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Ezzeddine Zayani : « Le pacte de La Mecque peut être intéressant, mais… »

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont conclu un pacte de défense mutuelle dans un contexte marqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Au-delà de son annonce, son contenu reste encore imprécis : les mécanismes de riposte, le rôle des forces armées et la nature des menaces concernées ne sont pas clairement définis. Quelle analyse peut-on faire de ce pacte ? L’ancien diplomate Ezzeddine Zayani nous livre son analyse dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com.

Ezzeddine Zayani souligne que le pacte de La Mecque coïncide avec les récents développements qu’a connus la région, notamment la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Ce conflit a démontré que l’Iran n’était pas un adversaire facile à vaincre. Téhéran a montré qu’il disposait de capacités militaires suffisantes pour infliger des dommages importants à ses adversaires.

Il part du constat que les pays du Golfe, situés à proximité immédiate de l’Iran, ont particulièrement subi les conséquences de cette confrontation. Les attaques visant les infrastructures, les raffineries, les navires ou les installations stratégiques peuvent avoir des répercussions considérables sur la sécurité, les investissements, le transport aérien et l’activité économique de toute la région. C’est dans ce contexte que les trois pays ont cherché à mettre en place un dispositif qui ne repose pas exclusivement sur la protection américaine. L’objectif consiste à permettre aux États de la région de compter d’abord sur leurs propres moyens.

Une première alliance sans les USA

Le diplomate précise à cet égard que l’un des éléments les plus significatifs de cet accord réside dans l’absence des États-Unis. « Pour la première fois, trois puissances musulmanes concluent un pacte de défense sans la participation directe de Washington. Cette évolution revêt une grande importance sur le plan géopolitique. Elle traduit une volonté d’autonomie stratégique; même si l’accord ne signifie pas nécessairement une rupture avec les États-Unis. Washington demeure un allié majeur des pays du Golfe, mais ceux-ci semblent désormais vouloir diversifier leurs partenariats et réduire leur dépendance à l’égard d’une seule puissance », explique-t-il.

Le pacte intervient donc à un moment crucial, marqué par les conséquences de la guerre contre l’Iran et par les interrogations croissantes concernant la capacité des alliances traditionnelles à garantir la sécurité régionale. La principale question consiste dès lors à déterminer ce qui unit réellement les trois signataires et ce qu’ils cherchent à obtenir à travers cet accord.

Ezzeddine Zayani : « L’Arabie saoudite cherche à protéger ses projets économiques » 

Il estime comme suit : « L’Arabie saoudite cherche à réduire sa dépendance envers les États-Unis et à diversifier ses garanties de sécurité. Le royaume dispose de moyens financiers considérables, mais il souhaite transformer cette puissance financière en capacités militaires et en partenariats stratégiques plus solides. »

Toujours selon l’analyse d’Ezzeddine Zayani, Riyad veut également protéger ses infrastructures, ses voies maritimes, ses installations énergétiques et ses projets économiques. Une nouvelle attaque contre une raffinerie, un navire ou une infrastructure stratégique pourrait décourager les investisseurs, provoquer une fuite des capitaux et affecter des secteurs essentiels, notamment le transport aérien et le tourisme.

Il poursuit : « Pour l’Arabie saoudite, le pacte constitue une manière de « sauver les meubles ». Il s’agit de renforcer la dissuasion, de rassurer les investisseurs et d’éviter que le royaume ne devienne la principale victime des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis. »

La Turquie veut retrouver une place centrale

La Turquie entend, pour sa part, accroître son influence au Moyen-Orient. La montée en puissance de l’Iran a pu donner le sentiment qu’Ankara perdait une partie de son rôle dans la région. En rejoignant cet accord, la Turquie cherche à rappeler qu’elle demeure une puissance militaire et diplomatique incontournable.

Son appartenance à l’OTAN constitue également un atout particulier. Ankara peut ainsi se présenter comme un interlocuteur capable de dialoguer avec les puissances occidentales tout en participant à une initiative régionale indépendante.

Par ailleurs, la Turquie dispose d’une industrie de défense particulièrement développée, notamment dans les domaines des drones, des systèmes électroniques et des équipements terrestres. Le financement saoudien pourrait offrir à l’industrie militaire turque de nouvelles possibilités en matière de recherche, de production et d’exportation.

Le Pakistan veut sortir de son isolement

Le Pakistan tire également profit de cet accord. Il apporte une armée expérimentée, une position stratégique en Asie du Sud et une capacité militaire importante, notamment dans le domaine terrestre.

