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Dans ce pays, l’homme le plus riche d’Afrique veut construire une méga-raffinerie

Aliko Dangote poursuit son développement dans le secteur énergétique avec un nouveau projet d’envergure en Afrique de l’Est. Le groupe nigérian prévoit la construction d’une raffinerie sur l’île kényane de Lamu, dans l’océan Indien, avec une capacité annoncée de 700 000 barils par jour. Si elle voit le jour, cette infrastructure deviendrait la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est.

Le projet entre progressivement dans sa phase préparatoire. Selon Edwin Devakumar, vice-président chargé du pétrole et du gaz chez Dangote Group, cité par Reuters, le choix du site est finalisé, les tests de sol sont en cours et les travaux d’ingénierie ont déjà commencé. Le groupe prévoit une construction qui pourrait s’étaler sur environ 3 ans.

Au-delà du marché kényan, la raffinerie vise un débouché régional. Le président kényan William Ruto a indiqué que l’infrastructure pourrait approvisionner plusieurs pays voisins, notamment l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, lit-on dans une dépêche de l’Agence Anadolu. Le projet devrait également contribuer à la création d’emplois, avec près de 60 000 postes évoqués par les autorités kényanes. A dire vrai, le financement de cette infrastructure devrait reposer sur plusieurs mécanismes. Le groupe Dangote prévoit de mobiliser ses ressources propres, de recourir à des émissions obligataires et envisage également une introduction en Bourse de son activité de raffinage afin d’accompagner ses futurs investissements.

Après Lagos, l’étape régionale

Cette nouvelle raffinerie s’inscrit dans la continuité du projet réalisé au Nigeria. Située à Lekki, près de Lagos, la raffinerie Dangote représente l’un des plus grands investissements industriels privés jamais réalisés en Afrique. Construite pour un montant supérieur à 20 milliards de dollars, elle dispose d’une capacité pouvant atteindre 650 000 barils par jour. Mise progressivement en production depuis 2024, elle est devenue la plus grande raffinerie d’Afrique et l’une des plus importantes au monde pour une installation fonctionnant avec un seul train de production. D’ailleurs, elle vise désormais 1,4 million de barils quotidiens d’ici à 2028. Elle produit notamment de l’essence, du diesel et du carburéacteur, avec l’objectif de répondre aux besoins du marché nigérian et de développer des exportations vers d’autres marchés.

Le projet répond à une situation paradoxale. Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, a longtemps dépendu des importations de carburants raffinés en raison de capacités locales insuffisantes. Avec cette raffinerie, Dangote cherche à déplacer une partie de la chaîne de valeur vers l’intérieur du pays, en transformant localement une ressource jusque-là largement exportée sous forme brute. Le groupe prévoit par ailleurs d’augmenter progressivement la capacité de son site nigérian pour atteindre jusqu’à 1,4 million de barils par jour à terme, selon les objectifs annoncés.

Un industriel qui diversifie son modèle

Derrière ces investissements se trouve Aliko Dangote, l’un des entrepreneurs les plus connus du continent africain. Né en 1957 à Kano, au Nigeria, il a commencé ses activités dans le commerce avant de bâtir un groupe industriel présent dans plusieurs secteurs, notamment le ciment, l’agroalimentaire, les engrais et désormais l’énergie. Son principal actif reste Dangote Cement, devenu l’un des premiers groupes cimentiers africains avec des activités dans plusieurs pays. Régulièrement classé parmi les plus grandes fortunes africaines par Forbes, Dangote a construit son développement autour d’un modèle industriel: produire localement des biens qui restent largement importés par les économies africaines…

Cette trajectoire a également valu à Aliko Dangote d’être désigné “African Energy Person of the Year 2026” par l’African Energy Chamber, une distinction mettant en avant ses investissements dans les infrastructures énergétiques africaines.

 

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La BERD étend sa présence à 4 autres pays africains après le Nigeria

Après le Nigeria, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) prépare son implantation dans 4 autres pays d’Afrique subsaharienne. Le Kenya, le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire devraient accueillir à leur tour des bureaux de l’institution afin de renforcer sa présence locale et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement.

L’annonce a été rapportée par Cnbc Africa, citant Matteo Patrone, vice-président de la BERD chargé des activités bancaires. Selon lui, cette expansion vise à reproduire en Afrique subsaharienne le modèle d’intervention développé par la banque dans ses autres régions d’activité, en particulier à travers le soutien au secteur privé.

Le Nigeria constitue la première étape de cette nouvelle implantation africaine. Devenu pays d’opération de la BERD en 2025, le pays a déjà bénéficié de financements dépassant 150 millions d’euros, ainsi que d’un dispositif dédié au financement du commerce. L’institution y a également déployé une équipe chargée de développer des projets dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, les télécommunications, les technologies et les industries extractives.

Cette présence doit progressivement s’étendre à quatre autres marchés. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal font partie des pays identifiés par la BERD pour cette première phase d’expansion. Le Ghana figure également parmi les pays sélectionnés pour bénéficier des financements de la banque.

Cette ouverture vers l’Afrique subsaharienne intervient après une évolution du mandat de la BERD. En mai 2023, ses actionnaires avaient approuvé une modification de ses statuts afin d’autoriser une extension de ses activités à certains pays de la région. L’objectif est d’accompagner davantage les économies émergentes en finançant des projets portés par le secteur privé.

Dans ce contexte, il sied de rappeler, la BERD prévoit d’investir au moins 1,5 milliard de dollars au Nigeria au cours des trois prochaines années. Lors de l’inauguration de son premier bureau en Afrique subsaharienne, à Lagos, les responsables de l’institution ont indiqué que la banque avait déjà engagé environ 280 millions de dollars depuis son arrivée sur le marché nigérian en octobre 2025, dont 180 millions de dollars au premier semestre. La BERD table également sur près de 300 millions de dollars d’investissements en 2026, en fonction des opportunités identifiées auprès du secteur privé.

Créée en 1990 pour soutenir la transition économique des pays d’Europe centrale et orientale, la BERD a progressivement élargi son champ d’action à l’Asie centrale, à la Turquie, à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Avec cette nouvelle étape en Afrique subsaharienne, l’institution cherche à renforcer son rôle d’acteur du financement du développement sur de nouveaux marchés.

 

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