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Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial

L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh ‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé ‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme. (Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba).

 Abderrahmane Fekih *

Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.

Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.

La dimension coloniale des frontières terrestres

Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie : c’est une vérité historique bien établie.

A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires spoliés, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh ?

La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est «un coup de poignard dans le dos de l’Algérie combattante» et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie «le problème sera réglé entre frères». La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’«acheter du temps ! ». Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté et sans léser l’Algérie : c’était juste retour à la situation antérieure.

Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.

Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable («entre frères» !) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).

Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens».

C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970 : ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces !) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.

Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque !) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.

Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !

On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise !

La sécurité énergétique en question  

Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance !).

Vous prétendez que l’Algérie «subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens» sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international (je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.

Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe «il faut rendre à César ce qui appartient à César ! Est-ce trop demander ?»

J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.

Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.

Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment «pierre à pierre et brique à brique», nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).

Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.

* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.

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Kaïs Saïed appelle à accélérer le traitement des dossiers de conciliation pénale

Le président de la République, Kaïs Saïed, a évoqué, lors de sa rencontre mercredi après-midi au palais de Carthage avec le président de la Commission nationale de conciliation pénale, Ali Abbès, le fonctionnement de la commission ainsi que les dossiers qu’elle a reçus de la part de personnes ayant opté pour la conciliation.

Dans ce contexte, le président de la République a rappelé l’idée de la conciliation pénale qu’il avait proposée dès 2012, avant que  » des transactions douteuses ne soient conclues au grand jour et, le plus souvent, loin des regards et à la faveur de l’obscurité » , a-t-il souligné.

Kaïs Saïed a insisté sur « la nécessité d’accélérer l’examen des dossiers, loin des méandres des procédures auxquels certains recourent, non pas pour parvenir à des solutions équitables, mais pour prolonger la durée des affaires ou exercer un chantage déguisé ».

Il a également affirmé que  » le droit de l’État à récupérer les fonds du peuple tunisien ne saurait être prescrit, pas plus qu’il ne saurait être compromis par une alliance avec les vestiges de l’ancien système, qui se sont infiltrés dans plusieurs institutions et ne resteront pas, à leur tour, à l’abri des poursuites et de la reddition des comptes « .

Le président de la République a précisé que l’État ne cherchait pas à se venger, ni à maintenir les personnes concernées en prison ou en fuite à l’étranger, mais à récupérer les droits et les fonds légitimes du peuple tunisien. « La fuite ne sera d’aucune utilité, pas plus que les fonds généreusement distribués par des cercles bien connus ne seront utiles ou ne pourront servir de protection », a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence de la République.

 

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La reconversion des chefs du Mossad dans les multinationales !

Ondas, société américaine opérant dans le secteur de la défense a annoncé lundi 3 août 2026 la nomination de David Barnea, ancien directeur du Mossad, à la présidence mondiale de son groupe, suite à la fin de son mandat de cinq ans à la tête du Mossad en juin dernier. Roman Gofman, ancien secrétaire militaire du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lui avait succédé à la direction de l’agence de renseignement israélienne. Al Jazeera note que la nomination de Barnea s’inscrit dans la lignée des anciens directeurs du Mossad qui rejoignent une multinationale présente dans les secteurs de la finance, de la technologie ou de la sécurité, à l’instar de Tamir Pardo et Yossi Cohen, également anciens chefs du Mossad, ainsi que d’autres officiers chevronnés des services de renseignement israéliens. (Photos de gauche à droite : Yossi Cohen, Tamir Pardo et David Barnea).

Imed Bahri

Ondas a fait part dans un communiqué de presse, relayé par la Radio-Télévision israélienne, que «M. Barnea jouera un rôle déterminant dans le développement international de l’entreprise, l’élaboration de sa stratégie technologique et la supervision de son intégration commerciale».

Le Chief Executive Officer (Ceo) d’Ondas, Eric Brock, a affirmé que Barnea «possède une combinaison exceptionnelle d’expérience opérationnelle moderne, de vision stratégique, de leadership technologique et de réseaux internationaux».

Dans le monde des affaires, le Ceo est responsable de la gestion et de la direction des opérations, tandis que le rôle du président monde (Global President) est axé sur la définition de la stratégie globale de l’entreprise et la gestion de ses relations internationales.

Du renseignement à l’intelligence artificielle

Selon le quotidien israélien Israel Hayom, Ondas, société cotée au Nasdaq, est spécialisée dans le développement de systèmes autonomes et de solutions de défense basées sur l’Intelligence Artificielle (IA), notamment dans les domaines de la défense aérienne, du renseignement, des frappes de précision et de la robotique terrestre.

Le journal Israélien précise que Barnea a dirigé le Mossad de 2021 à 2026, pilotant l’agence durant l’une des périodes les plus complexes et tumultueuses de son histoire, marquée par des guerres sur plusieurs fronts et des confrontations directes avec l’Iran et le Hezbollah. 

Sous sa direction, le Mossad a entrepris une refonte opérationnelle complète, plaçant les technologies de pointe, notamment l’IA, la cybersécurité et les systèmes de communication modernes, au cœur de ses activités.

Avant de rejoindre le Mossad, Barnea a servi au sein de Sayeret Matkal, l’unité d’élite du renseignement militaire israélien, et a acquis une expérience dans le secteur privé, notamment dans le domaine des fusions-acquisitions. Il est également titulaire d’une licence en administration des affaires du New York Institute of Technology et d’un master de l’Université Pace.

Commentant sa nomination, Barnea a déclaré à Israel Hayom : «La nature de la guerre évolue rapidement au Moyen-Orient et en Europe. La supériorité opérationnelle repose aujourd’hui sur l’intégration du renseignement, de l’intelligence artificielle et des plateformes autonomes au sein d’un environnement unique et coordonné».

Dans ses fonctions de président mondial de l’entreprise, Barnea devrait se concentrer, dans les prochains mois, sur le développement de relations stratégiques avec les gouvernements et les organisations de sécurité du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie, ainsi que sur l’identification de nouvelles techniques d’investissement.

Yossi Cohen rejoint la japonaise SoftBank

La reconversion au privé et à l’international de Barnea n’est pas un précédent. Son prédécesseur Yossi Cohen qui a dirigé le Mossad de 2016 à 2021 a intégré SoftBank, le conglomérat international du milliardaire japonais Masayoshi Son, en tant que directeur général des opérations en Israël.

SoftBank est un investisseur majeur dans les secteurs de la technologie, de l’énergie et de la finance.

Selon certaines sources, Cohen a été recruté par le Mossad à l’âge de 22 ans, alors qu’il étudiait à Londres. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur, après un bref passage à la tête du Conseil de sécurité nationale.

Son passage à la tête du Mossad a été marqué par les opérations contre le programme nucléaire iranien et pour son rôle dans le développement des relations clandestines d’Israël avec les États arabes.

Malgré son passage dans le secteur privé international, Cohen n’exclut pas de se présenter un jour au poste de Premier ministre.

L’expertise du renseignement au service de l’entreprise

À l’instar de Cohen, l’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a vécu une expérience similaire lorsqu’immédiatement après avoir quitté ses fonctions en 2016, il a rejoint la société pharmaceutique américaine NRX, qui a développé le vaccin contre la Covid-19, baptisé BriLife, destiné au marché israélien.

