La population carcérale en Tunisie atteint environ 33 000 détenus, soit près du double de la capacité officielle du système pénitentiaire, estimée à 17 000 places. Le taux d’occupation moyen s’établit ainsi à 194,1 %, certains établissements dépassant les 200 %.
Ces chiffres sont issus des dernières données consolidées recueillies par le World Prison Brief. Selon l’agence italienne Ansa, ils sont fondés sur des informations fournies par l’Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT) en Tunisie et mises en avant par diverses associations tunisiennes, dont Intersection.
Ces données, datant de mai 2025, font état d’un taux d’incarcération de 267 personnes pour 100 000 habitants en Tunisie. La population carcérale a augmenté d’environ 10 000 personnes en deux ans seulement, passant d’environ 23 000 en 2022 à 33 000.
Un rapport de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) sur les conditions de détention entre 2022 et 2025 — établi à la suite de visites dans des établissements pénitentiaires — fait état de taux d’occupation dépassant généralement les 150 %.
À la prison civile de Mahdia, par exemple, 1 522 détenus ont été recensés pour une capacité de 850 places, soit un taux d’occupation de 180 %.
Selon Fethi Jarray, président de l’INPT, cette augmentation est également liée à la lenteur des procédures judiciaires et au recours massif à la détention.
Les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que la surpopulation carcérale nuit à l’hygiène, aux soins de santé, à la sécurité et aux perspectives de réinsertion, tout en ayant des répercussions sur le personnel pénitentiaire.
La situation s’est aggravée ces dernières semaines en raison d’une forte vague de chaleur, de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.
Le 24 juillet, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a signalé des conditions de détention marquées par une absence de ventilation, un accès limité aux soins médicaux et des risques particulièrement élevés pour les détenus âgés ou atteints de maladies chroniques.
Pour 2026, le ministère de la Justice a prévu la construction d’une nouvelle prison à Béja, d’un quartier pour femmes à Monastir, l’agrandissement de la prison de Borj Erroumi ainsi que la création d’une unité hospitalière pénitentiaire à La Rabta. Les projets prévoient également un recours accru aux peines alternatives et aux bracelets de surveillance électronique.
Toutefois, en l’absence de nouvelles statistiques exhaustives, il n’est pas encore possible de mesurer l’impact de ces mesures sur le taux de surpopulation carcérale réel.
Après une trêve de quelques jours dues à la baisse des températures, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) va reprendre les coupures intempestives d’électricité pour faire baisser la pression de son réseau qui chauffe dangereusement avec la reprise de la canicule et du recours des citoyens à la climatisation.
La société publique a annoncé que des coupures d’électricité pourraient survenir ce lundi 3 août 2026, entre 12h00 et 17h00. Ces interruptions seront intermittentes et chaque coupure ne doit pas excéder deux heures, a-t-elle précisé.
Les zones concernées comprennent le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, la région du Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest, autant dire toutes les régions du pays sans discrimination aucune. Du moment ou tous les citoyens seront «maltraités» au même pied d’égalité, on devrait peut-être s’en féliciter !
La Steg a précisé que le rétablissement du courant s’effectuerait sans préavis et a appelé chacun à prendre les mesures de précaution nécessaires. Donc, elle se lave les mains des désagréments que sa mauvaise gouvernance chronique inflige à ses abonnés.
Pas d’excuses donc, mais le constat d’une banalisation du rationnement de l’approvisionnement de l’électricité. Souriez, vous êtes en Tunisie !
Dans son nouvel essai intitulé ‘‘Parfum de mort. Histoire médico-sociale de l’odeur’’ (Editions L’Harmattan, Paris, 30 juillet 2026, 236 pages) Sofiane Bouhdiba, professeur de démographie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, propose une réflexion documentée et critique sur l’odeur, avec un intérêt particulier pour ses répercussions médico-sociales.
La littérature abonde en œuvres scientifiques, poétiques, théâtrales sur les parfums enchanteurs, merveilleux, paradisiaques, mythiques. Mais l’auteur préfère s’attarder sur les côtés moins connus et plus obscurs des odeurs, une manière de combler un vide littéraire.
Il interroge les miasmes mortifères, les maladies fétides, les odeurs non moins nauséabondes des remèdes, la putréfaction du cadavre, les prétendus démons porteurs de maladies, la mort et ses effluves, qui constituent autant de thématiques liées d’une manière ou d’une autre aux odeurs.
Il interroge l’odeur qui dérange, l’odeur qui rend malade, la maladie qui pue, le défaut d’odorat, qui sont autant de thématiques que Pr Bouhdiba examine dans ce livre qui a au moins le mérite d’être original.
Sa réflexion est organisée autour de trois grandes parties, à peu près équilibrées. La première s’attache à montrer que la mort a indéniablement une odeur. Après une réflexion critique sur l’olfaction et ses incertitudes, l’auteur entre dans le vif du sujet en explorant les liens, pas si évidents ni si naturels, qui ont été établis entre la maladie et sa phase ultime que représente la mort, et l’odeur.
Il montre ainsi, à travers un parcours chronologique de la littérature, que la maladie se manifeste par des odeurs, certaines pathologies étant même spécifiquement malodorantes.
Le malade puant amène à réfléchir sur le mort non moins nauséabond. Réflexion qui débouche naturellement sur l’une des plus étonnantes doctrines de la pensée médicale, qui n’a jamais véritablement disparu : la théorie des miasmes.
La deuxième partie du livre est davantage orientée vers les stratégies d’évitement des odeurs. L’auteur y montre comment les odeurs mortifères ont été évacuées tout au long de l’histoire de l’humanité, donnant lieu à de véritables théories de prophylaxie de l’odeur. Avec un œil critique, il s’attarde sur les difficultés posées par les odeurs mortifères qui s’accumulent dans les espaces clos, tels que les navires, les hôpitaux ou les prisons.
Finalement, la bonne odeur chasse-t-elle la mauvaise ? C’est la question à laquelle Sofiane Bouhdiba tente de proposer quelques éléments de réponse, avant de montrer que l’odeur, qui semble accompagner la mort dans l’imaginaire collectif, peut aussi protéger l’être humain.
Quant à la dernière partie de l’ouvrage, elle est consacrée à la thérapie par l’odeur, qui semble s’être érigée en véritable science. L’olfactométrie, science du diagnostic médical par l’odeur, amène ainsi l’auteur à réfléchir sur l’aromathérapie tant dans le monde occidental que dans la médecine arabo-musulmane.
Dans ce nouvel essai, Sofiane Bouhdiba a aussi voulu adresser un clin d’œil à feu le Professeur Abdelwahab Bouhdiba, son père mais également son professeur et son mentor, qui avait écrit il y a quelques années un livre centré sur les aspects merveilleux de l’odeur en islam.
«Rihou issed, yiddi ma yrod», dit l’adage bien tunisien — qu’ils partent, pourvu qu’ils ne reviennent pas gonfler les rangs des chômeurs. Ces expats injectent presque 10 milliards de dinars de transferts par an, ils sont plus de deux millions de Tunisiens fantômes, et un État qui ne veut compter que leurs transferts précieux en devises, que le système bancaire récupère au passage avec des frais usuraires (allant à 8%). Dramatique…(Photo : Des expatriés débarquent au port de La Goulette pour passer leurs vacances au pays.)
Moktar Lamari *
Voilà, résumée en un seul dicton populaire, toute la doctrine non écrite de l’État tunisien à l’égard de sa diaspora : on ne veut pas savoir combien sont-ils, qui ils sont, où ils vivent, ce dont ils ont besoin — mais on veut, chaque année, leurs devises, comptée au dinar près et célébrée en conférence, dans des hôtels climatisés avec des discours indignes de la Tunisie d’aujourd’hui.
L’Utica aux aguets…
Samir Majoul, président de l’Utica, la centrale patronale, l’a rappelé sans ironie apparente lors de la Conférence régionale des Tunisiens de l’étranger : les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont atteint 8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 6% par rapport à 2024, avec une projection à plus de 10 milliards de dinars pour 2026. Soit presque 8 % du PIB tunisien.
Il a évoqué, dans la foulée, «environ deux millions» de Tunisiens établis hors du pays — un chiffre prononcé avec l’aisance de qui cite une statistique officielle, alors qu’il s’agit d’une estimation approximative, non actualisée, non désagrégée par pays, par âge, par profession, par motif de départ.
Il n’est pas certain. Mais, il s’en fout au final. Deux millions de personnes, soit près d’un cinquième de la population résidente, et l’État tunisien serait bien en peine de dire combien sont ingénieurs, combien sont ouvriers du bâtiment en Libye ou en Arabie saoudite, combien sont médecins en France, combien ont fui faute de perspectives et combien ont simplement suivi un conjoint.
On ne veut rien savoir sur leur effectif et besoins
«Ihabbou flousna, mouch khbarna» — on aime avoir notre argent, pas de nos nouvelles.
Ce silence statistique n’est pas un détail technique, c’est un choix politique. Aucun recensement consulaire fiable, aucune enquête de profilage socio-économique de la diaspora, aucun registre permettant de savoir si le médecin tunisien de Lyon ou l’informaticien de Montréal souhaiterait investir, revenir temporairement, transférer un savoir-faire — rien.
On préfère le silence à l’inventaire, parce que l’inventaire obligerait à répondre à la question qui fâche : pourquoi partent-ils, et pourquoi ne reviennent-ils pas ? Il est tellement plus commode de célébrer le migrant comme «ambassadeur de la Tunisie» — l’expression est de Majoul lui-même — que de reconnaître qu’il est d’abord et avant tout un exilé économique dont le pays ne veut connaître que le RIB.
Et pendant que l’État s’abstient de compter les hommes, il compte scrupuleusement les devises — et prélève sa dîme au passage. Car voici la partie de l’histoire que ni Majoul ni les communiqués triomphants sur les transferts n’évoquent jamais : la ponction que subit chaque mandat envoyé par un travailleur tunisien à sa famille.
La rente bancaire et la vendetta
Entre les commissions bancaires, les frais de change et les marges appliquées par les opérateurs de transfert, la diaspora dénonce depuis des années des prélèvements qui, selon de nombreux témoignages concordants relayés dans la presse et sur les réseaux sociaux tunisiens, avoisineraient 7%, voire jusqu’à 10% selon le canal utilisé — un niveau qui, s’il était appliqué frontalement à n’importe quel autre secteur économique, ferait scandale et déclencherait une enquête du Conseil de la concurrence. Ici, silence radio, comme pour les effectifs de la diaspora.
