épuisant ses richesses naturelles brutes pour masquer son impuissance industrielle.

Le paradoxe de l’investissement industriel : des intentions positives qui se transforment en un « trou noir » asséchant les devises

Du côté des intentions, les données des sondages d’opinion révèlent un certain optimisme chez les industriels, le solde d’opinion sur l’investissement global s’étant amélioré pour atteindre 24 % au premier semestre 2026, avec un bond exceptionnel dans les industries mécaniques et électriques à 48 %. Malgré le caractère positif en apparence de ces intentions, elles se heurtent — lorsqu’on les met en lien avec la flambée des importations (+11,2 %) — à une réalité macroéconomique douloureuse : la faible intégration locale de nos industries. Chaque nouveau projet d’investissement dans ces secteurs nécessite automatiquement une importation massive de machines, d’équipements et de matières premières semi-finies. Cette « relance de l’investissement » se transforme ainsi en un fardeau qui pèse directement sur la balance des paiements. L’investissement local devient un exportateur net de devises au lieu de créer une véritable valeur ajoutée locale et de stimuler l’emploi.

L’hémorragie énergétique : la facture des hydrocarbures engloutit les illusions de croissance et aggrave l’asphyxie financière

Pour comprendre les raisons de l’asphyxie financière et de l’aggravation du déficit commercial global (qui a frôlé les 14,9 milliards de dinars sur les sept premiers mois de 2026), il suffit de se pencher sur le Chapitre 27 relatif aux combustibles minéraux et aux hydrocarbures. À lui seul, le déficit énergétique a bondi de 6,31 milliards de dinars en 2025 à un chiffre effrayant de 8,27 milliards de dinars pour la même période de 2026. Cette hémorragie qui s’accélère engloutit littéralement tous les fruits de la croissance économique et les revenus d’exportation. Cette situation prouve que l’absence d’une véritable transition énergétique et le déclin de la production nationale (croissance négative de -1,12 %) ont pris l’économie tunisienne en otage d’une facture énergétique gonflée, payable en devises. Cela entrave toute possibilité d’orienter les ressources de l’État vers des investissements réels dans les infrastructures, la santé ou l’éducation.

La dépendance géographique destructrice : des marchés extérieurs qui siphonnent les ressources tunisiennes

L’hémorragie des devises ne se limite pas à la facture énergétique ; elle s’alimente également d’une dépendance géographique destructrice envers des marchés qui n’absorbent pas nos exportations. Le déficit commercial de la Tunisie ne reflète pas une baisse générale de sa compétitivité (nous réalisons un excédent confortable avec l’Union européenne de près de 3,46 milliards de dinars), mais se concentre dans des relations commerciales totalement déséquilibrées avec des pays spécifiques dont nous consommons les produits avec voracité. En seulement sept mois, le déficit s’est élevé à 6,79 milliards de dinars avec la Chine, à 2,91 milliards avec l’Algérie (en raison de la dépendance énergétique), à 2,10 milliards avec la Turquie, s’élargissant également à 1,99 milliard avec l’Égypte et à 1,44 milliard de dinars avec la Russie. Ces chiffres traduisent la paralysie de notre diplomatie économique ; nous ouvrons nos portes aux produits de ces pays tout en étant incapables de pénétrer leurs marchés, aliénant ainsi notre souveraineté économique et finançant leurs économies avec ce que nous gagnons durement en Europe.

 

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Tunisie : première en Afrique du Nord, mais 75e mondiale… le paradoxe de la prospérité

Sur 161 pays étudiés, la Tunisie se classe au 75e rang mondial dans le Legatum Prosperity Index 2026, devançant de fait tous ses voisins nord-africains : Maroc (76e), Algérie (83e), Libye (115e), Égypte (120e) et Soudan (152e). Une première place régionale qui réconforte même si elle n’enthousiasme pas.

Il n’est pas inutile de rappeler que le meilleur classement de la Tunisie dans cet index remonte à 2017, où elle occupait la 66e place mondiale. Depuis, la trajectoire est celle d’un déclin progressif. Autrement dit, huit rangs perdus en moins d’une décennie, dans ce classement publié chaque année depuis 2007.

Si la Tunisie conserve sa première place régionale, c’est en grande partie grâce aux avancées socio-économiques réalisées entre les années 1990 et 2010, période durant laquelle la croissance annuelle moyenne avoisinait voire dépassait les 5 %. Mais on l’aura compris, c’est un héritage qui s’érode, faute d’avoir été renouvelé.

En effet, sur le plan économique, la Tunisie affiche un PIB nominal dépassant les 51 milliards de dollars, avec pour principales exportations l’huile d’olive, les dattes, les machines électriques et les produits textiles, tandis que ses importations couvrent notamment le blé, les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les véhicules. Une structure productive qui reflète une économie encore peu diversifiée et, par ricochet, vulnérable aux chocs externes.

Le vrai message de ce classement n’est donc pas dans le rang, il est dans la dynamique. Première en Afrique du Nord, certes. Mais dans une région qui, globalement, recule. Autrement dit, être le premier d’un peloton à la traîne n’est pas un titre de gloire, c’est un avertissement.

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Tunisie – Le numérique gagne du terrain dans les paiements

Le bulletin « Paiements en chiffres en Tunisie » de la Banque centrale de Tunisie (BCT), pour le premier semestre 2026, montre que l’activité monétique et les différents moyens de paiement numériques ont enregistré plusieurs évolutions positives par rapport à la même période de 2025.

Ainsi, le nombre de cartes bancaires atteint 6 151 000, tandis que celui de distributeurs et guichets automatiques de billets s’établit à 3 427. En outre, le pays compte 1 456 sites marchands actifs et 45 600 terminaux de paiement électronique (TPE). Sachant qu’un site marchand est qualifié d’“actif“ s’il a enregistré au moins une transaction sur une période d’un an, selon la terminologie de la BCT.

Le paiement mobile confirme également son développement. En effet et toujours selon le même bulletin, au premier semestre 2026, 218 886 wallets ont été recensés contre 207 524 un an auparavant, soit une hausse de 5,5%. L’activité de paiement mobile représente 5 millions de transactions, pour un montant de 914,2 millions de dinars (MDT). Les paiements constituent la principale utilisation, devant les transferts, le cash-in et le cash-out.

Concernant l’e-paiement, le bulletin de la BCT fait état d’une progression de l’activité, avec une hausse de 5,7%. Les paiements de proximité affichent également une dynamique positive, tandis que plusieurs indicateurs liés aux transactions et aux montants traités progressent par rapport au premier semestre 2025.

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Index mondial de la prospérité | La Tunisie en tête des pays d’Afrique du Nord

La Tunisie s’est classée au 75e rang mondial sur 161 pays au Legatum Prosperity Index 2026. Malgré ses difficultés économiques actuelles, la Tunisie devance tous les autres pays d’Afrique du Nord : Maroc (76e), Algérie (83e), Libye (115e), Egypte (120e) et Soudan (152e). Il n’y a pas de quoi être fier, mais comme dit le proverbe français «Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console».    