La liste comprend également l’officier de renseignement Ephraim Halevy, qui a dirigé le Mossad de 1998 à 2002. Après sa retraite, il a travaillé comme consultant pour des entreprises internationales dans les domaines de la sécurité et de la gestion des risques. Il a également siégé aux conseils consultatifs d’entreprises privées, sans toutefois occuper de poste de premier plan.

On y trouve aussi les vétérans Noam Erez et Boaz Gorodissky, qui ont servi comme officiers de renseignement pendant près de 30 ans au sein des divisions des opérations, de la technologie et de la cybersécurité offensive.

Erez est le PDG et fondateur de la société de cybersécurité XM Cyber, tandis que Gorodesky en est le directeur technique et cofondateur.

Ces recrutements permettent aux entreprises de bénéficier de l’expertise de professionnels des services de renseignement dans les domaines technologiques, de la gestion des risques et de la lutte contre les cyberattaques.

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Concert de Massive Attack à Singapour : un drapeau palestinien et une convocation au commissariat

À Singapour, on peut jouer Teardrop devant des milliers de personnes. Mais gare à celui qui laisserait tomber un drapeau palestinien sur scène : le rappel se termine au commissariat. Le groupe britannique Massive Attack vient d’en faire l’expérience. En…

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«L’UGTT ne restera pas inactive face à la crise en Tunisie» (Selmi)

Marginalisé par le régime présidentialiste mis en place par Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a de plus en plus mal à exister et à jouer le rôle qui fut longtemps le sien au centre du jeu politique en Tunisie.

C’est en réaction à cette marginalisation que son secrétaire général Slaheddine Selmi a déclaré que l’organisation ne resterait ni silencieuse ni inactive, soulignant que les structures de l’organisation sont en mouvement permanent — une caractéristique qui marque son histoire.

Dans une allocution prononcée, ce matin, mercredi 5 août 2026, lors d’une marche qui prit le départ devant le siège de l’Union régionale du travail à Sfax, à l’occasion de la commémoration des événements du 5 août 1947 *, Selmi a ajouté, selon ses propos rapportés par Diwan FM : «Lorsque les crises parlent, le silence équivaut à un abandon de la patrie», dans une allusion à la crise socioéconomique où continue de s’enfoncer le pays.   

Il a aussi appelé toutes les structures syndicales ainsi que les adhérents de l’UGTT à ne pas brader la patrie, soulignant qu’il s’agit là de sa mission à l’heure actuelle.

Le responsable syndical a poursuivi en affirmant que le rôle fondamental de l’UGTT consiste à défendre et à sauver le pays, déclarant : «Nous avons dépassé la question sociale et celle des augmentations de salaires.»

Tout en relevant la succession de crises dans divers domaines, Selmi a rappelé que le citoyen jouit de droits sociaux — tels que l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, aux transports et à l’éducation — qui relèvent de la responsabilité de l’État, ajoutant : «Nous sommes des citoyens et non des sujets.»

Dans ce même contexte, il a estimé que la récente hausse du prix des médicaments découlait de recommandations du Fonds monétaire international (FMI), lequel cherche, selon lui, à réduire l’intervention de l’État dans le domaine social, par allusion à la levée des subvention sur beaucoup de médicaments importés qui a été décidée par le gouvernement à cause des difficultés financières et budgétaires auxquelles il fait face.

I. B.  

* Le 5 août 1947, une grève générale menée à Sfax par le leader syndicaliste Habib Achour sous la bannière de l’UGTT a réclamé un salaire minimum pour les ouvriers. Cette mobilisation sociale s’est heurtée à une violente répression militaire de l’armée coloniale française, faisant plusieurs victimes et marquant l’histoire du mouvement national.

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Tunisie–Palestine à Amman : solidarité renouvelée et appel pour Al-Qods

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ali Nafti, s’est entretenu avec son homologue palestinienne, Varsen Aghabekian Shahin, en marge de la réunion du Comité ministériel arabe chargé de l’action internationale concernant Al‑Qods Al‑Charif, qui se tient ce 5 août 2026 à Amman.

Les deux responsables ont réitéré l’urgence d’intensifier la mobilisation arabe et internationale pour protéger les civils et défendre le statut historique et juridique d’Al‑Qods.

Mohamed Nafti a rappelé la position constante de la Tunisie en faveur de la « juste cause palestinienne » et de la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant et souverain avec Al‑Qods pour capitale. Il a souligné le rôle de la Tunisie au sein des instances régionales et internationales pour faire respecter les droits du peuple palestinien et défendre les lieux saints islamiques et chrétiens de la ville.

Le ministre des Affaires étrangères  a également mentionné les démarches juridiques entreprises par la Tunisie, y compris les deux plaidoiries orales présentées devant la Cour internationale de Justice, visant à rappeler les obligations de l’entité occupante et à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations palestiniennes. Il a exprimé la volonté de Tunis d’intensifier la coopération bilatérale avec l’Autorité palestinienne, notamment dans les domaines technique, éducatif et estudiantin.

De son côté, Varsen Aghabekian Shahin a exprimé sa gratitude pour le soutien constant de la Tunisie, saluant la position affichée par la présidence tunisienne et l’engagement du peuple tunisien envers la cause palestinienne.

Les deux ministres ont évoqué les récents développements dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza et en Cisjordanie, et ont condamné les violations et l’escalade qui affectent les civils. Ils ont convenu de la nécessité de conjuguer les efforts arabes et internationaux pour parvenir à une solution qui permette au peuple palestinien de récupérer ses droits légitimes.

Enfin, les deux délégations ont souligné l’importance de poursuivre la coordination au sein du Comité ministériel arabe pour Al‑Qods et d’intensifier l’action commune afin de mobiliser un soutien international accru en faveur de la cause palestinienne et de préserver le statut d’Al‑Qods Al‑Charif.

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D’où provient la résilience du régime iranien ?

La génération actuellement aux affaires en Iran est composée de personnes qui ne sont ni des novices en politique ni des dirigeants facilement intimidés par les pressions extérieures. Leur longévité leur a conféré une solide expérience, un instinct aigu de survie du régime et une compréhension pragmatique des usages –et des limites– de la coercition comme du compromis. L’administration Trump qui cherche un épilogue au conflit avec Téhéran doit composer avec ces réalités. Ni la guerre ni la paix avec la République islamique ne seront faciles. Ce n’est pas un régime théocratique mais un régime militarisé avec une façade théocratique et c’est cette nuance que l’Occident n’a toujours pas assimilé.

Imed Bahri

Comprendre la capacité du régime iranien à résister aux pressions américaines et israéliennes exige bien plus qu’une simple analyse de l’establishment religieux. Il est nécessaire d’étudier la génération révolutionnaire qui a renversé le régime du Chah, bâti les institutions de la République islamique et qui exerce aujourd’hui une influence considérable dans le pays, explique l’universitaire irano-américain Mehrzad Boroujerdi, dans le New York Times, qui s’appuie sur une expérience personnelle douloureuse. Son père, cadre du secteur pétrolier iranien, a été assassiné en décembre 1978 par des membres du groupe armé islamiste Mansouroun, quelques semaines seulement avant la victoire de la révolution iranienne.

Boroujerdi souligne que plusieurs des personnes impliquées dans cet assassinat sont devenues par la suite des figures influentes au sein de l’armée et des services de sécurité iraniens et que certaines figurent encore aujourd’hui parmi les décideurs les plus importants de Téhéran.

