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Du terroir aux marchés du monde : le nouveau pari marocain

Huile d’argan, safran, dattes, miel ou plantes aromatiques : les produits du terroir marocains connaissent un nouvel essor. Portés par les coopératives et une meilleure structuration des filières, ils deviennent un levier de développement rural et un ambassadeur du savoir-faire…

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Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial

L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh ‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé ‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme. (Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba).

 Abderrahmane Fekih *

Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.

Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.

La dimension coloniale des frontières terrestres

Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie : c’est une vérité historique bien établie.

A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires spoliés, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh ?

La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est «un coup de poignard dans le dos de l’Algérie combattante» et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie «le problème sera réglé entre frères». La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’«acheter du temps ! ». Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté et sans léser l’Algérie : c’était juste retour à la situation antérieure.

Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.

Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable («entre frères» !) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).

Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens».

C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970 : ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces !) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.

Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque !) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.

Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !

On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise !

La sécurité énergétique en question  

Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance !).

Vous prétendez que l’Algérie «subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens» sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international (je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.

Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe «il faut rendre à César ce qui appartient à César ! Est-ce trop demander ?»

J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.

Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.

Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment «pierre à pierre et brique à brique», nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).

Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.

* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.

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Marhaba 2026 : plus de 2,7 millions de MRE déjà accueillis

Le nombre de Marocains résidant à l’étranger (MRE) ayant rejoint le territoire national depuis le lancement de l’opération « Marhaba » s’élève à 2.741.570 personnes, soit une hausse de 0,45 % par rapport à la même période de l’année précédente,…

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Saint-Ouen : la diaspora fait rayonner le Maroc au-delà des frontières

Du 16 au 18 octobre, Saint-Ouen accueillera la sixième édition du festival Maroc multiculturel. Pendant trois jours, artisanat, musique, gastronomie, mode et traditions investiront la Communale, transformée en vitrine du savoir-faire marocain. Un pont entre les deux rives de la…

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Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas

Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».

Habib Glenza, à Lodz.

 «Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».

Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.

Corruption et répartition inégalitaire des richesses   

Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».

Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».

«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».

Le gouvernement porte une large responsabilité    

De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».

«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.

«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».

Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».

Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.

Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.

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Espagne : « L’Italie n’a pas été à la hauteur » à Ceuta

La confrontation entre l’Espagne et l’Italie au sujet de l’immigration et les événements de ces derniers jours à Ceuta se sont poursuivis lundi 3 août.

Dans une interview accordée à la radio et à la télévision publiques RTVE, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Álvarez, a souligné que de nombreux pays et gouvernements « n’ont pas été à la hauteur » et que « le gouvernement italien en faisait partie ». Il a ajouté qu’il y avait eu des périodes où « l’Italie était submergée par des migrants irréguliers », faisant référence aux « crises répétées sur l’île de Lampedusa, auxquelles le pays n’a pas été en mesure de faire face efficacement ». Or, pendant ce temps, « l’Espagne avait fait preuve de solidarité, tant sur le plan politique que par des actions concrètes. C’est ce que nous exigeons de nos partenaires européens », a également déclaré M. Alvarez.

Des sources au sein du ministère italien de l’Intérieur à Rome rappellent pour leur part que « depuis janvier de cette année jusqu’à aujourd’hui, les arrivées d’immigrants illégaux ont fortement diminué, grâce à la politique mise en œuvre par le gouvernement Meloni ».

« Les arrivées ont chuté de 55 % par rapport à l’année dernière et de 82 % par rapport à 2023, première année d’action du nouveau gouvernement italien, qui a dû faire face à une situation hors de contrôle héritée des précédentes alliances gouvernementales », ont ajouté ces mêmes sources.

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Ceuta : Les services secrets espagnols disculpent partiellement le Maroc

Alors que la crise migratoire de Ceuta continue de provoquer des remous en Espagne et au sein de l’Union européenne, les premières conclusions des services de renseignement espagnols apportent un éclairage inédit sur le rôle du Maroc. Contrairement aux accusations formulées dans les premiers jours de la crise, le Centre national du renseignement (CNI) estime que Rabat n’aurait pas planifié l’afflux massif de migrants. Les autorités marocaines auraient toutefois progressivement relâché les contrôles frontaliers, permettant à la situation de dégénérer.

