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Coupures d’électricité : Abdellatif Meziou appelle à une meilleure anticipation

Quel est l’impact des coupures d’électricité pour les industriels ? Quelles en sont les conséquences ? Sont-ils affectés ? Pour décortiquer la situation, nous avons contacté Abdellatif Meziou, membre du bureau exécutif de la CONECT, qui livre un témoignage direct sur le secteur du cosmétique.

Une chose est sûre : les coupures d’électricité récurrentes pèsent lourdement sur l’industrie, particulièrement sur les filières à process continu où l’arrêt n’est pas une simple pause mais peut compromettre des lots entiers. Dans le secteur cosmétique, une coupure survenant durant une phase de mélange altère la texture et la viscosité : selon l’avancement du procédé, la production peut parfois être récupérée; mais souvent le seul recours est de jeter le lot.

« Ces interruptions génèrent des coûts directs, une perte de matières premières et de produits finis, des coûts opérationnels, de remise en route, de maintenance, de contrôles qualité et des coûts humains. Avec des heures salariales perdues, des heures supplémentaires imprévues ou des arrêts temporaires du personnel », explique Abdellatif Meziou.

Et de poursuivre : « Elles réduisent aussi la capacité productive. Un objectif de fabrication de 10 000 unités peut se transformer en 6 000 réalisées, avec des effets en chaîne sur l’approvisionnement du marché. La situation est aggravée par l’absence d’informations précises. Telles que des notifications vagues sur des plages horaires (par exemple “de 11h30 à 17h”) sans garantie de durée empêchent toute planification fiable et compliquent la gestion quotidienne des ateliers. »

Il ajoute : « Les groupes électrogènes, présents dans de nombreuses entreprises, protègent les équipements sensibles mais ne suffisent pas à alimenter l’ensemble des lignes de production. La plupart des sites ne sont donc pas en mesure de fonctionner normalement pendant une longue interruption. Si ces coupures persistent jusqu’à la rentrée, le risque de pénuries devient réel : la cosmétique verra sa production affectée. Mais l’agroalimentaire sera encore plus vulnérable en raison des exigences de la chaîne du froid et de la sécurité sanitaire. »

Sur la question du coût, Abdellatif Meziou constate : « Ce sont d’abord les opérateurs économiques qui supportent le fardeau. L’État et les autres acteurs n’ayant pas toujours les marges pour tout compenser. À terme, c’est le consommateur qui risque de payer, via une baisse de qualité, des ruptures de stock et une hausse des prix. »

Si des coupures planifiées ont déjà eu lieu par le passé pour des opérations de maintenance, la fréquence et l’opacité actuelles constituent pour de nombreux industriels une situation inédite. Selon lui, il faut agir sur deux niveaux. D’abord à court terme, en améliorant la communication et en soutenant les secteurs critiques avec des capacités de secours adaptées. Ensuite, à long terme, en accélérant et finançant des projets visant à augmenter la production énergétique (renouvelables, stockage); et ce, afin de réduire la probabilité de récurrence.

« La solution réside dans une meilleure anticipation et des décisions structurelles », conclut Abdellatif Meziou. Cela est indispensables pour préserver la capacité productive du pays et protéger les consommateurs.

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Gaz naturel : la production tunisienne recule de 14 % à fin mai 2026

Les ressources en gaz naturel (production nationale + forfait fiscal) atteignent 698 ktep-pci, à fin mai 2026. Enregistrant, ainsi, une baisse de 14 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce qu’indique le rapport sur « La conjoncture économique (mai 2026) » que publie l’Observatoire National de l’Energie et des Mines. La production nationale du gaz commercial sec enregistre une quasi-stabilité.

Notons que les Champs Nawara et Chergui enregistrent respectivement une hausse de production de 10 % et de 26 %. Pour ce qui est du gaz commercial du sud, sa production est en hausse de 5 %. Alors que le Champ Hasdrubal connait une baisse de la production de 17 %.

A cet égard, l’observatoire note une baisse du forfait fiscal sur le transit de gaz d’origine algérienne de 33%, à fin mai 2026 par rapport à fin mai 2025, en se situant à 225 ktep-pci.

Par ailleurs, la répartition de la redevance totale entre la part cédée à la STEG et celle destinée à l’exportation montre qu’à fin mai 2026, la quasi-totalité de la redevance a été cédée à la STEG. Ce qui représente près de 87 % du volume total.

A signaler qu’un dépassement des prélèvements STEG sur la redevance revenant à l’Etat Tunisien a été enregistré en 2025 d’une quantité de 240 millions de Cm3, en cours de régularisation. S’agissant des achats du gaz algérien, ils augmentent de 8% entre fin mai 2025 et fin mai 2026, pour se situer à 1143 ktep-pci.

En outre, l’approvisionnement national en gaz naturel a enregistré une quasi-stabilité entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 1812 ktep-Pci.

Quasi-stabilité de la demande de gaz naturel

La demande totale de gaz naturel a enregistré une quasi-stabilité entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 1807 ktep-pci. Quant à la demande en production d’électricité, elle est quasi-stable, tout comme celle destinée à la consommation finale. Le secteur de la production électrique reste, de loin, le plus grand consommateur de gaz naturel (65 % de la demande totale à fin mai 2026), la production électrique est en effet basée sur le gaz naturel d’environ 91 %.

Pour les usages finaux (hors production électrique), la demande de gaz naturel a connu une quasi stabilité pour se situer à 624 ktep-pci. La demande des clients moyenne et basse pression a enregistré une légère hausse de 1 % et celle des clients haute pression a enregistré une baisse de 3 %.

Enfin, la consommation spécifique globale des moyens de production électrique a enregistré une baisse 3 % entre fin mai 2025 et fin mai 2026 pour se situer à 195.3 tep/GWh. D’ailleurs, la production d’électricité à partir du gaz naturel a enregistré une hausse de 3 % entre fin mai 2025 et fin mai 2026, relève encore le rapport sur la conjoncture économique (mai 2026).

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Trois patrouilleurs SAR italiens livrés à Tunis

Trois patrouilleurs SAR de 20 mètres, construits en aluminium par le chantier naval Cartubi à Trieste, ont été livrés au port de Tunis après un transport complexe parti de Trieste le 5 juin sur la barge Susanna remorquée par le remorqueur Piemonte. Les vedettes, conçues pour les opérations de recherche et sauvetage en mer agitée, disposent d’un système d’auto-redressement leur permettant de reprendre leur position en cas de chavirage.

