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Bourse de Tunis | Plaidoyer pour l’introduction des entreprises publiques

Dans cet article, l’auteur appelle le président de la république Kaïs Saïed à œuvrer pour l’introduction en bourse des entreprises publiques en difficulté pour aider à les réformer, les rendre plus rentables, réduire la pression que leurs déficits exercent sur le budget de l’Etat et, ce faisant, stimuler la croissance économique globale dans le pays.

Larbi Benbouhali *

Le Président peut-il collaborer avec la Bourse de Tunis (BVMT) pour sauver l’économie tunisienne en cette période de malaise économique ?

Cela se joue dans un contexte marqué par une forte inflation, un chômage élevé, un endettement important, une croissance économique faible, une détérioration du niveau de vie des familles tunisiennes et une conjoncture économique mondiale incertaine.

Si le président refuse de collaborer avec le FMI et les bailleurs de fonds étrangers, il dispose d’une opportunité en or : travailler avec la BVMT. Il pourrait ainsi éviter que les 105 entreprises publiques ne plombent le budget de l’État par leurs déficits en cette période difficile, tout en sauvant l’économie tunisienne dans son ensemble.

1. Pourquoi le gouvernement tunisien ne procède-t-il pas à l’introduction en Bourse des entreprises publiques (CPG, Steg, Etap, Stir, Stam, Sonede, etc.) ? Il pourrait utiliser les liquidités du marché boursier pour financer et réformer ces entreprises, les rendre rentables et stimuler la croissance économique globale.

2. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas l’économie informelle (ou parallèle) — qui représente 40 % de l’économie réelle — afin de collecter jusqu’à 12 milliards de dinars de recettes fiscales ? Une partie de ces fonds pourrait servir à accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, évitant ainsi au gouvernement de devoir contraindre les banques à octroyer de tels prêts.

3. Pourquoi le gouvernement ne réforme-t-il pas le système de subventions alimentaires et énergétiques ? Une économie d’environ 5 milliards de dinars sur ce budget permettrait d’accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs ; rappelons que seule 50 % de la population tunisienne a réellement besoin de ces subventions.

4. Pourquoi le gouvernement n’encourage-t-il pas les 65 % de Tunisiens sans compte bancaire à adopter les services bancaires mobiles et à ouvrir un compte ? Cela permettrait d’intégrer au système bancaire les 29 milliards de dinars circulant dans l’économie parallèle, offrant ainsi aux banques davantage de liquidités pour prêter au secteur privé, stimuler la production industrielle et ramener le taux de chômage à 10 %.

Pour sortir la Bourse de Tunis de la tourmente

Au cours des deux dernières semaines, la Bourse de Tunis a perdu plus de 8,5 % de sa capitalisation boursière par rapport à son pic de 21 550 points atteint début juillet 2026 ; le secteur bancaire, à lui seul, a perdu plus de 11 % de sa valeur.

La perte globale est considérable en termes de dinars : elle équivaut à 4 400 millions de dinars, soit près de 2,6 % du PIB total de 2025 (PIB de 170 milliards de dinars / 4,4 milliards de dinars = 2,6 %).

Les prix élevés du pétrole brut et de l’énergie vont faire grimper l’inflation et les taux d’intérêt bancaires, ce qui se traduira par une hausse des coûts et une baisse des bénéfices pour le secteur bancaire tunisien. Cela entraînera une nouvelle baisse de l’indice boursier tunisien, tendance qui pourrait se poursuivre tout au long du mois d’août et dans les mois à venir.

Ce recul lent mais constant a débuté début juillet, bien avant l’entrée en vigueur de la loi 2026-148 relative aux prêts sans intérêts ni garanties. Cela indique que d’autres facteurs ont incité les investisseurs à vendre massivement des actions cette semaine, provoquant une chute de 8,5 % de l’indice au cours des quatre dernières semaines et cette perte colossale de 4,4 milliards de dinars.

