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Tunisie | Ghassen Boughdiri en grève de la faim sauvage

Ghassen Boughdiri membre de la Coordination de l’action commune pour la Palestine a annoncé entamer une grève de la faim sauvage, après plus de quatre mois de détention préventive sans avoir été auditionné par le juge d’instruction.

L’annonce a été faite via une lettre diffusée par la coordination ce lundi 13 juillet 2026, dans laquelle Ghassen Boughdiri dénonce une détention de 120 jours « sous de fausses accusations » et déplore l’absence totale d’interrogatoire ou d’audition de la part des autorités judiciaires depuis l’émission du mandat de dépôt à son encontre.

Tout en réclamant son droit constitutionnel de s’expliquer et de se défendre face aux accusations portées contre lui, Ghassen Boughdiri a qualifié ces poursuites de « manœuvre politique visant à affaiblir la dynamique de la mobilisation citoyenne en Tunisie en faveur de la cause palestinienne ».

Y. N.

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Siliana | L’incendie de Jebel Masmoudine à Bargou maîtrisé

Les équipes de la protection civile, les gardes forestiers et les directions régionales de l’équipement et de l’agriculture sont parvenus à maîtriser l’incendie qui s’est déclaré à Jebel Masmoudine à Bargou.

C’est ce qu’a fait savoir le gouvernorat de Siliana, en précisant que la commission régionale de lutte contre les catastrophes de Siliana a été activée en urgence ce lundi 13 juillet 2026, sous la supervision directe du gouverneur Khaled El Waari en vue de coordonner les opérations de secours.

​Celles-ci ont été menées en coordination avec le délégué de Bargou, le directeur régional de la protection civile, le chef de district de la Garde nationale de Siliana, des représentants du commissariat régional au développement agricole (CRDA), de la direction régionale de l’équipement, de la direction des forêts, ainsi que de la municipalité et des chefs de secteurs (Omda), lit-on encore dans le communiqué.

Le déploiement massif de ressources humaines, matérielles et logistiques a permis de stopper la progression des flammes et d’éviter que l’incendie n’atteigne les zones résidentielles limitrophes mais les équipes restent toutefois déployées sur le terrain pour mener à bien les opérations de refroidissement afin d’éviter tout risque de reprise du feu.

Y. N.

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Recherche médicale | Nouvelle contribution internationale majeure pour le Pr Chadli Dziri (STSM)

Grâce à la contribution remarquable du Pr Chadli Dziri à l’ouvrage de référence « SURGEONS’ GUIDE TO MEDICAL WRITING », la recherche et la médecine tunisiennes brillent une nouvelle fois à l’échelle internationale annonce la Société tunisienne des sciences médicales (STSM).

Dans un communiqué publié ce lundi 13 juillet 2026, la STSM a présenté ses félicitations à Pr Chadli Dziri, en rappelant que cet ouvrage est publié par la prestigieuse maison d’édition AME Publishing Company, référence internationale dans le domaine de l’édition scientifique.

Cette nouvelle distinction vient couronner un parcours académique d’exception et témoigne non seulement de l’expertise pointue du Pr Dziri, mais aussi de son engagement de chaque instant en faveur de la promotion de la rédaction médicale et de l’excellence académique.

« Nos plus sincères félicitations au Pr Chadli Dziri et nos vœux de succès pour la poursuite de ce parcours remarquable », indique encore la STSM, en lui souhaitant un succès continu dans la poursuite de son brillant parcours au service de la science.

Y. N.

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Météo | Les températures prévues pour cette nuit en Tunisie

L’Institut national de la météorologie (INM) annonce une nuit marquée par des températures élevées dans la plupart des régions du pays.

Quelques nuages isolés feront leur apparition sur la majeure partie du territoire en début de soirée indique l’INM, ajoutant que le ciel deviendra progressivement dégagé.

La même source annonce des vents modérés et une mer calme avec des températures nocturnes variant entre 25°C et 30°C, grimpant jusqu’à 34°C dans le sud-ouest.

Y. N.

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Tunisie | Grève du transport public non régulier

La grève du secteur du transport public non régulier — taxis individuels, taxis collectifs, taxis touristiques, véhicules de transport interurbain (louages) — se poursuivra ce lundi 13 juillet 2026 jusqu’à 21 heures, pour protester contre ce que les grévistes qualifient de persistance de la politique de procrastination et de non-respect, par le ministère du Transport, des accords conclus avec les opérateurs du secteur.

Intervenant sur Diwan FM, Moez Sellami, vice-président de la Fédération nationale du transport, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la principale centrale patronale, a expliqué que ce mouvement a été engagé parce que les autorités sont revenues, pour la deuxième fois, sur leurs engagements de résoudre les questions en suspens — notamment les engagements initialement formalisés dans le procès-verbal de la réunion du 22 janvier.

La Fédération avait précédemment suspendu une grève prévue pour le 27 avril dernier, suite à l’intervention de la direction de l’Utica et en vertu de promesses explicites de répondre à ses revendications.

Les principales revendications des professionnels portent sur la nécessité d’accélérer la modification de la loi n° 33 de 2004 et d’élaborer un cahier des charges pour l’utilisation des applications intelligentes, tout en finalisant la réglementation régissant les activités en station, a indiqué Sellami, ajoutant que l’autorité de tutelle avait également manqué à ses engagements concernant les ajustements tarifaires ; initialement prévus pour mars 2026, ces derniers avaient été reportés — avec la promesse d’une mise en œuvre pour le mois de juin dernier — sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise à ce jour.

Le vice-président de la Fédération nationale du transport a dénoncé ce qu’il a qualifié de politique de marginalisation et de négligence de la part du ministre des Transports, soulignant que ce dernier n’avait tenu aucune réunion avec le bureau exécutif de la Fédération depuis sa prise de fonctions pour aborder les préoccupations du secteur.

Le secteur du transport public non régulier compte plus de 55 000 opérateurs et génère plus de 150 000 emplois, a rappelé M. Sellami, tout en appelant à une «approche responsable de ce secteur vital.»

I. B.

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Zaghouan | L’incendie de forêt à Jebel Chahma enfin maîtrisé

Il a fallu plus de 40 heures d’opérations ininterrompues pour que des unités de la Protection civile, de la Direction des forêts et de l’armée de l’air parviennent à maîtriser totalement, ce lundi matin, 13 juillet 2026, le feu de forêt qui s’était déclaré sur Jebel Chahma, dans la délégation de Zaghouan, à 60 km au sud de Tunis.

