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Sánchez à Alger : Pourquoi cette visite concerne aussi la Tunisie

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, effectuera le 20 juillet une visite officielle à Alger, confirmée par la Moncloa, afin de tourner la page de la crise diplomatique ouverte en 2022 après son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Au-delà du réchauffement des relations entre Madrid et Alger, cette visite illustre une évolution plus profonde : en Méditerranée occidentale, les intérêts énergétiques, commerciaux et sécuritaires prennent progressivement le pas sur les différends politiques. Une dynamique qui intéresse directement la Tunisie, confrontée depuis plusieurs années à la délicate gestion de ses relations avec l’Algérie et le Maroc.

Pourquoi cette visite intéresse directement la Tunisie ?

À première vue, le déplacement de Pedro Sánchez relève de la politique étrangère espagnole. Pourtant, il éclaire les défis auxquels la diplomatie tunisienne est confrontée depuis plusieurs années.

La Tunisie continue d’affirmer une position de neutralité sur le Sahara occidental et son attachement à une solution conforme aux résolutions des Nations unies. Cette posture a toutefois été fragilisée en août 2022, lorsque l’accueil du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, lors de la TICAD organisée à Tunis avait provoqué une grave crise diplomatique avec le Maroc, qui avait rappelé son ambassadeur.

Une tentative de rapprochement avait été observée en août 2024, avec une rencontre à Marseille entre le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et le ministre tunisien des Affaires étrangères Nabil Ammar. Les échanges avaient témoigné d’une volonté de renouer le dialogue, sans pour autant effacer les divergences autour du Sahara occidental.

Lire aussi : Le Maroc et la Tunisie, vers un dégel diplomatique ? (2024)

Parallèlement, la coopération stratégique entre la Tunisie et l’Algérie s’est renforcée, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et de la coordination politique. En avril 2025, Webdo rapportait également, sur la base d’informations publiées par plusieurs médias marocains, que des pressions auraient été exercées par Alger afin que Tunis accueille des membres ou des activités liés au Front Polisario. Ces informations n’ont toutefois jamais été confirmées officiellement par Tunis ou Alger. À la même période, certains responsables politiques américains évoquaient un possible classement du Front Polisario comme organisation terroriste, un scénario qui, s’il venait à se concrétiser, pourrait avoir des conséquences diplomatiques pour les États concernés.

Lire aussi : Tunisie-Algérie : Pressions autour du Polisario pour éviter des sanctions américaines ? (2025)

Dans ce contexte, le rapprochement entre Madrid et Alger constitue un précédent que Tunis observera avec attention.

Comment Madrid et Alger ont-ils tourné la page de la crise ?

La crise entre l’Espagne et l’Algérie remonte à mars 2022, lorsque Pedro Sánchez avait apporté son soutien au plan d’autonomie défendu par le Maroc pour le Sahara occidental, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et qualifié par Madrid de solution « la plus sérieuse, réaliste et crédible ».

L’Algérie, principal soutien du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur avant de suspendre, le 8 juin 2022, le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé vingt ans plus tôt. Les échanges commerciaux avaient été fortement perturbés par des restrictions bancaires, tandis que les livraisons de gaz vers l’Espagne étaient maintenues.

Le dégel s’est amorcé fin 2023 avec le retour d’un ambassadeur algérien à Madrid. En mars 2026, la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares à Alger a permis de réactiver officiellement le traité d’amitié. Le président Abdelmadjid Tebboune avait alors évoqué un rapprochement guidé « par la raison et par le cœur ».

Pour Alger, cette normalisation ne traduit toutefois aucun changement de position sur le Sahara occidental. Elle reflète plutôt une volonté de dissocier ce différend de la coopération économique et énergétique avec l’Espagne.

La visite de Pedro Sánchez du 20 juillet doit symboliser la normalisation des relations entre les deux pays.

L’énergie est-elle devenue la priorité ?

Le calendrier du déplacement montre que les considérations économiques occupent désormais une place centrale.

Pedro Sánchez sera accompagné de la troisième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, signe que les questions énergétiques seront au cœur des discussions.

L’Algérie est redevenue le premier fournisseur de gaz de l’Espagne, devant les États-Unis et la Russie. Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent désormais 8,5 milliards d’euros, après avoir fortement reculé au plus fort de la crise diplomatique.

Pour Madrid comme pour Alger, l’énergie apparaît aujourd’hui comme le principal moteur du rapprochement, illustrant une approche plus pragmatique des relations internationales.

Lire aussi : Guerre en Iran : La Tunisie commence-t-elle à en tirer profit ?

Le Sahara occidental reste pourtant au cœur des divergences

Cette normalisation ne signifie pas que les positions des deux pays se sont rapprochées sur le Sahara occidental.

Madrid continue de considérer le plan marocain d’autonomie comme la base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » d’un règlement du conflit, tandis que l’Algérie maintient son soutien au Front Polisario.

En parallèle, le Parlement espagnol examine une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés avant le 11 août 1977, lorsque le territoire était encore administré par l’Espagne. Si elle était adoptée, cette mesure constituerait davantage un geste politique intérieur qu’un changement de doctrine diplomatique.

Autrement dit, l’Espagne cherche aujourd’hui à préserver simultanément son partenariat stratégique avec Rabat et sa coopération retrouvée avec Alger.

Un précédent diplomatique pour le Maghreb ?

La visite de Pedro Sánchez ne modifiera pas les rapports de force entre l’Algérie et le Maroc, dont les relations diplomatiques restent rompues depuis 2021.

Elle montre toutefois qu’un État peut chercher à maintenir des relations de travail avec Alger sans renoncer à son partenariat avec Rabat. Cette logique de pragmatisme répond aux nouveaux impératifs de sécurité énergétique, de coopération économique et de stabilité régionale qui s’imposent désormais à l’ensemble du bassin méditerranéen.

Pour la Tunisie, la situation demeure plus délicate. Sa proximité stratégique avec l’Algérie, la dégradation de ses relations avec le Maroc et la sensibilité du dossier du Sahara occidental réduisent sa marge de manœuvre diplomatique.

La visite de Pedro Sánchez montre néanmoins qu’un désaccord politique majeur n’empêche pas nécessairement la reprise du dialogue et des échanges. Sans être directement transposable au contexte tunisien, le cas espagnol rappelle qu’il est possible de renouer des relations pragmatiques sans renoncer à ses positions de principe. Pour la Tunisie, l’enjeu sera surtout de préserver ses intérêts stratégiques avec l’Algérie tout en évitant que la crise avec le Maroc ne s’installe durablement.

Lire aussi : Tunnel entre la Tunisie et la Sicile : une étude italienne relance l’idée d’un projet à 40 milliards d’euros

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Détroit d’Ormuz : Trump propose une sécurité américaine… payante

Les États-Unis pourraient prendre le contrôle du détroit d’Ormuz et en devenir les « gardiens ». C’est ce qu’a déclaré lundi 13 juillet le président américain Donald Trump, estimant que Washington devrait être rémunéré pour assurer la sécurité de cette voie maritime stratégique, essentielle au commerce mondial du pétrole.

