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Pénurie d’eau minérale en Tunisie : la canicule accusée, les coupures d’électricité oubliées!

La Tunisie connaît depuis plusieurs jours des tensions d’approvisionnement en eau minérale conditionnée dans plusieurs régions du pays. Face à l’inquiétude des consommateurs, la Chambre syndicale nationale de l’industrie des boissons non alcoolisées, dans un communiqué, monte au créneau pour expliquer et rassurer.

Le diagnostic officiel est simple : une chaleur exceptionnelle a provoqué une demande inhabituelle, épuisant les stocks de sécurité des producteurs. Les 31 unités de production réparties sur le territoire tournent désormais à plein régime pour rétablir l’approvisionnement. Aucune spéculation, aucune rétention de marchandise, assure la Chambre – et la structure du marché lui donne un argument : aucun acteur ne détient plus de 25 % de parts de marché, écartant toute position dominante.

Soit. Mais le communiqué glisse un peu vite sur le deuxième facteur : les coupures d’électricité récurrentes qui ont contraint plusieurs unités de production à l’arrêt, parfois plusieurs jours, nécessitant des interventions techniques avant tout redémarrage. La chaleur fait vendre plus d’eau, certes. Mais ce sont bien les pannes électriques qui ont cassé la chaîne de production, un problème structurel que la Chambre qualifie pudiquement de « circonstances exceptionnelles ».

La ficelle est un peu grosse. En plein été tunisien, les coupures d’électricité ne sont ni exceptionnelles ni imprévisibles. Elles sont chroniques. Et si les producteurs d’eau minérale ont été pris de court, c’est moins par la canicule que par un réseau électrique défaillant auquel personne – ni les industriels ni les pouvoirs publics – n’a apporté de réponse durable.

La Chambre appelle les distributeurs à éviter tout stockage inhabituel et les consommateurs à « maintenir un rythme d’achat normal ». Un conseil de bon sens, mais qui revient, implicitement, à demander aux citoyens de s’adapter aux défaillances du système plutôt qu’à exiger que le système fonctionne.

Les tensions devraient se résorber, promet la filière. Jusqu’à la prochaine canicule.

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Tunisie. Eau minérale : une pénurie qui s’alimente d’elle-même ?

Dans les grandes surfaces comme chez les petits commerçants, trouver une bouteille d’eau minérale est devenu, cet été, une course contre la montre, tandis que les quantités sont rationnées et que le pack d’eau voit son prix multiplié par deux…

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Les États-Unis veulent durcir le blocus naval de l’Iran

Les États-Unis ont déclaré, jeudi 13 août, qu’ils pourraient maintenir indéfiniment un blocus naval de l’Iran, parce que les pourparlers pour un cessez-le-feu ont échoué et que l’offre mondiale de pétrole diminue.

Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a déclaré jeudi aux journalistes que l’armée américaine avait la capacité de maintenir une présence navale dans la région pour faire respecter son blocus de l’Iran, qui a infligé de graves dommages économiques au pays. « La marine américaine peut maintenir indéfiniment un blocus de ce type car nous ferons tourner les navires, comme nous l’avons fait et comme nous continuerons de le faire », a-t-il expliqué aux journalistes lors d’un voyage au Panama.

Pour sa part, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, assure que les États-Unis prévoyaient d’infliger davantage de dommages financiers à l’Iran. « Restez à l’écoute pour d’autres annonces la semaine prochaine, car nous allons appliquer des mesures jamais vues dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays », souligne-t-il lors d’une interview dans l’émission « Rob Schmitt Tonight » de Newsmax.

Avec un accord provisoire de juin visant à mettre fin à la guerre, l’Iran a cherché à exercer une influence sur Washington en contrepartie en contrôlant le détroit d’Ormuz.

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Trade Expo Indonesia 2026 : un levier pour le « business-to-business »

Les relations bilatérales entre la Tunisie et l’Indonésie connaissent une dynamique inédite, portée par un secteur privé de plus en plus actif et une diplomatie économique qui a fait passer les échanges commerciaux de 70 à plus de 300 millions de dollars en quelques années.

Lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur privé, organisée à la résidence de l’ambassadeur d’Indonésie en Tunisie dans la soirée du 12 août 2026, Zahiri Masraoui a mis en lumière les succès de la coopération tuniso-indonésienne, à la veille du Trade Expo Indonesia 2026 (14‑18 octobre, près de Jakarta). Il a exhorté les entrepreneurs tunisiens à saisir les opportunités offertes par l’un des plus grands salons d’affaires d’Asie du Sud‑Est

Une coopération qui donne des résultats concrets

Quel bilan tirer de cette coopération ? Les chiffres et les exemples parlent d’eux-mêmes. En cinq ans, la diplomatie économique entre la Tunisie et l’Indonésie a enregistré des résultats significatifs, portés par un secteur privé actif dans tous les domaines. Des filières comme l’huile d’olive, les dattes et la harissa ont ainsi bénéficié de partenariats directs entre acteurs privés tunisiens et indonésiens, concrétisant des opportunités commerciales tangibles. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de rapprochement économique entre Jakarta et Tunis, qui vise à équilibrer les flux et à ouvrir de nouveaux débouchés, notamment en Afrique.

Trade Expo Indonesia 2026 : un levier pour le « business-to-business »

Le thème de la soirée est clair : la collaboration économique entre hommes et femmes d’affaires, c’est‑à‑dire le  » business‑to‑business » .
Ce salon, l’un des plus grands d’Asie du Sud‑Est, permet des échanges directs entre professionnels, des visites d’usines et d’ateliers, et la découverte de nouveaux horizons. « Lorsque vous découvrez et voyez quelque chose, vous réfléchissez à la collaboration commerciale « , souligne « Zahiri Masraoui qui cite l’exemple du café en provenance de l’Indonésie, conditionné en Tunisie et désormais exporté vers l’Italie.

Des expériences similaires de transformation en Tunisie à partir de matières premières indonésiennes existent déjà, sur le modèle de ce qui a été fait en Turquie et en Égypte. « Cette transformation a lieu en Tunisie, et cela s’est déjà produit en Turquie, en Égypte et en Tunisie : une expérience tunisienne qui s’ouvre. »

Un salon gratuit, organisé avec les ambassades dans le monde entier

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les spécificités de ce salon, l’ambassadeur d’Indonésie en Tunisie a indiqué : “Ce salon rassemble l’ensemble des produits indonésiens, issus de petites, moyennes et grandes entreprises. L’accès aux espaces d’exposition est entièrement gratuit pour les exposants, grâce à un financement assuré par le gouvernement et le ministère du Commerce indonésien. Cette gratuité explique le nombre élevé de participants. Par ailleurs, les ambassades d’Indonésie à travers le monde coordonnent ce programme, comme en témoigne la présence, ce soir, de 800 professionnels venus du monde entier.”

“Une telle organisation nécessite une préparation de longue haleine : il faut entre un et deux ans pour que tous les éléments soient en place. Les préparatifs sont menés au sein du ministère du Commerce, en collaboration avec le réseau des ambassades indonésiennes à l’international”, a-t-il ajouté.

Lire aussi: La Tunisie et l’Indonésie à l’heure de la coopération

La jeunesse, moteur de la coopération et de l’avenir économique

« Je me rends personnellement sur le terrain pour visiter les usines en Tunisie. C’est une source d’énergie positive pour moi de constater la vitalité des projets tunisiens, car, comme je l’ai dit, le secteur privé constitue la force de la Tunisie.  La jeunesse représente notre force et notre avenir. En Indonésie, où environ 60 % de la population est composée de jeunes, nous encourageons les jeunes à lancer des projets commerciaux et économiques afin de contribuer activement à la reprise économique du pays. Vous le savez, en Indonésie, les jeunes aspirent à devenir entrepreneurs dès l’âge de 18 ans » précise-t-il.