Dans ce rapport publié annuellement depuis 2007 et qui offre un éclairage unique sur l’évolution de la prospérité à travers le monde, le meilleur classement de la Tunisie remonte à 2017 : 66e. Depuis elle n’a cessé de péricliter, mais ses voisins africains du nord n’ont pas fait mieux. Si elle reste en tête du classement régional c’est grâce à ses avancées socio-économiques réalisées dans les années 1990-2010 avec une croissance annuelle moyenne de près de 5%. C’était le bon vieux temps de… Ben Ali, dirait l’autre.

On peut toujours dénoncer a postériori la dictature de l’ancien président, mais on ne peut pas dire qu’on a beaucoup avancé depuis qu’on l’a chassé du pays le 14 janvier 2011. Au contraire, le déclin de notre pays a commencé depuis cette date fatidique qui devait être celle d’une libération et qui s’est révélée être, au final, celle du début de la décadence.

Malgré tout, et même s’ils continuent de se plaindre de leur situation, les 12,4 millions d’habitants que compte la Tunisie s’en tirent toujours mieux que tous leurs voisins immédiats. Ils sont choyés par la géographie avec leurs 1200 km de côtes méditerranéennes, leurs plaines fertiles du nord et du Sahel et la richesse de leurs régions désertiques. Sans oublier bien sûr l’ingéniosité de ses enfants, ou de certains d’entre eux.

L’économie tunisienne est modérément industrialisée, avec un PIB nominal dépassant les 51 milliards de dollars. Parmi ses principales exportations figurent l’huile d’olive, les dattes, les machines électriques et les produits textiles, tandis que ses importations incluent le blé, les produits pétroliers raffinés, le gaz naturel et les véhicules, rappellent à juste titre les auteurs de l’Index. Ils auraient pu ajouter en observation : peut mieux faire !

I. B.

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Tunisie-Libye | Vers la facilitation du transport terrestre

La Tunisie et la Libye ont discuté des moyens d’étendre la coopération dans le domaine du transport terrestre et de faciliter la circulation des passagers et des marchandises entre les deux pays. Ces pourparlers se sont tenus lors d’une réunion du comité technique mixte chargé du transport terrestre, organisée à Tunis les 11 et 12 août 2026. (Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).

La délégation libyenne était conduite par Fadlallah Rafallah Ashour, vice-ministre des Transports chargé du secteur terrestre, tandis que la délégation tunisienne était dirigée par Tarek Bouazizi, directeur général du transport terrestre.

La Libye a présenté des propositions visant à développer son système de transport terrestre et a souligné la nécessité de mettre en œuvre l’accord bilatéral sur le transport routier de passagers et de marchandises, signé le 31 juillet 1996.

Les deux parties ont également débattu de l’amélioration des services et de la simplification des procédures de transport aux postes-frontières.

Elles ont réaffirmé les liens étroits unissant la Libye et la Tunisie, ainsi que l’importance d’une coordination continue pour faciliter la circulation des personnes et des marchandises et pour améliorer les services aux postes-frontières.

I. B. (d’après The Libya Observer).

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Le classement du bonheur en Afrique du Nord

Le classement fera sourire beaucoup de lecteurs et paraîtra même farfelu pour certains d’entre eux, mais il mérite d’être connu : la Libye figure en tête des dix pays africains où le revenu nécessaire pour atteindre le «pic de bonheur» (sic !) en 2026 est le plus élevé.

La Libye, qui est classée 81e sur le plan mondial, est suivie par l’Algérie (83e), la Tunisie (105e), le Maroc (112e), la Mauritanie (120e) et l’Égypte (139e).

Le World Happiness Report 2026 est réalisé par Remitly,  fournisseur mondial de services financiers, sur la base des données de Purdue University, établies sur la base des revenus annuels requis pour satisfaire les besoins de la vie, en rapport avec le pouvoir d’achat et les conditions générales du bien-être individuel et social.

À l’échelle mondiale, l’Islande affiche le score le plus élevé à 7 764, tandis que l’Afghanistan présente le plus bas, à 1 446.

La Libye avec un score 5 731, l’Algérie (5 714) et la Tunisie (4 798) affichent les seuils du «prix du bonheur» les plus élevés en Afrique du Nord.

Le score pour le Maroc s’établit à 4 646, la Mauritanie à 4 473 et l’Égypte à 3 862.

Ce classement, fondé sur les prix locaux et le pouvoir d’achat, révèle qu’un seuil plus élevé n’est pas synonyme d’un bonheur accru et que des facteurs tels que l’éducation, la santé et la qualité de vie jouent un rôle déterminant.

I. B.

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Tunisie | PIB en hausse de 2,3% au terme du 2e trimestre 2026

Les estimations issues des comptes nationaux trimestriels de la Tunisie montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a enregistré une croissance au taux de 2,3% sur un an au cours du deuxième trimestre de 2026.

C’est ce que signale l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport périodique sur la croissance économique, ajoutant que le PIB en volume, au cours de la même période, et en glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre de 2026, a augmenté de 1,4%.

S’agissant des variations trimestrielles, le PIB a enregistré une croissance de 1,4 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre de la même année.

Sur cette base, le PIB a enregistré une croissance de 2,4 % au cours du premier semestre de l’année en cours, par rapport à la même période de l’année précédente.

Les activités agricoles ont enregistré une accélération de leur croissance au cours du deuxième trimestre 2026, le volume de la valeur ajoutée du secteur progressant de 5,5 % en glissement annuel.

Ce secteur a contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage au taux de croissance de 2,3 % enregistré pour le PIB.

De même, les activités de services ont maintenu une dynamique de croissance positive au cours du deuxième trimestre de l’année en cours ; le volume de la valeur ajoutée a augmenté de 1,9 % par rapport au deuxième trimestre 2025, contribuant pour 1,18 point de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

Cette évolution est principalement portée par la hausse de la valeur ajoutée dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (+4,6 %), de l’information et de la communication (+3,5 %) et des transports (+1,7 %).

S’agissant des industries manufacturières, le volume de la valeur ajoutée a progressé de 0,9 % au cours du deuxième trimestre 2026, porté par la croissance de l’agroalimentaire (2,1 %), des industries mécaniques et électriques (1,6 %) et des industries diverses (3,7 %).

À l’inverse, le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et du traitement des déchets a enregistré un recul de 1,7 % de sa valeur ajoutée ; ce repli est principalement imputable à la baisse de la valeur ajoutée dans le secteur minier et dans celui de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en baisse respective de 9,6 % et de 1,1 %.

Dans l’ensemble, le secteur industriel a enregistré une croissance de 0,3 % au cours du deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025. Celui de la construction a également affiché une croissance positive, le volume de la valeur ajoutée augmentant de 3,6 % en glissement annuel par rapport au deuxième trimestre de 2025.

La répartition du PIB par composante de la demande pour le troisième trimestre 2026 fait apparaître une hausse de 3,3 % du volume de la demande intérieure — incluant les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe (investissement) — par rapport au deuxième trimestre 2025 (en glissement annuel). Cette évolution positive a contribué à hauteur de 3,61 points de pourcentage au taux de croissance du PIB de 2,3 %.

À l’inverse, le solde du commerce extérieur a contribué par une baisse de -1,33 point de pourcentage à ce taux de croissance du PIB. Cette situation s’est inscrite dans un contexte de progression de 10,4 % du volume des exportations de biens et services et de 11,2 % du volume des importations au cours de la même période.