Ajoutons à cela une Banque centrale de Tunisie qui gère le taux de change du dinar dans une opacité feutrée, avec un régime de flottement dit «administré» qui laisse un écart persistant entre le cours officiel et la valeur perçue par ceux qui vivent, gagnent et comparent les prix en euro, en dollar ou en dinar libyen.
Le migrant tunisien transfère donc sa devise dure, se la voit convertie à un taux qu’il ne contrôle pas, amputée de commissions qu’il ne négocie pas, dans un système bancaire où quatre ou cinq établissements dominants affichent, comme par un curieux hasard statistique, des grilles tarifaires étonnamment convergentes — ce qui, dans n’importe quel manuel d’économie industrielle de première année, porte un nom : comportement de cartel.
Vache à lait… pour les lobbys
Le résultat de cette mécanique est limpide : la diaspora tunisienne est devenue, de facto, une vache à lait macroéconomique.
On lui demande de financer, par ses transferts, une part croissante des besoins en devises du pays — Majoul lui-même a rappelé, dans la même intervention, que les investissements étrangers directs n’ont atteint que 825 millions de dinars au premier trimestre 2026, une somme dérisoire comparée aux 10 milliards annuels envoyés par les familles depuis l’étranger — tout en la ponctionnant au passage par des frais bancaires exorbitants et un taux de change qui ne lui est jamais favorable.
C’est un système où l’expatrié finance, sans le savoir précisément, à la fois le compte courant du pays et la marge des banques qui l’exploitent. On appelle cela, dans le jargon feutré des institutions internationales, le «coût de la remise de fonds» ; en tunisien de tous les jours, cela s’appelle «tqawwadou» — se faire plumer poliment, avec le sourire, par ceux-là mêmes qui vous appellent «ambassadeur».
Peu d’investissement, et beaucoup de gaspillage
Le plus cocasse dans cette affaire, c’est que le même discours qui célèbre les transferts comme un «moteur de l’économie nationale» appelle, dans la foulée, à transformer cet argent en «investissement productif» — comme si la diaspora, déjà ponctionnée à l’entrée, devait en plus assumer le rôle de bailleur de fonds patriotique pour un plan de développement 2026-2030 chiffré à 28,6 milliards de dinars et plus de 4 400 projets rien que pour la région du Grand Tunis élargi.
On demande à l’émigré de financer sa famille, de financer l’État via les commissions bancaires, et maintenant de financer les infrastructures — sans jamais lui demander son avis, sans jamais le recenser, sans jamais lui offrir un guichet dédié qui ne soit pas une simple opération de communication en marge d’une conférence régionale.
Tant que la Tunisie continuera de traiter sa diaspora comme un flux financier plutôt que comme une population de citoyens à part entière — avec des données, des besoins, une voix — elle continuera de récolter les fruits amers de cette hypocrisie : un exode qui s’accélère, une devise qui rentre de moins en moins par les circuits officiels à mesure que la ponction se fait sentir, et un discours institutionnel qui célèbre en public ce qu’il méprise en pratique.
«Elli ma yaârafch qimet flousou, ykhalliha tghib» — celui qui ne connaît pas la valeur de son argent finit par le voir s’évaporer.
La Tunisie ferait bien de méditer ce dicton avant de compter, l’an prochain, une douzaine de milliard de dinars injectés dans l’économie tunisienne, en devises fortes, sans jamais avoir voulu compter les millions de Tunisiens qui les lui envoient.
Une honte pour l’État, et un déficit d’éthique pour ces think tank (Atuge, entre autres), ces rentiers qui veulent faire des expatriés leur fonds de commerce, sous couvert d’expertises. Souvent avec des financements et des directives des ambassades et ambassadeurs représentés à Tunis.
Au cours des dernières années, de plus en plus de familles et d’entreprises, et pas seulement dans le domaine du tourisme, choisissent d’investir dans un système photovoltaïque avec stockage. Mais de quoi s’agit-il exactement et dans quels cas ces systèmes peuvent se révéler utiles voire nécessaires en cas de pannes ou de dysfonctionnements du réseau électrique national ?
Habib Glenza, à Lodz.
En termes simples, c’est un système qui produit non seulement de l’électricité grâce à des panneaux solaires, mais la conserve également dans des batteries dédiées pour être utilisée lorsque le soleil n’est pas présent. Et c’est précisément cette capacité à «stockage du soleil» qui rend cette pratique un allié précieux pour ceux qui recherchent une indépendance énergétique et des économies sur les factures.
Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, les coupures de courant imprévues et une attention croissante à la durabilité environnementale, le photovoltaïque avec stockage représente un choix prévoyant et concret. Que ce soit pour une ferme agricole, une entreprise, des frigos industriels, un hôpital ou un véhicule électrique, la possibilité de produire et de gérer l’énergie de manière autonome est un avantage réel et tangible.
Comment fonctionne le système ?
Un système photovoltaïque avec stockage est constitué de panneaux solaires,unonduleur (qui transforme l’énergie de courant continu à alternatif), un système de gestion et, en effet, des batteries. Ces dernières permettent de conserver l’énergie produite en excès pendant la journée, pour l’utiliser le soir ou la nuit lorsque le ciel est couvert notamment en hiver
Contrairement aux systèmes traditionnels qui injectent dans le réseau l’énergie non autoconsommée, ceux avec stockage misent sur l’autosuffisance : l’énergie produite reste à l’intérieur du système tant qu’elle est nécessaire. Cela réduit considérablement les prélèvements sur le réseau électrique national et garantit une plus grande stabilité des consommations.
Le fonctionnement est plutôt simple et intuitif. Pendant la journée, les panneaux solaires captent l’énergie du soleil et la convertissent en électricité. Cette énergie alimente directement les usagers domestiques ou industriels. Lorsque la production est supérieure aux consommations, le surplus est stocké dans les batteries.
Une fois le soleil couché ou en cas de mauvais temps, le système de stockage entre en jeu : l’énergie conservée est utilisée pour continuer à alimenter le logement ou le bâtiment. Si la batterie se vide, alors l’énergie est prélevée sur le réseau électrique, mais seulement lorsque cela est strictement nécessaire.
Un onduleur hybride gère de manière intelligente tous ces flux, garantissant une efficacité maximale et une priorité à l’autoconsommation.
1- Autonomie et indépendance : un des principaux avantages est la possibilité de se rendre (presque) indépendant du réseau. Dans de nombreuses situations, notamment dans des maisons ou bâtiments bien isolés et avec des consommations optimisées, on peut parvenir à couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques avec le système photovoltaïque.
2- Économies sur la facture : en réduisant les prélèvements sur le réseau, les coûts des factures diminuent de manière significative. L’économie est tangible dès les premières années et, sur le long terme, rembourse largement l’investissement initial.
3- Continuité du service :en cas de coupure de courant, certains systèmes avec fonction de secours permettent de maintenir actifs les charges essentielles (éclairage, réfrigérateur, climatiseur, modem, etc.) même en l’absence de réseau.
4- Durabilité : utiliser de l’énergie renouvelable réduit l’impact environnemental et contribue à la lutte contre le changement climatique. C’est un pas concret vers un mode de vie plus écologique.
Que doit-on prendre en compte dans le choix des batteries ?
Les batteries sont le cœur du système de stockage. Les plus courantes aujourd’hui sont celles au lithium, appréciées pour leur efficacité, leur longévité et leur compacité. D’autres technologies comme le plomb-gel ou les batteries LFP offrent des alternatives valables selon le contexte.
Un système avec stockage est recommandé lorsque les consommations sont élevées le soir et la nuit, le bâtiment est sujet à des coupures de courant ou lorsque l’on souhaite alimenter une pompe à chaleur ou une borne de recharge pour voitures électriques.
En général, c’est le choix idéal pour ceux qui cherchent à optimiser l’autoconsommation et à réduire leur dépendance au réseau.
Énergie solaire et mobilité électrique : un duo gagnant
Ceux qui possèdent une voiture électrique peuvent encore plus bénéficier d’un système avec stockage. Recharger le véhicule avec de l’énergie solaire autoproduite permet de réduire les coûts et de diminuer drastiquement les émissions.
Exemples besoins réels de systèmes résidentiels et d’entreprise : – une famille dans une maison individuelle : 6 kWp, batterie de 10 kWh, couverture de 75 % des consommations annuelles ;
– une exploitation agricole : 12 kWp, batterie modulaire de 20 kWh, autosuffisance pour les machines diurnes ;
– refuge hors réseau : système hybride avec panneaux, batterie et générateur de secours ;
– maison intelligente avec véhicule électrique : recharge programmée en fonction de la production solaire
Ces cas montrent comment chaque installation peut être personnalisée pour répondre à des besoins différents.
Est-il possible de devenir totalement autonome avec du stockage solaire ? Cela est théoriquement possible. Pratiquement, cela dépend de plusieurs facteurs, comme la consommation, le climat, et la capacité de stockage. En général, dans les régions avec peu de soleil en hiver, il est difficile de couvrir 100 % des besoins avec seulement du solaire. Cependant, avec un système photovoltaïque bien dimensionné permet de réduire considérablement la dépendance du réseau et ses coupures aux conséquences graves, en particulier pour les hôtels, les hôpitaux, les frigos industriels et agricoles.
La guerre n’a jamais frappé le territoire israélien proprement dit. Mais le 7 octobre 2023 a tout bouleversé. Le Hamas a pris en défaut «l’infaillible» renseignement sioniste. Les missiles du Hezbollah et ceux de l’Iran ont désorganisé la vie des ménages, la marche des institutions académiques, des maternelles à l’université, l’entassement dans les abris et la promiscuité sont devenus quotidiens… et contraint le Premier ministre à changer souvent de domicile. Cela a un prix… (Photo : Soldats israéliens commettant un génocide à Gaza).
Mohamed Larbi Bouguerra *
Le 29 juillet, le journal Haaretz annonçait le suicide de deux soldates d’active ; ce qui fait que l’armée d’occupation a enregistré 16 membres ayant mis fin à leurs jours cette année. Il faut y ajouter cependant neuf autres soldats qui ont servi pendant la guerre et des réservistes ayant fait leur service actif. En 2025, l’armée a compté 22 suicides dans ses rangs, le chiffre le plus élevé en 15 ans.
En résumé : anxiété, troubles du sommeil, violences domestiques, troubles alimentaires, accidents de la route, drogues dures et alcool… Statistique après statistique révèle l’impact sans précédent de la guerre sur la santé mentale des Israéliens.