Des échanges en forte hausse

La réponse est sans équivoque, pour le diplomate. Il précise : « Dans le domaine du cuir, par exemple, l’Indonésie coopère. Et ce qui est étrange : les exportations et les importations de produits de l’Indonésie vers la Tunisie et de la Tunisie vers l’Indonésie ont augmenté grâce à Facebook, aux réseaux sociaux et à Instagram.  »

Lire aussi: Carnets de voyage – Indonésie : ce qu’il faut savoir !

« Dès que nous avons commencé à promouvoir l’Indonésie sur les réseaux sociaux, un échange s’est établi entre des hommes et des femmes d’affaires tunisiens, et cela me réjouit. Les acteurs du secteur privé connaissent bien le métier, ils connaissent le marché asiatique », conclut-il.

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Auto électrique | Dongfeng Box bouscule les Européennes de son segment 

Alors que les amateurs des citadines électriques ont les yeux rivés sur les futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, une petite inconnue venue de Chine commence à faire parler d’elle en Europe. Son nom : Dongfeng Box, une citadine 100 % électrique qui ne paye pas de mine, mais qui commence déjà à bousculer les habitudes du marché automobile européen, avec des commodités, des performances et des prix défiant toute concurrence. Elle est déjà la voiture électrique la plus immatriculée en Tunisie en 2026.

Habib Glenza, à Lodz.

Ce modèle est le premier véhicule de la marque chinoise Dongfeng commercialisé en Europe, sur le très stratégique segment B, celui des Clio, 208 et bientôt Renault 5 électrique. Et il ne se contente pas d’exister : il dépasse déjà en ventes des rivales comme la Fiat Grande Panda sur le marché espagnol, avec un rapport prix/équipement qui fait réfléchir. Et quand on regarde son tarif et ce qu’il offre de série, on comprend pourquoi Renault et Peugeot ont une nouvelle raison de s’en méfier.

La citadine électrique chinoise bouscule le segment B

Le Dongfeng Box est une petite berline à hayon 100 % électrique, pensée d’abord pour la ville et les trajets périurbains. Sous son capot, on trouve une batterie LFP de 42,3 kWh qui alimente un moteur de 70 kW, soit 95 ch, pour un couple de 160 Nm envoyé aux roues avant. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h en 10,6 s et une vitesse de pointe de 140 km/h, des valeurs en phase avec une utilisation quotidienne tranquille. L’autonomie homologuée atteint 310 km selon le cycle WLTP.

La gamme Box est presque figée, avec très peu d’options en dehors des couleurs. Dongfeng mise sur la stratégie du «tout de série» pour son électrique abordable. Résultat, cette petite citadine chinoise arrive en concessions espagnoles avec un équipement qui ferait rougir plus d’une compacte :

– multiples airbags frontaux, latéraux et rideaux ;

– jantes alliage de 17 pouces et projecteurs full LED avec feux de jour LED ;

– tableau de bord numérique de 5 pouces et écran tactile central de 12,5 pouces avec USB, Bluetooth et radio numérique ;

– climatisation automatique, vitres électriques, accès et démarrage sans clé, verrouillage centralisé à distance ;

– sellerie en simili-cuir, accoudoir central avant, sièges avant chauffants, ventilés et à réglages électriques ;

– volant multifonction en cuir réglable en hauteur ;

– régulateur de vitesse adaptatif avec limiteur, aide au démarrage en côte ;

– capteurs de stationnement avant et arrière, caméra de vision 360° ;

– alerte de franchissement de ligne, alerte de trafic arrière transversal, surveillance de la pression des pneus ;

– système d’appel d’urgence e-Call.

Sur une citadine électrique, voir des sièges ventilés, une caméra 360° ou un régulateur adaptatif proposés d’office reste assez rare. C’est justement ce cocktail d’autonomie correcte, de prestations de confort et d’aides à la conduite qui commence à attirer des clients en Europe, là où les modèles européens misent plus souvent sur des packs et des options payantes.

Le prix sous 20 000 € inquiète Renault et Peugeot

Le vrai séisme pour les constructeurs européens vient du prix. En tarif catalogue, le Dongfeng Box est affiché à 27 265 € sur le marché espagnol, hors promotions. Les offres repérées actuellement appliquent un rabais qui atteint 8 890 €, ce qui ramène le prix de vente à 18 375 €.

Autrement dit, une citadine électrique bien équipée, avec plus de 300 km d’autonomie WLTP, passe sous la barre des 18 500 €.

La remise reste soumise à conditions, avec mention de disponibilité limitée et de financement obligatoire, et n’a pas de valeur contractuelle, mais le signal envoyé au marché est clair.

À ce niveau de tarif réel, le Dongfeng Box se retrouve frontalement face aux futures Renault 5 E-Tech et Peugeot e-208, mais aussi aux Citroën ë-C3 et Fiat Grande Panda électrique, dans un segment B qui s’électrifie à toute vitesse. Le fait qu’il surpasse déjà la Fiat Grande Panda en immatriculations en Espagne montre que des clients sont prêts à tenter l’aventure avec une marque chinoise quand le rapport prix/équipement s’envole. Les premiers crash-tests européens ont toutefois attribué au modèle une note de 3 étoiles, un point faible dont les constructeurs français ne manqueront pas de se servir pour défendre leurs citadines, même si la pression exercée par un tel ticket d’entrée sur le marché de l’électrique reste bien réelle.

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Le Tunisien Anis Zayana ambassadeur du CIDH en Ouganda

Le Tunisien Anis Zayana vient d’être nommé ambassadeur du Conseil international des directeurs et hôteliers (CIDH, Malaga, Espagne) en Ouganda. Fort de plus de 30 années d’expérience internationale dans l’hôtellerie, Anis Zayana dirige actuellement le Lake Victoria Granada Hotel à Entebbe.

«Je considère cette nomination comme une responsabilité et une opportunité de contribuer au développement du leadership hôtelier, au partage des connaissances, au renforcement des réseaux professionnels et à la promotion du tourisme en Ouganda et en Afrique de l’Est», a déclaré l’hôtelier tunisien.

«Sa vaste expérience professionnelle et son engagement envers le secteur de l’hôtellerie renforcent la vision internationale du CIDH, un réseau mondial réunissant des dirigeants et des professionnels attachés au leadership, au partage des connaissances ainsi qu’au développement du tourisme et de l’hôtellerie», a noté le CIDH, dans le communiqué de nomination signé parprésidé par son président Vicente Romero Jiménez. II a ajouté : «À une époque où l’innovation, la collaboration et les connexions à l’échelle mondiale revêtent une importance croissante, l’arrivée de professionnels expérimentés issus de pays et de cultures variés continue d’enrichir notre communauté et de consolider notre présence internationale.» Et de conclure : «Merci, Anis, d’avoir choisi le CIDH comme espace de mise en relation, d’échanges professionnels et de nouvelles opportunités.»

I. B.

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Bizerte : flagrant délit de pollution au charbon en mer

De la poudre de charbon a été déversée jeudi 13 août 2026 dans les eaux du quai pétrolier de Zarzouna, à Bizerte, depuis un navire amarré sur place. La pollution a été rapidement maîtrisée après l’activation du plan d’intervention d’urgence de la Société tunisienne des industries de raffinage (Stir).

