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Chronique critique des puissances mondiales (2026–2036)

Je me surprends à relire la carte du monde comme on relit une page déjà annotée : les mêmes noms, les mêmes mers, les mêmes détroits, et pourtant une autre grammaire du pouvoir. Dans la prochaine décennie, l’équilibre des forces ne ressemblera ni à un duel pur entre deux empires, ni à une harmonie multipolaire où chaque pôle serait net, stable, raisonnable. Ce sera plutôt une physique instable de la puissance, faite d’élans et de retenues, de coalitions improvisées, de dépendances converties en leviers, et d’une question obsédante : qui peut encore promettre la sécurité — énergétique, technologique, militaire, alimentaire — sans payer un prix politique intérieur trop élevé ?

Zouhaïr Ben Amor *

Les vieilles métriques (PIB, effectifs militaires, réserves de change…) restent nécessaires, mais elles cessent d’être suffisantes : on peut être riche et fragile, armé et paralysé, connecté et vulnérable. D’une certaine manière, la décennie qui vient prolonge un basculement déjà visible dans les diagnostics des grandes institutions : la croissance mondiale paraît appelée à rester «stable mais médiocre», avec des risques orientés vers le bas, parce que les tensions géopolitiques, la volatilité financière et la fragmentation géoéconomique ne sont plus des accidents mais des paramètres structurels (IMF, 2024). La Banque mondiale décrit elle aussi un monde où l’incertitude et les frictions deviennent un vent de face durable, et où la mondialisation ne s’effondre pas : elle se recompose par segments, par alliances, par exclusions (World Bank, 2025).

Ce qui change, au fond, c’est la place prise par la sécurité économique. On ne parle plus seulement de commerce, on parle d’accès ; plus seulement d’avantages comparatifs, on parle de goulets d’étranglement ; plus seulement d’efficience, on parle de redondance. Les dépendances, autrefois tolérées parce qu’elles semblaient rationnelles, deviennent des vulnérabilités à cartographier, à réduire, parfois à instrumentaliser. Le pouvoir, alors, se niche moins dans la capacité de produire «tout» que dans la capacité de rendre les autres incapables de se passer de vous dans «quelques» secteurs clés — et, symétriquement, dans l’art de se ménager des alternatives crédibles.

Les Etats-Unis, l’Union européenne et la Chine

Les États-Unis abordent cette période avec une force qui demeure globale — monnaie, innovation, alliances, projection militaire — mais avec une sensibilité accrue au risque de dépendance stratégique. La relocalisation partielle des semi-conducteurs et l’obsession des chaînes d’approvisionnement, visibles dans la politique industrielle américaine récente, révèlent moins un repli qu’une réécriture des conditions de l’ouverture : l’accès au marché et aux technologies n’est plus un acquis, c’est une relation, donc un rapport de force (White House, 2024). Cette posture peut rendre l’influence américaine plus conditionnelle, parfois plus transactionnelle, car les arbitrages intérieurs (coûts budgétaires, cohésion sociale, cycles politiques) deviennent une contrainte stratégique à part entière.

L’Union européenne, elle, reste un paradoxe vivant : puissance de marché et de normes, capable d’imposer des standards, mais encore hésitante quand il faut convertir la richesse en capacité matérielle — énergie, défense, matières premières, production. L’adoption d’un cadre visant à sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques signale une prise de conscience tardive : l’autonomie n’est pas un slogan, c’est une industrialisation, des investissements, des permis, des infrastructures, et souvent des conflits locaux autour de l’acceptabilité (EU, 2024). L’Europe peut gagner en poids stratégique si elle assume le coût de la souveraineté ; sinon elle restera un arbitre économique exposé, puissant mais perméable.

La Chine demeure, pour sa part, l’acteur le plus difficile à placer sur une carte simple. Sa profondeur industrielle et ses ambitions technologiques en font un rival systémique, mais sa trajectoire dépend d’un équilibre délicat entre contrôle politique et dynamisme économique, entre puissance projetée et confiance interne. Dans les analyses des risques macrofinanciers, elle reste un centre de gravité autant qu’une source potentielle de chocs, tant son poids dans le commerce mondial et certaines chaînes de valeur demeure élevé (IMF, 2024). Or plus elle est incontournable, plus les autres cherchent à réduire l’incontournable ; et plus ils y parviennent, plus elle se sent menacée et politise à son tour les interdépendances. La boucle est presque mécanique.

Les enjeux démographiques, économiques et technologiques

Le cœur techno-industriel de la décennie, ce sont les semi-conducteurs, l’IA, le cloud, la cybersécurité, mais aussi ce que l’on appelle, d’un ton trop neutre, les «minéraux critiques». La transition énergétique, loin d’être une simple affaire de volonté climatique, reconfigure les dépendances : moins de pétrole importé pour certains, plus de cuivre, de lithium, de nickel, de cobalt, de graphite, de terres rares — et surtout plus de capacité de raffinage, de transformation, de recyclage. L’Agence internationale de l’énergie insiste sur le fait que ces marchés concentrent des risques de rupture, non seulement par la géologie mais par la géopolitique et la lenteur des projets (IEA, 2024b). Dans cette perspective, la puissance se lit aussi dans des ports, des usines, des câbles, des stocks, et dans l’aptitude des États à accélérer sans fracturer leur contrat social.

La démographie, elle aussi, cesse d’être un arrière-plan. Les projections des Nations Unies rappellent un vieillissement rapide dans de nombreux pays riches et en Chine, tandis que l’Afrique et l’Asie du Sud continuent de prendre du poids (UN DESA, 2024). Vieillir, ce n’est pas seulement compter davantage de retraités : c’est durcir la contrainte budgétaire, raréfier certaines compétences, modifier la tolérance au risque, et parfois réorienter les priorités nationales. À l’inverse, une société jeune n’est pas automatiquement puissante : elle peut être dynamique, inventive, expansive, ou bien frustrée, fragmentée, vulnérable. La puissance démographique devient puissance réelle quand elle s’adosse à l’éducation, aux infrastructures, à l’emploi productif, à une gouvernance qui tient.

C’est ici que l’Inde s’impose comme la grande puissance «en fabrication». Son avenir ne se résume pas à sa taille : il dépendra de sa capacité à créer des emplois à grande échelle, à absorber une jeunesse urbaine, à sécuriser son énergie, à renforcer son appareil productif, tout en naviguant entre les blocs sans se laisser enfermer. Dans un monde de fragmentation, ce sont souvent les acteurs capables de choisir dossier par dossier — et non camp par camp — qui gagnent une marge de manœuvre disproportionnée.

Autour des grands pôles, les puissances-charnières prennent de l’importance : hubs logistiques, financiers, énergétiques, industriels, diplomatiques. Le Moyen-Orient n’est plus seulement un théâtre énergétique : il devient un espace d’investissement, de médiation, de modernisation technologique, parfois de rivalité d’influence, où les capitaux circulent comme un outil géopolitique. L’Asie du Sud-Est, avec ses stratégies de diversification industrielle, profite des redéploiements de chaînes de valeur. Dans ce monde, le pouvoir n’est pas toujours d’imposer ; il est aussi de se rendre indispensable, ou d’offrir des alternatives.

Le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance

Et pendant que l’économie se politise, la guerre — ou la possibilité de la guerre — redevient un organisateur des décisions. Le Sipri observe une hausse marquée des dépenses militaires mondiales, signe que le réarmement n’est plus une parenthèse mais une tendance (Sipri, 2025). Ce n’est pas seulement une question d’armements ; c’est une question d’industrie et de temps. La guerre longue, celle qui consomme des munitions, use des matériels, exige une logistique continue, remet au centre la capacité de production, la robustesse des chaînes d’approvisionnement, la standardisation, la formation.

