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Anis Bennaceur, cofondateur d’Attention : « La Tunisie dispose de profils capables d’accélérer l’intégration de l’IA »

Le Tunisia Global Forum revient pour une 3e édition placée sous le signe de l’intelligence artificielle, un enjeu devenu central dans les transformations économiques, sociales et technologiques.

Rencontré en marge de cet événement, Anis Bennaceur, cofondateur et CEO d’Attention, start-up basée à New York et spécialisée dans l’IA appliquée aux ventes B2B, estime dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, que la Tunisie doit rattraper son retard dans l’adoption de ces technologies. Il souligne toutefois que les usages avancés de l’intelligence artificielle progressent déjà sur le terrain et que l’écosystème tunisien dispose de solides atouts pour accélérer.
Evoquant le lancement de son entreprise, Anis Bennacur, explique avoir lancé son entreprise en 2022 avec son associé, après avoir constaté, dans une expérience entrepreneuriale précédente, les limites des outils de suivi commercial traditionnels. Leur solution, d’abord conçue pour automatiser le remplissage du CRM à partir des échanges commerciaux, s’est progressivement enrichie afin de capter un ensemble plus large de signaux, allant des conversations enregistrées aux messages échangés sur Teams, Slack ou par e-mail, ainsi qu’à des données externes liées à l’activité des entreprises clientes.

Selon lui, la création d’Attention repose sur une intuition née dès 2020, au moment de l’émergence des premiers grands modèles de langage, notamment GPT-3.

À cette époque, dit-il, l’IA offrait déjà la possibilité de transformer des conversations non structurées en informations exploitables, ouvrant la voie à de nouveaux usages dans les équipes commerciales. Il rappelle que l’essor de ChatGPT a ensuite popularisé ces technologies, mais que les fondations étaient déjà en place.

Interrogé sur l’évolution de l’intelligence artificielle et sur la place de la Tunisie dans cette dynamique, Anis Bennaceur juge que le marché reste encore largement sous-exploité, y compris aux États-Unis. Il estime que la majorité des entreprises n’a pas encore intégré pleinement ces outils et que le retard observé dans certains pays pourrait être comblé progressivement par les utilisateurs eux-mêmes.

À ses yeux, la Tunisie dispose déjà de profils capables d’adopter et de diffuser ces pratiques, même si cette transition prendra du temps. Il conclut en soulignant: “ Il y a énormément de fondateurs tunisiens qui font des choses exceptionnelles”, tout en se disant très optimiste quant à l’évolution de l’écosystème du pays.

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IA et développement : Mehdi Houas enterre l’excuse du diagnostic

« Diagnostics posés, excuses épuisées ». C’est en ces termes que le président-fondateur de Talan, Mehdi Houas, est intervenu lors de la clôture du Tunisia Global Forum « Bâtir l’avenir à l’ère de l’intelligence artificielle », organisé par l’ATUGE à Tunis, le 21 juillet 2026. Son message aux acteurs économiques, institutionnels et éducatifs du pays : transformer, sans plus attendre, le talent national en entreprises, en emplois et en innovation.

Pour Mehdi Houas, la Tunisie ne souffre plus d’un manque de compréhension de ses difficultés, mais d’un déficit de volonté et d’exécution. Un pays ne se développe pas, a-t-il affirmé, parce qu’il a identifié ses problèmes, mais parce qu’une génération décide que ceux-ci ne constituent plus une excuse à l’inaction, une distinction qui, selon lui, sépare ceux qui observent l’histoire de ceux qui la font.

Le président de Talan est convaincu que l’intelligence artificielle va transformer les économies, redéfinir les rapports de force internationaux et bouleverser les chaînes de valeur… Le système éducatif, les entreprises et les institutions tunisiennes devront, a-t-il ajouté, s’adapter à ces mutations.

L’orateur a reconnu l’existence de freins réels au développement de la Tunisie, citant notamment le financement, la réglementation, la lenteur administrative, la fiscalité et l’infrastructure. Ceux qui font avancer les choses, a-t-il toutefois jugé, ne commencent jamais par dresser la liste de ce qui manque, mais par la décision d’agir avec les moyens disponibles. Fort de son expérience personnelle d’entrepreneur ayant fondé des sociétés dans une trentaine de pays dans le monde, M. Houas a soutenu qu’aucune réussite économique, aucune aventure humaine d’ampleur, n’a jamais attendu la disparition de toute incertitude pour voir le jour ; ceux qui la portent savent qu’ils n’en verront peut-être jamais l’aboutissement, une génération transmettant le relais à la suivante.

L’intelligence n’est pas une richesse mais une possibilité…

Revenant sur une idée souvent avancée en Tunisie selon laquelle l’intelligence serait la plus grande richesse du pays, Mehdi Houas a nuancé ce constat : l’intelligence n’est pas une richesse mais une possibilité, qui ne se transforme en richesse que lorsqu’une recherche devient une innovation, qu’une innovation devient une industrie, et qu’une industrie génère à son tour des emplois, de la prospérité et de la confiance. Le talent, a-t-il insisté, n’est jamais une fin en soi mais la matière première de cette création de valeur.

Le XXIe siècle ne se jouera pas, a estimé le fondateur de Talan, dans une compétition entre individus doués  ceux-ci existant partout mais entre les cadres collectifs capables de les faire travailler ensemble. Les pays qui réussiront ne seront pas ceux qui comptent les meilleurs ingénieurs, mais ceux qui permettront à leurs chercheurs, entrepreneurs et investisseurs de bâtir de concert. Un talent isolé, a-t-il résumé, n’est qu’une promesse ; un collectif qui fonctionne devient une puissance.

Interrogé, selon ses propos, sur les moyens de retenir les compétences tunisiennes, Mehdi Houas a jugé la question mal posée : les talents ne restent pas parce qu’on les retient, mais lorsqu’ils ont le sentiment de participer à une aventure qui les dépasse, de voir naître autour d’eux des entreprises ambitieuses, des laboratoires actifs et des projets porteurs de sens.

Ayez le courage et l’audace de façonner l’avenir

L’orateur a par ailleurs fait référence à un précédent événement consacré à l’intelligence artificielle, auquel auraient participé des « visionnaires » ayant laissé, selon ses termes, une vision à transformer en réalité ,un passage de son intervention qui demeure peu précis dans la transcription disponible. La responsabilité de sa propre génération, a estimé M. Houas, est précisément de concrétiser cet héritage, afin de transmettre à la suivante, non pas un rapport ou une analyse supplémentaire, mais des réalisations tangibles : des sociétés, des laboratoires, des produits, des brevets, des emplois, et une confiance renouvelée dans la capacité du pays à produire. Ses parents, a-t-il ajouté, avaient bâti la Tunisie moderne ; sa génération hérite désormais d’un chantier différent : donner au pays sa place dans l’économie du savoir, y faire naître des entreprises innovantes et des technologies rayonnantes, et convaincre la jeunesse tunisienne que son avenir peut aussi s’écrire sur place.