Cette analyse intervient après l’arrivée spectaculaire de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, située sur la côte nord du Maroc. Selon Madrid, près de 69.500 personnes ont déjà été reconduites vers le Maroc en quatre jours. Entre 3.000 et 5.000 migrants se trouveraient encore dans la ville autonome, où les structures d’accueil sont désormais débordées. Le bilan humain reste particulièrement lourd, avec 72 morts recensés côté espagnol et 11 côté marocain.

Une lecture de la crise qui évolue

Dans les heures qui ont suivi l’afflux massif de migrants, plusieurs responsables politiques espagnols avaient laissé entendre que Rabat avait délibérément organisé cette vague migratoire afin d’exercer une pression sur Madrid.

Les premières analyses du CNI dessinent toutefois un scénario différent. Selon des informations publiées par El País et la Cadena SER, les services de renseignement ne disposent d’aucun élément permettant d’affirmer que le Maroc aurait préparé une opération d’une telle ampleur. Ils privilégient plutôt l’hypothèse d’un relâchement progressif des contrôles à la frontière durant le mois de juillet.

Toujours selon ces informations, les dispositifs de surveillance auraient été fortement réduits, voire quasiment absents, lorsque des milliers de migrants se sont dirigés vers le poste-frontière de Tarajal, à l’occasion de la Fête du Trône célébrée au Maroc.

Cette nuance est loin d’être anodine. Elle écarte l’idée d’une opération planifiée de longue date, tout en laissant ouverte la question d’une réaction tardive ou insuffisante des autorités marocaines face à une situation qui s’est rapidement emballée.

Pourquoi cette nuance est importante

La distinction entre une opération organisée et un simple relâchement des contrôles pourrait avoir des conséquences diplomatiques importantes.

Si les conclusions du CNI se confirment, elles affaibliraient les accusations selon lesquelles Rabat aurait utilisé la migration comme un moyen de pression politique contre l’Espagne. Elles n’exonèrent cependant pas totalement le Maroc, les services espagnols estimant que les autorités ont laissé les événements se dérouler sans intervenir suffisamment tôt pour empêcher l’afflux.

Pour Madrid comme pour Bruxelles, cette différence est essentielle. La coopération du Maroc demeure l’un des piliers de la politique européenne de contrôle des flux migratoires en Méditerranée occidentale. Une accusation de manipulation délibérée aurait pu provoquer une crise diplomatique majeure entre les deux voisins.

Des positions toujours opposées

Ces conclusions n’ont toutefois pas mis fin aux divergences.

Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesús Vivas, continue d’affirmer que le Maroc a volontairement laissé la crise se produire. Selon lui, cet épisode montre que Rabat ne constitue pas un partenaire totalement fiable en matière de contrôle migratoire.

Le gouvernement marocain rejette, de son côté, toute responsabilité directe. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère de l’Intérieur attribue l’afflux massif à plusieurs facteurs : la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, l’action des réseaux de traite des êtres humains et une mauvaise interprétation d’une récente décision de justice espagnole concernant les migrants interceptés en mer.

Rabat affirme également rester pleinement engagé dans la coopération internationale contre l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs.

Lire aussi: Ceuta : Des milliers de migrants franchissent la frontière depuis le Maroc, l’Espagne en état d’alerte

Une crise humanitaire qui se poursuit

Malgré le retour de la majorité des migrants vers le Maroc, la situation reste particulièrement tendue à Ceuta.

Les deux centres d’accueil de la ville ont atteint leurs capacités maximales. Les autorités locales indiquent prendre actuellement en charge 862 mineurs non accompagnés. Protégés par le droit espagnol et européen, ces enfants et adolescents ne peuvent être renvoyés automatiquement, compliquant davantage la gestion de la crise.

Sur la plage d’El Trampolín, plusieurs centaines de migrants campent encore à même le sable, tandis que les forces de sécurité poursuivent leurs patrouilles autour de l’enclave.

L’Europe sous pression

Au-delà de Ceuta, cette crise relance le débat sur la politique migratoire européenne.

Les ministres de l’Intérieur des États membres doivent se réunir en urgence afin de coordonner leur réponse. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a appelé les partenaires européens à faire preuve de solidarité, tout en critiquant certaines prises de position, notamment en provenance d’Italie, qu’il accuse d’avoir contribué à alimenter des informations erronées autour de la crise.

Parallèlement, plusieurs médias espagnols évoquent des tensions entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense, certains responsables reprochant au CNI de ne pas avoir anticipé l’arrivée massive des migrants.