Selon les autorités régionales, les équipes mobilisées procèdent actuellement à des opérations de refroidissement et de surveillance sur les différents foyers d’incendie afin de prévenir toute éventuelle reprise du feu, compte tenu notamment du relief accidenté, des températures élevées et du vent qui souffle dans la région.

Vingt-trois camions de pompiers ainsi que 150 agents et membres de divers services ont participé aux opérations de lutte contre l’incendie. Le soutien aérien — assuré par des hélicoptères et des aéronefs militaires — a joué un rôle déterminant pour contenir le feu et empêcher sa propagation aux zones résidentielles voisines.

L’incendie a endommagé d’importantes surfaces de forêts de pins d’Alep et de vergers.

L’évaluation de l’ampleur des pertes est en cours, tandis que des équipes de surveillance restent sur place pour garantir la sécurité et intervenir immédiatement si nécessaire.

I. B.

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La pastèque, véritable alliée de votre cœur !

La pastèque a été victime de nombreuses rumeurs, et pas seulement qu’en Tunisie, relayées à travers les réseaux sociaux, sans qu’on puisse toujours vérifier les allégations des uns et des autres… Ce fruit délicieux et désaltérant a pourtant de nombreux bienfaits pour la santé, estiment des médecins, dont l’auteur de ce poste.  

Dr Faouzi Addad *

Ces dernières années, la pastèque a probablement été l’un des fruits ayant subi le plus de fausses idées. Pourtant, lorsqu’elle est consommée avec modération, elle constitue un excellent aliment pour la santé cardiovasculaire.

Pourquoi ?

1- Elle est riche en citrulline, un acide aminé qui favorise la production d’oxyde nitrique et contribue à la dilatation des artères.

2- Elle apporte du potassium, un minéral qui participe à la régulation de la pression artérielle.

3- Elle contient du lycopène, un puissant antioxydant aux propriétés anti-inflammatoires, également reconnu pour ses effets bénéfiques sur les vaisseaux sanguins.

4- Avec plus de 92 % d’eau, elle favorise une excellente hydratation pendant les fortes chaleurs, tout en étant relativement peu calorique.

En revanche, comme tout aliment, la modération reste essentielle. Une consommation excessive peut provoquer des diarrhées ou des ballonnements chez certaines personnes en raison de sa teneur en eau, en fructose et en fibres, en particulier chez les personnes souffrant d’un syndrome de l’intestin irritable.

C’est cet effet laxatif, observé uniquement lors de consommations importantes, qui est à l’origine de nombreuses rumeurs injustifiées.

En pratique, une à deux tranches par jour représentent une quantité raisonnable pour profiter de ses bienfaits.

Et chez les personnes diabétiques ?

La pastèque n’est pas interdite. Elle peut parfaitement être consommée, mais de préférence à la fin d’un repas, plutôt que seule, en se limitant à une portion. L’associer à un yaourt nature ou à une autre source de protéines permet de ralentir la vitesse d’absorption des glucides et de limiter le pic glycémique.

Alors cet été, profitez de la pastèque sans culpabiliser… mais toujours avec modération.

* Professeur en cardiologie.

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Tunisie | Plan national pour améliorer les soins obstétricaux et néonataux

Le ministère de la Santé élabore un nouveau plan national visant à renforcer les soins de santé maternelle et néonatale, dans le but d’améliorer la qualité des soins et d’atteindre les objectifs fixés pour 2030 en matière de santé de la mère et de l’enfant.

Ce projet a fait l’objet d’une réunion, vendredi 11 juillet 2026, présidée par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, consacrée à l’évaluation du système de soins obstétricaux et néonataux, des mécanismes d’orientation des patientes ainsi que du fonctionnement des services de gynécologie-obstétrique et de néonatologie.

Des responsables du ministère et des chefs de services spécialisés ont pris part à cette réunion, identifiant les principaux défis du système et les priorités d’intervention.

Selon le ministère, ce plan national prévoit notamment le renforcement des compétences des sages-femmes et des médecins de soins de santé primaires, l’harmonisation des protocoles de prise en charge, l’amélioration des parcours de soins et des procédures de transfert, l’équipement des établissements de santé en ressources nécessaires, le renforcement du suivi de la grossesse, l’intégration des données du secteur privé de la santé et l’accélération de la numérisation des dossiers médicaux.

Le ministre Ferjani a également souligné la nécessité de renforcer la coordination e0ntre les différents niveaux de soins afin d’assurer «une prise en charge plus efficace et continue des mères et des nouveau-nés», conformément aux objectifs nationaux de santé maternelle et infantile pour 2030.

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Transport non régulier : les professionnels maintiennent la grève malgré l’appel de l’UGTT

Les professionnels du transport public non régulier de personnes observent, ce lundi 13 juillet 2026, une grève générale à l’échelle nationale. Le mouvement concerne les taxis individuels, les taxis collectifs, les taxis touristiques, les véhicules de louage ainsi que le transport rural, et se déroule de 5 heures à 21 heures sur l’ensemble du territoire.

À la veille de cette mobilisation, le premier vice-président de la Chambre nationale du transport, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Moez Esslami, a affirmé que cette grève constituait une « décision irrévocable » tant que le ministère du Transport n’aura pas honoré les engagements pris envers les professionnels du secteur. Parmi les principales revendications figure la révision à la hausse des tarifs appliqués au transport public non régulier.

Parallèlement, la Fédération générale du transport, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a appelé, dimanche, l’ensemble de ses adhérents exerçant dans le secteur du transport non régulier; notamment le transport rural, les louages, les taxis collectifs et les taxis individuels – à ne pas prendre part au mouvement de grève prévu ce lundi.

Dans un communiqué, la fédération a souligné que la défense des droits et des acquis des travailleurs du secteur devait s’inscrire dans le cadre de l’unité de l’organisation syndicale, du respect des décisions de ses structures légitimes et d’une action syndicale qu’elle qualifie de responsable.

Cette divergence entre les organisations représentatives du secteur intervient alors que les revendications des professionnels, en particulier celles liées à l’actualisation des tarifs, restent au cœur des tensions avec les autorités.

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Accidents de la route : une augmentation de plus de 10 % des décès depuis janvier

Le nombre de personnes tuées dans les accidents de la route en Tunisie a augmenté de 10,28% depuis le début de l’année, malgré une baisse du nombre total d’accidents, selon des statistiques publiées dimanche par l’Observatoire national de la sécurité routière.

