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Polémique autour des mandats au PDL : faits, réactions et enjeux

Le Parti Destourien Libre (PDL) a publié un communiqué pour démentir des rumeurs affirmant que Abir Moussi, présidente du parti et détenue depuis le 3 octobre 2023, envisagerait de violer les statuts pour briguer un mandat auquel elle n’aurait pas droit. Le communiqué rappelle que Abir Moussi a accédé à la présidence lors du congrès de consolidation du 13 août 2016 et que le premier congrès électif du parti s’est tenu du 12 au 14 août 2021, qui a élu la direction actuelle par un vote libre et transparent.

Le PDL cite l’avant‑dernier alinéa de l’article 11 de ses statuts : “ Le président du parti est élu directement par le congrès national. Il est requis que le candidat ait exercé une responsabilité centrale pendant huit années consécutives. Aucun membre ne peut exercer plus de deux mandats complets et consécutifs, comptés à partir du premier congrès électif auquel il a participé. “ Sur cette base, le parti conclut que Abir Moussi serait habilitée à se présenter pour un nouveau mandat et que les allégations d’inéligibilité sont infondées. Le communiqué appelle par ailleurs les médias à cesser de diffuser des informations erronées visant, selon lui, à porter atteinte à l’image de la présidente du PDL. 

Foued Mouakher, dirigeant au PDL, a de son côté rappelé l’importance d’une lecture rigoureuse des textes. Avant la publication du communiqué, il a publié une note expliquant que les débats sérieux doivent s’appuyer sur des faits et des textes, et non sur des impressions ou des coupures médiatiques. Il insiste sur la nécessité de publier les documents originaux pour permettre au public de se forger une opinion éclairée, et condamne les erreurs ou les manipulations dans la transmission d’informations juridiques ou statutaires. Il appelle les médias à vérifier systématiquement leurs sources.

Cette polémique  intervient après une lettre ouverte de l’ancien député Majdi Ben Khiareddine Boudhina, qui avait demandé à Abir Moussi de renoncer à ce qu’il qualifiait de « troisième » mandat. Boudhina estimait qu’un parti qui critique la possibilité d’un troisième mandat présidentiel ne devait pas se soustraire à ses propres règles internes ; il plaidait aussi pour un renouvellement générationnel et un recentrage du discours du parti sur les questions économiques et sociales.

 Sa démarche a suscité des réactions contrastées au sein du mouvement destourien : la majorité des militants ont rejeté son initiative, la considérant comme une attaque contre la direction du parti, en particulier dans le contexte de la détention de Abir  Moussi et des campagnes réclamant sa libération. 

Le 9 juillet, Majdi Boudhina a réagi sur Facebook en affirmant que l’Histoire le jugerait « traître » ou « audacieux ». Le PDL maintient que rien, dans ses statuts, n’interdit la candidature de Abir  Moussi à un nouveau mandat.

La controverse soulève aujourd’hui des questions sur les motivations et le calendrier de l’initiative de Majdi Boudhina : sachant que Abir Moussi est détenue, quel est l’objectif de publier cette lettre ouverte ? Est‑ce un règlement de comptes interne, une prise de position politique ? À qui profite réellement ce débat ? Ces interrogations restent ouvertes et appellent à des explications factuelles plutôt qu’à des spéculations.

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La Tunisie place l’intelligence artificielle et la souveraineté des données au cœur de sa stratégie numérique

La Tunisie a présenté une vision nationale de la transition numérique inscrite dans son plan de développement 2026-2030, faisant des technologies numériques et de l’intelligence artificielle (IA) des leviers de croissance, d’innovation et d’attractivité pour les investissements, a déclaré vendredi le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi.

Intervenant lors de la réunion ministérielle du Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), à Genève, le ministre a indiqué que cette stratégie repose sur le renforcement des infrastructures numériques, la généralisation de la digitalisation des services publics et l’amélioration du climat des affaires, selon un communiqué de son département.

Concernant l’intelligence artificielle,  Hemissi a affirmé que la stratégie nationale s’appuie sur plusieurs principes, notamment la primauté de l’humain, la préservation de la souveraineté nationale et des données, ainsi que le respect des valeurs éthiques, culturelles et sociales.