Les conclusions préliminaires des services de renseignement ne mettent donc pas un terme aux interrogations. Elles modifient néanmoins la lecture politique de cette crise : plus qu’une opération minutieusement orchestrée, les autorités espagnoles semblent désormais privilégier le scénario d’un relâchement des contrôles ayant permis à une situation déjà fragile de se transformer en l’une des plus importantes crises migratoires qu’ait connues Ceuta ces dernières années.

Lire aussi:

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Maroc : hausse des envois de fonds des MRE

Le Bureau des changes du Maroc a déclaré le 2 août que les envois de fonds des Marocains vivant à l’étranger s’élevaient à 6,6 milliards de dollars (61,48 milliards de dirhams) à la fin du mois de juin 2026; contre 6 milliards de dollars au cours de la même période de 2025.

Le Bureau des changes a expliqué, dans son dernier bulletin sur les indicateurs mensuels des changes, que ces transferts ont enregistré une augmentation de 9,9 % sur une base annuelle.

Le bulletin a également noté un solde positif pour la balance « voyages » de 5,2 milliards de dollars (48,8 milliards de dirhams). Soit une augmentation de 20,6 %, selon le site web marocain « Le360 ».

Cet équilibre résulte d’une croissance des revenus de 15,9 % pour atteindre 6,9 ​​milliards de dollars (64,9 milliards de dirhams). Ce qui est supérieur aux dépenses, qui ont augmenté de 6,3 % pour atteindre 1,7 milliard de dollars (16,09 milliards de dirhams).

En ce qui concerne les investissements directs étrangers, les entrées nettes ont augmenté de 31,5 % pour atteindre 2,8 milliards de dollars (26,2 milliards de dirhams). Les revenus de ces investissements ayant augmenté de 14,4 %. Tandis que les dépenses ont diminué de 20,5 %.

Le flux net des investissements directs marocains à l’étranger est resté stable, avec un excédent de 614 millions de dollars (5,71 milliards de dirhams).

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Le Théâtre Royal propulse Rabat sur la carte culturelle mondiale

Le New York Times a classé le Théâtre Royal de Rabat parmi les édifices culturels qui contribuent à inscrire leur ville sur la carte culturelle mondiale. Une reconnaissance qui illustre la stratégie culturelle du Maroc, fondée sur de grands équipements,…

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Donald Trump réitère la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara

Le président américain Donald Trump a réaffirmé la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara ainsi que son soutien constant au plan d’autonomie, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI à l’occasion du 27e…

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Au moins 72 personnes mortes dans la ruée migratoire vers Ceuta

Au moins 72 personnes sont mortes lors de l’afflux massif de migrants dans l’enclave de Ceuta. Des dizaines de milliers de personnes ont franchi à la nage le poste frontière depuis le Maroc, ont indiqué dimanche les autorités locales. La plupart des quelque 60 000 personnes qui ont afflué vers ce territoire espagnol d’Afrique du […]

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Ceuta : Les dizaines de milliers de migrants ont regagné le territoire marocain 

L’afflux de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta sur la côte nord du Maroc, presque tous déjà repartis samedi, a fait réagir la droite européenne sur les contrôles aux frontières. Le nombre des migrants entrés illégalement à Ceuta est considérable au regard de la population de l’enclave, qui compte 84.000 habitants. […]

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Ceuta | Miroir d’un monde déséquilibré

Les images de Ceuta **, l’enclave espagnole en terre africaine, reviennent régulièrement hanter les écrans. Des milliers de femmes, d’hommes et de jeunes franchissent une frontière, parfois au péril de leur vie, tandis que d’autres sont rapidement reconduits vers leur pays. L’actualité de ces derniers jours, avec des dizaines de milliers de passages suivis d’un retour massif vers le Maroc, rappelle une évidence : les migrations ne disparaissent jamais sous l’effet des seuls barbelés. Elles ne font que changer de visage.

Khemaïs Gharbi *

Le débat public se focalise souvent sur les chiffres, les contrôles aux frontières ou les conséquences politiques de ces mouvements. Pourtant, la véritable question est ailleurs : pourquoi tant de personnes sont-elles prêtes à quitter leur foyer, leur famille, leur culture et parfois leur dignité pour tenter leur chance de l’autre côté d’une frontière ?