Selon les autorités portuaires du gouvernorat de Bizerte, la substance provenait des conduites de refroidissement des moteurs du navire, lors du nettoyage de sa cheminée. Une analyse effectuée par le laboratoire agréé de la Stir a confirmé qu’il s’agissait de poudre de charbon et non d’un produit pétrolier, lit-on dans un communiqué.

La zone touchée a été confinée à l’aide d’une barrière spécifique et de feuilles absorbantes afin d’empêcher la propagation de la substance. Les équipes d’intervention ont ensuite procédé à son retrait.

L’opération a mobilisé notamment la Garde maritime, la marine marchande, l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), les services sécuritaires, les autorités régionales et portuaires ainsi que la douane maritime.

Dans ce cadre, l’ANPE a dressé un procès-verbal contre le capitaine du navire pour pollution marine. Des mesures légales ont également été engagées afin de préserver les droits de l’État tunisien.

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On a lu pour vous : Je dois faire du cash, boy d’Ahmed Bouzouaïd : le livre qui raconte les quartiers qui créent

Il y a un discours qu’on répète depuis trente ans sur la banlieue : les dealers, les embrouilles, les gamins paumés. La chanson est connue, elle a été jouée en boucle. En bref Ahmed Bouzouaïd publie « Je dois faire…

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Tunisie | Hausse des prix des logements en Tunisie

Selon l’Institut national de la statistique, l’indice des prix des logements a augmenté de 0,3 % au 4e trimestre 2025 par rapport au 3e trimestre de la même année. Cette évolution et attribuée à une hausse de 1,8 % des prix des maisons et à un recul de 0,3 % des prix des appartements.

La même source a fait état d’une hausse de 5,6 % de l’indice global des prix des logements au 4e trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024, sous l’effet d’une augmentation de 5,7 % de l’indice des prix des appartements et de 5,6 % de celui des maisons.

Les ventilations régionales de l’indice des prix des logements ont révélé une hausse de 2,9 % dans le Grand Tunis, ainsi qu’une augmentation de 6,9 ​​% dans la région du Sahel (Sousse, Mahdia et Monastir) et à Nabeul.

I. B.

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Connexion mobile | La Tunisie 3e parmi 7 pays à richesse par habitant comparable

Selon les données collectées par nPerf, une plateforme indépendante de mesure des performances Internet, basée sur l’expérience réelle des utilisateurs, la Tunisie se classe 3e des connexions mobiles, avec 56 696 nPoints, parmi 7 pays à richesse par habitant comparable (entre 3000 et 5000 US $), entre janvier et juillet 2026.

Ce score moyen reflète la performance globale des usages comme le téléchargement de fichiers, l’envoi de contenus ou la navigation web. Le Maroc et le Vietnam, avec respectivement 77 129 nPoints et 75 246 nPoints, devancent la Tunisie dans ce classement.

La Tunisie précède cependant l’Égypte (33 090 nPoints), le Venezuela (29 993 nPoints), l’Angola (22 527 nPoints) et le Sri Lanka (16 752 nPoints).

Les performances varient significativement parmi les pays à richesse par habitant comparable. Le Maroc, en tête, affiche un score supérieur de 20 433 nPoints à celui de la Tunisie. À l’inverse, la Tunisie dépasse le Sri Lanka de 39 944 nPoints, illustrant des différences notables dans l’expérience utilisateur, notamment pour des usages comme le téléchargement de vidéos en haute définition ou la navigation web fluide.

I. B.

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Sociétés communautaires | Mirage ou solution miracle ?

Il est permis de penser que la part du lion des prêts sur l’honneur, sans taux d’intérêts ni garantis ni frais de dossier, instaurés par les dépositions de la loi n°2024-41 du 02 Août 2024 qui a donné lieu au décret d’application n°2026-148  du 23 Juillet 2026 (voir mon article : Le «Mardi noir» à la Bourse de Tunis) et qui prévoit l’attribution d’un crédit à la consommation de 5000 dinars aux ménages, d’un prêt sur l’honneur de 10000 dinars aux promoteurs de petits projets et d’un prêt sur l’honneur de 25000 dinars aux PME et sociétés communautaires, ira en fait à ces dernières, si chères à notre président, et qui n’arrivent pas à décoller malgré un arsenal juridique et des avantages fiscaux très favorables, faute de financement. On peut aussi imaginer que, la mise en place d’un mécanisme de financement de ces sociétés communautaires, sans aucune charge et avec le maximum de facilités et le minimum de bureaucratie, en affectant par la force de la loi 8% des bénéfices réalisés par les banques à la réalisation cet objectif, constitue dans l’esprit de notre président, la motivation principale derrière la publication de ce décret. (Photo : Kaïs Saïed avec les potières de Sejnane, en août 2025).

Dr Sadok Zerelli *

En effet, depuis 2022, les sociétés communautaires occupent une place centrale dans la vision économique du président Kaïs Saïed. Présentées comme un nouveau modèle de développement fondé sur l’économie sociale et solidaire, elles ambitionnent de transformer les citoyens, notamment les jeunes et les habitants des régions marginalisées, en acteurs directs de la création de richesse. Elles reposent sur un principe simple : les membres d’une même communauté s’associent pour exploiter collectivement les ressources locales et partager équitablement les bénéfices.

Cette initiative soulève cependant une question fondamentale : les sociétés communautaires constituent-elles une véritable innovation capable de revitaliser l’économie tunisienne ou ne représentent-elles qu’un mirage économique fondé davantage sur l’idéalisme que sur les réalités du marché ?

Pour répondre objectivement à cette question, je vais adopter, comme à mon habitude, une approche d’ordre universitaire, loin de toute considération de politique politicienne de soutien ou d’opposition au président Saïed.

Un arsenal juridique très favorable

Les sociétés communautaires en Tunisie reposent principalement sur les textes législatifs suivants :

1. Le décret-loi n° 2022-15 du 20 mars 2022 relatif aux sociétés communautaires. Il s’agit du texte fondateur qui définit les objectifs des sociétés communautaires, leurs modalités de création, leur organisation et leur gouvernance et les droits et obligations des associés. 

2. Le décret présidentiel n° 2022-498 du 19 mai 2022, qui approuve les statuts-types des sociétés communautaires locales et régionales. Il fournit un modèle officiel de statuts que les fondateurs doivent adapter lors de la création de leur société. 

3. Le décret-loi n° 2025-3 du 2 octobre 2025, qui a modifié plusieurs dispositions du décret-loi de 2022. Il a notamment revu la classification des sociétés communautaires, leur composition et certaines règles de fonctionnement afin de faciliter leur développement. 

À ces textes s’ajoutent plusieurs arrêtés ministériels et circulaires publiés en 2025 et 2026, ainsi que la création d’un Secrétariat d’Etat chargé de la promotion des sociétés communautaires.

Un projet porteur d’espoir

Le principal mérite de ce modèle est de replacer le citoyen au cœur du développement économique. Contrairement à l’entreprise privée classique, où le profit constitue l’objectif principal, la société communautaire poursuit également des objectifs sociaux : création d’emplois, réduction des inégalités régionales, valorisation des ressources locales et renforcement de la solidarité.

Dans plusieurs régions de l’intérieur, où le chômage dépasse largement la moyenne nationale, ce modèle peut contribuer à mobiliser une main-d’œuvre souvent inactive. L’agriculture, la pêche, l’artisanat, les énergies renouvelables ou encore le tourisme écologique offrent des domaines où ces structures pourraient développer une véritable valeur ajoutée.

Par ailleurs, les sociétés communautaires favorisent un sentiment d’appartenance et de responsabilité collective. Les bénéfices demeurent sur le territoire et peuvent être réinvestis dans le développement local plutôt que d’être transférés vers les grands centres urbains.