Ezzeddine Zayani précise : « La dimension nucléaire du Pakistan constitue un élément supplémentaire de dissuasion. Toutefois, le pacte ne précise pas que l’arsenal nucléaire pakistanais serait automatiquement mobilisé en cas d’attaque contre l’un des trois signataires. Il serait donc excessif de considérer que l’accord instaure une garantie nucléaire au profit de l’Arabie saoudite ou de la Turquie. Pour Islamabad, ce rapprochement permet surtout de renforcer son poids diplomatique et de sortir d’un certain isolement. La crise régionale lui a offert l’occasion de mettre en avant son rôle diplomatique, ses capacités de médiation et sa volonté de jouer un rôle plus important dans les affaires du monde musulman. Même si le pacte se présente comme défensif, il adresse un message à plusieurs acteurs, en premier lieu à l’Iran. Téhéran a d’ailleurs vivement critiqué l’accord, estimant qu’une entente “sur le papier” avec la Turquie et le Pakistan ne garantirait pas la sécurité de l’Arabie saoudite. »

Lire aussi — Pacte de La Mecque : vers une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ?

Cependant, la présence de la Turquie et du Pakistan peut contribuer à réduire le caractère ouvertement hostile du pacte à l’égard de l’Iran. Ces deux pays ne sont pas nécessairement considérés comme des ennemis directs de Téhéran. Leurs relations avec l’Iran sont complexes, mais elles ne reposent pas uniquement sur une logique de confrontation.

Cette configuration pourrait permettre aux signataires de renforcer leur sécurité sans donner l’impression de constituer un front entièrement dirigé contre l’Iran. Le pacte pourrait ainsi chercher à dissuader, Téhéran tout en évitant une escalade directe. « L’accord peut également être interprété comme un message adressé à Israël. Les relations entre le Pakistan et Israël restent tendues. Tandis que la proximité stratégique entre Israël et l’Inde constitue une source de préoccupation pour Islamabad. De son côté, l’Arabie saoudite n’a pas adopté une position totalement catégorique à l’égard des accords d’Abraham », poursuit-il.

L’absence de l’Égypte

L’absence de l’Égypte constitue un autre élément important, rappelle Ezzeddine Zayani. Tout en ajoutant : « Le Caire n’a pas été associé au pacte, alors qu’il représente une puissance militaire et politique majeure dans le monde arabe. L’absence de l’Égypte pourrait donc traduire la volonté de Riyad de préserver un équilibre diplomatique délicat et d’éviter d’élargir le pacte à l’ensemble du Moyen-Orient. Il s’agit peut-être également de limiter l’implication des grandes puissances régionales et de maintenir l’accord dans un cadre strictement défensif et trilatéral. »

Un pacte encore muet sur plusieurs points

La principale faiblesse de l’accord réside dans le manque de précisions concernant sa mise en œuvre. Le texte ne permet pas encore de savoir comment les trois pays réagiraient concrètement à une attaque.

Plusieurs questions restent ouvertes : les cyberattaques seront-elles considérées comme des actes d’agression ? Les sabotages contre des infrastructures ou des navires déclencheront-ils une réponse collective ? Quelle sera la réaction en cas d’attaque menée par des milices ou des groupes non étatiques ? Les signataires devront-ils intervenir militairement ou pourront-ils se limiter à une assistance politique, logistique ou financière ? La riposte sera-t-elle graduée, automatique ou laissée à l’appréciation de chaque gouvernement ? Enfin, quel est exactement l’adversaire visé par le pacte?

Ezzeddine Zayani souligne à ce propos : « La crédibilité du pacte dépendra de la mise en place d’un commandement commun, d’exercices conjoints, de procédures de consultation et de mécanismes précis de financement et de riposte. En définitive, ce pacte peut être interprété comme une alliance de circonstance et, dans une certaine mesure, comme un accord de bon voisinage stratégique entre trois pays qui ont chacun leurs propres intérêts. »

Il poursuit : « La Turquie veut accroître son influence et valoriser son industrie de défense. Le Pakistan cherche à renforcer son rôle diplomatique et stratégique. L’Arabie saoudite souhaite garantir sa sécurité, protéger ses ambitions économiques et éviter de dépendre exclusivement de Washington. L’accord pourrait également contribuer à réduire les tensions dans le Golfe, dans la mesure où il ne semble pas explicitement dirigé contre l’Iran. Il pourrait offrir aux pays de la région une forme de protection régionale et limiter leur recours direct à une intervention américaine. »

Cependant, cette lecture reste conditionnée par les développements futurs. Le pacte demeure, pour l’instant, largement symbolique, car ses modalités concrètes d’intervention ne sont pas encore clairement établies. Chaque signataire peut y trouver son intérêt; mais les divergences entre les trois pays pourraient aussi limiter son efficacité.

Un tournant politique, mais pas encore une alliance militaire

En conclusion, Ezzeddine Zayani estime que « le pacte de La Mecque peut être intéressant, mais il reste malheureusement muet sur plusieurs points ».
En d’autres termes, ce pacte représente un instrument de dissuasion, une tentative d’autonomie stratégique et un exercice de diplomatie régionale destiné à éviter une nouvelle escalade.