Au cours de son intervention, Donald Trump a ajouté : « Peut-être l’appellerons-nous l’ange gardien du détroit », alors que les tensions continuent de s’intensifier au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade régionale, où le détroit d’Ormuz reste un point névralgique pour les échanges énergétiques internationaux.

Si cette proposition venait à se concrétiser, elle pourrait susciter de vives réactions de la part des pays riverains ainsi que de nombreux acteurs de la communauté internationale, en raison de l’importance géopolitique et économique de cette zone maritime.

Après le « gendarme du monde », voici peut-être le « gardien du détroit ». À ce rythme, il ne manque plus qu’un péage avec abonnement VIP.

C’est le monde à l’envers cependant, car Trump et Netanyahou sont responsables de cette situation, parce que les Iraniens n’évoquaient pas la question de faire payer les navires dans ce détroit. Que Trump pense faire payer le droit de passage du détroit d’Ormuz aux navires, c’est une idée incongrue.

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Les marchés mondiaux face au risque d’un ajustement après la grande vague de l’IA

Après plusieurs mois de hausse spectaculaire portée par les valeurs technologiques et l’intelligence artificielle (IA), les marchés financiers commencent à intégrer un risque de correction.

L’optimisme qui a dominé les marchés financiers depuis l’explosion de l’IA commence à laisser place à davantage de prudence. Après une période exceptionnelle marquée par la progression spectaculaire des grandes valeurs technologiques, plusieurs signaux invitent désormais les investisseurs à la vigilance. Les niveaux de valorisation atteints par certains groupes, la concentration des indices boursiers sur un nombre limité d’entreprises et les incertitudes liées à la politique monétaire mondiale alimentent les craintes d’une correction.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un retournement durable, mais plutôt d’un possible réajustement après une phase de hausse rapide.

Une concentration historique autour des géants technologiques

La principale source d’inquiétude réside dans la domination croissante d’un petit nombre d’entreprises sur les performances des marchés. Aux États-Unis, les grands groupes liés à l’intelligence artificielle, aux semi-conducteurs et au cloud computing représentent désormais une part considérable de la capitalisation boursière. Des entreprises comme les fabricants de processeurs spécialisés dans l’IA, les fournisseurs de services numériques et les plateformes technologiques ont enregistré des progressions spectaculaires grâce aux anticipations sur les bénéfices futurs.

Cette concentration rappelle certains épisodes historiques où l’enthousiasme autour d’une technologie émergente avait conduit les investisseurs à intégrer des perspectives de croissance extrêmement ambitieuses.

Le débat autour des valorisations

La question centrale pour les marchés est désormais la suivante : les bénéfices futurs justifient-ils les niveaux actuels des cours ? Les défenseurs de la hausse estiment que l’intelligence artificielle constitue une transformation comparable à l’arrivée d’Internet ou de l’électricité, capable de générer une nouvelle vague de productivité dans l’ensemble de l’économie. Au regard de cette analyse, les investissements massifs réalisés aujourd’hui créeront de nouveaux marchés dans les années à venir.

Les investisseurs plus prudents soulignent toutefois que l’histoire financière montre souvent un décalage entre les révolutions technologiques et leur rentabilité réelle. Ils rappellent que même les innovations les plus importantes peuvent connaître des phases d’excès spéculatif avant de trouver leur équilibre économique.

Les taux d’intérêt restent la variable déterminante

Au-delà de l’IA, les marchés restent fortement influencés par les décisions des banques centrales. Après le cycle de hausse des taux engagé pour combattre l’inflation, les investisseurs espèrent une poursuite de l’assouplissement monétaire.

Mais plusieurs risques demeurent : une inflation plus persistante que prévu; une remontée des prix de l’énergie; des tensions géopolitiques au Moyen-Orient; une reprise plus forte des salaires aux États-Unis.

Une politique monétaire moins accommodante pourrait peser sur les valorisations, particulièrement dans le secteur technologique où les prix intègrent souvent des bénéfices attendus sur plusieurs années.

Les tensions géopolitiques compliquent le scénario

Les marchés doivent également composer avec un environnement international plus instable.

Les tensions entre les États-Unis et la Chine, les crises au Moyen-Orient et les perturbations possibles du commerce mondial constituent des facteurs d’incertitude.

Une hausse durable des prix de l’énergie pourrait notamment provoquer un retour des pressions inflationnistes et modifier les anticipations des investisseurs.

Ainsi, le secteur technologique, considéré comme moteur de croissance, n’échapperait pas à ces mouvements si les conditions financières devenaient moins favorables.

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Arrêté en Espagne, Fergie Chambers au cœur d’une procédure judiciaire américaine

L’homme d’affaires américain Fergie Chambers, installé en Tunisie depuis fin 2023, fait l’objet d’une procédure d’extradition vers les États-Unis après son arrestation à Ibiza, en Espagne, le 10 juillet. Les autorités américaines le poursuivent notamment pour des faits présumés de blanchiment international d’argent et de soutien matériel à des organisations terroristes étrangères, selon des informations publiées par The Grayzone et Middle East Eye.

Si l’acte d’accusation demeure placé sous scellés, des éléments rapportés par ces médias, qui affirment avoir consulté tout ou une partie du dossier, indiquent que les enquêteurs américains s’intéressent notamment à des transferts de fonds effectués vers la Tunisie après le départ de Fergie Chambers des États-Unis.

Une demande d’extradition vers les États-Unis

James Cox Chambers Jr., plus connu sous le nom de Fergie Chambers, a été interpellé vendredi à Ibiza en exécution d’une demande des autorités américaines. Selon les informations disponibles, il est visé par une procédure d’extradition afin de répondre devant la justice américaine de plusieurs chefs d’accusation, dont le blanchiment d’argent à dimension internationale et un soutien matériel présumé à des organisations terroristes étrangères.

Les poursuites interviennent après son départ des États-Unis en 2023, à la suite de la vente de ses participations dans l’entreprise familiale. L’investisseur avait alors annoncé vouloir consacrer une partie de sa fortune, estimée à 250 millions de dollars, au financement de projets humanitaires et de médias engagés en faveur de la cause palestinienne.

La Tunisie mentionnée dans le dossier

Selon les extraits de l’acte d’accusation publiés par The Grayzone, Fergie Chambers aurait effectué de nombreux transferts de fonds depuis des banques américaines vers des établissements bancaires en Tunisie, où il s’est installé à la fin de l’année 2023.

De son côté, Middle East Eye évoque environ 7,5 millions de dollars transférés hors des États-Unis après son départ du pays, sans préciser quelle part de cette somme aurait été destinée à la Tunisie.