Dans ce cadre, l’Otan insiste sur la résilience, l’adaptation et la solidarité, comme si l’alliance se pensait de nouveau comme un mécanisme de préparation au risque majeur, pas seulement comme un forum de gestion (Nato, 2024). Mais la force d’une alliance dépend aussi de la politique intérieure de ses membres, de la crédibilité des engagements, du partage du fardeau et de l’intégration rapide d’innovations (drones, guerre électronique, cyber, spatial). Parallèlement, la dissuasion nucléaire redevient un facteur de tension psychologique : non parce qu’elle rend la guerre certaine, mais parce qu’elle rend l’erreur plus coûteuse et les crises plus dangereuses (Sipri, 2024).

La décennie à venir sera une décennie de zones grises : sabotage, cyberattaques, pressions économiques, coercition maritime, guerre de l’information, militarisation du droit. Ces pratiques brouillent la perception de la puissance : elles permettent à des acteurs plus faibles d’infliger des coûts, et à des acteurs plus forts de nier leur implication, créant une atmosphère de suspicion qui rigidifie les alliances et encourage la surenchère. Dans ce monde, l’équilibre ne se voit pas toujours : il s’éprouve.

Alors je reviens à une idée simple, presque brutale : l’équilibre global ne sera pas «équilibré». Il sera asymétrique et parfois incohérent, fait de dominations sectorielles. On peut exceller dans l’IA et dépendre d’un détroit ; contrôler une monnaie mondiale et manquer de main-d’œuvre ; dominer le raffinage et manquer d’alliés ; posséder une armée redoutable et une économie sous plafond.

Les États-Unis resteront probablement la première puissance globale par la combinaison unique de capacités militaires, financières, technologiques et d’alliances, mais leur influence sera plus conditionnelle.

La Chine restera le rival central, mais sa marge dépendra de sa capacité à maintenir son dynamisme tout en évitant qu’une coalition durable de «contre-dépendance» ne se consolide. L’Union européenne peut devenir un pôle plus autonome si elle accepte le coût de la souveraineté matérielle. L’Inde peut être un gagnant relatif si elle réussit sa transformation interne. Et autour d’eux, les puissances-charnières tireront parti d’une polarisation incomplète.

Mais tout cela peut être reconfiguré par ce que l’on sous-estime systématiquement : les chocs de résilience. L’énergie, même en transition, reste un champ de vulnérabilités et de risques ; l’AIE souligne l’ampleur des investissements requis pour une électrification accélérée, sous peine de nouvelles tensions (IEA, 2024a). Le climat, l’eau, l’alimentation, les infrastructures, les dettes, les migrations : autant de facteurs qui échappent aux scénarios trop propres.

Dans un tel contexte, la puissance se mesurera aussi à la capacité d’absorber des chocs sans basculer dans la crise politique, à la solidité des institutions, à la confiance sociale, à la capacité de planifier sans étouffer.

Et si je devais laisser une phrase en suspens, comme on laisse un repère dans la marge d’un carnet, ce serait celle-ci : la décennie à venir ne départagera pas seulement «qui est le premier», elle départagera «qui tient». Qui tient l’effort industriel, qui tient la cohésion sociale, qui tient les alliances, qui tient les chaînes d’approvisionnement, qui tient la légitimité politique quand les coûts s’accumulent.

Dans un monde où l’histoire s’écrit moins en conquêtes éclatantes qu’en capacités d’endurance, c’est peut-être la vraie mesure de la puissance.

Bibliographie
EU. (2024). Regulation (EU) 2024/1252 establishing a framework for ensuring a secure and sustainable supply of critical raw materials.
IEA. (2024a). World Energy Outlook 2024.
IEA. (2024b). Global Critical Minerals Outlook 2024.
IMF. (2024). World Economic Outlook, October 2024: Policy Pivot, Rising Threats.
NATO. (2024). Washington Summit Declaration (10 July 2024).
SIPRI. (2024). Sipri Yearbook 2024.
SIPRI. (2025). Trends in World Military Expenditure, 2024 (Fact sheet).
UN DESA. (2024). World Population Prospects 2024 Revision.

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Tribune – Tunisie. La société civile, entre torpeur et éclat

La société civile tunisienne oscille depuis 2021 entre un abandon relatif et des coups d’éclat, confirmant en tout cas son statut historique depuis l’indépendance. En bref La société civile tunisienne s’est mobilisée le 25 juillet 2026 à Tunis, à l’occasion…

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En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie

Suite à l’article publié dans votre journal et intitulé ‘‘Les menaces réelles de la stabilité tunisienne’’ de M. Elyes Kasri, je ne peux, en tant que citoyen algérien profondément attaché à l’axe Tunis- Alger, rester silencieux face à des accusations aussi graves portées contre l’Algérie. En tant que fervent partisan des relations algéro-tunisiennes, j’ai souhaité apporter un éclairage factuel, juridique et historique afin de déconstruire certaines approximations qui nuisent à une analyse sereine de la géopolitique de notre région.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Qu’un ancien ambassadeur, ayant exercé les plus hautes fonctions de représentation de l’État tunisien à l’étranger, se prête à un tel pamphlet à charge est particulièrement regrettable.

Une lecture lucide des relations tuniso-algériennes

Face à la récurrence d’analyses à charge tendant à ériger l’Algérie en menace pour la Tunisie, et à un discours nourri de contrevérités, d’approximations historiques, économiques et juridiques, il apparaît indispensable de rétablir les faits.

L’auteur de l’article porte, une fois de plus, des accusations particulièrement graves contre le voisin algérien. Habitué des réquisitoires à charge, il s’appuie malheureusement sur des contresens historiques et des approximations géopolitiques qui masquent les réalités de notre région.

Il me paraît indispensable de substituer l’émotion à la rigueur des faits, des traités et de notre histoire commune. Au-delà des postures individuelles, la responsabilité impose le respect des faits, du droit international et des engagements qui unissent nos deux nations.

1. Frontières terrestres – Un cadre juridique définitif et incontestable : affirmer que l’Algérie occupe des territoires tunisiens relève d’une méconnaissance flagrante du droit international.

Les frontières terrestres entre nos deux pays ne souffrent d’aucune ambiguïté. Elles ont été définitivement délimitées par l’accord du 20 mars 1970, puis consolidées par la convention du 19 mars 1983. Ce cadre juridique bilatéral a définitivement réglé les contentieux hérités de la période coloniale.

Agiter aujourd’hui le spectre d’une prétendue spoliation territoriale constitue un anachronisme qui ne repose sur aucune réalité juridique.

2. Sécurité énergétique – L’Algérie, partenaire constant et non prédateur : accuser l’Algérie de nuire à la Tunisie sur le plan énergétique est un non-sens économique. C’est exactement l’inverse qui se produit.

Grâce au gazoduc TransMed, l’Algérie fournit entre 65 % et 70 % du gaz naturel indispensable à la production d’électricité tunisienne. Ce partenariat stratégique, assorti de facilités de paiement durant les périodes de difficultés macroéconomiques, constitue le véritable poumon énergétique de la Tunisie.

On ne cherche pas à déstabiliser un pays que l’on contribue quotidiennement à alimenter en énergie.

En géopolitique, les intentions réelles ne se mesurent pas aux rumeurs, mais aux flux économiques. Fragiliser l’axe énergétique Alger-Tunis ne pénaliserait pas l’Algérie : cela infligerait une double peine à l’économie et aux consommateurs tunisiens.

3. Stress hydrique – L’impératif de la coopération face au changement climatique : imputer le stress hydrique tunisien à une prétendue volonté d’assèchement de ses ressources de la part de l’Algérie relève d’une aberration scientifique.

L’ensemble du Maghreb subit les conséquences du changement climatique. Bien loin de s’opposer sur cette ressource vitale, l’Algérie, la Tunisie et la Libye ont signé à Tripoli un accord historique visant à mettre en place un mécanisme commun de gestion des eaux souterraines du Système aquifère du Sahara septentrional. Cet accord garantit un échange transparent de données et une exploitation équitable des ressources.

Si l’on suivait le raisonnement développé dans cet article, il faudrait croire que l’Algérie consacrerait ses journées à assécher les nappes phréatiques communes tout en subventionnant le gaz qui éclaire les foyers tunisiens. Une telle contradiction ne résiste pas une seconde à l’épreuve des faits.

