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Monastir | Les activités de « Ciné Vague Ruspina » se poursuivent sur la plage Ennakhil à Skanès

Les activités de la manifestation « Ciné Vague Ruspina » se poursuivent dans une atmosphère qui conjugue cinéma, culture, divertissement et sensibilisation. Le public, notamment les enfants, les familles et les jeunes, se retrouve dans un espace ouvert sur la mer pour profiter d’un programme varié, faisant du cinéma un véritable pont vers l’apprentissage, l’échange et la découverte de nouveaux univers.

Au cours des deux premières journées, le public a pu profiter d’un programme riche et diversifié, réunissant ateliers, concours, activités récréatives et de sensibilisation ainsi que projections cinématographiques, dans une expérience faisant de l’espace culturel un lieu de plaisir, d’apprentissage et de partage.

Une place importante a notamment été accordée aux enfants et aux participants, avec pour objectif de renforcer la sensibilisation à l’importance de la préservation de l’environnement et de la protection du milieu, à travers des activités interactives alliant divertissement et éducation, et transmettant des messages environnementaux et humains de manière simple et adaptée à leur univers.

Les projections cinématographiques ont également rencontré un bel accueil et suscité une agréable interaction auprès du public de Monastir. Le grand écran a ainsi offert des moments de plaisir et de partage, permettant aux familles, aux enfants et aux jeunes de profiter du cinéma dans un cadre ouvert et privilégié.

Nous partageons avec vous quelques images des deux premières journées de la manifestation, riches en moments de partage, d’interaction et de découverte, en attendant la soirée de clôture prévue ce soir. Nous espérons qu’elle viendra couronner cette belle expérience et que cette manifestation pourra se renouveler à l’avenir, contribuant ainsi à renforcer la présence du cinéma et de la culture dans différents espaces, au plus près du public.
Cette manifestation est organisée par la Direction régionale des affaires culturelles de Monastir, en collaboration avec le Centre National du Cinéma et de l’Image, sous la tutelle du Ministère des Affaires culturelles.

Centre national du cinéma et de l’image

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Aswat Nissa alerte sur une hausse des féminicides en Tunisie

Le nombre de féminicides répertoriés en Tunisie a connu une augmentation constante au cours des dernières années, selon les données de suivi sur les violences faites aux femmes publiées par l’association Aswat Nissa.

D’après le bilan établi par l’organisation, le nombre de victimes recensées est passé de 6 cas en 2018 à 30 cas en 2025 avec une hausse continue des actes mortels enregistrés : 6 cas en 2018, 25 en 2023, 29 en 2024, pour atteindre 30 cas en 2025.

L’association note que cette dynamique de violences mortelles à l’égard des femmes se poursuit également au cours de l’année 2026.

Face à ce constat, Aswat Nissa souligne des défaillances dans les dispositifs de protection actuels ainsi que dans l’application effective du cadre législatif relatif aux violences fondées sur le genre, tout en appelant à la nécessité d’assurer une documentation systématique de ces crimes, de renforcer la prévention et de lutter contre l’impunité afin de garantir la sécurité des victimes.

L’Ong œuvre à centraliser des informations auparavant dispersées et à les rendre plus facilement accessibles aux chercheurs, aux journalistes et aux organisations de la société civile. Le lancement de son initiative intervient à la veille de la Journée nationale de la femme tunisienne, célébrée chaque 13 août pour marquer l’anniversaire de la promulgation, en 1956, du Code du statut personnel — un texte législatif majeur dans l’évolution des droits des femmes dans le pays.

La question des violences fondées sur le genre demeure très sensible, bien que la Tunisie dispose, depuis 2017 (entrée en vigueur en février 2018), de la loi organique n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ce texte adopte une définition large de la violence — englobant ses formes physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et politiques — et prévoit des mesures de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs.

Toutefois, les organisations de défense des droits des femmes ont souligné à maintes reprises les difficultés liées à la mise en œuvre effective des protections prévues par la loi, ainsi que la nécessité de disposer de données complètes et actualisées.

L’organisation Aswat Nissa, en particulier, souligne que l’absence de base de données publique exhaustive rend difficile l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène, notant que le nombre réel de féminicides pourrait bien dépasser les chiffres documentés.

La nouvelle plateforme créée à cet effet vise donc à combler, au moins partiellement, cette lacune en transformant le suivi des féminicides en un outil permanent de documentation et d’analyse, tout en permettant d’évaluer l’efficacité des politiques publiques destinées à prévenir les violences faites aux femmes.

Y. N.

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Tunisie | Appel à la libération des membres de la Flottille Al-Soumoud

L’organisation Humena (Human rights and civic engagement) appelle à la libérations de Wael Nawar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boghdiri et Nabil Chennoufi membres de la Flottille Al-Soumoud qui sont toujours en détention provisoire près de cinq mois après leur arrestation en mars dernier.

Alors que l’instruction judiciaire se poursuit, l’organisation Humena tire la sonnette d’alarme quant à la prolongation de leur privation de liberté, tout en exprimant sa vive préoccupation face aux rapports faisant état d’une dégradation de leur état de santé et de conditions de détention inadaptées à la prison de Mornaguia, notamment la surpopulation carcérale et des retards dans l’accès aux soins médicaux pour Ghassen Henchiri et Ghassen Boghdiri.

Face à cette situation, Humena appelle les autorités tunisiennes à libérer immédiatement les quatre militants en attendant leur procès, à moins que la justice ne prouve que le maintien en détention est strictement nécessaire et demande une garantie à un accès rapide à des soins médicaux appropriés et à assurer des conditions de détention respectant leur santé, leur dignité et leurs droits fondamentaux.

Y. N.

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Djerba | L’Atutax contre les engins de pêche fantômes

Dans le cadre du projet ECO-GEAR, l’Association tunisienne de Taxonomie (Atutax) a mené à Djerba une première mission pour repérer et retirer les engins de pêche abandonnés.

Réalisée en étroite collaboration avec plusieurs acteurs de la société civile et experts locaux, cette opération a permis d’extraire des fonds marins des filets, des cordes, des hameçons ainsi que plusieurs nasses utilisées pour la pêche au crabe bleu.

Cette première mission marque le coup d’envoi d’un programme d’action collective visant non seulement à retirer et valoriser ces engins abandonnés en mer, mais aussi à sensibiliser les communautés de pêcheurs à la prévention.

« Et ces engins continuaient encore à pêcher… deux petits poissons, un jeune mérou brun et une badèche, étaient piégés dans les nasses. Heureusement, ils étaient encore vivants et ont pu être libérés et relâchés dans leur milieu naturel. Un rappel concret que les engins fantômes peuvent continuer à capturer des espèces non ciblées, longtemps après leur abandon », déplore l’Atutax

L’Association tunisienne de Taxonomie précise que la réussite de cette intervention repose sur une collaboration avec ses partenaires : Abysse Plongée, partenaire technique, qui a assuré la sécurité et la logistique des opérations de plongée sous-marine, l’Association TunSea pour la Science Participative, nouveau partenaire du projet ECO-GEAR, a apporté son expertise terrain et Le Blue Dolphin Diving Club à Djerba, qui a accompagné et soutenu la logistique locale de la mission.

