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Investissement : la Tunisie et la Turquie préparent une percée conjointe sur les marchés africains

Le Forum d’Investissement et de Coopération Tunisie-Türkiye s’est tenu du 29 au 31 juillet à Istanbul en Turquie avec la participation de Ahmed Ben Sghir, ambassadeur de Tunisie à Ankara.

L’objectif est de mettre en place plus de proximité entre les deux pays et de consolider leur coopération dans plusieurs secteurs à l’instar des énergies renouvelables, de l’aéronautique et de l’automobile.

Au total, 69 sociétés turques sont implantées en Tunisie à ce jour, pour un total d’environ 200 millions de dollars investis, un niveau en deçà de ce que les deux économies pourraient réellement construire.

Côté turc, l’objectif affiché est d’avoir un volume d’échanges à 1,6 milliard de dollars. Les exportations turques ont culminé à 273,4 milliards de dollars en 2025, dont 1,2 milliard destiné à la Tunisie. Les échanges bilatéraux ont, ainsi, évolué de 1,46 milliard de dollars en 2024 à près de 1,68 milliard un an plus tard.

Une trentaine d’opérateurs tunisiens présents

La délégation tunisienne réunissait la FIPA, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) et une trentaine d’entreprises actives dans l’industrie, l’énergie, la technologie, le textile et la logistique. Les rencontres B2B organisées en parallèle visaient également à préparer, à terme, une percée conjointe sur des marchés africains tiers.

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SOTUMAG : la facturation électronique pour fiabiliser les marchés de gros

Le 15 août 2026 marquera une étape clé pour la Société Tunisienne des Marchés de Gros (SOTUMAG) avec la mise en place de la facturation électronique pour le marché de gros de Téboulba. Un pas de plus dans le programme national piloté par l’entreprise, sous la houlette du ministère du Commerce et du Développement des exportations, qui vise à sortir les marchés de gros de leur fonctionnement traditionnel et à digitaliser leurs échanges.

Avant Téboulba, c’est le marché de fruits et légumes de Moknine qui a servi de projet pilote. L’essai ayant tenu ses promesses, la SOTUMAG a décidé d’élargir l’expérience. D’ici le lancement officiel, une phase de préparation doit encore régler deux points : obtenir l’agrément sanitaire nécessaire et finaliser l’outil numérique qui permettra de suivre les produits à la trace.

L’objectif : traquer chaque mouvement de marchandise

Derrière cette digitalisation, une idée simple, savoir en temps réel ce qui circule sur les marchés de gros. De quoi limiter les zones d’ombre qui entourent aujourd’hui la distribution des produits agricoles et de la pêche en Tunisie, et donner aux autorités des chiffres fiables pour piloter la politique de sécurité alimentaire.

Le chantier ne s’arrête pas à Téboulba. La SOTUMAG a déjà identifié ses prochaines cibles : les marchés de Kairouan et de Gabès, où le même dispositif sera progressivement installé.

Un secteur qui devient lisible pour les investisseurs

Cette traçabilité numérique change la donne pour ceux qui veulent investir dans la logistique agricole ou la distribution : des données fiables sur les flux réduisent l’incertitude et facilitent l’évaluation des opportunités dans un secteur longtemps opaque.

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CONECT : un nouveau cadre juridique pour encourager l’investissement dans le secteur agricole

Donner enfin un cadre juridique fiable à la profession d’agriculteur : c’est ce que réclame la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), qui a plaidé vendredi soir pour la mise en place d’un texte fixant les droits et les devoirs afférents à cette activité.

Une meilleure protection des exploitants en découlerait directement et permettrait de les rassurer et de les encourager à poursuivre leurs efforts dans un contexte qui leur est de plus en plus hostile.

L’idée a émergé lors d’une séance de travail, au siège de la CONECT à Tunis, entre le groupement agricole de la confédération patronale et les représentants du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Alléger la fiscalité, moderniser l’équipement

Sur le volet fiscal, la CONECT demande carrément que les intrants agricoles échappent à la TVA. D’autant que les exploitants doivent être davantage incités à s’équiper en matériel moderne, un levier jugé indispensable pour tirer vers le haut les rendements du secteur.