Les limites d’un modèle ambitieux

Malgré ses intentions louables, la réussite des sociétés communautaires dépend de plusieurs conditions qui demeurent aujourd’hui incertaines.

Le premier obstacle concerne le financement. La plupart des communautés disposent de peu de capitaux propres. Sans accès durable au crédit, à l’investissement ou aux garanties bancaires, de nombreux projets risquent de rester à l’état d’idée. On peut dire ou au moins espérer qu’avec la publication du décret n°2026-148 le 3 août dernier, cette difficulté va être surmontée. Mais, malheureusement, elle est loin d’être la seule.

En effet, le deuxième défi et non des moindres est celui de la gouvernance. Une entreprise collective exige une gestion transparente, des compétences en comptabilité, en marketing, en droit et en management. Certes, parmi les promoteurs de ces sociétés communautaires, on peut s’attendre à un grand nombre de diplômes de l’enseignement supérieur et chômeurs depuis de longues durées, mais peut-on se rappeler les connaissances acquises sur les bancs de l’université après 10 ou 15 ans de chômage ? Personnellement j’en doute fort

Le troisième obstacle réside dans la compétitivité. Une entreprise, quelle que soit sa forme juridique, doit vendre ses produits ou ses services sur un marché concurrentiel. Les sociétés communautaires devront donc répondre aux exigences de qualité, de productivité, d’innovation et de rentabilité qui s’imposent à toutes les entreprises.

Enfin, l’environnement économique tunisien demeure marqué par une croissance faible, une inflation persistante, des difficultés d’accès au financement et une bureaucratie parfois décourageante. Ces contraintes touchent autant les sociétés communautaires que les entreprises privées.

Des réalisations en deçà des espérances

Les chiffres disponibles invitent à la prudence. En mars 2025, environ 160 sociétés communautaires avaient été créées, dont 77 % étaient des sociétés locales orientées principalement vers l’agriculture. Quelques mois plus tard, en août 2025, leur nombre atteignait 255, mais seulement 55 étaient effectivement entrées en activité, soit environ 22 % du total. Le nombre de participants est toutefois passé de 4 000 à 16 550 en moins d’un an, ce qui témoigne d’un intérêt croissant pour cette formule.

Ces chiffres traduisent un paradoxe. D’un côté, l’adhésion populaire progresse ; de l’autre, la majorité des sociétés créées restent au stade administratif. Cette situation montre que créer une entreprise est une chose, la rendre économiquement viable en est une autre.

Une solution miracle ?

Pour revenir au titre de cet article, qualifier les sociétés communautaires de «solution miracle» serait excessif. Aucun modèle économique, à lui seul, ne peut résoudre les problèmes structurels de la Tunisie : faible croissance, chômage élevé, endettement public, déficit commercial, faiblesse de l’investissement et perte de compétitivité.

Les sociétés communautaires peuvent constituer un outil parmi d’autres, mais elles ne remplaceront ni les investissements privés, ni les investissements étrangers, ni les réformes de l’administration, de la justice, de l’éducation ou de la fiscalité.

Leur succès dépendra également de leur capacité à attirer des compétences, à développer des partenariats avec les banques, les universités et les collectivités locales, ainsi qu’à intégrer les nouvelles technologies.

Conclusion : les sociétés communautaires représentent une idée séduisante, porteuse d’une vision plus inclusive du développement. Elles traduisent une volonté de réduire les fractures territoriales et de redonner aux citoyens un rôle actif dans la création de richesse.

Cependant, entre l’idéal et la réalité, l’écart demeure considérable. Sans financement suffisant, sans compétences de gestion, sans environnement économique favorable et sans mécanismes rigoureux de gouvernance, elles risquent de devenir des structures symboliques plus que de véritables moteurs de croissance.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les sociétés communautaires sont un mirage ou une solution miracle. Elle est de déterminer si la Tunisie sera capable de réunir les conditions économiques, institutionnelles et humaines nécessaires pour transformer une idée généreuse en réussite durable.

L’avenir de ce modèle dépendra donc moins des textes juridiques que de sa capacité à créer des entreprises rentables, innovantes et bien gérées. Si ces conditions sont réunies, les sociétés communautaires pourront devenir un instrument utile du développement régional. Dans le cas contraire, elles risquent d’alimenter une nouvelle vague de désillusions et de déceptions, dans un pays qui en a déjà connu beaucoup et dont la population est, le moins qu’on puisse dire, à bout de ses nerfs, comme le montrent les manifestations publiques de ces dernières semaines.

* Economiste et consultant international.

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Tunisie Autoroutes hérite des tronçons A1 et A2, en dépit de sa santé financière chancelante

Le gouvernement confie la gestion des autoroutes A1 et A2 à l’opérateur public Tunisie Autoroutes. Une décision stratégique qui vise à préserver le contrôle de l’État sur ces infrastructures vitales. Et ce, en dépit du lourd déficit structurel qui pèse sur l’entreprise.

Réuni en conseil ministériel restreint mercredi 12 août 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le gouvernement a tranché sur l’avenir de la gestion du réseau autoroutier national. Ainsi, Tunisie Autoroutes s’est vue attribuer la concession de deux axes névralgiques : le tronçon Hammam-Lif-Sousse (A1) et la future autoroute Tunis-Jelma (A2).

Pour le tronçon de l’A1 (long de 141,5 km), dont la concession actuelle s’achève fin 2028, le renouvellement anticipé permet d’éviter toute rupture de service. Concernant l’A2 (186 km de long), projet titanesque de 1,7 milliard de dinars traversant quatre gouvernorats, à savoir Ben Arous, Zaghouan, Kairouan et Sidi Bouzid, cette attribution permettra la mise en place immédiate du péage dès sa livraison prévue en 2027.

L’analyse montre que le gouvernement a mis en avant l’expertise technique de l’opérateur et la nécessité de garantir un service public accessible pour désenclaver les régions de l’intérieur et stimuler l’économie locale.

Le paradoxe d’un opérateur sous perfusion

Cette décision intervient pourtant dans un contexte financier extrêmement tendu pour Tunisie Autoroutes. Plongée dans un déficit structurel, l’entreprise cumule une dette globale de plus de 1,8 milliard de dinars auprès de bailleurs de fonds internationaux (BAD, BEI, JICA, FADES) et des pertes enregistrées de 176,1 millions de dinars. Incapable de rembourser seule ses échéances avec les seules recettes du péage, l’entreprise dépend donc du soutien direct de l’État à travers le Trésor public, qui a dû allouer 200 millions de dinars sur son propre budget en vue d’honorer la dette internationale.

Malgré ces indicateurs au rouge, l’exécutif écarte toute option de privatisation ou d’ouverture au secteur privé. Ce choix s’aligne fermement sur la doctrine du président Kaïs Saïed, opposé à la cession des entreprises publiques stratégiques, même si certaines d’elles – pour ne pas dire toutes – sont au bord de la faillite.

En confiant ces 743 km de réseau à l’opérateur historique, l’État fait le pari de la souveraineté et du rôle social de l’infrastructure, quitte à en assumer directement le coût financier.

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Les voitures électriques gagnent du terrain en Tunisie  

A l’instar des évolutions du secteur à travers le monde, le marché automobile tunisien connaît une transformation rapide : les véhicules propulsés — partiellement ou totalement — à l’électricité ont représenté, entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026, plus de 12 % du total des immatriculations, contre 5 % sur la même période en 2025. Mais leurs utilisateurs font face à un défi majeur : le manque de bornes de recharge.  

Le marché des véhicules électriques et hybrides en Tunisie a connu une croissance remarquable, portée principalement par une demande accrue pour les technologies rechargeables.