Y. N.

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Nettoyage des plages : Près de 6 000 m³ de déchets collectés en Tunisie depuis le début de l’été

Le bilan à mi-parcours du programme de nettoyage des plages tunisiennes durant l’été 2026 fait état de près de 6 000 m³ de déchets collectés dans 152 plages, et ce jusqu’à la première semaine du mois d’août.

Selon un communiqué publié mercredi soir par le ministère de l’Environnement, le volume moyen des déchets ramassés est estimé à environ 8 m³ par jour et par plage, avec toutefois d’importantes disparités selon les sites et la fréquentation.

Le plastique et les déchets alimentaires en tête

Parmi les principaux déchets retrouvés sur les plages figurent notamment les matières plastiques, les bouteilles ainsi que les restes alimentaires, qui constituent une part importante des déchets collectés durant la saison estivale.

Le cas de la plage de Raf Raf illustre l’ampleur du problème. Elle enregistre le volume quotidien le plus élevé parmi les plages concernées, avec environ 18 m³ de déchets collectés chaque jour, soit près de 4,5 tonnes.

Cette quantité s’explique notamment par la particularité du dispositif mis en place sur cette plage, où les opérations de nettoyage sont effectuées deux fois par jour, le matin et le soir.

Des campagnes de sensibilisation prévues à partir du 16 août

Au-delà du ramassage des déchets, les autorités souhaitent également renforcer la sensibilisation du public à la préservation du littoral et de l’environnement marin.

Dans ce cadre, l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL), sous la tutelle du ministère de l’Environnement et en partenariat avec l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED) et le WWF Afrique du Nord, organise une série de campagnes sous le slogan : « La plage est à nous tous : une heure… nettoyons-la ! ».

Ces rendez-vous mêleront activités de sensibilisation, actions environnementales et animations destinées aux familles.

Lire aussi : Tunisie : Voici les 49 plages où la baignade est déconseillée cet été

La première campagne est prévue le 16 août à la plage de Gammarth, suivie d’une deuxième le 23 août à la plage de Nabeul, puis d’une troisième le 26 août à la plage de Sousse.

L’objectif affiché est d’impliquer davantage les citoyens dans la propreté des plages et de promouvoir des comportements permettant de réduire les déchets et de préserver durablement le littoral tunisien.

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Robotique | 45 médailles et une 1ère place mondiale pour la Tunisie

l’Association tunisienne pour l’avenir des sciences et des technologies (ATAST) a annoncé que la sélection nationale de robotique a décroché la première place mondiale et la coupe dans la catégorie programmation lors du Championnat du Monde de robotique en Chine.

Grâce à la présentation de 14 robots et de 7 projets scientifiques de pointe, nos jeunes prodiges ont brillamment conquis le sommet du podium. : au total, la délégation tunisienne ramène dans ses bagages pas moins de 45 médailles (or, argent et bronze confondues), obtenues dans l’ensemble des disciplines de la compétition.

Cette aventure victorieuse a été menée par 14 jeunes championnes et champions sous l’égide de l’ATAST :

  • Amine Ourajini
  • Kenza Aouani
  • Mohamed Ali Boulares
  • Fatma Sahli
  • Maram Ben Sidhom
  • Oussama El-Mestiri
  • Nour Ben Salah
  • Omar Kilani
  • Batoul Noqbi
  • Taha Kahloul
  • Aziz Gafsi
  • Iris Boussetta
  • Ayoub Aouine
  • Yasmine Touil

Ce triomphe remarquable est le fruit d’un travail collectif, indique l’ATAST en rendant un hommage « aux entraîneurs, aux parents ainsi qu’à l’ensemble des soutiens qui ont contribué, de près ou de loin, à concrétiser cette réussite historique pour la science et la technologie en Tunisie ».

Y. N.

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Pénurie d’eau en bouteille : Plus de 147 000 litres saisis

Plus de 147 000 litres d’eau conditionnée ont été saisis par les services de contrôle du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en coordination avec les services de sécurité, depuis la deuxième moitié du mois de juillet et le début du mois d’août 2026.

Selon le ministère, ces opérations, menées quotidiennement dans le secteur des eaux minérales, ont permis de relever plusieurs infractions portant notamment sur la transparence des transactions et le respect des prix. Des procédures légales ont été engagées à l’encontre des contrevenants.

Des contrôles renforcés dans un contexte de pénurie

Ces saisies interviennent alors que le marché tunisien a connu, durant la deuxième moitié du mois de juillet, des tensions sur l’approvisionnement en eau conditionnée. La situation a coïncidé avec la vague de chaleur qui a touché le pays et entraîné une forte hausse de la demande.

La disponibilité de l’eau en bouteille est ainsi devenue un sujet particulièrement sensible durant les périodes de fortes températures, alors que les autorités multiplient les contrôles pour éviter les pratiques spéculatives et les hausses de prix non autorisées.

Les prix : producteurs et distributeurs se renvoient la responsabilité

Cette situation intervient également après les déclarations du président de la Chambre des producteurs de boissons non alcoolisées, Asaad Mezah, qui avait démenti une hausse des prix de l’eau minérale conditionnée au niveau de la production.

Selon lui, les augmentations constatées sur le marché auraient plutôt été appliquées au niveau de la distribution, notamment par certains grossistes et détaillants.

Lire aussi : Eau minérale : Quand certains profitent de la pénurie pour augmenter les prix

Il avait appelé les équipes de contrôle du ministère du Commerce à prendre les mesures nécessaires afin de lutter contre les augmentations illégales des prix.

Les nouvelles saisies montrent ainsi que les autorités maintiennent la pression sur les différents maillons de la chaîne de commercialisation, dans un contexte où la demande en eau conditionnée reste particulièrement élevée en raison des températures estivales.

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Météo | Des températures relativement clémentes attendues cette nuit

Selon l’Institut national de la météorologie (INM), le temps sera globalement clair sur l’ensemble du pays cette nuit, après quelques passages nuageux en début de soirée.

Dans son bulletin, l’INM annonce des nuages parfois denses sur les reliefs ouest du nord et du centre pour le début de cette nuit, suivis d’un ciel dégagé sur tout le territoire.

Des vents relativement forts sont par ailleurs attendus dans le sud, et une mer localement agitée est annoncée dans la zone de Hammamet.

Pour les températures, l’INL prévoit des nocturnes variant entre 27 et 32 °C et qui grimperont jusqu’à 34 °C dans le Sud-Ouest.

Y. N.

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El Mourouj | Mandat de dépôt contre le père qui a jeté ses deux fillettes du 3e étage

​Le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Ben Arous a émis, ce mercred 12 août 2026, un mandat de dépôt à l’encontre du père qui a jeté ses deux fillettes du troisième étage d’un immeuble situé à El Mourouj 1.

​La chute tragique a causé la mort sur le coup de la plus jeune, âgée d’à peine six mois, des suites de graves blessures, alors que sa sœur, âgée de trois ans, a été transportée en urgence absolue à l’hôpital pour y recevoir d’intenses soins médicaux.

Son état de santé est jugé extrêmement critique en raison de multiples fractures aux membres et au crâne.