À ce stade, ni les montants exacts des virements évoqués vers la Tunisie ni leurs bénéficiaires n’ont été officiellement confirmés. Le contenu intégral de l’acte d’accusation n’a pas été rendu public et les autorités américaines n’ont pas communiqué sur ces éléments.

Des accusations encore entourées de zones d’ombre

D’après The Grayzone, les procureurs américains reprocheraient à Fergie Chambers d’avoir procédé à des opérations financières dans l’intention de fournir un soutien matériel à des organisations terroristes étrangères.

Le média souligne toutefois que les passages de l’acte d’accusation qu’il affirme avoir consultés ne démontreraient pas qu’un financement ait effectivement bénéficié à une organisation officiellement désignée comme terroriste. Cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Une figure connue en Tunisie

Depuis son installation à Sidi Bou Saïd, Fergie Chambers s’est fait connaître en Tunisie à travers plusieurs investissements et partenariats. Son nom est notamment devenu familier du grand public à la faveur d’un contrat de sponsoring conclu avec le Club Africain, dont il a accompagné le redressement financier.

Toutefois, les informations publiées à ce jour n’établissent aucun lien entre cette collaboration, ou d’autres investissements connus en Tunisie, et les poursuites engagées par la justice américaine.

La procédure d’extradition suit désormais son cours devant la justice espagnole, qui devra se prononcer sur la demande américaine.

En attendant, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Le contenu complet de l’acte d’accusation reste sous scellés, les autorités américaines n’ont publié aucun document officiel détaillant les faits reprochés et la justice espagnole n’a pas communiqué sur les éléments ayant motivé le mandat d’arrêt.

Les informations disponibles reposent donc essentiellement sur les révélations de The Grayzone et de Middle East Eye, dans l’attente d’éventuelles précisions des autorités judiciaires concernées.

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Tunnel entre la Tunisie et la Sicile : Une étude italienne relance l’idée d’un projet à 40 milliards d’euros

Relier la Tunisie à la Sicile par un tunnel sous-marin de 140 kilomètres : cette idée spectaculaire a été remise sur la table le 11 juin 2026 lors de la quatrième édition du Luiss Diplomatic and Security Forum (DiploSec), organisé à Rome par le Center for International and Strategic Studies (CISS) de l’université Luiss. Interrogé à cette occasion par l’agence italienne Adnkronos, le directeur du CISS, Raffaele Marchetti, a présenté les grandes lignes d’une étude de préfaisabilité visant à connecter l’Europe et l’Afrique par une liaison fixe. Le projet ne bénéficie toutefois, à ce stade, d’aucun engagement officiel des gouvernements italien ou tunisien.

Un tunnel de 140 kilomètres à 300 mètres de profondeur

Présentée par Raffaele Marchetti, directeur du CISS et du forum DiploSec, l’infrastructure mesurerait environ 140 kilomètres et atteindrait une profondeur de 300 mètres. Son coût préliminaire est évalué entre 30 et 40 milliards d’euros.

Avec de telles dimensions, le tunnel dépasserait largement le tunnel sous la Manche, long d’une cinquantaine de kilomètres. Il serait également beaucoup plus long que la liaison fixe étudiée entre l’Espagne et le Maroc, utilisée par les promoteurs italiens comme principal point de comparaison.

Marchetti présente d’ailleurs cette concurrence comme une question stratégique : l’Italie doit, selon lui, décider si elle veut prendre les devants dans l’intégration des infrastructures entre l’Europe et l’Afrique ou laisser cet avantage à l’axe Espagne-Maroc.

Une liaison de 140 kilomètres entre l’Europe et l’Afrique

Interrogé par Adnkronos en marge du forum DiploSec, Raffaele Marchetti explique que le CISS étudie la préfaisabilité d’un tunnel sous-marin d’environ 140 kilomètres, à une profondeur pouvant atteindre 300 mètres. Son coût est estimé entre 30 et 40 milliards d’euros.

S’il voyait le jour, il deviendrait la plus longue liaison fixe sous-marine jamais envisagée. À titre de comparaison, le tunnel sous la Manche mesure un peu plus de 50 kilomètres, tandis que le projet de tunnel reliant l’Espagne au Maroc, actuellement à l’étude, atteindrait une trentaine de kilomètres.

Pour le directeur du CISS, cette réflexion dépasse le simple défi technique. Elle s’inscrit aussi dans une logique stratégique : l’Italie doit décider si elle souhaite jouer un rôle central dans les futures connexions entre l’Europe et l’Afrique ou laisser l’axe Espagne-Maroc prendre une longueur d’avance.

Une infrastructure pensée pour les transports, l’énergie et les données

Le projet ne consiste pas uniquement à faire circuler des trains. Le CISS imagine une infrastructure dite « multiutility », capable d’accueillir à la fois des voyageurs, des marchandises, des lignes électriques, des câbles de télécommunications et des infrastructures numériques.

Selon Raffaele Marchetti, le tunnel constituerait le prolongement naturel du futur pont sur le détroit de Messine, actuellement porté par le gouvernement italien. L’objectif serait de créer un corridor continu reliant l’Europe continentale à la Sicile, puis à la Tunisie, au cœur d’une Méditerranée devenue stratégique pour les flux commerciaux, énergétiques et numériques.

Cette vision s’inscrit dans les travaux de DiploSec 2026 consacrés aux infrastructures critiques, à la sécurité des fonds marins, aux routes énergétiques et aux câbles sous-marins reliant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Une ambition ancienne toujours au stade des études

Pour le directeur du CISS, les principaux obstacles ne sont pas nécessairement techniques. Il estime que les conditions géologiques et climatiques permettraient théoriquement la réalisation d’un tel ouvrage, tandis que les véritables défis sont d’ordre politique, géopolitique et financier.

À ce jour, aucune étude d’ingénierie détaillée n’a été publiée. Le tracé exact du tunnel, les villes qui seraient reliées, le nombre de tubes, les entreprises susceptibles de participer au chantier ou encore les modalités de financement restent inconnus. Aucun accord n’a par ailleurs été annoncé entre Rome et Tunis et l’Union européenne ne s’est pas prononcée sur une éventuelle participation.

L’idée d’une liaison fixe entre la Tunisie et la Sicile n’est toutefois pas nouvelle. En 2017, le projet « TuneIT », porté par l’Association des ingénieurs méditerranéens basée à Rome, envisageait déjà une infrastructure d’environ 130 kilomètres reliant El Haouaria à la Sicile. Estimé à près de 100 milliards de dollars, il combinait un tunnel sous-marin, plusieurs ponts et des îles artificielles, sans jamais dépasser le stade des études.

L’étude présentée aujourd’hui par le Centre d’études internationales stratégiques (CISS) s’inscrit dans cette continuité, mais privilégie un tunnel évalué à environ 40 milliards d’euros. Elle relance ainsi le débat sur une éventuelle connexion permanente entre l’Europe et l’Afrique, même si sa concrétisation reste, à ce stade, entièrement tributaire de décisions politiques et de financements qui n’existent pas encore.

