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Crise électrique: après 6 jours d’incertitude, la FTTH dénonce l’opacité et l’improvisation communicationnelle de la Steg

La Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH) exprime, au nom de ses adhérents et de l’ensemble du tissu manufacturier exportateur, sa vive préoccupation face à la gestion de la crise électrique qui frappe le pays depuis maintenant six jours consécutifs. Ce qui devait rester un dispositif exceptionnel et temporaire s’installe dans la durée, sans qu’aucune visibilité fiable ne soit offerte aux opérateurs économiques.

Sur le terrain, les entreprises industrielles ne savent plus comment organiser leur activité. Les coupures se succèdent de façon anarchique, sans calendrier stable ni fenêtres horaires respectées, touchant indifféremment le jour et la nuit. Cette imprévisibilité rend impossible toute planification de la production, expose les équipements sensibles à des dommages matériels, et désorganise des chaînes de valeur entières, en particulier dans les industries à process continu comme le textile, l’agroalimentaire ou la mécanique.

Les conséquences dépassent largement le cadre national. Nos partenaires et clients internationaux, en particulier les grandes marques et donneurs d’ordre qui font de la Tunisie une base de production stratégique, observent cette situation avec une inquiétude croissante. La fiabilité de la Tunisie comme destination industrielle, patiemment construite depuis des décennies, est directement mise à l’épreuve par cette instabilité énergétique et par le déficit d’information qui l’entoure.

L’impact socioéconomique de cette crise est d’ores et déjà catastrophique : arrêts de production, surcoûts financiers, pertes de commandes, dégradation de la compétitivité et, in fine, risque pour l’emploi dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. Ce constat est partagé par l’ensemble des filières industrielles du pays.

Face à cette situation, la FTTH constate que la STEG persiste à communiquer de manière approximative et arbitraire. Les avis publiés sont tardifs, non définitifs, régulièrement révisés dans la journée, et ne permettent à aucune entreprise de s’organiser en amont. L’absence d’un calendrier fiable, d’une cartographie précise et stabilisée des zones concernées, et d’un canal d’information dédié aux opérateurs économiques, transforme une crise technique en crise de confiance.


La FTTH demande, avec insistance :

  • La mise en place immédiate d’un dispositif d’information dédié aux entreprises industrielles, avec un calendrier prévisionnel fiable et des délais de préavis suffisants.

  • Un traitement prioritaire et différencié des zones et parcs industriels, afin de préserver la continuité des lignes de production les plus sensibles ;

    Une communication institutionnelle transparente, régulière et cohérente, à la hauteur de la gravité de la situation et du rôle stratégique de l’industrie exportatrice.

  • L’ouverture sans délai d’un dialogue structuré entre la STEG, les ministères concernés et les fédérations sectorielles, pour bâtir des solutions de court et moyen terme.

  • La FTTH réaffirme sa disponibilité totale pour contribuer, de manière constructive, à la recherche de solutions durables face à cette crise énergétique. Mais elle ne peut se satisfaire d’une gestion qui fait porter aux entreprises, à leurs salariés et à la réputation internationale de la Tunisie, le poids d’une improvisation qui aurait pu, et dû, être évitée.

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Photovoltaïque en Tunisie : Le paradoxe des panneaux solaires face aux coupures STEG

Alors que les coupures d’électricité relancent le débat sur la sécurité énergétique en Tunisie, une question revient chez de nombreux ménages équipés de panneaux photovoltaïques : pourquoi ces installations cessent-elles de fonctionner lorsque le courant du réseau disparaît ? La réponse tient au modèle actuel d’intégration du solaire résidentiel, basé principalement sur l’injection de l’électricité produite dans le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), sans système de stockage associé.

Contrairement à une idée largement répandue, disposer de panneaux solaires ne signifie donc pas disposer automatiquement d’une source d’électricité autonome en cas de délestage.

Un système rentable mais totalement dépendant du réseau

Le développement du photovoltaïque résidentiel en Tunisie repose essentiellement sur un mécanisme d’injection réseau. L’électricité produite par les panneaux est directement transférée vers le réseau public, tandis que le foyer continue d’être alimenté par la STEG selon un principe de compensation entre l’énergie injectée et celle consommée.