Ne pas négliger la génération la plus influente

L’universitaire américano-iranien soutient que les administrations américaines successives ont longtemps appréhendé l’Iran uniquement à travers le prisme des théologiens négligeant une autre génération, bien plus influente, en l’occurrence celle des dirigeants issus des organisations révolutionnaires armées, ayant combattu lors de la guerre Iran-Irak puis établi les Gardiens de la révolution et l’appareil sécuritaire et militaire qui est devenu l’épine dorsale du régime.

Cette génération, née dans les années 1950, a acquis une vaste expérience de la gestion de crise, confrontée aux sanctions, à l’isolement international, aux protestations internes et aux conflits armés.

Cette expérience les a rendus plus adaptables aux pressions extérieures et plus conscients des limites du pouvoir et des frontières du compromis politique.

Boroujerdi indique que son père n’était ni un partisan du Chah ni du mouvement religieux dirigé par l’ayatollah Khomeini. Cependant, il a refusé de participer aux grèves visant à paralyser le secteur pétrolier, ce qui a conduit les groupes révolutionnaires à le considérer comme un ennemi de la révolution. Finalement, il fut assassiné avec un cadre américain de la même entreprise, un acte qui contribua à accélérer l’effondrement de la production pétrolière et à affaiblir le régime du Chah.

Etude du pouvoir iranien post-révolution

L’universitaire affirme que cet incident l’a incité à changer radicalement d’orientation. Il a abandonné ses études d’ingénierie pétrolière pour se tourner vers les sciences politiques, consacrant sa carrière universitaire à l’étude de la structure du pouvoir iranien et des élites apparues après la révolution. 

Il retrace le parcours de personnalités marquantes, notamment Mohsen Rezaei, qui a fondé et dirigé les Gardiens de la révolution pendant de nombreuses années et qui est aujourd’hui le conseiller militaire du guide suprême Mojtaba Khamanei, Ali Shamkhani, qui a occupé de hautes fonctions dans les domaines de la sécurité et de l’armée avant son assassinat lors du raid aérien israélo-américain de cette année, ainsi que Mohammad Baqer Zolghadr qui occupe actuellement un poste clé au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

Pour Boroujerdi, l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei, conjugué aux répercussions de la récente guerre, a renforcé l’influence du pouvoir militaire au détriment de l’establishment religieux. De ce fait, les Gardiens de la révolution sont devenus la force la plus influente dans l’élaboration des politiques de l’État, tout en préservant la façade constitutionnelle du nouveau Guide suprême.

Le régime ne s’effondrera pas facilement

Le politologue met en garde contre l’idée que croire à un effondrement facile du régime iranien relève d’une interprétation erronée de la réalité.

En effet, l’État iranien dispose d’institutions sécuritaires et militaires bien établies, d’une élite dirigeante dotée d’une longue expérience de gestion des crises, malgré l’escalade des pressions économiques et sociales et le déclin de sa légitimité intérieure.

Boroujerdi conclut que l’Iran est actuellement confronté à un paradoxe complexe: le régime fait face à une accumulation de crises et à des défis sans précédent, tout en conservant une capacité de survie significative. Dès lors, toute politique américaine ou israélienne à l’égard de Téhéran doit impérativement appréhender la véritable nature des centres de pouvoir au sein de l’État et dépasser l’idée reçue selon laquelle ces centres seraient uniquement composés de religieux.

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Au rythme du Stambali | Un moment de solidarité et de résistance avec Saadia Mosbah


Amnesty International Tunisie nous fait parvenir le texte dont la traduction est publiée ci-dessous dans le cadre de la «Mobilisation de solidarité avec Saadia Mosbah, militante des droits humains et présidente de l’association Mnemty, actuellement emprisonnée en Tunisie en raison de son engagement pour la défense des droits des personnes noires et la lutte contre le racisme.»

Nous prenons la parole aujourd’hui — alors qu’elle reste privée de liberté, suscitant de vives inquiétudes quant à son intégrité physique ainsi qu’à l’exercice de ses droits aux soins, aux visites et à la communication — pour affirmer que la défense de l’égalité et de la justice ne saurait justifier ni sanction ni isolement. C’est un appel à la solidarité avec elle, ainsi qu’à assumer une responsabilité collective face au racisme et pour la préservation de la dignité de toute personne vivant en Tunisie.

Dans le Stambali, les sonorités du «gumbri» et des «chaqchaq» se mêlent aux corps au fil de la «nouba». C’est un art qui porte en lui la mémoire de l’esclavage, du déracinement et du racisme, mais qui véhicule aussi un autre message : celui de ne jamais laisser seul celui que les épreuves et l’injustice ont accablé.

Dans l’histoire de la résistance à l’esclavage, à la ségrégation et à la discrimination, les femmes noires n’ont pas été de simples figures accrochées aux murs de la mémoire une fois les combats achevés. Elles en ont été le cœur battant, rassemblant ce que la peur avait dispersé : voix, droits et liens humains.

Des champs de coton et des convois d’esclaves a émergé une mémoire refusant de réduire la violence à un passé révolu, transformant la marginalisation et l’isolement qu’elle a engendrés en une conscience commune de la résistance et du droit à la justice.

C’est à travers cet héritage que nous te comprenons, Saadia : non pas comme une femme dont le corps seul porterait le poids d’une cause entière, mais comme une part d’une mémoire collective ayant su transformer une expérience partagée en une conscience politique qui met au jour les mécanismes de l’exclusion.

La lutte pour la visibilité, l’appartenance et la pleine citoyenneté est devenue une exigence générale, plaçant l’État et la société face à leurs responsabilités dans le combat contre le racisme, au-delà de la simple condamnation de certaines de ses manifestations.

Tu as levé le voile sur le mur du déni entourant le racisme, démontrant que ce qui est présenté comme un détail anodin cesse de l’être dès lors qu’il se répète et s’ancre dans le quotidien des gens. Ces petits signes s’accumulent pour ériger des frontières invisibles : entre ceux à qui l’on accorde d’emblée sa confiance et ceux que l’on accueille avec méfiance ; entre ceux qui traversent l’espace public sans avoir à se justifier et ceux à qui l’on rappelle, sans relâche, que leur appartenance même est remise en question.
Ainsi, tes propos sur les Tunisiennes et les Tunisiens noirs portaient sur la Tunisie elle-même : sur une histoire que le pays tend à raconter en gommant ses fissures, et sur un présent où le discours sur la diversité ne suffit pas tant qu’il ne se traduit pas en réalité.

Tu n’as pas réclamé une place en marge du récit national ; tu as plutôt souligné que ce récit demeure incomplet tant que ceux qui en ont longtemps été tenus à l’écart en restent absents. Car la reconnaissance ne s’accomplit pas dans les discours, mais se manifeste dans le monde du travail, à l’école et dans les administrations, ainsi que dans le droit de chacun à traverser la rue sans que son corps ne suscite la méfiance ou qu’il ne soit contraint de justifier son humanité.

Tu as dit ce qui devait être dit et tu as enduré, pour cela, un fardeau qu’aucune personne ne devrait avoir à porter seule. Aujourd’hui, ta sécurité ainsi que tes droits aux soins, aux visites et à la communication ne sont pas des détails accessoires ; ce sont des droits fondamentaux qui touchent à ta liberté et à ta dignité.