«Nous vivons dans un état d’incertitude. Le téléphone pourrait sonner à nouveau dans une heure pour aller aux abris, et des missiles depuis l’Iran pourraient être lancés. Nous sommes en mode survie – et cela a des conséquences», diagnostique Gil Salzman, un des principaux psychiatres d’Israël.
«Les chiffres ne laissent aucune ombre de doute», déclare le professeur Eyal Fruchter, président du National Council for Post-Trauma. «Israël fait face à une crise nationale», ajoute-t-il.
Des bombes à retardement
Commençons par les chiffres du ministère de la Défense. Avant la guerre, la branche de réhabilitation prenait en charge 62 000 blessés, dont 11 000 souffraient de problèmes de santé mentale. Le mois dernier, les chiffres avaient grimpé à 82 000 et 31 000 respectivement.
Cependant, ce ne sont pas ces chiffres qui inquiètent les experts. «Les dégâts que nous observons aujourd’hui ne constituent qu’une petite partie, voire la partie émergée de l’iceberg, de ce qui va arriver», déclare la professeure Zahava Solomon, chercheuse de premier plan mondial dans le domaine du traumatisme. Elle ajoute : « Les recherches montrent des taux significatifs de réactions différées… Les soldats démobilisés sont des bombes à retardement. »
Si c’était une guerre comme toutes les guerres, les forces militaires auraient enregistré la plus grande partie des pertes psychologiques. Mais cette guerre est différente, plus complexe. Les civils ne se contentent pas d’observer la guerre de loin, mais aussi en arrière-plan : les horreurs ont atteint le front intérieur, laissant les victimes civiles confrontées à des défis physiques et mentaux. Parmi eux figurent les habitants de l’enveloppe de Gaza, les victimes du concert Nova et ceux dont les maisons ont été touchées par un missile iranien. Au fil de la guerre, le cercle des victimes s’élargit.
À la veille du 7 octobre [2023], le nombre de citoyens blessés dans des actes hostiles et reconnus officiellement comme invalides pour des raisons de santé mentale était de 6 412. Cette semaine, le nombre de personnes reconnues par l’Institut comme ayant des lésions mentales a dépassé 69 000, dont environ 35 000… ont été reconnues comme handicapées. Ainsi, en moins de trois ans, le nombre a été décuplé par plus de dix.
Environ un mois avant la guerre, le taux de symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT ou PTSD) dans la population était d’environ 16 % ; un mois après le 7 octobre, elle est passée à environ 30 % ; et deux ans et trois mois plus tard, c’était d’environ 19,7 %. «C’est nettement plus élevé que le taux mondial», affirme le Pr Levi-Belz. L’OMS, par exemple, a constaté en 2021 que le taux mondial de personnes ayant subi des symptômes post-traumatiques était d’environ 3,9 %.
Traumatisme collectif pour le Pr Levi-Belz, responsable du Lior Tsfaty Center for Suicide & Mental Pain Studies au Ruppin Academic Center : le massacre du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi, dit-il, sont liés à nos structures sociales, à notre identité et à nos relations interpersonnelles. «La société israélienne est épuisée, ressentant un épuisement intense et brutal. Elle se débat dans des questions morales et souffre d’un sentiment de trahison de la part de l’État et de ses dirigeants.»
Le traumatisme collectif, poursuit Levi-Belz, «est insidieux ; ça ne s’arrête pas comme le PTSD. Parfois, les gens semblent aller bien, voire trop bien, sortir et socialiser. Mais on ne peut pas oublier que ce n’est pas fini. Ce n’est pas seulement l’apparence extérieure [qui compte]. Les questions les rongent de l’intérieur ainsi que les peurs. La quantité de klaxons et de rage au volant sur la route, par exemple, est un instantané de l’eau bouillonnant sous la surface de la société israélienne.»
Pendant la guerre, il y a eu une augmentation des décès sur la route – de 361 en 2023, à 439 en 2024, puis à 459 en 2025. En surface, ces figures n’ont aucun lien avec la guerre à cause du PTDS
Un rapport de l’Organisation sioniste internationale des femmes a constaté une augmentation de 65 % de la violence domestique dans la population générale d’Israël au cours des six premiers mois de la guerre, par rapport à la même période l’année précédente – 4 566 appels à ses refuges contre 2 760. Une étude de 2024 a révélé un risque huit fois plus élevé de violences physiques ou sexuelles à domicile lorsque les deux partenaires servent dans la réserve de l’armée sioniste.
Face à cette situation, les psychiatres quittent Israël en masse pour la Nouvelle Zélande, le Canada…
De plus, la pénurie de professionnels de la santé mentale ne se limite pas aux psychiatres. Elle existe sur tout le spectre des soins. Chaque travailleur est responsable d’environ 770 patients.
Selon les experts, la pénurie s’applique même aux lits d’hôpital et aux maisons d’équilibre (une forme de maison de transition pour les personnes en détresse mentale aiguë).
Pour le Pr Fruchter, qui est également président de l’ONG Collective Action for Resilience d’Israël, souligne qu’une approche globale et systémique est nécessaire pour traiter ce problème. «Beaucoup d’organisations sont en train d’être créées, et personne ne sait comment les guider d’en haut. Il n’y a pas non plus suffisamment de communication entre les différentes agences publiques et semi-publiques impliquées, telles que le ministère de la Santé, le ministère de la Défense, l’Institut national d’assurance et les prestataires de soins de santé. Un comité interministériel sur cette question doit être créé. Dans un monde idéal, cette question aurait dû figurer en tête des programmes électoraux des candidats, mais le gouvernement choisit de détourner le regard. Elle va exploser sur nous à l’avenir comme une bombe très puissante. Il y aura des conséquences sans précédent – dans le milieu universitaire, le marché du travail et toute l’économie israélienne. »
Israël en train de s’effondrer ?
Une société dont le gouvernement ne réserve la pendaison qu’aux Palestiniens et qui sable le champagne après le vote de cette ignoble loi est à mettre aux galères disait Voltaire ; un pays dont les colons se targuent d’assassiner des bébés palestiniens est sûrement dérangé.
Selon une étude médicale tunisienne récente, dont les résultats ont été révélés par Diwan FM, les femmes présentent un risque de décès plus élevé que les hommes en raison de maladies de l’appareil circulatoire — telles que les affections cardiaques et l’hypertension artérielle — ainsi que de troubles touchant le système nerveux, les articulations et le métabolisme.
Cette étude, publiée dans une revue scientifique et fondée sur des statistiques de 2022 de l’Institut national de la santé, a utilisé un indice de mortalité. Elle a mis en évidence une hausse notable, chez les femmes, des maladies rhumatismales (avec un taux de 2), suivies des troubles du système nerveux (1,27), des maladies endocriniennes et métaboliques (1,22) et des maladies de l’appareil circulatoire (1,21).
L’étude a détaillé ces taux chez les femmes, mettant en évidence un indice de 2,24 pour les maladies cardiaques et l’hypertension artérielle, de 1,67 pour la maladie d’Alzheimer, de 1,50 pour la démence et de 1,23 pour les maladies cérébrovasculaires.
En revanche, ces mêmes données ont révélé que les principales causes de décès chez les hommes étaient avant tout les tumeurs malignes (avec un indice de 0,78), suivies des causes externes (0,63), puis des maladies respiratoires chroniques telles que le cancer du poumon (0,21).
Les médecins ayant mené l’étude ont conclu que cet écart de mortalité résultait de différences biologiques, soulignant la nécessité d’intégrer une approche fondée sur le genre dans la planification de la santé, la prévention et l’organisation des soins — tout en tenant compte de l’âge et des facteurs régionaux — afin de réduire ces disparités.
La Bourse de Tunis a activé le mécanisme de suspension temporaire des cotations — connu sous le nom de « coupe-circuit automatique» — lors des séances des 28 et 29 juillet 2026. Cette mesure a été prise après que l’indice Tunindex a enregistré une baisse supérieure à 3 % au cours d’une même séance.
Cette suspension a été décidée conformément à l’article 3.7 du règlement de négociation en vigueur, a indiqué Sonia Ben Fredj, présidente de la Bourse de Tunis et directrice générale de la société de bourse BH Investissement, dans une déclaration à l’agence Tap. Elle a affirmé que cette mesure ne constitue pas une disposition exceptionnelle, mais plutôt un mécanisme standard de gestion des risques de marché — visant notamment à protéger les investisseurs — utilisé par la majorité des bourses à travers le monde.
La responsable a expliqué que ce mécanisme vise à garantir le bon fonctionnement du marché lors de baisses de cours significatives, en permettant aux investisseurs de réévaluer leurs décisions et en freinant les réactions susceptibles d’exacerber la volatilité du marché.
Il convient de noter que l’article 3.7 du règlement de négociation prévoit deux niveaux d’intervention : le premier est déclenché lorsque le Tunindex enregistre un recul de 3 %, entraînant une suspension des cotations d’une heure durant laquelle les investisseurs peuvent annuler leurs ordres et réévaluer leurs décisions à la lumière des informations disponibles ; le second niveau est activé lorsque la baisse atteint 5 %, provoquant la suspension de la séance de cotation pour le reste de la journée.
Elle a également souligné l’importance de replacer les récents mouvements du marché dans leur juste contexte. Avant cette phase de correction, le Tunindex avait enregistré une performance exceptionnelle, atteignant un sommet le 17 juillet 2026 — avec des gains de 60,24 % et de 35 % au cours de l’année 2025 — dans le sillage d’une tendance portée par les indicateurs positifs de la plupart des sociétés cotées.
Mme Ben Fredj a relevé que cette tendance haussière perdure depuis six ans, reflétant la dynamique positive que connaît le marché tunisien ces derniers temps, malgré la crise économique et financière en vigueur dans le pays.
Dans de telles situations, les corrections de marché et les prises de bénéfices anticipées — amorcées le 20 juillet (date à laquelle l’indice a reculé de 1,09 %) — sont considérées comme des phénomènes naturels et récurrents sur les marchés financiers. Elles ne signalent pas, en soi, un retournement de la tendance globale du marché ni une détérioration des fondamentaux financiers des sociétés cotées. En effet, les états financiers de 2025 de ces entreprises ont largement témoigné de résultats solides, une tendance confirmée par les indicateurs du premier semestre 2026.
Les professionnels et les experts du marché considèrent généralement ce recul comme une correction technique saine et attendue, faisant suite à la forte tendance haussière observée récemment sur le marché.
Les échanges ont repris dans des conditions normales après la mise en œuvre du mécanisme prévu par le règlement de négociation.