Citant Antoine de Saint-Exupéry pour qui, s’agissant de l’avenir, il ne s’agit pas de le prédire mais de le rendre possible, Mehdi Houas a averti que cet avenir ne serait ni offert ni donné : il se construirait en Tunisie parce que les Tunisiens l’auront décidé, ou ailleurs. Un pays ne change jamais, a-t-il conclu, lorsque tout le monde est d’accord, mais lorsque des hommes et des femmes choisissent d’agir avant les autres et leur donnent envie de les rejoindre. Une invitation adressée aux participants à ne pas se contenter d’observer l’avenir, mais à avoir le courage et l’audace de le façonner.

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Baisse de près de 30 % du chiffre d’affaires de l’ICF au premier semestre

Durant le deuxième trimestre 2026, les ICF ont vu leur chiffre d’affaires fortement chuté à seulement 37,1 millions de dinars (MDT); contre 52,9 MDT au cours de la même période de l’exercice 2025. Soit une baisse de 29,9 %.

Au terme du premier semestre 2026, le chiffre d’affaires cumulé d’ICF atteint 64,2 MDT contre 104,7 millions de dinars au 30 juin 2025, enregistrant ainsi un repli de 38,7 %. Cette évolution s’explique principalement par la baisse des volumes vendus durant les six premiers mois de l’année, dans un contexte marqué par les arrêts de production intervenus au cours des premiers mois de l’exercice.

En revanche, l’activité commerciale a, elle, enregistré une amélioration au deuxième trimestre. Reflétant ainsi la reprise progressive de l’exploitation de l’entreprise.

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WIFAK BANK : augmentation de 20 % du PNB à fin juin

A la fin du 2ème trimestre 2026, les indicateurs d’activité de la Wifak International Bank ont évolué comme suit : une progression de 22,95 % des dépôts de la clientèle, atteignant 1 574 million de dinars (MD) contre 1 280 MDT au 30/06/2025.  L’encours des financements à la clientèle a connu une croissance de 17,64 % s’établissant à 1 504 MDT contre 1 279 MDT à la même période en 2025. Tandis que les produits d’exploitation bancaire ont augmenté de 13 %, passant de 91,250 MDT à 102,968 MDT.

A noter que cette évolution résulte notamment d’une hausse de 12,66 % de la marge et revenus assimilés, portée par l’expansion continue du portefeuille de Wifak International Bank et le développement du réseau d’agences; mais aussi d’une augmentation de 11,98 % des commissions sur produits.

Pour leur part, les charges d’exploitation bancaire ont augmenté de 4,32 % pour s’établir à 43,1 MDT contre 41,3 MDT au 30 juin 2025. Quant au PNB, il a enregistré une croissance de 20 %, s’élevant ainsi à 59,9 MDT contre 49,9 MDT à fin juin 2025. Les charges opératoires ont connu quant à elles une hausse de 17,33 % totalisant 44,6 MDT contre 38,1 MDT à la même date de l’année 2025.

En outre, les capitaux propres de la Banque se sont établis à 170 MDT au 30 juin 2026 contre 177 MDT à fin juin 2025, enregistrant ainsi une baisse de 4 %. Le management de la banque explique cette évolution, essentiellement, par le remboursement des titres participatifs arrivés à échéance au cours de la période…

Enfin, notons que Wifak Bank a récemment ouvert une nouvelle agence à Boumhal. Ce qui porte à 58 le nombre d’agences de la banque.

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La Tunisie face à la crise de la crevette rouge

La Tunisie a mis en place une cellule de crise et engagé des discussions avec l’Italie, la Commission européenne (CE) et la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) afin de débloquer les exportations de crevettes rouges vers le marché italien. (Photo : Pêcheurs tunisiens à Bizerte).

Cette «cellule de crise», qui a pour mission de coordonner les actions techniques et diplomatiques, a organisé des réunions avec les professionnels du secteur et le ministère des Affaires étrangères, a pris contact avec ses homologues européens pour permettre la reprise des exportations vers l’Italie et a soumis une demande officielle au secrétariat exécutif de la CGPM visant à réviser le quota de la Tunisie, en se fondant sur les données nationales officielles de production.

Le ministère de l’Agriculture, des Ressource hydrauliques et de la Pêche a rejeté l’interprétation selon laquelle les difficultés rencontrées par les exportateurs résulteraient d’une mesure tunisienne visant à restreindre les échanges, expliquant que ces restrictions découlent plutôt du système international de gestion durable des stocks de crevettes rouges de profondeur dans le détroit de Sicile, un système adopté par la CGPM sur la base d’évaluations scientifiques et d’engagements pris par les pays membres. Le plan pluriannuel défini par la recommandation 45/2022/5 de la CGPM a instauré des limites de capture distinctes pour la Tunisie et l’Union européenne (UE) pour la période transitoire 2023-2025, impliquant une réduction annuelle de 3 % par rapport aux captures déclarées en 2021.

Préserver l’accès des produits tunisiens aux marchés européens

Pour la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea), le quota tunisien a été fixé à 39 tonnes en 2023, 38 tonnes en 2024 et 37 tonnes en 2025. Ce régime a par la suite été prolongé jusqu’en 2026 par la recommandation 48/2025/9 de la CGPM.

La crise a éclaté début juin lorsque le ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts a informé les opérateurs que le quota tunisien pour 2026 — fixé à 36 000 kilogrammes — était déjà épuisé au 15 mai. Selon les données italiennes, les certificats de capture validés par les autorités tunisiennes pour des produits destinés au marché européen totalisaient au moins 50 960 kilogrammes, dépassant ainsi la limite de plus de 41 %. En conséquence, Rome a ordonné des contrôles systématiques et suspendu les autorisations pour les expéditions certifiées après l’épuisement du quota.

Des parlementaires ont demandé au gouvernement de clarifier la nature juridique et scientifique des quotas, les raisons de l’importante disparité des quantités allouées aux différents pays méditerranéens, ainsi que l’absence de consultation préalable des pêcheurs et des exportateurs, appelant également à une action bilatérale et multilatérale pour préserver l’accès des produits tunisiens aux marchés européens.