Ton emprisonnement ne constitue pas seulement une privation arbitraire de liberté, mais une attaque politique visant ton action en faveur des droits humains et ta lutte contre la discrimination systémique ; c’est la punition d’une femme qui a refusé la marginalisation, ainsi qu’une tentative de réduire au silence une voix ayant mis en lumière les failles du système et d’intimider quiconque choisit de briser le mur du déni pour lutter contre le racisme.

Se tenir à tes côtés signifie ne pas laisser la prison rompre les liens qui t’unissent à ceux qui t’aiment et se soucient de toi. Tu es une femme qui connaît la fatigue, la peur et le besoin de sécurité ; une mère, une amie et une compagne qui a tant donné aux autres.

Les paroles que tu as prononcées et les questions que tu as soulevées concernant la justice et le racisme ne doivent pas peser sur tes seules épaules ; elles constituent une responsabilité que nous partageons tous.

Lors des cérémonies de Stambali, la souffrance n’est jamais laissée seule face à celui ou celle qui l’éprouve ; le rythme, le souffle et la présence des autres l’enveloppent jusqu’à ce qu’elle trouve une autre voie vers la guérison. C’est ainsi que nous te voulons parmi nous : proche de nous telle que tu es, mère, amie et compagne chère.

Le fardeau que tu as porté pour la lutte des personnes noires en Tunisie est une responsabilité partagée, et non une facture qui te serait laissée à régler seule.

Amnesty International Tunisie

Traduit de l’arabe.

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Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas

Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».

Habib Glenza, à Lodz.

 «Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».

Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.

Corruption et répartition inégalitaire des richesses   

Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».

Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».

«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».

Le gouvernement porte une large responsabilité    

De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».

«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.

«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».

Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».

Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.

Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.

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Mulhouse : un militant condamné à 3 mois avec sursis pour un salut nazi

À Mulhouse, un militant de 28 ans, ancien colistier de Reconquête aux dernières municipales, a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour « apologie de crime ou délit » après un geste jugé comme un salut nazi.…

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Kaïs Saïed : des sites archéologiques victimes de pillage et des vestiges de l’oued Méliane transformés en dépôt de déchets !

Le président de la République, Kaïs Saïed, a évoqué la situation des sites archéologiques en Tunisie lors d’une réunion tenue lundi 4 août 2026 au palais de Carthage avec la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Environnement Habib Abid, la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi, la directrice générale de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle Rabiâ Bel Fguira, ainsi que le chargé de la gestion de l’Agence de protection et d’aménagement du littoral Mehdi Belhaj.

Cette réunion a porté notamment sur la situation environnementale et la pollution, à la suite de la visite effectuée dimanche par le chef de l’État à Radès.

Concernant le patrimoine, Kaïs Saïed a souligné le rôle de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle dans la protection des sites archéologiques. Il a cité, à titre d’exemple, les vestiges découverts fortuitement sur les rives de l’oued Méliane, qui « se sont transformés en dépôt de déchets », selon le communiqué de la Présidence de la République.

Le président de la République a indiqué que cet exemple ne constitue qu’un cas parmi de nombreux sites archéologiques qui n’ont pas encore été découverts, qui n’ont pas bénéficié de la protection nécessaire ou qui ont été victimes de pillage.

Il a établi un parallèle entre la situation de certains sites patrimoniaux et celle des biens publics, estimant que ces derniers ont également été exposés au pillage.

Au cours de la même réunion, Kaïs Saïed a par ailleurs affirmé que toute partie responsable de la pollution doit assumer pleinement ses responsabilités, en rappelant le principe du « pollueur-payeur » consacré par le droit international et repris lors du Sommet de Rio de Janeiro en 1992.

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Cette décision de justice espagnole qui fait chavirer la « digue migratoire » de l’Europe

Après la crise provoquée par l’afflux de dizaines de milliers de personnes vers le préside occupé de Sebta, au cours de laquelle des migrants ont perdu la vie, les autorités marocaines ont vivement réagi aux allégations formulées par l’Espagne. En…

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Ingérences étrangères en Afrique entre défense de l’autonomie et pressions géostratégiques

L’Afrique est, aujourd’hui encore, la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

Najiba Ben Hassine *

L’Afrique berceau des civilisations et riche en ressources naturelles a été le théâtre d’interactions complexes avec les puissances étrangères depuis des siècles façonnant son histoire politique, économique et sociale, affectant ses structures socio-économiques et entravant son développement. Depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, les nations africaines ont été le théâtre de rivalités géopolitiques et économiques et de stratégies de puissances émanant de multiples acteurs internationaux, engendrant des défis complexes et des enjeux confus pour l’Afrique et ses peuples. La reconnaissance de la pleine autodétermination, gage incontournable de la coexistence pacifique et du développement des Etats, implique que chacun possède dans l’ordre mondial l’égale plénitude et exclusivité des compétences étatiques.

Le concept de l’autonomie reflète à notre sens une réalité politique qui transcende les considérations purement juridiques découlant du concept de souveraineté. Il incarne l’idée de la liberté d’action, d’autonomisation et d’autodétermination des peuples concernés.

L’autonomie est, en outre un concept relatif, variable et flexible, dépendant des contextes et des aspirations des groupes ou entités concernés. Il s’ensuit que l’évaluation de l’autonomie et la mesure de sa signification juridique et politique demeurent imprécises et controversées. L’autonomie s’exerce dès lors pour faire face à un acte d’ingérence qui signifie «l’action de s’immiscer, c’est-à-dire de s’introduire indûment, sans en être requis ou en avoir le droit, dans les affaires des autres».

En conséquence, l’autonomie génère un statut juridique requérant l’acquisition d’un certain degré de puissance. La puissance va plus loin que la simple réunion des éléments constitutifs d’un Etat souverain, et implique la conscience d’un rôle à jouer, d’une mission à remplir et d’un ordre à établir dans un contexte complexe de rapportsinternationaux rappelant à chaque Etat l’obligation de se positionner par rapport à l’autre.

Il est pertinent de rappeler à cet égard que la Charte de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a interdit l’intervention dans les affaires intérieures des Etats et a érigé cette interdiction en un corollaire du principe de l’égalité souveraine des Etats et une condition essentielle de l’établissement de la paix et de la sécurité internationale.

L’article 4 de la Charte de l’Union africaine (UA) a pris soin également de réaffirmer les principes de l’«égalité souveraine et interdépendance de tous les Etats membres de l’Union» ainsi que celui de la «non-ingérence d’un Etat membre dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre».

Paradoxalement, l’Afrique est la partie du monde la plus affectée par les ingérences internationales, Pendant la période coloniale, les puissances coloniales ont exploité les ressources du continent africain ; ils ont laissé derrière elles des divisions artificielles source de tensions et de conflits. Dans la période postcoloniale, en dépit de l’acquisition de l’indépendance, la domination et l’ingérence étrangère persistaient sous de nouvelles formes, souvent perpétués par le néocolonialisme. Les Etats-Unis, L’Europe, la Chine, la Russie, la Turquie s’efforcent d’étendre leur influence, voire leur hégémonie sur le continent prometteur non seulement en termes de richesses naturelles mais encore en termes de croissance démographique et de nouveaux marchés.