4. Flux transnationaux – Ne pas confondre crises subies et manœuvres politiques : réduire les phénomènes de contrebande et les flux migratoires subsahariens à de prétendues manœuvres algériennes constitue un raccourci simpliste.

La contrebande frontalière pénalise d’abord l’économie algérienne, en détournant massivement des produits fortement subventionnés par l’État, notamment les carburants et les produits alimentaires.

Quant à la crise migratoire, elle est continentale. Avec des milliers de kilomètres de frontières sahéliennes, l’Algérie en subit les effets au même titre que la Tunisie. Présenter cette réalité comme une stratégie de déstabilisation revient à occulter le rôle des réseaux criminels de passeurs ainsi que les insuffisances des politiques migratoires européennes.

5. Vérités historiques – Gafsa et la lutte contre le terrorisme : l’exercice de désinformation atteint son paroxysme lorsque l’auteur tente de réécrire l’histoire en attribuant à l’Algérie les événements tragiques de Gafsa en 1980.

Les archives historiques établissent clairement que cette agression contre la Tunisie du Président Habib Bourguiba fut organisée par le régime libyen de l’époque. L’Algérie s’y était opposée **.

De la même manière, suggérer une quelconque complaisance de l’Algérie envers le terrorisme constitue une insulte à la mémoire de toute la région.

L’Algérie a payé un tribut humain considérable durant la décennie noire pour éradiquer ce fléau. Forte de cette expérience douloureuse, elle constitue aujourd’hui un partenaire essentiel de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme, grâce à un échange permanent de renseignements et à une coopération opérationnelle le long de la frontière commune.

Notre destin commun face aux défis du siècle

La doctrine de sécurité nationale algérienne repose sur un principe simple : une Tunisie instable constitue une menace directe pour la sécurité de l’Algérie.

Alger n’a donc aucun intérêt politique, économique ou sécuritaire à fragiliser Tunis.

L’amitié algéro-tunisienne n’est ni un slogan ni une formule diplomatique. Elle est une réalité géographique, historique et humaine, scellée notamment par le sang versé à Sakiet Sidi Youssef.

On ne badine pas avec la mémoire des martyrs.

Prétendre que l’Algérie entretient un lien avec le terrorisme revient à insulter la mémoire des militaires algériens et tunisiens tombés sous les mêmes balles, notamment dans le massif du Chaambi. La sécurité frontalière n’est pas une faveur : elle est notre tranchée commune.

Diviser pour régner demeure une vieille recette coloniale. À qui profiterait une discorde durable entre Alger et Tunis ? Certainement pas à nos deux peuples. Fragiliser notre voisinage immédiat, c’est ouvrir la porte aux ingérences étrangères qui rêvent de transformer le Maghreb en terrain de rivalités géopolitiques.

Enfin, l’auteur pousse le contresens diplomatique jusqu’à accuser l’Algérie d’exercer un prétendu chantage énergétique ou terroriste afin d’isoler la Tunisie sur la scène internationale.

Comment peut-on sérieusement prêter à Alger la volonté d’isoler un pays dont elle défend régulièrement les intérêts dans les enceintes internationales, rappelant constamment que la stabilité de la Tunisie constitue une condition essentielle de la sécurité régionale ?

Qu’un ancien ambassadeur, censé incarner la retenue, la nuance et le sens de l’État, se laisse aller à des accusations gratuites est profondément regrettable.

La diplomatie n’est ni le lieu des ressentiments personnels ni celui des invectives. Elle exige de la hauteur de vue.

En cherchant à diaboliser le partenaire algérien, l’auteur ne fragilise pas l’Algérie ; il affaiblit sa propre crédibilité et dessert les intérêts stratégiques profonds de la Tunisie.

* Médecin algérien résident au Canada.

** L’implication d’éléments de l’armée algérienne dans l’organisation de cette attaque de Gafsa a été prouvée et documentée par des historiens (NDLR).

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Des artistes interpellent le monde culturel après la polémique autour de Barbara Butch

Une nouvelle tribune publiée dans Médiapart et signée par des artistes et des professionnels de la culture dénonce ce qu’ils considèrent comme un traitement médiatique déséquilibré des prises de position liées à la guerre à Gaza. Elle intervient quelques jours…

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Maroc/Espagne. Déferlante migratoire sur le préside occupé de Sebta

Des centaines de migrants, dont des mineurs, traversent depuis le 30 juillet le bras de mer qui sépare Fnideq du préside occupé de Sebta, au nord du Maroc. En bref Des milliers de migrants sont entrés à Sebta depuis le…

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UGTT : une croissance de moins de 4 % freine l’emploi et décourage les investisseurs

Le département des études et de la documentation de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) estime que la Tunisie dispose toujours d’importants atouts pour renouer avec une croissance durable. Dans un document intitulé « La Tunisie à la croisée des chemins : les grands défis et les clés pour sortir de la crise », il souligne toutefois que ces potentialités ne pourront être valorisées qu’à travers une volonté politique de réforme, un dialogue national responsable et une vision économique de long terme.

Selon cette analyse, le pays bénéficie notamment d’une position géographique stratégique, de ressources humaines qualifiées, d’infrastructures jugées acceptables ainsi que d’une ouverture privilégiée sur les marchés européens et africains. Pour l’UGTT, ces avantages doivent être transformés en leviers de croissance fondés sur la confiance, l’investissement et la productivité, dans le respect des libertés publiques, des droits économiques et des droits sociaux.

Une économie confrontée à des défis structurels

Le document estime que l’économie tunisienne traverse « sa période la plus complexe de la dernière décennie ». Les difficultés ne sont plus conjoncturelles, mais structurelles, touchant les fondements mêmes du modèle économique national.

Parmi les principales préoccupations figurent la dégradation des finances publiques, la faiblesse de la croissance, les tensions inflationnistes, le recul de l’investissement ainsi que les défis énergétiques.

L’UGTT souligne notamment que la dette publique dépasse désormais 82 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que le déficit budgétaire demeure élevé. Le service de la dette absorbe une part croissante des ressources de l’État, alors que les négociations au point mort avec le Fonds monétaire international limitent l’accès à des financements extérieurs concessionnels et renforcent le recours à l’endettement intérieur, au détriment de la liquidité et de l’investissement privé.

Une dépendance énergétique croissante

Le département des études met particulièrement en garde contre l’évolution du secteur énergétique. Selon lui, la Tunisie est progressivement passée d’un pays relativement autosuffisant sur le plan énergétique à une économie de plus en plus dépendante des importations de gaz et de pétrole.

Cette évolution accroît l’exposition du pays à la volatilité des prix internationaux de l’énergie, détériore davantage la balance commerciale et exerce une pression croissante sur les réserves en devises.

Le document souligne également que la demande nationale d’électricité continue d’augmenter, alors que les réseaux et les infrastructures de production nécessitent d’importants investissements de modernisation et d’extension. Il regrette par ailleurs que le rythme de développement des projets d’énergies renouvelables reste en deçà des objectifs fixés.

Croissance, investissement et emploi sous pression

L’UGTT rappelle qu’une croissance économique inférieure à 3 à 4 % par an ne permet ni d’absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail ni de réduire durablement le chômage et les inégalités sociales.

Le document pointe également la persistance des pressions inflationnistes, le recul de l’investissement privé, la baisse de la confiance des investisseurs ainsi que la fuite des compétences. À ces difficultés s’ajoutent les défis liés à la sécurité hydrique et au changement climatique, qui constituent désormais des freins majeurs au développement économique.

Miser sur l’investissement productif et le dialogue social

Pour sortir durablement de cette situation, le département des études appelle à dépasser la logique de gestion des crises au quotidien. Il recommande de privilégier l’investissement productif, le développement de l’économie numérique, les énergies renouvelables et les industries à forte valeur ajoutée.

L’organisation plaide également pour un rapprochement entre l’université et le tissu économique, un soutien renforcé à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’une réforme fiscale destinée à élargir l’assiette de l’impôt et à réduire le poids de l’économie informelle.