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Ormuz, Malacca, Suez : les nouveaux points de rupture du monde

L’ancien vice‑président de la Banque mondiale pour la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord, Ferid Belhaj, à travers un essai, livre sa lecture de la guerre Iran–États‑Unis–Israël de 2026 qui illustre le déplacement de la puissance : du contrôle des territoires à la maîtrise des infrastructures de circulation (détroits, câbles, ports, corridors énergétiques, systèmes financiers et réseaux numériques). Cela signifie que ces flux, autrefois garantis par une hégémonie et des règles partagées, deviennent des points de vulnérabilité et des leviers de coercition (« weaponized interdependence »).

Il convient tout d’abord de rappeler que le droit international, notamment le droit de la mer, reste central. Mais il se transforme en champ de rivalités interprétatives plutôt qu’en langage consensuel.

L’essai de Ferid Belhadj retrace d’abord la longue genèse du droit maritime, de Grotius à UNCLOS, pour rappeler que la « liberté des mers » a toujours été conditionnée par la capacité des puissances navales à la garantir.

En effet, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (1982) a constitué un équilibre sophistiqué entre souveraineté côtière et liberté de circulation (mer territoriale, ZEE, transit passage, plateau continental). Cependant, cet équilibre reposait implicitement sur l’existence d’un consensus minimal et sur la capacité d’un ou plusieurs États à assurer les biens publics maritimes.

La politisation de l’interprétation du droit de la mer

Avec la multiplication des rivalités stratégiques (États‑Unis/Chine, tensions régionales, contestations autour de l’Arctique), ce consensus s’érode et l’interprétation du droit se politise. Le détroit d’Ormuz illustre de façon paradigmatique cette transition. Passage étroit entre l’Iran et Oman, il concentre une part significative des exportations pétrolières mondiales et constitue donc une vulnérabilité systémique : une perturbation même limitée entraîne la  hausse du pétrole, une volatilité financière, la montée des primes d’assurance maritime et des perturbations logistiques globales.

La position iranienne à l’égard d’UNCLOS (signature sans ratification et interprétation favorable au régime du passage inoffensif plutôt qu’au transit passage) traduit une stratégie juridique et cohérente : exploiter un nœud maritime pour obtenir un pouvoir de dissuasion asymétrique face à la supériorité navale américaine. Plutôt que de viser la fermeture totale du détroit, l’Iran cherche à démontrer sa capacité de perturbation, une logique de dissuasion par perturbation qui tire parti des interdépendances de la mondialisation.

 

Plutôt que de viser la fermeture totale du détroit, l’Iran cherche à démontrer sa capacité de perturbation, une logique de dissuasion par perturbation qui tire parti des interdépendances de la mondialisation.

 

Ferid Belhaj élargit ensuite la focale : Ormuz n’est qu’un exemple parmi plusieurs points critiques (Malacca, Bab el‑Mandeb, Suez, Bosphore/Dardanelles, routes arctiques) où se concentrent les flux, les infrastructures et les rivalités. La dépendance de la Chine au détroit de Malacca et le « Malacca Dilemma » illustrent la même vulnérabilité que connaît l’Europe vis‑à‑vis du Golfe.

Bab el‑Mandeb apparaît en outre comme un carrefour combinant corridor énergétique, hub logistique et nœud numérique : les câbles sous‑marins qui y passent transportent la quasi‑totalité des données mondiales, rendant la région critique non seulement pour le commerce mais aussi pour la connectivité digitale. Les attaques des Houthis et la multiplication des bases étrangères à Djibouti témoignent de la manière dont les acteurs étatiques et non étatiques peuvent influer sur ces artères vitales.

L’auteur souligne une transformation des alliances et des alignements internationaux. Il en va de même des partenariats qui sont sectoriels, réversibles et transactionnels. Les États cherchent à maximiser leur autonomie stratégique. Ainsi, l’exemple des monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Émirats, Qatar) montre des stratégies de diversification des partenaires, conciliant sécurité américaine, relations économiques avec la Chine et autonomie diplomatique accrue.

Les alliés traditionnels des États‑Unis adoptent des positions plus nuancées, parfois divergentes, parce que leurs vulnérabilités économiques et énergétiques conditionnent leurs réponses politiques.

 

La capacité à perturber les flux (énergie, finance, logistique, numérique) vaut désormais comme un levier de puissance.

 

Sur le plan stratégique, M. Belhaj restitue la montée d’une logique de dissuasion non conventionnelle : la capacité à perturber les flux (énergie, finance, logistique, numérique) vaut désormais comme un levier de puissance. Les outils mobilisés vont de la guerre hybride (drones, cyberattaques) aux pressions sur les marchés et aux actions de harcèlement maritime, visant à produire des effets systémiques disproportionnés à partir de moyens limités. Susan Strange et les théories de la géoéconomie sont mobilisées pour montrer que le contrôle des structures économiques (finance, énergie, technologies, logistique) est devenu central dans la compétition internationale.

La concentration des vulnérabilités vient d’une mondialisation optimisée pour l’efficacité : chaînes de valeur spécialisées, hubs géants, dépendance aux semi‑conducteurs et aux câbles sous‑marins. Ce qui réduit les marges de manœuvre des États en crise. Les réponses actuelles favorisent la résilience : relocalisation partielle, diversification des fournisseurs, protection des infrastructures critiques et politiques industrielles pour limiter les dépendances. Des initiatives comme les Nouvelles Routes de la Soie sont perçues à la fois comme des projets commerciaux et comme des tentatives de sécuriser des routes alternatives. 

Vers une « instabilité structurée »?

Pour l’ancien vice‑président de la Banque mondiale pour la région MENA, le résultat n’est ni un retour à un ordre hégémonique stable ni un effondrement chaotique, mais une « instabilité structurée » : un système international marqué par des crises récurrentes, une fragmentation juridique croissante, une compétition autour des infrastructures critiques et des perturbations intermittentes mais contenues par l’interdépendance même des acteurs. La mondialisation subsiste, mais sous contrainte et militarisée à certains égards : la maîtrise des flux pourrait définir les nouvelles hiérarchies du pouvoir mondial au XXIe siècle.

 

Dans ce monde de « connectivité sous tension », les détroits, câbles, hubs financiers et plateformes numériques deviennent des centres de gravité stratégiques et les vulnérabilités qu’ils recèlent, des leviers de pouvoir et de perturbation.

 

En conclusion, l’essai de Ferid Belhaj invite à repenser la géopolitique selon une logique des flux : sécuriser, protéger et parfois instrumentaliser les infrastructures de connectivité est devenu central pour la puissance; tandis que le droit international se transforme en instrument d’interprétation et de compétition.

Car une chose est sûre : dans ce monde de « connectivité sous tension », les détroits, câbles, hubs financiers et plateformes numériques deviennent des centres de gravité stratégiques et les vulnérabilités qu’ils recèlent, des leviers de pouvoir et de perturbation.