Le démographe et sociologue François Héran rappelle avec raison que l’immigration doit être abordée avec rigueur, en s’appuyant sur des faits plutôt que sur les émotions ou les slogans. Les données méritent d’être examinées avec précision, sans exagération ni minimisation. C’est à cette condition que le débat démocratique peut échapper aux caricatures et aux surenchères populistes, qui font le lit de l’extrême droite raciste et xénophobe en Europe.

La richesse mondiale répartie de manière inégale

Mais derrière les statistiques se cache une réalité plus profonde. Depuis des décennies, la richesse mondiale est répartie de manière profondément inégale. Une partie importante de l’humanité demeure exclue des bénéfices de la mondialisation, alors même que les moyens de communication lui montrent quotidiennement le niveau de vie auquel elle n’a pas accès.

L’Afrique paie un tribut particulièrement lourd à cette injustice. Continent riche en ressources naturelles, en jeunesse et en potentiel humain, elle continue pourtant à voir une partie de ses enfants chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas chez eux : un emploi, un avenir, une sécurité ou simplement l’espoir d’une vie meilleure.

Aucun mur, aucune clôture, aucune politique de refoulement ne pourra durablement contenir une espérance plus forte que la peur. L’histoire de l’humanité montre que les migrations accompagnent les grands déséquilibres économiques et politiques. Elles en sont souvent la conséquence plus que la cause.

La véritable réponse ne réside donc pas uniquement dans le renforcement des frontières. Elle suppose un effort international beaucoup plus ambitieux en faveur du développement, de l’éducation, de la stabilité politique, de la création d’emplois et d’un partage plus équitable des richesses. Permettre à chacun de vivre dignement dans son pays reste la politique migratoire la plus humaine, la plus efficace et la moins coûteuse à long terme.

Pour un ordre international plus juste

Tant que les écarts de richesse continueront de se creuser entre les régions du monde, les mouvements migratoires resteront une réalité durable. On pourra en modifier les itinéraires, en ralentir les flux ou en déplacer les points de passage, mais on n’en supprimera jamais les causes profondes.

Les événements de Ceuta ne constituent donc pas une exception. Ils sont le symptôme d’un monde dont les déséquilibres n’ont jamais été véritablement corrigés. Tant que cette injustice perdurera, la migration demeurera moins un problème à résoudre qu’un appel à construire un ordre international plus juste.

* Ecrivain et traducteur.

** Entre le 30 et le 31 juillet 2026, près de 50 000 à 60 000 migrants, en grande majorité des jeunes hommes et des adolescents, ont traversé illégalement la frontière depuis le Maroc, en forçant le passage par la terre et par la mer dans des conditions chaotiques. Cet afflux massif, marqué par des dizaines de morts en mer, a entraîné l’envoi de l’armée par Madrid et un renforcement des contrôles frontaliers en Europe.

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Migrants à Ceuta : L’Italie ferme ses frontières avec l’Espagne, l’Europe se divise

L’Italie a suspendu vendredi l’application des “accords de Schengen“ avec l’Espagne, fermant ses frontières aériennes et maritimes. Prise lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur présidée par Matteo Piantedosi, la décision fait suite à l’arrivée de milliers de migrants à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, et avait été annoncée dès jeudi soir par la Première ministre Giorgia Meloni.

Lire aussi : Crise à Ceuta : 49 000 migrants en 24 heures, Meloni menace de suspendre l’Espagne de Schengen

Rome et Paris ont par ailleurs décidé de renforcer les contrôles à leur frontière commune, en triplant les effectifs policiers, avec 334 agents dès samedi. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a justifié cette mesure par la nécessité de protéger la sécurité des citoyens et les frontières européennes, rapportent les médias italiens et français.

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’Espagne a vivement réagi à cette décision de Meloni : le chef de la diplomatie espagnol, José Manuel Albares, a immédiatement convoqué l’ambassadeur italien à Madrid, soulignant que la crise n’a aucun lien avec la récente régularisation de migrants décidée par le gouvernement espagnol, mais résulte d’une interprétation d’un arrêt judiciaire exploitée par des réseaux criminels.

Plusieurs pays de l’UE (Finlande, Pays-Bas, Danemark, République tchèque, Suède) se sont rangés du côté de l’Italie, tandis que la Commission européenne a rappelé que Ceuta relève d’un régime frontalier spécial, sans mouvement direct possible vers le reste de l’espace Schengen.