Selon l’agence de presse italienne Nova.it , la livraison fait suite à un contrat signé en 2024 avec un client confidentiel ; Cartubi construit aussi deux autres patrouilleurs SAR de 20 m pour la Garde nationale dans le cadre d’un contrat attribué par Civipol et financé par l’Union européenne, démarré le 31 juillet 2025.

Cette opération s’inscrit dans le cadre dun soutien européen accru à la Tunisie pour la gestion des frontières et la lutte contre les flux migratoires (programmes et financements importants en 2023–2027). Ce soutien est toutefois controversé : 46 ONG et Amnesty International critiquent les violations des droits des migrants. Tandis que l’UE met en avant la prévention des décès en mer et la baisse significative des traversées via la Tunisie (déclin annoncé de 97 % des débarquements tunisiens vers l’UE).

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Énergie et métaux : les marchés réagissent à la nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient

La reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran a provoqué de fortes turbulences sur les marchés mondiaux des matières premières. Les craintes de perturbations dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge ont propulsé les prix du pétrole et du gaz naturel à la hausse…

Les nouvelles frappes américaines contre des installations militaires iraniennes, suivies de représailles de Téhéran et de menaces sur les principales routes maritimes du Golfe, ont entraîné une forte volatilité sur les marchés des matières premières.

Les opérateurs craignent une perturbation durable des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde.

Dans ce contexte, les prix du pétrole poursuivent leur hausse, avec un baril de Brent au-dessus des 90 dollars pour la première fois depuis juin, en raison de la poursuite des frappes au Moyen-Orient entre Washington et Téhéran… Le Brent a dépassé, vendredi juillet 17 juillet, le seuil des 85 dollars le baril…

Les tensions géopolitiques alimentent également les marchés du gaz naturel liquéfié (GNL). Les risques pesant sur les exportations du Qatar, premier exportateur mondial de GNL transitant par Ormuz, poussent les acheteurs asiatiques et européens à sécuriser leurs approvisionnements, soutenant ainsi les prix.

L’or retrouve son rôle de valeur refuge

Face à l’incertitude géopolitique, les investisseurs se tournent vers les actifs considérés comme les plus sûrs. L’or progresse donc sous l’effet d’une demande accrue de valeurs refuges Tandis que les obligations souveraines américaines bénéficient elles aussi d’un regain d’intérêt. En revanche, les marchés actions restent plus hésitants, les secteurs les plus sensibles aux coûts de l’énergie étant particulièrement exposés.

Par ailleurs, les tensions au Moyen-Orient exercent également une influence sur plusieurs métaux industriels. L’aluminium, le cuivre et le nickel évoluent dans un contexte de forte volatilité, les marchés intégrant le risque de perturbations logistiques et d’un ralentissement de la demande mondiale si le conflit devait s’intensifier.

Les produits agricoles relativement épargnés

À ce stade, les marchés agricoles réagissent de manière plus modérée. Cependant, une prolongation des tensions pourrait renchérir les coûts du transport maritime et des engrais, avec des répercussions indirectes sur les prix des céréales et des produits alimentaires.

Toutefois, les analystes estiment que l’évolution des cours dépendra principalement de la sécurité des principaux corridors maritimes, notamment le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb.

Toute aggravation du conflit susceptible d’interrompre durablement les exportations de pétrole et de gaz du Golfe pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix de l’énergie, avec des répercussions sur l’inflation mondiale, les politiques monétaires et la croissance économique.

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UIB : le PNB atteint 273,2 MDT à fin juin 2026, en hausse de 5,7 %

L’Union Internationale de Banques (UIB) a clôturé le premier semestre 2026 sur une progression de 11,1 % de son résultat brut d’exploitation, porté à 125,2 MDT; contre une hausse de 13 % une fois neutralisé l’impact de la loi 2024-41 portant amendement du code de commerce. Cette évolution s’appuie sur un produit net bancaire (PNB) de 273,2 MDT au 30 juin 2026, en progression de 5,7 % sur un an, et de 6,8 % à périmètre retraité.

Le principal facteur de cette croissance du résultat brut de l’UIB provient des revenus tirés du portefeuille-titres commercial et d’investissement, en hausse de 26,8 % à 50,2 MDT, contre 39,6 MDT un an plus tôt.

La marge d’intérêt progresse pour sa part de 2,8 % pour s’établir à 146,1 MDT, corrigée de l’incidence de la loi 2024-41, évaluée à 15,8 MDT à fin juin 2026; contre 12,1 MDT un an auparavant, sa croissance sous-jacente ressort à 5 %. Les commissions perçues par la banque restent quasiment stables, à 76,9 MDT, soit une hausse de 0,3 %. Les produits d’exploitation bancaire globale reculent en revanche de 0,9 %, à 450,7 MDT.

Les charges opératoires ont augmenté de 1,6 % à 148,2 MDT, tout comme la masse salariale, également en hausse de 1,6 % à 109 MDT. Le coefficient d’exploitation s’est amélioré, passant de 56,4 % à fin juin 2025 à 54,3 % un an plus tard. Un niveau ramené à 51,3 % hors effet de la loi 2024-41.

L’encours des dépôts de la clientèle atteint 7.183 MDT au 30 juin 2026, contre 7.078 MDT un an plus tôt. Soit une hausse de 1,5 %, équivalant à 104,9 MDT. Les dépôts à vue progressent de 325,2 MDT. Tandis que les dépôts à terme et les certificats de dépôt reculent de 475 MDT.

L’encours net des crédits accordés à la clientèle croît de 2,2 % pour s’établir à 6.480 MDT. Soit 138 MDT de financements nets supplémentaires sur un an. L’encours des emprunts et ressources spéciales est réduit de 134,3 MDT à 98 MDT.

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Le coton face au polyester: quelles perspectives pour l’Afrique?

L’été s’est déjà manifesté avec des vagues de chaleur sur le continent africain, y compris en Tunisie. Vivre ces températures n’est pas toujours facile, notamment en matière d’habillement : il est souvent conseillé de privilégier le coton. Des chercheurs ont ainsi étudié les effets de vêtements  en coton, polyester  dans une pièce maintenue à 30 °C et 50% d’humidité.