Nous pouvons désormais identifier et quantifier les véritables raisons pour lesquelles la Bourse de Tunis a connu deux journées très difficiles, mardi et mercredi derniers :

1. l’indice boursier tunisien avait progressé de 65 % depuis le début de l’année ; les investisseurs ont donc souhaité prendre leurs bénéfices avant toute correction brutale, tirant les leçons de la chute de la Bourse sud-coréenne la semaine dernière et du recul d’autres marchés mondiaux en juillet ;

• l’indice boursier sud-coréen Kospi a perdu 25 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier indien BSE Sensex a perdu 10 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice boursier Nasdaq-100 a perdu 7 % de sa valeur en juillet 2026 ;

• l’indice de la Bourse de Tunis (Tunindex) a perdu 8,5 % de sa valeur en juillet 2026.

2. Le secteur bancaire connaît une liquidité limitée ; on observe une abondance de vendeurs d’actions face à une faible demande cette semaine, ce qui a entraîné une baisse des cours et fait reculer le Tunindex de 3,47 points en une seule journée mardi dernier.

3. La réduction de la liquidité bancaire destinée au secteur privé, les restrictions sur les dividendes et la contraction de 8 % du secteur financier en 2025 : la Banque centrale a incité les banques à limiter ou suspendre les versements afin de préserver leurs fonds propres et de restreindre les sorties de devises. Cette mesure a réduit la liquidité disponible pour les prêts et la génération de profits supplémentaires, pesant ainsi sur le cours de leurs actions.

4. Par ailleurs, le marasme économique tunisien et la faiblesse des investissements ont freiné la croissance de nombreuses entreprises ; neuf des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont enregistré des pertes en 2025, affichent des capitaux propres négatifs et n’ont pas publié leurs rapports annuels depuis plus de trois ans.

Ces neuf entreprises représentent 12 % des sociétés cotées ; leurs pertes contribuent à la tendance baissière du marché boursier tunisien.

Des recommandations en guise de conclusion :

Le gouvernement tunisien peut développer la Bourse de Tunis et générer davantage de richesse pour chaque famille tunisienne en collaborant avec le marché financier pour y introduire des entreprises publiques ; cela permettrait à ces sociétés de lever des capitaux pour investir et se développer, plutôt que de peser sur le budget de l’État.

2. L’économie tunisienne a besoin de devises étrangères, et non de dinars — un «mini-plan Marshall» d’au moins 3 milliards de dollars est nécessaire.

Pourquoi ?

On peut imprimer des dinars, mais pas du pétrole brut. On peut imprimer des dinars, mais pas du gaz naturel. On peut imprimer des dinars, mais pas du blé ni des matières premières…

3. En 2025, la Bourse de Tunis a progressé de 35 % et dispose d’importantes liquidités : le gouvernement peut collaborer avec elle et s’appuyer sur les entreprises publiques pour lever des capitaux et leur accorder des prêts destinés à l’investissement et à la croissance économique. Cela permettrait d’attirer davantage de dollars et d’euros, de réduire le niveau d’endettement, de créer des emplois et de stimuler une croissance économique supérieure au taux d’inflation.

4. Le gouvernement tunisien peut collaborer avec le ministère des Finances, les banques commerciales et la Banque centrale pour réformer l’économie parallèle et accroître les recettes fiscales de 17 milliards de dinars (12 milliards issus de l’économie parallèle et 5 milliards grâce à la réforme des subventions).

Le gouvernement pourrait alors accorder des prêts sans intérêts ni garanties aux chômeurs, réduisant ainsi ses besoins d’emprunt auprès des banques commerciales et de la Banque centrale, ce qui contribuerait à ramener l’inflation monétaire à 3 %.

5. Toutes ces mesures aideront les banques commerciales et le gouvernement à assainir les finances publiques ; les banques disposeront de davantage de liquidités pour prêter au secteur privé et soutenir la croissance économique dans un contexte mondial incertain, tout en améliorant la notation financière (Fitch Ratings) et en réduisant le niveau d’endettement de l’État.

À mesure que l’adoption des mesures susmentionnées entraînera un afflux croissant de dollars américains et d’euros en Tunisie, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée ainsi que les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. Il s’agit d’une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis ; elle favorisera la création de richesse pour chaque famille tunisienne et permettra de porter le taux d’épargne de 5 % à 15 % du PIB.

À mesure que l’afflux de dollars et d’euros augmentera grâce à l’adoption de ces mesures, le dinar tunisien se renforcera, ce qui permettra de réduire l’inflation importée, les déficits commercial et budgétaire, de créer des milliers d’emplois et de générer des recettes fiscales supplémentaires. C’est une formule gagnant-gagnant pour le gouvernement tunisien, les banques commerciales, la Banque centrale de Tunisie et la Bourse de Tunis, tout en générant davantage de richesse pour chaque famille tunisienne.* Expert financier tunisien opérant en Afrique du Sud.

