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Indonésie : un plan de soutien économique face à la menace d’El Niño

L’Indonésie prépare une nouvelle série de mesures de soutien économique. Et ce, afin de limiter l’impact potentiel d’un épisode marqué d’El Niño. Lequel est susceptible de provoquer des perturbations climatiques, notamment une baisse des précipitations et des tensions sur la production agricole.

Le gouvernement de l’Indonésie annonce qu’il prévoit de renforcer ses dispositifs de réponse dans plusieurs secteurs prioritaires. Il cite entre autres la sécurité alimentaire, la gestion des ressources naturelles, l’agriculture et la protection des populations vulnérables. Les autorités indonésiennes craignent en effet qu’une sécheresse prolongée n’affecte les récoltes, notamment le riz et l’huile de palme, deux secteurs essentiels pour l’économie du pays.

Cette initiative intervient alors que Jakarta cherche également à soutenir la croissance dans un contexte économique mondial incertain. Car, la croissance indonésienne a montré des signes de ralentissement au deuxième trimestre 2026. Même si elle est restée supérieure aux prévisions des analystes.

Les autorités redoutent surtout les effets indirects d’El Niño sur l’inflation, à travers une éventuelle hausse des prix alimentaires et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les précédents épisodes climatiques ont montré que la sécheresse pouvait peser fortement sur les récoltes et contraindre les gouvernements à intervenir pour stabiliser les marchés.

Avec ce programme de soutien, Jakarta veut éviter qu’un choc climatique ne se transforme en crise économique et sociale. Tout en renforçant la résilience du pays face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et intenses.

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El Niño revient ? L’ONU débloque déjà jusqu’à 100 millions de dollars…

L’Organisation des Nations unies passe à l’action avant même que les premiers dégâts ne se produisent. Face au retour annoncé du phénomène climatique El Niño, l’ONU est prête à mobiliser jusqu’à 100 millions de dollars via son Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour financer des mesures préventives dans les pays les plus exposés. Cette décision marque un changement de stratégie: investir avant les catastrophes plutôt que financer uniquement les secours d’urgence après leur survenue.

Selon Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, plus de 20 millions de dollars ont déjà été décaissés dans six pays afin de soutenir des actions anticipatives. L’objectif est de protéger les populations avant que les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur ne détruisent les récoltes, les infrastructures et les moyens de subsistance.

Les prévisions des agences onusiennes indiquent qu’El Niño devrait provoquer des épisodes de chaleur extrême, des sécheresses mais aussi des pluies diluviennes selon les régions. L’Amérique latine, l’Afrique orientale et australe, l’Asie et le Pacifique figurent parmi les zones les plus exposées. L’ONU estime que cet épisode pourrait être plus sévère que celui de 2023-2024, alors que de nombreux pays restent fragilisés par des conflits, des déplacements de population et une crise persistante du financement humanitaire.

Le Comité international de secours (IRC) alerte notamment sur la Corne de l’Afrique. En Somalie, où près de 4,8 millions de personnes dépendent déjà de l’aide humanitaire, les modèles climatiques annoncent jusqu’à 60% de probabilité de précipitations supérieures à la normale dans certaines régions. L’organisation rappelle que les inondations provoquées par El Niño en 2023 avaient détruit près de 13 000 tonnes de cultures, et estime qu’un nouvel épisode pourrait avoir des conséquences encore plus lourdes sur des communautés déjà affaiblies.

Le Kenya se prépare également à un risque élevé d’inondations et de glissements de terrain, tandis que l’Ouganda redoute une augmentation des déplacements de population et des maladies liées aux crues. En Asie, le Pakistan pourrait subir davantage de sécheresse et de fortes chaleurs, alors que le Bangladesh et l’Afghanistan restent exposés aux inondations.

Les financements anticipatifs pourront notamment soutenir: les systèmes d’alerte précoce; les transferts monétaires aux ménages vulnérables; l’accès à l’eau potable; la protection du bétail; les actions visant à préserver les récoltes.

Pour l’ONU, cette approche est à la fois plus efficace et moins coûteuse que les interventions déployées une fois les dégâts déjà constatés. «Nous avons besoin de financements précoces et flexibles», a insisté Tom Fletcher, appelant les bailleurs à investir davantage dans l’anticipation.

 

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