Le coton conserve une place importante dans l’industrie textile mondiale, mais il n’est plus dominant. Selon le chapitre « Coton » des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2025‑2034, le Brésil et les États‑Unis devraient être, en 2034, les deux premiers exportateurs mondiaux de coton brut, chacun représentant environ 30 % des exportations mondiales. Toutefois, les perspectives de croissance du marché sont désormais plus limitées.

Le principal défi pour le coton reste la concurrence du polyester. Le rapport conjoint OCDE‑FAO, publié fin juin, souligne que la consommation mondiale de coton dépend essentiellement de la demande textile et des arbitrages industriels entre fibres naturelles et fibres chimiques. Les fibres synthétiques ont pris l’avantage grâce à leur polyvalence, à leurs coûts inférieurs et à leur capacité à répondre rapidement aux besoins du secteur vestimentaire.

Le polyester joue un rôle central dans ce basculement. Depuis qu’il est devenu compétitif au début des années 1970, son prix a généralement évolué en parallèle avec celui du coton, mais l’écart s’est creusé depuis 2010 en raison de la baisse des coûts de production et de l’expansion des capacités industrielles. Entre 2020 et 2023, le coton a été en moyenne plus cher de plus de 77 % que le polyester en termes nominaux, avec des écarts parfois supérieurs à 100 %. Ce différentiel de prix, ainsi que la résistance et l’adaptabilité du polyester à de nombreux usages, continueront d’influencer les choix des filatures.

Les projections indiquent une légère baisse des prix réels du coton d’ici 2035. Pour les producteurs, cela signifie que la croissance des échanges mondiaux de coton brut ne se traduira pas nécessairement par une hausse durable des revenus. Le Brésil devrait conserver la première place parmi les exportateurs à l’horizon 2035, suivi des États‑Unis; ensemble. Ces deux pays représenteront environ les deux tiers des exportations mondiales.

Quelles perspectives pour l’Afrique ?

L’Afrique subsaharienne restera un acteur important, mais plus exposé aux variations de prix et à la concurrence des grands exportateurs. L’OCDE et la FAO estiment que les exportations régionales devraient rester globalement stables au cours de la décennie, avec plus de 80 % de la production destinée aux marchés extérieurs.

La décennie à venir représente à la fois un risque et une opportunité pour le continent. Face à des prix internationaux sous pression et à des préférences croissantes pour les matières synthétiques et recyclées, les pays africains ont intérêt à développer la transformation locale et à augmenter l’utilisation de fibres dans les filatures nationales. Cette stratégie permettrait de retenir davantage de valeur sur le continent et de réduire la vulnérabilité aux fluctuations du marché international.

Il convient de noter également que la Tunisie ne fait pas partie des principaux exportateurs mondiaux de coton brut dans ce classement. L’Observatory of Economic Complexity souligne que ses exportations de coton brut se sont élevées à seulement 324 dollars en 2022.  Ce qui la plaçait au 122e rang mondial.

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Mission économique tunisienne dans l’Etat de Bauchi (Nigéria)

Trois mémorandums d’entente (MoU) ont été signés lors d’une séance de travail, vendredi 17 juillet 2026, consacrée au renforcement de la coopération économique et au développement de partenariats stratégiques entre la Tunisie et l’État de Bauchi, au Nigéria. Ils portent sur le développement d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 3 MW ; la réalisation d’un projet de distribution d’eau potable dans la localité de Dass ; et la création d’une usine de fabrication de drones, destinée à soutenir le développement industriel et technologique de l’État de Bauchi.

Cette signature a eu lieu dans le cadre d’une mission économique sectorielle tunisienne au Nigéria, qui s’est déroulée la semaine écoulée et au cours de laquelle une délégation tunisienne de haut niveau a été reçue par Bala Abdulkadir Mohammed, Gouverneur de l’État de Bauchi.

La délégation tunisienne, présidée par Mohsen Antit, ambassadeur de Tunisie au Nigéria, était conduite par Anis Jaziri, président du Tunisia Africa Business Council (TABC) et réunissait plusieurs entreprises membres du Tunisia Consortium for African Development (Tucad), représentant des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’eau, les infrastructures, les technologies et l’ingénierie.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires de coopération, notamment dans les domaines des infrastructures, de la transition énergétique, de l’accès à l’eau potable, des technologies de pointe et de la mise en œuvre de projets structurants répondant aux priorités de développement de l’État de Bauchi. 

La signature des trois MoU «illustre la volonté commune des deux parties de transformer les opportunités de coopération en projets concrets, créateurs de valeur, d’emplois et de développement durable», indique un communiqué du TABC, qui réaffirme son «engagement en faveur du renforcement du partenariat économique entre la Tunisie et le Nigéria, tout en contribuant à la promotion de l’expertise tunisienne et à l’accompagnement des grands projets de développement en Afrique, dans une logique de coopération Sud-Sud fondée sur le partage des compétences, le transfert de savoir-faire et la co-construction d’un développement durable et inclusif.»

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Tunisie | Ma9sous signale les coupures d’eau et d’électricité

Un développeur indépendant a conçu pour les clients de la Steg et de la Sonede une carte communautaire, Ma9sous (coupé en arabe tunisien), permettant de consulter et de signaler en temps réels les coupures d’électricité et d’eau dans le territoire de la Tunisie.

Les informations affichées dans la carte proviennent principalement des signalements envoyés par les utilisateurs présents sur place.

Les coupures récentes apparaissent en rouge, puis s’estompent progressivement avant de disparaître de la carte après 24 heures. Les coupures d’électricité annoncées par la Steg sont affichées séparément en bleu.

Le service est volontairement limité au territoire tunisien. Chaque position et la cellule géographique correspondante sont vérifiées côté serveur afin d’empêcher les signalements situés en dehors du pays

Ma9sous a également été conçue avec plusieurs mesures de protection de la vie privée et de sécurité : aucun compte ou identifiant personnel n’est nécessaire ; aucun nom ni numéro de téléphone n’est demandé ; la position exacte de l’utilisateur n’est jamais affichée publiquement ; les signalements sont regroupés dans des zones géographiques approximatives ; un identifiant technique non réversible sert uniquement à limiter les abus ; Cloudflare Turnstile et des limites de fréquence protègent le service contre les signalements automatisés.