Il a estimé que l’IA jouera un rôle déterminant dans la transformation des sociétés et des économies au cours des prochaines décennies, tout en plaidant pour une gouvernance garantissant un usage responsable de cette technologie.

Le ministre a également appelé l’Union internationale des télécommunications (UIT) à renforcer l’appui aux États membres afin de traduire les engagements internationaux, notamment ceux du SMSI+20 et du Pacte numérique mondial, en actions concrètes.

En marge du sommet, le ministre. Hemissi s’est entretenu avec la secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin.

Les deux responsables ont réaffirmé leur volonté de consolider leur coopération, tandis que la Tunisie a réitéré son ambition de devenir un pôle régional de l’innovation numérique et de contribuer à une gouvernance responsable de l’IA ainsi qu’à la réduction de la fracture numérique.

 Bogdan-Martin a salué les avancées de la Tunisie dans le domaine du numérique et exprimé la disponibilité de l’UIT à poursuivre le développement de projets de coopération avec le pays.

Organisé du 6 au 10 juillet à Genève par l’UIT avec l’UNESCO, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Forum du SMSI réunit des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et des organisations internationales autour des enjeux de la coopération numérique mondiale.

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Une nouvelle canicule est attendue durant ces deux jours

Ce samedi 11 juillet 2026  est le jour le plus chaud depuis le début du mois avec un pic à plus de 45 degrés sur Tunis, duquel il se poursuit  jusqu’à la semaine prochaine.. 

 

 Pour mieux se protéger,  un appel à la vigilance est lancé  pour les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes, et toute personne fragile à se protéger de la chaleur. 

 

Pour éviter les coups de sirocco, bien boire de l’eau, s’hydrater d’une façon permanente, en cas de déshydratation, ou de la fièvre, se rendre chez les médecins, sont les dispositifs mis en place du ministère. 

 

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Banque centrale, souveraineté économique et mutations des équilibres macroéconomiques 

 Par Mondher AFI

Le 6 juillet 2026, au Palais de Carthage, le Président de la République Kaïs Saïed a reçu le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri, venu lui remettre le rapport annuel de la Banque centrale au titre de l’année 2025. Cette rencontre institutionnelle s’inscrit dans un contexte caractérisé par les profondes transformations de l’économie mondiale, la reconfiguration des rapports de puissance économique et l’évolution du rôle des banques centrales dans la gouvernance des États.

 

Elle intervient également après la participation du Gouverneur aux travaux du Congrès financier de la Banque de Russie, organisé à Saint-Pétersbourg, où la Tunisie a pris part aux échanges en qualité d’invitée d’honneur.

Au-delà de son caractère protocolaire, cette rencontre offre une grille de lecture pertinente des enjeux économiques auxquels la Tunisie est confrontée. Les éléments présentés lors de cet entretien – croissance économique, inflation, réserves en devises, remboursement de la dette extérieure et participation aux forums économiques internationaux – ne doivent pas être appréhendés comme une simple succession de données statistiques. Ils traduisent les interactions permanentes entre politique monétaire, stabilité financière, coopération internationale et développement national. L’analyse de ces éléments permet de mieux comprendre les mécanismes qui structurent l’économie tunisienne dans un environnement international marqué par une incertitude croissante et par l’émergence de nouveaux espaces de coopération économique.

 La Banque centrale au cœur de la gouvernance économique

Les banques centrales occupent aujourd’hui une place essentielle dans l’organisation des économies contemporaines. Initialement chargées de l’émission de la monnaie et de la régulation de la circulation monétaire, elles exercent désormais des responsabilités beaucoup plus larges qui concernent la stabilité des prix, la supervision bancaire, la préservation de la confiance dans le système financier et la protection des équilibres macroéconomiques. Dans une économie ouverte comme celle de la Tunisie, ces missions prennent une dimension particulière, puisque les fluctuations internationales influencent directement les marchés financiers, les échanges commerciaux et les mouvements de capitaux.