On notera que pour l’heure, aucune information n’a été donnée sur les circonstance de ce drame, alors que le père qui s’est rendue à la police est placé en détention.

Y. N.

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Éclipse solaire en Tunisie : De la peur de 1999 au spectacle céleste de 2026

Le ciel tunisien offre ce mercredi 12 août 2026 un spectacle astronomique particulier : une éclipse solaire partielle est visible depuis l’ensemble du pays, avec une occultation du Soleil pouvant atteindre près de 60 % selon les régions. Le phénomène intervient en fin de journée, alors que le Soleil se rapproche de l’horizon.

Mais cette éclipse rappelle surtout un autre rendez-vous astronomique qui avait marqué les esprits : celui du 11 août 1999.

En 1999, l’éclipse avait suscité de nombreuses craintes

À l’époque, les éclipses solaires étaient encore entourées de nombreuses croyances et rumeurs. En Tunisie comme ailleurs, le phénomène avait suscité de l’inquiétude chez une partie de la population.

Il faut toutefois éviter de parler d’une « panique générale ». Les témoignages disponibles évoquent plutôt une atmosphère particulière, avec des personnes qui craignaient les conséquences du phénomène, notamment pour les yeux, tandis que certaines rumeurs lui attribuaient des effets inquiétants.

Le contexte était également très particulier : l’éclipse du 11 août 1999 intervenait à quelques mois du passage à l’an 2000, période déjà marquée par de nombreuses prédictions et inquiétudes autour du changement de millénaire.

Le risque pour les yeux, lui, était bien réel : regarder directement le Soleil pendant une éclipse peut provoquer des lésions rétiniennes. La prudence recommandée à l’époque reste donc valable aujourd’hui.

2026 : même phénomène, autre époque

Vingt-sept ans plus tard, le phénomène revient dans le ciel tunisien, mais dans un contexte radicalement différent.

L’éclipse du 12 août 2026 est une éclipse solaire totale à l’échelle de son parcours mondial, mais elle n’est que partielle en Tunisie. La totalité sera notamment observable dans certaines régions situées sur la trajectoire de l’ombre lunaire, tandis que les Tunisiens verront seulement une partie du disque solaire disparaître.

Le spectacle devrait néanmoins être particulièrement intéressant en Tunisie puisque l’éclipse se produit alors que le Soleil est bas sur l’horizon, donnant potentiellement l’impression d’un Soleil en forme de croissant au moment du coucher.

Des rumeurs de 1999 aux réseaux sociaux de 2026

La comparaison est finalement intéressante : en 1999, les inquiétudes circulaient essentiellement par le bouche-à-oreille, la télévision, la radio et la presse. Aujourd’hui, les informations scientifiques sont beaucoup plus accessibles, mais les réseaux sociaux permettent également aux rumeurs de se propager en quelques minutes.

Une chose, en revanche, n’a pas changé : il ne faut jamais regarder directement le Soleil, même pendant une éclipse, sans protection solaire adaptée. Des lunettes de soleil ordinaires ne suffisent pas.

Ce soir, donc, pas de fin du monde annoncée : simplement la Lune qui passera temporairement devant le Soleil.

Lire aussi : Éclipse solaire en Tunisie : Près de 60% du Soleil occulté ce soir

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Autoroutes : Le gouvernement tranche, pas de privatisation, Tunisie Autoroutes reste aux commandes

Le gouvernement a tranché sur l’avenir de l’exploitation de deux axes majeurs du réseau autoroutier tunisien. Réunie mercredi 12 août 2026 à la Kasbah sous la présidence de Sarra Zaafrani Zenzri, une réunion ministérielle restreinte a décidé de maintenir la société publique Tunisie Autoroutes et de lui accorder de nouvelles concessions pour l’exploitation des autoroutes A1 et A2.

Pour l’A1, qui relie Hammam-Lif à M’saken, une nouvelle convention de concession sera conclue avec Tunisie Autoroutes. L’entreprise conservera ainsi l’exploitation de cet axe stratégique, alors que le devenir de cette concession avait fait l’objet de discussions ces dernières années.

Le même principe sera appliqué à l’A2, reliant Tunis à Jelma. Tunisie Autoroutes sera chargée de son exploitation dès l’achèvement des travaux, avec une mise en service sous le régime du péage directement après la livraison de l’infrastructure.

Accélérer les travaux de l’A2

La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accélérer l’achèvement de l’autoroute Tunis-Jelma, appelant les entreprises chargées des travaux à mobiliser tous les moyens humains et logistiques nécessaires pour éviter les retards et respecter les délais contractuels.

Cette autoroute doit renforcer la liaison entre Tunis et plusieurs régions de l’intérieur et contribuer au désenclavement territorial.

Un enjeu stratégique pour l’État

Pour Sarra Zaafrani Zenzri, les autoroutes constituent un « service public vital » et un investissement stratégique en raison de leur rôle dans la circulation des personnes et des marchandises et dans la connexion des régions.

Le gouvernement insiste également sur la nécessité d’améliorer la maintenance, la qualité du service et l’efficacité économique du réseau.

Lire aussi : Grands chantiers et entretien : Enfin le réveil de Tunisie Autoroutes ?

Avec cette décision, l’État confirme donc son choix de conserver Tunisie Autoroutes au cœur de l’exploitation autoroutière. Le principal défi sera désormais de permettre à l’entreprise de gérer efficacement un réseau appelé à s’étendre, tout en garantissant la qualité du service et la pérennité financière de ses activités.

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Code du statut personnel : 70 ans après, le texte fondateur au cœur d’un nouveau bras de fer

À l’occasion de la Fête de la femme, célébrée demain 13 août, la Tunisie commémore aussi les 70 ans de l’un de ses textes les plus emblématiques. En avance sur son temps notamment dans le monde arabe, qu’en est-il réellement…

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Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit  

Pour Raja Dahmani, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), le combat pour l’adoption d’une loi instaurant l’égalité en matière d’héritage entre l’homme et la femme se poursuivra et son association continuera de soulever cette question.

Intervenant ce mercredi 12 août 2026 lors d’un séminaire international organisé à Tunis sur le thème «Où en sommes-nous de l’égalité ?», à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire du Code du statut personnel (CSP) — auquel ont pris part des femmes défenseures des droits humains, des avocates et des militantes venues de Tunisie ainsi que de divers pays arabes et de la région —, Mme Dahmani a ajouté que l’ATFD réclame depuis longtemps une révision du CSP. Ce texte pionnier dans le monde arabo-musulman, a permis de réaliser des avancées sociales en consacrant l’égalité sur certains plans, mais il présente, selon elle, des lacunes et contient des dispositions discriminatoires devant être abrogées.

Le séminaire devrait d’ailleurs aboutir à l’élaboration de la «Déclaration de Tunis sur l’égalité au sein de la famille».

Rappelons dans ce contexte que, sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, entre 2015 et 2019, un projet de loi pour l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage, a achoppé à un conservatisme religieux et social ambiant et n’a pu être adopté dans sa mouture initiale.

