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Libye : la démission surprise du gouverneur de la Banque centrale ravive les inquiétudes

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Naji Issa, a annoncé sa démission lundi 10 août, sans en préciser les raisons. Nommé en 2024 dans le cadre d’un compromis politique qui avait permis de sortir d’une grave crise pétrolière et financière, son départ intervient alors que le pays reste profondément divisé entre les autorités de l’Ouest et celles de l’Est.

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Naji Issa, a présenté lundi 10 août sa démission, sans en préciser les raisons. Nommé en septembre 2024 dans le cadre d’un compromis politique, il avait contribué à mettre fin à une grave crise liée à l’arrêt de la production pétrolière, rapportent des médias.

La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Marii al-Barassi, avait été approuvée à l’unanimité par 108 députés du Parlement basé dans l’est du pays, avec le soutien de l’ONU. Ce compromis avait permis de sortir de l’impasse provoquée par l’éviction de Seddik el-Kebir, gouverneur de la BCL depuis 2012.

En réaction à cette éviction, les autorités de l’est de la Libye, contrôlées par le camp du maréchal Khalifa Haftar, avaient suspendu en août 2024 la production et les exportations de pétrole. La production nationale était alors passée d’environ 1,2 million à 600 000 barils par jour, provoquant d’importantes pertes pour un pays dont les recettes dépendent largement des hydrocarbures.

L’arrivée de Naji Issa avait permis de rétablir progressivement la situation et de relancer la production pétrolière. Mais la Libye reste profondément divisée entre deux pouvoirs rivaux : le gouvernement basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, et les autorités de l’est soutenues par le clan Haftar.

L’annonce de la démission n’a pas encore suscité de réaction officielle du Parlement. Le président du Haut Conseil d’État, Mohammed Takala, a toutefois appelé Naji Issa à rester en fonction afin de préserver la stabilité financière et économique du pays et d’éviter d’éventuels abus dans l’utilisation des devises.

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Libye : Assassinat d’un général, un coup dur pour Haftar

Le général Fawzi al-Mansouri, directeur de l’administration des renseignements militaires relevant du commandement général des forces de l’Est libyen, a été tué lundi soir à Benghazi dans l’explosion d’un engin visant son véhicule, rapportent plusieurs médias libyens.

Selon le quotidien libyen Al-Wasat, l’explosion s’est produite dans le secteur d’al-Hawari, à proximité de la mosquée Aïcha. Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre un véhicule en feu sur une route secondaire, présenté comme celui du général al-Mansouri. Les autorités n’avaient initialement fourni que peu de détails sur les circonstances de l’attaque.

L’information a ensuite été confirmée par les autorités de l’Est libyen ainsi que par le commandement général, qui a annoncé la mort du responsable du renseignement militaire. Plusieurs médias arabes ont également rapporté l’assassinat.

Un proche du dispositif militaire de Khalifa Haftar

Fawzi al-Mansouri occupait une fonction particulièrement sensible au sein de l’appareil militaire de l’Est. Il dirigeait les renseignements militaires du camp du « commandement général », dirigé par le maréchal Khalifa Haftar.

Son parcours montre une proximité ancienne et directe avec les forces de Haftar. En 2019, il était notamment commandant de l’axe d’Aïn Zara, au sud de Tripoli, lors de l’offensive menée par les forces de Haftar contre la capitale. Des archives médiatiques le présentent alors explicitement comme un commandant des forces relevant de Haftar.

Lire aussi : Frontière tuniso-libyenne : Tripoli lance la première phase d’un système de surveillance sur 200 km

En août 2021, Khalifa Haftar l’avait nommé commandant de la région militaire de Sebha. Al-Mansouri avait auparavant commandé les opérations dans les secteurs d’Aïn Zara et de Wadi al-Rabi, au sud de Tripoli.

Il était encore cité en mai 2026 parmi les principaux responsables militaires réunis à Benghazi autour du chef d’état-major Khaled Haftar. Il occupait alors officiellement le poste de directeur de l’administration des renseignements militaires.

De quel « clan » était-il ?

Fawzi al-Mansouri appartenait au régime de Khalifa Haftar et faisait partie de la chaîne de commandement des forces de l’Est libyen.

En revanche, il faut être prudent avec la notion de « clan ». Les sources consultées ne permettent pas d’établir de manière suffisamment fiable une appartenance tribale précise de Fawzi al-Mansouri. Son nom de famille, « al-Mansouri », ne suffit pas à déterminer sa tribu.

Ce qui est documenté, en revanche, est son appartenance au dispositif militaire de Haftar : il a commandé plusieurs secteurs stratégiques pour les forces de l’Est avant de prendre la direction des renseignements militaires.

L’assassinat d’un responsable occupant une telle position pourrait donc avoir des implications importantes pour l’appareil sécuritaire de l’Est libyen. À ce stade, toutefois, aucune source officielle ne permet d’attribuer l’attaque à un groupe ou à une faction déterminée.