Le rapport en arabe.

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Tunisie | Le taux de chômage se stabilise autour de 15%

Selon les résultats de l’enquête sur l’emploi du deuxième trimestre 2026 réalisé par l’Institut national de la statistique (INS), la population active en Tunisie s’est établie à 4 190 500 personnes, contre 4 268 000 au premier trimestre de la même année, soit une baisse de 77 500 personnes.

La population active se répartit entre 2 887 700 hommes et 1 302 800 femmes, représentant respectivement 68,9 % et 31,1 % de l’ensemble de la population active.

Par ailleurs, le taux d’activité a enregistré un recul de 1,2 point de pourcentage au cours du deuxième trimestre 2026 pour s’établir à 44,7 % de la population âgée de 15 ans et plus, contre 45,9 % au premier trimestre 2026.

Au deuxième trimestre 2026, le nombre d’occupés a atteint 3 568 100, contre 3 626 300 au trimestre précédent, soit une baisse de 58 200 occupés. La population occupée se compose de 2 546 000 hommes et de 1 022 100 femmes, représentant respectivement 71,4% et 28,6 % de l’ensemble de la population occupée.

Les personnes occupées se répartissent comme suit par secteur d’activité : 49,9 % dans les services, 20,4% dans les industries manufacturières, 13,5 % dans les industries non manufacturières et 16,3 % dans l’agriculture et la pêche.

Le nombre de chômeurs s’est établi à 622 400 personnes au deuxième trimestre 2026, contre 641 700 au premier trimestre, soit une baisse de 19 300 chômeurs. Le taux de chômage a ainsi diminué à 14,9 %, contre 15 % au trimestre précédent.

Par sexe, ce taux a reculé de 0,5 point de pourcentage chez les hommes pour s’établir à 11,8 %, tandis qu’il a augmenté de 0,9 point chez les femmes pour atteindre 21,6 % au deuxième trimestre 2026.

Le taux de chômage s’est établi à 14,8 % en milieu urbain et à 15,0 % en milieu rural au cours du deuxième trimestre de 2026, contre respectivement 14,4 % et 16,5 % au premier trimestre de la même année.

Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a diminué au cours du deuxième trimestre 2026, atteignant 35,4 % contre 37,5% au premier trimestre 2026. Ce taux se répartit entre 34,6 % pour les hommes et 37,1% pour les femmes.

Chez les diplômés de l’enseignement supérieur, le taux de chômage a augmenté pour atteindre 26,6 % au deuxième trimestre 2026, contre 24,2 % au premier trimestre de la même année. Ce taux s’élève à 14,2 % chez les hommes et à 35,6 % chez les femmes.

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L’Italie consolide sa position de 1er fournisseur européen de la Tunisie

L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart structurel avec la Chine.

Au cours des sept premiers mois de 2026, l’Italie demeure le premier fournisseur européen de la Tunisie et le classe au deuxième sur le plan mondial derrière la Chine, avec un écart qui s’est réduit 206 millions de dinars (environ 61 millions d’euros).

Les échanges commerciaux entre l’Italie et la Tunisie ont atteint 13,67 milliards de dinars (environ 4,03 milliards d’euros) entre janvier et juillet, enregistrant une hausse de 12,4 % par rapport à la même période en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) de Tunisie.

Cette hausse est principalement portée par les ventes des produits importés d’Italie sur le marché tunisien, dont la valeur a atteint 6,66 milliards de dinars (environ 1,97 milliard d’euros), soit une augmentation de 16,6 % sur un an.

Au cours de la même période, les exportations tunisiennes vers l’Italie ont progressé de 8,7 %, s’élevant à environ 7,01 milliards de dinars (2,07 milliards d’euros).

Ces rythmes de croissance divergents modifient également la balance commerciale bilatérale. La Tunisie conserve un excédent commercial vis-à-vis de l’Italie d’environ 347 millions de dinars (102 millions d’euros), mais cet excédent a plus que diminué de moitié par rapport aux 733 millions de dinars (environ 216 millions d’euros) enregistrés au cours des sept premiers mois de 2025.

Les chiffres témoignent ainsi d’un rééquilibrage progressif des échanges en faveur de l’Italie, qui occupe désormais une place prépondérante parmi les fournisseurs de la Tunisie.

Sur les sept premiers mois de l’année, les produits chinois sont restés en tête des ventes sur le marché tunisien, avec une valeur d’environ 6,87 milliards de dinars, suivie par l’Italie (6,66 milliards) et la France (environ 6,36 milliards).

L’Italie s’impose donc comme le principal fournisseur de la Tunisie au sein de l’Union européenne (UE) et réduit l’écart avec la Chine.

Ce renforcement de la position italienne en Tunisie s’inscrit dans un contexte plus large où l’UE demeure le premier partenaire commercial de la Tunisie.

Au cours des sept premiers mois de 2026, 70,4 % des exportations tunisiennes étaient destinées à l’UE-27, pour une valeur de 28,63 milliards de dinars, tandis que 45,3 % des importations — totalisant 25,16 milliards — provenaient de l’UE.

Les importations tunisiennes en provenance d’Italie ont augmenté de 16,6 %, contre une hausse de 18,4 % pour celles venant de France. L’Italie occupe également une place de premier plan pour les exportations tunisiennes. L’agence ICE classe l’Italie comme la deuxième destination des marchandises tunisiennes et le deuxième fournisseur de la Tunisie ; une position que les données de 2026 viennent consolider, notamment en ce qui concerne les ventes italiennes.

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Location d’été – Lorsque les fausses promesses et autres manquements sont au rendez-vous !

C’est toujours du pareil au même. Un laisser-aller, une désinvolture voire un souci, conscient ou non, d’offrir le moins de service ou de confort possible caractérisent souvent les locations d’été. Instantanées.

 

« Pour le prix qu’il nous fait payer, il aurait pu quand même changer les draps », s’exclame Haroune G., en remarquant que les draps portent une tache sur laquelle il semble que du mercurochrome a été versé. En ajoutant, dans un large sourire, qu’il faudra « contracter un prêt pour pouvoir se payer une semaine de vacances dans une villa meublée sur la côte tunisienne.

« Villa meublée, une façon, pour ainsi dire, de parler », ajoute-t-il. En somme, la qualité de ce que les propriétaires qui louent, pour un temps, leur maison, offrent aux estivants d’une semaine laisse à désirer. Le récit de Haroune en dit long sur des « fausses promesses » et autres « manquements » auxquels sont souvent exposés les locataires.

Des cuillères rouillées

« Là où vous posez les pieds, il y a comme un laisser-aller, une désinvolture voire un souci, conscient ou non, d’offrir le moins de service ou de confort possibles, soutient-il. A commencer par la cuisine où, opine-t-il, il y a beaucoup d’ustensiles, des assiettes et des verres qui manquent à l’appel. « Pourtant, le propriétaire savait que six personnes allaient séjourner dans la maison ! », s’énerve-t-il. « Et je ne vous parle pas des toilettes et de la salle de bain qui sont loin de contenir ce qui ne peut que paraître essentiel, comme le papier toilettes ou le savon qui sont toujours à la charge du locataire », dit-il, en faisant la moue. Et en rappelant que « bien plus », il a trouvé même des cuillères « rouillées ».