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) ont enregistré une hausse spectaculaire de 522 %, atteignant 2 177 unités, tandis que les immatriculations de véhicules entièrement électriques (VE) ont progressé de 525 % pour s’établir à 1 543 unités. Parallèlement, les véhicules hybrides classiques (HEV) ont affiché une augmentation plus modeste, de l’ordre de 13 %.

Les chiffres indiquent que les constructeurs chinois commencent à inonder le marché tunisien : ils ont représenté, durant la période considérée, près de 60 % des immatriculations de véhicules électriques en Tunisie.

Cet essor de l’adoption de ces véhicules est porté par des incitations fiscales, une gamme de modèles plus étendue et une sensibilisation croissante aux nouvelles technologies de motorisation.

Toutefois, le secteur fait face à plusieurs défis — notamment en ce qui concerne la qualité des infrastructures et leur adéquation avec les exigences de ces véhicules — ainsi qu’à la nécessité d’étendre le réseau de bornes de recharge, d’améliorer le service après-vente, de former des techniciens et d’élaborer une stratégie globale pour l’approvisionnement et la gestion des batteries.

Le secteur vise à atteindre un volume de ventes de 2 000 véhicules électriques d’ici la fin de l’année en cours, s’inscrivant ainsi dans la volonté de l’État de soutenir la transition vers des modes de transport plus économes en énergie et plus respectueux de l’environnement, comme l’a indiqué Ibrahim Debbache, président de la Chambre des concessionnaires et constructeurs automobiles, cité par Mosaïque FM.

Malgré des indicateurs positifs, M. Debbache a souligné que le marché tunisien du véhicule électrique en est encore à ses balbutiements et ne représente qu’une part limitée du marché automobile global. Le développement du réseau de bornes de recharge, l’optimisation des coûts ainsi que l’amélioration des services de maintenance et de soutien technique constituent les défis majeurs à relever pour garantir l’essor durable du secteur dans les années à venir, a-t-il expliqué.

Les données de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) indiquent que le coût de l’utilisation d’un véhicule électrique sur 100 kilomètres s’élève à environ 6 dinars tunisiens, contre près de 16 dinars pour un véhicule comparable équipé d’un moteur à combustion interne.

Cet écart de coût d’utilisation incite aussi bien les professionnels — notamment les chauffeurs de taxi — que les particuliers à envisager l’achat de véhicules électriques. Cette tendance est renforcée par la diversité des marques présentes sur le marché tunisien et par leurs tarifs compétitifs, répondant aux besoins des familles comme des particuliers tout en séduisant les passionnés d’automobile.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de tendances mondiales croissantes en faveur de la mobilité durable et du recours aux énergies propres, ouvrant ainsi de nouveaux horizons au marché tunisien pour suivre le rythme des transformations à l’œuvre dans l’industrie automobile mondiale.

I. B.

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Tunisie | Pas de lueur au bout du tunnel pour les diplômés chômeurs

Alors que les chiffres officiels révèlent une aggravation de la crise du chômage chez les diplômés universitaires, les différentes coordinations des chômeurs en Tunisie, notamment l’Union des diplômés chômeurs (UDC), multiplient les mouvements de protestation pour faire pression sur l’exécutif en vue d’accélérer la mise en œuvre de la loi n° 18 de 2025, relative au recrutement exceptionnel des personnes au chômage depuis plus de dix ans.

Latif Belhedi

Ces mouvements surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les syndicats de diplômés et les autorités de sécurité, tensions exacerbées par des décisions visant à restreindre les manifestations, prévues sur les plans aussi bien national que régional. Ces restrictions suscitent un vif mécontentement parmi les organisateurs qui font valoir qu’elles sont en totale contradiction avec les slogans officiels prônant la défense des droits, au moment où leurs droits fondamentaux au travail, à la dignité et à l’expression leur sont refusés.

Politique de temporisation et d’ajournement

Ces restrictions des libertés violent la Constitution, disent-ils, estimant que «la liberté d’expression et de réunion ne constitue ni une faveur accordée par les autorités, ni un privilège octroyé ou révoqué au gré de leur volonté. Il s’agit au contraire de droits constitutionnels dont l’exercice ne saurait être soumis à un calendrier dicté par les autorités.»

Ces restrictions, ajoutent-ils, touchent au cœur même du droit des chômeurs à exprimer leurs préoccupations et à contester les atermoiements persistants dans la mise en œuvre d’une loi adoptée il y a plusieurs mois.

Les organisations des diplômés chômeurs tiennent le pouvoir exécutif pour seul responsable du blocage continu de l’application de la loi, ainsi que de toute conséquence découlant de cette politique de temporisation et d’ajournement.

Loi n° 18 et chiffres alarmants du chômage

Il convient de noter que la loi n° 18 de 2025, publiée au Journal officiel le 22 décembre 2025, prévoit des dispositions exceptionnelles pour le recrutement dans le secteur public de diplômés universitaires au chômage depuis plus de dix ans.

Bien que plusieurs mois se soient écoulés depuis sa promulgation, les personnes concernées attendent toujours sa mise en œuvre effective.

Par ailleurs, le retard dans l’élaboration et la publication des décrets d’application nécessaires, ainsi que dans le lancement de la plateforme numérique destinée à la réception et à la modification des candidatures, perdure en dépit des assurances officielles répétées quant à l’engagement de l’État à rendre cette loi opérationnelle.

Cette situation survient à un moment délicat. Elle coïncide avec la publication, par l’Institut national de la statistique, des chiffres relatifs à l’emploi et au chômage pour le premier trimestre 2026. Ces données font état d’une hausse significative de 1,7 % du taux de chômage chez les diplômés universitaires, lequel atteint désormais 24,2 %, contre 22,5 % au dernier trimestre 2025. Les statistiques révèlent également un écart important entre les sexes, avec un taux de chômage de 14,2 % pour les hommes contre 32 % pour les femmes.

En conséquence, la colère de l’opinion publique s’est intensifiée et les appels à une intensification de la contestation pour exiger un emploi immédiat se sont multipliés, dans un contexte de difficultés financières et budgétaires, de hausse de l’inflation, d’augmentation des prix et de baisse du pouvoir d’achat des citoyens.

Par ailleurs, et malgré l’accélération du phénomène de la fuite des compétences, le nombre de diplômés chômeurs continue d’augmenter, dans un contexte caractérisé par une décélération de l’investissement, public et privé, et une faible croissance économique.

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Malgré sa fragilité financière, Tunisie Autoroutes obtient la gestion des autoroutes A1 et A2

Le gouvernement tunisien a décidé de confier la gestion de l’autoroute A1 (tronçon Hammam Lif-Sousse) et de l’autoroute A2 (entre Tunis et Jelma) à la société publique Tunisie Autoroutes, par le biais de nouveaux contrats de concession. Cette décision a été prise le mercredi 12 août 2026 lors d’un conseil ministériel restreint présidée par la Première ministre Sarra Zaafrani Zenzeri au palais de la Kasbah, consacrée aux modalités de gestion de ces deux tronçons autoroutiers.

Selon la présidence du gouvernement, cette mesure vise à garantir la continuité d’un service jugé stratégique, tout en maintenant le contrôle de l’État et en valorisant les investissements réalisés dans le secteur des infrastructures.

Le réseau autoroutier opérationnel de la Tunisie s’étend sur un total de 743 kilomètres, dont 567 kilomètres sont actuellement des tronçons à péage gérés par la société Tunisie Autoroutes.