Au total, 665 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation entre le 1er janvier et le 11 juillet 2026, contre 603 durant la même période de 2025.

En revanche, le nombre d’accidents a reculé de 19,08%, passant de 2.951 à 2.388 sur un an.

Le nombre de blessés a également diminué de 18,69%, avec 3.119 blessés recensés jusqu’au 11 juillet, contre 3.836 un an auparavant.

L’inattention demeure la principale cause des accidents, à l’origine de 28,48% des sinistres, devant l’excès de vitesse, responsable de 339 accidents, soit 22,57% du total.

S’agissant des accidents mortels, la vitesse excessive reste le premier facteur de décès, avec 257 morts et 751 blessés. L’inattention a, quant à elle, provoqué 98 décès et 776 blessés.

L’Observatoire précise que les données publiées, arrêtées au 11 juillet 2026, sont provisoires et font l’objet d’une mise à jour quotidienne en fonction des informations transmises par les sources officielles.

Il souligne également que le classement géographique des accidents et de leurs victimes repose uniquement sur le nombre de cas enregistrés, s

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Tunisie | La canicule s’installe, comment se protéger ?

Aujourd’hui, dimanche 12 juillet 2026, est la journée la plus chaude depuis le début de l’été dans la plupart des régions en Tunisie. Avec des températures maximales comprises entre 35 °C et 40 °C sur le littoral et entre 41 °C et 45 °C ailleurs, atteignant 46 °C dans la région de Kairouan, le tout accompagné du Chehili (vent chaud du désert), des mesures de précaution sont à prendre, notamment pour les personnes les plus fragiles.

Selon la carte de vigilance de l’Institut national de la météorologie (INM), les gouvernorats concernés par cette alerte de niveau élevé sont Jendouba, Béja, Siliana, Kairouan, Sidi Bouzid, Sousse, Monastir, Mahdia, Tozeur et Kebili.

Pour les baigneurs, la mer varie entre peu agitée et agitée et le vent souffle du sud, se renforçant relativement près des côtes et sur les hauteurs.

Pour faire face à cette canicule qui risque de durer encore plusieurs journées, le ministère de la Santé appelle les citoyens à faire preuve de prudence et à respecter des mesures préventives face à la hausse sensible des températures

Les précautions à prendre

Pour protéger la santé publique et atténuer les risques liés aux vagues de chaleur, le ministère a diffusé, hier, un avis de sensibilisation sous le slogan «À mesure que les températures grimpent… votre protection relève de votre responsabilité», énonçant des recommandations comportementales simples mais essentielles pour éviter les effets néfastes d’une exposition excessive à la chaleur.

Le ministère a insisté sur l’importance de boire de l’eau régulièrement et en quantité suffisante — même en l’absence de sensation de soif —, d’éviter l’exposition directe au soleil entre 11 h et 16 h et de veiller à rester à l’ombre.

Il est également recommandé de porter des vêtements légers en coton et d’utiliser des chapeaux ou des ombrelles pour se protéger du soleil, ainsi que d’aérer les logements le matin et le soir tout en gardant fenêtres et rideaux fermés aux heures les plus chaudes de la journée.

Il convient aussi d’accorder une attention particulière aux groupes les plus vulnérables aux effets de la chaleur, notamment les enfants et les personnes âgées. Il faut faire boire régulièrement de l’eau aux enfants et d’éviter de les soumettre à des activités physiques intenses lors des périodes de fortes chaleurs, tout en surveillant l’apparition de signes anormaux tels que des étourdissements, des maux de tête, une fatigue extrême ou une élévation de la température corporelle.

Le ministère de la Santé a également recommandé de surveiller périodiquement les personnes âgées, de veiller à ce qu’elles s’hydratent suffisamment et de rester attentif à tout symptôme nécessitant un transfert vers l’établissement de santé le plus proche.

Il a souligné l’importance de surveiller les signes de stress thermique, notamment les maux de tête persistants, les étourdissements, la fatigue intense et l’épuisement, l’élévation de la température corporelle, les nausées et les évanouissements. Tout en insistant sur le fait qu’en cas d’apparition de ces symptômes, il convient de consulter immédiatement un médecin.

Il convient aussi de ne pas laisser des enfants, des personnes âgées ou toute autre personne à l’intérieur d’un véhicule stationné et verrouillé — même pour une courte durée —, car la température à l’intérieur des véhicules grimpe rapidement et peut entraîner de graves complications, voire la mort.

Concernant les sorties à la plage, le ministère a conseillé de ne se baigner que dans les zones surveillées et d’éviter une exposition prolongée au soleil ; il a recommandé d’utiliser de la crème solaire et de boire régulièrement de l’eau, tout en insistant sur l’importance de surveiller attentivement les enfants et de ne jamais les laisser sans surveillance à proximité de l’eau.

I. B.

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Dougga | Un festival, un territoire, des frustrations…

​Chaque été, les regards se tournent vers le théâtre romain de Dougga. La pierre antique retrouve une voix. Pourtant, lors de l’ouverture de cette 50ᵉ édition, le vendredi 10 juillet 2026, en présence du Président de l’Assemblée des représentants du peuple, une fracture était plus visible que le spectacle lui-même, animé par la talentueuse chanteuse Shayma Helali, qui a fait de son mieux pour instiller de la joie dans les cœurs. On demande à la jeunesse de Béja de porter l’héritage de ses ancêtres, mais on ne lui donne pas les clés du présent. Et encore moins ceux de l’avenir.

Manel Albouchi

​Derrière les discours officiels, la fragilité financière du festival est criante. Un simple retard budgétaire ? Un détail technique ? Non. C’est un symptôme. Ce qui se joue ici dépasse la simple organisation d’un événement ; c’est notre modèle de développement régional qui est en question.

Pendant des décennies, Béja a été réduite à une fonction utilitaire : celle d’un «grenier» que l’on exploite, mais que l’on oublie de nourrir en imaginaire, en projets et en confiance.

​Le capital psychologique : une infrastructure immatérielle

​La psychologie est formelle : un territoire ne se développe pas uniquement avec des ressources naturelles. Il se développe parce que ses habitants croient en lui. Parce qu’ils se sentent vus, reconnus, acteurs d’un futur possible.