Le propriétaire est, en plus, quelquefois rarement là pour que l’on puisse lui demander des comptes ou l’interroger sur quelque chose. « A part le premier jour de la location où on l’a vu, il a été constamment absent des lieux », affirme-t-il. Il a délégué un « samsar » (intermédiaire informel qui met en relation des propriétaires et des locataires), qui est censé se porter au secours des locataires. Celui-ci est cependant débordé ayant beaucoup de maisons à « gérer ». Il fait, de plus, souvent la « sourde oreille » et vous trouve un argument quelconque pour expliquer que « cela n’est pas possible » ou que « l’artisan appelé à réparer une fuite, par exemple, est pour le moment du moins indisponible ».

La mécanique est bien huilée

Inutile de préciser, à ce juste propos, que rarement la villa à louer est inspectée scrupuleusement avant qu’un nouveau locataire rentre dans une maison. « Cela serait on ne peut plus nécessaire », assure Haroune. Qui précise que, de ce fait, on ne peut savoir ce qui a été mis hors service ou dégradé par le locataire qui a quitté les lieux. Autant dire qu’il faut déjà que le propriétaire dresse une liste de ce qui est nécessaire pour les estivants dans tous les compartiments du bien loué. « En faisant preuve d’empathie », souligne-t-il. « La seule tâche réellement accomplie consiste, à l’arrivée du locataire, en une visite rapide d’une femme de ménage qui dépoussière les meubles et nettoie le sol ; sans aller plus loin », note-t-il.

Une femme de ménage que l’on ne reverra plus qu’à la fin du séjour. Et qui vient accomplir sa besogne toujours en toute hâte. En fait « la mécanique est bien huilée », conclut Haroune.

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Biat Privilèges | Une marketplace bancaire dédiée aux avantages clients

La Biat annonce le lancement de Biat Privilèges, une nouvelle application permettant l’accès à une marketplace bancaire qui offre un large univers de réductions et d’offres exclusives négociées auprès de centaines d’enseignes partenaires. A travers cette nouvelle offre innovante, la Biat enrichit l’expérience de ses clients au-delà des services bancaires traditionnels et contribue à renforcer leur relation avec la banque.

Dans le cadre de sa stratégie d’innovation et d’amélioration continue de l’expérience client, la Biat poursuit le développement de solutions à valeur ajoutée pour répondre aux nouvelles attentes et aux habitudes de sa clientèle.

C’est dans cette dynamique que la banque lance Biat Privilèges, une nouvelle application extra-bancaire permettant à ses clients de bénéficier d’avantages exclusifs auprès d’une large sélection de marques et d’enseignes partenaires.

Cette initiative traduit la volonté de la Biat d’enrichir sa proposition de valeur à travers une offre qui permet à ses clients de réaliser des économies sur leurs dépenses courantes, leurs loisirs et leurs projets de consommation.

Elaborée en partenariat avec FreeOui et d’autres partenaires de référence, l’application donne accès à plus de 450 enseignes représentant plus de 1 300 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire tunisien. Les clients de la Biat peuvent ainsi bénéficier d’avantages exclusifs dans de nombreux univers de consommation tels que le shopping, les loisirs, les voyages, la restauration, le bien-être, la santé et la culture.

Pensée pour être simple, rapide et accessible, Biat Privilèges permet aux utilisateurs de consulter les offres organisées par thématique et profiter des avantages proposés, en fonction de leurs centres d’intérêt et de leur localisation.

À travers le lancement de cette offre, la Biat enrichit l’expérience de ses clients tout au long de leurs parcours de consommation, en leur permettant de transformer leurs dépenses du quotidien en opportunités de réaliser des économies. Elle réaffirme ainsi son positionnement de banque innovante et son engagement constant à développer des solutions créatrices de valeur, en phase avec les nouveaux usages et les attentes de sa clientèle.   

Lien de téléchargement.

Contact : biat.privilèges@freeoui.com

Pour plus d’information, consultez le lien.

Pour toute demande d’information, contactez le Centre de Relation Clients Biat au 31 31 18 18

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Tunisie | Protection des îles Kneiss dans le golfe de Gabès

Le projet Pik («Préserver les îles Kneiss») visant à renforcer la protection de cet archipel de petites îles situées situé dans le golfe de Gabès, à quelques kilomètres des côtes et cinquante kilomètres au sud de Sfax, vient d’être achevé par un atelier à Tunis, organisé le mardi 11 août 2026 par l’Association pour la Continuité des Générations (ACG).  

Pour protéger la biodiversité de l’archipel, ce projet financé par le Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (PMF-FEM) a mis mené une série d’actions dont la mise en place de nids artificiels pour favoriser la reproduction des oiseaux, le suivi des herbiers marins, la restauration de la végétation côtière, la collecte de déchets plastiques et la plantation de salicornes pour lutter contre l’érosion.  

Situées à environ 25 kilomètres au sud-est de Mahrès, dans le gouvernorat de Sfax, les îles Kneiss constituent l’une des zones humides les plus précieuses de Tunisie sur le plan écologique. Le site est reconnu comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar et figure sur la liste des Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (Aspim).

L’archipel peut accueillir jusqu’à 330 000 oiseaux hivernants et est considéré comme un site d’hivernage régional clé pour diverses espèces d’oiseaux d’eau.

Des écosystèmes les plus fragiles

Le projet Pik s’est concentré tout particulièrement sur des solutions fondées sur la nature afin de renforcer la résilience de l’écosystème face aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière. Des nids artificiels ont été installés sur l’île d’El Bassila pour améliorer les conditions de reproduction d’espèces telles que la spatule blanche, le flamant rose et l’huîtrier pie.

Selon les responsables du projet, les premières observations indiquent que les oiseaux ont déjà commencé à utiliser ces structures et à s’y adapter.

Un autre volet du projet a porté sur le suivi scientifique des herbiers de Zostera noltii (une espèce de zostère naine), un habitat marin d’une importance capitale pour l’archipel. La cartographie de ces herbiers permet de suivre l’évolution d’écosystèmes qui servent de zones de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et contribuent à stabiliser les fonds marins.

Par ailleurs, la réintroduction de la salicorne — une plante halophile capable de consolider le sol et de réduire l’érosion — a été expérimentée le long du littoral.

Parmi les participants à ces activités figuraient l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), la Direction générale des forêts, l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM), The MedFund et des communautés locales de la délégation de Ghraiba.

Le projet comprenait également des opérations de collecte de déchets plastiques sur les îles.

Les îles Kneiss sont depuis longtemps au cœur de programmes de conservation de la biodiversité. Des initiatives antérieures, soutenues par le Programme de microfinancements du FEM, avaient déjà identifié l’archipel comme une zone prioritaire pour la protection des habitats marins, de l’avifaune et des ressources naturelles locales.

Les résultats du projet PIK devraient désormais contribuer au processus de création de la future aire marine et côtière protégée des îles Kneiss, dans le but d’assurer une gestion plus durable de l’un des écosystèmes les plus fragiles et les plus importants du golfe de Gabès.