La Bourse de Tunis a réaffirmé son engagement à garantir le bon déroulement des transactions ainsi qu’à préserver la sécurité, la transparence et l’intégrité du marché. Elle a également souligné sa collaboration continue avec les parties prenantes et les organismes concernés, des efforts visant à consolider la confiance des investisseurs et à renforcer la solidité du cadre réglementaire et opérationnel du marché financier tunisien.
Il convient de noter que l’indice de référence de la Bourse de Tunis, le Tunindex, a clôturé la séance du 29 juillet 2026 sur une hausse de 1,3 %, avec un volume de transactions dépassant les 30 millions de dinars.
Malgré les efforts déployés pour renforcer le dispositif de sauvetage, les noyades demeurent un défi majeur pour la sécurité publique en Tunisie, qui compte 1 300 kilomètres de côtes et des centaines de plages propices à la baignade notamment lors de la saison estivale.
Selon les données officielles, les plages tunisiennes ont enregistré 31 décès par noyade au cours de la saison de baignade 2025 (de juin à octobre), contre 34 lors de la saison 2024. Parallèlement, les unités de la Protection civile ont mené des milliers d’opérations de sauvetage ; au pic de la saison, en août, le rythme des interventions a atteint environ 24 opérations par heure, incluant des cas de noyade ainsi que divers autres incidents en mer. Les statistiques nationales — compilées depuis 2020 sous la supervision du ministère de la Santé et avec la participation de diverses parties prenantes — indiquent que la Tunisie enregistre en moyenne environ 220 décès par noyade chaque année ; ces incidents surviennent en mer, dans des barrages, des puits, des piscines, des canaux d’irrigation et divers autres plans d’eau.
Dans ce contexte, le Dr Mohamed Ridha Arrab, chef de la sous-direction des urgences médicales et de la médecine de catastrophe à l’Office national de la protection civile, a déclaré aux médias que les unités de la protection civile avaient réussi à sauver 454 personnes de la noyade au cours de la dernière saison, tout en enregistrant environ 90 décès dans leur périmètre d’intervention. Il a toutefois précisé que ces chiffres diffèrent des statistiques nationales globales, qui regroupent des données provenant de sources variées.
Quinze agriculteurs de la délégation de Tamerza, dans le gouvernorat de Tozeur, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont reçu récemment la notification de l’octroi de financements destinés à la réalisation de projets agricoles, dans le cadre du Programme de développement rural intégré soutenu par la Coopération italienne.
Selon l’agence Tap, les décisions d’attribution ont été remises aux bénéficiaires, issus de catégories vulnérables.
Chaque financement s’élève à environ 10 000 dinars tunisiens — pour un montant total de 150 000 dinars — et vise à encourager les investissements dans les périmètres irrigués de la localité de Dhafria.
Cette initiative s’inscrit dans le «Projet de développement rural intégré dans les délégations de Hazoua et Tamerza», lancé en 2020 et mis en œuvre par le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Tozeur. Le programme dispose d’un budget global d’environ 5,9 millions d’euros, dont près de 5,1 millions ont été mis à disposition par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (Maeci) par l’intermédiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
La Tunisie a perdu beaucoup de temps avant de prendre des mesures concrètes pour faire face à son déficit énergétique qui se creuse d’une année à l’autre, dépassant aujourd’hui 60%. Heureusement que ses partenaires européens sont là pour lui rappeler ses urgences et lui proposer des projets structurants de partenariat énergétique, presque clé en main. Mais ces projets, notamment ceux relatifs à la production et à l’exportation de l’hydrogène vert vers l’Europe, ne sont pas, dans leur majorité, éco-friendly. Au contraire, leur impact sur l’environnement risque d’être important et la lourde facture sera payée par les générations futures…Quand on laisse aux autres le soin de régler nos problèmes, on accepte tout ce qu’ils nous proposent et on en subit forcément les conséquences.
Latif Belhedi
La Tunisie s’apprête à transformer son potentiel solaire et éolien en une nouvelle industrie de l’hydrogène vert, principalement destinée au marché européen, grâce à deux grandes initiatives internationales et à un projet de production d’ammoniac vert dans la zone industrielle de Gabès, ce qui ne va pas, on l’imagine, faire plaisir aux Gabésiens, qui souffrent déjà de la pollution industrielle induite par les installations du Groupe chimique tunisien (GCT).
Le premier projet repose sur un accord signé avec la société saoudienne Acwa Power, spécialisée dans les énergies renouvelables.
Ce projet, structuré en trois phases, prévoit à terme une capacité de production d’environ 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an, destinées à l’exportation vers l’Europe. L’initiative devrait inclure de grandes installations solaires et éoliennes, des électrolyseurs ainsi que des infrastructures de traitement de l’eau et de transport du produit.
Le second projet, baptisé H2 Notos, est développé par TE H2 — une coentreprise entre TotalEnergies et Eren Groupe — en partenariat avec la compagnie d’électricité autrichienne Verbund.
L’hydrogène sera produit dans les régions du sud
Le protocole d’accord avec le gouvernement tunisien a été signé en mai 2024. Le plan prévoit une première phase portant sur environ 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an, avec la possibilité d’atteindre ultérieurement un million de tonnes. L’hydrogène sera produit dans le sud de la Tunisie par des électrolyseurs alimentés par des installations solaires et éoliennes, à partir d’eau de mer dessalée.
Selon les estimations relayées par la plateforme spécialisée Attaqa, les investissements pour H2 Notos pourraient s’élever à environ 8 milliards d’euros lors de la phase initiale et atteindre jusqu’à 40 milliards d’euros à long terme.
Il s’agit toutefois d’évaluations préliminaires : le projet en est encore au stade des études techniques, financières et de faisabilité, et aucune décision finale d’investissement n’a encore été prise.
Le troisième volet de la stratégie tunisienne, comme le souligne le journal gouvernemental La Presse, concerne la production d’ammoniac vert, principalement utilisé dans l’industrie des engrais. Une première unité pilote, raccordée aux installations du GCT, est prévue dans la zone industrielle de Gabès.
Le projet devrait comprendre un parc photovoltaïque de 8 mégawatts, une usine de dessalement, un électrolyseur et une unité de synthèse d’ammoniac. La capacité initiale indiquée dans la feuille de route est d’environ 220 tonnes d’hydrogène et 630 tonnes d’ammoniac vert par an, destinées principalement au marché intérieur.
L’installation constituerait donc une première expérience industrielle, plutôt qu’un mégaprojet comparable aux initiatives d’Acwa Power et d’H2 Notos.
Ces projets s’inscrivent dans la stratégie nationale pour l’hydrogène vert, élaborée par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec le soutien de l’agence de coopération pour le développement allemande GIZ. Le plan vise une production totale d’environ 8,3 millions de tonnes d’hydrogène vert et de ses dérivés d’ici 2050, dont 6 millions de tonnes destinées à l’exportation et 2,3 millions de tonnes au marché intérieur.
Pour atteindre l’Europe, Tunis mise principalement sur le SoutH2 Corridor — un axe énergétique d’environ 3 300 kilomètres conçu pour relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, puis à l’Autriche et à l’Allemagne.
Cette infrastructure, portée notamment par l’entreprise italienne Snam, devrait s’appuyer largement sur des gazoducs existants convertis pour le transport d’hydrogène et afficher une capacité supérieure à quatre millions de tonnes par an.
Le projet a reçu le soutien politique de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne, officialisé par une déclaration signée à Rome le 21 janvier 2025.
Les conséquences environnementales pour la région de Gabès
Des études de faisabilité sont actuellement menées par les opérateurs, la mise en service des installations étant prévue pour le début de la prochaine décennie.
La mise en œuvre de ces programmes reste conditionnée par la disponibilité de financements, le développement de dizaines de gigawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable, l’établissement d’une réglementation régissant l’usage des sols et de l’eau, ainsi que la construction d’infrastructures d’exportation.
Une attention particulière est portée à l’impact du dessalement dans un pays confronté à une pénurie d’eau croissante, ainsi qu’aux conséquences environnementales pour la région de Gabès, déjà affectée par la pollution issue des industries chimique et du phosphate.
Dans cet article, l’auteur appelle le président de la république Kaïs Saïed à œuvrer pour l’introduction en bourse des entreprises publiques en difficulté pour aider à les réformer, les rendre plus rentables, réduire la pression que leurs déficits exercent sur le budget de l’Etat et, ce faisant, stimuler la croissance économique globale dans le pays.
Larbi Benbouhali *
Le Président peut-il collaborer avec la Bourse de Tunis (BVMT) pour sauver l’économie tunisienne en cette période de malaise économique ?
Cela se joue dans un contexte marqué par une forte inflation, un chômage élevé, un endettement important, une croissance économique faible, une détérioration du niveau de vie des familles tunisiennes et une conjoncture économique mondiale incertaine.
Si le président refuse de collaborer avec le FMI et les bailleurs de fonds étrangers, il dispose d’une opportunité en or : travailler avec la BVMT. Il pourrait ainsi éviter que les 105 entreprises publiques ne plombent le budget de l’État par leurs déficits en cette période difficile, tout en sauvant l’économie tunisienne dans son ensemble.
1. Pourquoi le gouvernement tunisien ne procède-t-il pas à l’introduction en Bourse des entreprises publiques (CPG, Steg, Etap, Stir, Stam, Sonede, etc.) ? Il pourrait utiliser les liquidités du marché boursier pour financer et réformer ces entreprises, les rendre rentables et stimuler la croissance économique globale.
2. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas l’économie informelle (ou parallèle) — qui représente 40 % de l’économie réelle — afin de collecter jusqu’à 12 milliards de dinars de recettes fiscales ? Une partie de ces fonds pourrait servir à accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, évitant ainsi au gouvernement de devoir contraindre les banques à octroyer de tels prêts.
3. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas le système de subventions alimentaires et énergétiques ? Une économie d’environ 5 milliards de dinars sur ce budget permettrait d’accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs ; rappelons que seule 50 % de la population tunisienne a réellement besoin de ces subventions.
4. Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas les 65 % de Tunisiens sans compte bancaire à adopter les services bancaires mobiles et à ouvrir un compte ? Cela permettrait d’intégrer au système bancaire les 29 milliards de dinars circulant dans l’économie parallèle, offrant ainsi aux banques davantage de liquidités pour prêter au secteur privé, stimuler la production industrielle et ramener le taux de chômage à 10 %.
Pour sortir la Bourse de Tunis de la tourmente
Au cours des deux dernières semaines, la Bourse de Tunis a perdu plus de 8,5 % de sa capitalisation boursière par rapport à son pic de 21 550 points atteint début juillet 2026 ; le secteur bancaire, à lui seul, a perdu plus de 11 % de sa valeur.