Ma9sous n’est pas une source officielle. Son objectif est de fournir une vision communautaire et rapidement accessible de la situation, particulièrement lorsque plusieurs régions sont touchées simultanément.

«C’est un projet personnel, développé par un seul développeur durant un week-end, avec pour seul objectif de proposer un outil utile à la communauté tunisienne. Le projet est entièrement indépendant et n’a pas de vocation commerciale», explique son initiateur. Il ajoute : «À terme, si le projet atteint une certaine maturité et trouve une communauté active autour de lui, mon intention est de le transmettre progressivement à la communauté afin qu’il puisse continuer à évoluer comme un bien commun, au service de tous.»

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Plus de 500 emplois: DELTEC choisit la Tunisie pour sa première usine hors d’Allemagne

Le groupe allemand DELTEC, spécialisé dans la fabrication de composants électroniques et les services de fabrication électronique (EMS), a annoncé l’acquisition du site de production de Cicor situé à Borj Cédria. Cette opération constitue la première implantation industrielle du groupe en dehors de l’Allemagne.

À travers cette acquisition, DELTEC prévoit d’intégrer le site tunisien à son dispositif industriel tout en assurant la continuité des activités existantes. Le groupe indique également vouloir s’appuyer sur les compétences des équipes locales et maintenir l’expertise développée sur le site.

Parallèlement à cette opération, DELTEC prévoit la mise en place d’une nouvelle unité de production d’une superficie de plus de 10 000 m². Ce projet devrait, selon le groupe, permettre la création de plus de 500 emplois à terme.

Le président-directeur général de DELTEC, Carsten Ellermeier, s’est rendu en Tunisie du 14 au 17 juillet 2026, à la tête d’une délégation du groupe, afin de rencontrer les différents acteurs institutionnels concernés par cette implantation.

La délégation a notamment été reçue le 15 juillet au siège du gouvernorat de Ben Arous par le gouverneur Abdelhamid Boukaddida, en présence du directeur général de FIPA-Tunisia, Jalel Tebib, ainsi que de responsables régionaux. Les discussions ont porté sur le suivi du projet et les dispositifs d’accompagnement institutionnel.

Les représentants de DELTEC ont également rencontré les responsables de FIPA-Tunisia ainsi que Mhamed Ben Abid, directeur général du Climat des affaires au ministère de l’Économie et de la Planification, afin d’échanger sur les mécanismes d’appui liés à cette nouvelle implantation.

Avec cette opération, DELTEC renforce sa capacité de production et élargit son réseau industriel à l’international. Pour la Tunisie, ce projet s’inscrit dans le développement du secteur des industries électroniques et dans l’attraction de nouveaux investissements industriels.

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Les pays de la CEDEAO adhèrent au gazoduc Nigéria-Maroc

Les pays de la CEDEAO ont décidé d’adhérer au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. En bref La CEDEAO a…

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Télé-déclaration/télépaiement : lundi 20 juillet, dernier délai de dépôt de la déclaration mensuelle

La Direction générale des impôts (DGI) rappelle que lundi 20 juillet 2026 est le dernier délai de dépôt de la déclaration mensuelle pour les personnes morales adhérentes au système de la télé-déclaration et du télépaiement.

Elle souligne l’importance de respecter cette date afin d’éviter les conséquences juridiques et financières issues de retard dans le dépôt des déclarations fiscales, selon un communiqué publié, dans le calendrier des échéances fiscales du mois de juillet 2026

La DGI précise également que la date mentionnée correspond au dernier jour du délai légal et non au seul jour pour le dépôt de la déclaration, appelant les contribuables à effectuer leurs procédures avant l’expiration du délai, afin d’éviter de surcharger le système informatique et d’éviter l’encombrement pendant les derniers jours.

Si la date limite de dépôt d’une déclaration fiscale coïncide avec un jour férié ou un dimanche, il est possible de déposer la déclaration le premier jour ouvrable suivant, sans pénalité de retard, tient à expliquer la direction.

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Steg | Les zones concernées par les coupures d’électricité dimanche

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé la possibilité de coupures d’électricité intermittentes ce dimanche 19 juillet 2026, entre 11h00 et 16 h00, qui toucheront diverses zones à travers le pays. Le rétablissement du service pourrait intervenir sans préavis, ajoute l’entreprise publique en invitant le public à prendre les mesures de précaution nécessaires.

Selon les communiqués successifs publiés par la société ce dimanche matin, ces coupures — mises en œuvre pour garantir la sécurité et la stabilité du réseau électrique — concernent une liste préliminaire de localités susceptible d’être élargie à d’autres zones.

Dans la région du Grand Tunis, les zones touchées comprennent Tunis, Ben Arous, El Mourouj, El Bouhaira, Radès, Fouchana, Mghira, Borj Cedria, La Soukra, Sanhaja, Riad El Andalous, l’Ariana et La Manouba.

Au nord, les pannes affecteront la région du Cap Bon, notamment El Mida, Tazarka, El Mrezga, Ain Kamacha, Essomâa, Dar Chaabane, Beni Khiar, Grombalia, Menzel Bouzelfa et Takelsa, ainsi que la région de Zaghouan.

Autres zones concernées Jebel Et Oust, Bir Mcherga, Zriba, Smenja, Saouaf, Mograne et Nadhour. Dans la région de Sousse, Cité Riyad, Hammam Sousse, Quartier Universitaire, Kalaa Sghira, Ksar Lamta, Ain Jelloula, Jemmal, Bembla, Msaken, Bouhjar, Zaouiet Kontech, Sahline, Menzel Kamel, El Frina, Moknine, Chebba, Souassi, Karkar, Sidi Bou Ali et Kalaa Kebira.

Dans le gouvernorat de Sfax, des interruptions de service sont enregistrées dans les localités de Sidi Mansour, Bir Saleh, El Hencha, El Gharaba, El Amra, El Mastaria, Jebiniana, Agareb, Chaffar, Bir Ali Ben Khalifa, Mahres et la délégation d’Agareb.

Dans la région du sud-ouest, les interruptions touchent les zones de Saïda, Khamouda Boudrias, Souk El Jedid, El Hammar, Ouled Hamed, El Houamed, Makarem, Qatrana, El Chakhar, Foussana, Hassi El Farid, Ouled Haffouz, Sbeitla, Thala, El Ayoun, El Amaymia et Sidi Aich.