Enfin, le document insiste sur le rôle central du dialogue social. Selon l’UGTT, les grandes réformes – notamment celles relatives au système de compensation, aux entreprises publiques ou encore à la fiscalité – ne pourront aboutir sans un large consensus réunissant le gouvernement, l’UGTT, l’organisation patronale et les composantes de la société civile.

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‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance

Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable entre Pékin et Taipeh.

Dr Mounir Hanablia *

Le 27 février 1947 à Taipei, la principale ville de Taiwan, la police saccage un étal non réglementaire. Dans une île jouissant au sortir de la guerre d’une prospérité relative, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les gens présents réagissent et chassent sans ménagement les agents trop zélés. Le lendemain, ces derniers reviennent en force pour se venger. C’est alors l’émeute. La rue se mobilise. Toutes les villes de l’île se soulèvent les unes après les autres. Le gouverneur doit gérer la situation et les forces disponibles sont insuffisantes. Des comités de résolution de l’incident dit du 28-Février naissent un peu partout sur l’île avec lesquels l’autorité est obligée dans un premier temps de se montrer conciliante, ou de le paraître.

En réalité, des appels au secours ont été envoyés au gouvernement chinois, et une dizaine de jours après les premières troupes continentales commencent à débarquer en provenance du continent. Elles sont souvent composées de soldats originaires du Sichuan, autrement dit de troupes impitoyables aguerries dans la lutte contre les Japonais, puis les Communistes.

La répression est féroce. Le nombre de victimes n’est pas comptabilisé avec exactitudes. Certains ont évoqué trente mille morts. Le pouvoir central en rejette la responsabilité sur… l’armée impériale du Japon, qui a occupé l’île pendant 55 ans. Les personnalités les plus en vue de l’île disparaissent, enlevées par des escadrons de la mort, probablement composées de policiers continentaux. Les comités de résolution se dispersent, leurs membres se cachent. Les plus combatifs se réfugient dans les collines de l’Est, chez les Austronésiens, les populations d’origine de l’île, 2% de la population totale.

Le coup d’envoi de la grande invasion de l’île ?

Après quatre mois, l’autorité est rétablie, certains notables insulaires ne subissent plus qu’une répression judiciaire. L’ordre règne désormais au point qu’en 1949, après la défaite des troupes nationalistes face aux communistes, le gouvernement de Tchang Kai Tchek, en tant qu’autorité légitime de la Chine, choisit de se réfugier à Taiwan, accompagné de deux millions de ses partisans, d’origine continentale, avec pour objectif la reconquête de la Chine. Un Etat policier est mis en place avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, et la loi martiale est maintenue pendant une quarantaine d’années.

L’Incident du 28-Février est durant ce laps de temps passé sous silence et considéré comme un sujet tabou. Selon le Kuomintang, le parti de Tchang Kaï Chek, il s’agissait d’une tentative de subversion de l’île par les communistes, une version corroborée par celle de la République Populaire considérant l’Incident comme un soulèvement populaire contre le gouvernement des féodaux alliés au seigneurs de la guerre.

Ce n’est qu’après la levée de l’état d’urgence et l’instauration du multipartisme à Taiwan que les langues se délient avec les témoignages des acteurs ou des victimes. Qui plus est l’apparition sur le scène politique du Parti Démocratique Progressiste, indépendantiste taiwanais, confère au récit une nouvelle dimension que l’on ne peut pas ignorer.

Personne n’ose encore dire que c’est le coup d’envoi de la grande invasion de l’île par les continentaux pressés de s’emparer des richesses d’une île prospère dans l’océan de misère chinois. Ce serait déjà remettre en question la légitimité de la présence d’une bonne partie de la population actuelle, que même les indépendantistes d’origine insulaire ne peuvent pas se permettre.

Taiwan, d’abord une base commerciale hollandaise sur la route du Japon, ne commence à être peuplée de han qu’à partir de 1650 environ. Et encore, elle sert de base de repli à quelques-uns parmi les Ming qui refusent le pouvoir Mandchou.

L’île n’acquiert sa configuration moderne qu’à partir de l’occupation coloniale japonaise. Le Japon ne cherche pas à imposer sa langue et ses coutumes à la population. Néanmoins, celle-ci au contact de l’occupant bénéficie d’un effort d’éducation et de santé qui la place nettement en porte-à-faux par rapport aux populations de la Chine continentale. Ce n’est qu’avec les terribles combats de la seconde guerre mondiale que l’Empire du Japon, à court de combattants, commence à envisager la possibilité d’assimiler la population de Taiwan, l’une des plus éduquées de l’Asie. Plusieurs milliers de Taiwanais sont alors incorporés dans les rangs de l’armée impériale et participent aux combats les plus marquants, en particulier à Okinawa, contre les Américains. Quelques-uns reçoivent même des patronymes japonais. C’est pourquoi, à la fin de la guerre, le Japon battu, ces combattants taiwanais, bien entraînés, ne voient pas d’un bon œil le débarquement des troupes chinoises continentales indisciplinées pour lesquelles ils n’ont que mépris.

Quel rôle ces combattants ont-ils joué dans l’Incident du 28-Février ou dans les Comités de Résolution ? On l’ignore mais probablement modeste. Les autorités chinoises ont beau jeu de dénoncer l’intrusion de l’armée impériale japonaise dans le soulèvement pour justifier la répression, tout en tentant d’éliminer les élites issues de la colonisation japonaise.

Toujours selon ces mêmes autorités l’Incident du 28-Février s’est accompagné d’une chasse aux sorcières contre les Chinois continentaux, une affirmation qui ne semble avoir d’autre finalité que de fournir de l’eau au moulin de la répression.

Cette incrimination du Japon dans le récit officiel cesse lorsque l’île devient le refuge du gouvernement et de l’armée nationalistes, chassés par les rouges de Mao. Le Japon n’est plus un adversaire et devient un partenaire dans la lutte anticommuniste, avec le soutien américain. Ce dernier n’est au départ pas acquis, et l’île semble à court terme destinée à tomber sous l’autorité de Pékin. Mais la guerre de Corée, où Staline ne laisse d’autre choix à la Chine communiste que d’intervenir, change la donne et Taiwan devient une pièce essentielle dans le dispositif américain de protection du Japon.

Irrédentisme taiwanais contre nationalistes chinois

Malgré la détente sino-américaine de 1972 les choses demeurent en l’état même si le discours politique change. Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable.

En effet, l’île jouit d’une prospérité enviable et ne semble nullement encline à partager le sort de Hong Kong. Néanmoins, cette affaire de l’incident du 28 février 1947 démontre que le récit historique et les entités politiques qui en émergent sont loin d’être immuables et ne sont que les reflets de rapports de force éphémères. Certes. Mais ce sont en dernier recours les peuples qui façonnent le cours de l’Histoire. Lesquels ?

La Chine n’est qu’un rassemblement hétéroclite d’entités et de territoires écrasés sous le poids niveleur de la colonisation Han. Et l’irrédentisme taiwanais ne lui est insupportable que pour le rappeler. Si Pékin prétend siniser et fédérer des peuples étrangers, au nom de quel principe faudrait-il qu’elle accepte une sédition remettant en question son rôle unificateur ? Sans doute le même qui libérerait le Texas, l’Arizona, le Nouveau Mexique, la Californie, du joug américain. Une éventualité peut être pas autant inconsidérée qu’il n’y paraît depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.   

* ‘‘L’étreinte de la patrie. Décolonisation, sortie de guerre et violence à Taïwan, 1947’’, de Victor Louzon, Éditions de l’EHESS, Paris, 2024, 378 p.

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Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde

La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

Khémaïs Gharbi *

Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.

Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.

L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.

Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage

Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.

C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.

Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.

L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.

La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.

Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.

Nasser avait cité à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : «Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.» 

Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.

Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations

C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.

Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.

Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.

Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.

* Ecrivain et traducteur.