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Pourquoi les bouteilles d’eau minérale manquent-elles ? Les producteurs s’expliquent

La Chambre syndicale nationale des producteurs de boissons non alcoolisées a expliqué les tensions observées ces derniers jours dans l’approvisionnement en eaux minérales conditionnées dans certaines régions du pays. Selon elle, ces difficultés sont principalement liées à la hausse exceptionnelle des températures, qui a entraîné une augmentation rapide et importante de la demande.

Dans un communiqué explicatif, la Chambre syndicale indique que la consommation a, à certaines périodes, dépassé les niveaux habituellement enregistrés durant la saison estivale. Cette hausse a entraîné une consommation importante des stocks de réserve constitués par les producteurs en prévision du pic de demande.

À cette pression sur la demande se sont ajoutées des coupures et perturbations répétées de l’électricité dans plusieurs régions. Ces interruptions ont affecté le fonctionnement normal de certaines unités de production, provoquant, dans certains cas, l’arrêt de lignes de production et des pannes d’équipements industriels. Des interventions techniques, des opérations de maintenance et des redémarrages ont ainsi été nécessaires avant le retour progressif au rythme habituel de production.

31 unités mobilisées à pleine capacité

Face à cette situation exceptionnelle, les 31 unités de production d’eau minérale réparties à travers le pays fonctionnent à leurs capacités maximales afin d’assurer un approvisionnement continu du marché, notamment à travers la mise à disposition directe de la production quotidienne.

Parallèlement, les unités affectées par les perturbations sont progressivement remises à leur rythme normal. La Chambre syndicale assure que les producteurs maintiennent leur engagement en faveur du respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.

Elle dément, par ailleurs, toute volonté de la part de ses adhérents de provoquer une pénurie, de retenir les produits du marché ou de se livrer à une quelconque forme de spéculation.

Un marché concurrentiel

La Chambre rappelle que le secteur tunisien des eaux minérales conditionnées compte 31 usines, réparties dans différentes régions du pays. Il se caractérise par la diversité des entreprises et des marques ainsi que par un niveau élevé de concurrence.

Aucune entreprise ou aucun groupe d’entreprises ne détient plus de 25 % du marché, souligne-t-elle, estimant que cette configuration exclut toute situation de domination permettant à un seul acteur de contrôler les quantités disponibles ou le rythme d’approvisionnement du marché.

La Chambre syndicale précise également que la coordination se poursuit entre les producteurs, le ministère du Commerce et du Développement des exportations ainsi que les différents services concernés, afin de garantir la régularité de l’approvisionnement et de parvenir à une répartition optimale des quantités disponibles entre les différentes régions.

Appel à éviter le stockage excessif

Selon la Chambre, les tensions actuelles restent conjoncturelles, tandis que l’ensemble du secteur est mobilisé pour rétablir l’approvisionnement normal dans les meilleurs délais.

Elle appelle ainsi les différents intervenants dans les circuits de distribution à faciliter l’acheminement des produits jusqu’aux consommateurs et à éviter tout stockage inhabituel.

Les consommateurs sont, de leur côté, invités à maintenir un rythme d’achat normal, correspondant à leurs besoins réels. Une telle démarche contribuerait, selon la Chambre syndicale, à réduire la pression momentanée exercée sur le marché.

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Tunisie | Essor des résidences médicalisées pour des séniors européens

Piscines, jardins, chambres avec vue sur la mer, soins infirmiers et personnel francophone. La Tunisie connaît une multiplication des résidences médicalisées pour personnes âgées ; au-delà de la clientèle locale, ces établissements visent de plus en plus les retraités européens, et notamment les Français.

Cette tendance est particulièrement marquée à Tunis, Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba et Sfax, où certains établissements proposent un modèle hybride — à mi-chemin entre la maison de retraite et le complexe de villégiature — alliant soins médicaux 24 heures sur 24 et prestations hôtelières haut de gamme.

Les tarifs affichés varient généralement de 1 200 à 4 000 euros par mois, selon l’établissement et le niveau de dépendance du résident. L’avantage financier par rapport à la France peut être considérable, surtout dans le secteur privé, où les tarifs des Ehpad français dépassent souvent 3 000 euros par mois — et peuvent être bien plus élevés dans les grandes villes. En Italie également, les coûts de structures d’accueil similaires peuvent atteindre 3 000 euros par mois.

L’attractivité de la Tunisie repose sur des coûts de main-d’œuvre plus faibles, la disponibilité de personnel médical francophone, un climat méditerranéen et la proximité avec l’Europe.

Toutefois, les établissements tunisiens ne sont pas automatiquement comparables aux Ehpad français, qui sont soumis à des réglementations spécifiques ainsi qu’à des normes sanitaires et de soins rigoureuses.

Cette augmentation de l’offre coïncide également avec une évolution démographique nationale.

Selon l’Institut national de la statistique, les personnes âgées de plus de soixante ans représentent désormais environ 17 % de la population en Tunisie, un chiffre qui devrait avoisiner les 20 % d’ici 2030. Bien qu’il n’existe pas actuellement de données officielles récentes confirmant une véritable «explosion» du nombre de résidences privées, le marché est manifestement en pleine expansion et se tourne de plus en plus vers l’international. Pour les familles européennes, cependant, le prix n’est pas le seul critère : la qualité réelle des soins, la continuité des traitements, la couverture par l’assurance maladie, le contrôle des établissements et la proximité avec la famille demeurent des facteurs déterminants.

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La Mauritanie recrute des enseignants universitaires tunisiens

L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) a annoncé l’ouverture des candidatures pour le recrutement d’enseignants de l’enseignement supérieur dans les spécialités de l’architecture et des arts plastiques, au profit d’un établissement public de la République islamique de Mauritanie.

Selon un avis publié par l’ATCT sur sa page officielle Facebook, les offres concernent deux postes : enseignant de l’enseignement supérieur en architecture et enseignant de l’enseignement supérieur en arts plastiques. Les candidats doivent répondre aux conditions définies dans la fiche de poste correspondant à chaque fonction.

Les personnes intéressées sont invitées à remplir le formulaire électronique dédié à l’offre. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 août 2026.

L’ATCT précise que, dans le cas où le nombre de candidatures reçues dépasserait les besoins exprimés, la date de réception de la candidature pourra être retenue comme l’un des critères de sélection.

Cette opportunité s’inscrit dans le cadre de la coopération technique tunisienne et offre ainsi aux compétences tunisiennes spécialisées dans l’architecture et les arts plastiques la possibilité de rejoindre un établissement public mauritanien.

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Industrie 4.0 : jusqu’au 13 septembre pour bénéficier d’un accompagnement 100 % financé

Les entreprises industrielles tunisiennes disposent désormais de davantage de temps pour rejoindre le programme d’accompagnement dédié à leur transformation numérique. Le Hub Industrie 4.0, relevant de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), a annoncé la prolongation des délais de candidature jusqu’au 13 septembre 2026.

Ce programme vise à soutenir les entreprises industrielles tunisiennes dans leur transition numérique et à renforcer leur capacité à s’adapter aux évolutions technologiques, à innover et à améliorer leur compétitivité.

L’initiative est menée en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, dans le cadre de l’initiative allemande « Travail décent pour une transition juste », relevant du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mise en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

De l’évaluation à la mise en œuvre

Selon l’APII, le programme s’adresse aux entreprises industrielles souhaitant évaluer leur niveau de maturité numérique, identifier leurs priorités technologiques et définir une vision claire de leur transformation digitale.