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Les remèdes de l’UGTT à la crise en Tunisie

Marginalisée par le pouvoir exécutif, exclue du dialogue social dont elle fut historiquement l’un des principaux piliers et son influence considérablement réduite sur la scène politique, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tente d’exister, tant bien que mal, en s’invitant, de temps en temps, dans le débat national, par des déclarations de ses dirigeants à peine relayées par les médias, en attendant des jours meilleurs. (Photo: Slaheddine Selmi, SG de l’UGTT).

Latif Belhedi

L’organisation s’est rappelée au souvenir des Tunisiens, hier, samedi 1er août 2026, en communiquant sur un document de son département d’études intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour surmonter la crise», qui souligne le caractère désormais structurel des difficultés du pays.

La Tunisie dispose des ressources nécessaires pour renouer avec la croissance, mais cela nécessite des réformes structurelles, une stratégie économique à long terme et un dialogue national sur les grands choix économiques et sociaux, a-t-elle souligné dans ledit document, qui insiste sur les enjeux clés de la crise : le poids de la dette publique (qui dépasse 80% du PIB), la faiblesse de l’investissement, la dépendance énergétique, notamment du gaz algérien, la perte de pouvoir d’achat, la fuite des compétences et la pression sur les ressources hydriques.

Selon l’UGTT, le rythme de la croissance (entre 1,5 et 2,5 %, bon an mal an) demeure insuffisant pour réduire le chômage et financer adéquatement les services publics.

Au chapitre des recommandations, la centrale syndicale appelle l’Etat à soutenir l’investissement productif, à simplifier les procédures administratives et à développer les énergies renouvelables ainsi que les secteurs à forte valeur ajoutée, en renforçant les liens entre universités, instituts de recherche et entreprises.

Le rapport appelle également à la réforme des entreprises publiques sur la base d’objectifs vérifiables, tout en maintenant le contrôle de l’État sur les secteurs stratégiques. Position du reste partagée par le président de la république Kaïs Saïed, qui rejette catégoriquement toute idée de cession, totale ou partielle, de ces entreprises qui croulent sous les déficits et les dettes et pèsent lourdement sur les finances publiques.

Concernant les ressources en eau, l’UGTT appelle à prendre des mesures contre le gaspillage et prône le recours au dessalement et aux eaux usées traitées.

Les réformes relatives aux subventions, à la fiscalité et aux entreprises publiques, ils ne peuvent être adoptées unilatéralement ; elles doivent faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux et s’accompagner d’une répartition équitable des coûts, souligne l’organisation syndicale, Prix Nobel de la Paix en 2015 pour son rôle important dans la conduite du dialogue national, mais qui peine à retrouver le rôle central qui fut le sien dans le dialogue politique et social dans le pays.

La Tunisie, conclut l’UGTT, peut tirer parti de sa proximité avec les marchés européens et africains, de son capital humain qualifié et de ses infrastructures relativement développées.

Toutefois, la relance dépendra de la capacité à bâtir un nouveau modèle fondé sur l’investissement, la productivité, la bonne gouvernance et la justice sociale.

Vers une réconciliation nationale globale

Intervenant, samedi, dans l’émission ‘‘Houna Tunes’’, sur Diwan FM Ahmed Jaziri — secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de l’UGTT — a souligné que la Tunisie fait face à des défis majeurs et que les conditions nécessaires à un niveau de vie décent ont disparu, notant que les citoyens se plaignent de plus en plus de la cherté de la vie.

M. Jaziri a ajouté que la situation actuelle du pays a incité le département des études et de la documentation de l’Union à présenter le document analytique intitulé «La Tunisie à la croisée des chemins : défis majeurs et clés pour résoudre la crise», dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la nation, affirmant : «Le syndicat travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie.»