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Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  

La dernière sortie du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie **, que de nombreux Tunisiens trouvent déplacée voire insultante, repose la question des accords sécuritaires et de défense conclus le 7 octobre 2025 entre Tunis et Alger et surtout leur définition de la menace terroriste et leurs modalités opératoires, dont on sait très peu de choses. (Photo :

Elyes Kasri *

L’absence de communication à ce sujet de la part des autorités tunisiennes suscite de sérieuses appréhensions surtout au vu des nombreuses suspicions et même des confidences attribuées à d’anciens responsables sécuritaires algériens sur des liens troubles entre les services spéciaux du pays voisin et certains groupes terroristes et même, semble-t-il, certaines actions terroristes commises en Tunisie notamment au cours des années 2012-2013.

La relation trouble du régime algérien avec le terrorisme et la quête démocratique nécessite une clarification des accords et des engagements sécuritaires et de défense bilatéraux afin d’éviter que la crainte de l’inconnu et des précédents attribués au régime algérien ne fassent passer la crise de confiance entre les deux peuples à un sentiment plus profond et plus durable de nature à creuser un fossé entre les deux voisins condamnés par l’histoire et la géographie à coexister pacifiquement et en bonne entente.

Les Tunisiens qui brandissent l’épouvantail d’Israël et du sionisme international et ne prêtent pas attention à ceux qui vouent une haine tenace à la Tunisie et nourrissent des desseins maléfiques à son égard, gagneraient à regarder de plus près la véritable et actuelle menace à leur pays en se posant de simples questions :

– qui occupe des territoires tunisiens riches en hydrocarbures et en ressources hydrauliques ?

– qui assèche les cours d’eau qui ont depuis l’aube des temps irrigué la Tunisie ?

– qui a enraciné la contrebande en Tunisie ?

– qui a organisé des attaques et des actions terroristes contre la Tunisie comme à Gafsa en 1980 ?

– quelles sont la nationalité et l’origine des dirigeants les plus sanguinaires des groupements islamistes qui ont sévi en Tunisie ?

– qui inonde la Tunisie avec des migrants illégaux subsahariens qui la mettent dans une situation inextricable d’être considérée comme une menace à la citadelle Europe, pourtant notre principal partenaire économique, ou envisager un rapatriement dépassant les moyens logistiques disponibles ou contribuer au dessein déstabilisateur d’une guerre civile au risque d’un remplacement démographique ?

– qui cherche à isoler la Tunisie sur la scène internationale en utilisant le chantage énergétique et terroriste ?

– qui exprime par ses actions et ses propos le plus de mépris pour la Tunisie ?

– qui cherche à gommer l’indépendance et la souveraineté de la Tunisie en la traitant ou même en la décrivant comme une province ?

Un pays qui n’arrive pas à définir la menace réelle à sa stabilité et à sa souveraineté est une proie facile et à moitié conquise.

* Ancien ambassadeur.

** S’exprimant devant la presse, le 27 juillet 2026, le président algérien a menacé, sans les nommer, ceux qui veulent «déstabiliser» la Tunisie. Il a employé une expression populaire algérienne virulente («nous détruirons la tente de ses parents») par allusion aux entités qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie. Selon lui, la Tunisie est visée uniquement en raison de sa proximité avec l’Algérie. Traduire : certains acteurs chercheraient à fragiliser le voisin tunisien pour mieux isoler et affaiblir l’Algérie.

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À l’approche des élections, Trump ravive la peur rouge !

Alors que les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis, le président Donald Trump fait feu de tout bois pour ne pas les perdre afin de conserver la majorité au Congrès. Trump ne cesse ces derniers temps de raviver la fameuse peur rouge* (Red Scare) qui a jadis hanté l’Amérique à l’époque de l’URSS. Aujourd’hui, il n’y a plus d’URSS mais il ne cesse de vouloir faire peur à l’électorat américain avec la montée en puissance de l’aile gauche socialiste du Parti démocrate. 

Imed Bahri

Donald Trump est sans doute et avant tout un enfant de la guerre froide. Trois mois avant la naissance du président américain, Winston Churchill prononçait un discours historique à Fulton, dans le Missouri, qui marquait le début d’une lutte existentielle qui allait durer des générations entre le capitalisme occidental et le communisme soviétique, rappelait le correspondant du Guardian à Washington Robert Tait. Déplorant la propagation du communisme soviétique en Europe de l’Est après la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale, Churchill –qui n’était alors plus Premier ministre britannique– avertissait son auditoire, le 5 mars 1946, «qu’un rideau de fer s’est abattu sur le continent».

Ce fut le prélude à une menace de confrontation nucléaire entre Washington et Moscou, qui déclencha une véritable «peur rouge» (Red Scare) aux États-Unis, alimentée par l’hystérie. Cette peur menaça l’exécution d’espions condamnés et fut illustrée par la chasse aux sorcières orchestrée par le sénateur républicain Joe McCarthy qui prétendait avoir obtenu des listes d’agents communistes travaillant au sein du département d’État et dans d’autres secteurs clés de la vie américaine.

Trump ravive la menace communiste et l’agite à nouveau

La traque des communistes a certainement été un thème omniprésent dans la petite enfance de Trump. Étonnamment, Roy Cohn, principal conseiller de McCarthy et artisan des poursuites fédérales contre les espions soviétiques Julius et Ethel Rosenberg, exécutés pour trahison, le mentor et l’avocat de Donald Trump quelques décennies plus tard, alors que ce dernier gravissait les échelons du secteur immobilier new-yorkais. Roy Cohn était aussi l’avocat de la pègre et surtout du mafieux Anthony Salerno alias Fat Tony.

«Pendant de nombreuses années, le communisme et les communistes ont été le principal ennemi des États-Unis», a déclaré Harvey Klehr, professeur émérite à l’université Emory et spécialiste de l’histoire des relations entre les États-Unis et le communisme. Il poursuit : «Il y a évidemment eu des moments où la situation a pu être exagérée, voire dégénérer, mais il y avait d’excellentes raisons de s’en inquiéter».

La paranoïa a diminué relativement après la censure de McCarthy par le Sénat en 1954 mais ne s’est apaisée qu’après l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est en 1989 et la dissolution de l’Union soviétique deux ans plus tard.

Aujourd’hui, 37 ans après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, Trump la ravive. Dans une série de discours très médiatisés, il a désigné une idéologie que des millions d’Américains sont trop jeunes pour connaître comme la plus grande menace pour les États-Unis.

«Une génération après avoir combattu et gagné la guerre froide contre la menace communiste, nous assistons aujourd’hui à une résurgence de cette menace sur notre sol, notamment de la part de nouveaux arrivants qui adhèrent à des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre réussite», a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé au Mont Rushmore le 3 juillet, à la veille du 250e anniversaire des États-Unis. Et il a promis de «vaincre rapidement les communistes» et de «les exiler».

Haro sur le maire de New York Zohran Mamdani !

Que ce sujet ne soit pas un cas isolé a été confirmé par un nouveau rapport de 100 pages du département d’État, publié cette semaine et intitulé «Cuba: capitale du communisme du XXIe siècle». «Depuis près de sept décennies, le régime cubain mène une campagne de subversion soutenue contre les États-Unis», indique le rapport, affirmant que les plus hautes sphères du gouvernement américain ont été infiltrées. «Aujourd’hui, ce réseau entretient toujours des liens avec de puissantes organisations à but non lucratif de gauche, des collectifs anti-ICE, des groupes socialistes et des organisations militantes marxistes à travers les États-Unis», poursuit le rapport.

La résurgence de l’animosité anticommuniste a été alimentée par le récent succès de candidats démocrates se revendiquant «socialistes démocrates», notamment le maire de New York Zohran Mamdani.

Une série de candidats de gauche, soutenus par les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), ont remporté les primaires démocrates après le triomphe de Mamdani, dont Darializa Avila Chevalier, qui a détrôné le représentant sortant de New York, Adriano Espaillat, en juin. Chevalier a fait l’objet d’un examen minutieux en raison d’un compte Twitter, désormais supprimé, qui faisait l’éloge de l’idéologie marxiste et de figures historiques du communisme comme Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine.