L’objectif est notamment de permettre aux entreprises de dépasser le stade du diagnostic pour passer à la mise en œuvre de projets numériques concrets et réalisables.

Les entreprises retenues bénéficieront ainsi d’un accompagnement personnalisé comprenant, dans un premier temps, un diagnostic de leur maturité numérique. Cette étape permettra d’évaluer leur situation actuelle et d’identifier les principaux domaines nécessitant des améliorations.

Une feuille de route numérique personnalisée sera ensuite élaborée afin de définir les priorités et les actions concrètes à engager pour améliorer les performances numériques et renforcer la préparation de l’entreprise à sa transformation digitale.

Un projet pilote pour tester les solutions numériques

L’accompagnement prévoit également l’élaboration d’un cahier des charges pour un projet pilote (Proof of Concept – PoC). Cette étape doit permettre aux entreprises de passer à l’expérimentation de solutions numériques concrètes, adaptées à leurs besoins spécifiques.

Autre avantage mis en avant par l’APII : cet accompagnement est entièrement financé dans le cadre de la coopération allemande. Les entreprises participantes peuvent ainsi bénéficier d’une expertise spécialisée et d’un appui pratique pour identifier leurs besoins numériques et construire un parcours de transformation cohérent et efficace.

À travers ce programme, l’APII encourage les entreprises industrielles tunisiennes intéressées par la transformation numérique à saisir cette opportunité. L’enjeu est de renforcer leur compétitivité, d’améliorer leur performance et leur productivité, d’accroître leur efficacité opérationnelle et de mieux répondre aux exigences technologiques de l’industrie moderne.

Les candidatures restent ouvertes jusqu’au 13 septembre 2026.

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Rentrée scolaire 2026-2027 : 67 MD d’aides pour soutenir les familles pauvres et à revenu limité

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a présidé vendredi 14 août 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré aux préparatifs de la rentrée scolaire, universitaire et de la formation professionnelle 2026-2027.

La réunion a permis d’évaluer le niveau de préparation des différents ministères concernés et de passer en revue les mesures nécessaires pour assurer une rentrée dans de bonnes conditions.

Les ministres de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Intérieur, de la Santé, du Transport, des Affaires sociales, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, des Technologies de la communication, de l’Équipement et de l’Habitat, des Affaires religieuses, du Commerce et du Développement des exportations, ainsi que de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, ont présenté les mesures prises dans leurs secteurs respectifs.

67 millions de dinars supplémentaires pour les aides sociales

Parmi les principales décisions annoncées figure l’allocation d’un crédit supplémentaire de 67 millions de dinars au programme d’aides sociales à l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027.

Cette enveloppe vise à soutenir les familles pauvres et à revenu limité, dans le cadre du rôle social de l’État, de la consolidation de la justice sociale et du principe d’égalité des chances.

Des aides financières et en nature seront ainsi accordées afin de permettre aux élèves de disposer des fournitures scolaires essentielles. La gratuité du transport sera également assurée pour les bénéficiaires concernés.

Le programme prévoit par ailleurs des actions de prévention et d’intégration sociale, ainsi qu’un dispositif d’éducation tout au long de la vie consacré à l’éducation sociale et à l’intégration scolaire. Des centres de défense sociale seront notamment mis en place pour accompagner les jeunes ayant abandonné leur scolarité.

Réduire la surcharge des classes

Le gouvernement entend également agir sur la surcharge des classes à travers une meilleure répartition des élèves entre les établissements et le renforcement des extensions et des nouvelles constructions jugées nécessaires.

L’objectif est d’améliorer les conditions d’enseignement et de parvenir à un meilleur équilibre entre les établissements éducatifs.

Des programmes anticipatifs sont également prévus pour renforcer les flottes de transport scolaire et universitaire, améliorer la programmation des trajets et accroître la capacité de réponse aux besoins des élèves et des étudiants.

La sécurité routière fera l’objet d’une attention particulière, avec un renforcement de la présence sécuritaire aux abords des établissements et sur les axes routiers qui y sont liés, afin d’assurer la sécurité des élèves, étudiants, stagiaires et personnels éducatifs et de formation.

Vers une école davantage numérisée

La numérisation des services scolaires sera poursuivie, notamment à travers le système informatique de la vie scolaire, « viescolaire.education.tn », ainsi que les services d’inscription à distance.

Le gouvernement prévoit de poursuivre le développement de cette plateforme, d’élargir son utilisation et de l’exploiter davantage pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires, simplifier les procédures et assurer un meilleur suivi du parcours scolaire.

Les activités culturelles, de jeunesse et sportives seront également renforcées. Elles sont considérées comme essentielles au développement de la personnalité de l’apprenant, à la consolidation des valeurs de citoyenneté et de responsabilité, ainsi qu’au développement de la créativité et de l’esprit d’initiative.

Dans ce cadre, le gouvernement appelle également à renforcer l’ouverture des établissements éducatifs sur les espaces culturels, de jeunesse et sportifs.

Santé scolaire et inclusion

La santé scolaire figure également parmi les priorités, avec le renforcement des services de dépistage, de vaccination, de premiers secours, d’accompagnement sanitaire et psychologique, ainsi que des actions de sensibilisation et de prévention.

Le conseil ministériel a par ailleurs insisté sur le renforcement de la vie scolaire, notamment à travers le développement de l’éducation inclusive et la prévention de la violence et des phénomènes émergents dans le milieu scolaire.

Les programmes d’intégration scolaire en faveur des personnes en situation de handicap, ainsi que des élèves confrontés à des difficultés ou à des troubles de l’apprentissage, seront également soutenus.

La formation professionnelle comme passerelle vers l’emploi

La place de la formation professionnelle au sein du système national d’éducation et de formation devra, elle aussi, être renforcée.

L’objectif est de consolider son rôle de véritable passerelle vers l’emploi, en améliorant la qualité de la formation et en adaptant les spécialités aux besoins de l’économie et du marché du travail.

Le renforcement des stages pratiques et le développement des compétences doivent permettre d’élargir les perspectives offertes aux jeunes et de consacrer davantage le principe de l’apprentissage tout au long de la vie.

Hébergement, restauration et services universitaires

Le gouvernement a également appelé à accélérer la finalisation des préparatifs liés à l’hébergement, à la restauration et au transport, tout en développant les différents services scolaires et universitaires.

L’ambition affichée est de garantir une vie universitaire favorisant le développement des compétences personnelles des étudiants et constituant un environnement propice à la créativité.

Les bourses scolaires et universitaires ainsi que les aides sociales devront être attribuées à leurs bénéficiaires. Les activités culturelles, scientifiques et sportives seront également soutenues, avec un renforcement des infrastructures qui leur sont dédiées.

La prise en charge sanitaire et psychologique des élèves, étudiants et stagiaires fera également l’objet d’un suivi renforcé.

Manuels scolaires : disponibilité et lutte contre la spéculation

Enfin, le conseil a insisté sur la nécessité d’assurer la disponibilité des manuels scolaires et des cahiers subventionnés dans les délais et en quantités suffisantes.

Les circuits de distribution devront être mieux maîtrisés afin de prévenir la spéculation et les pratiques de monopole, tout en tenant compte du pouvoir d’achat des familles.