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Port de Radès : plus de 100 voitures de Tunisiens résidant au Qatar bloquées

Des dizaines de Tunisiens résidant au Qatar ont eu la mauvaise surprise de voir leurs voitures saisies au port de Radès, bien qu’ils aient accompli toutes les démarches administratives et réglé l’intégralité des frais de transport.

Cette situation résulte d’un différend financier entre une société qatarie (appartenant à un Tunisien) chargée des procédures d’expédition des véhicules, et une société saoudienne ayant assuré l’opération de transport maritime. Les propriétaires des véhicules estiment être pris en otage dans un litige commercial qui ne les concerne pas.

Les propriétaires avaient contracté avec une société de transport enregistrée au Qatar et détenue par un Tunisien, après avoir payé l’intégralité des frais et complété toutes les démarches requises.

L’expédition avait débuté il y a environ quatre mois. Le trajet des véhicules est passé par l’Arabie Saoudite, puis la Turquie, avant l’Italie, pour finalement arriver au port de Radès. Ce changement d’itinéraire via l’Arabie Saoudite s’expliquerait par la situation sécuritaire dans le détroit d’Ormuz.

Les propriétaires ont suivi le parcours de leurs cargaisons en ligne pendant ces quatre mois, jusqu’à l’arrivée des voitures en Tunisie il y a environ deux semaines, où elles ont été dirigées vers les entrepôts du port de Radès.
Ces personnes  réclament des éclaircissements sur le statut de leurs véhicules et leur restitution, s’interrogeant sur le sort de plus de 100 voitures bloquées au port de Radès, malgré l’accomplissement de toutes les procédures et le règlement intégral des sommes dues.

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Pacte de La Mecque : vers une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient ?

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé un pacte de défense mutuelle à Djeddah; et ce, le vendredi 7 août 2026. L’accord a été paraphé par le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, et le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif.

Que faut-il penser de cet accord ?

Les informations rapportées par les médias occidentaux indiquent que ce pacte prévoit un renforcement de la dissuasion collective contre toute forme d’agression. « Toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre tous », assure le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Un modèle qui rappelle l’article 5 de l’OTAN.

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’Iran n’a pas manqué de critiquer ce pacte par la voix d’Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien. « Les Saoudiens doivent comprendre qu’un accord sur le papier avec la Turquie et le Pakistan ne garantira pas leur sécurité, pas plus que des années de soutien unilatéral aux Américains ne l’ont garantie ». Et d’appeler Riyad à revoir ses politiques « afin de ne plus avoir à implorer la sécurité d’autrui ».

Lire aussi – Moyen-Orient : trois puissances, un bouclier, cet axe défensif doit-il inquiéter l’Occident?

 

De ce point de vue, on peut dire que même si cet accord représente un signal important sur le plan géopolitique, il est encore trop tôt pour le présenter comme une véritable « OTAN du Moyen-Orient ». Sa portée dépendra surtout des mécanismes militaires concrets qui seront adoptés : planification commune, commandement, exercices, financement et définition précise de la riposte en cas d’attaque.

La grande question est donc de savoir quel est l’intérêt commun de ces trois pays et, plus encore, ce qu’ils cherchent réellement. Si l’on prend l’exemple de l’Arabie saoudite, on constate qu’elle cherche à réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis et à diversifier ses garanties de sécurité. Riyad dispose certes de moyens financiers considérables, mais souhaite également renforcer sa sécurité. Cela sera-t-il suffisant ?

Parallèlement, la Turquie entend accroître son influence au Moyen-Orient et promouvoir son industrie de défense, notamment dans les domaines des drones, des systèmes électroniques et des équipements terrestres.

Le Pakistan, quant à lui, apporte une armée expérimentée, une position stratégique en Asie du Sud ainsi qu’une dimension nucléaire. D’ailleurs, les deux pays avaient signé, en septembre 2025, un accord stipulant que le Pakistan apportait son « parapluie nucléaire » au Royaume des Wahhabited.

Lire également : Un parapluie nucléaire pakistanais pour l’Arabie saoudite ?

 

Un message adressé à plusieurs acteurs

L’accord répond clairement au sentiment d’insécurité qui s’est renforcé dans la région, notamment après les tensions et les conflits récents. Il ne s’agit cependant pas nécessairement d’un « axe sunnite » totalement homogène. La Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ces trois pays devront surtout définir des mécanismes militaires concrets, planification commune, commandement, financement et riposte précise en cas d’attaque pour donner une portée réelle à cet accord. 

Que dit l’article 5 de l’OTAN ?