L’entreprise a mis à la disposition de ses clients le numéro de service 71.239.222, en plus des numéros de téléphone indiqués sur les factures de consommation, pour signaler des urgences ou demander des informations complémentaires.

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«Innovation Talks» | Synergies des écosystèmes d’innovation tunisien et italien

«Avec plus de 1 400 startups actives et un écosystème dynamique réunissant universités, centres de recherche, pôles technologiques, accélérateurs et institutions publiques, la Tunisie constitue un terrain particulièrement fertile pour renforcer les synergies avec le système d’innovation italien.»

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, lors de l’ouverture de la deuxième édition des «Innovation Talks» au Tunis Startup Village, un cycle de rencontres promu par l’ambassade d’Italie et Terna Innovation Zone Tunisia.

«Réunir les acteurs clés de l’innovation italienne et tunisienne favorise l’échange d’idées, d’expertises et de talents, créant ainsi les conditions propices à de nouvelles collaborations dans des secteurs stratégiques pour l’avenir, allant des technologies émergentes à la durabilité», a souligné M. Prunas.

L’événement, animé par Wassim Ben Larbi, a vu la participation de Matthieu Meneghini, cofondateur de la startup italienne Koalisation, et de Souha Bejaoui, cofondatrice de la startup tunisienne ProVerdy, qui ont débattu de solutions innovantes, d’intelligence artificielle et de nouvelles technologies au service de la durabilité devant un large public composé de startups, d’investisseurs, de capital-risqueurs, de représentants du monde académique et de jeunes talents de l’écosystème d’innovation tunisien.

Fondée en 2022, Koalisation œuvre à la lutte contre le changement climatique en développant des projets de finance carbone à fort impact en Afrique subsaharienne, en partenariat avec les communautés locales. La startup promeut des initiatives liées à la cuisson propre, à l’agroforesterie et à l’accès à l’eau, contribuant ainsi à la réduction des émissions, à la préservation des écosystèmes et au développement durable des communautés concernées. En 2025, elle a reçu la mention spéciale «Joule» lors des ENI Awards pour ses idées entrepreneuriales innovantes et durables.

ProVerdy, l’une des cinq startups sélectionnées pour le programme d’accélération Terna Innovation Zone Tunisia 2026, a développé une plateforme SaaS (logiciel en tant que service) basée sur l’IA pour aider les entreprises à mesurer, gérer et réduire leur empreinte carbone grâce à des solutions avancées de comptabilité carbone et de reporting ESG. La startup a été distinguée par le prix «Startup de l’année 2026» lors du Tunisia Investment Forum.

Dans le prolongement de la première édition des «Innovation Talks» — organisée en mai dernier et consacrée à l’intelligence artificielle, avec la participation de la start-up italienne Eoliann et de la start-up tunisienne NextAV — l’initiative se poursuit, favorisant la collaboration entre les écosystèmes d’innovation des deux pays.«La décision de Terna d’ouvrir sa deuxième Innovation Zone à Tunis — après celle de San Francisco — confirme que l’Italie reconnaît l’immense potentiel de la Tunisie en tant que pôle d’innovation pour la région méditerranéenne», a déclaré l’ambassadeur Prunas, soulignant que la Tunisie a été le premier pays africain à adopter un Startup Act.

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Canicule – Les températures atteindront les 48 °C

Ce dimanche 19 juillet, le temps sera partiellement brumeux avec apparition de cellules orageuses accompagnées de pluies dans l’après-midi sur les hauteurs. Ces pluies concerneront localement certaines régions  à l’est. 

Quant aux températures, elles seront très élevées, avec des maximales qui varieront entre 38 °C et 43 ° C près des côtes et sur les hauteurs, et entre 44 °C et 48 °C ailleurs avec coups de sirocco.

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Les sept objectifs prioritaires du Plan 2026-2030, selon Samir Abdelhafidh

Le principal défi du Plan de développement 2026-2030 consiste à transformer les projets programmés en réalisations concrètes ayant des retombées économiques, sociales et environnementales tangibles. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, qui s’adressait le 17 courant aux députés du Conseil national des régions et des districts (CNRD).

Il estime que « le succès de tout plan se mesure à sa capacité d’exécution et aux résultats obtenus sur le terrain », ajoutant que ce document a été élaboré selon une approche ascendante, fondée sur les propositions des conseils locaux afin de répondre aux priorités exprimées dans les différentes régions du pays.

A noter que le plan fixe entre autres un objectif de croissance de 4 %, prévoit une hausse du revenu par habitant, une réduction de la pauvreté et une amélioration du pouvoir d’achat, ambitionne de renforcer les équilibres financiers de l’État, d’améliorer la rentabilité des entreprises publiques, d’accélérer la numérisation de l’économie et d’intégrer 50 % du secteur informel.

Samir Abdelhafidh affirme que les autorités poursuivent leurs efforts pour accélérer l’exécution des projets publics grâce à des mécanismes de suivi et d’évaluation, rappelant qu’une plateforme numérique de suivi des projets a été mise en service en juin 2025. Dans ce cadre, il invite le CNRD à jouer un rôle de contrôle dans la mise en œuvre des programmes, insistant au passage sur la nécessité d’investir dans le capital humain, à travers le développement de l’éducation, de la formation et de la santé, tout en soutenant la transition numérique, l’innovation et l’inclusion socio-économique.

Sur le plan économique, le plan 2026-2030 mise sur le renforcement de l’investissement productif, le soutien à l’innovation, le développement du tissu économique et l’amélioration du climat des affaires.

Il prévoit aussi des réformes institutionnelles destinées à moderniser l’administration, simplifier les procédures, accélérer la transformation numérique et renforcer la gouvernance.

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Nadia Zrelli : Le PIB ne suffit plus, l’avenir économique passe par le bien-être des Tunisiens

Alors que les indicateurs macroéconomiques restent au cœur de l’évaluation des politiques publiques, une nouvelle approche gagne du terrain : celle de l’économie du bien-être.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Nadia Zrelli, économiste et vice-présidente MENA de la Global Inclusive Economy Society, souligne que le progrès d’un pays ne peut plus être mesuré uniquement à travers son PIB, son taux de croissance ou son niveau d’inflation. Selon elle, l’enjeu est désormais d’aller au-delà des indicateurs macroéconomiques pour comprendre comment les citoyens vivent réellement, comment ils perçoivent leur avenir et comment ils évaluent leur propre qualité de vie.