Selon La Presse, Tunis a adressé une note à la direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG Mare) de la CE pour contester et clarifier les données relatives au dépassement présumé du quota. Une seconde communication a été envoyée au ministère italien de l’Agriculture pour demander une augmentation des quantités autorisées sur le marché, tandis qu’une demande officielle a été soumise au secrétariat exécutif de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) afin de réviser le quota sur la base des données de production officielles transmises en avril 2026. Cette réaction marque le passage du différend d’une contestation sectorielle à une question institutionnelle et diplomatique.

L’Italie disposée à ouvrir les négociations

Ces dernières semaines, pêcheurs et exportateurs ont manifesté devant le ministère de l’Agriculture à Tunis, soulignant le blocage des marchandises, les coûts de stockage et de transport, ainsi que les risques pesant sur les emplois et les investissements — en particulier dans les ports du nord tels que Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte.

L’enjeu consiste à concilier la préservation biologique des stocks halieutiques partagés dans le détroit de Sicile et l’impact économique sur une filière tunisienne fortement tournée vers l’Italie. «La volonté affichée par le ministère italien d’ouvrir des négociations sur les volumes de capture constitue une première réponse aux revendications de la profession ; toutefois, la reprise effective des exportations dépendra de l’issue des vérifications des certificats de capture et des consultations avec Rome, Bruxelles et la CGPM», rapporte l’agence italienne Ansa.

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Le ministre des Affaires sociales : « Toutes les catégories sont concernées par les augmentations salariales »

Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a affirmé que toutes les catégories en Tunisie sont concernées par les augmentations salariales, sans exception, y compris les retraités concernés par les revalorisations prévues.

S’exprimant, lundi, en marge de la huitième Conférence arabe sur les retraites et les assurances sociales, organisée sur le thème « Le parcours des réformes vers la sécurité des retraites », le ministre a indiqué que le retard enregistré dans le versement des augmentations à une partie des retraités est principalement dû à des contraintes techniques et administratives.

Issam Lahmar a précisé que des solutions à ces difficultés administratives devraient être mises en place au cours de ce mois afin de finaliser l’application des augmentations au profit de toutes les catégories concernées.

Le ministre a également annoncé qu’un programme consacré à la restructuration des régimes de sécurité sociale sera prochainement présenté, avec les principales orientations de cette réforme.

Ces déclarations interviennent alors que le secrétaire général de la Fédération générale des retraités, Abdelkader Naceri, a récemment indiqué que plus de 200 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) n’ont pas bénéficié des augmentations décidées par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2026.

Selon lui, les retraités percevant les pensions les plus modestes figurent parmi les plus touchés par cette situation. Il a précisé qu’une large partie d’entre eux dispose d’un revenu mensuel ne dépassant pas 260 dinars.

Abdelkader Naceri a appelé à l’application des dispositions prévues par la loi afin de garantir le bénéfice des augmentations à l’ensemble des retraités concernés. Il a également insisté sur la nécessité de veiller à ce que les affiliés à la CNSS ne soient exclus d’aucune revalorisation salariale à l’avenir.

Le responsable syndical a, par ailleurs, invité le gouvernement à engager un dialogue avec les représentants syndicaux afin d’examiner ce dossier et d’identifier des solutions permettant de répondre aux revendications des retraités concernés.

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Kaïs Saïed : la Tunisie a honoré ses engagements malgré une dette « sans bénéfice pour le peuple »

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, lundi 20 juillet 2026 au palais de Carthage, la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri.

Selon un communiqué de la présidence de la République, la réunion a porté sur la loi promulguée relative à l’approbation du Plan de développement 2026-2030. Au cours de cette réunion, Kaïs Saïed a évoqué la question de la dette, déclarant que « les dettes se sont accumulées sans que le peuple tunisien n’en bénéficie ». Le chef de l’État a également affirmé que « la Tunisie a honoré tous ses engagements et n’a accusé aucun retard dans le remboursement de ses obligations ».

Dans ce contexte, Kaïs Saïed a appelé à redoubler d’efforts afin de transformer ces dettes en investissements destinés à reconstruire les services publics, « tels que le souhaite le peuple tunisien », selon les termes du communiqué.

Le président de la République a, par ailleurs, déclaré que « la vie des États et des nations connaît des moments où les peuples sont au rendez-vous de l’Histoire pour faire l’Histoire comme ils le souhaitent ». Tout en ajoutant qu’« il n’y a pas de place, à ce moment, pour les mains tremblantes, les cœurs hésitants ou la pensée aliénée », conclut le communiqué de la présidence.

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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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UBCI : progression de 10 % du PNB au premier semestre 2026

Portée par une collecte de dépôts en hausse et une demande de crédit toujours soutenue, l’UBCI clôture le premier semestre 2026 sur une note résolument positive. Au 30 juin 2026, son produit net bancaire s’établit à 193 millions de dinars (MDT), en progression de 10,1% sur un an — une performance qui confirme la solidité de son modèle d’affaires et la pertinence de sa stratégie de développement.

Crédits et dépôts: une dynamique commerciale à deux chiffres

Le premier moteur de cette performance est résolument commercial, porté par l’essor conjoint des crédits et des dépôts. Les encours nets de crédits à la clientèle progressent de 11,6% sur un an, soit 419 MDT supplémentaires, pour atteindre 4 032 MDT au 30 juin 2026, confirmant le maintien d’une demande de financement soutenue de la part des entreprises et des particuliers.

Cette croissance des engagements s’accompagne d’une collecte tout aussi vigoureuse : les dépôts de la clientèle atteignent 4 271 MDT, en hausse de 8,5 % par rapport au 30 juin 2025. Cette progression est portée par les dépôts à vue (+11,7 %) et les dépôts d’épargne (+9,3 %), qui constituent les deux principaux moteurs de la collecte au cours du semestre et traduisent la confiance renouvelée des clients envers la banque.

Une diversification maîtrisée des ressources

Pour accompagner cette croissance, l’UBCI a également renforcé ses sources de refinancement. Les emprunts et ressources spéciales enregistrent une hausse de 312,2 %, passant de 49 MD à 203 MDT en un an. Cette évolution résulte de choix de financement ciblés, notamment l’émission de deux emprunts subordonnés d’un montant total de 120 MDT, destinés à renforcer la structure financière de la banque, ainsi que la mobilisation d’un nouvel emprunt sur ressources spéciales de 34 MDT dédié au financement de l’économie durable.