Le traité de l’Atlantique Nord pose le principe de la défense collective : les Alliés considèrent toute attaque armée contre un ou plusieurs pays membres en Europe ou en Amérique du Nord comme une attaque dirigée contre tous et s’engagent à porter assistance à la partie attaquée. Cela signifie que cet article ne prévoit pas nécessairement une réponse militaire automatique et uniforme ; il laisse aux États une marge d’appréciation.

Pour l’instant, les signataires du pacte de La Mecque restent vagues sur leurs obligations opérationnelles exactes.

En somme, la crédibilité de cet accord dépendra de sa mise en œuvre et de la capacité des trois gouvernements à surmonter leurs divergences.
Wait and see…

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Accord de la Mecque | Pacte de défense entre trois puissances régionales sunnites

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé, vendredi 8 août 2026, «l’Accord de défense conjointe de La Mecque». Cet accord est une concrétisation du rapprochement opéré entre les trois puissance régionales sunnites. Samedi 9 août, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a indiqué que l’Égypte rejoindra ce pacte de défense. L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Imed Bahri

Le journal londonien arabophone Al-Sharq Al-Awsat rapporte que cette signature a eu lieu lors de l’Accord de défense conjointe de La Mecque signé par le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, par ailleurs Premier ministre d’Arabie saoudite; le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif.

Cet accord témoigne de l’engagement des trois pays à renforcer leur sécurité et à instaurer la paix et la stabilité dans la région et dans le monde, en vue d’un avenir sûr et prospère. Il s’appuie sur les liens historiques profonds qui unissent les trois pays, fondés sur la fraternité et la solidarité islamique, et ancrés dans des intérêts stratégiques communs et une étroite coopération en matière de défense.

Renforcement de la dissuasion conjointe

L’accord vise à renforcer la dissuasion conjointe face à toute agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il porte également sur le développement de la coopération en matière de défense dans tous les domaines.

Il convient de noter que la visite d’Erdoğan et de Sharif en Arabie saoudite s’est déroulée à l’invitation du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdelaziz, et qu’ils ont été reçus par le prince héritier Mohammed Ben Salmane au palais Al-Safa à La Mecque. Le Sommet conjoint de défense de La Mecque a permis de passer en revue les relations privilégiées entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, ainsi que plusieurs questions d’intérêt commun.

De son côté, le président turc a déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que «cet accord, fondé sur le principe de dissuasion collective, contribuera à renforcer notre coopération en matière de sécurité et de défense, à développer des projets communs dans les industries de défense et à lutter contre le terrorisme», soulignant qu’il est «ouvert à la participation de tous les pays frères qui aspirent à la paix, à la prospérité et à la stabilité dans notre région».

M. Erdogan a souligné que cet «accord réaffirme le droit à la légitime défense tel que stipulé à l’article 51 de la Charte des Nations Unies et n’est dirigé contre aucun pays», insistant sur le fait que «la Turquie maintiendra fermement sa position de principe dans la résolution des conflits et des crises par le dialogue et la diplomatie, dans le respect du droit international et conformément à sa vision de la souveraineté régionale».

De son côté, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s’est félicité de la signature de l’accord, le qualifiant d’avancée majeure qui renforcera la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde. Il a souligné que «l’accord renforcera les capacités de défense conjointes des trois pays et témoigne de leur engagement à bâtir un avenir sûr, stable et prospère pour leurs peuples», selon un communiqué publié par l’agence de presse pakistanaise.

Réaffirmation du droit à la légitime défense

Zardari a souligné que cet accord représente une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre les trois pays, et a exprimé l’espoir que cet accord historique contribuera à améliorer la sécurité, la paix et la prospérité et sera bénéfique au monde musulman.

De son côté, le Premier ministre Shahbaz Sharif, via son compte officiel sur X, a affirmé que cet accord «représente un moment charnière dans la coopération entre trois nations sœurs, dont les relations reposent sur la confiance mutuelle, un destin commun et la conviction de l’importance de consolider la sécurité et la stabilité et de préserver la paix régionale».

Il a ajouté que «la signature de cet accord dans la ville sainte de La Mecque lui confère une dimension historique et symbolique qui reflète la profondeur de notre responsabilité commune envers la sécurité de nos pays, au service des intérêts de nos peuples et au renforcement de la stabilité du monde musulman», espérant qu’il constituera «le fondement d’un partenariat stratégique durable qui permettra d’accroître la sécurité et la prospérité de nos trois pays et contribuera au bien-être du monde musulman et à la sécurité régionale».

Pour sa part, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, a déclaré sur son compte X que «cet accord établit un cadre pour un partenariat de défense à long terme, renforçant la dissuasion, la coordination et l’intégration entre nos nations sœurs et contribuant à la sécurité et à la stabilité de la région et du monde».

