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Lors d’une séance plénière au Parlement tenue dans la soirée du mercredi 29 juillet, la ministre a précisé que les dispositions de la loi de finances pour l’année 2026 sont entrées en vigueur dès sa promulgation par le président de la République et sa publication au Journal officiel.
Elle a toutefois souligné que la mise en œuvre de certains articles nécessite encore la finalisation des textes d’application et des procédures réglementaires nécessaires.
Concernant l’avantage fiscal supplémentaire prévu en faveur des retraités par l’article 56 de la loi de finances, Mechket Salama Khaldi a indiqué que cette mesure entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2027, conformément aux dispositions de la loi.
Par ailleurs, la ministre a fait savoir que les ministères concernés ont commencé à publier les décisions d’ouverture des concours de recrutement prévus dans la loi de finances, notamment les ministères des Finances, des Domaines de l’État et des Affaires sociales.
S’agissant du programme « une voiture pour chaque famille », la ministre a reconnu l’existence d’un certain nombre de difficultés d’application, notamment celles liées aux mécanismes de financement.
Elle a précisé que la mise en place du programme nécessite la création d’un système permettant l’enregistrement des demandes, la définition des priorités…, en s’inspirant notamment de l’expérience du programme de la voiture populaire.
Au-delà des annonces, plusieurs dispositifs prévus par la loi de finances demeurent tributaires de textes d’application ou de mécanismes techniques encore en cours d’élaboration. Le programme « Une voiture pour chaque famille » en est l’illustration. Ainsi, si son principe est acté, ses modalités de financement, ses critères d’éligibilité et son dispositif de gestion restent à définir. Une situation qui rappelle le proverbe tunisien selon lequel « on prépare les tapis avant de construire la mosquée », tant les outils de mise en œuvre semblent encore en préparation.
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Cette structuration de l’offre de capital est un succès incontestable. Cependant, elle marque la fin de la première étape, non l’aboutissement du parcours. Car, un constat économique s’impose : l’abondance de capital amorçage – ce que l’on pourrait qualifier de Hardware financier – ne produit pas automatiquement de la croissance industrielle ni de la résilience nationale. Le véritable goulot d’étranglement de l’écosystème tunisien s’est déplacé. Il ne réside plus dans l’absence de guichets de financement, mais dans la faible capacité d’absorption de notre économie et dans les blocages de la commande publique. Le défi majeur n’est plus financier : il est doctrinal, réglementaire et opérationnel. Il s’appelle le Software d’exécution.
Financer des dizaines de jeunes pousses est un indicateur d’activité fort, mais quelle est leur empreinte réelle sur le tissu productif et sur les infrastructures stratégiques du pays ? Nous faisons face à un paradoxe saisissant : d’un côté, des fonds spécialisés en DeepTech et en intelligence artificielle recherchent des projets à fort potentiel ; de l’autre, nos grands opérateurs publics et nos infrastructures critiques (de la gestion des réseaux électriques à la logistique portuaire, en passant par le pilotage actuariel de nos caisses sociales) souffrent d’obsolescence et de dettes techniques majeures.
L’innovation ne peut plus être abordée comme un écosystème hors-sol, une vitrine technologique déconnectée des réalités de l’État développeur. Si nos pépites technologiques se contentent de lever des fonds pour aller exécuter leurs solutions sur d’autres marchés faute de débouchés locaux, la Tunisie se réduira à un rôle d’incubateur subventionné pour économies étrangères. La souveraineté numérique ne consiste pas seulement à produire des compétences ou à héberger des fonds : elle réside dans notre capacité à déployer ces technologies au service de notre propre résilience nationale.
Le meilleur financement pour une entreprise innovante à haute valeur ajoutée n’est ni une subvention ni une prise de participation dilutive : c’est un contrat client. Pour franchir le cap de l’amorçage vers l’accélération, l’écosystème tunisien a besoin d’un marché. Et ce marché doit être ouvert par l’État lui-même.
Il est urgent d’opérer une rupture dans la doctrine de la commande publique en instaurant un cadre équivalent à un Small Business Act technologique. L’État doit devenir le premier acheteur des solutions issues de notre capital-risque public. Qu’il s’agisse d’implanter la maintenance prédictive sur nos réseaux énergétiques, d’optimiser l’interopérabilité des données de santé ou de sécuriser nos flux logistiques par des outils algorithmiques, l’attribution d’une fraction de la commande publique aux acteurs locaux de la DeepTech agirait comme un puissant catalyseur d’industrialisation.