Un effet de ciseaux positif au service de la rentabilité

Sur le plan des résultats, UBCI bénéficie d’un effet de ciseaux favorable : les produits d’exploitation bancaire progressent de 8,9%, pour atteindre 305 MDT, tandis que les charges d’exploitation bancaire n’augmentent que de 6,9%, à 112 MDT. Cet écart de rythme entre revenus et charges explique la solide progression du produit net bancaire et augure d’une rentabilité en amélioration continue.

 Des charges opératoires sous contrôle 

Les charges opératoires s’établissent en hausse de 8,6 % sur la période. Cette évolution tient principalement aux frais de personnel, en hausse de 12,7 %, alors que les charges générales d’exploitation affichent une quasi-stabilité, avec une hausse contenue à 0,2 %. La banque démontre ainsi sa capacité à investir dans ses ressources humaines tout en gardant une maîtrise stricte de ses charges de structure.

Des fonds propres renforcés renforcés, gage de solidité

Enfin, les capitaux propres d’UBCI s’établissent à 563 MDT au 30 juin 2026, contre 523 MDT un an plus tôt, soit une progression de 7,6%. Combinée à l’émission des emprunts subordonnés, cette évolution conforte l’assise financière de la banque et sa capacité à soutenir durablement la croissance de son activité.

Portés par une croissance commerciale à deux chiffres, une diversification maîtrisée des ressources et une discipline financière rigoureuse, ces résultats confirment la solidité de la trajectoire engagée par l’UBCI depuis le lancement de son plan stratégique« Émergence 2029 ».

D’après communiqué 

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Tunisie | Des banquiers développeurs aux courtiers d’argent  

A propos des effets pervers de la restructuration du système bancaire tunisien entre 2000 et 2009, une restructuration conduite sous l’impulsion de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et dans le sillage des diktats du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Comment le dogme de la libéralisation financière a-t-il progressivement sacrifié les banques de développement au profit de banques essentiellement commerciales… et vénales ? (Photo : La Banque centrale de Tunisie laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.)

Moktar Lamari *

Pendant près de quatre décennies, et depuis son indépendance, la Tunisie avait fait un choix original. La banque n’était pas seulement un commerçant ou courtier d’argent ; elle constituait un instrument de politique économique.

Le crédit n’était pas une simple marchandise tarifée selon le risque : il servait à transformer une économie agricole en économie industrielle, à financer les hôtels, les usines, les exploitations agricoles, les petites et moyennes entreprises (PME) et le développement régional. Ce fut, l’ère de Bourguiba et sa prodigieuse équipe de technocrates : Ahmed Ben Salah, Hédi Nouira, Mansour Moalla, entre autres. Tous morts et oubliés par ces nouvelles élites qui gouvernent aujourd’hui.

Toute une architecture bancaire au service du développement

Au tournant des années 1990, un autre credo s’imposa : celui de la libéralisation financière, de la concurrence, de la privatisation et de la banque universelle. Trente ans plus tard, une question mérite d’être posée sans complaisance : qu’avons-nous réellement gagné… et surtout, qu’avons-nous perdu ?

Durant les années 1960 à 1990, l’architecture financière tunisienne ressemblait à une véritable boîte à outils. Chaque secteur stratégique disposait de son propre instrument de financement. La Banque de développement économique de Tunisie (BDET), créée en 1963, soutenait l’industrialisation avant d’être absorbée par la Société tunisienne de banque (STB) en 2000.

La Banque nationale de développement touristique (BNDT), fondée en 1973, accompagnait les investissements touristiques jusqu’à sa disparition la même année. La Banque nationale de développement agricole (BNDA) avait, quant à elle, fusionné dès 1989 avec la Banque nationale de Tunisie (BNT) pour donner naissance à l’actuelle Banque nationale agricole (BNA).

Autour de ces établissements gravitaient plusieurs instruments spécialisés : le Fonds de promotion et de décentralisation industrielle (Foprodi), le Fonds spécial de développement agricole (Fosda), le Fonds de dépollution (Fodep), le Fonds national de promotion de l’artisanat et des petits métiers (Fonapra), sans oublier les banques mixtes de développement comme la Banque tuniso-koweïtienne de développement (BTKD) et la Société tuniso-saoudienne d’investissement et de développement (Stusid).

Chaque institution bancaire répondait à une mission clairement définie. Le tout s’arrimait à merveille et se complétait pour financer et refinancer les pôles de développement, les grands projets dans le cadre d’une stratégie visionnaire et articulée. Mais, non sans risque de corruption et de financements risqués, sans garanties.

Cela dit, ces banques de développements et fonds de financement insufflaient ensemble des taux de croissance allant jusqu’à 7% par an.

Retour de manivelle et tournant libéral des années 1990

Ces organismes n’étaient pas exempts de défauts. Bureaucratie, créances douteuses, interférences politiques et gouvernance parfois défaillante nourrissaient des critiques souvent fondées. Mais ils poursuivaient un objectif que les banques commerciales n’assument jamais spontanément : financer ce qui est utile avant de financer ce qui est immédiatement rentable.

Au fil des réformes, le vocabulaire changea de musique : ajustement structurel, gouvernance, concurrence, privatisation, normes prudentielles et ouverture financière remplacèrent progressivement les notions de planification et de développement.

Les institutions financières internationales expliquaient alors que les banques spécialisées appartenaient au passé et que le marché allouerait le capital plus efficacement que l’État. La Tunisie appliqua cette nouvelle doctrine avec une remarquable discipline.

En moins de 5 ans, la BNDA fusionna avec la BNT, la BDET et la BNDT furent absorbées par la STB, l’Union internationale de banques (UIB) fut privatisée en 2002, la Banque du Sud passa sous contrôle d’Attijari Bank en 2005 à l’issue d’une privatisation demeurée controversée (corruption avérée), puis la Banque tuniso-koweïtienne (BTK) fut également privatisée en 2008.

En moins d’une décennie, un écosystème financier construit depuis l’indépendance avait pratiquement disparu. Les défenseurs de ces réformes rappellent, à juste titre, que les banques publiques accumulaient des créances non performantes et souffraient d’interférences politiques. Ces critiques étaient largement justifiées. Mais réformer ne signifie pas nécessairement supprimer.

Restructuration à la tronçonneuse ou la BCT aux ordres du FMI

La Tunisie n’a pas seulement modernisé son système bancaire ; elle a remplacé une philosophie économique par une autre. Les anciennes institutions ont été démantelées avant qu’une véritable banque nationale de développement moderne ne voie le jour. Comme si l’on avait détruit le pont avant de construire celui qui devait le remplacer.