Plus précisément, la concession du tronçon de 141,5 kilomètres de l’autoroute A1, reliant Hammam Lif à Sousse, est actuellement détenue par cette société et doit arriver à échéance fin 2028. Pour ce segment, le Conseil ministériel a décidé de maintenir Tunisie Autoroutes et de signer un nouveau contrat de concession, évitant ainsi tout changement d’opérateur au terme de l’accord actuel.

Une attention particulière est portée à la nouvelle autoroute A2 Tunis-Jelma, longue de 186 kilomètres ; actuellement en construction, sa livraison est prévue pour 2027.

Le gouvernement a décidé d’en confier la gestion à Tunisie Autoroutes via une nouvelle concession, permettant ainsi la mise en service du système de péage dès l’achèvement des travaux.

L’autoroute A2 traverse les gouvernorats de Ben Arous, Zaghouan, Kairouan et Sidi Bouzid et constitue la plus longue autoroute jamais construite en Tunisie en une seule phase. Le projet est divisé en huit lots, pour un coût total d’environ 1,7 milliard de dinars.

Ce projet est jugé stratégique pour renforcer les liaisons entre la capitale et les régions de l’intérieur, désenclaver certaines zones et faciliter la circulation des personnes et des marchandises, tout en favorisant le développement économique régional.

Une vision intégrée préservant le service public

Lors de la réunion de mercredi, Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — a présenté les conclusions d’une étude portant sur diverses options de concession pour la gestion des deux tronçons. Ces options ont été évaluées sous les angles juridique, économique, financier et social, selon une approche qui, de l’avis du Chef du gouvernement, doit aller au-delà de la simple attribution d’une concession. Mme Zaafrani Zenzeri a souligné «la nécessité d’adopter une vision intégrée préservant le service public, limitant le coût des interventions financées par l’État, assurant un équilibre entre les impératifs financiers et économiques et les considérations sociales, et garantissant l’entretien ainsi que le bon fonctionnement de l’infrastructure».

Le choix de confier la gestion à la société Tunisie Autoroutes s’explique également par le fait que cette entreprise assure depuis longtemps l’exploitation et la maintenance du réseau autoroutier tunisien ; selon le gouvernement, elle dispose de l’expertise technique, des équipements et des systèmes opérationnels nécessaires pour garantir la continuité du service.

Cette décision intervient alors que les autorités cherchent à achever rapidement l’autoroute ‘A2, considérée comme l’un des projets d’infrastructure majeurs actuellement en cours dans le pays.

Par conséquent, la cheffe du gouvernement a exhorté les entreprises chargées des travaux à «mobiliser toutes les ressources humaines et logistiques disponibles afin d’accélérer le rythme de construction, de rattraper les éventuels retards et de respecter les délais contractuels».

Lors de la réunion, Zaafrani Zenzeri a qualifié le réseau autoroutier de «service public vital et d’investissement stratégique de l’État», soulignant «son rôle dans le désenclavement des régions, le soutien à la mobilité des personnes et des marchandises, ainsi que la promotion du développement économique et social».

Une situation financière globalement fragile et structurellement déficitaire

Il convient de préciser, ici, que la situation financière de la société Tunisie Autoroutes est globalement fragile et structurellement déficitaire, marquée par un lourd endettement lié au financement des infrastructures et une forte dépendance vis-à-vis du soutien de l’État.

Pour financer la construction du réseau routier national, la société a massivement recouru à des emprunts auprès de bailleurs de fonds internationaux (Fades, BAD, BEI, Jica) et sa dette globale consolidée a dépassé les 1,8 milliard de dinars.

En raison d’un résultat d’exploitation structurellement faible face au coût de la maintenance et aux charges d’intérêts, la société accumule des exercices négatifs (les pertes cumulées atteignaient déjà 176,1 millions de dinars lors des derniers audits complets rendus publics).

Face à l’incapacité de la société à honorer seule ses traites internationales avec ses recettes de péage, l’État intervient directement en tant que garant. À titre d’exemple, le budget étatique a dû allouer 200 millions de dinars uniquement pour payer les échéances de la dette de l’entreprise.

Malgré cette fragilité financière, l’avenir opérationnel de la société est sécurisé à moyen terme par des décisions politiques fortes, notamment le maintien du monopole et non-privatisation, conformément  à la doctrine prônée par le président de la république Kaïs Saïed, qui est catégoriquement opposée à toute forme de privatisation, même partielle, des entreprises publique dont l’écrasante majorité sont déficitaires, sinon au bord de la faillite.

I. B.

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Lancement du Prix Cracknell pour l’environnement en Tunisie

Enda a annoncé le lancement officiel de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement, un prix national destiné à soutenir et valoriser les initiatives contribuant à la protection de l’environnement et au développement durable en Tunisie.

Lancé le jour anniversaire du décès de l’activiste écologique tuniso-britannique (4 juillet 2024), ce prix rend hommage à la mémoire du cofondateur d’Enda, qui a consacré une grande partie de son engagement à promouvoir un développement respectueux des populations et de leur environnement.

Ce Prix, qui ambitionne de devenir un rendez-vous annuel de référence au service des initiatives environnementales à fort impact est ouvert aux associations, organisations de la société civile, collectifs citoyens, clubs environnementaux, structures académiques, centres de recherche, startups et entrepreneurs portant des projets innovants répondant aux principaux défis environnementaux de la Tunisie : gestion durable des ressources naturelles, lutte contre la pollution, économie circulaire, adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité, amélioration du cadre de vie ou encore sensibilisation environnementale.

Cette première édition est dotée d’une enveloppe globale de 100 000 DT, répartie comme suit :

– Grand Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement : 50 000 DT ;

– Deuxième Prix : 30 000 DT ;

– Troisième Prix : 20 000 DT.

Les projets seront examinés par un jury composé de personnalités reconnues dans les domaines de l’environnement, du développement durable et de l’innovation. Le jury sera présidé par Samir Meddeb, qui veillera, aux côtés des autres membres, à garantir un processus de sélection fondé sur la transparence, l’excellence et l’impact des projets.

Les candidatures doivent être déposées en ligne via le formulaire disponible à cette adresse mail.

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Tunisie | Des pistes pour dépasser une crise électrique prolongée

La Tunisie intensifie ses efforts pour stabiliser son réseau électrique grâce à une combinaison de modernisations d’urgence et d’investissements à long terme dans les énergies renouvelables. Le pays cherche ainsi à surmonter une crise énergétique qui perturbe l’approvisionnement en électricité depuis le début de l’été.

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), soutenue par l’État, déploie de nouvelles infrastructures à haute tension et met en œuvre des politiques visant à développer l’énergie solaire, à promouvoir la production d’hydrogène vert et à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie globale de la Tunisie pour améliorer sa sécurité énergétique, renforcer la résilience de son réseau et accélérer sa transition vers un système électrique plus durable.

La dernière intervention vise à renforcer le réseau national de transport d’électricité.

D’abord, rétablir la stabilité du réseau électrique

Selon Steg, un nouveau transformateur de 360 ​​mégavoltampères (MVA) devrait être mis en service au poste à haute tension de Mornaguia, et un second transformateur de 400 MVA devrait suivre peu après. Fabriqués en Chine, ces transformateurs sont conçus pour augmenter la capacité de transport, améliorer la distribution d’électricité et soulager un réseau vieillissant qui a peiné à faire face à une demande record durant l’un des étés les plus chauds qu’ait connus le pays ces dernières années.

L’objectif immédiat est de rétablir une plus grande stabilité du réseau électrique national après plusieurs semaines de tensions d’approvisionnement liées à la forte demande en systèmes de refroidissement durant les vagues de chaleur prolongées.

Selon les autorités énergétiques, la capacité supplémentaire des transformateurs améliorera la flexibilité opérationnelle tout en réduisant le risque de surcharges sur les sections clés du réseau de transport.