La remise du rapport annuel constitue ainsi un exercice de transparence institutionnelle qui permet d’apprécier la situation économique du pays à partir d’indicateurs objectivés. Ce document ne se limite pas à dresser un bilan comptable de l’année écoulée, il met également en évidence les évolutions de l’environnement économique, les risques susceptibles d’affecter la stabilité financière ainsi que les perspectives de l’économie nationale. Les banques centrales produisent en effet une expertise indispensable à la compréhension des transformations économiques, dans un contexte où les décisions publiques nécessitent une information fiable et régulièrement actualisée.

Les indicateurs présentés lors de la rencontre offrent des éléments d’appréciation sur la situation macroéconomique du pays. Le taux de croissance renseigne sur l’évolution de l’activité économique, tandis que l’inflation constitue un indicateur de la stabilité des prix et du pouvoir d’achat. Les réserves en devises permettent d’évaluer la capacité du pays à couvrir ses besoins en importations et à honorer ses engagements extérieurs. De son côté, le respect des échéances de remboursement de la dette contribue à apprécier la crédibilité financière de l’État sur les marchés. Pris séparément, ces indicateurs rendent compte de dimensions spécifiques de l’économie ; analysés conjointement, ils offrent une lecture plus complète des équilibres macroéconomiques, sans pour autant suffire, à eux seuls, à rendre compte de l’ensemble des dynamiques économiques et sociales.

Toutefois, la littérature économique contemporaine rappelle que ces indicateurs ne constituent pas une fin en soi. Comme l’ont montré Amartya Sen et Joseph Stiglitz, les performances macroéconomiques prennent leur véritable signification lorsqu’elles s’accompagnent d’une amélioration durable des conditions de vie, d’un renforcement des capacités productives et d’une consolidation des institutions. Les banques centrales participent à la création d’un environnement favorable au développement, mais leur action s’inscrit dans un ensemble plus vaste où interviennent également les politiques budgétaires, industrielles, éducatives et sociales.

La participation tunisienne aux forums économiques internationaux

La rencontre du 6 juillet 2026 a également permis d’évoquer les résultats de la participation tunisienne au Congrès financier organisé par la Banque de Russie, en marge de la vingt-neuvième édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Cet événement, placé sous le thème «Dialogue pratique : la voie vers un avenir stable», a réuni des responsables politiques, des gouverneurs de banques centrales, des représentants d’institutions financières, des universitaires et des acteurs économiques provenant de plus d’une centaine de pays et de régions.

L’intérêt de cette participation dépasse la seule dimension diplomatique. Les forums économiques internationaux constituent aujourd’hui des espaces de dialogue où s’élaborent des réflexions sur les mutations du système financier mondial, les nouvelles formes de coopération monétaire, les mécanismes de financement du développement, la transformation numérique des systèmes bancaires et les défis liés aux crises économiques successives. Ils offrent également un cadre d’échange d’expériences entre institutions confrontées à des problématiques souvent similaires, malgré la diversité de leurs contextes nationaux.

La présence de la Tunisie comme invitée d’honneur traduit son insertion dans ces espaces internationaux de concertation économique. Elle permet de renforcer les échanges techniques entre banques centrales, d’élargir les possibilités de coopération financière et de suivre les évolutions des pratiques internationales en matière de régulation bancaire, de paiements numériques, de cybersécurité financière et de gestion des risques macroéconomiques. Dans un contexte marqué par la diversification des partenaires économiques et par l’émergence d’un système international plus multipolaire, cette participation illustre également l’importance croissante de la diplomatie économique dans les stratégies nationales de développement.

Le choix de Saint-Pétersbourg comme lieu de cette rencontre n’est pas anodin. Depuis sa création en 1997, le Forum économique international est devenu un espace majeur de réflexion sur les transformations de l’économie mondiale. Les débats qui y sont organisés portent autant sur les investissements, les innovations technologiques et les transitions énergétiques que sur les nouvelles architectures financières internationales. Pour les banques centrales, ces rencontres constituent des occasions privilégiées de comparer les expériences nationales et d’anticiper les évolutions susceptibles d’influencer la stabilité financière mondiale. 