Les principaux artisans de cette transition – gouverneurs de la BCT, hauts responsables du ministère des Finances et économistes influents, parmi lesquels Taoufik Baccar, Mongi Safra ou Mustapha Kamel Nabli – poursuivaient un objectif clair : rapprocher la Tunisie des standards internationaux, améliorer la solidité du système bancaire et renforcer la stabilité financière. Ils prônaient le démantèlement des banques de développement en faveur des banques commerciales.

L’intention était respectable. Mais l’histoire économique juge moins les intentions que les résultats.

Cette évolution ne s’est pas produite dans un vide intellectuel. À partir du Programme d’ajustement structurel de 1986, les recommandations du FMI et de la BN ont profondément influencé les réformes financières tunisiennes.

Le régime Ben Ali croise le fer, et sa famille élargie et son entourage goûtaient à la corruption et aux recettes de la prédation. La BCT, sous la gouverne de Taoufik Baccar (entre 2004 et 2011), ne fait rien pour défendre le système bancaire. Bien au contraire, elle laisse faire ces acteurs vautours, et rapaces de la Tunisie de Ben Ali.

Le FMI fournissait la logistique conceptuelle et quelques prêts avec leurs lots de diktats. Les priorités étaient alors claires : libéraliser les marchés financiers, renforcer la concurrence, réduire les interventions directes de l’État, améliorer les ratios prudentiels, privatiser plusieurs établissements publics, ne rien faire contre la corruption et orienter les banques vers des critères de rentabilité et de gestion du risque conformes aux standards internationaux.

Ces orientations répondaient à une logique macroéconomique de stabilisation et d’efficacité. En revanche, la question du financement de long terme du développement industriel, agricole ou régional est progressivement passée au second plan. Le marché devait, selon cette doctrine, prendre le relais des anciens instruments publics. C’est précisément cette hypothèse que l’expérience tunisienne invite aujourd’hui à réexaminer. Même si c’est trop tard, et le mal est fait, par collusion, par incompétence ou pire par accointance.

Jamais les banques tunisiennes n’ont affiché des ratios prudentiels aussi exigeants, des dispositifs de contrôle aussi sophistiqués et des exigences réglementaires aussi élevées. Pourtant, rarement l’économie productive aura paru aussi orpheline de financement.

Depuis 2011, l’investissement privé productif stagne autour de 12 % du produit intérieur brut, la formation brute de capital fixe demeure inférieure à celle observée durant les décennies précédentes et la croissance économique peine à retrouver un rythme soutenu. Pendant ce temps, les banques ont découvert un client autrement plus confortable : l’État.

Pourquoi financer une PME innovante, risquée et coûteuse à suivre lorsqu’il suffit de souscrire à des titres publics offrant un rendement attractif avec un risque perçu comme plus faible ? Le banquier moderne a trouvé un débouché plus rentable que l’entrepreneur : le Trésor public.

Ce phénomène nourrit un puissant effet d’éviction. En mobilisant une part croissante de l’épargne nationale pour financer ses déficits, l’État réduit mécaniquement les ressources disponibles pour les entreprises productives. Les PME deviennent les variables d’ajustement. Trop petites pour accéder aux marchés financiers, insuffisamment garanties pour satisfaire les banques, mais suffisamment importantes pour créer l’essentiel des emplois, elles se retrouvent dans un véritable désert financier.

Cette évolution éclaire également, sans tout expliquer, l’essor spectaculaire de l’économie informelle. Fiscalité, lourdeurs administratives, corruption et instabilité politique y contribuent également.

Mais lorsque le crédit bancaire devient inaccessible ou prohibitif, les entrepreneurs cherchent d’autres circuits. Une partie de l’épargne quitte progressivement le système bancaire pour alimenter les transactions en espèces, les réseaux familiaux ou les circuits parallèles. L’argent ne disparaît pas ; il change simplement de trottoir.

Les quatre erreurs de la Banque centrale

Avec le recul, quatre erreurs majeures apparaissent. La première fut de supprimer les banques spécialisées dans le développement et promotion stratégique (secteur, région, filière et innovation) sans leur substituer une véritable banque publique d’investissement capable de financer les projets structurants avec des méthodes modernes.

La deuxième fut de croire que les mécanismes du marché remplaceraient spontanément une politique industrielle. Pourtant, les économies qui ont réussi leur transformation – de la Corée du Sud au Maroc, en passant par la Chine ou la Malaisie – n’ont jamais abandonné leurs instruments publics de financement stratégique.

La troisième erreur fut de demander aux banques commerciales de remplir une mission qui n’est pas la leur. Une banque privée maximise naturellement son rendement ajusté au risque ; ce n’est ni une faute ni une anomalie. L’erreur consiste à croire qu’elle assurera, à elle seule, le financement du développement national.

Enfin, la quatrième fut de confondre solidité bancaire et prospérité économique. Des ratios prudentiels irréprochables ne remplacent ni une stratégie industrielle ni une politique d’investissement.

Aujourd’hui, le système bancaire tunisien fonctionne dans un environnement fortement concentré où la logique dominante demeure celle de la rentabilité financière, mesurée notamment par la valeur actualisée nette (VAN) des projets, davantage que par leur contribution au développement économique, régional ou technologique.

Selon les profils d’emprunteurs et les garanties offertes, les taux nominaux appliqués aux entreprises atteignent fréquemment des niveaux très élevés, alors même que la rentabilité moyenne de nombreuses activités productives demeure nettement inférieure.

Dans ces conditions, financer l’investissement relève parfois davantage de l’exploit que de la décision entrepreneuriale.

Alors que de nombreuses économies émergentes redécouvrent le rôle des banques publiques d’investissement et des institutions de financement du long terme, la Tunisie continue de payer le prix d’un démantèlement qu’elle présentait naguère comme le symbole de la modernité. Les bilans bancaires se sont incontestablement renforcés ; les bilans économiques sont beaucoup moins convaincants. La logique de l’argent facile domine le système bancaire, sous la gouverne d’une BCT complice des collusions opaques.

Les banques prêtent davantage à l’État qu’aux entreprises, davantage au court terme qu’à l’avenir. Elles accomplissent correctement leur mission commerciale, mais laissent inachevée une mission plus essentielle : accompagner la transformation économique du pays.

