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Dattes : Les records de production cachent l’épuisement des nappes du Sud

Alors que la Tunisie vient d’enregistrer une récolte historique de 404.000 tonnes de dattes, une étude scientifique éclaire l’envers de cette performance. En vingt-deux ans, la production des principales oasis du Sud a presque triplé, mais cette croissance repose sur une exploitation intensive des nappes souterraines.

Publiée le 1er août 2026 dans la revue spécialisée Agricultural Water Management, l’étude a été réalisée par Tarek Gasmi, Ramzi Guesmi, Slim Abdelbari, Soura Boulaares et Sajeda Albarghati. Elle croise les données agricoles, climatiques et satellitaires de Kébili, Tozeur, Gabès et Gafsa entre 2002 et 2024.

Kébili au cœur de la surexploitation

La situation apparaît particulièrement préoccupante à Kébili, qui représente environ 70% de la production étudiée. Selon les bulletins des Commissariats régionaux au développement agricole cités par les chercheurs, les prélèvements dans les nappes profondes y atteignent 229% des ressources renouvelables.

Ce taux signifie que les volumes extraits annuellement représenteraient 2,29 fois la recharge renouvelable estimée. Il ne veut pas dire que 229% du stock total de la nappe a déjà été consommé.

L’expansion des plantations s’est accompagnée d’une multiplication des ouvrages privés. L’étude évoque environ 3700 puits recensés en 2008, contre plus de 10.600 en 2023, tout en relevant qu’une partie des forages échappe encore aux statistiques officielles.

Une diminution détectée depuis l’espace

Les scientifiques ont exploité les mesures des satellites GRACE et GRACE-FO, capables de détecter les variations du stockage terrestre de l’eau à travers les modifications du champ de gravité.

À l’échelle régionale, ce stock aurait diminué de l’équivalent de 16,6 centimètres d’eau depuis 2002. Ce chiffre ne correspond pas à une baisse uniforme de 16,6 centimètres du niveau des nappes. Il traduit une perte globale d’eau mesurée sur une zone plus large que les quatre gouvernorats. Après une relative stabilité au milieu des années 2000, le recul serait proche d’un centimètre par an.

Les rendements résistent encore

Jusqu’à présent, l’irrigation a largement protégé les palmiers contre les variations climatiques. La progression des superficies, les nouveaux forages et les investissements ont même permis aux rendements moyens de Kébili de plus que doubler durant la période étudiée.

Les chercheurs observent cependant un possible affaiblissement de cette protection : les rendements à l’hectare semblent devenir plus sensibles à la sécheresse de l’air pendant les périodes les plus chaudes. Ce signal, surtout visible à Kébili, demeure exploratoire. Il ne démontre ni une baisse actuelle des rendements ni un lien de causalité certain avec l’épuisement des nappes.

L’étude, dont les données et le code sont publics, formule ainsi une alerte plutôt qu’un constat d’effondrement : les records de production peuvent encore masquer la fragilisation de la ressource qui les rend possibles.

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La Bourse de Tunis accélère, mais la reprise reste inégale

La Bourse de Tunis termine le premier semestre 2026 sur une forte progression. Le Tunindex a gagné 47,7% depuis le début de l’année, une performance largement supérieure à celle enregistrée durant la même période en 2025 (+16,31%). Cette dynamique traduit un regain d’intérêt des investisseurs pour les valeurs cotées, notamment les grandes capitalisations.

Derrière cette envolée boursière, l’activité des sociétés cotées évolue toutefois à un rythme plus modéré. Le revenu global des entreprises a atteint 12,7 milliards de dinars à fin juin 2026, en hausse de 4,2% sur un an. Parmi les 71 sociétés ayant publié leurs indicateurs, 46 ont enregistré une amélioration de leurs revenus. Les vingt principales valeurs du Tunindex20 concentrent à elles seules 67% du revenu global, avec une progression de 4,4%, confirmant le poids des grandes entreprises dans la dynamique du marché.

Le secteur financier reste le principal moteur de cette évolution. Les 29 sociétés financières cotées ont généré plus de 5,2 milliards de dinars de revenus, en hausse de 6%. Les banques affichent une progression de leur produit net bancaire de 5%, tandis que les assurances enregistrent une croissance plus marquée de 9,8%. Cette solidité explique en partie la performance des indices sectoriels, avec une hausse de plus de 55% pour l’indice des banques.

D’autres secteurs affichent également une évolution positive. L’agroalimentaire poursuit sa progression, porté par les grands groupes du secteur, tandis que la grande distribution améliore ses performances. Poulina Group Holding, BIAT, Délice Holding ou encore One Tech figurent parmi les sociétés qui contribuent le plus au volume d’activité du marché.

Mais cette reprise reste contrastée. Certains secteurs industriels connaissent un recul important. Les matériaux de base enregistrent une baisse de 21,4% de leurs revenus, principalement sous l’effet de la contraction de la chimie (-34%). Le secteur automobile affiche également un repli, pénalisé par la baisse de l’activité de plusieurs concessionnaires.

Ainsi, le premier semestre 2026 montre un marché financier dynamique, porté par les valeurs financières et les grandes entreprises cotées. Toutefois, l’écart entre la forte progression des indices boursiers et la croissance plus limitée des revenus rappelle que la hausse de la Bourse repose aussi sur les anticipations des investisseurs et pas uniquement sur les performances opérationnelles des entreprises.

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