Ce modèle a permis à de nombreux ménages d’adopter l’énergie solaire et de réduire leur facture énergétique. Mais il présente une limite majeure : l’installation reste techniquement liée au fonctionnement du réseau national.

Lire aussi : Canicule : Le boom des climatiseurs met en lumière les limites du réseau électrique

En cas de coupure, même si les panneaux continuent de produire de l’électricité grâce au soleil, cette énergie ne peut pas être utilisée directement par l’habitation.

Pourquoi les panneaux se coupent-ils pendant un délestage ?

La raison est avant tout liée à la sécurité. Les onduleurs équipant les installations photovoltaïques raccordées au réseau sont conçus pour détecter immédiatement la disparition du signal électrique provenant de la STEG et se déconnecter automatiquement.

Ce mécanisme, appelé protection anti-îlotage, est obligatoire pour éviter qu’une installation solaire continue d’alimenter une ligne supposée hors tension. Il protège notamment les techniciens intervenant sur le réseau lors des opérations de maintenance.

Lire aussi : Tunisie : Pourquoi la STEG multiplie les coupures d’électricité

Conséquence : lorsqu’une coupure survient, le foyer équipé de panneaux photovoltaïques se retrouve généralement privé d’électricité comme n’importe quel autre abonné.

Le stockage, prochaine étape du solaire résidentiel

Face à la multiplication des tensions sur le réseau électrique et à la hausse de la demande durant les périodes de forte chaleur, le stockage résidentiel apparaît comme une évolution majeure du modèle actuel.

L’association de batteries et d’onduleurs hybrides permettrait aux ménages de conserver une partie de l’électricité produite durant la journée et de continuer à alimenter certains équipements essentiels en cas de coupure.

Au-delà du confort des particuliers, cette évolution pourrait également contribuer à réduire la pression sur le réseau national en permettant un meilleur lissage de la consommation lors des pics de demande.

Pour la Tunisie, qui cherche à accélérer son développement dans les énergies renouvelables, le défi n’est donc plus seulement d’installer davantage de panneaux solaires, mais de construire un modèle capable d’offrir davantage de résilience énergétique aux consommateurs.

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Canicule : Le boom des climatiseurs met en lumière les limites du réseau électrique

Alors que les délestages alimentent une vive colère dans plusieurs régions du pays en pleine vague de chaleur, l’Agence TAP a relayé, vendredi 17 juillet, les déclarations du directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Le responsable y met en lumière la progression spectaculaire du nombre de climatiseurs en Tunisie et leur poids grandissant dans la consommation électrique des ménages, au moment où la gestion du réseau électrique national fait l’objet de nombreuses critiques.

Selon les dernières données de l’ANME, les climatiseurs sont désormais le deuxième équipement électroménager le plus énergivore dans les foyers tunisiens, derrière le réfrigérateur. Une évolution qui reflète la forte augmentation du nombre d’appareils installés ces dernières années et qui accentue la pression sur le réseau électrique, notamment lors des épisodes de canicule.

Lire aussi : Canicule : 26°C, le réglage qui fait baisser la consommation d’électricité

Près d’un million de climatiseurs supplémentaires en cinq ans

La dernière étude réalisée en 2024 par l’ANME et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) montre un changement important des habitudes de consommation. Alors qu’ils occupaient la troisième place en 2019, les climatiseurs représentent désormais près de 18% de la consommation électrique des ménages.

Cette hausse s’explique principalement par l’installation d’environ un million de climatiseurs supplémentaires en l’espace de cinq ans. Le parc national atteint aujourd’hui 2,7 millions d’appareils, tandis que plus d’un foyer tunisien sur deux est désormais équipé d’au moins un climatiseur.

Lire aussi : Tunisie : Pourquoi la STEG multiplie les coupures d’électricité

La climatisation représente la moitié du pic estival

Pour Abdelkader Baccouche, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment à l’ANME, cette généralisation de la climatisation a un impact direct sur les besoins en électricité pendant l’été.

