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Tunisie : les revendications pour l’emploi en tête des mobilisations sociales

Le droit au travail a constitué la principale revendication des mouvements de protestation enregistrés en Tunisie au cours du deuxième trimestre 2026. Selon le dernier rapport de l’Observatoire social tunisien, relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), cette revendication représente plus de 64 % de l’ensemble des mobilisations recensées durant la période.

Publié le lundi 13 juillet, le rapport indique que les protestations se sont concentrées principalement dans le gouvernorat de Tunis, suivi de Gafsa et de Kairouan. Des mouvements ont toutefois été observés dans l’ensemble des gouvernorats du pays.

S’agissant des acteurs de ces mobilisations, les travailleurs et les salariés arrivent en tête des participants. Ils sont suivis des militants et des habitants, puis des médecins du service public, des syndicalistes et des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage.

L’Observatoire souligne également que 81 % des protestations ont pris la forme d’actions de terrain, notamment des sit-in, des rassemblements de protestation et des grèves. Les 19 % restants se sont traduits par des communiqués, des campagnes sur les réseaux sociaux ou des prises de parole dans les médias.

Le rapport dresse par ailleurs un état des lieux des violences recensées au cours de la même période. Les violences physiques représentent 46,7 % des cas documentés, devant les violences économiques (17,8 %). Les violences institutionnelles et les violences fondées sur le genre arrivent ensuite, chacune avec une part de 11,2 %.

Les gouvernorats de Nabeul, Tunis et Sousse enregistrent le plus grand nombre de cas de violence documentés. Selon le rapport, les hommes représentent 82 % des auteurs présumés de violences et 47 % des victimes, contre 25 % pour les femmes. Tandis que certains cas concernent des victimes des deux sexes.

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Tunisie | Réduire l’écart entre les compétences des diplômés et les besoins du marché   

Les indicateurs du marché du travail, tels qu’ils ressortent du rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relatif à l’année 2025 publié récemment, révèlent la création de 124 000 emplois nets au cours de l’année écoulée. Ce chiffre atteint un niveau record depuis plusieurs années et s’accompagne d’une légère baisse du taux de chômage à 15,2 %, bien que ce taux demeure élevé.

C’est ce qu’a déclaré, Mohamed Nkhili, professeur de droit bancaire, à Mosaique, le vendredi 10 juillet 2026, en soulignant le recul marqué du chômage des jeunes, ramené à 38,4 %, estimant que cette tendance reflète les politiques de l’emploi actuellement en vigueur, par allusion au mouvement de régularisation des employés précaires et leur intégration à la fonction publique.

M. Nkhili a, également, noté le taux de chômage de 22,5 % parmi les titulaires de diplômes d’enseignement supérieur, qui met en évidence un décalage entre les compétences des diplômés du supérieur et les besoins réels du marché du travail. L’économiste a fait remarquer, dans ce contexte, que le marché du travail tend à absorber plus facilement les diplômés issus de cursus courts et de la formation professionnelle. Aussi a-t-il insisté sur la nécessité de revoir les politiques d’enseignement supérieur pour mieux les aligner sur les exigences du marché et les besoins des entreprises qui ne trouvent pas toujours les profils dont elles ont besoin pour leurs activités. Il a également préconisé de compléter les diplômes académiques, qui ne sont pas censés donner automatiquement un emploi quel que soit leur niveau, par une formation professionnelle au plus près des besoins du marché du travail, et contribuer ainsi à réduire le chômage chez les diplômés.

S’agissant des transferts de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger, les chiffres ont atteint des niveaux records, enregistrant une hausse de 15,60 % pour s’établir à 11,4 milliards de dinars, a fait remarquer M. Nkhili. Cette tendance témoigne de liens nationaux solides ainsi que d’une évolution dans la nature de ces transferts : ils ne servent plus uniquement à la consommation des ménages, mais sont de plus en plus orientés vers l’investissement, s’est-il félicité.

I. B.

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