Dans le même esprit, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a expliqué que la signature de l’accord confirme la profondeur des relations fraternelles et stratégiques entre les trois pays soulignant qu’elle représente une étape importante dans leur coopération en matière de défense et concrétise la volonté commune d’unir les efforts pour faire face aux défis et aux menaces qui affectent la sécurité et la stabilité de la région.

Le prince Faisal bin Farhan a ajouté dans une publication sur X que «cet accord incarne la volonté politique commune des trois pays de protéger la sécurité et la stabilité, et de soutenir un environnement régional plus sûr, au service de nos pays et de leurs peuples, avec un impact positif sur l’ensemble de la région, et ouvre la voie à un avenir sûr où les opportunités de développement et de prospérité seront renforcées».

Intégration des capacités de défense

D’autre part, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que l’accord réaffirme les liens fraternels unissant les trois pays face aux défis sécuritaires et aux menaces militaires. Il leur permet également de développer des capacités de défense communes, une dissuasion stratégique, d’améliorer leur niveau de préparation et de travailler au développement et à l’intégration de leurs capacités de défense.

Par ailleurs, le diplomate Raed Qarmali, responsable au ministère saoudien des Affaires étrangères chargé de la diplomatie publique, a indiqué qu’outre le développement des capacités de défense communes et  leur intégration afin de faire face conjointement à toute menace à la sécurité de leurs territoires, toute attaque armée extérieure contre l’un des trois pays est considérée comme une attaque contre les trois. Il a toutefois souligné que cet accord ne reflète aucune intention de constituer un axe militaire ou un bloc sectaire ou religieux et n’est lié ni à des ambitions nucléaires ni à une course aux armements mais vise plutôt à renforcer durablement l(autonomie du pays.

Qarmali a précisé que cet accord ne compromet pas les solides relations stratégiques que l’Arabie saoudite entretient dans le Golfe, au niveau arabe et international, ne menace pas la sécurité d’aucun pays de la région et n’exacerbe pas les tensions entre les pays. Il a clarifié qu’il n’annule ni ne remplace aucun accord bilatéral ou multilatéral conclu entre ces pays ou avec d’autres pays et organisations.

Commentant cet accord, le professeur de communication politique Abdullah Al-Rifaï l’a qualifié d’«extrêmement important» puisqu’il contribue à garantir l’équilibre dans la région et renforce ainsi la sécurité et la stabilité au cœur du monde dans une région qui est une source d’énergie majeure et un axe maritime essentiel entre l’Est et l’Ouest. De ce fait, il estime que l’Accord de la Mecque renforce les perspectives de sécurité, de stabilité et de paix régionales.

Dans sa déclaration à Asharq Al-Awsat, Al-Rifaï note que la présence d’une puissance régionale capable de contrebalancer les autres puissances concurrentes dans la région favorisera le processus de sécurité, de paix et de stabilité, d’autant plus que les trois pays aspirent à la sécurité, à la stabilité et au développement et que l’accord s’inscrit dans ce cadre.

Le professeur de communication politique rappelle que l’accord ne vise aucun pays en particulier mais vise plutôt à renforcer les perspectives de paix et l’équilibre qui y conduit.

Dans un contexte similaire, l’expert en stratégie et en affaires militaires Faisal Al-Hamad a déclaré à Asharq Al-Awsat que «la signature de cet accord témoigne de la volonté de l’Arabie saoudite de coopérer avec les pays frères et amis afin de préserver la sécurité et la stabilité régionales et mondiales».

Un droit souverain des États

Al-Hamad a souligné que cet accord de défense relève du droit souverain de tout État et qu’aucune injonction extérieure ne s’applique à ce droit. Il a ajouté que cet accord n’est pas une réaction à la situation actuelle, mais le fruit de plusieurs années de discussions. Il ne constitue pas une alliance, il s’agit d’un accord de défense qui engage trois pays à préserver leur sécurité et leur stabilité, ce qui a un impact positif sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

L’expert en stratégie et en affaires militaires a souligné que cet accord est purement défensif, c’est-à-dire qu’il n’a pas pour but d’attaquer un pays ni de nuire aux intérêts d’un autre pays de la région ou d’ailleurs et qu’il n’affectera pas les diverses relations stratégiques que les trois pays entretiennent avec d’autres pays, qu’elles soient économiques, militaires ou politiques.

On remarquera au passage qu’aucun responsable ou analyste n’a cité Israël ou l’Iran, comme constituant des menaces potentielles pour la paix régionale et particulièrement pour les trois pays, mais il n’échappe à personne que ces menaces-là étaient présentes à l’esprit des dirigeants saoudiens, turcs et pakistanais au moment de la signature dudit accord. Ces trois alliés historiques des Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent plus compter sur ce pays pour assurer leur protection en cas d’agression extérieure.    