I. B.

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70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie

Demain, 13 août, la Tunisie célèbre la Journée nationale de la femme ; une date qui revêt cette année une importance particulière, marquant le 70e anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP). Il est peu probable qu’il y ait une célébration officielle de cet anniversaire, les autorités ayant d’autres priorités, mais la société civile ne manquera pas de combler la lacune par l’organisation de rencontres et de débats à cette occasion.  Car le combat pour l’égalité des sexe est loin d’être achevé dans un pays où le conservatisme religieux et social demeure encore vivace.

Latif Belhedi

La promulgation du CSP, quelques mois après l’indépendance de la Tunisie, est l’une des mesures les plus emblématiques adoptées par le jeune Etat tunisien, et ce texte demeure une pierre angulaire de la législation nationale en matière de droits des femmes.

Promulgué le 13 août 1956 et entré en vigueur le 1er janvier 1957, le Code a introduit des dispositions qui conféraient aux femmes un statut alors exceptionnel dans le monde arabo-musulman. Cet anniversaire ne constitue donc pas seulement une célébration, mais aussi l’occasion de faire le point sur un parcours entamé lors de la construction de l’État tunisien moderne et qui s’est poursuivi — à travers des réformes législatives et des politiques publiques successives — jusqu’aux stratégies actuelles visant l’autonomisation économique et la protection des femmes.

Pour la première fois dans un pays arabe, le CSP — vigoureusement défendu par le premier président, Habib Bourguiba — a aboli la polygamie, instauré le principe du consentement mutuel des époux comme condition au mariage et fixé un âge minimum pour se marier. Ce Code a également institué le divorce judiciaire, dépassant ainsi le système de la répudiation unilatérale et reconnaissant des formes spécifiques de protection pour les épouses.

La réforme de 1956 a été suivie d’autres mesures. En 1993, plusieurs dispositions du Code ont été amendées — concernant notamment la dot, le divorce, la pension alimentaire et la garde des enfants — renforçant ainsi certains droits des femmes au sein de la famille.

À la suite de la révolution de 2011, le principe de la protection des droits des femmes a été réaffirmé dans la Constitution. L’article 46 de la Constitution de 2014 a engagé l’État — du moins sur le papier — à protéger et à promouvoir les droits acquis des femmes, à garantir l’égalité des chances dans l’accès aux postes de responsabilité et à adopter des mesures pour éliminer les violences faites aux femmes.

Une autre étape majeure a été franchie avec la loi organique n° 58 de 2017 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, qui a adopté une approche globale incluant la prévention, la poursuite et la sanction des auteurs, ainsi que la protection et le soutien des victimes. Cette loi reconnaît diverses formes de violence, notamment les violences physiques, psychologiques, sexuelles et économiques.

Sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, entre 2015 et 2019, un projet de loi pour l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage, a achoppé à un conservatisme religieux et social et n’a pu être promulgué dans sa mouture initiale.

La Constitution de 2022, initiée par le président Kaïs Saïed, a maintenu ce cadre législatif antérieur. Mais la distance qui persiste entre le texte de loi et la pratique quotidienne, à tous les niveaux, reste encore à combler, ce qui continue d’alimenter le combat des femmes tunisiennes pour l’égalité réelle.     

Ces dernières années, les politiques publiques se sont davantage concentrées non seulement sur la protection des droits, mais aussi sur l’autonomie économique des femmes. L’une des initiatives clés est le programme national «Raïdet», consacré à l’entrepreneuriat et à l’investissement féminins. Depuis son lancement en décembre 2022, «Raïdet» a financé 6 629 projets, contribuant à la création de près de 12 000 emplois directs. En 2026, le programme a été renforcé : le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a ouvert une nouvelle session de candidatures et a annoncé la mise en place de prêts à conditions préférentielles destinés aux jeunes femmes.

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Tunisie | Eclairage artistique pour l’ancienne cathédrale de Carthage

L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC), l’organisme tunisien chargé de la valorisation du patrimoine et de la promotion culturelle en Tunisie, a partagé sur sa page Facebook des images d’un nouvel éclairage artistique mettant en valeur l’ancienne cathédrale de Carthage, l’un des monuments les plus emblématiques de la colline de Byrsa et du paysage de l’antique cité punique.

Ce projet, mis en œuvre en marge de la 60e édition du Festival international de Carthage, qui se déroule à une centaine de mètre de là, en contrebas de la colline, dans le fameux amphithéâtre romain de la cité antique, permet de mettre en lumière les caractéristiques architecturales de l’édifice — qui domine la colline de Byrsa, au cœur du site archéologique de Carthage — à la tombée de la nuit.

Également connue sous le nom de cathédrale Saint-Louis, la structure a été édifiée à la fin du XIXe siècle, sous le protectorat français, et dédiée au roi Louis IX de France, décédé en 1270 aux portes de Tunis lors de la huitième croisade. L’édifice, qui se distingue par un mélange de styles architecturaux, a par la suite été désacralisé et a également servi de lieu d’accueil pour des événements culturels sous le nom d’Acropolium de Carthage.

Ce nouvel éclairage s’inscrit dans un programme plus vaste d’interventions sur le patrimoine archéologique. Ces dernières semaines, l’AMVPPC a elle-même annoncé des travaux d’entretien et d’amélioration — lancés le 7 juin — sur divers sites de la zone. Par ailleurs, la décision de mener des travaux sur la cathédrale durant le Festival international de Carthage renforce le lien visuel entre la colline de Byrsa et le théâtre romain voisin, lieu de cet événement qui compte parmi les principaux festivals culturels d’été en Tunisie.

Le site archéologique de Carthage, qui conserve des vestiges des civilisations punique, romaine et paléochrétienne ainsi que des phases historiques ultérieures de la ville, figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.

I. B.

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« La procédure a été simple et rapide », témoigne un commerçant indemnisé par la STEG

Après plusieurs incidents électriques signalés ces dernières semaines, notamment à la suite d’interventions ou de rétablissements du courant, plusieurs citoyens se demandent comment procéder pour obtenir une indemnisation lorsque leurs équipements ou leurs commerces subissent des dommages.

La question du remboursement par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) suscite également des interrogations, notamment sur les conditions d’acceptation des dossiers, les montants effectivement remboursés et les critères appliqués pour déterminer le niveau de l’indemnisation.

Un témoignage qui montre que la démarche est possible

Le témoignage d’un commerçant de Houmt Souk, à Djerba, apporte un éclairage concret sur la procédure. Selon son récit, une intervention de la STEG sur le réseau électrique a été suivie, lors du rétablissement du courant, d’un incident ayant causé des dommages à plusieurs commerces de la zone.

Le citoyen explique s’être immédiatement rendu à l’agence de la STEG afin de déposer une réclamation. Il a rempli un formulaire et l’a déposé au bureau d’ordre. Quelques heures après avoir signalé le problème, un agent chargé du contrôle s’est rendu dans son commerce pour constater les dégâts.

Après cette constatation, le commerçant a fait réparer les dommages, obtenu une facture auprès de la personne ayant effectué les réparations, puis déposé cette facture auprès de la STEG le 28 juillet 2026.

Quelques jours plus tard, il a été informé que 70 % de la valeur des dommages seraient pris en charge. Il lui restait alors à se présenter auprès de l’administration pour récupérer le document nécessaire et procéder au retrait de l’indemnisation.