La perte globale est considérable en termes de dinars : elle équivaut à 4 400 millions de dinars, soit près de 2,6 % du PIB total de 2025 (PIB de 170 milliards de dinars / 4,4 milliards de dinars = 2,6 %).
Les prix élevés du pétrole brut et de l’énergie vont faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt bancaires, ce qui se traduira par une hausse des coûts et une baisse des bénéfices pour le secteur bancaire tunisien. Cela entraînera une nouvelle baisse de l’indice boursier tunisien, tendance qui pourrait se poursuivre tout au long du mois d’août et dans les mois à venir.
Ce recul lent mais constant a débuté début juillet, bien avant l’entrée en vigueur de la loi 2026-148 relative aux prêts sans intérêts ni garanties. Cela indique que d’autres facteurs ont incité les investisseurs à vendre massivement des actions cette semaine, provoquant une chute de 8,5 % de l’indice au cours des quatre dernières semaines et cette perte colossale de 4,4 milliards de dinars.
Nous pouvons désormais identifier et quantifier les véritables raisons pour lesquelles la Bourse de Tunis a connu deux journées très difficiles, mardi et mercredi derniers :
1. l’indice boursier tunisien avait progressé de 65 % depuis le début de l’année ; les investisseurs ont donc souhaité prendre leurs bénéfices avant toute correction brutale, tirant les leçons de la chute de la Bourse sud-coréenne la semaine dernière et du recul d’autres marchés mondiaux en juillet ;
• l’indice boursier sud-coréen Kospi a perdu 25 % de sa valeur en juillet 2026 ;
• l’indice boursier indien BSE Sensex a perdu 10 % de sa valeur en juillet 2026 ;
• l’indice boursier Nasdaq-100 a perdu 7 % de sa valeur en juillet 2026 ;
• l’indice de la Bourse de Tunis (Tunindex) a perdu 8,5 % de sa valeur en juillet 2026.
2. Le secteur bancaire connaît une liquidité limitée ; on observe une abondance de vendeurs d’actions face à une faible demande cette semaine, ce qui a entraîné une baisse des cours et fait reculer le Tunindex de 3,47 points en une seule journée mardi dernier.
3. La réduction de la liquidité bancaire destinée au secteur privé, les restrictions sur les dividendes et la contraction de 8 % du secteur financier en 2025 : la Banque centrale a incité les banques à limiter ou suspendre les versements afin de préserver leurs fonds propres et de restreindre les sorties de devises. Cette mesure a réduit la liquidité disponible pour les prêts et la génération de profits supplémentaires, pesant ainsi sur le cours de leurs actions.
4. Par ailleurs, le marasme économique tunisien et la faiblesse des investissements ont freiné la croissance de nombreuses entreprises ; neuf des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont enregistré des pertes en 2025, affichent des capitaux propres négatifs et n’ont pas publié leurs rapports annuels depuis plus de trois ans.
Ces neuf entreprises représentent 12 % des sociétés cotées ; leurs pertes contribuent à la tendance baissière du marché boursier tunisien.
Des recommandations en guise de conclusion :
Le gouvernement tunisien peut développer la Bourse de Tunis et générer davantage de richesse pour chaque famille tunisienne en collaborant avec le marché financier pour y introduire des entreprises publiques ; cela permettrait à ces sociétés de lever des capitaux pour investir et se développer, plutôt que de peser sur le budget de l’État.
2. L’économie tunisienne a besoin de devises étrangères, et non de dinars — un «mini-plan Marshall» d’au moins 3 milliards de dollars est nécessaire.
Pourquoi ?
On peut imprimer des dinars, mais pas du pétrole brut. On peut imprimer des dinars, mais pas du gaz naturel. On peut imprimer des dinars, mais pas du blé ni des matières premières…
3. En 2025, la Bourse de Tunis a progressé de 35 % et dispose d’importantes liquidités : le gouvernement peut collaborer avec elle et s’appuyer sur les entreprises publiques pour lever des capitaux et leur accorder des prêts destinés à l’investissement et à la croissance économique. Cela permettrait d’attirer davantage de dollars et d’euros, de réduire le niveau d’endettement, de créer des emplois et de stimuler une croissance économique supérieure au taux d’inflation.
4. Le gouvernement tunisien peut collaborer avec le ministère des Finances, les banques commerciales et la Banque centrale pour réformer l’économie parallèle et accroître les recettes fiscales de 17 milliards de dinars (12 milliards issus de l’économie parallèle et 5 milliards grâce à la réforme des subventions).
Le gouvernement pourrait alors accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, réduisant ainsi ses besoins d’emprunt auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, ce qui contribuerait à ramener l’inflation monétaire à 3 %.
5. Toutes ces mesures aideront les banques commerciales et le gouvernement à assainir les finances publiques ; les banques disposeront de davantage de liquidités pour prêter au secteur privé et soutenir la croissance économique dans un contexte mondial incertain, tout en améliorant la notation financière (Fitch Ratings) et en réduisant le niveau d’endettement de l’État.
À mesure que l’adoption des mesures susmentionnées entraînera un afflux croissant de dollars américains et d’euros en Tunisie, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée ainsi que les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. Il s’agit d’une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis ; elle favorisera la création de richesse pour chaque famille tunisienne et permettra de porter le taux d’épargne de 5 % à 15 % du PIB.
À mesure que l’afflux de dollars et d’euros augmentera grâce à l’adoption de ces mesures, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée, les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. C’est une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis, tout en générant davantage de richesse pour chaque famille tunisienne.* Expert financier tunisien opérant en Afrique du Sud.
Les patients souffrant d’hypertension artérielle doivent se prémunir impérativement contre la déshydratation, qui peut provoquer une chute de tension — ou, dans certains cas, une hausse brutale — entraînant des complications de santé susceptibles de compromettre leur bien-être.
Cet avertissement a été lancé par Dre Lilia Zakhama, cheffe du service de cardiologie de l’hôpital des Forces de sécurité intérieure à La Marsa, dans une déclaration à l’agence Tap, samedi 1er août 2026, qui a recommandé aux patients de boire de l’eau en quantité suffisante, d’éviter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes et d’adopter une alimentation adaptée pour prévenir la déshydratation.
Les médicaments antihypertenseurs, notamment les diurétiques, accélèrent la déshydratation, en particulier chez les personnes âgées, augmentant ainsi les risques de vertiges, de chutes et de fractures.
Deux hypertendus sur trois l’ignorent
D’autres facteurs peuvent contribuer à l’hypertension artérielle — tels qu’une consommation excessive de sel (plus de 5 grammes par jour), de sucre et de graisses —, a aussi averti Dre Zakhama, en encourageant la population à adopter une alimentation saine et à pratiquer la marche une fois la vague de chaleur passée.
La praticienne a également souligné l’importance d’un dépistage précoce de l’hypertension dès l’âge de 18 ans, ainsi que des bilans de santé réguliers à partir de 30 ans, avertissant que l’hypertension affecte divers organes et entraîne d’autres pathologies, notamment des maladies rénales, des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.
Dans une déclaration précédente à la Tap, Lilia Zakhama — s’exprimant en tant que présidente de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire (STCCC) — a indiqué qu’un Tunisien sur trois souffre d’hypertension artérielle, ce qui représente environ trois millions d’adultes ; il est à noter que les deux tiers d’entre eux ignorent qu’ils sont atteints de cette affection, qu’elle a qualifiée de «silencieuse».
Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs.(Photo: Slaheddine Selmi, SG de l’UGTT).
Latif Belhedi
L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1er août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise», qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.
La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise : le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.
Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.
Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.
Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.
Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.
Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.
La Tunisie, conclut l’UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.
Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.
Vers une réconciliation nationale globale
Intervenant, samedi, dans l’émission ‘‘Houna Tunes’’, sur Diwan FM Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.
M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise», dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : «Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»
M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.
M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.
Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que «les fardeaux partagés sont légers» (comme le dit l’adage).
Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.
En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse. «Aujourd’hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue», a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de «fuite en avant» etune tentative d’éluder les véritables problèmes.
Né en 1926 à Jeykour, dans la région de Bassora, au sud de l’Irak, Badr ChakerAs-Sayyab est poète, enseignant d’arabe et d’anglais, journaliste, ayant pratiqué différents métiers.
Nationaliste aux idées de gauche, il est membre du Parti communiste irakien, qu’il quittera en 1959. Il est considéré comme l’une des voix majeures de la poésie arabe contemporaine. Avec son premier recueil, Azharundhabila (Fleurs fanées), il est à l’origine du vers libre arabe, mouvement qu’il fonde avec sa compatriote Nazik Al-Malaika, en 1947-48.
Pourchassé, emprisonné, exilé, sa poésie est un chant vibrant de liberté et de nostalgie pour son village, simple et démuni.
Moderniste, son lyrisme est d’une musicalité rare, avec des rythmes brefs, langoureux, aux métaphores pionnières, célébrant avec tristesse et mélancolie l’enfance et la réalité des pauvres.
Au corps fragile, il passera ses dernières années, malade et luttera contre la maladie de Charcot, en vain. Il meurt au Koweit en 1964 où il était soigné.
Il laisse plus de dix-sept recueils dont nombre sont traduits, et parmi les plus appréciés, notamment, sa Chanson de la pluie (1960).
Tahar Bekri
Bouweyb*
O Bouweyb !
Des cloches de tour égarée au fond de la mer
L’eau dans les jarres le crépuscule dans les arbres
Des jarres suintent des cloches de pluie
Leur verre fond plaintif
Bouweyb O Bouweyb !
Mon sang noirci de nostalgie
O Bouweyb
Mon fleuve triste comme la pluie !
Comme j’aimerais courir dans l’obscurité
Serrer mes mains porter le désir d’une année
Dans chaque doigt comme si je t’apportais des offrandes
De blé et de fleurs
Comme je voudrais t’apercevoir entre les lits des collines
Pour voir la lune
Tumultueuse entre tes rives
Semant les ombres remplissant les paniers
D’eau de poissons et de fleurs !
Me plonger en toi et suivre la lune
Ecouter les graviers au fond parvenir
Au chant de milliers d’oiseaux sur les arbres
Forêt de larmes es-tu ou fleuve ?
Les poissons qui veillent s’endorment-ils à l’aube ?
Et ces étoiles restent-elles toujours à attendre ?
Nourrissant de soie des milliers d’aiguilles
Et toi ô Bouweyb !