M. Jaziri a souligné au passage la nécessité pour toutes les parties concernées par la recherche de solutions à la crise multisectorielle que traverse le pays de s’unir et de parvenir à une réconciliation nationale globale. Rejetant les démarches unilatérales, qui caractérise le pouvoir exécutif depuis le 25 juillet 2021, date de la proclamation de l’état d’exception, il a prôné un dialogue inclusif associant toutes les organisations et la société civile pour faire face à la situation — une crise nécessitant, selon lui, l’instauration de l’état d’urgence pour remettre la Tunisie sur la bonne voie — tout en rappelant que le pays a actuellement besoin de toutes ses compétences professionnelles, dont beaucoup le quittent pour des cieux plus cléments.

M. Jaziri a ajouté que ce message s’adresse à l’actuel gouvernement qui, a-t-il affirmé, refuse d’engager le dialogue avec l’Union et d’autres organisations, insistant sur le fait que la situation exige un effort concerté de toutes les parties.

Tout en soulignant que le syndicat a ses propres idées et sa propre stratégie, et que la Tunisie ne manque de rien, le responsable syndical a affirmé que toute crise peut être résolue et que «les fardeaux partagés sont légers» (comme le dit l’adage).

Par ailleurs, M. Jaziri a soutenu que la mauvaise gouvernance, le manque de suivi et la négligence ont conduit les institutions étatiques à la ruine, citant la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) comme exemple flagrant.

En réponse à ceux qui imputent la crise actuelle du pays au syndicat, M. Jaziri a déclaré que l’UGTT est marginalisée depuis cinq ans et que ses propositions sont restées sans réponse. «Aujourd’hui, on rejette tout sur le syndicat, qui est une force positive et un vecteur de dialogue», a-t-il déclaré, qualifiant cette tentative de rejeter la responsabilité des problèmes du pays sur le syndicat de «fuite en avant» etune tentative d’éluder les véritables problèmes.

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Rached Ghannouchi : Le Premier ministre malaisien écrit à Kaïs Saïed

Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a annoncé avoir adressé une lettre au président Kaïs Saïed afin de demander la libération de Rached Ghannouchi pour des raisons humanitaires. Cette démarche, rendue publique par l’agence nationale malaisienne Bernama, intervient alors que l’état de santé du président du mouvement Ennahdha suscite de nouvelles inquiétudes.

Une demande pour des raisons humanitaires

Dans une déclaration relayée vendredi 31 juillet par Bernama, Anwar Ibrahim indique avoir écrit au chef de l’État tunisien pour lui demander d’examiner la situation de Rached Ghannouchi « avec compassion et humanité », en tenant compte de son âge et de son état de santé.

Le Premier ministre malaisien précise avoir formulé cette demande « dans le plein respect de la souveraineté de la République tunisienne et de son processus judiciaire », soulignant que sa démarche est motivée uniquement par des considérations humanitaires.

Des inquiétudes après plusieurs alertes sur sa santé

L’initiative d’Anwar Ibrahim intervient quelques jours après plusieurs alertes concernant l’état de santé de Rached Ghannouchi.

Selon ses avocats et son entourage, le dirigeant d’Ennahdha, âgé de 84 ans, a été hospitalisé à la mi-juillet après avoir perdu connaissance à la prison de Mornaguia. Il aurait ensuite regagné l’établissement pénitentiaire avant d’être de nouveau transféré à l’hôpital à la fin du mois en raison de problèmes de santé.

Aucun bulletin médical officiel n’a toutefois été publié par les autorités tunisiennes. Les informations sur son état de santé proviennent essentiellement de sa défense, de sa famille et de responsables du mouvement Ennahdha.

Une relation ancienne entre les deux hommes

Anwar Ibrahim et Rached Ghannouchi entretiennent depuis de nombreuses années des relations personnelles et politiques. Le chef du gouvernement malaisien a évoqué à plusieurs reprises son estime pour le dirigeant tunisien, qu’il considère comme une figure importante du réformisme dans le monde musulman.

Cette proximité explique en partie son intervention personnelle auprès des autorités tunisiennes.

Pas de réaction officielle de Tunis

À ce stade, la présidence de la République n’a pas confirmé avoir reçu la lettre évoquée par le Premier ministre malaisien et n’a publié aucune réaction officielle à cette initiative.

L’annonce d’Anwar Ibrahim constitue ainsi, à ce stade, une démarche diplomatique rendue publique par le chef du gouvernement malaisien, sans réponse des autorités tunisiennes.