Concernant les domaines de coopération inclus dans l’accord, Al-Hamad a déclaré: «Cette alliance de défense repose sur le principe que toute attaque contre un pays sera considérée comme une attaque contre les trois. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’une question d’action et de réaction. En effet, lorsqu’un pays attaqué demande l’assistance des autres pays pour des opérations militaires et une entrée en guerre, les autres pays se joindront à lui. Ceci est similaire à l’article 5 du traité de l’Otan».

Quant aux futurs domaines de coopération, l’expert a évoqué les exercices militaires conjoints, le partage de renseignements, la coopération dans les industries de défense, la recherche et le développement, le transfert de technologies militaires et une coordination opérationnelle renforcée entre les forces armées des trois pays. Il a souligné que l’aspect le plus important est que «l’accord signé représente le cadre politique et juridique de cette alliance de défense trilatérale».

En attendant l’Égypte 

Selon le turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le président Recep Tayyip Erdogan souhaite voir l’alliance s’élargir et l’Égypte figure au nombre des candidats potentiels à une adhésion. M. Fidan a déclaré : «L’Égypte est déjà notre partenaire naturel sur toutes les questions. Je pense qu’à la prochaine étape, l’Égypte sera également avec nous au sein de l’alliance». Il a ajouté: «Selon la vision de notre président, nous ne devons pas nous limiter à trois pays. Nous devons nous développer et, si nécessaire, rassembler tous les pays sous ce même toit».

Il est à indiquerai que ces derniers mois, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Égypte se sont regroupés pour traiter des questions régionales dont la guerre d’Iran. La Turquie a indiqué que ce groupe baptisé R4 visait à consolider son partenariat grâce à des mécanismes concrets.

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Trump et l’Iran | L’échec d’une diplomatie du bluff

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, la stratégie américaine conduite par Donald Trump et ses conseillers   de «pression maximale» contre l’Iran s’est muée en impasse politique et militaire. Entre la réticence des alliés du Golfe, l’épuisement des stocks de missiles et l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump se retrouve pris au piège de sa propre diplomatie du bluff.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Lorsque les premiers missiles américains et israéliens ont frappé le sol iranien fin février dans le cadre de l’opération Epic Fury, Donald Trump reprenait une rhétorique qu’il affectionne : celle de la «paix par la force» théâtralisée. Sur ses réseaux sociaux, le président américain promettait au peuple iranien une «libération imminente», affirmant que le moment était venu de se libérer une fois pour toutes du joug des ayatollahs.

Les analystes les plus avertis s’interrogeaient sur la viabilité d’une telle posture : s’agissait-il d’une réelle démonstration de puissance ou des prémices d’un aveuglement stratégique ? Cinq mois plus tard, la réponse ne fait plus de doute. Le calcul trumpien reposait sur une équation simpliste issue du monde des affaires : appliquer une pression maximale par un déluge de feu pour provoquer l’effondrement immédiat du régime ou forcer une capitulation sans condition. Mais la géopolitique des crises de haute intensité ne répond pas aux règles de la négociation immobilière.

La résilience de Téhéran face à l’impuissance de la surenchère

Au lieu de provoquer le soulèvement populaire escompté ou la panique au sommet de l’État théocratique, l’attaque a déclenché un réflexe de survie institutionnel à Téhéran. La République islamique a promptement verrouillé l’appareil sécuritaire intérieur, étouffant toute contestation naissante, tout en déployant une stratégie de riposte asymétrique et régionale.

Face aux ultimatums répétés de Washington promettant «une destruction encore jamais vue dans l’histoire», Téhéran a choisi la fermeté et le harcèlement à distance. L’incapacité de Donald Trump à faire plier le régime est devenue flagrante : la surenchère verbale, dépourvue de stratégie terrestre ou de vision politique à long terme, a fini par étaler les limites du pouvoir militaire américain.

L’évolution du conflit au cours des cinq derniers mois a mis à nu la méthode Trump : une alternance permanente entre menaces apocalyptiques, reculades précipitées et décisions impulsives dictées par l’humeur du moment plutôt que par une doctrine cohérente.

La régionalisation du conflit (mars-avril) : Téhéran réplique en ciblant les infrastructures stratégiques et les bases alliées à travers le Moyen-Orient, étendant l’instabilité bien au-delà des frontières iraniennes.

Illusion du «deal» et le répit éphémère (mai-juin) : Pris de court par l’enlisement et obsédé par les indicateurs économiques, Trump décrète unilatéralement un cessez-le-feu en proclamant prématurément «victoire». Sans accord politique de fond, cette trêve n’a été qu’un mirage.

Crise navale et suspension des frappes (juillet-août) : la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz pousse la Maison-Blanche à ordonner de nouvelles frappes, avant de devoir se résoudre à les suspendre face à l’absence de résultats probants.