L’ingérence étrangère revêt différentes formes politique, économique, diplomatique militaire et culturelle. Ainsi, on se trouve confronté à une Afrique de plus en plus impliquée dans la mondialisation et très convoitée par les grandes puissances.

Cette ingérence étrangère a toujours constitué un facteur déstabilisant du continent noir et un frein à son développement et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur ses ressources.

Pour faire face à cette dépendance vis-à-vis de l’étranger, le panafricanisme se présente comme un mouvement politique unitaire, permettant de relever collectivement les défis de la mondialisation, du développement, de la sécurité et la consolidation des acquis précaires de l’exercice des souverainetés nationales.

L’UA, s’inscrivant dans une gouvernance multilatérale, s’efforce d’ériger l’autonomie et la libération en leviers du développement et de stabilité.

La question de l’autonomie des Etats africains à l’épreuve de l’ingérence étrangère nous parait hasardeuse à traiter. La disparité des Etats africains implique, un traitement différentié à géométrie variable de situations divergentes voire antagonistes, aggravés par le poids de l’héritage colonial auquel s’ajoutent les clivages culturels et les frontières artificielles entre les nations.

Le continent africain compte 54 Etats appartenant à des civilisations différentes et connaissant des niveaux de développement variés voire disparates ; on note cinq grandes régions : Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe. L’amplification des regards et des intérêts externes qui pèsent sur le continent ainsi que la pluralité, la diversité et les interférences des entités interventionnistes complexifient encore notre analyse : les Etats, les organisations et les institutions financières internationales… Il est légitime, dès lors, de questionner la liberté d’action des Etats africains contre toute forme d’ingérence étrangère ?

I- L ’ingérence étrangère : entrave incessante de l’autonomie des Etats

Il est opportun dans ce contexte de traiter la pluralité des formes de l’ingérence étrangère et son impact déstabilisant sur le continent. Cette ingérence a marqué l’espace africain revêtant des formes très variées et attestant de stratégies interventionnistes établies d’une manière différenciée en tenant en compte les particularités de chaque Etat africain et de l’étendue des liens historiques politiques et économiques qui les rattachant.

L’ingérence politique présentée comme «une intervention tendant, directement ou indirectement, à imposer un régime démocratique à une entité souveraine par des pressions multiformes (conditionnalités, menaces ou recours à la force)», remettant en cause le principe de l’autonomie constitutionnelle des Etats.

La conditionnalité démocratique de l’aide au développement représente une manifestation spectaculaire de l’ingérence étrangère dans la mesure où elle a été consacrée dans des convention internationales ou régionales qui mettent en exergue l’exigence démocratique comme condition de l’application desdites conventions ou accords à l’image de la Convention ACP/UE signée le 23 juin 2000 et l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE signé en 1995.  L’institutionnalisation de l’ingérence démocratique en direction de l’Afrique la transforme en un enjeu de débat public international légitimant l’intervention d’acteurs transnationaux.

A titre d’illustration, la gouvernance internationale des élections dans le Golf du Guinée (Nigéria, Cameroun, RDC) s’est imposée comme un moyen de reconstruction des Etats en faillite. Néanmoins, ces ingérences ont souvent contribué à l’établissement d’une forme de tutelle politique et d’un clientélisme entre les agents électoraux internationaux et les élites électorales internes, au détriment de la prise en considération de la souveraineté des peuples.

La France et des États-Unis ont entretenu un interventionnisme discriminatoire qui amène à stigmatiser certains États non démocratiques et à tolérer d’autres attestant de l’instrumentalisation et de l’ambivalence de la conditionnalité démocratique. 

Ainsi, au-delà du transfert des valeurs démocratiques, se dévoile la quête par les «entrepreneurs de la cause démocratique» d’un positionnement géostratégique et d’une hégémonie idéologique, politique et économique.

L’ingérence humanitaire vise dans sa conception initiale à influencer, à contrôler les actes d’un gouvernement étranger qui enfreignent gravement lois d’humanité.  Néanmoins la politisation de cette pratique risque de camoufler les motifs réels de l’intervention, d’autant plus que le flou juridique qui entoure cette notion pourrait conduire à s‘en servir pour légitimer une ingérence dans les affaires des Etats autorisant des programmes impérialistes au nom de valeurs universelles. Il en atteste pleinement la sélectivité dans le choix des théâtres d’intervention humanitaire.

L’ingérence militaire s’exerce également en dépit de l’affirmation intensive du principe du non recours à la force armé dans l’ordre juridique internationale. Cette forme d’ingérence trouve une légitimation internationale. Le continent africain est le théâtre d’affrontements militaires les plus atroces et les plus meurtriers dans le monde. La quasi-totalité de ces conflits surgissent via l’appui de grandes puissances, ou en leur nom. Le cas du Rwanda est le plus emblématique de par le caractère génocidaire du conflit aggravé par une ingérence militaire française.Les conflits armés au Soudan et au Mali provoquent la crise humanitaire la plus grave et la plus atroce dans le continent les transformant en terrains de tensions géopolitiques.  

Il y a, également, l’ingérence économique et monétaire. Il s’avère pertinent de rappeler dans ce contexte que la résolution adoptée par l’AG de l’Onu le 12 décembre 1974 énonce que «chaque Etat détient et exerce librement une souveraineté entière et permanente sur toutes ses richesses, ressources naturelles et activités économiques».

Paradoxalement, on assite à une course contre la montre entre les puissances étrangères pour s’implanter dans les différents pays d’Afrique par des accords militaires ou des partenariats économiques  Pour tous les pays industriels entrés dans l’ère de l’électronique et du numérique, les gisements de minéraux  à usages industriels rendent l’Afrique plus attractive créant ainsi des rivalités entre les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la France, le Royaume-Uni, et la Turquie  en tissant des relations d’affaires avec les Etats africains.

L’ingérence non seulement freine mais entrave le développement équitable durable   du continent africain. Elle alimente en outre l’insécurité, les tensions et les conflits armés source de fragmentation et de morcellement de Etats africains :

L’entrave au développement : les partenariats entretenus entre les Etats africains ont été conçus dans une logique de déséquilibre et de domination négligeant les enjeux et les défis confrontés par les Etats africains et traduisant une surexploitation des ressources au détriment d’une véritable coopération inclusive et intégrée se fondant sur une gouvernance des échanges économiques sociaux et politiques.

En 2024, plus de la moitié de la population mondiale vit dans une pauvreté multidimensionnelle, dont 51 % (soit environ 588 millions de personnes) résident sur le continent africain

En outre, un fossé est en train de se creuser entre les pays à revenus moyens en plein essor et les Etats fragiles et les moins développés, aggravant ainsi les déséquilibres socioéconomiques du continent et le poids de la dette souveraine et de l’inflation.

Les partenariats UE/ Afrique demeurent aussi déséquilibrés. L’accord de Samoa signé le 15 novembre 2023 s’est succédé à l’accord Cotonou, en visant entre autres à lutter contre le changement climatique, protéger l’environnement et garantir une gestion durable des ressources naturelles.

Toutefois, si cet accord se présente comme un accord de partenariat, il lie des puissances inégales tout en conservant la dépendance et la démarche débiteur/créancier qui caractérisent les accords de Cotonou, et pourrait influencer le processus de l’autonomie décisionnel des Etats ACP dans les instances internationales. En 2019, l’Afrique représentait 2,8% du commerce mondial. Le commerce intra régional de l’Afrique ne représentait que 4,4% du commerce continental total.