Les propositions ne s’arrêtent pas là. Pour la filière oléicole, l’organisation réclame la rénovation des infrastructures de stockage pour garantir la qualité du produit jusqu’au bout de la chaîne.

La CONECT a demandé, sur un autre volet, l’élaboration du texte réglementaire censé encadrer maisons d’hôtes et gîtes ruraux, un dossier en stand-by depuis longtemps. À cela s’ajoutent deux autres revendications : un statut réglementaire aux fermes à vocation pédagogique et autoriser davantage l’irrigation par eaux usées traitées pour certaines cultures.

Bétail, lait, volaille : les dossiers chauds évoqués en réunion

Les discussions entre les deux parties, menées par le directeur du cabinet du ministre de l’Agriculture, le président de la CONECT, Aslan Berrajeb et Mohamed Taher Nabbi, chargé du groupement agricole au sein de la CONECT, ont balayé plusieurs urgences sectorielles : remettre à plat les filières lait et viande, relancer les programmes de sélection génétique du cheptel, mieux structurer les circuits de vente de bétail et le fonctionnement des abattoirs, endiguer les abattages clandestins et trouver des solutions aux difficultés qui pèsent sur les éleveurs de volailles.

Un cadre plus stable, un signal pour les investisseurs

Un cadre juridique clair relatif au statut de l’agriculteur et la suppression de la TVA pour les intrants reviendrait à encourager l’investissement dans l’agriculture tunisienne. Il s’agit, en effet, de deux paramètres qui pèsent directement sur le calcul de la rentabilité d’un investisseur qui se lance dans le secteur.

Le ministère a fait savoir, de son côté, qu’il comptait poursuivre les discussions et étudier ces pistes avec attention, dans la perspective de consolider le rôle de l’agriculture dans la sécurité alimentaire du pays.

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Coupures d’électricité : l’OTE écarte la piste climatique et pointe la STEG

L’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE) a publié dans la journée du samedi 1er août, un rapport qui remet en cause la lecture purement climatique de la récente campagne de délestages organisée par la STEG.

Le constat est clair et sans appel, de 2016 à 2020, la STEG a engagé près de 1,947 milliard de dinars dans ses stations de production. Sur la période suivante, de 2021 à 2025, ce montant est tombé à 248 millions de dinars, soit une baisse de 87 %.

Pendant que les investissements s’effondraient, la consommation électrique tunisienne, elle, poursuivait sa progression. L’OTE relève une hausse annuelle moyenne de 3,8 % entre 2021 et 2025. Un pic historique a même été enregistré le 14 août 2024, avec 4 888 mégawatts consommés en une seule journée. Résultat : une capacité de production qui recule alors même que les besoins explosent.

Selon l’OTE, plusieurs projets de production restent en suspens faute de feu vert du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, qui a pourtant le dernier mot sur ce type de dossier.

L’Observatoire va encore plus loin : ces dernières années, les pouvoirs publics auraient orienté leurs efforts vers les capitaux privés et étrangers dans le renouvelable, laissant de côté le financement public des unités de production classiques.

L’érosion continue des moyens de la STEG

Pour l’OTE, réduire les délestages du mois dernier à un simple épisode de canicule reviendrait à ignorer l’essentiel. Ce que révèlent surtout ces coupures, c’est l’érosion continue, depuis 2021, des moyens de production du pays ; le fruit d’arbitrages politiques et de lenteurs administratives répétées. La vague de chaleur n’a fait, en somme, que rendre visible une fragilité déjà installée.

Un signal pour les investisseurs privés

Cette baisse de l’investissement public dans la production constitue, de ce fait, une opportunité pour les capitaux privés et étrangers dans le secteur énergétique tunisien. Les acteurs positionnés sur le solaire, l’éolien ou le stockage par batteries (BESS) évoluent ainsi dans un contexte où l’offre publique peine structurellement à suivre la demande, un paramètre à intégrer dans toute analyse d’opportunité sur le marché électrique tunisien.