Les indicateurs macroéconomiques entre stabilité financière et développement

Les données présentées au cours de cette rencontre offrent une lecture de l’évolution de la situation macroéconomique. Elles mettent en évidence des efforts de consolidation des équilibres économiques et financiers, tout en rappelant les défis persistants liés à la croissance, à l’investissement, à l’emploi et à la résilience de l’économie face aux contraintes internes et externes.

Toutefois, l’interprétation de ces indicateurs nécessite une lecture nuancée. Le taux de croissance renseigne sur l’évolution de la production de biens et de services, mais il ne permet pas, à lui seul, d’évaluer les effets de cette évolution sur l’emploi, les revenus, les disparités régionales ou la réduction des inégalités. De la même manière, le ralentissement de l’inflation constitue un indicateur de stabilité des prix, sans que cela implique automatiquement une amélioration du pouvoir d’achat ou des conditions de vie de l’ensemble de la population.

Les réserves en devises représentent un instrument de sécurité économique en permettant de financer les importations et d’absorber d’éventuels déséquilibres extérieurs. Quant au remboursement des engagements financiers internationaux, il traduit le respect des obligations contractuelles de l’État et contribue à l’évaluation de sa situation financière par les partenaires et les marchés.

Pris isolément, chacun de ces indicateurs renseigne sur une dimension spécifique du fonctionnement de l’économie. Leur analyse gagne toutefois à être replacée dans une perspective plus large intégrant les transformations structurelles, les politiques publiques, l’investissement, l’emploi, la productivité et les dynamiques sociales. Les indicateurs macroéconomiques permettent ainsi d’apprécier la stabilité économique, sans constituer à eux seuls une mesure complète du développement.

Les économistes contemporains insistent sur la nécessité d’articuler ces données quantitatives avec des indicateurs relatifs à l’investissement, à la productivité, à l’innovation, à l’emploi, au capital humain et au développement territorial. La qualité d’une trajectoire économique dépend de la capacité à transformer la stabilité financière en croissance durable, à renforcer la compétitivité des entreprises et à favoriser la création de valeur dans l’ensemble des régions du pays. Cette approche multidimensionnelle conduit à considérer les performances macroéconomiques comme des conditions favorables au développement, sans les confondre avec le développement lui-même.

 Les perspectives de la Tunisie dans un environnement économique en mutation

L’économie mondiale traverse une période de recomposition profonde marquée par le déplacement progressif des centres de croissance, la multiplication des pôles d’influence économique et financière ainsi que l’évolution des mécanismes de coopération internationale. Cette dynamique s’accompagne d’une diversification des échanges commerciaux, d’une transformation des chaînes de valeur mondiales et d’une redéfinition des rapports entre les économies développées et émergentes. Dans ce contexte, les États sont conduits à adapter leurs stratégies économiques afin de renforcer leur capacité de résilience face aux chocs externes, de sécuriser leurs approvisionnements, de diversifier leurs partenaires économiques et financiers et d’améliorer leur aptitude à s’insérer dans un environnement international caractérisé par une incertitude croissante et des mutations rapides.

Pour la Tunisie, cette évolution implique de concilier stabilité monétaire, attractivité économique et capacité d’adaptation aux nouvelles dynamiques internationales. La Banque centrale joue un rôle important dans cette perspective en contribuant à la confiance des opérateurs économiques, à la stabilité du système bancaire et à la prévisibilité des politiques monétaires. Toutefois, la consolidation des équilibres financiers ne constitue qu’une composante d’une stratégie plus large mobilisant également les politiques d’investissement, l’innovation, la recherche scientifique, la formation du capital humain et l’amélioration de la gouvernance économique.

Les transformations actuelles de l’économie mondiale montrent également que la coopération internationale ne se limite plus aux relations commerciales. Elle concerne désormais les échanges d’expertise entre banques centrales, le développement des technologies financières, la sécurisation des systèmes de paiement, la régulation des flux numériques et la gestion des risques liés aux changements géopolitiques. Dans ce contexte, la participation aux grands forums internationaux représente un moyen de suivre les évolutions des pratiques économiques, de renforcer les capacités institutionnelles et de mieux anticiper les défis futurs.