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Frontière tuniso-libyenne : Tripoli lance la première phase d’un système de surveillance sur 200 km

La Libye a lancé un dispositif de surveillance optique et thermique destiné à couvrir environ 200 kilomètres de sa frontière avec la Tunisie. Porté par le ministère libyen de l’Intérieur et développé en coopération avec la mission européenne EUBAM, ce projet intervient alors qu’un système électronique couvre déjà le côté tunisien.

Un dispositif de 200 km déployé à Al-Assa

La Garde-frontière libyenne, relevant du ministère de l’Intérieur du Gouvernement d’unité nationale établi à Tripoli, a annoncé le 6 août 2026 le lancement de la première phase de son programme de surveillance électronique. L’information a été publiée par le ministère libyen de l’Intérieur et relayée par l’agence italienne ANSA.

Le dispositif prévoit l’installation de caméras optiques et thermiques afin d’assurer une surveillance continue, de jour comme de nuit. Selon les autorités libyennes, il doit contribuer à lutter contre la criminalité transfrontalière, la contrebande et la migration irrégulière.

Une délégation composée de responsables libyens et de représentants européens s’est rendue dans le secteur d’Al-Assa pour examiner l’avancement des travaux. Cette première phase s’inscrit dans la stratégie 2026-2027 de la Garde-frontière libyenne.

Une coopération avec EUBAM Libya

Le projet est développé en coopération avec la Mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye, EUBAM Libya. Celle-ci fournit notamment des conseils techniques et contribue au renforcement des capacités des autorités libyennes chargées de la gestion des frontières.

Selon le Conseil de l’Union européenne, son mandat a été prolongé jusqu’au 30 juin 2027. Un budget de près de 52 millions d’euros lui est alloué pour l’ensemble de ses activités entre juillet 2025 et juin 2027.

Cette enveloppe ne constitue donc pas le budget spécifique du dispositif d’Al-Assa. Le coût des installations et le calendrier complet de leur déploiement n’ont pas été communiqués.

Un dispositif parallèle au système tunisien

La Tunisie dispose depuis plusieurs années d’un système électronique couvrant sa frontière avec la Libye, de Ras Jedir à Borj El Khadra. Annoncé en 2017, ce dispositif comprend des points de contrôle fixes et mobiles ainsi que des caméras thermiques et de détection de mouvement.

Le programme, lancé en 2016 par la Tunisie, les États-Unis et l’Allemagne, était évalué à plus de 100 millions de dollars pour ses deux premières phases, selon l’ambassade américaine à Tunis.

Le 27 avril 2026, le département d’État américain a également autorisé une vente militaire éventuelle de 95 millions de dollars demandée par la Tunisie pour la troisième phase. Elle comprend notamment des radars, des caméras thermiques, des véhicules et des équipements de communication.

Les informations publiées par les autorités libyennes ne précisent pas si les systèmes installés des deux côtés pourront échanger des données. Une éventuelle coordination serait particulièrement importante autour de Ras Jedir, principal passage terrestre pour les voyageurs et les échanges commerciaux entre les deux pays.

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Caméras sur 200 km le long de la frontière libyenne avec la Tunisie

La Garde-frontière libyenne, qui relève du ministère de l’Intérieur du Gouvernement d’unité nationale de Tripoli, a lancé la première phase d’un projet de surveillance électronique destiné à couvrir environ 200 kilomètres de la frontière occidentale de la Libye, le long de la frontière avec la Tunisie. Est-ce que cela va se traduire par une baisse des flux de migrants illégaux subsahariens vers la Tunisie ? On attendra pour voir si ce machin, entre les mains des gardes frontières libyens, va servir à cela ou… à autre chose de plus inavouable.

Cette initiative, communiquée par la Garde-frontière libyenne sur sa page Facebook officielle et relayée par le ministère libyen de l’Intérieur, est menée en collaboration avec la mission de l’Union européenne (UE) d’assistance à la gestion intégrée des frontières en Libye (Eubam), précise l’agence italienne Ansa, ajoutant qu’une délégation conjointe s’est rendue dans le secteur frontalier d’Al-Assa, dans la partie nord de la frontière libyo-tunisienne, pour vérifier la mise en œuvre des travaux prévus dans le cadre de cette première phase.

Le projet comprend l’installation d’un système de surveillance optique et thermique reposant sur des caméras et des technologies de pointe, conçu pour surveiller la zone frontalière 24 heures sur 24, de jour comme de nuit.

Selon la Garde-frontière libyenne, ces équipements devraient améliorer les capacités d’observation et de détection précoce des menaces, tout en renforçant la préparation opérationnelle des unités déployées dans la zone.

Ce système vise également à soutenir la lutte contre la contrebande, la migration irrégulière et la criminalité transfrontalière.