Amalgame délibéré entre socialistes démocrates et communistes à la soviétique

Plusieurs personnalités démocrates et progressistes ont ridiculisé les attaques de Trump, qui amalgame à tort le socialisme –un terme pouvant désigner des gouvernements démocratiques dans plusieurs pays européens– avec le communisme de type soviétique.

«C’est clair ! La nouvelle ligne du parti consiste à associer les communistes à tous les crimes et à tous les délits», a écrit Ruth Ben-Ghiat, historienne du fascisme, sur X. Elle ajoute: «Créer un sentiment de menace communiste pour justifier une répression de la droite. Une vieille tactique utilisée lors des coups d’État et des prises de pouvoir fascistes».

Alexandria Ocasio-Cortez, représentante démocrate de New York et membre des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), a qualifié l’étiquette de communiste de «ridicule». «Ils veulent nous traiter de communistes parce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez que l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Canada sont mieux lotis que nous, et que nous dépensons le plus d’argent pour les pires soins de santé du monde développé», a-t-elle déclaré aux journalistes.

Cara Tobe, porte-parole des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), interrogée sur la présence de communistes parmi les membres de l’association, a déclaré: «Les membres cotisants de notre organisation ont des opinions politiques diverses, mais nous sommes tous unis sous la bannière du socialisme démocratique. Il est inquiétant, mais pas surprenant, que Donald Trump souhaite exiler ses opposants car il est de plus en plus évident que nos idées convainquent les Américains. Le socialisme l’emporte sur le fascisme!».

Pourtant, certains commentateurs affirment que l’accusation de Trump n’est pas sans fondement. «La question communiste n’est pas un épouvantail», a déclaré Klehr, qui a précisé que la DSA comptait une «composante communiste très importante».

Fondée en 1982 par Michael Harrington, militant et écrivain de gauche, la DSA a été créée selon une constitution excluant les membres des organisations de tendance léniniste. Klehr a indiqué que cette disposition avait été abrogée, ce qui a entraîné un afflux de nouveaux membres radicaux. Il a comparé cette infiltration au sein du Parti travailliste britannique par la tendance trotskiste au début des années 1980, infiltration qui a conduit à l’adoption de politiques de gauche et à une défaite électorale cuisante face aux conservateurs de Margaret Thatcher. Cette faction a été exclue en 1985 par le chef du Parti travailliste de l’époque Neil Kinnock. «La DSA a évolué et un nombre important de personnes se réclamant du marxisme-léninisme ou du communisme ont rejoint les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) et y ont accédé à des postes importants», a déclaré Klehr.

33% des Américains ne considèrent pas le communisme comme une menace

Bill Galston, chercheur à la Brookings Institution et ancien conseiller en politique intérieure à la Maison-Blanche sous Bill Clinton, a affirmé : «Certains membres des DSA sont présents depuis des décennies et se souviennent de la lutte entre la gauche démocratique et la gauche antidémocratique, et en particulier entre communistes et socialistes. Leur position est donc très tranchée».

Deux articles récents du magazine The Atlantic ont mis en lumière le vif débat concernant les qualifications des candidats des DSA et leur potentiel à catalyser un changement idéologique au sein du Parti démocrate.Cependant, Galston qui est un «enfant de la gauche» autoproclamé et dont le grand-père s’est présenté à plusieurs reprises comme candidat communiste à New York s’est interrogé sur la capacité de l’étiquette «communiste» collée par Trump à trouver un écho au-delà de sa base Maga. Il a cité un récent sondage Economist/YouGov demandant aux électeurs dans quelle mesure le communisme représentait une menace pour les États-Unis. Environ 18% l’ont qualifié de «menace majeure», 25% de «menace mineure» et 33% ont déclaré qu’il ne s’agissait «pas d’une menace».

«Trump a 80 ans, et pour lui, l’étiquette ‘‘communiste’’ lui vient tout naturellement car elle faisait partie intégrante de la lutte contre le communisme interne et contre l’Union soviétique, ennemi communiste externe, qui a contribué à forger sa personnalité», a déclaré Galston. Il ajoute: «Les Américains plus âgés, ceux qui se souviennent de la guerre froide, sont plus sensibles à cette prétendue menace que les jeunes Américains. Il s’adresse à un parti politique dont le soutien est majoritairement composé d’Américains âgés. On peut donc considérer cela comme faisant partie de la stratégie globale de mobilisation de la base électorale de Trump. Il prêche des convaincus et il sait intuitivement qui compose ce public».

Inquiétudes quant à la santé de la démocratie américaine

Galston a également attribué la résurgence des craintes anticommunistes à une vieille incapacité, répandue chez les Américains, à saisir les subtilités de la terminologie politique, une confusion dont les détracteurs de Trump affirment qu’elle le concerne également.

Cependant, Klehr a soutenu que cette tendance annonçait une menace plus large pour la démocratie et les valeurs libérales, une menace qui, selon lui, émanait de l’extrême gauche et de l’extrême droite.

«Donald Trump serait incapable de distinguer un communiste d’un socialiste démocrate ou même d’un martien mais d’autres personnes très intelligentes comprennent parfaitement la différence et son importance», a-t-il déclaré. Il ajoute : «C’est le même genre de chose qui s’est produit à droite il y a quelques années, lorsque divers extrémistes de droite, néonazis et racistes ont commencé à infiltrer le Parti républicain, ont remporté des primaires, se sont implantés et y sont toujours. Je pense que certains de ces phénomènes se produisent au sein même du Parti démocrate et c’est dangereux à double titre. Cela soulève de sérieuses inquiétudes quant à la santé de notre société démocratique. Le souvenir du communisme s’estompe et pourtant… certaines de leurs revendications sont là».

* La «peur rouge» (Red Scare) désigne deux périodes de fort développement de l’anticommunisme aux États-Unis. La première débute avec la révolution d’Octobre de 1917 et se termine en 1920. La seconde, avec le maccarthysme qui se déroule dans les années 1950 dans le contexte de la guerre froide.

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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Tunisie – Union africaine | Cap sur l’industrialisation et le développement des échanges

L’Ambassadeur de la République tunisienne en Côte d’Ivoire a pris part aux travaux de la réunion ministérielle conjointe de la 9ᵉ session du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration, et de la 5ᵉ session du Comité technique spécialisé sur le commerce, le tourisme, l’industrie et les mines, tenue à Abidjan du 20 au 24 juillet 2026.

Il était accompagné d’une délégation composée de M. Kamel Hendaoui, Directeur général de la promotion des petites et moyennes entreprises au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, et de M. Mohamed Rachid Ben Ammar, Conseiller des services publics à la Direction de l’Union africaine au ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger.

Placée sous le thème « Financer l’industrialisation en Afrique pour un développement durable », cette réunion s’est conclue par l’adoption d’une Déclaration ministérielle définissant une feuille de route visant à renforcer le financement de l’industrialisation en Afrique, à travers la mobilisation des ressources nationales, la promotion de l’investissement productif, l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ainsi que le développement des corridors économiques et des chaînes de valeur régionales, en vue de soutenir la transformation économique du continent.

La participation de la délégation tunisienne s’inscrit dans l’engagement constant de la Tunisie en faveur des initiatives de l’Union africaine visant à promouvoir l’intégration économique du continent et le développement d’un partenariat économique mutuellement bénéfique entre les pays africains, tout en consolidant la présence économique tunisienne sur les marchés africains.

Communiqué

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Le SNJT solidaire avec Hichem Snoussi condamné à six mois de prison

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé la condamnation à six mois de prison prononcée par le tribunal de première instance de Tunis à l’encontre de Hichem Snoussi, journaliste et ancien membre de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle audiovisuelle (Haica).

Cette décision de justice fait suite à une plainte pénale déposée en 2019 par Nabil Karoui suite à la publication, par Hichem Snoussi sur son compte personnel Facebook d’un document détaillant la liste des actionnaires de la chaîne Nessma TV ( dont faisait partie le plaignant, alors candidat à la présidentielle et qui niait alors toute possession ou participation dans le capital de ce média lors de la campagne électorale ).