Si les améliorations apportées aux infrastructures offrent un soulagement important à court terme, les analystes soulignent que les difficultés rencontrées par la Tunisie dans le secteur de l’électricité dépassent largement les simples fluctuations saisonnières de la demande.

Selon les évaluations du secteur énergétique, des années de hausse de la consommation d’électricité, de baisse de la production nationale d’hydrocarbures, de vieillissement des infrastructures de réseau et de dépendance croissante au gaz naturel importé d’Algérie ont mis en évidence des faiblesses structurelles au sein du système énergétique du pays.

Le gaz naturel demeure la principale source d’électricité en Tunisie, ce qui rend le secteur de plus en plus vulnérable à la volatilité des prix internationaux de l’énergie, aux perturbations de l’approvisionnement et aux fluctuations des taux de change.

Ces difficultés ont renforcé la détermination du gouvernement à diversifier la production d’électricité en investissant davantage dans les énergies renouvelables et dans des infrastructures de transport modernes.

Selon les plans gouvernementaux, les énergies renouvelables devraient représenter environ 35 % de la production d’électricité tunisienne dans les années à venir. La réalisation de cet objectif nécessitera des investissements substantiels dans des projets de centrales solaires à grande échelle, la modernisation du réseau et des technologies de stockage complémentaires capables de supporter une part plus importante de la production intermittente d’énergies renouvelables.

Un environnement d’investissement plus favorable

Pour l’Afrique, l’expérience tunisienne illustre l’un des défis les plus urgents de la transition énergétique sur le continent. De nombreux pays africains doivent faire face simultanément à une demande d’électricité en forte croissance, au vieillissement de leurs infrastructures et à des pressions climatiques croissantes, tout en s’efforçant de réduire leur dépendance aux énergies fossiles importées. Le renforcement des réseaux électriques est donc devenu aussi important que l’augmentation des capacités de production, d’autant plus que les projets d’énergies renouvelables continuent de se développer sur tout le continent.

Selon la Banque africaine de développement, l’insuffisance des infrastructures de transport et de distribution demeure l’un des principaux obstacles à l’intégration des énergies renouvelables sur de nombreux marchés africains. Les engorgements du réseau retardent fréquemment la mise en service des projets, réduisent l’efficacité du système et limitent la capacité des services publics à absorber une production supplémentaire d’énergie renouvelable.

Consciente de ces contraintes, la stratégie énergétique tunisienne associe le renforcement des infrastructures à des réformes politiques plus larges visant à attirer les investissements nationaux et internationaux. Les autorités s’efforcent de créer un environnement d’investissement plus favorable grâce à des contrats d’achat d’électricité à long terme et à des mesures réglementaires destinées à accélérer le déploiement des énergies renouvelables tout en encourageant la participation du secteur privé.

Le gouvernement encourage également l’autoproduction d’électricité par les ménages, les entreprises et les installations industrielles. Le développement de la production décentralisée pourrait réduire la pression sur le réseau national lors des pics de consommation, tout en permettant aux consommateurs de diminuer leurs factures d’électricité et de contribuer directement à la résilience énergétique du pays.

Pari sur le développement de l’hydrogène vert

L’hydrogène vert s’impose comme un élément stratégique supplémentaire des ambitions énergétiques à long terme de la Tunisie. Bénéficiant d’un ensoleillement abondant et de sa proximité géographique avec l’Europe, la Tunisie se positionne comme un producteur et exportateur potentiel d’hydrogène renouvelable pour les marchés méditerranéen et européen. Plusieurs accords de coopération internationale ont déjà été conclus afin d’explorer les opportunités d’investissement dans la production d’hydrogène, les infrastructures d’exportation et le développement des énergies renouvelables associées.

D’après les observateurs du secteur, le développement réussi d’une filière hydrogène vert pourrait diversifier l’économie tunisienne, attirer les investissements étrangers et renforcer le rôle du pays au sein des chaînes de valeur internationales émergentes des énergies propres. Cependant, la réalisation de ces ambitions nécessitera des investissements substantiels dans la production d’électricité renouvelable, les infrastructures de transport, les systèmes de gestion de l’eau et la logistique d’exportation.

La crise énergétique actuelle met également en lumière l’interaction croissante entre le changement climatique et les infrastructures énergétiques en Afrique du Nord. La hausse des températures et la multiplication des vagues de chaleur entraînent une demande d’électricité record, notamment en raison du recours accru à la climatisation dans les centres urbains. Parallèlement, le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les ressources en eau nécessaires à la production d’électricité conventionnelle et à d’autres infrastructures essentielles.

Le renforcement des infrastructures électriques constitue donc non seulement un objectif de politique énergétique, mais aussi une mesure d’adaptation au changement climatique permettant d’améliorer la résilience face à la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Des réseaux de transport modernes, des sources d’énergie diversifiées et une production d’énergie renouvelable décentralisée peuvent réduire la vulnérabilité aux futures coupures d’électricité, tout en garantissant un accès plus fiable à l’électricité pour les ménages et les entreprises.

Pour la Tunisie, un approvisionnement fiable en électricité demeure essentiel à la compétitivité économique, à la productivité industrielle et à la confiance des investisseurs. Les industries manufacturières, les infrastructures touristiques, les établissements de santé et les services numériques dépendent tous d’une alimentation électrique stable pour assurer leur fonctionnement et soutenir la croissance économique. Des interruptions d’approvisionnement répétées risquent d’accroître les coûts d’exploitation et de freiner les efforts de relance économique.

Partout en Afrique, des défis similaires en matière d’infrastructures continuent de façonner les politiques énergétiques nationales. Les gouvernements reconnaissent de plus en plus que la réalisation de l’accès universel à l’énergie et l’accélération de l’industrialisation nécessiteront des stratégies d’investissement intégrées qui renforcent simultanément la production, le transport, la distribution et la résilience du système.

Les dernières interventions tunisiennes représentent donc bien plus qu’une simple réponse d’urgence aux pénuries saisonnières d’électricité. Elles s’inscrivent dans un effort plus vaste de modernisation du secteur énergétique du pays, de réduction des vulnérabilités structurelles et de création d’un système électrique capable de soutenir le développement économique à long terme tout en respectant les engagements climatiques nationaux. Si elle est mise en œuvre efficacement, la combinaison d’une infrastructure de réseau renforcée, du développement des énergies renouvelables et de la production d’hydrogène vert pourrait améliorer la sécurité énergétique, réduire la dépendance aux combustibles importés et positionner la Tunisie de manière plus compétitive au sein de l’économie mondiale des énergies propres en pleine mutation.

D’après African Sustainbility Matters

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Tunisie. Statut du freelance, PayPal, prélèvements… 5 choses à savoir sur la nouvelle proposition de loi

Une nouvelle proposition de loi pourrait changer le quotidien de milliers de freelances tunisiens travaillant avec des clients étrangers. Déposée par une dizaine de députés au Parlement sous le numéro 36/2026, l’initiative entend encadrer juridiquement le travail indépendant et faciliter…

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Mise en garde contre la pêche de la lambouka avant le 15 août

À l’approche de la mi-août, les regards se tournent vers le démarrage de la saison de pêche à la dorade coryphène (ou lambouka), l’une des espèces saisonnières les plus prisées en Tunisie. Cette période s’accompagne d’appels au respect de la réglementation régissant l’exploitation de cette ressource marine, afin de préserver la durabilité des stocks halieutiques.

Conformément à l’arrêté ministériel régissant la saison de pêche à la coryphène pour 2026, l’installation des ghanatis (dispositifs traditionnels de concentration) de poissons est autorisée à partir du 15 juillet, tandis que la saison de pêche proprement dite débute officiellement le 15 août ; toute pêche antérieure à cette date est interdite.