​C’est ce que j’appelle le capital psychologique territorial. Il s’agit de l’ensemble des ressources invisibles : la confiance collective, l’espoir, la capacité à coopérer… qui permettent à une région de transformer ses richesses en développement durable. Ces ressources sont aussi stratégiques que les routes ou les infrastructures.

D’ailleurs, entre nous, à quoi servent les routes si personne n’a envie de se rendre là où elles mènent ?

​Le constat est là : notre jeunesse déserte. Si la programmation semble parfois déconnectée, c’est qu’elle ne lui parle pas. Elle ne l’inclut pas. On demande à la jeunesse de Béja de porter l’héritage de ses ancêtres, mais on ne lui donne pas les clés du présent.

​Nous vivons une économie de l’inégalité territoriale. D’un côté, des pôles privilégiés qui concentrent les budgets ; de l’autre, des régions déshéritées auxquelles on demande de la patience, en attendant que les miettes de la croissance finissent par arriver. Quand le projet d’un territoire s’écrit sans ses jeunes, le désengagement n’est pas une passivité, c’est une réponse logique.

​Une fonction sociale, de l’Antiquité à aujourd’hui

​L’histoire nous donne des leçons oubliées. Des théâtres romains aux zerdas traditionnelles, ces lieux n’étaient pas que des spectacles ; c’étaient des moteurs sociaux, des espaces où le commerce, l’idée et la régulation sociale circulaient.

​Aujourd’hui, les festivals occupent ce même vide. Leur langage est artistique, certes, mais leur fonction est profondément sociale. Lorsqu’un territoire voit ses grands rendez-vous s’étioler, il ne perd pas seulement des spectacles. Il fragilise sa confiance collective. Il encourage, silencieusement, ses talents à partir.

​La culture n’est pas une dépense accessoire. C’est une infrastructure immatérielle. Elle produit de la confiance, renforce l’identité et stimule l’économie locale.

​Béja possède tout : les terres, l’histoire, les compétences. Ce qu’il manque, c’est cette ambition commune capable d’articuler ces richesses. Le Festival international de Dougga ne devrait pas être qu’une parenthèse estivale ; il pourrait être un moteur permanent de développement, un espace d’attractivité pour les artistes, les artisans et les entrepreneurs.

​La question est donc pour nous tous, mais surtout pour nos instances gouvernementales : «Comment passons-nous de la survie à la vision ?»

​La véritable richesse d’un territoire ne réside pas dans ce qu’il produit. Elle réside dans ce que ses habitants pensent être capables de construire ensemble. C’est dans cette étincelle de confiance, dans ce passage de l’exécution à la contribution, que commence le vrai développement.

​La transition ne consiste pas à maintenir une survie budgétaire, elle consiste à transformer la relation psychique que la région entretient avec son propre avenir.

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Tunisie | Réduire l’écart entre les compétences des diplômés et les besoins du marché   

Les indicateurs du marché du travail, tels qu’ils ressortent du rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relatif à l’année 2025 publié récemment, révèlent la création de 124 000 emplois nets au cours de l’année écoulée. Ce chiffre atteint un niveau record depuis plusieurs années et s’accompagne d’une légère baisse du taux de chômage à 15,2 %, bien que ce taux demeure élevé.

C’est ce qu’a déclaré, Mohamed Nkhili, professeur de droit bancaire, à Mosaique, le vendredi 10 juillet 2026, en soulignant le recul marqué du chômage des jeunes, ramené à 38,4 %, estimant que cette tendance reflète les politiques de l’emploi actuellement en vigueur, par allusion au mouvement de régularisation des employés précaires et leur intégration à la fonction publique.

M. Nkhili a, également, noté le taux de chômage de 22,5 % parmi les titulaires de diplômes d’enseignement supérieur, qui met en évidence un décalage entre les compétences des diplômés du supérieur et les besoins réels du marché du travail. L’économiste a fait remarquer, dans ce contexte, que le marché du travail tend à absorber plus facilement les diplômés issus de cursus courts et de la formation professionnelle. Aussi a-t-il insisté sur la nécessité de revoir les politiques d’enseignement supérieur pour mieux les aligner sur les exigences du marché et les besoins des entreprises qui ne trouvent pas toujours les profils dont elles ont besoin pour leurs activités. Il a également préconisé de compléter les diplômes académiques, qui ne sont pas censés donner automatiquement un emploi quel que soit leur niveau, par une formation professionnelle au plus près des besoins du marché du travail, et contribuer ainsi à réduire le chômage chez les diplômés.

S’agissant des transferts de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger, les chiffres ont atteint des niveaux records, enregistrant une hausse de 15,60 % pour s’établir à 11,4 milliards de dinars, a fait remarquer M. Nkhili. Cette tendance témoigne de liens nationaux solides ainsi que d’une évolution dans la nature de ces transferts : ils ne servent plus uniquement à la consommation des ménages, mais sont de plus en plus orientés vers l’investissement, s’est-il félicité.

I. B.

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Crise du logement : la propriété immobilière à l’épreuve du pouvoir d’achat

Longtemps considéré comme l’un des principaux vecteurs de stabilité sociale et d’ascension économique, l’accès à la propriété immobilière devient progressivement hors de portée pour une large partie des Tunisiens. Ce qui constituait autrefois l’aboutissement naturel d’un parcours de vie, études, emploi, constitution d’une famille puis acquisition d’un logement, tend aujourd’hui à devenir un objectif de plus en plus difficile à atteindre, notamment pour les classes moyennes.

Ce constat est au cœur d’une récente note d’analyse publiée par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) qui dresse un diagnostic préoccupant de la crise actuelle du logement en Tunisie. Au-delà des difficultés conjoncturelles, l’étude met en évidence les dysfonctionnements structurels d’un secteur confronté à une hausse continue des coûts, à un accès de plus en plus restreint au crédit et à une raréfaction du foncier aménagé. Face à cette situation, l’Institut formule plusieurs propositions de réforme afin d’éviter que la crise du logement ne se transforme en véritable fracture sociale.

Un modèle longtemps performant aujourd’hui sous tension

Pendant plusieurs décennies, la politique tunisienne de l’habitat a constitué l’un des succès des politiques publiques. Grâce notamment aux programmes réalisés par la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) et l’Agence foncière d’habitation (AFH), des dizaines de milliers de familles ont pu accéder à la propriété dans des conditions relativement favorables.