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Séniors et emploi : la France mise sur eux, la Tunisie les oublie

Six métiers recrutent particulièrement les séniors en France selon chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) cités par Indeed. Un contraste frappant avec la Tunisie, où aucune statistique équivalente n’existe pour cette tranche d’âge.

Le taux d’emploi des 60-64 ans atteint 44,4 % en France, porté notamment par la réforme des retraites de 2023. Pour la Dares, six métiers concentrent l’essentiel des recrutements de plus de 55 ans : agents d’entretien (4,6 %), enseignants (4,5 %), cadres administratifs (4,3 %), conducteurs de véhicules (3,3 %), aides à domicile et cadres commerciaux (3,2 % chacun), et vendeurs (2,9 %).

Et en Tunisie ? Le contraste est tout simplement saisissant. Le taux de chômage tunisien s’établissait à 15 % au premier trimestre 2026, avec un taux d’activité global de seulement 45,9 % – un chiffre proche, ironiquement du reste, du taux d’emploi français des séniors pris isolément. Mais surtout, l’INS (Institut national de la statistique) ne publie aucune donnée détaillée sur l’emploi des 55 ans et plus, contrairement à la Dares, comme si les personnes âgées tunisiennes ne faisaient plus partie des « statistiques nationales ». Cette absence semble montrer que les séniors tunisiens n’apparaissent tout simplement pas comme une catégorie de politique publique. Une omission, sans doute voulue, qui mérite d’être réparée, comme le suggère l’article en lien ci-dessous.

Lire aussi : Tunisie : Avec 17% de la population, les séniors sont-ils un levier de croissance ?

Le vrai souci, en Tunisie, reste ailleurs : le chômage des diplômés du supérieur atteint 24,2 %, en hausse, pendant que le chômage global recule. Dans ce contexte, la question des travailleurs expérimentés passe au second plan : beaucoup d’entre eux basculent silencieusement dans l’informel ou une retraite anticipée non choisie, faute de dispositif de maintien dans l’emploi comparable à celui qui se dessine en France. Un angle mort qui mériterait, lui aussi, son propre rapport.

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La Tunisie face au pari à haut risque de l’IA

Dans un contexte électrique déjà tendu, avec les récents délestages qui se sont traduits par des coupures intempestives d’électricité en pleine canicule d’été, la Tunisie a-t-elle les moyens de suivre la cadence de développement des data centers à travers le monde… SANS production électrique à la hauteur de ses ambitions ? (Photo: DataXion).

Naamen Bouhamed *

La Tunisie vient de traverser, durant les 15 premiers jours de juillet 2026, un épisode de délestage électrique sans précédent dans son histoire. Bien que le pays affiche un taux d’électrification de 100 % à l’échelle nationale, ce qui le place parmi les nations les mieux équipées pour fournir une électricité fiable et sécurisée à l’ensemble de sa population, cette crise a révélé des fragilités structurelles insoupçonnées.

Ce délestage, provoqué par une combinaison de facteurs (vague de chaleur exceptionnelle, pic de consommation, et rupture de la connexion avec le fournisseur algérien) met en lumière les besoins actuels et futurs en production électrique. Ces besoins ne concernent pas seulement la vie quotidienne, mais aussi les exigences stratégiques du développement économique et industriel, alors que le pays ambitionne de devenir un acteur régional majeur de l’IA.

Production actuelle et défis à venir

La Tunisie produit actuellement 7 500 GWh (soit 7,5 TWh) par an, avec un déficit estimé à 1 500 MW en puissance installée pour répondre à la demande actuelle. Mais la question centrale est : que deviendront ces équilibres face à la montée en puissance des Data Centers ? 

Selon certaines projections, ces infrastructures pourraient absorber 30 à 50 % de la production nationale d’électricité, au détriment des besoins des populations et du tissu économique.

Comparaisons internationales : des signaux d’alerte

En Irlande, les data centers devraient représenter 30 % de la consommation électrique du pays d’ici 2028–2030, selon les projets en cours dans ce secteur.

La France, avec 264 data centers, consomme environ 8,5 TWh par an, soit 2 % de sa consommation totale, dont 90 % alimentés par le parc nucléaire.

La consommation électrique de Google est désormais proche de celle de la Grèce. En 2025, le moteur de recherche a signé un volume record de contrats d’énergie décarbonée (12 GW), tout en investissant dans le nucléaire et la géothermie.

Amazon, le premier acheteur mondial d’énergies renouvelables, investit également dans de petits réacteurs nucléaires (SMR) et revendique plus de 52 000 camions électriques.

Une demande mondiale en explosion

Selon le rapport thématique 2026 d’Omnegy, la consommation mondiale des data centers pourrait atteindre 950 TWh en 2030, contre 485 TWh en 2025 et 415 TWh en 2024, soit une hausse de 17 % par an.

La demande électrique des data centers progresse désormais quatre fois plus vite que la consommation mondiale d’électricité.

Le rapport du Capgemini Research Institute, “AI meets the grid: shaping the data center power play’’, mené auprès de dirigeants de l’énergie et des data centers dans 21 pays, souligne :

– l’augmentation rapide de la demande d’électricité ;

– les contraintes croissantes pour les gestionnaires de réseaux ;

– l’essor de la production d’énergie sur site ;

– l’évolution du mix énergétique (renouvelables, gaz, SMR) ;

– le potentiel de l’IA pour optimiser les réseaux électriques.

Moratoires et résistances aux États-Unis et en Europe

A New York, la gouverneure Kathy Hochul a décrété un moratoire sur les data centers de plus de 50 MW. On recense aujourd’hui 86 moratoires dans 35 États américains.

Au Texas, en août 2026, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un examen de tous les projets de data centers en attente de raccordement, et suspendu l’ensemble des nouveaux projets. La file d’attente pour le raccordement dépasse 474 GW, dont 90 % pour des data centers — soit plus de cinq fois la demande maximale jamais enregistrée par le réseau texan en plein été.

En France, deux décisions judiciaires récentes ont marqué les esprits : à Alixan (Drôme), suspension du permis de construire du projet Sesterce (1,5 milliard d’euros, 40 à 80 MW) par le tribunal administratif, en raison de l’absence d’étude d’impact environnemental ; et au Bourget (Seine-Saint-Denis), annulation du permis de construire d’un projet similaire : Segro.

L’ Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), dans sa 5e enquête annuelle intitulée “Pour un numérique soutenable, alerte sur:

– une hausse de 38 % de la consommation électrique des data centers en trois ans, atteignant 2,7 TWh en 2024 (+12 % sur un an) ;

– des prélèvements d’eau de 575 000 m³ en 2024, en quasi-totalité potable, générant des conflits d’usage locaux.

La pollution provoquée par les géants du numérique

Selon une enquête du Monde (juillet 2026) :

– Google a vu ses émissions totales augmenter de 82 % depuis 2019, atteignant 18,8 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2025, malgré un engagement de réduction de moitié d’ici 2030 ;

– Amazon a enregistré une hausse de 58 % sur la même période, avec 80,85 millions de tonnes équivalent CO₂, malgré une promesse de neutralité carbone pour 2040.

Et la Tunisie dans cette course ?

Les investissements dans les data centers en Afrique sont estimés à plus de 9 milliards de dollars d’ici 2031.