Pour ce citoyen, la procédure s’est donc déroulée relativement rapidement, depuis le dépôt de la réclamation jusqu’à la décision d’indemnisation, preuve à l’appui. (Voir les captures sous l’article)

Une procédure qui reste méconnue

Ce témoignage est particulièrement utile alors que de nombreux citoyens ignorent encore vers qui se tourner après des dégâts liés à un incident électrique. La STEG indique officiellement que les réclamations techniques ou commerciales peuvent être déposées auprès de ses guichets, par téléphone auprès du district concerné ou à travers son espace client en ligne. La société demande notamment au client de communiquer sa référence client et de présenter sa dernière facture lorsqu’il se déplace au guichet.

La STEG dispose également d’un Centre national des services à distance, joignable au 71 239 222 pour les demandes de services, renseignements et réclamations. Le numéro vert 80 100 444 est réservé aux situations d’urgence.

Dans le cas de dommages matériels, le témoignage rapporté suggère surtout l’importance de signaler rapidement l’incident, de permettre aux agents de constater les dégâts avant les réparations lorsque cela est possible, puis de conserver les justificatifs des travaux effectués, notamment les factures.

Pourquoi seulement 70 % ?

C’est précisément sur ce point que les interrogations des citoyens demeurent.

Dans le cas rapporté, la STEG a accepté d’indemniser 70 % de la valeur des dommages. Le citoyen lui-même distingue la rapidité de traitement du dossier de la question du taux d’indemnisation, qu’il considère comme relevant de critères spécifiques.

Ce pourcentage soulève toutefois une question plus large : sur quelle base le montant de l’indemnisation est-il calculé et pourquoi un dommage reconnu ne donne-t-il pas nécessairement lieu à une prise en charge intégrale ?

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Le témoignage ne permet pas, à lui seul, de déterminer les règles générales applicables à tous les dossiers ni d’affirmer que 70 % constitue un taux standard. Il montre en revanche qu’une indemnisation peut effectivement intervenir après examen du dossier et constat des dommages.

La STEG précise par ailleurs que son Bureau des relations avec le citoyen a notamment pour mission de recevoir les réclamations, d’en assurer le traitement en coordination avec les services concernés et d’informer les clients sur les procédures et formalités administratives relatives à ses services.

Que faire en cas de dommages ?

En pratique, un client confronté à des dégâts qu’il estime liés à un incident électrique a donc intérêt à :

  • signaler rapidement l’incident à la STEG ;
  • déposer une réclamation auprès de son district ou via les canaux disponibles ;
  • conserver la référence de sa réclamation et les justificatifs ;
  • permettre, lorsque cela est demandé, le constat des dommages par les services compétents ;
  • conserver les factures et justificatifs relatifs aux réparations ;
  • déposer les pièces demandées pour permettre l’examen du dossier.

La STEG confirme que les réclamations peuvent également être introduites via son espace client et que son dispositif de réclamation web permet de déposer et de suivre une demande.

Un témoignage à prendre en compte

Le cas de ce commerçant de Houmt Souk ne règle évidemment pas la question de l’indemnisation des dommages électriques en Tunisie. Il montre toutefois qu’une démarche auprès de la STEG peut aboutir et que le traitement d’un dossier peut, dans certains cas, être relativement rapide.

Il met surtout en lumière une question qui reste posée par plusieurs citoyens : quels sont exactement les critères utilisés pour déterminer le montant remboursé et dans quelles situations la prise en charge peut-elle être totale ou partielle ?

Une clarification plus détaillée de ces critères permettrait aux usagers de mieux connaître leurs droits et les démarches à effectuer lorsqu’un incident sur le réseau entraîne des dégâts matériels.

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Lancement du Prix Cracknell pour l’environnement en Tunisie

Enda a annoncé le lancement officiel de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement, un prix national destiné à soutenir et valoriser les initiatives contribuant à la protection de l’environnement et au développement durable en Tunisie.

Lancé le jour anniversaire du décès de l’activiste écologique tuniso-britannique (4 juillet 2024), ce prix rend hommage à la mémoire du cofondateur d’Enda, qui a consacré une grande partie de son engagement à promouvoir un développement respectueux des populations et de leur environnement.

Ce Prix, qui ambitionne de devenir un rendez-vous annuel de référence au service des initiatives environnementales à fort impact est ouvert aux associations, organisations de la société civile, collectifs citoyens, clubs environnementaux, structures académiques, centres de recherche, startups et entrepreneurs portant des projets innovants répondant aux principaux défis environnementaux de la Tunisie : gestion durable des ressources naturelles, lutte contre la pollution, économie circulaire, adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité, amélioration du cadre de vie ou encore sensibilisation environnementale.

Cette première édition est dotée d’une enveloppe globale de 100 000 DT, répartie comme suit :

– Grand Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement : 50 000 DT ;

– Deuxième Prix : 30 000 DT ;

– Troisième Prix : 20 000 DT.

Les projets seront examinés par un jury composé de personnalités reconnues dans les domaines de l’environnement, du développement durable et de l’innovation. Le jury sera présidé par Samir Meddeb, qui veillera, aux côtés des autres membres, à garantir un processus de sélection fondé sur la transparence, l’excellence et l’impact des projets.

Les candidatures doivent être déposées en ligne via le formulaire disponible à cette adresse mail.

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‘‘Le prix d’un toit’’ de Myriam Rature | Le combat d’une mère célibataire

Avec ‘‘Le prix d’un toit’’, Myriam Rature signe un roman inspiré de faits réels qui retrace le parcours d’une femme confrontée aux blessures du passé, aux épreuves de la vie et à la volonté de construire un avenir différent. Sur près de 600 pages, l’autrice transforme une expérience personnelle en une œuvre romanesque où le réel devient une matière littéraire.

Djamal Guettala 

Dès les premières pages, Myriam Rature précise son choix : elle n’a pas voulu écrire un simple récit de vie. Elle revendique le roman, avec sa construction, ses personnages, ses tensions et ses surprises. Les événements vécus constituent la matière première du livre, mais ils sont travaillés par l’écriture pour devenir une véritable trajectoire romanesque.

Cette démarche donne au récit une portée qui dépasse l’histoire individuelle. La famille, la maternité, la précarité, le regard social, les rapports de force et l’injustice y occupent une place importante. Des réalités qui touchent particulièrement les femmes lorsqu’elles se retrouvent seules face à des responsabilités qui dépassent leur âge et leurs moyens.

«Écrire un livre représente pour moi bien plus qu’une simple passion. C’est le moyen de semer une graine précieuse d’espoir», explique l’autrice.

Une enfance qui laisse des traces

Le roman revient sur une enfance marquée par les fragilités familiales. Les repères sont instables et certaines expériences vont peser durablement sur la construction de la jeune fille.

La figure du père occupe une place importante dans cette période. Les difficultés liées à l’alcool et les tensions familiales sont évoquées sans transformer le récit en règlement de comptes. L’autrice cherche surtout à montrer les conséquences de cet environnement sur celle qu’elle deviendra.

Très tôt, il faut apprendre à observer, à se protéger et à compter sur ses propres ressources.