Comme j’aurais aimé savoir ramasser les coquillages
Pour bâtir une demeure
Où brillent les eaux verdoyantes et les arbres
Comme les étoiles et la lune
Et m’en irais tôt le matin du flux à la mer
La mort est un monde étrange qui fascine les enfants
Sa porte secrète était en toi Bouweyb !
Bouweyb ô Bouweyb !
Vingt ans sont passés chaque année comme des siècles
Aujourd’hui quand s’abat l’obscurité
Et me trouve au lit sans sommeil
Mon cœur frémit arbre au lever du jour
Les branches les oiseaux et les fruits en silence
Je sens des larmes et du sang comme la pluie
Suinter du triste monde
Des cloches de morts dans mes veines
Vibrent dans la résonance
De mon sang noirci de désir
Pour une balle dont le froid transperce
Les profondeurs de ma poitrine
Comme un enfer brûlant les ossements
J’aurais aimé courir soutenir les combattants
Serrer mon poing puis gifler le destin
J’aurais aimé me noyer dans mon sang jusqu’au fond
L’approvisionnement du marché en eau en bouteille est revenu à son rythme normal. Cette situation fait suite à la reprise de la production en continu dans toutes les installations, après un bref arrêt observé cette dernière semaine dans certaines usines en raison de dommages matériels causés par des coupures d’électricité.
C’est ce qu’a assuré Lassaâd Mzah, président de la Chambre professionnelle des producteurs de boissons non alcoolisées, cité par Mosaique, indiquant qu’une normalisation totale de l’approvisionnement du marché devrait intervenir d’ici le début de la semaine prochaine. Cela dépendra de la stabilité de l’alimentation électrique et d’une consommation rationnelle, a-t-il cependant averti, expliquant que les réserves stratégiques d’eau embouteillée sont généralement épuisées au cours du mois d’août, en raison de la hausse de la consommation. Par conséquent, la production quotidienne couvre — et dépasse légèrement — les besoins de consommation, sans permettre la constitution de stocks supplémentaires.
Tout en assurant que toutes les installations produisant de l’eau en bouteille fonctionnent à pleine capacité, Lassaâd Mzah a appelé la Steg à mettre fin aux coupures de courant récurrentes qui affectent les unités de production et exhorté les consommateurs à rationaliser leur rationnelle pour réduire la pression actuelle sur le marché.
Le responsable syndical a souligné, par ailleurs, que les producteurs d’eau en bouteille n’ont pas augmenté leurs prix malgré la hausse des coûts de production et du prix du plastique. Il a également démenti toute pénurie de plastique destiné à l’emballage, précisant que si certaines installations pouvaient connaître une baisse de leurs stocks, cela n’avait pas affecté le volume de production.
Il convient cependant de signaler que plusieurs commerçants, notamment les détaillants, ont profité de la pénurie de la dernière semaine pour augmenter les prix de l’eau en bouteille.
L’attaquant algérien Youcef Belaïli (34 ans) est en passe de trouver un accord pour poursuivre son aventure avec l’Espérance sportive de Tunis, suite à des évolutions positives dans les négociations pour le renouvellement de son contrat au cours des dernières heures.
Selon Mosaïque, Belaïli a pris l’initiative de contacter la direction de l’Espérance ce samedi 1er août 2026, acceptant la dernière offre du club : un contrat d’une saison prenant effet dès la levée de la sanction imposée au joueur par la Fifa.
Lors des échanges avec les dirigeants, le joueur a réaffirmé sa pleine disposition à continuer avec le club tunisois avec lequel il passé les plus belles heures de sa carrière footballistique, exprimant son souhait d’apporter une contribution sportive significative la saison prochaine et d’aider l’équipe à atteindre ses objectifs.
Les prochaines heures devraient voir la finalisation des détails entre les deux parties, avant la signature officielle du contrat et l’annonce définitive du renouvellement de la collaboration.
Une fois les formalités accomplies, Youcef Belaïli rejoindra le stage de préparation du club «Sang et Or», actuellement en cours à Gammarth, en vue du début de la nouvelle saison.
L’ailier gauche algérien a beaucoup manqué aux Espérantistes la saison écoulée après sa blessure lors du derby face au Club africain qui a nécessité une opération chirurgicale l’ayant éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Ensuite, il a beaucoup louvoyé, laissant dire, par médias algériens interposés, qu’il était intéressé par une expérience avec le Mouloudia d’Alger. Il n’en est rien, puisqu’il a rapidement repris langue avec le président de l’Espérance Hamdi Meddeb et le vice-président Chokri El Ouaer pour reprendre du service au Parc B. Plus tôt il reprendra les entraînements, mieux serait pour lui et pour son équipe.
Je me surprends à relire la carte du monde comme on relit une page déjà annotée : les mêmes noms, les mêmes mers, les mêmes détroits, et pourtant une autre grammaire du pouvoir. Dans la prochaine décennie, l’équilibre des forces ne ressemblera ni à un duel pur entre deux empires, ni à une harmonie multipolaire où chaque pôle serait net, stable, raisonnable. Ce sera plutôt une physique instable de la puissance, faite d’élans et de retenues, de coalitions improvisées, de dépendances converties en leviers, et d’une question obsédante : qui peut encore promettre la sécurité — énergétique, technologique, militaire, alimentaire — sans payer un prix politique intérieur trop élevé ?
Zouhaïr Ben Amor *
Les vieilles métriques (PIB, effectifs militaires, réserves de change…) restent nécessaires, mais elles cessent d’être suffisantes : on peut être riche et fragile, armé et paralysé, connecté et vulnérable. D’une certaine manière, la décennie qui vient prolonge un basculement déjà visible dans les diagnostics des grandes institutions : la croissance mondiale paraît appelée à rester «stable mais médiocre», avec des risques orientés vers le bas, parce que les tensions géopolitiques, la volatilité financière et la fragmentation géoéconomique ne sont plus des accidents mais des paramètres structurels (IMF, 2024). La Banque mondiale décrit elle aussi un monde où l’incertitude et les frictions deviennent un vent de face durable, et où la mondialisation ne s’effondre pas : elle se recompose par segments, par alliances, par exclusions (World Bank, 2025).
Ce qui change, au fond, c’est la place prise par la sécurité économique. On ne parle plus seulement de commerce, on parle d’accès ; plus seulement d’avantages comparatifs, on parle de goulets d’étranglement ; plus seulement d’efficience, on parle de redondance. Les dépendances, autrefois tolérées parce qu’elles semblaient rationnelles, deviennent des vulnérabilités à cartographier, à réduire, parfois à instrumentaliser. Le pouvoir, alors, se niche moins dans la capacité de produire «tout» que dans la capacité de rendre les autres incapables de se passer de vous dans «quelques» secteurs clés — et, symétriquement, dans l’art de se ménager des alternatives crédibles.
Les Etats-Unis, l’Union européenne et la Chine
Les États-Unis abordent cette période avec une force qui demeure globale — monnaie, innovation, alliances, projection militaire — mais avec une sensibilité accrue au risque de dépendance stratégique. La relocalisation partielle des semi-conducteurs et l’obsession des chaînes d’approvisionnement, visibles dans la politique industrielle américaine récente, révèlent moins un repli qu’une réécriture des conditions de l’ouverture : l’accès au marché et aux technologies n’est plus un acquis, c’est une relation, donc un rapport de force (White House, 2024). Cette posture peut rendre l’influence américaine plus conditionnelle, parfois plus transactionnelle, car les arbitrages intérieurs (coûts budgétaires, cohésion sociale, cycles politiques) deviennent une contrainte stratégique à part entière.
L’Union européenne, elle, reste un paradoxe vivant : puissance de marché et de normes, capable d’imposer des standards, mais encore hésitante quand il faut convertir la richesse en capacité matérielle — énergie, défense, matières premières, production. L’adoption d’un cadre visant à sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques signale une prise de conscience tardive : l’autonomie n’est pas un slogan, c’est une industrialisation, des investissements, des permis, des infrastructures, et souvent des conflits locaux autour de l’acceptabilité (EU, 2024). L’Europe peut gagner en poids stratégique si elle assume le coût de la souveraineté ; sinon elle restera un arbitre économique exposé, puissant mais perméable.
La Chine demeure, pour sa part, l’acteur le plus difficile à placer sur une carte simple. Sa profondeur industrielle et ses ambitions technologiques en font un rival systémique, mais sa trajectoire dépend d’un équilibre délicat entre contrôle politique et dynamisme économique, entre puissance projetée et confiance interne. Dans les analyses des risques macrofinanciers, elle reste un centre de gravité autant qu’une source potentielle de chocs, tant son poids dans le commerce mondial et certaines chaînes de valeur demeure élevé (IMF, 2024). Or plus elle est incontournable, plus les autres cherchent à réduire l’incontournable ; et plus ils y parviennent, plus elle se sent menacée et politise à son tour les interdépendances. La boucle est presque mécanique.
Les enjeux démographiques, économiques et technologiques
Le cœur techno-industriel de la décennie, ce sont les semi-conducteurs, l’IA, le cloud, la cybersécurité, mais aussi ce que l’on appelle, d’un ton trop neutre, les «minéraux critiques». La transition énergétique, loin d’être une simple affaire de volonté climatique, reconfigure les dépendances : moins de pétrole importé pour certains, plus de cuivre, de lithium, de nickel, de cobalt, de graphite, de terres rares — et surtout plus de capacité de raffinage, de transformation, de recyclage. L’Agence internationale de l’énergie insiste sur le fait que ces marchés concentrent des risques de rupture, non seulement par la géologie mais par la géopolitique et la lenteur des projets (IEA, 2024b). Dans cette perspective, la puissance se lit aussi dans des ports, des usines, des câbles, des stocks, et dans l’aptitude des États à accélérer sans fracturer leur contrat social.
La démographie, elle aussi, cesse d’être un arrière-plan. Les projections des Nations Unies rappellent un vieillissement rapide dans de nombreux pays riches et en Chine, tandis que l’Afrique et l’Asie du Sud continuent de prendre du poids (UN DESA, 2024). Vieillir, ce n’est pas seulement compter davantage de retraités : c’est durcir la contrainte budgétaire, raréfier certaines compétences, modifier la tolérance au risque, et parfois réorienter les priorités nationales. À l’inverse, une société jeune n’est pas automatiquement puissante : elle peut être dynamique, inventive, expansive, ou bien frustrée, fragmentée, vulnérable. La puissance démographique devient puissance réelle quand elle s’adosse à l’éducation, aux infrastructures, à l’emploi productif, à une gouvernance qui tient.