La Tunisie ambitionne d’en capter une part significative pour devenir une porte d’entrée de l’IA en Afrique et dans le monde arabe. Mais à quel prix ?

Qu’en est-il de l’état des lieux des data centers (existants ou en projet) en Tunisie ?

Un data center de 1 MW équipé de refroidisseurs à eau peut consommer jusqu’à 68 000 litres d’eau douce par jour.

La Tunisie prévoit de porter la part de l’eau dessalée à 28 % d’ici 2028, puis 35 % d’ici 2030. Mais ces investissements publics posent question : Qui paiera ? À quel coût ? Les financements seraient-ils suffisants ?

Les data centers dédiés à l’IA redessinent toute la chaîne de valeur de l’électricité. La question stratégique est la suivante :

Faut-il investir massivement dans des infrastructures physiques (data centers) qui coûteront des milliards, avec un retour sur investissement risqué ? Ou faut-il plutôt miser sur le capital humain ? Ou faut-il miser sur un mix-hybride ?

La Tunisie dispose d’un vivier d’ingénieurs talentueux, reconnus dans le monde entier. Plutôt que de rivaliser sur les infrastructures lourdes, ne devrait-elle pas :

– renforcer ses besoins propres stratégiques en data centers ;

– renforcer ses écoles d’ingénieurs ;

– former une nouvelle génération d’experts en IA ;

– offrir des perspectives d’emploi à forte valeur ajoutée ;

– développer une filière d’énergies propres (solaire, nucléaire au thorium) ?

L’électricité est le facteur clé de cette course. Mais la valeur ajoutée ne réside-t-elle pas davantage dans les compétences que dans les bâtiments ?

Proposition de stratégie alternative : la Tunisie pourrait valoriser ses ingénieurs et ses centres de formation publics et privés. Elle pourrait également développer massivement l’énergie solaire et explorer une filière nucléaire innovante, notamment les réacteurs à sels fondus au thorium, sans déchets radioactifs à base d’uranium.

Ainsi, la Tunisie deviendrait un acteur majeur des énergies propres en Afrique, tout en offrant une expertise très recherchée. Elle préserverait ses ressources en eau et en électricité pour des usages prioritaires : agriculture, industrie, et besoins stratégiques nationaux en IA.

Talon d’Achille de la Tunisie : la fuite des talents

La souveraineté numérique ne se construit pas sans ingénieurs. La Tunisie forme parmi les meilleurs talents de la région, mais plus de 60 % des diplômés en informatique, et notamment les plus compétents, quittent le pays dans les cinq ans suivant leur formation.

Donc, aucune infrastructure nationale ne sera durable sans salaires compétitifs, incitations fiscales et parcours attractifs de carrière dans la fonction publique numérique.

Le paradoxe est saisissant : le pays mise sur le capital humain pour sa stratégie IA, mais ce capital fuit à l’étranger. Dans la course à l’IA, la Tunisie est déjà un vivier de talents pour les géants mondiaux, sans bénéficier de la valeur ajoutée sur le plan local.

A suivre…

* Expert en développement international, Ceo Alwen International – France.

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Maroc | Projet de dessalement de l’eau de mer de 410 millions de m³/an

Le gouvernement marocain a autorisé la société OCP Green Water, filiale du Groupe OCP, à créer deux nouvelles sociétés spécialisées dans le dessalement de l’eau de mer et son transport, dans le cadre d’un projet dont la capacité globale atteindra 410 millions de mètres cubes par an. A comparer avec les 92 millions de mètres cubes de capacité annuelle globale des quatre stations de dessalement tunisiennes basées à Djerba, Gabès Sfax et Sousse. A comparer aussi avec les 5 500 millions de mètres cubes produits actuellement par l’Arabie saoudite, premier producteur mondial d’eau dessalée, assurant à lui seul 20 % à 22 % du volume total d’eau dessalée dans le monde.

Habib Glenza, à Lodz.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à développer de nouvelles ressources en eau face aux défis croissants liés au stress hydrique et à renforcer la souveraineté hydrique du Royaume.

L’autorisation est prévue par le décret n° 2.26.547, publié au Bulletin officiel n° 7531 du 3 août 2026. Signé le 23 juillet 2026 (8 Safar 1448), le texte permet à OCP Green Water de mettre en place deux entités distinctes dédiées aux activités de dessalement de l’eau de mer et son transport.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie du Groupe OCP, actif dans le domaine d l’extraction et de la transformation du phosphate, visant à couvrir l’intégralité de ses besoins industriels en eau à travers le développement de ressources hydriques non conventionnelles. Elle répond également à une ambition plus large consistant à contribuer à la souveraineté hydrique nationale en mettant à disposition de l’eau destinée aux usages industriels, à la consommation humaine et à l’irrigation agricole.

Deux sociétés vont gérer les structures de dessalement. La première couvrira la zone centrale, comprenant les provinces et villes de Safi, Benguerir, Youssoufia et Marrakech. Sa capacité de production est fixée à 195 millions de mètres cubes d’eau dessalée par an.

La seconde interviendra dans la zone nord, qui englobe Jorf Lasfar, El Jadida, Casablanca et Khouribga. Elle disposera d’une capacité annuelle de 215 millions de mètres cubes.

Les deux structures en question, devraient donc produire 410 millions de mètres cubes d’eau dessalée chaque année, un volume appelé à renforcer significativement l’offre hydrique dans plusieurs régions stratégiques du pays.

Le décret précise que l’eau produite ne sera pas exclusivement destinée aux activités du Groupe OCP. Une partie de cette ressource devra également contribuer à l’alimentation en eau potable des populations des territoires concernés ainsi qu’à l’irrigation des périmètres agricoles.

Les deux sociétés auront pour mission d’assurer la production et la distribution de l’eau dessalée au profit des usagers urbains, industriels et agricoles. Elles s’appuieront sur des infrastructures modernes intégrant les énergies renouvelables, dans une logique de durabilité et d’optimisation des ressources.

Au-delà de l’augmentation des capacités de dessalement, le projet vise aussi à restructurer les actifs liés au dessalement et au transport de l’eau au sein d’entités spécialisées et autonomes. 

L’opération s’inscrit, selon le décret, dans les orientations de la politique actionnariale de l’État, notamment en matière de renforcement de la souveraineté hydrique, de développement des partenariats public-privé dans les infrastructures et de meilleure coordination des projets portés par les organismes publics.

L’autorisation gouvernementale est intervenue après consultation de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi de la performance des établissements et entreprises publics, sur proposition de la ministre de l’Économie et des Finances.

Le décret prévoit enfin que l’autorisation accordée demeure valable pendant une année à compter de sa publication au Bulletin officiel.

Rédigé à Rabat le 23 juillet 2026, le texte est signé par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et contresigné par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah.

Avec cette décision, les autorités marocaines dotent OCP Green Water du cadre juridique nécessaire à la création de deux sociétés spécialisées dans le dessalement et le transport de l’eau de mer. L’objectif affiché est de mobiliser une capacité annuelle de 410 millions de mètres cubes, destinée à répondre aux besoins industriels, urbains et agricoles, tout en contribuant au renforcement de la sécurité et de la souveraineté hydriques du Royaume.

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