À 17 ans, un autre bouleversement survient : Myriam devient mère.

Dans l’Algérie des années 2000, être une jeune mère célibataire signifie affronter une situation particulièrement difficile. Elle ne trouve le soutien ni auprès de sa famille, ni de ses amis, ni de la société, ni des institutions. Il lui faut assumer seule son enfant, travailler et chercher les moyens de construire une vie stable.

La naissance de Melak devient alors le point d’ancrage de son existence. Sa fille n’est pas un simple personnage du récit : elle est au cœur des choix de sa mère et de cette volonté de ne jamais renoncer.

«Le chagrin est un luxe… que je ne peux pas me permettre», écrit-elle. La formule résume une époque où la douleur doit souvent céder la place à l’urgence. Myriam est encore une jeune femme lorsqu’elle doit apprendre à être mère, à gagner sa vie et à protéger son enfant.

Le roman donne ainsi à voir une réalité sociale rarement racontée sans détour : celle d’une jeune femme confrontée à la maternité précoce, à l’isolement et au poids du jugement collectif.

Quand l’injustice s’invite dans le récit

Le livre aborde également une autre épreuve, celle du rapport à la justice.

Myriam raconte avoir porté plainte contre Karim. Au terme de la procédure, le tribunal le déclare non coupable. Pour l’héroïne, cette décision laisse pourtant derrière elle un profond sentiment d’injustice.

Le personnage va jusqu’à affirmer que les procureurs et les juges sont « dans sa poche ». Dans le contexte du roman, cette phrase en dit long sur son assurance et sur le rapport de force qu’il cherche à instaurer.

L’autrice ne transforme pas cet épisode en démonstration judiciaire. Elle raconte ce qu’elle a vécu et surtout ce que cette expérience produit chez elle. La décision du tribunal constitue un fait du récit ; le sentiment d’injustice appartient à l’expérience de la protagoniste.

Cette distinction permet à Myriam Rature de conserver au roman sa dimension humaine. Ce qui compte ici n’est pas de rejuger l’affaire, mais de montrer ce que représente, pour une femme déjà fragilisée, le sentiment de ne pas avoir été entendue.

Le roman réserve enfin une place particulière à une figure dont l’apparition tardive constitue l’un de ses principaux ressorts narratifs. Son arrivée intervient vers la fin de ce premier tome et il serait dommage d’en dévoiler davantage.

Cette présence se distingue par sa bienveillance. Elle prend peu à peu la dimension d’un véritable ange gardien : quelqu’un qui écoute, transmet, encourage et permet à l’héroïne de découvrir des ressources qu’elle porte déjà en elle.

La force de cette rencontre tient aussi à l’incertitude qu’elle entretient. Certains lecteurs et lectrices ont pu croire que cette relation allait prendre une tournure négative. Ils découvrent finalement une autre dimension du personnage et de sa place dans l’histoire.

Myriam Rature a donc raison de préserver cette surprise. Donner son identité ou raconter ce qui se joue ensuite reviendrait à priver les futurs lecteurs de l’un des moments importants du premier tome.

Cette figure devient ainsi un personnage clé sans être un personnage annoncé. Sa présence se découvre, puis se comprend.

Le prix d’un toit, une conquête

Le titre du roman ne renvoie pas uniquement au logement. Le toit devient progressivement le symbole d’une sécurité recherchée, d’une stabilité et d’une place que l’héroïne veut enfin pouvoir occuper pleinement.

Cette quête passe par le travail, les responsabilités, les choix difficiles et les occasions qu’il faut savoir saisir. Rien n’est présenté comme acquis. La trajectoire est faite d’obstacles, mais aussi de décisions qui permettent peu à peu de changer de position.

Avec ‘‘Le prix d’un toit’’, Myriam Rature transforme donc son histoire en une fiction qui aborde des sujets plus larges : la maternité précoce, la condition de mère célibataire, l’absence de soutien, la précarité, le regard social et le sentiment d’injustice.

L’écriture reste directe et accessible. L’autrice ne cherche pas à multiplier les effets de style. Elle privilégie les situations, les personnages et le mouvement de l’histoire, laissant au lecteur le soin de mesurer ce que chacun des épisodes produit sur l’héroïne.

Le livre a par ailleurs rencontré un public au-delà du cercle des premiers lecteurs. L’année dernière, ‘‘Le prix d’un toit’’ s’est classé à plusieurs reprises parmi les meilleures ventes Amazon de la catégorie «fiction biographique», atteignant la première place du Top 15 et figurant également plusieurs fois dans le Top 20. L’ouvrage a connu trois ruptures de stock sur la plateforme.

Au terme de cette lecture, ‘‘Le prix d’un toit’’ apparaît comme le parcours d’une femme qui refuse de laisser son passé décider seul de son avenir. Une mère célibataire devenue adulte dans l’adversité, qui a dû apprendre à compter sur elle-même et à protéger sa fille dans un environnement où le soutien faisait défaut.

Le toit du titre prend alors tout son sens. Il ne représente plus seulement quatre murs et un espace où vivre. Il devient la matérialisation d’une conquête : celle d’une vie choisie, d’une sécurité obtenue et d’une liberté enfin assumée.

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Robotique : La Tunisie décroche la première place à la Coupe du monde ouverte en Chine

La Tunisie s’est une nouvelle fois illustrée sur la scène internationale de la robotique. L’équipe nationale tunisienne de robotique a décroché la première place et remporté une coupe dans l’épreuve de programmation robotique, à l’occasion de sa participation à la Coupe du monde ouverte organisée en Chine.

Selon l’Association tunisienne pour l’avenir des sciences et de la technologie (ATAST), qui encadre la participation tunisienne, les jeunes représentants tunisiens ont réalisé une performance remarquable dans les différentes disciplines de la compétition, avec un total de 45 médailles remportées, entre médailles d’or, d’argent et de bronze.

Cette performance porte la signature de 14 jeunes membres de l’ATAST, qui ont représenté la Tunisie lors de cette compétition internationale. Il s’agit d’Amin Warajini, Kenza Aouni, Mohamed Ali Boulaaras, Fatma Saheli, Maram Ben Sidhom, Oussama Monastiri, Nour Ben Salah, Omar Kilani, Batoul Naqbi, Taha Kahoul, Aziz Gafsi, Iris Bousma, Ayoub Aouin et Yasmine Touil.

Avec ces nouvelles distinctions, le nombre total de médailles remportées par les membres de l’ATAST atteint désormais 695 médailles, souligne l’association.

Une nouvelle consécration dans un palmarès international déjà riche

Cette nouvelle performance s’inscrit dans une série de succès obtenus par de jeunes Tunisiens dans les grandes compétitions internationales de robotique. En 2017, lors du FIRST Global Challenge à Washington, l’équipe tunisienne avait notamment remporté une médaille d’or et une médaille d’argent. La Tunisie avait également obtenu de nouvelles distinctions lors de l’édition 2018 de cette compétition mondiale.

Lire aussi : Les Coréens misent sur la chirurgie robotique en Tunisie

Plus récemment, en 2025, une équipe tunisienne encadrée par l’ATAST avait décroché la première place ainsi que plusieurs médailles lors de compétitions internationales organisées en Chine. En juillet 2026, l’équipe tunisienne Night Fury s’était également imposée dans une compétition internationale de robotique de combat à Istanbul.