À elle seule, la climatisation résidentielle représente près de 50% de la pointe de consommation électrique estivale, laquelle avait atteint 4,8 gigawatts en juillet 2024. Lors des vagues de chaleur, le fonctionnement simultané de millions d’appareils exerce une forte pression sur le réseau électrique national et contribue à l’augmentation des besoins en énergie.

Cet été, la consommation d’électricité a bondi d’environ 30%, atteignant près de 5000 mégawatts (MW) aux heures de pointe et face à une capacité de production maximale de production de la STEG estimée à 4630 MW et donc insuffisante, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) est contrainte de recourir à des coupures tournantes.

Si le réfrigérateur demeure l’équipement le plus énergivore des foyers tunisiens, sa part est passée de plus de 45% à environ 36%, illustrant la montée en puissance de la climatisation dans la consommation domestique.

Ces données sont issues d’un suivi mené depuis plus de vingt ans par la STEG et l’ANME afin d’observer l’évolution des usages énergétiques des ménages. Elles interviennent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une succession de coupures d’électricité et une demande record liée aux températures exceptionnellement élevées enregistrées ces derniers jours en Tunisie.

Ces chiffres relancent surtout le débat sur l’adaptation du système électrique tunisien face à la généralisation de la climatisation et à la multiplication des vagues de chaleur. La capacité du réseau à absorber les pics de consommation estivaux est désormais au cœur des interrogations, dans un contexte marqué par plusieurs délestages.

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Ibrahim Debache : « Le défi n’est plus le véhicule électrique, mais l’infrastructure qui l’accompagne »

1 504 véhicules électriques vendus en six mois : le marché décolle-t-il vraiment, ou l’infrastructure de recharge freine-t-elle encore l’élan ? Ibrahim Debache, président de la Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobile, répond à ces questions et bien d’autres. En revanche, nous avons tenté, en vain, d’avoir des témoignages d’autres acteurs du secteur, nomment celui de l’ANME. Entretien.

Avec 1 504 véhicules électriques vendus en seulement six mois, peut-on parler d’un véritable décollage du marché, ou cette croissance reste-t-elle fragile tant que l’infrastructure de recharge n’a pas suivi le rythme de la demande ?

On peut effectivement parler d’un signal fort et d’un début de décollage du marché des véhicules électriques en Tunisie. Il y a quelques années encore, les ventes étaient marginales et les consommateurs manifestaient beaucoup de réserves. Aujourd’hui, nous observons un changement de comportement, porté par la hausse du coût des carburants, la baisse progressive des prix de certains modèles, un nombre croissant de marques et de modèles mis sur le marché et une meilleure connaissance de cette technologie.

Toutefois, il convient de rester prudent. Le développement durable du marché dépend de plusieurs conditions. L’infrastructure de recharge constitue aujourd’hui le principal défi. Le consommateur ne se limite pas à l’acte d’achat ; il veut être rassuré sur sa capacité à recharger son véhicule facilement, aussi bien à domicile que lors de ses déplacements. Même si les statistiques sur d’autres marchés démontrent que la recharge à domicile reste le principal mode de recharge et que chaque véhicule vendu est équipé d’une borne de recharge.

L’infrastructure doit désormais accompagner cette dynamique. Nous devons éviter que l’avance de la demande sur l’offre de services de recharge ne crée une forme d’attentisme chez les futurs acheteurs et notamment auprès des professionnels de la route.

L’enjeu concerne donc simultanément trois éléments, à savoir le développement du réseau de bornes publiques ; l’équipement des entreprises, centres commerciaux et parkings ; et l’encouragement à l’installation de solutions de recharge domestique.

Le véhicule électrique n’est plus une technologie d’avenir ; il est devenu une réalité. La question est désormais celle de la vitesse d’adaptation de l’écosystème.

 

Les avantages fiscaux et douaniers actuels suffisent-ils à démocratiser la voiture électrique auprès du grand public ?