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BA Glass BV lance une OPA obligatoire sur 17,43% du capital de la Sotuver

Le Conseil du Marché Financier a validé les modalités de l’Offre Publique d’Achat obligatoire lancée par la société néerlandaise B.A GLASS B.V à destination des actionnaires minoritaires de la Société Tunisienne de Verreries (Sotuver). Cette opération fait suite à l’acquisition par BA Glass BV d’un bloc de titres de 16, 205 315 actions, représentant 41,28% du capital.

L’offre, ouverte du 5 au 26 août 2026, vise le solde des actions non détenues par l’initiateur, soit 6 843 844 titres représentant 17,43% du capital, au prix de 13,390 TND par action. Ce prix a été établi conformément à la réglementation boursière, en retenant la valeur la plus élevée entre la moyenne des cours des quatre-vingt-dix derniers jours, le prix d’acquisition du bloc historique et toute autre transaction significative.

L’initiateur de l’offre a fait savoir qu’il n’envisageait, à ce stade et pour les douze prochains mois, aucune modification significative de la politique industrielle, financière ou sociale de la société visée. L’acquéreur s’est également engagé à maintenir la cotation boursière des titres Sotuver, en s’interdisant tout retrait de la cote et en promettant, le cas échéant, de redistribuer sur le marché le nombre de titres nécessaire pour rétablir un flottant d’au moins 10% du capital. Par ailleurs, le Conseil d’Administration de Sotuver, récemment renouvelé, reflète désormais cette nouvelle donne actionnariale, avec des représentants des deux principaux blocs. La société a également pris l’engagement de lancer, au cours de l’année 2026, deux appels à candidature pour pourvoir les postes d’administrateur indépendant et de représentant des actionnaires minoritaires, conformément aux exigences de bonne gouvernance.

Sur le marché, le titre reste sur une performance exceptionnelle depuis le début de l’année. Nous pensons que la majorité des minoritaires préserveraient leurs actions au vu des belles perspectives de croissance l’entreprise.

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Sans garanties, sans intérêts : le crédit sur l’honneur peut-il tenir ses promesses ?

Le décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026, publié au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT), introduit un nouveau mécanisme des crédits sur l’honneur, prévu depuis la réforme des chèques de 2024 (article 412 ter du Code de commerce).

Le texte fixe trois plafonds selon le profil du bénéficiaire : 25 000 dinars pour les PME et sociétés communautaires, 10 000 dinars pour les porteurs de microprojets, 5 000 dinars pour les particuliers, remboursables sur deux ans au maximum. Fait notable : les banques n’ont pas le choix, elles doivent consacrer au moins 8 % de leurs bénéfices de l’exercice précédent à alimenter ces lignes, et statuer sur chaque dossier en dix jours ouvrables.

L’expert Mohamed Salah Ayari a d’ailleurs tenu à clarifier un point : la simple déclaration sur l’honneur ne suffit pas, un dossier reste nécessaire, et la banque conserve son droit de poursuite en cas d’impayé.

La gratuité, qui pour la payer ?

Le principal point qui pose problème concerne le taux, si ce dernier est nul pour l’emprunteur, quelqu’un doit absorber le coût. L’ancien cadre de la Banque Centrale de Tunisie, Sadok Rouai explique en ce sens que « le coût ne disparaît jamais, il change simplement de payeur ».

L’économiste Aram Belhaj redoute, de son côté, que les banques ne privilégient en pratique les dossiers qui présentent le moins de risques, ce qui viderait le dispositif de sa vocation sociale. Quant à l’enveloppe globale, qui est environ de 120 millions de dinars puisés dans les bénéfices bancaires de 2025, elle lui semble bien en deçà de ce qu’exigerait un tissu économique où les demandeurs potentiels de crédits se comptent par dizaines de milliers.

Un accès au crédit pour le petit entrepreneuriat

Pour les jeunes porteurs de projets et les micro-entreprises historiquement écartés du crédit bancaire faute de garanties suffisantes, ce mécanisme ouvre malgré tout une porte concrète vers un premier financement. Sa réussite dépendra, néanmoins, de la clarté des critères d’octroi entre banques et de l’accompagnement offert aux bénéficiaires pour transformer ce coup de pouce en activité pérenne.