Le nouveau succès obtenu en Chine vient ainsi confirmer la régularité des performances tunisiennes dans ce domaine et la montée en puissance des jeunes talents du pays dans les disciplines liées à la programmation, à la robotique et aux nouvelles technologies.

14 jeunes Tunisiens à l’honneur

Les distinctions obtenues en Chine portent le nom de 14 jeunes membres de l’ATAST : Amin Warajini, Kenza Aouni, Mohamed Ali Boulaaras, Fatma Saheli, Maram Ben Sidhom, Oussama Monastiri, Nour Ben Salah, Omar Kilani, Batoul Naqbi, Taha Kahoul, Aziz Gafsi, Iris Bousma, Ayoub Aouin et Yasmine Touil.

À travers ce nouveau palmarès, l’ATAST souligne l’importance de l’encadrement et de la formation des jeunes dans les domaines scientifiques et technologiques, alors que les compétitions internationales de robotique constituent désormais un important terrain de détection et de valorisation des compétences.

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Comment les Émirats ont-ils conquis Washington ?

Il y a vingt ans, les Émirats arabes unis ont voulu acquérir, via leur entreprise de gestion portuaire DP World (Dubai Ports World), six ports américains ce qui a provoqué une levée de boucliers à Washington et l’opération a fini par capoter. Après deux décennies, la situation a complètement changé et les Émirats sont devenus le chouchou des États-Unis au Moyen-Orient. Ce changement a nécessité un investissement de sommes colossales dans le lobbying et le recours massif aux sociétés de relations publiques mais également la lune de miel entre Abou Dhabi et Tel Aviv a consolidé la place des Émirats à Washington. L’inamovible ambassadeur émirati aux États-Unis Youssef Al-Otaiba, en poste depuis juillet 2008, a également joué un rôle clé.

Imed Bahri

Dans le Financial Times, Abigail Hauslohner, correspondante du journal britannique à Washington, a révélé comment les Émirats ont gagné les faveurs de Washington. Selon elle, Abou Dhabi a déployé une stratégie mêlant argent et charme pour devenir l’un des alliés les plus importants des États-Unis au Moyen-Orient. 

Pour parvenir à cette position, les Émirats ont tiré les leçons de leurs erreurs passées. Il y a vingt ans, précisément en février et mars 2006, ils se trouvaient au cœur d’une tempête politique à Washington lorsqu’une offre de l’État du Golfe visant à acquérir six grands ports maritimes américains par le biais de DP World, la multinationale émiratie basée à Dubaï, reconnue comme l’un des leaders mondiaux de la logistique et de la gestion portuaire, a suscité une vive controverse au sein du Congrès américain.

Cette offre intervenait cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, dont deux des pirates de l’air étaient Emiratis. À l’époque, certains membres du Congrès affirmaient que les Émirats étaient une plaque tournante du financement d’Al-Qaïda et un «problème persistant en matière de lutte contre le terrorisme», mettant en garde contre une grave menace pour la sécurité nationale américaine si les Émirats étaient autorisés à gérer des ports stratégiques.

Ni les membres du Congrès ni les opposants à l’offre ne semblaient se soucier du fait que les Émirats étaient le seul pays arabe à avoir déployé des troupes en soutien à la guerre américaine en Afghanistan et que l’administration Bush avait soutenu l’accord portuaire. Ce tollé avait contraint DP World à retirer son offre.

Cette affaire marqua un tournant pour les Émirats et leurs relations avec les États-Unis. À Abou Dhabi, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, alors prince héritier d’Abou Dhabi, convoqua une réunion d’urgence avec ses conseillers. Il expliqua que cette «crise» avait révélé une profonde incompréhension chez la plupart des Américains au sujet des Émirats et qu’il était temps de corriger cette idée fausse.

L’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient

Vingt ans plus tard, ils y parvinrent. Mohammed ben Zayed devint président des Émirats et l’État du Golfe se transforma en l’un des plus fidèles alliés des États-Unis au Moyen-Orient.

Le 28 juillet, l’armée américaine annonça sa collaboration avec les Émirats pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle militaire. Outre ses liens militaires, les Émirats ont investi massivement aux États-Unis, via leur fonds souverain de 1 700 milliards de dollars et des entreprises publiques, ainsi que dans les intérêts commerciaux de la famille du président Donald Trump. Le Congrès, à majorité républicaine, se montre moins préoccupé qu’auparavant par les investissements dans des secteurs sensibles pour la sécurité nationale américaine. Trump a récemment accordé aux Émiratis l’accès à certaines des puces informatiques américaines les plus récentes, quelques mois seulement après qu’un prince émirati a investi 500 millions de dollars dans l’entreprise de cryptomonnaies de la famille Trump.

Cependant, tout n’a pas toujours été rose. Les Émirats ont notamment été irrités par la signature, par Washington, de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. La guerre menée par Trump contre l’Iran a mis à l’épreuve les limites de l’influence de Ben Zayed, les Émirats devenant une cible privilégiée des représailles iraniennes. Le déluge de missiles et de drones iraniens a soulevé des questions quant à la stabilité du pays et à la viabilité de son ambition de devenir un pôle technologique mondial.

Le FT cite Barbara Leaf, ancienne ambassadrice des États-Unis à Abou Dhabi (2014-2018) puis secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires du Proche-Orient : «Les Émiratis savent qu’ils ont une influence et une présence, mais en fin de compte, ils n’ont eu aucun mot à dire dans une guerre qui a éclaté à leur frontière et ont subi de plein fouet les attaques».

Le renforcement des liens avec Israël

Néanmoins, la guerre a renforcé la conviction, largement répandue à Abou Dhabi, qu’il était nécessaire de consolider les liens. Abou Dhabi a stratégiquement fondé sa relation avec les États-Unis sur son partenariat et sur le renforcement de ses liens avec Israël. Les autorités affirment que le pays entend non seulement poursuivre sur cette voie mais aussi approfondir ces liens.

Mais comment ce partenariat et cette coopération se sont-ils développés ? Selon le journal britannique, cela est lié au rôle de l’ambassadeur d’Abou Dhabi à Washington, Youssef Al Otaiba, ancien conseiller de Ben Zayed et diplômé de l’université de Georgetown. Il a été envoyé à Washington en 2008 afin de présenter aux Américains une image différente des Émirats. Grâce à un vaste réseau de lobbyistes influents, il a réussi. Quel est son principal outil ? L’argent. Les Émirats ont dépensé plus de 270 millions de dollars à Washington au cours de la dernière décennie, selon OpenSecrets, un site web qui analyse les flux financiers de la politique américaine. Avec leurs voisins du Golfe, l’Arabie saoudite (422 millions de dollars) et le Qatar (269 millions de dollars), les Émirats figurent parmi les dix premiers pays au monde en matière de dépenses dans les relations publiques.

Les Émirats ont également investi massivement dans certains des plus importants think tanks de Washington, notamment l’Atlantic Council, le Center for Strategic and International Studies et la Rand Corporation. Ils ont aussi accueilli des dizaines de conférences et de séminaires internationaux.