Lire aussi:

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Tribune – Tunisie. La société civile, entre torpeur et éclat

La société civile tunisienne oscille depuis 2021 entre un abandon relatif et des coups d’éclat, confirmant en tout cas son statut historique depuis l’indépendance. En bref La société civile tunisienne s’est mobilisée le 25 juillet 2026 à Tunis, à l’occasion…

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Limogé puis rétabli « grâce à Kaïs Saïed » : Fethi Rebaï, un cheikh au cœur des polémiques depuis 2016

Rebondissement à Sfax. Quelques heures seulement après avoir annoncé son éviction de la mosquée Essalem à Sakiet Eddaïer, le cheikh Fethi Rebaï a indiqué, mercredi 29 juillet, avoir été réintégré dans ses fonctions. Selon l’imam, ce retour fait suite à une intervention du président de la République, Kaïs Saïed. Une affirmation qui n’a toutefois été confirmée, à ce stade, ni par la présidence de la République ni par le ministère des Affaires religieuses.

Cet épisode remet sur le devant de la scène un imam déjà au cœur d’une vive polémique nationale en 2016, à la suite d’un prêche qui avait suscité de nombreuses réactions.

« L’injustice a été levée »

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, Fethi Rebaï s’est félicité de cette issue rapide et a adressé ses remerciements au chef de l’État.

« Je tiens à adresser mes sincères remerciements à Monsieur le Président de la République pour avoir levé cette injustice qui m’a été infligée », écrit-il.

L’imam remercie également le ministre des Affaires religieuses ainsi que les cadres du département. Il conclut son message par des prières pour la stabilité de la Tunisie, son unité et la préservation de ses institutions.

Un appel au respect des institutions

Plus tôt dans la journée, alors que l’annonce de son limogeage suscitait de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, Fethi Rebaï avait publié un premier message destiné à remercier les personnes lui ayant exprimé leur soutien.

S’affirmant pleinement attaché aux institutions de l’État et à l’autorité du ministère des Affaires religieuses, il avait pris ses distances avec les propos tenus en ligne contre les responsables publics. L’imam avait précisé qu’il ne pouvait être tenu responsable des commentaires publiés par des tiers et avait appelé à éviter toute atteinte aux institutions.

Se présentant comme un « soldat de la patrie », il assurait qu’il continuerait à servir les intérêts du pays, quelle que soit la mission qui lui serait confiée.

Le sermon sur les coupures d’eau et d’électricité en toile de fond

Si aucun motif officiel n’a été communiqué concernant sa suspension, de nombreux internautes et fidèles ont rapidement établi un lien avec le sermon prononcé par Fethi Rebaï vendredi dernier et largement relayé sur les réseaux sociaux.

Au cours de ce prêche, l’imam avait évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés les Tunisiens, notamment les coupures d’eau et d’électricité. Il avait appelé les responsables à assumer pleinement leurs responsabilités face à cette situation, tout en invitant les citoyens à ne pas s’en prendre aux agents de la STEG et de la SONEDE, estimant que ces derniers ne portaient pas la responsabilité des dysfonctionnements.

Aucun élément officiel ne permet toutefois d’établir un lien entre ce sermon et la décision d’éviction annoncée quelques jours plus tard.

Le précédent de 2016

L’affaire actuelle rappelle un épisode qui avait placé Fethi Rebaï sous les projecteurs en 2016. À l’époque, alors qu’il officiait déjà à la mosquée Essalem, l’imam avait appelé, lors d’un prêche, à l’exécution des personnes homosexuelles au nom de l’application de la charia, suscitant une vive controverse.

L’association Shams avait alors déposé une plainte contre lui, estimant que ses déclarations constituaient un appel au meurtre et une incitation à la haine et à la violence. Pour sa défense, Fethi Rebaï avait affirmé qu’il s’était borné à citer des textes religieux et qu’il n’avait pas appelé personnellement à l’exécution des homosexuels.

Lire aussi: Tunisie homophobie : Shams saisit la justice contre l’imam Fathi Rébaï de Sfax appelant au meurtre des homosexuels

Cette affaire avait relancé le débat sur les limites de la liberté de prêche, le contenu des discours tenus dans les mosquées et le contrôle exercé par les autorités religieuses.

Aujourd’hui, les circonstances exactes de l’éviction puis du rétablissement de Fethi Rebaï restent inconnues. Ni le ministère des Affaires religieuses ni la présidence de la République n’ont communiqué officiellement sur les motifs de la suspension initiale ou sur les modalités de son retour.