La bonne nouvelle est que le marché a démontré qu’il existait une demande réelle, encouragée par l’amélioration de la compétitivité des VE accentuée par les avantages fiscaux conséquents. En effet, les mesures actuelles ont incontestablement joué un rôle d’accélérateur. Sans les avantages fiscaux et douaniers accordés aux véhicules électriques, le marché n’aurait probablement pas connu la croissance observée aujourd’hui. Ce à quoi il faut rajouter que de nouveaux agréments de concessionnaires sont octroyés uniquement pour l’importation de véhicules électriques ou hybrides et  ainsi que le fait que les VE importés par les concessionnaires sont hors quota et donc non limité à la différence des véhicules à Carburant (ICE) ou véhicules hybrides.

Cependant, ces incitations ne suffisent pas  pour atteindre une véritable démocratisation. Le véhicule électrique demeure encore inaccessible pour une grande partie des ménages tunisiens, notamment en raison du prix d’acquisition initial qui reste élevé; malgré les avantages accordés, la baisse des prix des constructeurs et un plus grand choix de marques et de modèles distribués.

La prochaine étape consiste donc à élargir l’accès au véhicule électrique plutôt qu’à simplement favoriser son introduction sur le marché.

Plusieurs leviers peuvent être envisagés : des mécanismes de financement dédiés avec des conditions préférentielles ; des incitations supplémentaires pour les particuliers et les flottes d’entreprises ; le développement d’un marché de véhicules électriques d’occasion certifiés ; et des mesures favorisant le renouvellement du parc automobile vieillissant, notamment auprès des grands rouleurs (taxis, voitures de location, etc.).

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’une partie significative de la demande automobile est aujourd’hui satisfaite par des circuits parallèles, avec les risques y afférents (sécurité, garantie, vices cachés).

Cette réalité traduit avant tout un problème d’accessibilité économique. Plus l’offre formelle sera compétitive et accessible, plus elle pourra attirer les consommateurs vers les réseaux officiels qui garantissent sécurité, traçabilité, service après-vente et respect des normes. L’objectif n’est donc pas seulement de vendre davantage de véhicules électriques, mais de rendre la mobilité moderne accessible au plus grand nombre.

La Tunisie peut-elle devenir un hub régional de la mobilité électrique ?

La Tunisie dispose déjà d’une industrie de composants automobiles performante et fortement intégrée aux chaînes de valeur européennes. L’essor mondial de l’électromobilité et de la micro-mobilité tout particulièrement, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives industrielles pour les équipementiers tunisiens et les start-ups tunisiennes ?

Cette question permettrait de mettre en avant les opportunités industrielles, de création d’emplois, d’accélération de l’exportation de et l’amélioration de l’attractivité du pays.

Quel pourrait être l’impact environnemental réel attendre du véhicule électrique en Tunisie ?

Les bénéfices environnementaux de la voiture électrique dépendent également de l’évolution du mix énergétique national et du développement des énergies renouvelables.

Et comment les concessionnaires automobiles se préparent-ils à accompagner la transition vers l’électromobilité en matière de formation, d’après-vente, de maintenance et de conseil aux consommateurs ? Cette question est particulièrement intéressante car elle permet de valoriser le rôle de la profession et de l’importance de favoriser le marché officiel.

Le parc automobile tunisien est-il prêt pour cette transition ?

Avec un âge moyen relativement élevé du parc roulant, la voiture électrique peut-elle devenir un levier de renouvellement et de modernisation du parc automobile national ?

Pour résumer : la progression des véhicules électriques en Tunisie n’est plus une tendance marginale mais le début d’une transformation profonde de la mobilité. Le défi aujourd’hui n’est plus de convaincre les consommateurs, mais d’accélérer simultanément le développement de l’infrastructure, du financement et de l’écosystème industriel afin que cette transition bénéficie à l’ensemble de l’économie tunisienne.

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Škoda Peaq : le nouveau vaisseau amiral électrique de la marque

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Škoda lève le voile sur le Peaq, son futur grand SUV électrique

À quelques jours de sa présentation officielle, Škoda Auto dévoile les premières esquisses extérieures du Peaq, son futur SUV 100% électrique à sept places. Appelé à devenir le nouveau vaisseau amiral du constructeur tchèque, ce modèle inaugure une nouvelle étape dans la stratégie d’électrification de la marque et adopte les codes du langage stylistique «...

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