Un ancien haut responsable du Département d’État a décrit le rôle de l’ambassadeur des Émirats en ces termes : «Al-Otaiba n’a ménagé aucun effort pour organiser des événements mondains afin de s’attirer les faveurs de ses partisans au sein des deux partis». Le responsable a ajouté : «Il est étonnant de constater le nombre d’anciens responsables qui ont publié des tribunes vantant les mérites de la relation prétendument mutuellement avantageuse entre les États-Unis et les Émirats».

Une oasis de libéralisme de façade dans un région conservatrice

Le journal souligne qu’Al-Otaiba a exploité l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en Turquie en 2018 pour présenter les Émirats comme un phare de modernité et d’espoir, abritant un Dubaï modéré et favorable aux entreprises, une oasis de libéralisme de façade dans une région majoritairement musulmane et conservatrice.

Al-Otaiba a incité les responsables politiques américains à se rendre aux Émirats, a piloté les efforts de l’ambassade auprès du Congrès, des groupes de réflexion, des universités, des écoles et des médias, et a organisé des réceptions pour l’élite de Washington.

Lors de la première campagne de Trump, Al-Otaiba a tissé des liens étroits avec Jared Kushner, le gendre du président, devenu par la suite l’un de ses principaux conseillers pour les affaires du Moyen-Orient.

Cette relation a conduit les Émirats à normaliser leurs relations avec Israël en 2020 et ce, dans le cadre des Accords d’Abraham. Un ancien responsable du Département d’État a décrit la décision des Émiratis de normaliser leurs relations en ces termes : «Ils ont su anticiper l’avenir et comprendre les priorités des États-Unis et ils ont réalisé qu’Israël était un moyen de se rapprocher de l’administration Trump». Il a ajouté: «Cette relation étroite avec Israël leur a permis d’échapper aux critiques dont ils faisaient l’objet»

Citant des sources proches de la famille régnante, le FT indique que le renforcement des liens avec les États-Unis sert plusieurs objectifs stratégiques pour Ben Zayed notamment diversifier l’économie et réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, faire des Émirats un pôle mondial de l’IA et s’affranchir de la domination de l’Arabie saoudite, principale puissance régionale.

Après deux décennies d’échecs dans la conquête de grands ports maritimes américains, les Émirats ont progressivement commencé à investir dans un secteur bien plus lucratif. Des fonds d’investissement publics, tels que Mubadala, le fonds souverain d’Abu Dhabi, et MGX, dirigé par le conseiller à la sécurité nationale des Émirats et frère du président, Cheikh Tahnoun bin Zayed Al Nahyan, ont noué d’importants partenariats avec des entreprises technologiques comme OpenAI et XAI.

Ces fonds ont également acquis une participation majoritaire dans le fabricant de semi-conducteurs GlobalFoundries et réalisé des investissements significatifs dans Cerebras Systems, un autre fabricant de semi-conducteurs, et Allied Data Centers, un développeur de centres de données. Abu Dhabi a également connu une avancée majeure avec la décision du département du Commerce américain d’autoriser la vente de puces électroniques de pointe aux Émirats et de lever les restrictions sur leurs exportations. L’ambassadeur Al Otaiba a salué cet accord, le qualifiant de «réalisation importante fruit d’une coopération continue». Cependant, les démocrates ont une opinion différente. La représentante de l’Arizona Yasmin Ansari l’a décrit «comme peut-être l’un des cas de corruption les plus importants et les plus flagrants de l’histoire des États-Unis».

Depuis des années, des responsables de la sécurité nationale et des membres du Congrès mettent en garde contre les risques liés à l’accès des Émirats aux puces électroniques de pointe. Selon eux, cela exposerait les technologies américaines les plus sensibles à un risque d’acquisition par la Chine, leur principal rival mondial, avec laquelle les Émirats arabes unis entretiennent des liens commerciaux et technologiques étroits. L’administration Trump et les Émirats arabes unis affirment avoir pris des mesures pour protéger ces technologies.

Une politique étrangère qui fait grincer des dents

Cependant, certains responsables et anciens parlementaires restent sceptiques. «Abou Dhabi a cultivé avec les États-Unis une relation qui sert largement les intérêts des Émirats mais qui nuit à la politique étrangère américaine et à nos intérêts nationaux», déclare un ancien responsable du Département d’État.

Même au sein de l’administration Trump, la politique d’Abou Dhabi peut faire grincer des dents comme cela a été le cas à cause de la livraison d’armes lourdes aux Forces de soutien rapide, la milice soudanaise de Hemedti Dagalo accusée de crimes de guerre.

L’année dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que les Émirats arabes unis «soutenaient ouvertement une entité commettant un génocide au Soudan», une accusation que les Émirats arabes unis réfutent. Cependant, les membres du Congrès ont systématiquement voté contre les tentatives du Congrès de bloquer les ventes d’armes à Abou Dhabi, arguant qu’il s’agit d’un allié stratégique. 

Les Émirats ont également échappé à des sanctions sévères pour leur rôle de plaque tournante du financement illicite de l’Iran. Ce rôle était crucial pour la survie du régime iranien avant la guerre, au point que Trump a déclaré cette année que les Émirats arabes unis étaient «le banquier de l’Iran».

Une analyse du Financial Times sur les sanctions du Trésor américain contre l’Iran a révélé que les Émirats étaient le deuxième pays le plus fréquemment cité après la Chine, malgré la position traditionnellement intransigeante d’Abou Dhabi à l’égard de Téhéran. Sur les 1 573 entités et individus sanctionnés pour leurs liens avec un pays autre que l’Iran, 22% possèdent la nationalité émiratie ou ont une adresse ou une entreprise enregistrée aux Émirats.

«Les Émirats exercent une influence considérable ici à Washington, une influence excessive», déclare le sénateur Van Hollen, démocrate du Maryland, qui ajoute : «Ils ont donc pu agir impunément, contrairement à d’autres pays». Malgré toute cette influence, les Émirats n’ont pas été en mesure d’empêcher les États-Unis et Israël de déclencher une guerre contre l’Iran cette année.

Cependant, depuis le début du conflit, les Émirats ont pris la décision radicale de renforcer leurs liens avec Washington et Israël, allant jusqu’à lancer des dizaines de frappes aériennes contre l’Iran.

Les Émirats se sont davantage rapprochés d’Israël et, en mai, se sont retirés de l’Opep dirigée par l’Arabie saoudite, renforçant ainsi leur position aux côtés de Trump, qui a toujours désapprouvé l’influence de l’Opep sur les prix du pétrole. Un responsable émirati ajoute que l’Arabie saoudite n’est plus la puissance dominante qu’elle était lors de la visite de Trump dans le Golfe l’année dernière.

Certains experts prévoient que privilégier les relations avec les États-Unis et Israël au détriment des alliances arabes régionales aura des conséquences néfastes. Andrew Leber, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Tulane, affirme qu’en agissant ainsi, les Émirats risquent de sacrifier leur indépendance stratégique à ces pays.

Certains démocrates estiment également que les Émirats arabes unis devront rendre des comptes si le Parti démocrate reprend le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre, ce qui pourrait ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires.

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