Le SNJT indique que Hichem Snoussi a formé opposition contre ce jugement rendu par défaut et que le tribunal de première instance de Tunis a accepté cette démarche sur la forme et a reporté l’examen de l’affaire au mois d’octobre prochain.

Y. N.

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Quand le président du Parlement interdit le téléphone aux députés en séance plénière

Le président de l’ARP, Brahim Bouderbala, interdit aux députés l’usage du téléphone portable pendant les séances au sein de l’hémicycle ; tout contrevenant sera déféré devant le parquet.

Quelle magnifique leçon d’ironie que nous offre ce Parlement ! Ce sont ces mêmes députés qui avaient  soutenu le décret-loi 54, texte ayant conduit à des poursuites contre des citoyens pour des publications sur les réseaux sociaux.  Aujourd’hui, ils se retrouvent entre le marteau et l’enclume.

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Le Parlement adopte un accord de garantie pour l’importation d’engrais

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) vient d’approuver à 68 voix pour, 16 voix contre et trois abstentions, le projet de loi portant ratification de l’accord de garantie signé le 2 décembre 2025 entre la République tunisienne et l’International Islamic Trade Finance Corporation.

Cet accord, entériné par l’ARP, est lié à une opération de murabaha conclue avec le Groupe chimique tunisien (GCT) afin de financer l’importation d’engrais (n° 51/2026).

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Tunisie | Prêt de la Berd pour relancer le secteur du phosphate

Vue de Carthage et de la Kasbah, la coupole du Bardo, siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ne sert plus qu’à adopter les accords de prêts contractés par le gouvernement. Pour ce qu’elle coûte aux contribuables, au moins, elle sert à quelque chose, dirait l’autre : donner un semblant de vernis démocratique à des décisions régaliennes imposées par le pouvoir exécutif. Cela s’appelle une démocratie représentative… en trompe l’œil.

Pour ne pas déroger à une habitude bien installée dans leurs mœurs, les députés ont approuvé, mardi 28 juillet 2026, le projet de loi autorisant une garantie de l’État pour un prêt de 110 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) pour relancer le secteur du phosphate, qui a perdu une grande partie de son poids dans l’économie nationale au cours des quinze dernières années. Le projet a été adopté par 58 voix pour, 9 abstentions et 13 voix contre.

Ce prêt est destiné à financer un programme global de modernisation des opérations minières et d’amélioration de la performance environnementale.

Lors de la séance plénière au Palais du Bardo, présidée par Ibrahim Bouderbala, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a exposé les détails du programme d’investissement, soulignant que «le financement permettra l’acquisition de nouveaux équipements miniers et la construction de l’usine Capsa», une unité de pointe dédiée au traitement des eaux usées par filtration à haute pression.

Ce prêt s’accompagne d’une subvention d’assistance technique de 7 millions d’euros ; le remboursement est échelonné sur 10 ans, incluant une période de grâce de 3 ans.

Selon le ministre, ce plan devrait accroître la capacité d’extraction de la CPG d’environ 30 %, tout en améliorant la qualité et la continuité de la production. Un volet important du projet porte sur la durabilité environnementale : le nouveau système permettra de porter le taux de réutilisation des eaux industrielles de 60 % à 90 %, réduisant ainsi la dépendance aux ressources en eaux souterraines dans un contexte de pénurie d’eau croissante.

Dans son intervention, M. Abdelhafidh a relevé que «la contribution du secteur des phosphates au produit intérieur brut (PIB) de la Tunisie a chuté, passant d’environ 4 % à 0,8 %», illustrant la gravité de la crise qui frappe l’une des sources historiques majeures d’exportation et de devises du pays. Le ministre a attribué ce recul à la vétusté des installations, aux difficultés d’approvisionnement en eau, à la situation financière précaire des entreprises publiques, dont la CPG, ainsi qu’à des problèmes structurels accumulés au fil du temps.

Le gouvernement, a-t-il expliqué, considère le recours à l’emprunt pour financer des investissements productifs comme un «choix nécessaire pour soutenir la croissance économique, l’emploi et la compétitivité». Et de souligner que le ratio de la dette publique tunisienne par rapport au PIB se maintient autour de 82 %, affirmant que «seule une augmentation de la production et du taux de croissance permettra une réduction progressive de ce fardeau»
L’un des moments forts du débat a porté sur la future structure industrielle de la chaîne de valeur du phosphate en Tunisie. Le ministre a confirmé la volonté du gouvernement de «préserver le caractère public des entreprises stratégiques du secteur», excluant toute privatisation. Il a également annoncé la nomination d’un PDG commun pour la CPG et le Groupe chimique tunisien (GCT) ; cette mesure vise à renforcer la coordination opérationnelle et pourrait, à terme, conduire à la fusion des deux entités, considérées comme complémentaires au sein d’une même chaîne industrielle.

Toutefois, de nombreux députés ont exprimé des réserves quant à la gestion du secteur, réclamant «davantage de transparence» sur les causes de la baisse de la production, la situation de l4endettement de la CPG et le rendement réel des financements garantis par l’État.

Plusieurs intervenants ont également plaidé pour une refonte globale de la gouvernance des entreprises publiques, la modernisation des infrastructures de transport du minerai, l’élaboration d’une stratégie sectorielle à long terme et des garanties renforcées concernant le respect des normes environnementales — en particulier dans la région de Gabès, qui pâtit depuis longtemps de la pollution liée à l’industrie des engrais.

L’approbation de ce prêt s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement tunisien visant à relancer un secteur jugé vital pour la balance commerciale nationale. L’objectif affiché est de rétablir progressivement les capacités de production, de stimuler les exportations et de renforcer la contribution de l’industrie du phosphate à la croissance économique, grâce à des investissements dans les technologies d’extraction, la durabilité environnementale et la restructuration de la gouvernance des principales entreprises publiques du secteur.

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ARP : feu vert à une garantie de 110 millions d’euros pour la CPG, les débats se poursuivent

L’Assemblée des représentants du peuple a levé, mardi soir, sa séance plénière, avant une reprise attendue ce mercredi matin pour poursuivre l’examen des projets de loi inscrits à l’ordre du jour. 

Au cours de cette séance, tenue en présence du ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, les députés ont adopté le projet de loi n°49 de 2026 approuvant une convention de garantie conclue entre la Tunisie et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette garantie porte sur un financement de 110 millions d’euros en faveur de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), auquel s’ajoute une subvention de 7 millions d’euros accordée par la BERD.

Ce financement permettra l’acquisition d’équipements miniers modernes, la modernisation du transport du phosphate ainsi que l’installation d’une unité de filtration à haute pression destinée au traitement des eaux usées. Le texte a été adopté par 58 voix pour, 13 contre et neuf abstentions.

Les députés ont ensuite entamé l’examen du projet de loi n°50 de 2026, relatif à une convention de garantie conclue avec la Société islamique internationale de financement du commerce (ITFC). Cet accord porte sur une opération de mourabaha de 70 millions de dollars destinée au Groupe chimique tunisien (GCT) afin de financer l’importation des matières premières nécessaires à ses activités.

La séance a ensuite enchaîné avec l’examen du projet de loi n°51 de 2026, portant sur une convention de garantie entre la Tunisie et une institution islamique de financement du commerce, liée à un accord de murabaha au bénéfice du Groupe chimique pour importer des engrais et des matières premières. Les textes 49 à 52 de 2026 figurent parmi les projets jugés urgents par le Parlement.

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Al-Sissi à Kaïs Saïed : l’Égypte prête à soutenir la Tunisie face aux incendies

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a eu, mardi, un entretien téléphonique avec le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed.

Selon le porte-parole officiel de la présidence égyptienne, cet échange s’inscrit dans le cadre de la coordination continue entre les deux pays. Le président égyptien a entamé la conversation en adressant ses félicitations à la Tunisie à l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République tunisienne.

Il a salué la solidité des relations fraternelles entre les deux pays, fondées sur une histoire commune et des liens établis entre les deux peuples. Il a également rappelé que l’année en cours marque le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Égypte.