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Incendies en Tunisie : Après l’Italie et l’Algérie, l’Égypte propose son aide

Face aux incendies qui ont touché plusieurs régions du pays ces dernières semaines, la Tunisie continue de bénéficier d’un élan de solidarité internationale. Après l’aide apportée par l’Italie et l’Algérie, l’Égypte s’est à son tour déclarée prête à soutenir Tunis dans la lutte contre les feux.

Cette offre a été formulée mardi 28 juillet lors d’un entretien téléphonique entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le président Kaïs Saïed.

Selon un communiqué officiel de la présidence égyptienne, Abdel Fattah al-Sissi a souligné la solidarité de l’Égypte avec la Tunisie face aux incendies qui ont touché plusieurs régions du pays, affirmant « la pleine disponibilité de l’Égypte à fournir le soutien nécessaire » pour faire face aux conséquences de ces feux.

Plus de 4 400 hectares ravagés depuis le début de la saison

Cette proposition intervient alors que la Tunisie fait face à l’une des saisons d’incendies les plus difficiles de ces dernières années. Selon les chiffres de la Direction générale des forêts, près de 4 400 hectares de superficies forestières ont été ravagés entre le 1er mai et le 23 juillet 2026, contre 2 705 hectares durant la même période en 2025, soit une hausse d’environ 63 %.

Les incendies ont principalement touché les gouvernorats de Zaghouan, Béja, Bizerte, Le Kef et Jendouba. Depuis le début de la saison, les autorités ont recensé 75 incendies de forêt, 108 incendies dans les maquis et mené plus de 900 opérations d’extinction, témoignant de l’intensité exceptionnelle de cette campagne de lutte contre les feux.

Lire aussi: Canicule : Près de 600 incendies en 48 heures, la Protection civile sous forte pression

Des niveaux d’engagement différents

À ce stade, les trois soutiens annoncés présentent des niveaux d’engagement différents.

L’Italie a déjà déployé des moyens aériens dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne afin de participer aux opérations de lutte contre les incendies.

L’Algérie a, de son côté, engagé une coopération opérationnelle directe entre ses services de protection civile et leurs homologues tunisiens.

L’Égypte, en revanche, s’est pour l’instant limitée à une offre officielle de soutien. Si Le Caire a affirmé sa « pleine disponibilité » à fournir le soutien nécessaire à la Tunisie, aucun moyen concret — aérien, humain ou matériel — n’a, à ce stade, été annoncé.

Lire aussi: Incendies : L’Italie dépêche un Canadair en Tunisie

Un entretien également consacré aux dossiers régionaux

Au-delà des incendies, l’entretien entre Kaïs Saïed et Abdel Fattah al-Sissi a porté sur les relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers régionaux, notamment la situation dans la bande de Gaza et en Libye. Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur attachement à une désescalade des tensions et au règlement des crises par des moyens politiques et diplomatiques.

L’offre de soutien formulée par l’Égypte intervient alors que la Tunisie reste confrontée aux conséquences d’une saison d’incendies particulièrement sévère. Les modalités d’une éventuelle assistance égyptienne n’ont toutefois pas encore été précisées.

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Kaïs Saïed accuse le « sionisme mondial » de chercher à déstabiliser les États

Le président de la République Kaïs Saïed, a eu mardi 28 juillet un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, consacré aux relations bilatérales entre Tunis et Le Caire ainsi qu’aux évolutions régionales.

Selon un communiqué de la présidence tunisienne, les deux dirigeants ont évoqué « les relations historiques solides » entre les deux pays et leur volonté de renforcer la coopération dans différents domaines. La situation générale dans la région a également occupé une place importante dans les discussions, dans un contexte marqué par la poursuite de la guerre à Gaza et les tensions au Moyen-Orient.

Lors de cet échange, Kaïs Saïed a réaffirmé que « la sécurité de l’Égypte fait partie de la sécurité nationale arabe », estimant que l’unité des positions arabes permettrait de relever les défis actuels.

Le président tunisien a également consacré une partie de son intervention à une critique de la mouvance sioniste. Il a déclaré que « le mouvement sioniste mondial » avait, selon lui, œuvré depuis le XIXe siècle à « affaiblir la nation » et chercherait aujourd’hui à provoquer des crises internes dans les États.