C’est ici que l’Inde s’impose comme la grande puissance «en fabrication». Son avenir ne se résume pas à sa taille : il dépendra de sa capacité à créer des emplois à grande échelle, à absorber une jeunesse urbaine, à sécuriser son énergie, à renforcer son appareil productif, tout en naviguant entre les blocs sans se laisser enfermer. Dans un monde de fragmentation, ce sont souvent les acteurs capables de choisir dossier par dossier — et non camp par camp — qui gagnent une marge de manœuvre disproportionnée.
Autour des grands pôles, les puissances-charnières prennent de l’importance : hubs logistiques, financiers, énergétiques, industriels, diplomatiques. Le Moyen-Orient n’est plus seulement un théâtre énergétique : il devient un espace d’investissement, de médiation, de modernisation technologique, parfois de rivalité d’influence, où les capitaux circulent comme un outil géopolitique. L’Asie du Sud-Est, avec ses stratégies de diversification industrielle, profite des redéploiements de chaînes de valeur. Dans ce monde, le pouvoir n’est pas toujours d’imposer ; il est aussi de se rendre indispensable, ou d’offrir des alternatives.
Le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance
Et pendant que l’économie se politise, la guerre — ou la possibilité de la guerre — redevient un organisateur des décisions. Le Sipri observe une hausse marquée des dépenses militaires mondiales, signe que le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance (Sipri, 2025). Ce n’est pas seulement une question d’armements ; c’est une question d’industrie et de temps. La guerre longue, celle qui consomme des munitions, use des matériels, exige une logistique continue, remet au centre la capacité de production, la robustesse des chaînes d’approvisionnement, la standardisation, la formation.
Dans ce cadre, l’Otan insiste sur la résilience, l’adaptation et la solidarité, comme si l’alliance se pensait de nouveau comme un mécanisme de préparation au risque majeur, pas seulement comme un forum de gestion (Nato, 2024). Mais la force d’une alliance dépend aussi de la politique intérieure de ses membres, de la crédibilité des engagements, du partage du fardeau et de l’intégration rapide d’innovations (drones, guerre électronique, cyber, spatial). Parallèlement, la dissuasion nucléaire redevient un facteur de tension psychologique : non parce qu’elle rend la guerre certaine, mais parce qu’elle rend l’erreur plus coûteuse et les crises plus dangereuses (Sipri, 2024).
La décennie à venir sera une décennie de zones grises : sabotage, cyberattaques, pressions économiques, coercition maritime, guerre de l’information, militarisation du droit. Ces pratiques brouillent la perception de la puissance : elles permettent à des acteurs plus faibles d’infliger des coûts, et à des acteurs plus forts de nier leur implication, créant une atmosphère de suspicion qui rigidifie les alliances et encourage la surenchère. Dans ce monde, l’équilibre ne se voit pas toujours : il s’éprouve.
Alors je reviens à une idée simple, presque brutale : l’équilibre global ne sera pas «équilibré». Il sera asymétrique et parfois incohérent, fait de dominations sectorielles. On peut exceller dans l’IA et dépendre d’un détroit ; contrôler une monnaie mondiale et manquer de main-d’œuvre ; dominer le raffinage et manquer d’alliés ; posséder une armée redoutable et une économie sous plafond.
Les États-Unis resteront probablement la première puissance globale par la combinaison unique de capacités militaires, financières, technologiques et d’alliances, mais leur influence sera plus conditionnelle.
La Chine restera le rival central, mais sa marge dépendra de sa capacité à maintenir son dynamisme tout en évitant qu’une coalition durable de «contre-dépendance» ne se consolide. L’Union européenne peut devenir un pôle plus autonome si elle accepte le coût de la souveraineté matérielle. L’Inde peut être un gagnant relatif si elle réussit sa transformation interne. Et autour d’eux, les puissances-charnières tireront parti d’une polarisation incomplète.
Mais tout cela peut être reconfiguré par ce que l’on sous-estime systématiquement : les chocs de résilience. L’énergie, même en transition, reste un champ de vulnérabilités et de risques ; l’AIE souligne l’ampleur des investissements requis pour une électrification accélérée, sous peine de nouvelles tensions (IEA, 2024a). Le climat, l’eau, l’alimentation, les infrastructures, les dettes, les migrations : autant de facteurs qui échappent aux scénarios trop propres.
Dans un tel contexte, la puissance se mesurera aussi à la capacité d’absorber des chocs sans basculer dans la crise politique, à la solidité des institutions, à la confiance sociale, à la capacité de planifier sans étouffer.
Et si je devais laisser une phrase en suspens, comme on laisse un repère dans la marge d’un carnet, ce serait celle-ci : la décennie à venir ne départagera pas seulement «qui est le premier», elle départagera «qui tient». Qui tient l’effort industriel, qui tient la cohésion sociale, qui tient les alliances, qui tient les chaînes d’approvisionnement, qui tient la légitimité politique quand les coûts s’accumulent.
Dans un monde où l’histoire s’écrit moins en conquêtes éclatantes qu’en capacités d’endurance, c’est peut-être la vraie mesure de la puissance.
Bibliographie EU. (2024). Regulation (EU) 2024/1252 establishing a framework for ensuring a secure and sustainable supply of critical raw materials. IEA. (2024a). World Energy Outlook 2024. IEA. (2024b). Global Critical Minerals Outlook 2024. IMF. (2024). World Economic Outlook, October 2024: Policy Pivot, Rising Threats. NATO. (2024). Washington Summit Declaration (10 July 2024). SIPRI. (2024). Sipri Yearbook 2024. SIPRI. (2025). Trends in World Military Expenditure, 2024 (Fact sheet). UN DESA. (2024). World Population Prospects 2024 Revision.
Une enquête internationale révèle, sans fard et sans anesthésiant diplomatique, ce que les Tunisiens savent déjà de manière empirique, à savoir que le consommateur tunisien paie objectivement plus cher, en dollars, pour un hamburger que son homologue américain, alors même que le revenu moyen tunisien reste très largement inférieur au revenu américain.
Moktar Lamari *
‘‘The Economist’’ a mis à jour, 31 juillet 2026, son fameux indice Big Mac, cet outil né en 1986 qui soufflera cette année ses quarante bougies — un âge respectable pour un sandwich qui a fait plus pour la pédagogie monétaire mondiale que des générations de rapports du FMI empilés les uns sur les autres. L’auteur saisit l’occasion pour appliquer cet instrument, aussi gourmand qu’implacable, au dinar tunisien, et répondre une bonne fois pour toutes à la question qui taraude tout Tunisien revenant d’un séjour à l’étranger, portefeuille dégarni : notre monnaie est-elle surévaluée ou sous-évaluée face au dollar et à l’euro ?
La réponse, comme l’annonce le titre, tient en une phrase et une métaphore de cuisson : trop cuit en dollars, à point en euros.
Le principe de l’indice est d’une simplicité presque insolente, et c’est précisément ce qui en fait la force pédagogique. Le Big Mac est fabriqué selon des standards quasi identiques partout dans le monde — même pain, même steak haché, même sauce secrète, même laitue élastique — avec plus de soixante ingrédients calibrés avec la même rigueur d’un pays à l’autre. On tient compte des mêmes ingrédients et on observe leurs prix pour la suite.
Où que vous l’achetiez, vous achetez donc, en théorie, exactement la même chose : un concentré calorique universel, taillé sur mesure pour comparer le pouvoir d’achat réel des monnaies. Il suffit alors de comparer son prix converti en dollars, pays par pays, pour savoir si une devise est chère ou bon marché par rapport à sa «vraie» valeur d’achat.
Aux États-Unis, 100 dollars permettent d’acheter environ 16 Big Mac. La même somme convertie en euros, en yuan ou en yen devrait, en théorie, acheter le même nombre de sandwiches si les monnaies étaient parfaitement alignées sur leur pouvoir d’achat réel.
Ce n’est jamais le cas : 100 dollars n’achètent, sur le marché des changes, que 87 euros ou 677 yuans, révélant à quel point les devises mondiales se sont éloignées de leur juste valeur — la gourmandise du hamburger dévoilant, sandwich après sandwich, la triche silencieuse des banques centrales.
L’indice ne prétend pas remplacer les calculs savants du taux de change effectif réel (TCER), cet instrument que les économistes manient avec la componction d’un chirurgien et que le citoyen moyen ne comprend, en général, absolument rien.
C’est précisément pour cela que l’astuce du Big Mac fonctionne : elle vulgarise, en un seul produit comestible, ce que des institutions comme la Banque mondiale mettent trois ans à publier avec un décalage statistique digne d’un courrier envoyé par dromadaire.
Sur 54 économies comparées, seules 7 affichent un résultat contradictoire entre l’indice Big Mac et les mesures savantes de la Banque mondiale — un taux de fiabilité qui devrait clouer le bec aux esprits chagrins qui n’y voient qu’un gadget marketing bon pour amuser les foules à l’heure du déjeuner.
Le dinar trop cher face au dollar
Passons maintenant à l’exercice qui intéresse vraiment le lecteur : où se situe précisément notre dinar dans ce grand classement mondial du sandwich ?
Un Big Mac tunisien coûte aujourd’hui environ 20 dinars. Converti au taux de change courant du marché — autour de 2,95 dinars pour un dollar —, cela donne un prix en devise américaine d’environ 6,78 dollars. Or, aux États-Unis, ce même Big Mac se vend 6,12 dollars selon la dernière mise à jour de l’indice. On ne tient pas compte des taxes.
Le calcul est imparable : le dinar tunisien apparaît surévalué d’environ 11% face au dollar américain. Une estimation antérieure, publiée par Business News en novembre 2025 sur la base d’un prix américain légèrement plus bas (5,79 dollars), aboutissait à une surévaluation encore plus marquée, de l’ordre de 17%. Selon la période de référence retenue, la fourchette réaliste se situe donc entre 11% et 17% — dans tous les cas, un dinar visiblement trop cuit, calciné même, face au billet vert. Une correction de cette surévaluation pourrait être dénoncée par les exportateurs tunisiens… ou même les organisations internationales.
Face à l’euro, en revanche, la cuisson devient nettement plus raisonnable — un dinar à point, ni trop saignant ni trop grillé. Ces mêmes 20 dinars, convertis au taux de change courant d’environ 3,38 dinars pour un euro, donnent un Big Mac tunisien équivalent à 5,92 euros.
Or, le Big Mac de la zone euro, qui s’échange à 7 dollars sur les marchés selon la dernière publication, correspond à environ 6,48 euros une fois reconverti au taux EUR/USD courant.