À cet égard, l’association Tunsea pour la science participative considère que la mise en vente de coryphènes avant l’ouverture officielle de la saison indique une provenance issue de la pêche illégale. Elle exhorte les consommateurs à s’abstenir de les acheter, soulignant que ce geste contribue à limiter les pratiques de pêche illicites et à protéger les ressources halieutiques.

Elle a également été souligné qu’il est impératif de respecter la taille minimale légale de la coryphène (ou lambouka), fixée à 35 centimètres ; en effet, la pêche ou l’achat de poissons n’atteignant pas cette taille les empêche d’arriver à maturité et de se reproduire, ce qui nuit au renouvellement du stock naturel.

La coryphène se distingue par sa croissance rapide : son poids varie entre 400 et 500 grammes en début de saison pour atteindre environ cinq kilogrammes, voire plus, à la fin de celle-ci. Ce poisson prédateur se nourrit de sardines, d’anchois, de maquereaux, de petits poissons, de calmars et de crustacés, jouant ainsi un rôle écologique majeur dans le maintien de l’équilibre de l’écosystème marin.

En Tunisie, cette espèce est principalement pêchée à l’aide de ghanatis, des installations marines qui attirent les poissons ayant tendance à se rassembler dans les zones d’ombre ; il s’agit de l’une des plus anciennes techniques de pêche traditionnelle pratiquées dans le pays.

La coryphène (lambouka) est très prisée des consommateurs tunisiens en raison de ses qualités gustatives et de sa grande valeur nutritionnelle : c’est une source riche en protéines et pauvre en matières grasses, qui contient également des acides gras oméga-3 bénéfiques pour la santé cardiaque et cérébrale.

I. B.

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Plage de Sidi Salem à Bizerte | Oued Harraga au cœur d’une alerte écologique

La plage de Sidi Salem à Bizerte est confrontée à un problème récurrent de pollution lié aux rejets d’eaux usées en amont de l’Oued Harraga. En période estivale, la faiblesse des débits, conjuguée à l’accumulation de matières organiques et à la fermeture de l’embouchure par un cordon sableux, peut favoriser la stagnation des eaux et la dégradation de leur qualité. Une situation qui soulève des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques.

Lotfi Sahli *

Chaque été, le paysage balnéaire de Sidi Salem est confronté à une problématique environnementale persistante : la qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga.

En l’absence d’un raccordement complet de certains secteurs riverains au réseau public d’assainissement, des rejets domestiques peuvent parvenir au cours d’eau. En période de fortes chaleurs, la diminution des débits réduit la capacité naturelle de dilution, tandis que les matières organiques peuvent s’accumuler.

À l’embouchure, la formation d’un cordon sableux peut par ailleurs limiter les échanges avec la mer. Les eaux stagnantes sont alors susceptibles de générer des nuisances olfactives et de favoriser le développement de microorganismes. La proximité immédiate de la plage transforme ainsi un problème d’assainissement en enjeu potentiel de santé publique et de protection du littoral.

Une pollution aux conséquences multiples

Au-delà de la dégradation visuelle et olfactive du site, la situation soulève trois préoccupations majeures.

Un enjeu sanitaire : la présence éventuelle de bactéries indicatrices de contamination fécale dans des eaux affectées par des rejets domestiques peut représenter un risque pour les usagers, notamment les baigneurs. Les risques potentiels comprennent des troubles gastro-intestinaux ainsi que certaines infections cutanées ou ORL. Seules des analyses microbiologiques régulières permettent toutefois d’établir précisément le niveau de contamination et le risque sanitaire associé.

Un enjeu écologique : l’apport excessif de matières organiques et de nutriments peut modifier l’équilibre du milieu aquatique. À terme, ces apports sont susceptibles de favoriser des phénomènes d’eutrophisation, d’appauvrir localement le milieu en oxygène et de perturber les organismes vivant dans les sédiments et les eaux côtières.

Un enjeu économique : la dégradation de la qualité environnementale d’une plage peut également affecter son attractivité. À Sidi Salem, les conséquences potentielles concernent directement les activités liées à la saison estivale, notamment les commerces, les établissements de restauration et les services dépendant de la fréquentation balnéaire.

La qualité des eaux à proximité de l’embouchure de l’Oued Harraga pose un problème écologique et sanitaire.

Quelles réponses face à l’urgence ?

Pour sortir de cette situation récurrente, une intervention efficace devrait combiner mesures d’urgence, travaux d’assainissement et dispositif durable de surveillance.

Phase 1 – Urgence et sécurisation :

– Informer et protéger les usagers : en cas de dépassement des seuils sanitaires, une signalisation claire et, si nécessaire, une interdiction temporaire de baignade devraient être mises en place à proximité des zones concernées, sur la base de résultats d’analyses fiables ;

– Rétablir l’écoulement : lorsque la fermeture de l’embouchure contribue à la stagnation des eaux, des opérations hydrauliques adaptées pourraient être envisagées par les autorités compétentes, après évaluation de leurs impacts environnementaux ;

– Identifier les rejets : une inspection du réseau et du lit de l’oued permettrait de localiser les éventuels branchements non conformes et de procéder à leur suppression ou à leur régularisation.

Phase 2 – Assainissement et infrastructures :

– Accélérer le raccordement au réseau public : l’extension du réseau d’assainissement aux secteurs encore insuffisamment desservis constitue l’une des réponses prioritaires. Le raccordement des habitations concernées devrait être accompagné d’un contrôle de conformité des installations ;

– Étudier des solutions de traitement naturel : selon les caractéristiques hydrologiques du site, la création d’une zone humide artificielle, d’un bassin de décantation ou d’un dispositif de phytodépuration pourrait contribuer à réduire certains polluants avant leur arrivée dans le milieu naturel. Ces solutions nécessitent toutefois une étude technique préalable ;

– Améliorer la gestion des eaux : une séparation efficace des réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées permettrait également de limiter les risques de surcharge et de rejets accidentels lors des épisodes pluvieux.

 Phase 3 – Surveillance et gouvernance à long terme :

– Traiter durablement les effluents :  l’objectif doit être de supprimer les rejets d’eaux usées dans l’oued et d’assurer leur acheminement vers les infrastructures d’assainissement appropriées ;

– Rendre les données sanitaires accessibles : un programme régulier de surveillance microbiologique de la qualité des eaux de baignade, accompagné d’une publication claire des résultats, permettrait d’informer les habitants et les visiteurs et de renforcer la confiance dans les mesures prises ;

– Associer les citoyens : Les associations locales, les riverains et les professionnels du tourisme ont également un rôle à jouer. Sensibilisation, signalement des rejets et participation aux opérations de vigilance peuvent compléter l’action des autorités publiques.

De l’alerte à l’action

Le cas de l’Oued Harraga illustre une problématique plus large : la fragilité des zones littorales face aux insuffisances d’assainissement et à la pression urbaine.

À Sidi Salem, la réponse ne pourra être durable que si elle s’attaque simultanément à l’origine des rejets, à la qualité des eaux et à la gestion de l’embouchure. Au-delà des interventions ponctuelles en période estivale, c’est donc une stratégie coordonnée entre services d’assainissement, autorités locales, organismes chargés du littoral, riverains et associations qui apparaît nécessaire.

L’enjeu dépasse désormais la seule qualité d’une plage : il s’agit de préserver durablement un espace naturel, une activité économique et un patrimoine essentiel pour les habitants de Bizerte.

* Président du bureau de la Conect à Bizerte.

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