Ce modèle reposait sur plusieurs piliers : une politique foncière active, un financement bancaire relativement accessible, un coût de construction maîtrisé et un pouvoir d’achat permettant aux ménages de supporter les mensualités des crédits immobiliers.

Aujourd’hui, cet équilibre est profondément remis en cause

Les prix des logements ont progressé beaucoup plus rapidement que les revenus. L’écart entre le coût réel de l’immobilier et les capacités financières des ménages n’a cessé de se creuser, rendant l’acquisition d’un logement pratiquement inaccessible pour une partie importante de la population.

Selon l’IACE, plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette évolution. Le premier concerne l’augmentation spectaculaire des coûts de construction. La dépréciation du dinar, conjuguée à la hausse mondiale des prix des matières premières comme l’acier, le ciment, l’énergie ou les matériaux importés, a considérablement renchéri le coût de réalisation des logements. Les promoteurs immobiliers répercutent naturellement ces surcoûts sur les prix de vente.

Par ailleurs, il y a le facteur du durcissement des conditions de financement. La hausse du taux directeur de la Banque centrale a entraîné une augmentation des taux d’intérêt pratiqués par les banques. Les crédits immobiliers sont devenus plus coûteux tandis que les établissements bancaires exigent des garanties toujours plus importantes. Pour de nombreux jeunes cadres, fonctionnaires ou salariés du secteur privé, obtenir un prêt immobilier relève désormais du parcours d’obstacles.

Un autre facteur concerne la question foncière. La rareté des terrains aménagés, notamment ceux relevant de l’Agence foncière d’habitation, entretient une forte pression spéculative sur les prix du foncier. À cela s’ajoutent diverses charges fiscales qui augmentent le coût final supporté par les acquéreurs.

Le blocage du parcours résidentiel

L’IACE attire également l’attention sur un phénomène nouveau : le blocage du parcours résidentiel.

Traditionnellement, les jeunes ménages commençaient par louer un logement avant d’accéder progressivement à la propriété. Aujourd’hui, cette évolution naturelle est interrompue.

Faute de pouvoir acheter, les ménages demeurent locataires pendant de nombreuses années. Cette situation accroît la demande locative, provoque une hausse des loyers et réduit davantage leur capacité d’épargne. Il s’installe alors un véritable cercle vicieux.

Plus les loyers augmentent, moins les ménages peuvent constituer un apport personnel suffisant pour obtenir un crédit immobilier. L’accession à la propriété s’éloigne progressivement.

Les orientations de l’État

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs réformes destinées à relancer l’accès au logement. Sous l’impulsion du Président de la République Kaïs Saïed, plusieurs orientations ont été définies afin de redonner aux promoteurs publics un rôle moteur dans la politique nationale de l’habitat. L’une des principales innovations concerne le recours à la location-vente ou location-accession. Ce mécanisme permet aux ménages de devenir progressivement propriétaires grâce à des paiements échelonnés, sans devoir mobiliser immédiatement un apport financier important.

Cette formule constitue une réponse aux difficultés d’accès au crédit bancaire traditionnel. Parallèlement, l’État entend renforcer l’offre de logements économiques grâce à la mobilisation du foncier public. Des terrains domaniaux sont ainsi appelés à être cédés aux promoteurs publics à des conditions particulièrement avantageuses, parfois au dinar symbolique, afin de réduire le coût de revient des logements destinés aux classes moyennes.

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Plan de développement 2026-2030 qui prévoit la réalisation de plusieurs programmes de logements sociaux et économiques dans différentes régions du pays, notamment à Mornaguia et El Fejja.

Au-delà de ces mesures, le chef de l’État insiste régulièrement sur la nécessité de considérer le logement comme un droit fondamental participant directement à la justice sociale et au développement régional.

Les propositions de l’IACE

Tout en saluant certaines initiatives publiques, l’IACE estime que des réformes plus profondes demeurent indispensables. L’Institut recommande en premier lieu une réforme ambitieuse de la politique foncière. L’objectif consiste à accélérer l’apurement des situations foncières complexes, à libérer davantage de terrains aménagés et à lutter contre les phénomènes spéculatifs. L’IACE préconise également la création de nouveaux mécanismes de garantie publique facilitant l’accès au crédit immobilier des classes moyennes. Le Fonds de promotion du logement pour les salariés (FOPROLOS) pourrait également être révisé afin d’adapter ses plafonds aux réalités actuelles du marché immobilier. L’Institut insiste aussi sur la nécessité de simplifier les procédures administratives. La digitalisation des permis de bâtir, des autorisations et des transferts de propriété permettrait de réduire sensiblement les délais et les coûts supportés par les promoteurs comme par les particuliers. Enfin, l’IACE recommande de promouvoir davantage l’habitat durable grâce à l’utilisation de matériaux locaux, aux économies d’énergie et aux techniques modernes de construction permettant de diminuer les coûts d’exploitation des logements.

Une question économique mais aussi sociale

Au-delà des chiffres, la crise du logement dépasse largement le seul secteur immobilier.

Elle touche directement la cohésion sociale, l’emploi, l’investissement et le développement régional.

Le bâtiment demeure l’un des principaux moteurs de l’économie tunisienne. Chaque projet immobilier génère une activité importante pour les entreprises du bâtiment, les artisans, les industries des matériaux de construction, les banques et de nombreuses professions libérales.

Relancer durablement le marché du logement contribuerait ainsi à soutenir la croissance économique tout en répondant à un besoin fondamental de la population.

Le logement constitue en effet bien plus qu’un simple bien de consommation. Il représente un acteur de stabilité familiale, d’intégration sociale et de sécurisation patrimoniale.

Dans cette perspective, les orientations défendues par le Président de la République convergent avec plusieurs recommandations formulées par l’IACE. Qu’il s’agisse de la relance des promoteurs publics, de la mobilisation du foncier de l’État, du développement de la location-accession ou de la construction de logements adaptés au pouvoir d’achat des classes moyennes, l’objectif demeure identique : restaurer un véritable droit au logement accessible.