Une banque qui ne finance plus suffisamment le développement cesse d’être un levier de croissance pour devenir un simple intermédiaire financier. Et lorsqu’un pays renonce à financer son avenir, il finit toujours par payer, intérêts compris, le prix de ses propres illusions. C’est peut-être là le véritable retour de flamme de la grande restructuration bancaire tunisienne.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur : E4T

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Coupures d’électricité : Abdellatif Meziou appelle à une meilleure anticipation

Quel est l’impact des coupures d’électricité pour les industriels ? Quelles en sont les conséquences ? Sont-ils affectés ? Pour décortiquer la situation, nous avons contacté Abdellatif Meziou, membre du bureau exécutif de la CONECT, qui livre un témoignage direct sur le secteur du cosmétique.

Une chose est sûre : les coupures d’électricité récurrentes pèsent lourdement sur l’industrie, particulièrement sur les filières à process continu où l’arrêt n’est pas une simple pause mais peut compromettre des lots entiers. Dans le secteur cosmétique, une coupure survenant durant une phase de mélange altère la texture et la viscosité : selon l’avancement du procédé, la production peut parfois être récupérée; mais souvent le seul recours est de jeter le lot.

« Ces interruptions génèrent des coûts directs, une perte de matières premières et de produits finis, des coûts opérationnels, de remise en route, de maintenance, de contrôles qualité et des coûts humains. Avec des heures salariales perdues, des heures supplémentaires imprévues ou des arrêts temporaires du personnel », explique Abdellatif Meziou.

Et de poursuivre : « Elles réduisent aussi la capacité productive. Un objectif de fabrication de 10 000 unités peut se transformer en 6 000 réalisées, avec des effets en chaîne sur l’approvisionnement du marché. La situation est aggravée par l’absence d’informations précises. Telles que des notifications vagues sur des plages horaires (par exemple “de 11h30 à 17h”) sans garantie de durée empêchent toute planification fiable et compliquent la gestion quotidienne des ateliers. »

Il ajoute : « Les groupes électrogènes, présents dans de nombreuses entreprises, protègent les équipements sensibles mais ne suffisent pas à alimenter l’ensemble des lignes de production. La plupart des sites ne sont donc pas en mesure de fonctionner normalement pendant une longue interruption. Si ces coupures persistent jusqu’à la rentrée, le risque de pénuries devient réel : la cosmétique verra sa production affectée. Mais l’agroalimentaire sera encore plus vulnérable en raison des exigences de la chaîne du froid et de la sécurité sanitaire. »

Sur la question du coût, Abdellatif Meziou constate : « Ce sont d’abord les opérateurs économiques qui supportent le fardeau. L’État et les autres acteurs n’ayant pas toujours les marges pour tout compenser. À terme, c’est le consommateur qui risque de payer, via une baisse de qualité, des ruptures de stock et une hausse des prix. »

Si des coupures planifiées ont déjà eu lieu par le passé pour des opérations de maintenance, la fréquence et l’opacité actuelles constituent pour de nombreux industriels une situation inédite. Selon lui, il faut agir sur deux niveaux. D’abord à court terme, en améliorant la communication et en soutenant les secteurs critiques avec des capacités de secours adaptées. Ensuite, à long terme, en accélérant et finançant des projets visant à augmenter la production énergétique (renouvelables, stockage); et ce, afin de réduire la probabilité de récurrence.

« La solution réside dans une meilleure anticipation et des décisions structurelles », conclut Abdellatif Meziou. Cela est indispensables pour préserver la capacité productive du pays et protéger les consommateurs.

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Gaz naturel : la production tunisienne recule de 14 % à fin mai 2026

Les ressources en gaz naturel (production nationale + forfait fiscal) atteignent 698 ktep-pci, à fin mai 2026. Enregistrant, ainsi, une baisse de 14 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce qu’indique le rapport sur « La conjoncture économique (mai 2026) » que publie l’Observatoire National de l’Energie et des Mines. La production nationale du gaz commercial sec enregistre une quasi-stabilité.

Notons que les Champs Nawara et Chergui enregistrent respectivement une hausse de production de 10 % et de 26 %. Pour ce qui est du gaz commercial du sud, sa production est en hausse de 5 %. Alors que le Champ Hasdrubal connait une baisse de la production de 17 %.

A cet égard, l’observatoire note une baisse du forfait fiscal sur le transit de gaz d’origine algérienne de 33%, à fin mai 2026 par rapport à fin mai 2025, en se situant à 225 ktep-pci.

Par ailleurs, la répartition de la redevance totale entre la part cédée à la STEG et celle destinée à l’exportation montre qu’à fin mai 2026, la quasi-totalité de la redevance a été cédée à la STEG. Ce qui représente près de 87 % du volume total.

A signaler qu’un dépassement des prélèvements STEG sur la redevance revenant à l’Etat Tunisien a été enregistré en 2025 d’une quantité de 240 millions de Cm3, en cours de régularisation. S’agissant des achats du gaz algérien, ils augmentent de 8% entre fin mai 2025 et fin mai 2026, pour se situer à 1143 ktep-pci.

En outre, l’approvisionnement national en gaz naturel a enregistré une quasi-stabilité entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 1812 ktep-Pci.

Quasi-stabilité de la demande de gaz naturel

La demande totale de gaz naturel a enregistré une quasi-stabilité entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 1807 ktep-pci. Quant à la demande en production d’électricité, elle est quasi-stable, tout comme celle destinée à la consommation finale. Le secteur de la production électrique reste, de loin, le plus grand consommateur de gaz naturel (65 % de la demande totale à fin mai 2026), la production électrique est en effet basée sur le gaz naturel d’environ 91 %.

Pour les usages finaux (hors production électrique), la demande de gaz naturel a connu une quasi stabilité pour se situer à 624 ktep-pci. La demande des clients moyenne et basse pression a enregistré une légère hausse de 1 % et celle des clients haute pression a enregistré une baisse de 3 %.

Enfin, la consommation spécifique globale des moyens de production électrique a enregistré une baisse 3 % entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 195.3 tep/GWh. D’ailleurs, la production d’électricité à partir du gaz naturel a enregistré une hausse de 3 % entre fin mai 2025 et fin mai 2026, relève encore le rapport sur la conjoncture économique (mai 2026).

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Trois patrouilleurs SAR italiens livrés à Tunis

Trois patrouilleurs SAR de 20 mètres, construits en aluminium par le chantier naval Cartubi à Trieste, ont été livrés au port de Tunis après un transport complexe parti de Trieste le 5 juin sur la barge Susanna remorquée par le remorqueur Piemonte. Les vedettes, conçues pour les opérations de recherche et sauvetage en mer agitée, disposent d’un système d’auto-redressement leur permettant de reprendre leur position en cas de chavirage.

