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Mondial 2026 – France-Maroc (21h00) : à qui le premier ticket des demies ?

Grande favorite de la compétition, la France s’est qualifiée aux quarts de finale après avoir disposé, non sans mal, du Paraguay (0-1). Kylian Mbappé (7 buts) cherchera à rejoindre une troisième demi-finale consécutive en Coupe du monde tout en alimentant son compteur-buts pour rester au contact de Lionel Messi (8 buts).

Dernier représentant de l’Afrique, le Maroc entend confirmer son installation dans le top mondial et faire au moins aussi bien qu’en 2022 en figurant dans le dernier carré. Les Lions de l’Atlas ont rejoint les quarts après un succès facile contre le Canada (0-3). Tombeur des Pays-Bas en seizièmes de finale, ils s’affirment comme un des outsiders de la compétition.

Comme on se retrouve ! Quatre ans après leur affrontement en demi-finale de Coupe du monde au Qatar (succès 2-0 des Bleus), l’équipe de France et le Maroc vont de nouveau croiser le fer dans la compétition reine, cette fois-ci en quarts de finale.

En disputant une nouvelle fois leur match à Boston, les Bleus de Didier Deschamps qui dirigera son 185e match sur le banc, bénéficieront d’un avantage en matière de récupération. Les Marocains du Bruxellois Mohamed Ouahbi ont parcouru jusqu’à présent plus 9.000 kilomètres dans la compétition contre moins de 3.000 aux Français.

La France arrive avec un parcours parfait depuis le début du tournoi : cinq victoires en cinq matches, 14 buts marqués et seulement deux encaissés. Le Maroc, lui, reste invaincu et a construit sa qualification sur une phase de groupes sérieuse, (1-1) contre le Brésil, (1-0) face à l’Écosse et (4-2) contre Haïti, avant d’éliminer les Pays-Bas aux tirs au but puis de dominer nettement le Canada (3-0).

Les Bleus ont maîtrisé leur tournoi jusque-là. Kylian Mbappé mène l’attaque avec sept buts, dont des doublés face au Sénégal, à l’Irak et à la Suède, tandis qu’Ousmane Dembélé, Ballon d’Or 2025, a signé un triplé retentissant en première période contre la Norvège, le premier en Coupe du monde depuis 1994. Michael Olise totalise de son côté cinq passes décisives et n’est plus qu’à une longueur du record de Pelé, établi à six en 1970.

La France a aussi montré qu’elle savait gagner dans un registre plus fermé. Son huitième de finale contre le Paraguay, remporté (1-0) sur un penalty de Mbappé à la 70e minute, a rappelé qu’elle pouvait aussi s’imposer dans la douleur. Ce type de scénario ressemble justement à ce que le Maroc sait produire.

Les Lions de l’Atlas n’ont plus rien d’une surprise. Quatrièmes du Mondial 2022, ils sont devenus la première nation africaine à atteindre deux quarts de finale de suite. Leur victoire (3-0) contre le Canada en huitième de finale a été un modèle d’efficacité : cinq tirs seulement, mais trois buts, dont un doublé d’Azzedine Ounahi et une réalisation de Soufiane Rahimi en fin de match. Le xG de la rencontre, 0,85 contre 0,78 pour le Canada, montre à quel point le score a été flatteur, mais le Maroc a su exploiter chaque erreur adverse avec un vrai sang-froid. Brahim Diaz a également marqué l’histoire en devenant le meilleur passeur africain sur une édition de Coupe du monde, avec quatre offrandes dans le tournoi.

La France part avec l’avantage du niveau global, du classement et de ses statistiques offensives, mais le Maroc possède l’expérience des grands rendez-vous et une solidité défensive capable de rendre ce quart de finale très serré.

Au niveau des effectifs, la principale interrogation côté français concerne Aurélien Tchouaméni. Le milieu du Real Madrid souffre d’une lésion aux adducteurs contractée à l’entraînement avant le huitième de finale et n’a pas joué contre le Paraguay. Selon l’adjoint de Deschamps, Guy Stéphan, Tchouaméni devrait s’entraîner à l’écart au moins jusqu’à mardi, ce qui rend sa participation très incertaine pour jeudi.

Manu Koné (AS Roma) l’a remplacé dans le onze face au Paraguay, mais le milieu est sous la menace d’une suspension après un carton jaune reçu durant ce match. Pour le reste, Deschamps devrait reconduire l’essentiel de son dispositif. Lucas Digne semble avoir pris l’avantage sur Theo Hernandez au poste d’arrière gauche.

En attaque, Désiré Doué pourrait être préféré à Bradley Barcola sur l’aile gauche, après avoir provoqué le penalty victorieux face au Paraguay.

De son côté, le Maroc est confronté à un casse-tête plus sérieux. Ismael Saibari, auteur de trois buts dans la compétition et meilleur buteur des Lions de l’Atlas, est sorti sur blessure dès la 22e minute contre le Canada. Le joueur du Bayern Munich a ressenti une douleur à la cuisse droite, compatible avec une élongation des ischio-jambiers. Une IRM a été réalisée, mais l’incertitude demeure sur sa présence jeudi. Si Saibari est forfait, Soufiane Rahimi devrait le remplacer en pointe. Le joueur de 30 ans a déjà marqué contre le Canada en entrant en jeu, et son profil de coureur capable d’attaquer la profondeur pourrait convenir face à la défense haute des Bleus.

Chadi Riad, titulaire habituel en défense centrale, est également incertain. Absent contre le Canada à cause d’un problème au genou contracté lors du tour précédent face aux Pays-Bas, il devrait tenter de reprendre l’entraînement collectif en début de semaine.