Le défi consiste désormais à transformer ces orientations en réalisations concrètes. Car la réussite d’une politique de l’habitat ne se mesure pas uniquement au nombre de programmes annoncés, mais à la capacité effective de permettre à des milliers de familles tunisiennes d’accéder à un logement décent dans des conditions compatibles avec leurs revenus. Dans un contexte marqué par les tensions économiques et la montée des inégalités, le logement apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur de justice sociale, de développement économique et de stabilité nationale.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Climatisation : des degrés qui font grimper la facture d’électricité

Dès que les températures grimpent, le même réflexe s’installe dans les foyers, les bureaux et les commerces : fermer les fenêtres, saisir la télécommande et allumer le climatiseur. En quelques années, cet appareil est devenu presque incontournable pendant l’été tunisien. Face à des épisodes de chaleur plus difficiles à supporter, la climatisation n’est d’ailleurs plus toujours perçue comme un simple confort. Mais son utilisation intensive a un coût qui se révèle souvent au moment de recevoir la facture d’électricité.

Le problème ne réside pas seulement dans le fait d’allumer un climatiseur, mais aussi dans la manière de l’utiliser. Une température très basse, un appareil qui fonctionne pendant de longues heures, des fenêtres mal isolées ou un logement exposé au soleil peuvent considérablement augmenter les besoins en énergie. À l’échelle d’un seul foyer, la différence peut sembler limitée. Mais lorsque les climatiseurs fonctionnent simultanément dans des centaines de milliers de logements, leur impact se fait sentir sur l’ensemble du système électrique. Les documents de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie soulignent d’ailleurs que la généralisation de la climatisation entraîne des pointes de surconsommation électrique. Le phénomène est particulièrement visible pendant les périodes de forte chaleur, lorsque la demande augmente brutalement à certaines heures de la journée. La STEG a elle aussi, dans plusieurs de ses rapports d’activité, directement associé les pointes estivales à la forte sollicitation des équipements de climatisation. 

Le thermostat, ce petit réglage qui change beaucoup de choses

Lorsqu’il fait très chaud, la tentation est grande de régler le climatiseur sur une température particulièrement basse. Beaucoup espèrent ainsi rafraîchir la pièce plus vite. Pourtant, le thermostat ne fonctionne pas comme un bouton permettant d’accélérer instantanément le refroidissement. Il indique surtout à l’appareil la température qu’il doit tenter d’atteindre et de maintenir. Plus l’écart entre la chaleur extérieure et la température demandée à l’intérieur est important, plus le système de climatisation est sollicité. Dans une pièce exposée au soleil, mal isolée ou traversée par des entrées d’air chaud, l’appareil peut alors fonctionner pendant de longues périodes pour essayer de maintenir la température choisie. Cette durée de fonctionnement supplémentaire se traduit directement par une consommation d’électricité plus élevée. La qualité du logement joue donc un rôle aussi important que le climatiseur lui-même. Le ministère chargé de l’Énergie distingue deux grands leviers d’efficacité énergétique dans les bâtiments. Le premier est passif et concerne notamment l’orientation, l’isolation thermique et l’étanchéité. Le second est actif et repose sur la performance des équipements, leur régulation et le comportement des utilisateurs. Autrement dit, même un appareil efficace consommera davantage s’il doit continuellement lutter contre la chaleur qui pénètre dans le logement. 

Fermer les fenêtres lorsque la climatisation fonctionne, limiter l’exposition directe au soleil ou encore éviter de refroidir inutilement des pièces inoccupées ne relève donc pas seulement du bon sens. Ces gestes agissent sur la durée pendant laquelle l’appareil doit fonctionner. L’ANME rappelle d’ailleurs dans ses guides consacrés aux logements économes en énergie que la climatisation suppose de maintenir portes et fenêtres fermées pendant son fonctionnement et que sa consommation électrique reste importante. Cette question prend une dimension particulière dans les logements anciens ou mal conçus pour faire face aux fortes chaleurs. Dans certains appartements, les murs et les toitures accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer le soir. Le climatiseur doit alors compenser les faiblesses du bâtiment. Le problème énergétique ne commence donc pas toujours avec la télécommande : il peut être inscrit dans la conception même du logement.

L’étiquette énergétique, un détail qui n’en est pas un

Tous les climatiseurs ne consomment pas la même quantité d’électricité pour fournir un service comparable. C’est précisément pour permettre au consommateur de distinguer les appareils les plus performants des plus énergivores que la Tunisie a instauré un système de certification et d’étiquetage énergétique. Le dispositif officiel comprend huit classes. La classe 1 correspond aux équipements les plus économes en énergie, tandis que la classe 8 désigne les plus consommateurs. Pour les climatiseurs, l’étiquetage énergétique est encadré par la réglementation depuis 2009. La Tunisie a ensuite progressivement interdit la commercialisation des appareils les moins performants : les classes 6, 7 et 8 ont été écartées du marché en 2009, la classe 5 en 2010 et la classe 4 en 2011. Cette réglementation montre à quel point le choix de l’appareil constitue un enjeu national. Lors de l’achat, le prix reste naturellement un critère déterminant pour les familles. Mais le coût réel d’un climatiseur ne se limite pas à la somme payée en magasin. Il faut aussi tenir compte de l’électricité consommée pendant plusieurs étés.

Un appareil moins performant peut sembler plus économique au moment de l’achat tout en coûtant davantage sur la durée. À l’inverse, un équipement plus efficace peut réduire les besoins en électricité à service comparable. L’étiquette énergétique devient ainsi un outil de comparaison aussi important que la puissance, la marque ou le prix. La question de la puissance mérite également une attention particulière. Un climatiseur doit être adapté à la taille de la pièce, à son exposition et aux caractéristiques du bâtiment. Le fonctionnement énergétique dépend donc d’un ensemble de facteurs qui vont bien au-delà du simple choix d’une température sur la télécommande.

Quand le confort individuel devient un enjeu collectif

L’impact de la climatisation ne s’arrête pas à la porte du logement. Lorsque la chaleur touche simultanément tout le pays, des milliers d’appareils se mettent en marche au même moment. La consommation augmente alors rapidement et le réseau électrique doit répondre à une demande particulièrement forte. Ce phénomène est ancien et documenté. Les rapports de la STEG ont déjà montré que les conditions climatiques estivales influencent directement les appels de puissance. Une année marquée par une forte vague de chaleur entraîne une sollicitation plus importante de la climatisation, tandis qu’un été plus clément peut limiter la demande. Le défi consiste donc à concilier deux réalités. D’un côté, il serait irréaliste de demander aux ménages de renoncer à la climatisation alors que les périodes de forte chaleur rendent parfois les logements difficiles à supporter. De l’autre, l’usage massif et peu maîtrisé de ces appareils alourdit les factures et accentue les pointes de consommation. La réponse ne passe pas nécessairement par la privation. Elle repose davantage sur une meilleure utilisation des équipements et sur des bâtiments mieux adaptés au climat. La politique tunisienne d’efficacité énergétique dans le secteur résidentiel s’appuie d’ailleurs sur ces deux dimensions : améliorer les qualités du bâtiment lui-même et optimiser les équipements ainsi que les usages. 