La coopération dans la zone d’Al-Assa avait déjà été identifiée comme prioritaire en 2024, lors de la première réunion du comité conjoint entre les autorités libyennes et l’Eubam. Les parties avaient convenu de concentrer une première phase d’interventions sur le renforcement des capacités libyennes à Al-Assa et au poste-frontière de Ras Jedir, principal point de passage terrestre entre la Libye et la Tunisie. Eubam est une mission civile de l’UE chargée d’aider les autorités libyennes à gérer les frontières terrestres, maritimes et aériennes, ainsi qu’à lutter contre la traite des êtres humains, le trafic de migrants, la criminalité transfrontalière et le terrorisme. Son mandat actuel a été prorogé jusqu’en juin 2027.

I. B.

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Libye : Des affrontements près de la frontière tunisienne, une municipalité suspend ses activités

De nouveaux affrontements armés en Libye ravivent les inquiétudes à l’ouest du pays, à proximité de la frontière tunisienne. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, la municipalité de Zawiya Ouest (Az-Zawiya Al-Gharb) a annoncé, ce mardi 4 août, la suspension du travail dans l’ensemble de ses administrations afin de préserver la sécurité des employés et des citoyens.

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, le conseil municipal explique que cette décision intervient en raison des événements sécuritaires en cours dans la municipalité et les zones voisines.

Les autorités locales ont également lancé un appel à la population pour éviter tout déplacement sur plusieurs axes routiers jugés dangereux en raison des combats. Sont notamment concernés la route de la raffinerie, la route côtière ainsi que les axes reliant Rabesh, Al-Matrad et Sorman. Les habitants sont invités à faire preuve de la plus grande prudence jusqu’à une amélioration de la situation.

Une situation suivie de près en Tunisie

Pour les Tunisiens, ces développements sont observés avec une attention particulière en raison de la proximité géographique entre l’ouest de la Libye et le poste-frontière de Ras Jedir, principal point de passage entre les deux pays.

La stabilité de cette région est essentielle pour les échanges commerciaux, les déplacements des voyageurs et l’activité économique transfrontalière. À chaque regain de tensions en Libye occidentale, les autorités tunisiennes suivent de près l’évolution de la situation afin d’évaluer d’éventuelles répercussions sur la circulation aux frontières.

Lire aussi : Chaos en Libye : Des groupes ferment les conduites de gaz et font planer le risque d’un black-out électrique

Pour l’heure, les autorités locales libyennes appellent la population à limiter ses déplacements et à respecter les consignes de sécurité en attendant un retour au calme.

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Défense | L’expertise tunisienne au service du déminage en Libye

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul) veut tirer parti de l’expertise tunisienne pour renforcer les capacités libyennes en matière de déminage, de neutralisation des engins explosifs et de gestion des restes d’explosifs de guerre.

Une délégation du Service de lutte antimines des Nations Unies (Unmas) — dirigée par Ulrika Richardson, représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et coordonnatrice résidente et humanitaire pour la Libye — a récemment visité le Centre d’excellence tunisien de lutte contre les engins explosifs improvisés, situé à Bizerte, dans le nord de la Tunisie.

Selon un communiqué de la Manul, les discussions ont porté sur d’éventuels programmes de coopération spécialisée, notamment la formation de personnel libyen à la neutralisation des munitions non explosées, à l’élimination des engins explosifs et à la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

Mme Richardson a souligné que l’expertise développée par le centre tunisien pourrait compléter les capacités existantes au sein des institutions libyennes, contribuant ainsi à protéger les civils, à réduire les risques d’explosions accidentelles et à renforcer la sécurité en Libye et dans la région. Des attachés militaires italiens et allemands ont également pris part à cette visite.

Le centre de Bizerte, créé en 2015 et récemment reconnu par l’Unmas, mène des activités de formation et de renforcement des capacités aux niveaux national et régional pour lutter contre les EEI et procéder au déminage.

Selon les données des Nations Unies, les incidents liés à des engins explosifs en Libye ont causé au moins 175 décès et 312 blessures depuis mai 2020.

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Sécurité aux frontières : Tunis, Tripoli et Alger resserrent la coordination

Face à la persistance des réseaux de contrebande, des filières de migration irrégulière et des menaces terroristes dans l’espace saharo-maghrébin, la Tunisie, la Libye et l’Algérie poursuivent le renforcement de leur coopération sécuritaire. Réunis mardi 16 juin 2026 à Tripoli, les responsables des trois pays ont tenu la deuxième réunion du groupe de travail tripartite...

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Libye : une douzaine de Tunisiens arrêtés, l’OTDH dénonce des représailles

Alors que l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH) poursuit le suivi de plusieurs dossiers impliquant des ressortissants tunisiens en Libye, son président, Mostafa Abdelkebir, a révélé l’arrestation d’environ douze Tunisiens dans la région de Zaouïa. Selon lui, ces interpellations seraient liées à l’affaire de trois ressortissants libyens arrêtés et poursuivis en Tunisie. Lors d’une...

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