Le double pivot Ayyoub Bouaddi-Neil El Aynaoui, une des révélations du tournoi, devrait être reconduit. Bouaddi, à seulement 18 ans, impressionne par sa maturité dans le placement et la relance.

Enfin, pour l’anecdote, plusieurs joueurs marocains vivront un match particulier puisqu’ils sont tous nés en France, à savoir Issa Diop, Redouane Halhal, Ayyoub Bouaddi, Samir El Mourabet, Neil El Aynaoui, Gessime Yassine. Issa Diop et Ayyoub Bouaddi ont même évolué avec les Bleus en équipes de jeunes.

Le vainqueur de ce duel rencontrera le gagnant du match prévu vendredi à 12h00 (21h00 belges) à Los Angeles entre l’Espagne et la Belgique. La demi-finale est prévue le 14 juillet à 14h00 (21h00 belges) à Arlington, près de Dallas, au Texas.

Composition probable de la France (4-2-3-1) :

Maignan – Koundé, Saliba, Upamecano, Digne – Rabiot, Koné – Dembélé, Olise, Doué – Mbappé.

Composition probable du Maroc (4-2-3-1) :

Bounou – Hakimi, Riad (ou Halhal), Diop, Mazraoui – El Aynaoui, Bouaddi – Diaz, Ounahi, El Khannouss – Rahimi (ou Saibari).

 

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Mondial 2026- chronique des déboires répétitifs de la sélection nationale : deux décennies de vaches maigres 

Des dix équipes africaines participantes au mondial 2026, seule la Tunisie n’a pu franchir le premier tour. Cette performance continentale a pourtant été réalisée par des équipes, sur le papier de moindre calibre que notre sélection nationale, à l’instar du Cap Vert, du Congo Démocratique, voire du Ghana. Sauf que ces nations ont travaillé en profondeur, mis en place une stratégie bien réfléchie qui leur a permis de grimper les échelons et de se mettre au diapason du football moderne, parvenant ainsi à réussir des performances que notre sélection est loin de pouvoir accomplir. Ainsi, le Cap Vert a tenu en échec l’Espagne et l’Uruguay, la sélection du Ghana a fait trembler l’Angleterre et le Congo a obligé le Portugal au partage des points. Durant ce temps, l’équipe tunisienne collectionnait les défaites pour se retrouver, après un très bref parcours, à l’avant-dernière place parmi les 48 nations présentes. 

Mais les résultats de ce Mondial n’ont pas été surprenants dans la mesure où la préparation, les choix, la gestion et la planification versaient tous dans une telle contreperformance. Il ne faut pas avoir la mémoire courte pour se rappeler la Coupe Arabe des Nations et la sortie par la toute petite porte après une défaite face à la Syrie et une parité face à la Palestine. La participation à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2025) n’a pas été meilleure et la sélection nationale est rentrée au pays au bout des quarts de finale en s’inclinant aux tirs au but face au Mali, après un humiliant score de parité face à la Tanzanie au premier tour et une défaite face au Nigéria. 

 

De déception en déception

Les contreperformances de l’équipe de Tunisie datent de près de deux décennies. La dernière, et d’ailleurs la seule, consécration remonte à la CAN 2004 et au sacre sous la conduite de Roger Lemerre. Depuis 2011, les échecs se sont succédé et aucun des entraîneurs choisis par l’exécutif fédéral n’est parvenu à remettre de l’ordre dans les rangs du team national. Sami Trabelsi (mars 2011 à février 2013), Nabil Maâloul (février 2013 à septembre 2013), Nizar Khanfir (février 2014 à mars 2014), Nabil Maâloul (avril 2017 à juillet 2018), Faouzi Benzarti (juillet 2018 à octobre 2018), Maher Kanzari (octobre 2018 à novembre 2018), Mondher Kebaïer (août 2019 à juillet 2022), Jalel Kadri (janvier 2022 à janvier 2024), Montassar Louhichi (janvier 2024 à juin 2024), Kaïs Yacoubi (octobre 2024 à février 2025), Sami Trabelsi (février 2025 à janvier 2026) et enfin, Sabri Lamouchi (janvier 2026 à juin 2026), tous ces techniciens ont été aussi médiocres les uns que les autres et chacun d’eux a apporté sa contribution dans la dégradation de l’image de marque du football tunisien.     

Entretemps, quatre entraîneurs étrangers, Ruud Krol, Georges Leekens, Henry Kasperczak et Alain Giresse n’ont pas fait mieux et n’ont pu s’adapter à un environnement pas très sain.

 

Navigation à vue

Pendant 22 ans, les bureaux fédéraux qui se sont succédé ont largement contribué à la décadence du sport-roi, sans retenir les leçons de leurs échecs à répétition, sans chercher à mettre en place une stratégie claire et des objectifs précis pour redorer le blason d’un football tunisien qu’ils ont terni sous le regard indifférent des responsables de la tutelle.

Une situation qui s’est répercutée sur les catégories des jeunes, victimes elles aussi d’une politique de copinage et d’intérêts réciproques. Revenir sur les échecs répétitifs des catégories des jeunes ne fera que confirmer la mauvaise gestion qui sévit au sein d’un bureau fédéral toujours en place, sans avoir rendu des comptes et sans avoir été recadré.

Aujourd’hui, la situation n’admet plus le silence de la tutelle qui est appelée à réagir, à prendre des mesures radicales et à trancher dans le vif, car de son intervention dépendra l’avenir du football tunisien. Laisser les fédéraux actuels agir à leur guise, c’est contribuer à un crime impuni contre ce sport qui nous a valu tant de satisfactions dans le passé. 

Hédi RASSAÂ

 

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