À l’échelle d’un foyer, fermer une fenêtre ou choisir un appareil performant peut sembler dérisoire. Pourtant, la consommation électrique nationale est précisément la somme de millions de gestes individuels. Pendant les journées les plus chaudes, quelques heures de fonctionnement supplémentaires dans chaque logement peuvent devenir une charge considérable pour l’ensemble du réseau. La climatisation restera sans doute l’un des équipements les plus utilisés des étés tunisiens. La véritable question n’est donc plus de savoir s’il faut ou non l’allumer, mais comment éviter qu’un besoin légitime de fraîcheur ne se transforme en surconsommation. Entre le choix de l’appareil, l’état du logement et le réglage du thermostat, quelques décisions apparemment mineures peuvent peser lourd. Car en été, les degrés que l’on cherche à gagner sur le thermomètre finissent souvent par se retrouver, eux aussi, sur la facture.

Leila SELMI

 

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Les vacances des Tunisiens en 2026 : un rêve de plus en plus inaccessible face à la crise du pouvoir d’achat

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

En Tunisie, l’été incarne traditionnellement le repos, les retrouvailles familiales et le plaisir de la mer. Pourtant, en 2026, pour une large majorité de citoyens, les vacances sont devenues un véritable luxe, presque un privilège réservé à une minorité. Alors que le secteur touristique national enregistre des records d’arrivées étrangères (plus de 11 millions de visiteurs non-résidents en 2025), les Tunisiens peinent à profiter des plages, hôtels et sites touristiques de leur propre pays. Pouvoir d’achat en berne, inflation persistante et envolée des prix des séjours hôteliers transforment les congés estivaux en un casse-tête budgétaire insoluble pour de nombreuses familles. Nous essayons d’analyser en profondeur les mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre.

 

Un pouvoir d’achat durablement fragilisé

Le pouvoir d’achat des Tunisiens constitue le principal obstacle aux vacances. Selon des enquêtes réalisées fin 2025, environ 50% des ménages interrogés indiquent que le coût global des vacances est le critère décisif qui détermine s’ils partiront ou non. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) s’établit autour de 528 dinars par mois en 2025, un niveau jugé très insuffisant au regard de l’évolution du coût de la vie.

Les dépenses contraintes – alimentation, logement, transport, santé et éducation – absorbent souvent plus de 70% des revenus d’un foyer moyen. Dans ce contexte, les vacances deviennent un poste budgétaire compressible, voire supprimé. Une famille de quatre personnes (deux adultes et deux enfants) doit souvent choisir entre un séjour estival et des dépenses plus urgentes comme la rentrée scolaire, les factures d’électricité ou les soins médicaux.

L’inflation, même si elle est officiellement maîtrisée, continue d’éroder le pouvoir d’achat année après année. Les prix des produits de première nécessité ont augmenté de manière significative ces dernières années, réduisant d’autant la marge disponible pour les loisirs. Résultat : de nombreux Tunisiens renoncent complètement à partir. D’autres optent pour des formules minimalistes : quelques jours chez des proches à Djerba, à Sfax ou dans le Nord-Ouest, sans hébergement payant. Les Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) font figure d’exception. Leurs transferts de fonds (plus de 4,4 milliards de dinars au premier semestre 2026) soutiennent l’économie locale, mais profitent peu aux classes moyennes résidentes qui se sentent doublement pénalisées.

 

Les prix des hôtels : une barrière de plus en plus infranchissable

Les tarifs hôteliers représentent aujourd’hui l’un des principaux freins. En haute saison 2026, une nuitée en hôtel 3 étoiles dans les zones phares (Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba) démarre généralement entre 70 et 130 dinars pour une chambre double en demi-pension. Les établissements 4 étoiles affichent des prix compris entre 150 et 300 dinars, tandis que les resorts 5 étoiles peuvent facilement dépasser 400 dinars la nuit en formule all-inclusive.

Pour une semaine complète en famille, le budget hébergement seul varie entre 1.500 et plus de 4.000 dinars selon le standing et la destination. À cela s’ajoutent les repas supplémentaires, les transports (essence ou location de voiture), les activités pour enfants et les extras. Au total, un séjour «raisonnable» peut rapidement atteindre 3.000 à 6.000 dinars pour une famille de quatre personnes – soit l’équivalent de plusieurs mois de salaire pour un employé du secteur privé ou public.

Les promotions Early Booking ou les offres flash permettent parfois de réaliser des économies de 20 à 40%, mais elles exigent un paiement anticipé que peu de ménages peuvent se permettre. Paradoxe frappant : la Tunisie reste une destination abordable pour les touristes européens. Des packages tout compris (vols inclus) sont vendus à partir de 300-500 euros par personne depuis la France ou l’Allemagne. Cette différence de perception renforce chez beaucoup de Tunisiens un sentiment d’injustice : leur pays est «bon marché» pour les étrangers, mais cher pour eux-mêmes.

 

Évolution des destinations : intérieur versus extérieur

Confrontés à ces coûts élevés, les Tunisiens adaptent leurs habitudes. Le tourisme intérieur «lowcost» gagne du terrain : location d’une maison chez la famille ou des amis, séjours chez l’habitant, camping ou petits gîtes ruraux. Les régions de l’intérieur (Kroumirie, Cap Bon hors saison ou le Sud tunisien) attirent ceux qui recherchent authenticité et prix modérés, loin de la saturation des grandes stations balnéaires.

Les voyages à l’étranger restent un rêve pour la plupart. La Turquie, l’Égypte, la France ou l’Italie attirent les classes moyennes supérieures et les TRE grâce à des vols low-cost ou des liens familiaux. Cependant, la dépréciation du dinar et la hausse des prix des billets d’avion limitent fortement ces escapades. Les destinations maghrébines restent les plus accessibles pour ceux qui franchissent les frontières.

Cette fracture se creuse : une minorité aisée continue de voyager loin et dans le confort, tandis que la majorité se contente de vacances locales courtes ou renonce totalement. Les jeunes, particulièrement touchés par le chômage et la précarité, sont les plus impactés : pour eux, l’idée même de «vacances» devient abstraite.