Le PIB, la croissance, l’inflation ou encore le taux de pauvreté demeurent les références traditionnelles pour mesurer la performance économique d’un pays. Pourtant, ces indicateurs ne suffisent plus à rendre compte du bien-être réel des populations. C’est l’un des constats majeurs de l’analyse développée par Nadia Zrelli, qui estime que les indicateurs monétaires ne captent qu’une partie de la réalité sociale.

Selon elle, le bien-être est une notion multidimensionnelle qui combine à la fois des éléments objectifs, comme le revenu, l’accès aux services ou les conditions de vie, et des dimensions plus subjectives liées au ressenti individuel, au sentiment de sécurité, à la confiance ou encore au lien social. Les performances économiques peuvent contribuer à améliorer le bien-être, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’expliquer le niveau de satisfaction d’une population.

Cette limite renvoie directement au célèbre paradoxe d’Easterlin, selon lequel une augmentation de la richesse collective ne conduit pas automatiquement à une population plus heureuse. L’économiste rappelle que plusieurs décennies de politiques publiques centrées principalement sur la croissance ont montré leurs limites : un pays peut enregistrer de meilleures performances économiques sans que ses citoyens ressentent nécessairement une amélioration de leur quotidien.

Le premier baromètre tunisien du bien-être : une nouvelle lecture de la société

Pour mieux comprendre les déterminants du bien-être en Tunisie, Nadia Zrelli a initié, à travers Global Inclusive Economy Society, le premier baromètre tunisien du bien-être individuel. Cette enquête, réalisée auprès de populations ciblées, notamment des étudiants de la génération Z issus de l’Université de Carthage et des femmes entrepreneures en collaboration avec la Chambre nationale des femmes cheffes d’entreprise, vise à combler un manque important de données microéconomiques sur le sujet.

L’économiste souligne que jusqu’à présent, la Tunisie disposait essentiellement d’indicateurs macroéconomiques ou territoriaux, mais très peu d’informations permettant de comprendre les facteurs qui influencent directement le bonheur et la satisfaction des individus.

Les résultats auprès des étudiants de la génération Z apportent un éclairage particulièrement révélateur. Contrairement à une lecture strictement économique du bien-être, l’argent n’apparaît pas comme le premier déterminant de leur satisfaction. Le facteur dominant est la famille, le soutien social et le sentiment d’appartenance.

Selon Nadia Zrelli, cette génération accorde également une importance majeure à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Les jeunes interrogés ne souhaitent pas uniquement maximiser leurs revenus, mais recherchent un équilibre global leur permettant de préserver leur qualité de vie. L’argent et la richesse arrivent en troisième position, avec toutefois une dimension culturelle particulière, notamment une volonté de réussir tout en restant alignés avec leurs valeurs.

L’étude met également en évidence des profils différents chez les femmes entrepreneures. Les dirigeantes disposant d’une entreprise établie depuis plusieurs années affichent généralement un niveau de bien-être plus élevé, porté par l’expérience, la stabilité et un sentiment d’accomplissement. À l’inverse, les jeunes entrepreneures ou celles qui dirigent de petites structures individuelles ou familiales font face à davantage de stress et d’incertitudes. Leur niveau de satisfaction dépend fortement de leur capacité à dépasser les obstacles liés au développement de leur activité.

Le soutien social pèse presque autant que le PIB dans le bien-être

Les données internationales confirment cette vision plus large du progrès. Selon l’analyse de Nadia Zrelli, le PIB, utilisé comme indicateur indirect du pouvoir d’achat, n’expliquerait que 27,6 % du niveau de bien-être en Tunisie. Le soutien social représenterait 26,9 %, tandis que la santé contribuerait à hauteur de 10,1 %.

Son analyse met ainsi en évidence le rôle central des facteurs non économiques. La qualité des relations sociales, la solidarité familiale, la confiance dans les institutions, le sentiment de sécurité ou encore la perception de pouvoir accéder aux opportunités jouent un rôle déterminant dans l’évaluation que les citoyens font de leur propre vie.

Elle rappelle que la société tunisienne présente une particularité importante : malgré les difficultés économiques, notamment pour les ménages à faibles revenus, les mécanismes sociaux et familiaux continuent de constituer un facteur de résilience. Le soutien de la famille, l’appartenance communautaire, les valeurs culturelles et l’espérance contribuent à maintenir une perception positive de l’avenir.

Cette dimension rejoint également certaines conclusions des travaux des Nations Unies sur les perceptions sociales, qui montrent une capacité importante des Tunisiens à conserver une forme d’optimisme malgré les contraintes économiques.

Pourquoi la Tunisie recule dans les classements du bonheur

La perception du bien-être ne dépend toutefois pas uniquement des solidarités sociales. Nadia Zrelli souligne que le recul relatif de la Tunisie dans les classements internationaux du bonheur s’explique notamment par une dégradation de certains facteurs institutionnels.

Elle cite en particulier la perception de la corruption, qui influence directement le sentiment d’équité et d’accès aux opportunités. Pour les jeunes générations notamment, le sentiment que la réussite dépend moins du mérite que des réseaux ou des relations constitue un facteur négatif important.

L’accès limité aux opportunités, les barrières sociales et professionnelles ainsi qu’une perte de confiance dans la méritocratie contribuent à affaiblir le sentiment de satisfaction, même lorsque certains indicateurs économiques évoluent favorablement.

Pourquoi la baisse de l’inflation ne suffit pas à améliorer le quotidien

Le décalage entre les statistiques économiques et le ressenti des ménages apparaît également dans la question du pouvoir d’achat. La baisse de l’inflation devrait théoriquement améliorer la perception du niveau de vie. Pourtant, beaucoup de Tunisiens continuent de ressentir une pression financière importante.

Selon Nadia Zrelli, cette contradiction s’explique notamment par les limites des méthodes classiques de mesure de l’inflation. Les indices reposent principalement sur un panier de biens de consommation courante, alors que les dépenses qui prennent aujourd’hui une place croissante dans les budgets des ménages concernent aussi les services.