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De Dakhla à Central Park : une nuit marocaine au cœur de New York

Le temps d’une soirée, Central Park parlera marocain. Le 15 juillet, le célèbre festival SummerStage accueillera pour la première fois le Maroc avec une programmation où dialogueront rock, gnaoua, musiques sahariennes et électro. Une première qui offre à la scène…

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Les États-Unis bombardent l’Iran, Téhéran revendique des attaques contre des bases américaines

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran connaît une nouvelle escalade après une série de frappes militaires américaines contre des cibles en territoire iranien, suivies d’annonces de représailles de Téhéran visant des installations américaines dans le Golfe. Les deux camps s’accusent mutuellement de menacer la stabilité régionale, alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz atteignent un nouveau niveau de gravité.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée américaine a annoncé avoir mené des bombardements contre « des dizaines de cibles » en Iran. Washington affirme que ces opérations visent notamment à empêcher Téhéran de s’en prendre aux équipages civils et aux navires commerciaux circulant dans le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.

Washington justifie ses frappes par la sécurité maritime

Les autorités américaines présentent ces nouvelles opérations comme une réponse aux menaces iraniennes visant la navigation commerciale dans la région. Selon Washington, l’objectif est de réduire les capacités militaires iraniennes susceptibles de perturber le trafic maritime et de mettre en danger les équipages civils.

Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, marqué par des affrontements indirects et une multiplication des avertissements militaires.

Téhéran dénonce une attaque contre les efforts diplomatiques

L’Iran a vivement condamné les bombardements américains, accusant Washington d’avoir compromis les initiatives engagées ces derniers mois pour tenter de rétablir un climat plus favorable dans la région.

Les autorités iraniennes estiment que ces nouvelles frappes constituent une escalade et dénoncent une remise en cause des efforts diplomatiques visant à éviter une confrontation plus large.

L’Iran revendique des attaques contre des installations américaines

En réponse aux frappes américaines, Téhéran a affirmé avoir mené des attaques contre des installations américaines situées à Oman et à Bahreïn.

Ces annonces renforcent les inquiétudes d’une extension du conflit au-delà du territoire iranien, alors que plusieurs pays du Golfe accueillent des infrastructures militaires américaines stratégiques.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

La zone du détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de tension de cette crise. Cette voie maritime, essentielle pour le transport énergétique mondial, est régulièrement au centre des affrontements entre Washington et Téhéran.

Toute perturbation durable de la circulation maritime pourrait avoir des conséquences économiques importantes, notamment sur les marchés de l’énergie et sur les prix internationaux du pétrole.

Alors que chaque camp affirme agir pour sa propre sécurité, la multiplication des frappes et des représailles fait planer le risque d’une confrontation plus large au Moyen-Orient.

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L’Algérie devient le premier fournisseur de gaz de l’Espagne

Au premier semestre 2026, l’Algérie s’est imposée comme le principal fournisseur de gaz de l’Espagne, représentant 33,9 % des importations espagnoles, selon les données mensuelles publiées dimanche 12 juillet par la plateforme spécialisée dans l’énergie ‘Energy’ basée à Washington,

Cette performance permet à l’Algérie de dépasser les États-Unis, qui figuraient parmi les premiers fournisseurs du marché espagnol grâce à leurs exportations de gaz naturel liquéfié.

La position dominante de l’Algérie repose principalement sur ses infrastructures d’exportation par gazoducs reliant directement les deux rives de la Méditerranée, notamment à travers le gazoduc Medgaz, qui relie directement l’Algérie à l’Espagne.

Cette proximité géographique constitue un avantage stratégique dans un contexte où les marchés européens cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.

Le retour de l’Algérie au premier rang des fournisseurs espagnols confirme l’importance stratégique du partenariat énergétique entre Alger et Madrid.

Après plusieurs années marquées par des tensions diplomatiques, notamment autour du dossier du Sahara occidental en 2022, les relations énergétiques entre les deux pays demeurent structurées par une interdépendance forte.

Pour l’Espagne, l’Algérie représente une source d’approvisionnement stable, proche et directement connectée au réseau gazier européen.

Pour Alger, le marché espagnol constitue un débouché majeur permettant de valoriser ses importantes réserves de gaz naturel et de renforcer son influence énergétique en Méditerranée.

Dans un contexte mondial marqué par la volatilité des prix, les crises géopolitiques et la transition énergétique, la bataille pour la sécurité gazière européenne place une nouvelle fois l’Algérie au cœur du paysage énergétique régional.

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Guerre Iran–USA : la crise franchit un nouveau seuil

La confrontation militaire entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau cap ces derniers jours, avec une intensification des échanges de frappes et un élargissement du théâtre des opérations aux pays alliés de Washington dans le Golfe.

Des sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn et au Koweït, alors que Téhéran annonçait de nouvelles actions de représailles après une série de frappes américaines visant des positions militaires iraniennes.

Des responsables américains annoncent que les forces armées des États-Unis ont lancé, dans la soirée du dimanche 12 juillet, une nouvelle vague d’attaques contre plusieurs infrastructures stratégiques iraniennes. Les frappes auraient notamment ciblé des systèmes de défense aérienne, des installations radar ainsi que des capacités militaires liées aux drones et aux missiles.

Ces opérations interviennent après plusieurs jours d’affrontements autour du détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures.

Washington affirme vouloir garantir la libre circulation maritime dans cette zone et accuse Téhéran d’avoir menacé la sécurité du trafic international, notamment après des incidents impliquant un navire commercial.

De son côté, l’Iran dénonce une violation de sa souveraineté nationale et accuse les États-Unis de chercher à imposer un contrôle militaire sur une voie maritime vitale pour ses intérêts économiques et stratégiques.

Bahreïn et les bases américaines du Golfe sous la menace

La riposte iranienne s’est rapidement étendue aux États du Golfe accueillant des infrastructures militaires américaines. À Bahreïn, les autorités ont déclenché ce matin des alertes aériennes après des signalements faisant état de menaces liées à des missiles et à des drones. Le royaume abrite notamment le quartier général de la Cinquième flotte américaine, un élément central du dispositif naval de Washington au Moyen-Orient.

Le Koweït a également renforcé son niveau d’alerte, tandis que plusieurs autres pays du Golfe ont renforcé leurs systèmes de défense aérienne face au risque de nouvelles attaques.

Les forces iraniennes ont affirmé avoir visé lundi matin des installations militaires américaines dans plusieurs pays alliés de Washington, notamment à Bahreïn et au Koweït. Les autorités américaines et leurs partenaires régionaux poursuivent l’évaluation des dégâts et des éventuelles pertes humaines.