Selon l’agence de presse italienne Nova.it , la livraison fait suite à un contrat signé en 2024 avec un client confidentiel ; Cartubi construit aussi deux autres patrouilleurs SAR de 20 m pour la Garde nationale dans le cadre d’un contrat attribué par Civipol et financé par l’Union européenne, démarré le 31 juillet 2025.

Cette opération s’inscrit dans le cadre dun soutien européen accru à la Tunisie pour la gestion des frontières et la lutte contre les flux migratoires (programmes et financements importants en 2023–2027). Ce soutien est toutefois controversé : 46 ONG et Amnesty International critiquent les violations des droits des migrants. Tandis que l’UE met en avant la prévention des décès en mer et la baisse significative des traversées via la Tunisie (déclin annoncé de 97 % des débarquements tunisiens vers l’UE).

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Énergie et métaux : les marchés réagissent à la nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient

La reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran a provoqué de fortes turbulences sur les marchés mondiaux des matières premières. Les craintes de perturbations dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge ont propulsé les prix du pétrole et du gaz naturel à la hausse…

Les nouvelles frappes américaines contre des installations militaires iraniennes, suivies de représailles de Téhéran et de menaces sur les principales routes maritimes du Golfe, ont entraîné une forte volatilité sur les marchés des matières premières.

Les opérateurs craignent une perturbation durable des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde.

Dans ce contexte, les prix du pétrole poursuivent leur hausse, avec un baril de Brent au-dessus des 90 dollars pour la première fois depuis juin, en raison de la poursuite des frappes au Moyen-Orient entre Washington et Téhéran… Le Brent a dépassé, vendredi juillet 17 juillet, le seuil des 85 dollars le baril…

Les tensions géopolitiques alimentent également les marchés du gaz naturel liquéfié (GNL). Les risques pesant sur les exportations du Qatar, premier exportateur mondial de GNL transitant par Ormuz, poussent les acheteurs asiatiques et européens à sécuriser leurs approvisionnements, soutenant ainsi les prix.

L’or retrouve son rôle de valeur refuge

Face à l’incertitude géopolitique, les investisseurs se tournent vers les actifs considérés comme les plus sûrs. L’or progresse donc sous l’effet d’une demande accrue de valeurs refuges Tandis que les obligations souveraines américaines bénéficient elles aussi d’un regain d’intérêt. En revanche, les marchés actions restent plus hésitants, les secteurs les plus sensibles aux coûts de l’énergie étant particulièrement exposés.

Par ailleurs, les tensions au Moyen-Orient exercent également une influence sur plusieurs métaux industriels. L’aluminium, le cuivre et le nickel évoluent dans un contexte de forte volatilité, les marchés intégrant le risque de perturbations logistiques et d’un ralentissement de la demande mondiale si le conflit devait s’intensifier.

Les produits agricoles relativement épargnés

À ce stade, les marchés agricoles réagissent de manière plus modérée. Cependant, une prolongation des tensions pourrait renchérir les coûts du transport maritime et des engrais, avec des répercussions indirectes sur les prix des céréales et des produits alimentaires.

Toutefois, les analystes estiment que l’évolution des cours dépendra principalement de la sécurité des principaux corridors maritimes, notamment le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb.

Toute aggravation du conflit susceptible d’interrompre durablement les exportations de pétrole et de gaz du Golfe pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix de l’énergie, avec des répercussions sur l’inflation mondiale, les politiques monétaires et la croissance économique.

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UIB : le PNB atteint 273,2 MDT à fin juin 2026, en hausse de 5,7 %

L’Union Internationale de Banques (UIB) a clôturé le premier semestre 2026 sur une progression de 11,1 % de son résultat brut d’exploitation, porté à 125,2 MDT; contre une hausse de 13 % une fois neutralisé l’impact de la loi 2024-41 portant amendement du code de commerce. Cette évolution s’appuie sur un produit net bancaire (PNB) de 273,2 MDT au 30 juin 2026, en progression de 5,7 % sur un an, et de 6,8 % à périmètre retraité.

Le principal facteur de cette croissance du résultat brut de l’UIB provient des revenus tirés du portefeuille-titres commercial et d’investissement, en hausse de 26,8 % à 50,2 MDT, contre 39,6 MDT un an plus tôt.

La marge d’intérêt progresse pour sa part de 2,8 % pour s’établir à 146,1 MDT, corrigée de l’incidence de la loi 2024-41, évaluée à 15,8 MDT à fin juin 2026; contre 12,1 MDT un an auparavant, sa croissance sous-jacente ressort à 5 %. Les commissions perçues par la banque restent quasiment stables, à 76,9 MDT, soit une hausse de 0,3 %. Les produits d’exploitation bancaire globale reculent en revanche de 0,9 %, à 450,7 MDT.

Les charges opératoires ont augmenté de 1,6 % à 148,2 MDT, tout comme la masse salariale, également en hausse de 1,6 % à 109 MDT. Le coefficient d’exploitation s’est amélioré, passant de 56,4 % à fin juin 2025 à 54,3 % un an plus tard. Un niveau ramené à 51,3 % hors effet de la loi 2024-41.

L’encours des dépôts de la clientèle atteint 7.183 MDT au 30 juin 2026, contre 7.078 MDT un an plus tôt. Soit une hausse de 1,5 %, équivalant à 104,9 MDT. Les dépôts à vue progressent de 325,2 MDT. Tandis que les dépôts à terme et les certificats de dépôt reculent de 475 MDT.

L’encours net des crédits accordés à la clientèle croît de 2,2 % pour s’établir à 6.480 MDT. Soit 138 MDT de financements nets supplémentaires sur un an. L’encours des emprunts et ressources spéciales est réduit de 134,3 MDT à 98 MDT.

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Le coton face au polyester: quelles perspectives pour l’Afrique?

L’été s’est déjà manifesté avec des vagues de chaleur sur le continent africain, y compris en Tunisie. Vivre ces températures n’est pas toujours facile, notamment en matière d’habillement : il est souvent conseillé de privilégier le coton. Des chercheurs ont ainsi étudié les effets de vêtements  en coton, polyester  dans une pièce maintenue à 30 °C et 50% d’humidité.

Le coton conserve une place importante dans l’industrie textile mondiale, mais il n’est plus dominant. Selon le chapitre « Coton » des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2025‑2034, le Brésil et les États‑Unis devraient être, en 2034, les deux premiers exportateurs mondiaux de coton brut, chacun représentant environ 30 % des exportations mondiales. Toutefois, les perspectives de croissance du marché sont désormais plus limitées.