Lire aussi : Coupures de plus de 24 heures : Kaïs Saïed convoque la STEG, la SONEDE et plusieurs ministres

Cette référence au sionisme s’inscrit dans une ligne régulièrement exprimée par Kaïs Saïed, qui associe la question palestinienne à une critique plus large de l’ordre international actuel. Le chef de l’État tunisien a affirmé que les peuples étaient en train de se mobiliser contre un « système mondial injuste » et a appelé à l’émergence d’un « nouvel ordre humain ».

La question palestinienne au cœur des échanges

Les deux présidents ont également abordé la situation à Gaza. Kaïs Saïed a dénoncé ce qu’il a qualifié de « guerre d’extermination » visant le peuple palestinien, affirmant que « le droit du peuple palestinien ne disparaîtra ni par le temps ni par l’usage des armes les plus destructrices ».

La Tunisie maintient depuis le début du conflit une position très critique envers Israël, dénonçant les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza et appelant à un cessez-le-feu ainsi qu’à la protection des civils palestiniens.

Le dossier libyen évoqué

L’entretien a aussi porté sur la Libye. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à une solution politique « libyenne », rejetant toute issue imposée de l’extérieur. Kaïs Saïed a estimé que le peuple libyen, attaché à l’unité territoriale de son pays, était capable de parvenir à une solution acceptable.

Enfin, le président tunisien a renouvelé son invitation à Abdel Fattah Al-Sissi pour effectuer une visite officielle en Tunisie, dont la date devra être fixée prochainement.

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Al-Sissi à Kaïs Saïed : l’Égypte prête à soutenir la Tunisie face aux incendies

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a eu, mardi, un entretien téléphonique avec le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed.

Selon le porte-parole officiel de la présidence égyptienne, cet échange s’inscrit dans le cadre de la coordination continue entre les deux pays. Le président égyptien a entamé la conversation en adressant ses félicitations à la Tunisie à l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République tunisienne.

Il a salué la solidité des relations fraternelles entre les deux pays, fondées sur une histoire commune et des liens établis entre les deux peuples. Il a également rappelé que l’année en cours marque le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Égypte.

Au cours de l’entretien, Abdel Fattah al-Sissi a exprimé la solidarité de l’Égypte avec la Tunisie face aux incendies ayant touché plusieurs zones du pays. Il a affirmé la disponibilité de l’Égypte à fournir le soutien nécessaire dans ce cadre.

Le président égyptien a également souligné l’importance de renforcer les voies de coopération bilatérale et de mettre en œuvre les résultats de la commission mixte supérieure ainsi que les différents mécanismes de coopération existants. Et ce, afin de traduire la dynamique politique entre les deux pays en résultats concrets au service des deux peuples.

De son côté, le président Kaïs Saïed a exprimé son appréciation pour l’attention accordée par le président égyptien au renforcement des relations entre les deux pays ainsi qu’à l’intensification de la concertation et de la coordination politique à tous les niveaux.

Le chef de l’État tunisien a présenté les efforts engagés pour lutter contre les incendies, préserver les ressources de l’État et protéger la sécurité ainsi que les biens des citoyens. Il a également exprimé sa reconnaissance pour la solidarité et le soutien manifestés par le président égyptien dans ce contexte.

L’entretien a également porté sur les évolutions régionales et internationales d’intérêt commun. Abdel Fattah al-Sissi a évoqué la situation actuelle dans la région, marquée par une reprise des tensions. Tout en mettant en garde contre les conséquences possibles d’une nouvelle escalade généralisée. Il a également présenté les efforts de l’Égypte pour rapprocher les positions des parties concernées.

À cette occasion, les deux présidents ont insisté sur la nécessité de privilégier les solutions politiques et diplomatiques, de réduire l’escalade et de contenir les tensions afin d’éviter l’élargissement des crises et de préserver la sécurité et la stabilité régionales.

Ils ont enfin souligné l’importance de renforcer la coordination et la concertation entre les deux pays sur les différentes questions régionales, notamment face aux défis actuels.

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A qui s’adressent les propos de Tebboune ?

Les déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie ont été présentées comme une mise en garde contre toute tentative de déstabilisation. Mais elles ont également suscité une lecture politique chez des opposants tunisiens et algériens, notamment dans des milieux qui se considèrent eux-mêmes visés par les discours officiels sur le terrorisme et la sûreté de l’État.