Cette stratégie d’ancrage local est la condition sine qua non de notre rayonnement international. Une entreprise technologique qui a fait ses preuves en modernisant ou en sécurisant une infrastructure publique complexe sur son marché national acquiert immédiatement la légitimité nécessaire pour exporter ses standards.
C’est précisément ainsi que la Tunisie concrétisera son ambition d’être la couche intelligente (le Software) des grands corridors économiques et énergétiques régionaux. Qu’il s’agisse des interconnexions méditerranéennes ou des flux transsahariens, notre valeur ajoutée ne se mesurera pas au kilométrage de tuyaux physiques traversant notre territoire, mais à la maîtrise algorithmique de la donnée, à la cybersécurité des infrastructures critiques et au pilotage intelligent des réseaux.
Les mécanismes mis en place par la CDC, combinés à la mobilisation de notre diaspora à travers des initiatives d’intégration financière, constituent le socle d’un modèle prometteur. Mais sans une réforme en profondeur du cadre réglementaire – de la législation des changes à l’assouplissement des règles d’achat public -, ce potentiel risque de butter contre le mur de l’impuissance réglementaire.
Financer l’innovation sans réformer l’État acheteur et régulateur équivaut à construire une autoroute moderne tout en maintenant les péages fermés. Financer sans ouvrir les marchés publics n’est pas une politique d’innovation, c’est une subsidiation* de l’exode des cerveaux.
La Tunisie n’a pas besoin de plus de guichets pour distribuer du capital, elle a besoin d’une doctrine pour libérer l’exécution. Car en matière de souveraineté numérique, les nations ne se jugent pas au volume des fonds levés, mais à l’audace des marchés conquis.
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* La subsidiation est l’action d’accorder une subvention, c’est-à-dire une aide financière ou un soutien matériel par un organisme public ou privé.
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La finance numérique garde son statut de secteur vedette, mais les investisseurs commencent à regarder ailleurs. Logistique, intelligence artificielle et solutions destinées aux entreprises gagnent progressivement du terrain.
Une tendance déjà visible en 2025 se confirme en 2026! Pendant longtemps, la fintech a été la grande gagnante de la scène startup dans la région MENA. Paiements digitaux, plateformes financières, solutions de crédit ou d’inclusion financière ont attiré une grande partie des investisseurs. Mais les dernières tendances montrent que le marché commence à élargir son horizon.
Selon le rapport de Wamda H1 2026 sur les levées de fonds du premier semestre 2026, la fintech reste en tête des secteurs financés. Mais derrière ce poids lourd régional, d’autres activités avancent rapidement et captent l’attention des fonds.
La logistique fait partie des secteurs qui montent. Le sujet est devenu stratégique avec l’évolution du commerce en ligne et la nécessité pour les entreprises d’améliorer leurs chaînes d’approvisionnement. Les startups qui travaillent sur la livraison, la gestion des stocks ou l’optimisation des flux répondent à des besoins très concrets du marché.
L’immobilier connaît également sa transformation numérique. La proptech poursuit son développement en proposant de nouveaux outils pour gérer, vendre ou exploiter les actifs immobiliers. Dans une région où le secteur immobilier occupe une place importante, ces solutions trouvent naturellement leur public auprès des entreprises comme des particuliers.
Mais le véritable nouveau venu dans le radar des investisseurs reste l’intelligence artificielle appliquée aux entreprises. Loin des usages grand public, les solutions d’Enterprise AI cherchent surtout à automatiser certaines tâches, améliorer la prise de décision et réduire les coûts opérationnels.
Cette orientation traduit une évolution dans les attentes du marché. Les investisseurs regardent moins les technologies uniquement capables de séduire rapidement des utilisateurs. Ils cherchent davantage des solutions qui répondent à un problème économique précis et qui peuvent avoir un impact mesurable.
C’est aussi ce qui explique l’intérêt pour les modèles B2B. Les startups qui travaillent directement avec les entreprises disposent souvent de revenus plus réguliers et de relations commerciales plus longues. Un avantage important dans un environnement où les fonds veulent davantage de visibilité.
La prochaine vague startup dans la région pourrait donc se jouer dans les coulisses des entreprises. Après les applications financières qui ont accompagné la digitalisation des usages, place aux technologies qui promettent de rendre les organisations plus rapides, plus efficaces et mieux connectées.
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La ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, a reçu, mardi 30 juin 2026, au siège du ministère, des directeurs généraux d’institutions bancaires et financières. Au cours de cette réunion, la ministre a rappelé le rôle central du secteur bancaire dans le financement de l’économie nationale. Elle a souligné son importance dans l’accompagnement de l’investissement, la...
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