En Italie, la mesure alimente un débat politique tendu à l’approche des élections législatives, entre soutien de la majorité (Ligue, Fratelli d’Italia) et critiques de l’opposition, qui y voit un calcul électoraliste plus qu’une réponse à une urgence réelle.

Affaire à suivre.

 

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La vigne marocaine, entre terroirs et histoire

Des coteaux de Meknès aux terroirs de Berkane, la culture de la vigne raconte une histoire ancienne du Maroc. Héritier d’un riche patrimoine viticole, le royaume développe aujourd’hui une filière qui conjugue tradition, modernisation et recherche de qualité. À la…

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18 migrants tués lors de la traversée massive du Maroc vers Ceuta

Le nombre de personnes décédées jeudi en tentant d’entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, est passé à 18, alors que des migrants affluaient par mer et par terre depuis le Maroc, a déclaré vendredi un porte-parole du ministère espagnol de l’Intérieur. La chaîne de télévision publique espagnole TVE a indiqué qu’entre […]

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Espagne : 34 migrants sont morts en essayant d’entrer à Ceuta

Mise à jour 13h10 – Trente-quatre personnes sont mortes en essayant d’entrer à Ceuta, au cours de la crise migratoire sans précédent qui a vu 60.000 personnes arriver dans cette enclave espagnole située au Maroc, a annoncé le président de Ceuta.

Près de 49 000 personnes seraient entrées à Ceuta depuis hier jeudi selon des sources de la Garde civile, un afflux qui a fait au moins 18 morts. Madrid a déployé l’armée et déclaré une urgence humanitaire, tandis que la crise intervient dix jours après un rapprochement diplomatique entre Madrid et Alger.

Au moins 18 migrants sont morts en tentant de rejoindre Ceuta, selon un bilan communiqué vendredi par les autorités espagnoles, en hausse par rapport aux neuf décès annoncés la veille. Beaucoup se sont noyés en tentant la traversée à la nage depuis le Maroc ; plusieurs victimes ont également péri dans la bousculade pour franchir la digue de la plage de Tarajal, selon Rachid Sbihi, responsable d’une association locale de gardes civils, cité par l’Associated Press.

Selon des sources de la Garde civile citées par El Periódico, près de 49 000 personnes seraient entrées à Ceuta depuis le week-end. Le gouvernement de Ceuta avance de son côté un chiffre plus restreint, entre 1 500 et 2 000 entrées sur les dix derniers jours — un écart qui reflète des périmètres et des moments de comptage différents et reste à recouper.

Déploiement militaire et réactions

Face à l’ampleur de la crise, Madrid a déployé l’armée pour renforcer la sécurité dans l’enclave. Le président régional de Ceuta, Jesús Vivas, a déclaré une « urgence humanitaire et sociale absolue » et appelé le gouvernement central à envoyer des renforts. Pedro Sánchez devait se rendre sur place vendredi matin aux côtés de son ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.

En Italie, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a menacé de suspendre l’accord Schengen à frontières ouvertes avec l’Espagne pour « défendre nos frontières et assurer la sécurité de nos citoyens », bien que l’Italie ne partage pas de frontière avec l’Espagne.

Une explication juridique avancée

Une décision du Tribunal suprême espagnol a précisé que les « retours à chaud » ne s’appliquent pas aux personnes interceptées en mer après avoir rejoint Ceuta ou Melilla à la nage, mais seulement à celles arrêtées lors d’un franchissement terrestre. Largement relayée sur les réseaux sociaux marocains dans les jours précédant le 30 juillet, cette décision aurait convaincu de nombreux candidats que la voie maritime offrait de meilleures chances de rester en Espagne.

Selon El País, la présence des forces marocaines chargées de surveiller la frontière aurait par ailleurs fortement diminué pendant plusieurs heures, permettant à des milliers de personnes d’atteindre Ceuta — sans que Madrid n’établisse officiellement de lien avec sa visite à Alger le 20 juillet, dix jours plus tôt.

Un scénario qui rappelle 2021

Cette séquence n’est pas sans précédent. En mai 2021, environ 9 000 à 10 000 migrants étaient entrés à Ceuta en deux jours après un assouplissement des contrôles marocains, quelques jours après l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario — un épisode que le Parlement européen avait alors qualifié d’instrumentalisation de la frontière à des fins politiques.

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