L’escalade de la violence et des conflits alimentent la fragmentation et l’affaiblissement des structures étatiques centrales et locales et génèrent un continent instable dont la paix est confisquée. La perpétration des coups d’État aggrave encore l’instabilité et l’insécurité et creuse davantage le fossé d’incertitude et de méfiance entre les gouvernants et les gouvernés et les différents acteurs nationaux.

Depuis 1950, l’Afrique a connu 220 des 492 tentatives de coup d’État recensées dans le monde. On recense, de surcroît, une hausse de 45% du nombre de situations de conflits armés en Afrique depuis 2020, provoquant le déplacement de quelque 35 millions de personnes sur le continent.

Les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme par les parties belligérantes lors de conflits armés en Afrique laisse présager une atmosphère d’impunité et de stigmatisation du continent et des populations.

Le système de la responsabilité internationale est accusé d’être sélectif et discriminatoire en se focalisant sur les crimes internationaux perpétrés sur le continent africain et en passant sous silence ceux commis ailleurs.

Pire encore, il nous semble que cette situation d insécurité et de guerre est stimulée par les puissances interventionnistes afin de pérenniser leur mainmise sur les ressources du continent : étant fragilisé et fragmenté sa domination devient de plus en plus aisée.  L’effacement des entités étatiques et la montée en puissance de groupes armées irréguliers et de milices, la perte par l’État du monopole légitime de la contrainte représentent des handicaps majeurs au développement durable et à l’établissement de la paix et de la sécurité à l’échelle régionale.

II- Les palliatifs visant à renforcer l’autonomie des Etats africains

On opte dans ce contexte pour une étude sélective de ces palliatifs en mettant en exergue les plus influents, à savoir l’apport de la gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA et le renouvellement des résistances nationalistes à l’échelle étatique :

La gouvernance multilatérale panafricaine dans le cadre de l’UA : depuis le milieu du XXe siècle, le multilatéralisme régional s’est progressivement affirmé comme le mode privilégié de coopération internationale.

Après l’indépendance, les responsables politiques des nouveaux Etats africains se sont servis des idées du panafricanisme pour défendre l’unité du continent et la formation d’une organisation d’intégration africaine.

L’article 3 de l’acte constitutif de l’UA énonce parmi les objectifs de l’Union «de défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance de ses Etats membres».

La montée de l’intégration régionale a été toujours présentée comme corollaire du développement, de stabilité et de solidarité.

En effet, le multilatéralisme tente de mobiliser les Etats africains pour préserver leur autonomie en assumant pleinement les responsabilités découlant de leur autonomie moyennant une reconceptualisation du principe de souveraineté.  

Ainsi, le rôle de l’UA dans la consolidation de l’autonomie des Etats africains et la sécurité du continent se manifeste dans son action opérationnelle guidée par une conception de la souveraineté-responsabilité centrée sur l’homme. Elle défend l’idée de souveraineté partagée enrichie par l’exigence du sentiment d’humanité et de responsabilité pour faire face à des défis qu’un Etat seul ne peut pas relever et qui doivent être traités collectivement dans un esprit de solidarité et de complémentarité tels que la pauvreté, l’insécurité, les crimes internationaux, la pollution…

La création du Conseil de Paix et de sécurité par l’Acte constitutif de l’UA marque un tournant décisif dans le renforcement système de sécurité collective africaine.

De même, l’adoption de l’accord portant création de la ZLE continentale africaine signé en 2018 visant à pallier aux vulnérabilités des économies africaines…

L’UA est, toutefois, confrontée à des défis majeurs tenant à sa capacité à s’ériger en une véritable puissance régionale, à gérer efficacement les disparités et tensions entre les Etats africains.  Encore faut-il craindre l’enchainement vers un simple mimétisme du modèle d’intégration européenne sans une prise de conscience des particularités du contexte africain, en transformant l’organisation indirectement en un outil de domination et d’ingérence.

Le renouvellement du nationalisme africain a aujourd’hui conduit à placer l’identité ethnique, nationale et religieuse au cœur de tout projet politique, défendant l’autonomie des Etats africains dans son acception de résistance aux tentatives du néocolonialisme et aux ingérences étrangères, et répondant aux aspirations de leurs populations à l’autonomie et la prospérité. Ce qui se manifeste en particulier dans le discours politique et la remise en cause d’accords conclus avec les   anciennes colonies.

La montée du nationalisme reflète dans le discours politique des leaders africains une réponse à la domination et aux ingérences étrangères et une quête d’une position respectable sur la scène internationale. Il en atteste la dénonciation en cascade des accords de défense par les États africains qui marque une rupture historique avec les anciennes colonies et en particulier avec la France.

En 2024, le président sénégalien Bassirou Diomaye Faye annonçait le départ des troupes françaises du Sénégal. Il a estimé que la présence militaire française «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l’indépendance».Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, a annoncé la rupture de l’accord de défense entre le Tchad et la France. Il a qualifié cette décision d’«acte souverain, mûrement réfléchi et entièrement assumé». Ces décisions ont été précédées du retrait des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso puis du Niger.

L’impact de ces tendances nationalistes africaines sur la réaffirmation et le renforcement des souverainetés nationales devrait être, sans doute, mesuré à long terme.

Néanmoins, il est permis de craindre l’avènement d’un nationalisme sélectif dissuasif à l’égard de certaines puissances interventionnistes mais permissif à l’égard d’autres.

De surcroît, ce nationalisme devrait être impérativement accompagné de politiques nationales de réforme et de consolidation des structures étatiques internes et d’une gouvernance dans la gestion des ressources nationales ainsi qu’une internalisation et africanisation des valeurs démocratiques. Il devrait aller de pair également avec une reconfiguration profonde des partenariats établis avec les Etats tiers ou les groupements interétatiques fondée sur l’égalité souveraine et la préservation des richesses africaines pour les générations futures ainsi qu’un développement durable et équitable du continent.

Au total, Une stratégie autonomiste mais ouverte au monde extérieur ne peut réellement s’affermir qu’au moyen d’une solidarité panafricaine globalisée qui transcende les divergences et les tensions entre les Etats africains. Etant confrontés à des défis énormes et partageant un sort commun, ces Etats doivent en conséquence s’engager dans une autonomisation propre au continent.

* Maitre-assistante en droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Sousse.

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Kaïs Saïed appelle les médias publics à un discours responsable

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu hier après-midi, au palais de Carthage, les dirigeants de plusieurs médias publics, dont la Télévision tunisienne, la Radio tunisienne, l’Agence Tunis Afrique Presse, La Presse et Dar Assabah.

Au cours de cette réunion, le chef de l’État a souligné le rôle central des médias nationaux à cette période, estimant qu’ils doivent rester une voix libre et porter une parole courageuse. Il a insisté sur la nécessité d’adopter un discours médiatique responsable, fidèle à la vérité et tourné vers l’intérêt supérieur du pays, sans se laisser distraire par les réactions de ceux qui, selon lui, ne méritent pas d’attention.

Kaïs Saïed a également appelé à renforcer les campagnes radiophoniques et télévisées pour lutter contre plusieurs phénomènes négatifs, en particulier la drogue, qu’il a qualifiée de fléau visant notamment la jeunesse et cherchant, selon lui, à fragiliser la société.