Elle cite notamment la santé, l’éducation et les loisirs. L’accès aux soins privés représente une charge de plus en plus lourde pour de nombreux ménages qui cherchent une alternative à un système public jugé insuffisant. De même, les familles consacrent une part importante de leurs revenus à l’éducation de leurs enfants, notamment à travers l’enseignement privé ou les cours de soutien.

Les loisirs constituent également un indicateur révélateur du bien-être. Les vacances, les sorties ou les activités culturelles contribuent fortement à la qualité de vie, mais restent difficilement accessibles pour une grande partie de la population. Ainsi, même lorsque l’inflation ralentit, les ménages peuvent continuer à ressentir une dégradation de leur bien-être parce que leurs arbitrages budgétaires se font au détriment d’autres dimensions essentielles de la vie.

Vers une nouvelle conception des politiques publiques

Pour intégrer réellement le bien-être dans les politiques publiques tunisiennes, Nadia Zrelli identifie trois défis majeurs.

Le premier consiste à dépasser une approche exclusivement monétaire des politiques économiques. Réduire le chômage, maîtriser l’inflation ou stimuler la croissance restent indispensables, mais ces objectifs doivent être complétés par une vision plus globale intégrant la santé, l’éducation, la sécurité, l’environnement, la confiance et la qualité des relations sociales.

Le deuxième défi concerne le développement de données fiables. L’économiste insiste sur l’importance de disposer d’informations microéconomiques permettant de comprendre les différences entre catégories sociales, générations et territoires. Sans données précises sur le ressenti des citoyens, il devient difficile de concevoir des politiques adaptées.

Le troisième enjeu concerne l’intégration de la qualité de vie dans les politiques locales. Nadia Zrelli estime que les territoires doivent être analysés au-delà des infrastructures économiques classiques, en prenant en compte l’accès aux services, l’environnement, la qualité du logement, les équipements culturels ou encore les possibilités de loisirs.

Elle rappelle que plusieurs organisations internationales développent aujourd’hui des approches comme les indicateurs de qualité de vie ou les bases de données sur le bien-être, afin de dépasser la vision limitée du PIB.

Le bien-être, un investissement stratégique plus qu’un coût

Contrairement à certaines perceptions, intégrer le bien-être dans les politiques publiques ne nécessite pas nécessairement des dépenses massives supplémentaires. Pour Nadia Zrelli, la première étape repose avant tout sur une évolution de la manière de concevoir les politiques publiques.

Il s’agit, selon elle, de mobiliser les expertises existantes, de produire de nouvelles données et d’ajouter cette dimension aux stratégies économiques déjà mises en place. Les résultats ne peuvent évidemment pas être immédiats, car l’évaluation d’une politique publique nécessite plusieurs années, mais le changement d’approche doit commencer dès maintenant.

Alors que la Tunisie cherche à redéfinir ses priorités économiques et sociales, l’économie du bien-être propose une nouvelle grille de lecture : la réussite d’un pays ne se mesure plus uniquement à ce qu’il produit, mais aussi à la manière dont ses citoyens vivent, espèrent et construisent leur avenir. Le véritable défi pour les prochaines années sera donc de transformer cette notion en un outil concret de décision publique.

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Le blues des livreurs Glovo tunisiens

La mobilisation des livreurs tunisiens — qui a débuté devant le siège de Glovo, filiale locale du célèbre groupe espagnol, dans le quartier du Lac 2 à Tunis — se transforme en un conflit plus large concernant la reconnaissance des droits des travailleurs de l’économie des plateformes numériques. L’UGTT, la puissante centrale syndicale, soutient leurs revendications, alors que les autorités publiques restent de marbre, alors qu’elles sont censées avoir voix au chapitre, puisque la plupart de ces plateformes numériques ne respectent pas le droit du travail. (Photo; Image générée par IA).

Parmi les principales revendications figurent des rémunérations jugées insuffisantes, la prise en charge intégrale des frais de carburant et d’entretien par les livreurs, l’absence de couverture sociale, les risques d’accidents de la route et la possibilité d’être exclus des applications sans aucune procédure de recours. L’esclavage moderne, en quelque sorte, dans toute sa splendeur numérique.

Un premier arrêt de travail a été organisé le 10 juillet par un groupe de livreurs de Glovo ; ils s’étaient rassemblés devant les bureaux de l’entreprise pour dénoncer des conditions de travail difficiles et l’absence de protections adéquates.

Des images et des témoignages diffusés sur les réseaux sociaux montraient de nombreuses motos stationnées sur le lieu de la manifestation.

La mobilisation s’est ensuite élargie aux travailleurs utilisant d’autres applications de livraison. Le 15 juillet, un représentant des livreurs a annoncé une grève générale du secteur, expliquant que la hausse des coûts du carburant, de l’entretien des véhicules et des données mobiles nécessaires au fonctionnement des applications de géolocalisation absorbait une part croissante de leurs revenus.

Les revendications clés incluent l’instauration d’un tarif minimal obligatoire de trois dinars pour toute livraison effectuée dans un rayon de trois kilomètres.

Les livreurs réclament également une rémunération individuelle pour chaque commande, contestant le système permettant aux plateformes de regrouper plusieurs livraisons en une seule course — une pratique qui réduit la rémunération et les primes versées au livreur.

Une autre question concerne l’organisation du temps de travail ; les manifestants demandent la suppression du système de créneaux horaires fixes, jugé trop rigide, car il peut pénaliser les travailleurs en cas de panne de moto, de crevaison ou d’autres imprévus. La proposition consiste à adopter un modèle similaire à celui utilisé par les chauffeurs de taxi via des applications, leur permettant de se connecter et de se déconnecter librement selon leurs disponibilités.

La liste des revendications comprend aussi une demande de revenu journalier minimal garanti de 80 dinars pour huit heures de travail effectif. Ce montant a suscité des débats sur les réseaux sociaux, mais ses partisans soutiennent qu’il est nécessaire pour couvrir les frais de carburant, d’entretien, de connexion internet, la dépréciation du véhicule ainsi que les risques professionnels.

A titre de comparaison, la rémunération quotidienne d’une aide- ménagère en Tunisie varie entre 45 et 50 dinars, sans autre frais personnel que le transport de et vers le lieu de travail. La revendication des livreurs semble donc raisonnable.