Le Big Mace tunisien coûte donc, en euros constants, près de 9% de moins que son cousin européen : le dinar apparaît ici légèrement sous-évalué face à la monnaie unique, presque à l’équilibre — un paradoxe seulement apparent, puisqu’il s’explique par le fait que l’euro lui-même est actuellement surévalué d’environ 15% face au dollar selon le même indice.
Autrement dit, notre dinar est trop cher pour l’Américain qui débarque à Tunis avec ses billets verts et sa fringale de burger, mais reste cuit juste comme il faut pour le touriste français ou allemand qui compte en euros — un détail qui n’échappera pas aux professionnels du tourisme, qui pourront désormais expliquer à leurs clients américains, en connaissance de cause, pourquoi leur addition leur semble étrangement salée.
Maintenir artificiellement une monnaie «forte» via le contrôle des changes
Comprenons bien ce que cela signifie concrètement, au-delà du plaisir gustatif. Un dinar «fort» sur le papier — celui qu’on brandit fièrement au bureau de change comme preuve de stabilité monétaire — masque en réalité une économie peu compétitive à l’exportation et des prix intérieurs élevés par rapport au pouvoir d’achat réel des ménages.
Le dinar tunisien s’échange dans un marché fermé, encadré, largement non convertible pour les particuliers — ce qui l’empêche de subir le test de vérité qu’affrontent quotidiennement les monnaies flottantes.
Le Big Mac, lui, ne connaît pas cette pudeur réglementaire : il révèle, sans fard et sans anesthésiant diplomatique, que le consommateur tunisien paie objectivement plus cher, en dollars, pour un hamburger que son homologue américain, alors même que le revenu moyen tunisien reste très largement inférieur au revenu américain.
C’est un peu comme payer le prix d’un plat trop cuit qu’on vous présente comme cuisiné à la perfection — sauf qu’ici, personne ne vous a prévenu au moment de passer commande.
Ce paradoxe éclaire d’ailleurs, à sa manière goulue, le débat récurrent sur la non-convertibilité du dinar tunisien : maintenir artificiellement une monnaie «forte» via le contrôle des changes, plutôt que de la laisser flotter et trouver son véritable niveau, revient à se raconter une histoire rassurante pendant que les fondamentaux économiques — productivité stagnante, dépendance aux importations, déficit commercial chronique — continuent, eux, de se dégrader sans complexe, un peu à la manière d’un appétit qu’on croit contenir en serrant simplement la ceinture d’un cran.
En attendant que le dinar tunisien daigne un jour retirer du feu sa cuisson excessive face au dollar — tout en conservant sa juste cuisson face à l’euro —, le Big Mac, lui, continuera de trôner, imperturbable et calorique, comme le juge de paix le plus digeste de l’économie mondiale.
Suite à l’article publié dans votre journal et intitulé ‘‘Les menaces réelles de la stabilité tunisienne’’ de M. Elyes Kasri, je ne peux, en tant que citoyen algérien profondément attaché à l’axe Tunis- Alger, rester silencieux face à des accusations aussi graves portées contre l’Algérie. En tant que fervent partisan des relations algéro-tunisiennes, j’ai souhaité apporter un éclairage factuel, juridique et historique afin de déconstruire certaines approximations qui nuisent à une analyse sereine de la géopolitique de notre région.
Dr Abderrahmane Cherfouh *
Qu’un ancien ambassadeur, ayant exercé les plus hautes fonctions de représentation de l’État tunisien à l’étranger, se prête à un tel pamphlet à charge est particulièrement regrettable.
Une lecture lucide des relations tuniso-algériennes
Face à la récurrence d’analyses à charge tendant à ériger l’Algérie en menace pour la Tunisie, et à un discours nourri de contrevérités, d’approximations historiques, économiques et juridiques, il apparaît indispensable de rétablir les faits.
L’auteur de l’article porte, une fois de plus, des accusations particulièrement graves contre le voisin algérien. Habitué des réquisitoires à charge, il s’appuie malheureusement sur des contresens historiques et des approximations géopolitiques qui masquent les réalités de notre région.
Il me paraît indispensable de substituer l’émotion à la rigueur des faits, des traités et de notre histoire commune. Au-delà des postures individuelles, la responsabilité impose le respect des faits, du droit international et des engagements qui unissent nos deux nations.
1. Frontières terrestres – Un cadre juridique définitif et incontestable :affirmer que l’Algérie occupe des territoires tunisiens relève d’une méconnaissance flagrante du droit international.
Les frontières terrestres entre nos deux pays ne souffrent d’aucune ambiguïté. Elles ont été définitivement délimitées par l’accord du 20 mars 1970, puis consolidées par la convention du 19 mars 1983. Ce cadre juridique bilatéral a définitivement réglé les contentieux hérités de la période coloniale.
Agiter aujourd’hui le spectre d’une prétendue spoliation territoriale constitue un anachronisme qui ne repose sur aucune réalité juridique.
2. Sécurité énergétique – L’Algérie, partenaire constant et non prédateur : accuser l’Algérie de nuire à la Tunisie sur le plan énergétique est un non-sens économique. C’est exactement l’inverse qui se produit.
Grâce au gazoduc TransMed, l’Algérie fournit entre 65 % et 70 % du gaz naturel indispensable à la production d’électricité tunisienne. Ce partenariat stratégique, assorti de facilités de paiement durant les périodes de difficultés macroéconomiques, constitue le véritable poumon énergétique de la Tunisie.
On ne cherche pas à déstabiliser un pays que l’on contribue quotidiennement à alimenter en énergie.
En géopolitique, les intentions réelles ne se mesurent pas aux rumeurs, mais aux flux économiques. Fragiliser l’axe énergétique Alger-Tunis ne pénaliserait pas l’Algérie : cela infligerait une double peine à l’économie et aux consommateurs tunisiens.
3. Stress hydrique – L’impératif de la coopération face au changement climatique : imputer le stress hydrique tunisien à une prétendue volonté d’assèchement de ses ressources de la part de l’Algérie relève d’une aberration scientifique.
L’ensemble du Maghreb subit les conséquences du changement climatique. Bien loin de s’opposer sur cette ressource vitale, l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont signé à Tripoli un accord historique visant à mettre en place un mécanisme commun de gestion des eaux souterraines du Système aquifère du Sahara septentrional. Cet accord garantit un échange transparent de données et une exploitation équitable des ressources.
Si l’on suivait le raisonnement développé dans cet article, il faudrait croire que l’Algérie consacrerait ses journées à assécher les nappes phréatiques communes tout en subventionnant le gaz qui éclaire les foyers tunisiens. Une telle contradiction ne résiste pas une seconde à l’épreuve des faits.
4. Flux transnationaux – Ne pas confondre crises subies et manœuvres politiques : réduire les phénomènes de contrebande et les flux migratoires subsahariens à de prétendues manœuvres algériennes constitue un raccourci simpliste.
La contrebande frontalière pénalise d’abord l’économie algérienne, en détournant massivement des produits fortement subventionnés par l’État, notamment les carburants et les produits alimentaires.
Quant à la crise migratoire, elle est continentale. Avec des milliers de kilomètres de frontières sahéliennes, l’Algérie en subit les effets au même titre que la Tunisie. Présenter cette réalité comme une stratégie de déstabilisation revient à occulter le rôle des réseaux criminels de passeurs ainsi que les insuffisances des politiques migratoires européennes.
5. Vérités historiques – Gafsa et la lutte contre le terrorisme : l’exercice de désinformation atteint son paroxysme lorsque l’auteur tente de réécrire l’histoire en attribuant à l’Algérie les événements tragiques de Gafsa en 1980.
Les archives historiques établissent clairement que cette agression contre la Tunisie du Président Habib Bourguiba fut organisée par le régime libyen de l’époque. L’Algérie s’y était opposée **.
De la même manière, suggérer une quelconque complaisance de l’Algérie envers le terrorisme constitue une insulte à la mémoire de toute la région.
L’Algérie a payé un tribut humain considérable durant la décennie noire pour éradiquer ce fléau. Forte de cette expérience douloureuse, elle constitue aujourd’hui un partenaire essentiel de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme, grâce à un échange permanent de renseignements et à une coopération opérationnelle le long de la frontière commune.
Notre destin commun face aux défis du siècle
La doctrine de sécurité nationale algérienne repose sur un principe simple : une Tunisie instable constitue une menace directe pour la sécurité de l’Algérie.
Alger n’a donc aucun intérêt politique, économique ou sécuritaire à fragiliser Tunis.
L’amitié algéro-tunisienne n’est ni un slogan ni une formule diplomatique. Elle est une réalité géographique, historique et humaine, scellée notamment par le sang versé à Sakiet Sidi Youssef.
On ne badine pas avec la mémoire des martyrs.
Prétendre que l’Algérie entretient un lien avec le terrorisme revient à insulter la mémoire des militaires algériens et tunisiens tombés sous les mêmes balles, notamment dans le massif du Chaambi. La sécurité frontalière n’est pas une faveur : elle est notre tranchée commune.
Diviser pour régner demeure une vieille recette coloniale. À qui profiterait une discorde durable entre Alger et Tunis ? Certainement pas à nos deux peuples. Fragiliser notre voisinage immédiat, c’est ouvrir la porte aux ingérences étrangères qui rêvent de transformer le Maghreb en terrain de rivalités géopolitiques.
Enfin, l’auteur pousse le contresens diplomatique jusqu’à accuser l’Algérie d’exercer un prétendu chantage énergétique ou terroriste afin d’isoler la Tunisie sur la scène internationale.
Comment peut-on sérieusement prêter à Alger la volonté d’isoler un pays dont elle défend régulièrement les intérêts dans les enceintes internationales, rappelant constamment que la stabilité de la Tunisie constitue une condition essentielle de la sécurité régionale ?
Qu’un ancien ambassadeur, censé incarner la retenue, la nuance et le sens de l’État, se laisse aller à des accusations gratuites est profondément regrettable.
La diplomatie n’est ni le lieu des ressentiments personnels ni celui des invectives. Elle exige de la hauteur de vue.
En cherchant à diaboliser le partenaire algérien, l’auteur ne fragilise pas l’Algérie ; il affaiblit sa propre crédibilité et dessert les intérêts stratégiques profonds de la Tunisie.
* Médecin algérien résident au Canada.
** L’implication d’éléments de l’armée algérienne dans l’organisation de cette attaque de Gafsa a été prouvée et documentée par des historiens (NDLR).