Le président de la République a enfin affirmé que le bras de fer actuel oppose le système en place à une ancienne “manière de gouverner” qui tente de reprendre souffle, tout en assurant que la cohésion du front intérieur permettra de faire échec à toutes les tentatives de déstabilisation, quels qu’en soient les auteurs ou les objectifs.

Il a conclu en affirmant que les engagements du peuple ne seront pas trahis et que la voie engagée se poursuivra avec constance, dans le respect des sacrifices consentis à travers tout le pays.

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Kaïs Saïed exige responsabilité et action face à la pollution

Lors d’une réunion tenue hier au Palais de Carthage, le président de la République Kaïs Saïed a appelé à l’application stricte du principe « le pollueur-payeur » et au renforcement des interventions pour protéger le littoral et les sites archéologiques, rappelant les obligations constitutionnelles et internationales en matière d’environnement.

Cette annonce intervient après 24 heures de sa visite dimanche à la ville de Radès,il a insisté sur le fait que tout responsable de pollution doit assumer l’entière responsabilité de ses actes, conformément au principe international « le pollueur-payeur », consacré lors du Sommet de Rio de Janeiro en 1992. Il a également rappelé que l’article 47 de la Constitution tunisienne garantit le droit à un environnement sain et équilibré, la contribution à la sauvegarde du climat, et impose à l’État de fournir les moyens nécessaires pour éliminer la pollution environnementale.

Selon le communiqué de la présidence de la République, le Chef de l’Etat a souligné que l’agence de protection et d’aménagement du littoral n’a pas pleinement rempli sa mission dans de nombreuses zones côtières. Il a appelé à redoubler d’efforts, à renforcer les interventions sur le terrain pour protéger le littoral contre toutes formes d’empiétements et de dépassements, et à accélérer la mise en œuvre des programmes d’aménagement et d’entretien, afin de préserver les richesses naturelles et environnementales et de répondre aux aspirations des citoyens à bénéficier d’un littoral propre et protégé.

Protection des sites archéologiques : Concernant l’Agence de revitalisation du patrimoine et du développement culturel, le Chef de l’État a évoqué la nécessité de protéger les sites archéologiques, citant l’exemple des découvertes fortuites sur les rives de l’oued Meliene, transformées en décharge de déchets. Il a ajouté que cet exemple n’est qu’un parmi de nombreux sites archéologiques encore non découverts, non protégés, ou victimes de pillages, tout comme les biens du peuple tunisien qui ont eux aussi été pillés.

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« Don chinois » | Clôture de l’instruction, Bouchlaka renvoyé devant la chambre criminelle

La chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a confirmé, ce lundi 3 août 2026, la clôture de l’instruction relative à l’ancien ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem Bouchlaka.

La justice a validé la décision du juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier concernant l’affaire du « don chinois ». Rafik Bouchlaka est aini poursuivi pour abus de fonction (ayant procuré un avantage injustifié causant un préjudice à l’État) et pour détournement de fonds publics, pour la gestion illégale de deniers confiés en raison de ses fonctions.

Selon une source judiciaire citée par l’Agence Tap, la chambre d’accusation a ordonné le renvoi de Rafik Bouchlaka, poursuivi en état de fuite, devant la chambre criminelle du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis pour y être jugé.

Y. N.

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Habib Bourguiba, l’homme qui a façonné la Tunisie moderne

Le 3 août 1903 ne marque pas seulement une date sur le calendrier : c’est le jour où est né un enfant au cœur simple, issu d’une famille modeste, destiné à devenir un penseur, un visionnaire et le bâtisseur de la Tunisie d’aujourd’hui. Une Tunisie résiliente, fière de son identité et de ses valeurs, qui continue de tenir bon face aux épreuves, aux difficultés et aux tensions.

Pour saisir toute la portée de l’héritage de Bourguiba, il suffit de revenir sur quelques-unes de ses réalisations majeures qui ont façonné le pays.

Habib Bourguiba a d’abord profondément réformé l’enseignement religieux en fermant l’Université Zitouna pour créer la Faculté de la Charia et des Fondements de la Religion. Cette mesure visait à moderniser et unifier les programmes, afin de les adapter aux besoins d’une Tunisie en mutation, à l’instar des réformes menées dans d’autres grandes institutions musulmanes. Son ambition première était de construire une nation unie, développée, capable de goûter au bonheur de vivre et de bénéficier des conditions d’une existence digne.

Il a également accordé une place centrale au travail, qu’il considérait comme une véritable forme de dévotion et le moteur essentiel du progrès et de la dignité nationale, sans renier la foi ni les traditions.

Sa lutte en faveur des droits des femmes a durablement marqué la société tunisienne. En interdisant la polygamie, il a ouvert la voie à plus d’égalité et de respect entre hommes et femmes.

Sur le plan sécuritaire, Bourguiba a consolidé l’unité nationale en intégrant les différentes forces armées naissantes, contribuant ainsi à forger un État fort et stable.

Symbole de la lutte pour la souveraineté, il a enduré 25 longues années de prison et d’exil, avant de soutenir activement les mouvements de libération, notamment en apportant son appui au combat fraternel en Algérie.

En 1961, face à la volonté française de maintenir une présence militaire, il a appelé le peuple tunisien à se lever pour défendre la patrie lors de la bataille de Bizerte, affirmant avec force l’indépendance pleine et entière de la Tunisie.

Enfin, convaincu que le développement devait bénéficier à tous, il a lutté contre les clivages régionaux en plaçant l’éducation et la santé au cœur des priorités nationales. Des écoles, mais aussi des hôpitaux ont été construites dans chaque village. A travers l’éducation, cela a permis à toutes les filles et à tous les garçons d’avoir une réelle chance de s’élever et de participer à la construction du pays.

Ces actions et principes illustrent l’engagement et la vision d’un homme dont le rôle a marqué l’histoire de la Tunisie contemporaine.

Plus encore, l’histoire retiendra que nous lui sommes redevables et nous ne l’oublierons jamais, de génération en génération. Et pour finir, comme le disait la chanson de Céline Dion : “Je ne vous oublie pas, non, jamais.”

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Donald Trump réitère la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara

Le président américain Donald Trump a réaffirmé la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara ainsi que son soutien constant au plan d’autonomie, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI à l’occasion du 27e…

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Israël, une société en train de s’effondrer ?

La guerre n’a jamais frappé le territoire israélien proprement dit. Mais le 7 octobre 2023 a tout bouleversé. Le Hamas a pris en défaut «l’infaillible» renseignement sioniste. Les missiles du Hezbollah et ceux de l’Iran ont désorganisé la vie des ménages, la marche des institutions académiques, des maternelles à l’université, l’entassement dans les abris et la promiscuité sont devenus quotidiens… et contraint le Premier ministre à changer souvent de domicile. Cela a un prix… (Photo : Soldats israéliens commettant un génocide à Gaza).

Mohamed Larbi Bouguerra *

Le 29 juillet, le journal Haaretz annonçait le suicide de deux soldates d’active ; ce qui fait que l’armée d’occupation a enregistré 16 membres ayant mis fin à leurs jours cette année. Il faut y ajouter cependant neuf autres soldats qui ont servi pendant la guerre et des réservistes ayant fait leur service actif.  En 2025, l’armée a compté 22 suicides dans ses rangs, le chiffre le plus élevé en 15 ans.