La contestation a reçu le soutien de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui réclame la reconnaissance officielle des travailleurs des plateformes — en particulier les livreurs — ainsi que leur intégration encadrée dans le système économique. La centrale syndicale revendique une rémunération équitable, une couverture sociale et sanitaire, une assurance contre les accidents, ainsi que le droit pour ces travailleurs de constituer des instances syndicales représentatives. Selon une étude présentée par l’UGTT le 29 juin, environ 60 000 personnes en Tunisie travaillent via des plateformes numériques dans des secteurs tels que la livraison commerciale, la distribution de produits pharmaceutiques, les services à domicile et le transport de passagers à moto. Il apparaît que 98 % d’entre elles ne disposent pas d’une couverture sociale adéquate, tandis que 75 % font face à des revenus irréguliers.

Par ailleurs, 60 % de ces livreurs peineraient à obtenir une assurance pour les véhicules qu’ils utilisent dans le cadre de leur activité.

I. B.

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La Tunisie réceptionne trois navires de surveillance maritime fabriqués en Italie

Officiellement, la Tunisie est un pays souverain et ne garde les frontières maritimes d’aucun autre pays. Cela ne l’empêche pas d’accepter une aide européenne en équipements de recherche, de sauvetage et de surveillance maritime destinés essentiellement à lutter contre la migration illégale à partir de ses côtes vers les rivages italiens de la citadelle Europe.

L’information a été communiquée par Shipping Italy : trois patrouilleurs de sauvetage (SAR) construits à Trieste, en Italie, ont été livrés à la Tunisie. Les trois navires en aluminium — mesurant chacun 20 mètres de long — sont dotés d’une technologie d’auto-redressement et conçus pour opérer même dans des conditions météorologiques et maritimes difficiles.

La commande remonte à 2024, mais Cartubi, le chantier naval de Trieste, n’a pas divulgué l’identité du client, affirmant ne pas être autorisé à le faire. Des sources du secteur évoquent généralement une autorité maritime locale, sans préciser si les navires sont destinés à la marine ou à la garde nationale tunisiennes. Toutefois, cette livraison confirme le rôle croissant de l’industrie navale italienne dans le renforcement des capacités de recherche et de sauvetage ainsi que de surveillance maritime de la Tunisie.

Ces trois navires récemment arrivés ne doivent pas être confondus avec une autre commande attribuée à Cartubi par l’agence française Civipol : le chantier naval de Trieste construit actuellement deux patrouilleurs SAR (recherche et sauvetage) supplémentaires de 20 mètres, spécifiquement pour la Garde nationale tunisienne, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne.

En septembre 2025, la marine tunisienne avait déjà réceptionné deux navires de recherche et de sauvetage via le projet européen «Soutien aux opérations de recherche et de sauvetage en mer en Tunisie», financé par Bruxelles et mis en œuvre par Civipol avec le soutien de l’agence de coopération technique allemande GIZ.

Selon la délégation de l’UE, ces navires visent à protéger des vies en mer, à améliorer la gestion des frontières maritimes et à lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains.

Le renforcement de la flotte tunisienne s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique plus large conclu entre l’UE et la Tunisie en juillet 2023. Le volet migratoire européen comprenait — entre autres mesures — la maintenance et la fourniture de navires, de véhicules, de caméras thermiques, d’équipements opérationnels et d’activités de formation pour la Garde nationale et la marine tunisiennes, parallèlement à des programmes de rapatriement volontaire de migrants.

Traduit de l’italien.

D’après Ansamed.

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Conect : coupures électriques, des heures d’arrêt qui coûtent cher aux entreprises!

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a exprimé sa préoccupation face aux conséquences croissantes des coupures programmées d’électricité sur les entreprises économiques opérant dans les différents secteurs et régions du pays.

Dans un communiqué, l’organisation patronale souligne que ces interruptions engendrent des pertes directes et indirectes importantes, liées notamment à l’arrêt de la production, au ralentissement de l’activité et aux perturbations du fonctionnement des entreprises. Elle met également en garde contre les dommages susceptibles d’affecter les équipements industriels, électriques et électroniques, ce qui pourrait peser sur la productivité des entreprises, réduire leur compétitivité et fragiliser davantage le climat d’investissement.

La Conect a salué les efforts déployés par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) pour informer les citoyens et les opérateurs économiques des opérations de coupure programmées à travers différents canaux de communication. Toutefois, elle estime que les informations diffusées restent, dans plusieurs cas, insuffisamment précises ou détaillées, notamment concernant les zones concernées, les horaires des interruptions et leur durée prévisionnelle.

Selon la confédération, ce manque de visibilité complique la planification des activités économiques et empêche les entreprises de mettre en place, à temps, les mesures préventives nécessaires pour limiter l’impact de ces perturbations.

Face à cette situation, la Conect appelle à une amélioration du dispositif d’information préalable relatif aux coupures programmées, à travers la mise à disposition de données actualisées et précises sur les zones touchées, les horaires d’interruption et la durée estimée des coupures. Elle recommande également le recours à des moyens de communication plus efficaces afin de garantir une diffusion rapide de l’information auprès des entreprises et des acteurs économiques.

Au-delà de la question de l’information, l’organisation patronale considère que la problématique nécessite une approche globale fondée sur le dialogue et la coordination entre les différentes parties prenantes. L’objectif est de mettre en place des solutions durables permettant de réduire la fréquence des interruptions, de renforcer la stabilité de l’approvisionnement énergétique et de préserver la continuité de l’activité économique.

La Conect affirme par ailleurs sa disposition à jouer un rôle de partenaire actif aux côtés de la Steg, des autorités publiques et des différents intervenants afin de contribuer à l’élaboration de solutions concrètes. Parmi les pistes avancées figurent notamment l’encouragement des investissements dans les énergies renouvelables, le développement des systèmes de stockage énergétique, ainsi que le renforcement des programmes d’efficacité énergétique, de maîtrise de la consommation et de gestion de la demande électrique.

La confédération réaffirme enfin son engagement en faveur d’une coopération constructive avec l’ensemble des acteurs concernés, afin d’accompagner le développement du secteur énergétique, améliorer la qualité des services destinés aux entreprises, renforcer l’attractivité du climat d’investissement et soutenir la compétitivité de l’économie tunisienne.

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