Le tournant saoudien et la fracture des alliés du Golfe

L’élément déclencheur du récent changement de cap à Washington ne provient pas d’une prise de conscience interne, mais d’un rappel à la réalité venu du Golfe. Subissant de plein fouet les tirs de missiles et de drones iraniens sur leurs raffineries, leurs ports et leurs aéroports, les monarchies arabes ont exprimé un ras-le-bol stratégique.

Le point de rupture a été atteint lors d’un entretien téléphonique entre Mohammed Ben Salmane et Donald Trump. Le souverain saoudien a demandé sans détour au président américain de cesser immédiatement les bombardements sur l’Iran. Le constat présenté par Riyad était sans appel : faute de succès militaire décisif et sans perspective réelle de changement de régime, poursuivre ces frappes ne faisait que transformer les pays du Golfe en cibles privilégiées, tout en resserrant les rangs de la population iranienne derrière ses dirigeants.

En Europe, la gestion de la crise par Donald Trump a fini de détruire le peu de confiance qui subsistait envers le parapluie diplomatique américain. Dès le lancement d’Epic Fury, les chancelleries européennes (Paris, Berlin, Londres) avaient mis en garde contre les risques d’une escalade incontrôlée.

Aujourd’hui, l’exaspération des dirigeants européens est totale. Face aux revirements incessants de la Maison-Blanche — qui passe en quelques jours de la menace de guerre totale à des appels du pied pour négocier —, l’Europe déplore l’absence complète de concertation et l’aventurisme d’une administration incapable de fixer un cap stratégique clair. La diplomatie européenne se retrouve contrainte de gérer les répercussions sécuritaires et migratoires d’un conflit qu’elle n’a pas voulu et qu’elle ne peut pas enrayer seule.

Limites techniques et asphyxie économique

Sur le plan interne comme international, le coût de cette diplomatie du bluff est devenu insupportable. Sur le terrain militaire comme sur le plan politique domestique, Washington se heurte à des contraintes matérielles et électorales majeures.

Comme l’a analysé Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du monde arabe et directeur de l’Institut géopolitique européen, la marge de manœuvre du président américain s’est considérablement réduite : «Donald Trump ne veut pas forcément frapper, n’en a pas forcément les moyens. Il y avait un problème de missiles, puis il avait un problème d’intercepteurs. Et puis, il y a aussi une opinion qui, à l’approche des élections de mi-mandat, risque de commencer à se détourner du président américain».

Ce double verrou — l’épuisement des stocks d’armement de haute précision et la crainte d’un désaveu dans les urnes — paralyse l’action américaine. Parallèlement, en perturbant gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — canal vital par lequel transite un cinquième du pétrole mondial —, le conflit a provoqué une flambée spectaculaire des cours du baril. Les consommateurs du monde entier paient aujourd’hui au prix fort à la pompe les hésitations de Washington, alimentant une inflation globale qui menace de faire basculer plusieurs économies dans la récession.

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, le bilan de Donald Trump est celui d’une impasse stratégique majeure. En pensant que des coups de bluff répétés, des ultimatums sur les réseaux sociaux et des sautes d’humeur diplomatiques tiendraient lieu de politique étrangère, le président américain a étalé les limites de son leadership.

Désormais contraint par le roi d’Arabie saoudite à suspendre ses frappes, contesté par son opinion publique, désavoué par ses alliés européens et sous la pression d’une crise économique mondiale qu’il a lui-même contribué à alimenter, Trump offre le spectacle d’une puissance paralysée. Les ultimatums non suivis d’effets ont créé l’accoutumance chez l’adversaire et la méfiance chez les alliés. L’étalage de force brute aura, in fine, mis à nu l’incapacité d’un homme à prendre les décisions justes face au temps long et complexe de la géopolitique.

* Médecin algérien basé au Canada.

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Arabie saoudite-Turquie-Pakistan : Vers un « OTAN islamique » ?

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération stratégique. Les trois pays ont signé, vendredi 7 août 2026 à La Mecque, un accord de défense commune prévoyant une assistance mutuelle en cas d’attaque contre l’un des signataires.

Baptisé « Accord de défense conjoint de La Mecque », ce pacte établit le principe selon lequel une agression armée visant l’un des trois États serait considérée comme une attaque contre l’ensemble du groupe. Les détails opérationnels de l’accord n’ont toutefois pas été rendus publics.

Un rapprochement entre trois puissances musulmanes

Cet accord réunit trois acteurs majeurs aux profils complémentaires. L’Arabie saoudite dispose d’un poids économique et énergétique considérable, la Turquie possède l’une des armées les plus importantes de l’Alliance atlantique et une industrie de défense en forte expansion, tandis que le Pakistan est la seule puissance nucléaire du monde musulman.