Ce qu’a déclaré Tebboune

Lors de son entretien périodique avec la presse algérienne, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que la Tunisie était visée en raison de sa proximité avec l’Algérie.

Selon lui, certains chercheraient à déstabiliser la Tunisie afin de pouvoir ensuite atteindre plus facilement l’Algérie. Le président algérien a également évoqué la menace terroriste et assuré que son pays ne resterait pas passif face à une tentative de déstabilisation de son voisin.

Il n’a cependant cité ni parti politique tunisien, ni personnalité, ni composante particulière de l’opposition.

Lire aussi: Tebboune : « On veut déstabiliser la Tunisie pour pouvoir ensuite « manger » l’Algérie »

En Tunisie, une déclaration interprétée à travers le contexte politique

L’avocate et opposante Dalila Ben Mbarek Msaddek a estimé que les propos de Tebboune ne se limitaient pas à un message de solidarité sécuritaire. Selon sa lecture, l’emploi des termes « terrorisme » et « déstabilisation » pourrait également viser les adversaires du président Kaïs Saïed.

Cette interprétation s’explique par le contexte tunisien. Depuis le 25 juillet 2021, plusieurs figures de l’opposition ont été poursuivies dans des dossiers liés à la sûreté de l’État, au complot ou au terrorisme.

La mouvance islamiste est particulièrement concernée. Le chef historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que plusieurs dirigeants du mouvement sont emprisonnés ou poursuivis dans différentes affaires. L’ancien chef du gouvernement Ali Larayedh a notamment été condamné dans le dossier relatif à l’envoi de Tunisiens vers les zones de conflit, une affaire qu’Ennahdha présente comme un procès politique dirigé contre lui.

En Algérie, la réaction d’une figure liée à Rachad

La dimension islamiste apparaît plus directement du côté algérien avec la réaction de Mohamed Larbi Zitout.

Ancien diplomate installé à Londres, Zitout est l’un des fondateurs et porte-parole du mouvement Rachad, créé notamment par des personnalités issues de l’ancien Front islamique du salut. Le mouvement est considéré par les autorités algériennes comme une organisation terroriste, une qualification rejetée par ses responsables.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Mohamed Larbi Zitout estime que les déclarations de Tebboune traduisent un soutien politique au président Kaïs Saïed. Il établit également un lien avec les manifestations organisées le 25 juillet en Tunisie, considérant qu’une mobilisation populaire dans le pays voisin pourrait inquiéter le pouvoir algérien.

Cette analyse n’est toutefois étayée par aucun élément public établissant que les manifestations tunisiennes auraient directement motivé la prise de parole de Tebboune.

Une crainte commune dans deux contextes différents

Les oppositions islamistes tunisienne et algérienne ne se trouvent pas dans une situation identique.

En Tunisie, Ennahdha a exercé le pouvoir après la révolution de 2011 avant d’être progressivement marginalisé, puis fortement affaibli par les arrestations et les condamnations de ses dirigeants.

En Algérie, Rachad évolue en dehors du système politique légal et ses principaux dirigeants vivent à l’étranger. Le pouvoir algérien le présente comme une menace sécuritaire, tandis que le mouvement se définit comme une organisation d’opposition politique.

Malgré ces différences, les deux mouvances partagent une même inquiétude : voir la contestation politique assimilée à la déstabilisation ou au terrorisme.

Un message politique ou une doctrine sécuritaire ?

Rien, dans les propos publics de Tebboune, ne permet d’affirmer qu’il visait directement Ennahdha, Rachad ou l’ensemble des oppositions tunisienne et algérienne.

Pour Alger, cette déclaration s’inscrit dans une doctrine ancienne : la stabilité de la Tunisie est considérée comme une composante de la sécurité nationale algérienne.

Mais le vocabulaire employé, le soutien constant d’Alger au président Kaïs Saïed et la situation des opposants dans les deux pays expliquent pourquoi cette déclaration a été interprétée politiquement.

L’enjeu de la polémique réside donc moins dans une cible explicitement désignée que dans la manière dont les mots « terrorisme » et « déstabilisation » résonnent auprès d’oppositions qui estiment en faire régulièrement les frais.

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