La bataille d’Ormuz fait flamber les cours du pétrole

Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi à cette nouvelle montée des tensions. Les prix du brut ont bondi de plus de 4 % ce 13 juillet. Les investisseurs anticipant une possible perturbation prolongée des exportations énergétiques du Golfe. Le pétrole Brent a progressé de 3,10 dollars, soit 4,08 %, pour atteindre 79,11 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a également augmenté de 2,95 dollars, soit 4,11 %, atteignant 74,36 dollars le baril.

Cette hausse traduit l’inquiétude des marchés face à une éventuelle interruption des flux pétroliers transitant par Ormuz, une hypothèse qui pourrait provoquer une nouvelle crise énergétique internationale.

Une diplomatie au bord de l’échec

Cette nouvelle flambée militaire intervient alors que plusieurs acteurs régionaux tentaient encore de maintenir un canal de dialogue entre Washington et Téhéran.

Les médiations engagées notamment par Oman, le Qatar et d’autres partenaires régionaux n’ont pas permis jusqu’ici d’enrayer la spirale des représailles.

Les deux camps semblent désormais engagés dans une logique d’escalade progressive : Washington cherche à contenir les capacités militaires iraniennes; tandis que Téhéran tente d’imposer un coût stratégique à la présence américaine dans la région.

Alors que des missiles continuent d’être échangés et que les bases américaines du Golfe restent en état d’alerte maximale, une question domine désormais les capitales régionales : Jusqu’où les États-Unis et l’Iran sont-ils prêts à aller avant qu’un affrontement bilatéral ne se transforme en une crise militaire généralisée au Moyen-Orient ?

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Le Qatar en deuil : mort de l’ancien émir Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani à 74 ans

L’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, est décédé le dimanche 12 juillet 2026 à l’âge de 74 ans. L’annonce a été faite par le Diwan de l’Émir, qui a salué la mémoire de l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire contemporaine du Qatar.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le Diwan a rendu hommage à celui que les Qataris désignent comme « l’Émir père », implorant la miséricorde divine et soulignant son engagement indéfectible au service de la nation.

L’artisan du Qatar moderne

Parvenu au pouvoir en 1995, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani a présidé pendant près de deux décennies à une transformation profonde du Qatar. Cette mutation s’est appuyée notamment sur la valorisation des immenses ressources gazières du pays ainsi que sur une ambitieuse politique d’investissements internationaux.

Sous son règne, Doha a progressivement dépassé son statut de petit État du Golfe pour s’affirmer comme un acteur incontournable sur les scènes régionale et internationale. Le lancement de la chaîne Al Jazeera en 1996, l’essor de la diplomatie qatarienne et l’attribution au Qatar de l’organisation de la Coupe du monde de football 2022 ont largement contribué à accroître le rayonnement mondial de l’émirat.

En juin 2013, Cheikh Hamad avait choisi de transmettre volontairement le pouvoir à son fils, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani. Cette abdication, exceptionnelle dans les monarchies héréditaires du Golfe, visait à garantir une transition politique harmonieuse et à assurer la continuité de l’État.

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Nouvelle escalade : plusieurs pays du Golfe repoussent des attaques iraniennes

Dimanche matin, le Qatar, les Émirats, le Koweït, Bahreïn et Oman ont annoncé avoir repoussé une série d’attaques missiles et de drones provenant d’Iran, dans une nouvelle phase d’escalade qui fait suite à des frappes américaines contre des sites iraniens. Bilan provisoire : quelques blessés au Qatar (dont un enfant) et la chute de trois missiles en Jordanie sans victimes. Les autorités appellent au calme, conjuguent vigilance et recours aux canaux officiels d’information.

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L’administration Trump doute d’un accord nucléaire avec Iran

L’administration Trump se montre de plus en plus pessimiste quant aux chances de parvenir à un accord nucléaire avec Iran. Des hauts responsables américains avertissent Téhéran qu’il doit démontrer son respect d’un accord de paix temporaire avant que des négociations plus larges puissent se poursuivre, rapporte le Wall Street Journal vendredi 10 juillet.

Les responsables américains souhaitent qu’Iran déclare publiquement que le détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation commerciale et s’engage à mettre fin aux attaques contre les navires transitant par cette voie maritime. Un responsable a même indiqué que Téhéran pourrait faire face à de « graves conséquences » s’il ne prend pas un tel engagement d’ici samedi…

Ces déclarations soulignent les doutes croissants à Washington quant à la capacité de la seule diplomatie à aboutir à un accord visant à freiner le programme nucléaire iranien, l’un des principaux objectifs de politique étrangère du président Donald Trump.

« Ils violent l’accord chaque jour, ils mentent, ils trichent, ils tuent des gens », a déclaré Trump à des journalistes en début de semaine. « Ils ne construiront jamais d’arme nucléaire dans le cadre de notre accord, mais je ne sais pas si nous allons avoir un accord. ».

Dans le cadre d’un accord intérimaire conclu en juin, Iran s’est engagé à rétablir la sécurité de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz en échange d’un allègement financier. Des responsables américains ont indiqué que la poursuite des attaques contre des navires commerciaux a soulevé des doutes quant à la volonté de Téhéran d’honorer l’accord, réduisant ainsi la confiance dans la possibilité de parvenir à un accord nucléaire plus large.

Les responsables ont également précisé que tout accord définitif exigerait qu’Iran cède le contrôle de son stock d’uranium hautement enrichi, ajoutant que les États-Unis conservent des options militaires pour empêcher l’accès à ce matériau si les négociations venaient à s’effondrer.

L’accord intérimaire prévoit un délai de 60 jours pour que les deux parties parviennent à un accord permanent, avec la possibilité d’une prolongation. Cette semaine, Washington a réimposé des sanctions liées aux exportations pétrolières iraniennes et annoncé des sanctions supplémentaires visant l’homme d’affaires iranien Ali Ansari et les entités qui lui sont liées, après avoir conclu que Téhéran avait violé l’accord temporaire.

Les développements autour du détroit d’Ormuz restent au centre de l’attention des marchés mondiaux, une reprise de l’activité militaire maintenant les regards braqués sur l’une des routes maritimes énergétiques les plus importantes au monde.

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L’OMI rejette les revendications de l’Iran sur le détroit d’Ormuz

Réunie dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, vendredi 10 juillet, l’Organisation maritime internationale (OMI) a rejeté les tentatives de l’Iran visant à faire reconnaître une souveraineté exclusive sur le détroit d’Ormuz. L’organisation onusienne rappelle que cette voie maritime stratégique est régie par le droit international.

Alors que les tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis continuent d’alimenter les inquiétudes des marchés, l’Organisation maritime internationale (OMI) a opposé une fin de non-recevoir aux démarches iraniennes visant à renforcer sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz.

Lors de ses récents travaux, l’agence spécialisée des Nations unies chargée de la sécurité maritime a rappelé que cette route stratégique demeure soumise aux principes du droit international de la mer, notamment à la liberté de navigation et au droit de passage des navires civils.