Au cours de l’entretien, Abdel Fattah al-Sissi a exprimé la solidarité de l’Égypte avec la Tunisie face aux incendies ayant touché plusieurs zones du pays. Il a affirmé la disponibilité de l’Égypte à fournir le soutien nécessaire dans ce cadre.

Le président égyptien a également souligné l’importance de renforcer les voies de coopération bilatérale et de mettre en œuvre les résultats de la commission mixte supérieure ainsi que les différents mécanismes de coopération existants. Et ce, afin de traduire la dynamique politique entre les deux pays en résultats concrets au service des deux peuples.

De son côté, le président Kaïs Saïed a exprimé son appréciation pour l’attention accordée par le président égyptien au renforcement des relations entre les deux pays ainsi qu’à l’intensification de la concertation et de la coordination politique à tous les niveaux.

Le chef de l’État tunisien a présenté les efforts engagés pour lutter contre les incendies, préserver les ressources de l’État et protéger la sécurité ainsi que les biens des citoyens. Il a également exprimé sa reconnaissance pour la solidarité et le soutien manifestés par le président égyptien dans ce contexte.

L’entretien a également porté sur les évolutions régionales et internationales d’intérêt commun. Abdel Fattah al-Sissi a évoqué la situation actuelle dans la région, marquée par une reprise des tensions. Tout en mettant en garde contre les conséquences possibles d’une nouvelle escalade généralisée. Il a également présenté les efforts de l’Égypte pour rapprocher les positions des parties concernées.

À cette occasion, les deux présidents ont insisté sur la nécessité de privilégier les solutions politiques et diplomatiques, de réduire l’escalade et de contenir les tensions afin d’éviter l’élargissement des crises et de préserver la sécurité et la stabilité régionales.

Ils ont enfin souligné l’importance de renforcer la coordination et la concertation entre les deux pays sur les différentes questions régionales, notamment face aux défis actuels.

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Les propos du président algérien sur la Tunisie font réagir d’anciens diplomates

L’intervention du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie a suscité de vives réactions, notamment chez plusieurs anciens diplomates.

Ahmed OunaïesPour l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes, il existe d’abord un rapprochement profond entre les peuples tunisien et algérien. Il salue toute initiative qui confirme la fraternité et le destin commun qui unissent les deux nations, jugeant cette dynamique conforme aux leçons de l’histoire et aux préoccupations partagées entre voisins.

Toutefois, il émet une réserve importante : cette fraternité ne doit pas rester enfermée dans un cadre strictement bilatéral entre Tunis et Alger. » Les mêmes sentiments doivent s’étendre à l’ensemble des peuples du Grand Maghreb », a‑t‑il insisté, tout en reconnaissant que ce projet régional peine encore à se concrétiser.

Ahmed Ounaïes a réaffirmé que la reconnaissance d’un destin commun et d’une fraternité profonde entre la Tunisie et l’Algérie trouve un écho sincère au sein de la société tunisienne. Mais, a‑t‑il ajouté, il ne faut pas se limiter à cette seule bilatéralité : ces valeurs doivent embrasser les cinq peuples du Maghreb Tunisie, Libye, Algérie, Maroc et Mauritanie.

Pour l’ancien chef de la diplomatie tunisienne, aucune crise traversée par la région n’a jamais légitimé une solidarité limitée à deux pays seulement : cette nécessité, selon lui, s’impose toujours à l’échelle des cinq peuples du Maghreb.

 

Où en est la retenue … algérienne?

Pour sa part, l’ancien diplomate Ezzeddine Zayani estime, dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com, que, sur le plan diplomatique, les propos du président Tebboune étaient très maladroits et peu convenables. « On ne traite pas de questions sécuritaires, politiques ou autres de cette manière dans une déclaration télévisée. On n’a pas le droit de parler d’un autre pays sans son consentement »,  a‑t‑il précisé.

 

Il rappelle que la diplomatie algérienne est habituellement connue pour sa retenue. « Ce n’est pas une diplomatie qui agit avec témérité ni qui s’exprime à tort et à travers. Mais, franchement, il aurait été préférable que le président Tebboune choisisse des termes beaucoup plus mesurés, au lieu de tenir des propos brusques concernant des affaires qui relèvent des Tunisiens. Ce n’est pas ainsi que la diplomatie doit fonctionner ».

Le diplomate rappelle que la diplomatie a toujours rejeté ce genre de procédés et de déclarations intempestives, qui ne servent ni les intérêts des deux pays ni l’idée d’un bon voisinage, et qui donnent l’impression de vouloir s’arroger un droit de regard sur ce qui se passe chez le voisin. “Normalement, tout cela aurait pu être traité discrètement ».

Et Zayani de poursuivre : « Sous le régime de Ben Ali, les relations étaient gérées diplomatiquement, par des contacts directs entre dirigeants”, a‑t‑il ajouté. “ Je n’ai rien contre l’Algérie, au contraire. C’est un pays que nous avons souvent soutenu et qui aurait pu faire mieux dans ses relations avec nous. Mais, malheureusement, les faits sont là : c’est une grave maladresse de la diplomatie algérienne de s’exprimer ainsi, comme si la Tunisie relevait de son autorité. C’est inadmissible et inacceptable ».

Pas acceptable…

Toujours selon l’ancien diplomate, « La Tunisie traverse certes des difficultés internes, mais elle finira par trouver ses propres solutions. Il est temps, surtout, de renforcer le front intérieur et de privilégier des solutions tunisiennes aux problèmes tunisiens, plutôt que d’exposer nos différends à l’extérieur. On reproche souvent à l’opposition de faire appel à l’étranger pour déstabiliser le régime en place, alors qu’on trouve normal que le président Tebboune tienne de tels propos. Ce n’est pas acceptable. Il faut mettre fin à cette logique. Au fond, il n’y a que la Tunisie qui compte. Que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition, nous partageons tous le même cadre : la Tunisie. Il est donc temps de calmer le jeu, de mettre fin aux exactions et de trouver des solutions tunisiennes ».

Interrogé sur une éventuelle réaction du ministère des Affaires étrangères, il a répondu non : l’objectif serait plutôt d’éviter d’envenimer davantage la situation. « À mon avis, il n’y aura pas de réaction officielle », a‑t‑il ajouté.

Il a conclu : « La Tunisie doit reprendre son souffle. Il faut instaurer un dialogue national réunissant des acteurs qui reconnaissent clairement l’État civil. La Tunisie ne peut relever d’aucune obédience religieuse ou politique étrangère. Nous sommes Tunisiens, et nous le resterons. »

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Défense | L’expertise tunisienne au service du déminage en Libye

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul) veut tirer parti de l’expertise tunisienne pour renforcer les capacités libyennes en matière de déminage, de neutralisation des engins explosifs et de gestion des restes d’explosifs de guerre.

Une délégation du Service de lutte antimines des Nations Unies (Unmas) — dirigée par Ulrika Richardson, représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et coordonnatrice résidente et humanitaire pour la Libye — a récemment visité le Centre d’excellence tunisien de lutte contre les engins explosifs improvisés, situé à Bizerte, dans le nord de la Tunisie.

Selon un communiqué de la Manul, les discussions ont porté sur d’éventuels programmes de coopération spécialisée, notamment la formation de personnel libyen à la neutralisation des munitions non explosées, à l’élimination des engins explosifs et à la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

Mme Richardson a souligné que l’expertise développée par le centre tunisien pourrait compléter les capacités existantes au sein des institutions libyennes, contribuant ainsi à protéger les civils, à réduire les risques d’explosions accidentelles et à renforcer la sécurité en Libye et dans la région. Des attachés militaires italiens et allemands ont également pris part à cette visite.

Le centre de Bizerte, créé en 2015 et récemment reconnu par l’Unmas, mène des activités de formation et de renforcement des capacités aux niveaux national et régional pour lutter contre les EEI et procéder au déminage.

Selon les données des Nations Unies, les incidents liés à des engins explosifs en Libye ont causé au moins 175 décès et 312 blessures depuis mai 2020.

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