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Énergies vertes: la Tunisie affine son vivier de compétences dans l’électricité et l’électronique

Un cursus de perfectionnement dédié aux nouveaux métiers verts, porté par le programme «THAMM Plus» et soutenu conjointement par Berlin et Bruxelles a été entamé cette semaine à Tunis. Au total, 275 compétences tunisiennes des secteurs de l’électricité et de l’électronique sont concernées par ce programme.

Dans un communiqué officiel, l’ambassade d’Allemagne en Tunisie a indiqué que l’objectif est de préparer les participants aux mutations du marché du travail. Au menu, des sessions de spécialisation en énergie solaire photovoltaïque, en calcul de l’empreinte carbone et en efficacité énergétique dans le bâtiment et les services, de quoi ouvrir des perspectives d’emploi aussi bien en Tunisie qu’en Allemagne.

Un montage à plusieurs partenaires

Le programme est piloté par l’Agence allemande de coopération internationale, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’organisation suisse de coopération technique, l’Agence tunisienne de formation professionnelle, l’ANETI et la fédération tunisienne de l’électricité et de l’électronique.

«THAMM Plus» prolonge en réalité l’initiative régionale «THAMM», dédiée à la mobilité sécurisée et légale des techniciens tunisiens, marocains et égyptiens vers l’Allemagne, l’Italie et la France.

Le plus pour l’investissement

Ce type de programme met en place, en amont, un vivier de main-d’œuvre qualifiée dans le solaire et l’efficacité énergétique. Pour les investisseurs et entrepreneurs positionnés sur la transition énergétique, la disponibilité de techniciens certifiés permettra d’accélérer l’implantation de projets verts et facilitera le développement de sous-traitants locaux dans ces métiers.

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Carburants verts: la stratégie double de la Tunisie pour une filière qui s’ouvre à l’investissement

La Tunisie avance sur deux fronts pour se tailler une place dans la course aux carburants verts: d’un côté, la recherche universitaire éclaire la voie technique; de l’autre, les grands groupes internationaux mettent déjà l’argent sur la table.

Le e-kérosène, un atout de compétitivité

Le professeur Mohamed Sadok Guellouz, chercheur en génie énergétique interrogé par la TAP en marge d’un atelier à Tunis, plaide pour trois chantiers prioritaires: développer les carburants verts, moderniser le réseau électrique et rapprocher davantage laboratoires et industriels.

Il ajoute que d’après une récente étude, la Tunisie pourrait, d’ici 2050, sortir de ses usines un e-kérosène facturé un quart de moins qu’en Europe et un cinquième de moins qu’aux États-Unis, un avantage tarifaire qui pourrait faire des ports et aéroports du pays des escales de choix pour l’aviation et le transport maritime en quête de décarbonation. Autre chantier évoqué: la STEG explorerait la piste d’un barrage-réservoir à Oued El Meleh, dans le gouvernorat de Jendouba, avec une capacité annoncée de 400 à 600 MW pour stocker l’électricité renouvelable sur de longues périodes.

Trois mégaprojets tournés vers l’export

Sur le terrain, la plateforme Attaqa recense trois initiatives d’envergure. Un groupe saoudien s’est engagé sur une capacité annuelle de 600 000 tonnes d’hydrogène vert, quasi entièrement dédiée à l’export. Autre chantier de taille: celui associant TotalEnergies et l’autrichien Verbund, qui doit démarrer en 2030 avec 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an avant de viser le million de tonnes; la facture s’annonce lourde, entre 8 milliards d’euros pour le lancement et jusqu’à 40 milliards une fois le projet à pleine puissance. Troisième pilier: l’ammoniac vert, avec une unité prévue dans la zone industrielle de Gabès.

À terme, Tunis vise l’exportation de 6,3 millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’UE d’ici 2050, via un corridor transitant par l’Italie.

Un terrain accessible pour les investisseurs

Entre recherche appliquée et mégacontrats internationaux, la filière hydrogène offre un terrain encore largement accessible: électrolyse, stockage, infrastructures portuaires ou sous-traitance industrielle sont autant de niches où des acteurs tunisiens, publics comme privés, pourraient se positionner avant que le marché ne se referme.

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