 

L’inflation et la crise économique : un cercle vicieux

L’inflation des dernières années a profondément modifié les comportements touristiques. Les hôteliers font face à une hausse de leurs charges (énergie, produits importés, salaires) qu’ils répercutent sur la clientèle. Le secteur touristique national affiche pourtant une belle santé globale, avec des recettes en devises importantes et une contribution significative au PIB (environ 5% directement en 2024-2025).

Mais cette croissance profite surtout aux grands groupes hôteliers, aux tour-opérateurs internationaux et aux zones côtières haut de gamme. Les Tunisiens subissent les effets négatifs : surfréquentation en été, hausse générale des prix et sentiment d’être relégués au second plan sur leur propre territoire.

La crise économique structurelle (chômage structurel, endettement, incertitudes) renforce cette prudence collective. De nombreuses familles reportent leurs projets de vacances d’une année à l’autre, dans l’espoir d’une amélioration économique qui tarde à se concrétiser. Les dépenses estivales deviennent ainsi un indicateur révélateur des difficultés plus larges que traverse la société tunisienne.

 

Vers un tourisme social plus inclusif : quelles solutions ?

Face à ce tableau préoccupant, des initiatives émergent pour promouvoir un tourisme plus accessible. Des propositions de loi en faveur du «tourisme social» circulent, visant à créer des chèques-vacances, des partenariats avec les comités d’entreprise ou des tarifs préférentiels pour les familles tunisiennes. Certains établissements hôteliers proposent déjà des offres dédiées hors saison ou des packages familiaux adaptés.

Cependant, ces mesures restent encore trop limitées et fragmentées. Pour aller plus loin, il faudrait développer massivement l’hébergement alternatif (maisons d’hôtes, éco-loges, camping aménagé), encourager les circuits courts et le tourisme rural et mettre en place des aides ciblées pour les classes moyennes. Des campagnes nationales pourraient également inciter les Tunisiens à redécouvrir les richesses de leur pays à moindre coût : festivals culturels, randonnées, sites historiques et plages moins connues.

Des modèles étrangers (Turquie, Espagne ou certains pays européens) montrent qu’un tourisme social ambitieux peut à la fois soutenir le pouvoir d’achat des citoyens et renforcer la résilience du secteur. La Tunisie, avec son climat favorable, ses infrastructures existantes et sa diversité culturelle et géographique, dispose de tous les atouts nécessaires.

En 2026, les vacances des Tunisiens illustrent cruellement les tensions économiques du pays. Entre un secteur touristique florissant tourné vers l’international et une population locale de plus en plus exclue, le fossé se creuse. Restaurer l’accès aux congés n’est pas seulement une question de bien-être individuel ou familial, c’est un enjeu majeur de cohésion sociale, d’équité et de dynamisme économique à long terme.

Sans politiques volontaristes fortes en matière de pouvoir d’achat et de tourisme inclusif, une partie grandissante de la société tunisienne risque de rester durablement éloignée des plaisirs simples de l’été. Il est temps de faire en sorte que la mer, le soleil et l’hospitalité tunisienne profitent d’abord à celles et ceux qui vivent sur ce territoire.

 

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Zaghouan | L’armée de l’air intervient pour maîtriser l’incendie de Jebel Chahma

L’armée de l’air est intervenue, dans la soirée de ce samedi 11 juillet 2026, pour intervenir sur l’incendie de Jebel Chahma, situé dans la région de Bir Halima au gouvernorat de Zaghouan.

C’est ce qu’a annoncé le ministère de la Défense nationale, cité par l’agence Tap, en précisant que les forces aériennes ont réussi à maîtriser les flammes qui ravageaient le sommet de la montagne.

Si les sommets sont désormais hors de danger, les efforts conjoints des différents corps d’intervention se poursuivent sur le terrain pour circonscrire et éteindre définitivement les foyers d’incendie persistants au bas de la montagne, ajoute encore la même source.

Y. N.

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Nabeul | Reprise progressive de la distribution de l’eau dimanche matin

Commentant les coupures dans la distribution de l’eau potable à Korba, Tazarka et Somâa au gouvernorat de Nabeul, la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a annoncé un retour à la normale pour ce dimanche 12 juillet 2026.

Le rétablissement se fera de manière progressive à partir de 7h, une fois les travaux de réparation achevés, ajoute la Sonede dans un communiqué.

Pour rappel une panne est survenue ce samedi sur la conduite principale d’alimentation de la ville de Korba, causant des coupures soudaines.

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Canicule en Tunisie | Les températures par région pour ce dimanche

La hausse des températures annoncée par l’Institut national de la météorologie (INM) se poursuit avec des maximales qui atteindront les 46 °C demain.

Voici le détail des températures attendues par région pour ce dimanche :

  • Tunis : 42°C
  • Ariana : 43°C
  • Manouba : 44°C
  • Ben Arous : 44°C
  • Bizerte : 40°C
  • Nabeul : 36°C
  • Zaghouan : 44°C
  • Béja : 45°C
  • Jendouba : 46°C
  • Kef : 44°C
  • Siliana : 44°C
  • Sousse : 43°C
  • Monastir : 43°C
  • Mahdia : 38°C
  • Kairouan : 46°C
  • Sidi Bouzid : 45°C
  • Kasserine : 43°C
  • Gafsa : 44°C
  • Tozeur :46°C
  • Kébili : 45°C
  • Sfax : 39°C
  • Gabès : 41°C
  • Medenine : 44°C
  • Tataouine : 43°C

Y. N.

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Métlaoui | Routes fermées et colère contre les coupures d’eau répétées

Excédés par des coupures d’eau qui durent depuis plusieurs jours, des habitants de Métlaoui ont observé, ce samedi 11 juillet 2026, un mouvement de protestation marqué par la fermeture de routes à l’entrée de la ville.

Ces coupures répétées et prolongées d’eau potable, en pleine vague de chaleur, sont devenues insupportables pour les habitants de la ville, qui ont appelé les autorités régionales et les services concernés à intervenir immédiatement pour rétablir l’approvisionnement.

Ils ont déploré leur souffrance quotidienne en cette période de températures caniculaires, soulignant l’absence totale de communication des autorités locales, notamment de la direction régionale de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), ainsi que l’absence de solutions durables.

Au-delà du rétablissement d’urgence, les habitants exigent des réformes radicales pour mettre fin définitivement à ce problème qui se répète en particulier chaque été.

Y. N.

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