Tom Levinson écrit dans Haaretz du 25 juin 2026 un article intitulé A Collapsing Society: Israel Suffers a National Mental Crisis Due to the War («Une société en train de s’effondrer : Israël subit une crise mentale nationale à cause de la guerre.»)

En résumé : anxiété, troubles du sommeil, violences domestiques, troubles alimentaires, accidents de la route, drogues dures et alcool… Statistique après statistique révèle l’impact sans précédent de la guerre sur la santé mentale des Israéliens.

«Nous vivons dans un état d’incertitude. Le téléphone pourrait sonner à nouveau dans une heure pour aller aux abris, et des missiles depuis l’Iran pourraient être lancés. Nous sommes en mode survie – et cela a des conséquences», diagnostique Gil Salzman, un des principaux psychiatres d’Israël.

«Les chiffres ne laissent aucune ombre de doute», déclare le professeur Eyal Fruchter, président du National Council for Post-Trauma. «Israël fait face à une crise nationale», ajoute-t-il.

Des bombes à retardement

Commençons par les chiffres du ministère de la Défense. Avant la guerre, la branche de réhabilitation prenait en charge 62 000 blessés, dont 11 000 souffraient de problèmes de santé mentale. Le mois dernier, les chiffres avaient grimpé à 82 000 et 31 000 respectivement.

Cependant, ce ne sont pas ces chiffres qui inquiètent les experts. «Les dégâts que nous observons aujourd’hui ne constituent qu’une petite partie, voire la partie émergée de l’iceberg, de ce qui va arriver», déclare la professeure Zahava Solomon, chercheuse de premier plan mondial dans le domaine du traumatisme. Elle ajoute : « Les recherches montrent des taux significatifs de réactions différées… Les soldats démobilisés sont des bombes à retardement. »

Si c’était une guerre comme toutes les guerres, les forces militaires auraient enregistré la plus grande partie des pertes psychologiques. Mais cette guerre est différente, plus complexe. Les civils ne se contentent pas d’observer la guerre de loin, mais aussi en arrière-plan : les horreurs ont atteint le front intérieur, laissant les victimes civiles confrontées à des défis physiques et mentaux. Parmi eux figurent les habitants de l’enveloppe de Gaza, les victimes du concert Nova et ceux dont les maisons ont été touchées par un missile iranien. Au fil de la guerre, le cercle des victimes s’élargit.

À la veille du 7 octobre [2023], le nombre de citoyens blessés dans des actes hostiles et reconnus officiellement comme invalides pour des raisons de santé mentale était de 6 412. Cette semaine, le nombre de personnes reconnues par l’Institut comme ayant des lésions mentales a dépassé 69 000, dont environ 35 000… ont été reconnues comme handicapées. Ainsi, en moins de trois ans, le nombre a été décuplé par plus de dix.

Environ un mois avant la guerre, le taux de symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT ou  PTSD) dans la population était d’environ 16 % ; un mois après le 7 octobre, elle est passée à environ 30 % ; et deux ans et trois mois plus tard, c’était d’environ 19,7 %. «C’est nettement plus élevé que le taux mondial», affirme le Pr  Levi-Belz. L’OMS, par exemple, a constaté en 2021 que le taux mondial de personnes ayant subi des symptômes post-traumatiques était d’environ 3,9 %.

Un traumatisme collectif

Traumatisme collectif pour le Pr Levi-Belz, responsable du Lior Tsfaty Center for Suicide & Mental Pain Studies au Ruppin Academic Center : le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, dit-il, sont liés à nos structures sociales, à notre identité et à nos relations interpersonnelles. «La société israélienne est épuisée, ressentant un épuisement intense et brutal. Elle se débat dans des questions morales et souffre d’un sentiment de trahison de la part de l’État et de ses dirigeants.»

Le traumatisme collectif, poursuit Levi-Belz, «est insidieux ; ça ne s’arrête pas comme le PTSD. Parfois, les gens semblent aller bien, voire trop bien, sortir et socialiser. Mais on ne peut pas oublier que ce n’est pas fini. Ce n’est pas seulement l’apparence extérieure [qui compte]. Les questions les rongent de l’intérieur ainsi que les peurs.  La quantité de klaxons et de rage au volant sur la route, par exemple, est un instantané de l’eau bouillonnant sous la surface de la société israélienne.»

Pendant la guerre, il y a eu une augmentation des décès sur la route – de 361 en 2023, à 439 en 2024, puis à 459 en 2025. En surface, ces figures n’ont aucun lien avec la guerre à cause du PTDS

Un rapport de l’Organisation sioniste internationale des femmes a constaté une augmentation de 65 % de la violence domestique dans la population générale d’Israël au cours des six premiers mois de la guerre, par rapport à la même période l’année précédente – 4 566 appels à ses refuges contre 2 760. Une étude de 2024 a révélé un risque huit fois plus élevé de violences physiques ou sexuelles à domicile lorsque les deux partenaires servent dans la réserve de l’armée sioniste.

Face à cette situation, les psychiatres quittent Israël en masse pour la Nouvelle Zélande, le Canada…

De plus, la pénurie de professionnels de la santé mentale ne se limite pas aux psychiatres. Elle existe sur tout le spectre des soins.  Chaque travailleur est responsable d’environ 770 patients.

Selon les experts, la pénurie s’applique même aux lits d’hôpital et aux maisons d’équilibre (une forme de maison de transition pour les personnes en détresse mentale aiguë).

Pour le Pr Fruchter, qui est également président de l’ONG Collective Action for Resilience d’Israël, souligne qu’une approche globale et systémique est nécessaire pour traiter ce problème. «Beaucoup d’organisations sont en train d’être créées, et personne ne sait comment les guider d’en haut. Il n’y a pas non plus suffisamment de communication entre les différentes agences publiques et semi-publiques impliquées, telles que le ministère de la Santé, le ministère de la Défense, l’Institut national d’assurance et les prestataires de soins de santé. Un comité interministériel sur cette question doit être créé. Dans un monde idéal, cette question aurait dû figurer en tête des programmes électoraux des candidats, mais le gouvernement choisit de détourner le regard. Elle va exploser sur nous à l’avenir comme une bombe très puissante. Il y aura des conséquences sans précédent – dans le milieu universitaire, le marché du travail et toute l’économie israélienne. »

Israël en train de s’effondrer ?

Une société dont le gouvernement ne réserve la pendaison qu’aux Palestiniens et qui sable le champagne après le vote de cette ignoble loi est à mettre aux galères disait Voltaire ; un pays dont les colons se targuent d’assassiner des bébés palestiniens est sûrement dérangé.

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Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie

Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs. (Photo: Slaheddine Selmi, SG de l’UGTT).

Latif Belhedi

L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1er août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise», qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.

La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise : le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.

Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.

Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.

Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.

Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.

Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.

La Tunisie, conclut l’UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.

Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.

Vers une réconciliation nationale globale

Intervenant, samedi, dans l’émission ‘‘Houna Tunes’’, sur Diwan FM Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.

M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise», dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : «Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»

M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.

M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.

Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que «les fardeaux partagés sont légers» (comme le dit l’adage).

Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.

En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse. «Aujourd’hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue», a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de «fuite en avant» etune tentative d’éluder les véritables problèmes.

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