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Pour Riyad, Ankara et Islamabad, cette coopération vise officiellement à renforcer la sécurité régionale et la capacité de réponse face aux crises. Les trois pays insistent sur le caractère défensif du pacte et affirment qu’il ne cible aucun État en particulier.

Un signal géopolitique dans une région sous tension

La signature intervient dans un contexte marqué par une forte instabilité au Moyen-Orient et une multiplication des inquiétudes sécuritaires dans le Golfe. Le rapprochement entre ces trois puissances traduit la volonté de renforcer des mécanismes de sécurité régionaux et de diversifier les partenariats militaires.

La Turquie, membre de l’OTAN, entretient depuis plusieurs années une coopération militaire croissante avec les pays du Golfe, notamment dans le domaine des drones et de l’industrie de défense. L’Arabie saoudite cherche de son côté à développer ses capacités militaires et à élargir ses alliances stratégiques au-delà de ses partenaires traditionnels.

Vers un « OTAN islamique » ?

L’annonce a déjà suscité des comparaisons avec une possible organisation de défense inspirée de l’OTAN. Certains analystes y voient les prémices d’un nouveau bloc sécuritaire régional, même si les trois pays ne présentent pas officiellement cet accord comme une alliance militaire comparable.

Au-delà de l’aspect militaire, la dimension symbolique est forte : la signature à La Mecque donne à l’accord une portée politique particulière dans le monde musulman. Reste à voir si ce partenariat se traduira par des mécanismes concrets, comme des exercices conjoints réguliers, un partage accru du renseignement ou une coopération industrielle renforcée.

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Moyen-Orient : Trois puissances, un bouclier, cet axe défensif doit-il inquiéter l’Occident?

L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont officialisé, vendredi 7 août 2026, « un pacte de défense mutuelle », scellé lors d’une rencontre entre le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif.

Ainsi, en réponse à l’instabilité croissante au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont conclu, vendredi, selon un communiqué de presse du ministère pakistanais des Affaires étrangères, un pacte de défense mutuelle. « Ce traité instaure un cadre de sécurité collective dans lequel une attaque militaire contre un État membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble du groupe ».

Les trois pays ont déclaré que cette alliance visait à renforcer la stabilité régionale et à garantir un avenir pacifique et prospère grâce à des efforts communs en matière de sécurité.

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Face au risque d’Ormuz, le Golfe redessine ses corridors pétroliers

Les principaux producteurs de pétrole du Golfe accélèrent leurs investissements dans de nouvelles infrastructures d’exportation afin de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Lequel est devenu l’un des points de passage les plus vulnérables du commerce mondial de l’énergie.

La guerre entre les États-Unis et l’Iran, les attaques contre les navires marchands et les perturbations répétées du trafic maritime ont convaincu les États du Golfe d’accélérer des projets parfois en discussion depuis plusieurs décennies. Environ 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime transite habituellement par le détroit d’Ormuz, faisant de cette zone un point névralgique pour la sécurité énergétique mondiale.

L’Arabie saoudite mise notamment sur l’extension de son pipeline Est-Ouest, qui relie les champs pétroliers de l’est du royaume au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cette infrastructure permet déjà de contourner Ormuz pour une partie importante des exportations saoudiennes.

Les Émirats arabes unis renforcent, de leur côté, le rôle du pipeline Habshan-Fujaïrah, qui relie les installations pétrolières d’Abou Dhabi au port de Fujaïrah, situé sur le golfe d’Oman, en dehors du détroit d’Ormuz. Cette liaison constitue aujourd’hui l’une des principales alternatives opérationnelles aux routes maritimes traditionnelles, même si elle demeure exposée aux risques sécuritaires régionaux.

L’Irak cherche également à diversifier ses débouchés. Bagdad a récemment conclu un accord avec la Turquie afin de relancer et d’étendre les exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan, qui débouche sur la Méditerranée. Cette infrastructure doit permettre d’augmenter progressivement les volumes exportés tout en réduisant la dépendance aux terminaux du Golfe.

Lire aussi : Ankara refuse le statu quo sur l’oléoduc irakien

Parallèlement, plusieurs projets de plus long terme restent à l’étude, notamment un oléoduc reliant le sud de l’Irak au port jordanien d’Aqaba, une liaison vers le port omanais de Duqm ainsi que d’autres corridors énergétiques reliant le Golfe à la Méditerranée. Leur réalisation dépend toutefois d’importants investissements et d’une stabilité politique encore incertaine.

Malgré ces projets, les experts estiment qu’aucune de ces infrastructures ne pourra, à court terme, remplacer totalement le rôle du détroit d’Ormuz. La capacité combinée des itinéraires alternatifs reste toutefois nettement inférieure aux quelque 20 millions de barils de pétrole qui transitent quotidiennement par ce passage stratégique en période normale.

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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