Cette prise de position intervient après plusieurs déclarations de responsables iraniens laissant entendre que Téhéran pourrait renforcer son contrôle sur ce corridor maritime en réponse aux frappes américaines et aux nouvelles sanctions occidentales.

Sans viser directement l’Iran, l’OMI a souligné que les détroits utilisés pour la navigation internationale sont encadrés par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). Celle-ci garantit un droit de passage en transit pour les navires marchands et militaires, sous réserve du respect des règles internationales de sécurité.

Cette position est largement partagée par les principales puissances maritimes, qui considèrent le détroit d’Ormuz comme une voie de circulation internationale dont la fermeture ou les restrictions unilatérales seraient contraires au droit maritime.

Une pression accrue sur le transport maritime

Depuis plusieurs semaines, les attaques contre des navires commerciaux dans le Golfe, les frappes militaires entre Washington et Téhéran et les menaces pesant sur les infrastructures énergétiques ont entraîné une forte augmentation des primes d’assurance contre les risques de guerre. Certaines compagnies maritimes ont adapté leurs itinéraires, tandis que plusieurs assureurs recommandent désormais une vigilance renforcée avant tout transit dans les eaux du Golfe.

Même sans fermeture du détroit, ces tensions se traduisent déjà par un renchérissement du coût du fret et une hausse de la prime de risque intégrée dans les marchés pétroliers.

Au-delà de l’affrontement militaire, le dossier d’Ormuz illustre une confrontation plus large entre les conceptions de la souveraineté nationale et les principes de gouvernance internationale. L’Iran soutient de longue date qu’il dispose de droits particuliers sur les eaux bordant son littoral et affirme pouvoir prendre des mesures exceptionnelles lorsque sa sécurité nationale est menacée.

Les puissances occidentales et la majorité des États utilisateurs des grandes routes maritimes défendent, à l’inverse, le maintien d’un régime garantissant la libre circulation du commerce mondial, estimant qu’aucun État riverain ne peut imposer un contrôle exclusif sur un détroit international.

Dans un contexte où les économies européennes cherchent encore à consolider leur sécurité énergétique après la réduction des importations russes, la préservation de la liberté de navigation dans le Golfe apparaît plus que jamais comme un facteur déterminant de stabilité économique mondiale.

Au-delà de l’épisode actuel, la position réaffirmée par l’OMI rappelle que les grands détroits internationaux – d’Ormuz à Bab el-Mandeb, du canal de Suez au détroit de Malacca – restent des biens communs de la mondialisation, dont la sécurité conditionne le fonctionnement du commerce international et des marchés énergétiques.

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La Banque centrale d’Égypte maintient ses taux d’intérêt

La Banque centrale d’Égypte (CBE) a choisi de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs, privilégiant la prudence face à un environnement marqué par les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes inflationnistes. Cette décision redessine les perspectives des marchés financiers, notamment pour l’or, le dollar et la livre égyptienne, qui restent étroitement liés à l’évolution de la conjoncture internationale.

La Banque centrale d’Égypte a décidé de laisser inchangés ses taux d’intérêt lors de sa réunion du 9 juillet, interrompant une nouvelle fois le cycle d’assouplissement monétaire engagé l’an dernier. Les responsables monétaires estiment que le contexte actuel – marqué par les tensions géopolitiques dans le Golfe, la remontée des prix de l’énergie et les risques inflationnistes – justifie une approche prudente.

Cette décision intervient alors que l’inflation, bien qu’en ralentissement par rapport aux pics observés en 2024 et 2025, demeure supérieure aux objectifs de stabilité des prix. Les autorités souhaitent éviter qu’un assouplissement prématuré ne ravive les pressions sur la livre égyptienne et sur les prix à la consommation.

Sur les marchés internationaux, l’or évolue à des niveaux historiquement élevés. Les investisseurs considèrent toujours le métal précieux comme une protection contre l’inflation, les crises géopolitiques et les fluctuations des devises.

En Égypte, cette tendance mondiale est amplifiée par la demande locale d’épargne en actifs réels. Les ménages continuent d’acheter de l’or non seulement comme placement financier, mais également comme instrument de préservation du pouvoir d’achat dans un contexte économique encore incertain.

Le dollar reste un indicateur clé

La stabilité des taux contribue également à soutenir la livre égyptienne face au dollar. Toutefois, les opérateurs restent attentifs à plusieurs facteurs externes, notamment l’évolution des taux américains, les flux de capitaux vers les marchés émergents et les conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient.

Le maintien d’une politique monétaire restrictive permet à la Banque centrale de préserver l’attractivité des actifs libellés en livres égyptiennes auprès des investisseurs internationaux, tout en limitant les risques de sorties de capitaux…

Une politique monétaire sous surveillance

Les économistes estiment que la Banque centrale conservera une approche attentiste tant que l’inflation n’aura pas amorcé une trajectoire durable vers son objectif. Les prochaines décisions dépendront autant de l’évolution des prix domestiques que des orientations de la Réserve fédérale américaine et de la stabilité des marchés internationaux.

Pour les investisseurs, la période actuelle reste dominée par une logique de diversification : les dépôts rémunérés continuent d’offrir un rendement élevé, tandis que l’or demeure une valeur refuge privilégiée et que le dollar conserve son rôle d’indicateur de confiance…

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Trump menace de « décimer » l’Iran en cas de tentative d’assassinat

Malgré un calme relatif observé ces dernières heures au Moyen-Orient, les tensions restent vives entre Washington et Téhéran. Donald Trump a lancé une nouvelle mise en garde à l’Iran, promettant une riposte militaire d’une ampleur inédite en cas de tentative d’assassinat contre sa personne. Ces déclarations interviennent alors même que les États-Unis se disent disposés à poursuivre les discussions avec la République islamique, illustrant le fragile équilibre entre diplomatie et confrontation.

Trump promet une riposte militaire massive

Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, le président américain a affirmé avoir déjà donné des instructions aux forces armées américaines pour répondre sans délai à toute tentative d’assassinat le visant.

Donald Trump a assuré que les États-Unis disposaient de « 1000 missiles » prêts à être lancés contre l’Iran si un tel scénario venait à se produire. Il a ajouté que d’autres frappes suivraient immédiatement, affirmant que l’armée américaine était prête à « décimer et détruire complètement » la République islamique pendant une période pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire davantage.

Cette nouvelle escalade verbale intervient dans un contexte particulièrement tendu, quelques heures seulement après les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors des premiers jours du conflit entre les deux pays.

Un cessez-le-feu de plus en plus fragile

Les déclarations de Donald Trump contrastent avec les propos tenus par les autorités iraniennes. Téhéran a affirmé samedi avoir « tenu parole » envers les États-Unis depuis la signature du protocole d’accord de cessez-le-feu conclu à la mi-juin.

Le président américain a toutefois estimé que cette trêve était désormais révolue, tout en reconnaissant avoir accepté de poursuivre les discussions avec les responsables iraniens dans l’espoir de mettre un terme définitif au conflit.