Le principal défi pour le coton reste la concurrence du polyester. Le rapport conjoint OCDE‑FAO, publié fin juin, souligne que la consommation mondiale de coton dépend essentiellement de la demande textile et des arbitrages industriels entre fibres naturelles et fibres chimiques. Les fibres synthétiques ont pris l’avantage grâce à leur polyvalence, à leurs coûts inférieurs et à leur capacité à répondre rapidement aux besoins du secteur vestimentaire.

Le polyester joue un rôle central dans ce basculement. Depuis qu’il est devenu compétitif au début des années 1970, son prix a généralement évolué en parallèle avec celui du coton, mais l’écart s’est creusé depuis 2010 en raison de la baisse des coûts de production et de l’expansion des capacités industrielles. Entre 2020 et 2023, le coton a été en moyenne plus cher de plus de 77 % que le polyester en termes nominaux, avec des écarts parfois supérieurs à 100 %. Ce différentiel de prix, ainsi que la résistance et l’adaptabilité du polyester à de nombreux usages, continueront d’influencer les choix des filatures.

Les projections indiquent une légère baisse des prix réels du coton d’ici 2035. Pour les producteurs, cela signifie que la croissance des échanges mondiaux de coton brut ne se traduira pas nécessairement par une hausse durable des revenus. Le Brésil devrait conserver la première place parmi les exportateurs à l’horizon 2035, suivi des États‑Unis; ensemble. Ces deux pays représenteront environ les deux tiers des exportations mondiales.

Quelles perspectives pour l’Afrique ?

L’Afrique subsaharienne restera un acteur important, mais plus exposé aux variations de prix et à la concurrence des grands exportateurs. L’OCDE et la FAO estiment que les exportations régionales devraient rester globalement stables au cours de la décennie, avec plus de 80 % de la production destinée aux marchés extérieurs.

La décennie à venir représente à la fois un risque et une opportunité pour le continent. Face à des prix internationaux sous pression et à des préférences croissantes pour les matières synthétiques et recyclées, les pays africains ont intérêt à développer la transformation locale et à augmenter l’utilisation de fibres dans les filatures nationales. Cette stratégie permettrait de retenir davantage de valeur sur le continent et de réduire la vulnérabilité aux fluctuations du marché international.

Il convient de noter également que la Tunisie ne fait pas partie des principaux exportateurs mondiaux de coton brut dans ce classement. L’Observatory of Economic Complexity souligne que ses exportations de coton brut se sont élevées à seulement 324 dollars en 2022.  Ce qui la plaçait au 122e rang mondial.

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Mission économique tunisienne dans l’Etat de Bauchi (Nigéria)

Trois mémorandums d’entente (MoU) ont été signés lors d’une séance de travail, vendredi 17 juillet 2026, consacrée au renforcement de la coopération économique et au développement de partenariats stratégiques entre la Tunisie et l’État de Bauchi, au Nigéria. Ils portent sur le développement d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 3 MW ; la réalisation d’un projet de distribution d’eau potable dans la localité de Dass ; et la création d’une usine de fabrication de drones, destinée à soutenir le développement industriel et technologique de l’État de Bauchi.

Cette signature a eu lieu dans le cadre d’une mission économique sectorielle tunisienne au Nigéria, qui s’est déroulée la semaine écoulée et au cours de laquelle une délégation tunisienne de haut niveau a été reçue par Bala Abdulkadir Mohammed, Gouverneur de l’État de Bauchi.

La délégation tunisienne, présidée par Mohsen Antit, ambassadeur de Tunisie au Nigéria, était conduite par Anis Jaziri, président du Tunisia Africa Business Council (TABC) et réunissait plusieurs entreprises membres du Tunisia Consortium for African Development (Tucad), représentant des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’eau, les infrastructures, les technologies et l’ingénierie.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires de coopération, notamment dans les domaines des infrastructures, de la transition énergétique, de l’accès à l’eau potable, des technologies de pointe et de la mise en œuvre de projets structurants répondant aux priorités de développement de l’État de Bauchi. 

La signature des trois MoU «illustre la volonté commune des deux parties de transformer les opportunités de coopération en projets concrets, créateurs de valeur, d’emplois et de développement durable», indique un communiqué du TABC, qui réaffirme son «engagement en faveur du renforcement du partenariat économique entre la Tunisie et le Nigéria, tout en contribuant à la promotion de l’expertise tunisienne et à l’accompagnement des grands projets de développement en Afrique, dans une logique de coopération Sud-Sud fondée sur le partage des compétences, le transfert de savoir-faire et la co-construction d’un développement durable et inclusif.»

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Tunisie | Ma9sous signale les coupures d’eau et d’électricité

Un développeur indépendant a conçu pour les clients de la Steg et de la Sonede une carte communautaire, Ma9sous (coupé en arabe tunisien), permettant de consulter et de signaler en temps réels les coupures d’électricité et d’eau dans le territoire de la Tunisie.

Les informations affichées dans la carte proviennent principalement des signalements envoyés par les utilisateurs présents sur place.

Les coupures récentes apparaissent en rouge, puis s’estompent progressivement avant de disparaître de la carte après 24 heures. Les coupures d’électricité annoncées par la Steg sont affichées séparément en bleu.

Le service est volontairement limité au territoire tunisien. Chaque position et la cellule géographique correspondante sont vérifiées côté serveur afin d’empêcher les signalements situés en dehors du pays

Ma9sous a également été conçue avec plusieurs mesures de protection de la vie privée et de sécurité : aucun compte ou identifiant personnel n’est nécessaire ; aucun nom ni numéro de téléphone n’est demandé ; la position exacte de l’utilisateur n’est jamais affichée publiquement ; les signalements sont regroupés dans des zones géographiques approximatives ; un identifiant technique non réversible sert uniquement à limiter les abus ; Cloudflare Turnstile et des limites de fréquence protègent le service contre les signalements automatisés.

Ma9sous n’est pas une source officielle. Son objectif est de fournir une vision communautaire et rapidement accessible de la situation, particulièrement lorsque plusieurs régions sont touchées simultanément.

«C’est un projet personnel, développé par un seul développeur durant un week-end, avec pour seul objectif de proposer un outil utile à la communauté tunisienne. Le projet est entièrement indépendant et n’a pas de vocation commerciale», explique son initiateur. Il ajoute : «À terme, si le projet atteint une certaine maturité et trouve une communauté active autour de lui, mon intention est de le transmettre progressivement à la communauté afin qu’il puisse continuer à évoluer comme un bien commun, au service de tous.»

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