Cette semaine, les hostilités ont repris entre les deux pays avec un nouvel échange de frappes, les plus importantes depuis la conclusion du protocole d’accord. Selon le ministère iranien de la Santé, les bombardements américains ont fait au moins 14 morts et 78 blessés.

La diplomatie reste ouverte malgré les menaces

Malgré le ton particulièrement offensif adopté par Donald Trump, Washington continue d’afficher sa préférence pour une solution diplomatique.

Selon plusieurs médias américains, l’administration américaine poursuit les contacts avec les autorités iraniennes afin d’éviter une nouvelle escalade régionale. Dans le même temps, des préparatifs militaires seraient en cours au cas où les négociations échoueraient.

De son côté, l’Iran a averti qu’il riposterait à toute attaque visant ses infrastructures stratégiques, y compris en ciblant Israël, principal allié des États-Unis dans la région.

Le détroit d’Ormuz sous surveillance

Les tensions continuent également de peser sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Selon plusieurs sources, la circulation des navires y a nettement ralenti ces derniers jours. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé que le détroit ne serait ouvert que selon des « modalités iraniennes » et non sous la pression des menaces américaines.

Entre démonstrations de force, poursuite des négociations et menaces de représailles, la situation demeure extrêmement volatile, faisant craindre un nouvel embrasement au Moyen-Orient malgré les efforts diplomatiques engagés.

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Trafic de drogue | Jusqu’à 40 ans de prison pour les membres d’un réseau international

Six membres d’un réseau international de stupéfiants viennent d’écoper de peines allant de 20 à 40 ans de réclusion criminelle, assorties d’amendes globales de plus de 400.000 dinars.

Ces verdicts ont été prononcé dans le cadre de l’affaire du réseau spécialisé dans l’importation, le transport et le stockage de drogues à travers les frontières. Les six suspects avaient été interpellés après la découverte d’une impressionnante cache de stupéfiants dans un appartement situé aux Berges du Lac.

L’opération avait permis la saisie de 150 kg de cannabis, 3 kg de cocaïne et près de 6000 comprimés de stupéfiants destinés que les dealers s’apprêtaient à revendre dans différents quartier du Grand-Tunis.

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La Turquie relance le débat sur son adhésion à l’UE

Le principal espoir d’Ankara réside dans la relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. C’est ce qu’a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui accueillait la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Selon un communiqué de la direction de la communication de la présidence turque, publié le 9 juillet, la réunion a porté sur les relations entre la Turquie et l’Union européenne, ainsi que sur des questions régionales et internationales. D’ailleurs, Erdogan s’est dit satisfait de l’intensification des contacts entre la Turquie et l’UE à tous les niveaux.

Le président turc a rappelé que la Turquie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne et membre de l’Union douanière depuis de nombreuses années. Il a également souligné que, grâce aux mesures prises, la Turquie était devenue un important centre de production pour l’Europe…

Dans le même temps, il a souligné qu’Ankara attend des mesures compatibles avec l’esprit et le droit de l’alliance de l’OTAN.

Comme indiqué, la réunion a également examiné les initiatives diplomatiques de la Turquie visant à mettre fin aux conflits et aux crises dans la région.

Plus précisément, les développements de la guerre russo-ukrainienne, les tensions entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les attaques israéliennes contre Gaza et le Liban ont été abordés.

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Loi contre le racisme et l’antisémitisme : ce que prévoit Aurore Bergé

Présenté en Conseil des ministres, le projet de loi porté par Aurore Bergé entend renforcer la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine en ligne. Inspiré de la proposition de Caroline Yadan, ce texte élargit son champ d’application et…

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L’Iran riposte aux frappes américaines, la région replonge dans l’escalade

Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran ont connu une nouvelle escalade jeudi, quelques heures avant l’inhumation du guide suprême Ali Khamenei à Machhad. Washington a lancé une vaste série de frappes contre des installations militaires iraniennes, tandis que Téhéran a riposté en visant plusieurs pays alliés des États-Unis dans le Golfe. Cette reprise des hostilités fragilise davantage le protocole d’accord conclu le 17 juin et ravive les craintes d’un conflit régional de grande ampleur.

Washington frappe quatre-vingt-dix cibles

Pour la deuxième nuit consécutive, l’armée américaine a mené des frappes de grande envergure contre l’Iran. Selon Washington, près de 90 objectifs militaires ont été visés, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière ainsi que des sites de stockage de missiles et de drones situés sur la côte sud du pays.

Le président américain Donald Trump a déclaré que la trêve était désormais « terminée », qualifiant les dirigeants iraniens de « malades », tout en laissant ouverte la possibilité d’une reprise des négociations par ses émissaires.

Téhéran dénonce des frappes contre des infrastructures civiles

Les autorités iraniennes accusent les États-Unis d’avoir également ciblé des infrastructures civiles afin de perturber les funérailles d’Ali Khamenei. Selon Téhéran, plusieurs ponts ainsi que la liaison ferroviaire reliant Téhéran à Machhad ont été endommagés, compliquant le déplacement des fidèles venus assister à l’inhumation.

Des frappes ont également été signalées à proximité de la centrale nucléaire de Bouchehr, la seule actuellement en activité en Iran, selon des responsables iraniens cités par les médias officiels.

D’après les autorités iraniennes, les bombardements américains ont fait 17 morts et 93 blessés.

Le détroit d’Ormuz au cœur de la crise

L’escalade intervient dans un contexte de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Washington accuse Téhéran d’être responsable d’attaques contre plusieurs navires commerciaux. En réponse, l’Iran affirme avoir pris le contrôle des conditions de navigation dans le détroit, imposant des droits de passage aux navires empruntant cette voie maritime essentielle.

Des représailles contre les alliés de Washington

En riposte aux bombardements américains, les forces iraniennes ont lancé de nouvelles frappes contre plusieurs pays du Golfe considérés comme des alliés de Washington, notamment le Koweït, Bahreïn et le Qatar.

En Jordanie, les systèmes de défense ont également intercepté plusieurs missiles, une première depuis le 11 juin, illustrant l’élargissement des tensions à l’ensemble de la région.

Des funérailles sous haute tension

Malgré les combats, des dizaines de milliers de fidèles se sont rassemblés à Machhad pour accompagner Ali Khamenei vers sa dernière demeure, au sein du sanctuaire de l’imam Reza, principal lieu saint du chiisme en Iran.

La sécurité a été renforcée tout au long de la cérémonie. Un avion de chasse a notamment escorté l’appareil transportant la dépouille de l’ancien guide suprême jusqu’à Machhad.

Dans ce climat de forte tension, plusieurs observateurs estiment que les perspectives diplomatiques entre Téhéran et Washington sont désormais fortement compromises, tandis qu’Israël a de nouveau averti qu’il se réservait le droit de lancer de nouvelles opérations militaires contre l’Iran si nécessaire.

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