La rencontre du 6 juillet 2026 offre ainsi un cadre d’analyse permettant de mettre en relation plusieurs dimensions essentielles de la gouvernance économique contemporaine. La remise du rapport annuel de la Banque centrale, la présentation des principaux indicateurs macroéconomiques et la participation tunisienne aux travaux du Congrès financier de la Banque de Russie et du Forum économique international de Saint-Pétersbourg témoignent de l’articulation croissante entre politiques économiques nationales et transformations de l’environnement international. L’ensemble de ces éléments montre que la stabilité monétaire, la solidité institutionnelle et l’ouverture aux espaces internationaux de coopération constituent des composantes complémentaires d’une réflexion plus large sur les trajectoires de développement de la Tunisie dans un monde en profonde mutation.

 

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Trafic de drogue : Jusqu’à 40 ans de prison à Tunis, les lourdes condamnations se multiplient

La Chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné les membres d’un réseau de trafic de stupéfiants à des peines allant de 20 à 40 ans de prison, assorties d’amendes dépassant 400.000 dinars. Ce verdict s’inscrit dans une série de décisions particulièrement sévères rendues ces dernières semaines contre des filières de narcotrafic, illustrant le durcissement de la réponse judiciaire face à un phénomène en pleine mutation.

Les tribunaux tunisiens continuent de prononcer de lourdes peines dans les affaires de trafic de stupéfiants. Après plusieurs condamnations visant des réseaux spécialisés dans l’importation de cocaïne via l’aéroport de Tunis-Carthage ou les colis postaux, la justice vient de sanctionner un nouveau réseau impliqué dans l’introduction et la distribution de drogues dans la capitale.

Un réseau alimentant le marché de la drogue à Tunis

Selon les éléments de l’enquête, les six condamnés faisaient entrer différentes substances stupéfiantes en contrebande avant de les transporter, de les stocker et de les redistribuer dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.

L’affaire a été révélée après une opération menée dans un appartement situé aux Berges du Lac, où les forces de sécurité ont découvert environ 150 kilogrammes de résine de cannabis, 3 kilogrammes de cocaïne et près de 6000 comprimés psychotropes destinés à alimenter le marché illicite.

À l’issue des investigations, les six membres présumés du réseau ont été renvoyés devant la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis.

Des peines pouvant atteindre 40 ans de prison

Le tribunal a prononcé des peines allant de 20 à 40 ans de réclusion, accompagnées d’amendes dépassant 400.000 dinars.

La sévérité de ces condamnations confirme la ligne adoptée par les juridictions tunisiennes face aux réseaux de trafic de drogue, notamment lorsque les dossiers portent sur des quantités importantes de stupéfiants ou mettent en évidence une organisation structurée.

Une série de verdicts contre les filières de narcotrafic

Cette décision intervient dans un contexte marqué par plusieurs condamnations importantes prononcées depuis le mois de juin.

Une ressortissante étrangère a notamment été condamnée à 30 ans de prison pour une tentative d’introduction de cocaïne via l’aéroport international de Tunis-Carthage. Quelques jours plus tard, un autre réseau international a écopé de peines allant jusqu’à 50 ans de prison dans une affaire mêlant trafic de cocaïne et blanchiment d’argent. D’autres filières utilisant les services postaux pour acheminer la drogue vers la Tunisie ont également été lourdement sanctionnées.

Ces dossiers traduisent une évolution des méthodes employées par les trafiquants, qui recourent à différents circuits d’acheminement – frontières terrestres, aéroport, fret postal ou réseaux internationaux – pour alimenter le marché tunisien.

Une réponse judiciaire de plus en plus ferme

La multiplication des condamnations à de très longues peines témoigne de la volonté des autorités judiciaires de renforcer la lutte contre le narcotrafic et les organisations criminelles qui en tirent profit.

Au-delà de la répression, ces affaires mettent également en lumière l’ampleur des réseaux opérant en Tunisie et les défis auxquels sont confrontés les services de sécurité pour démanteler des filières de plus en plus structurées et diversifiées.

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Mohsen Gharsi : « Face à l’IA, l’ingénieur reste plus que jamais un métier d’avenir »

Face à la transition numérique, énergétique et industrielle, l’ingénieur tunisien est appelé à redéfinir son rôle.

Pour Mohsen Gharsi, doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’adaptation aux nouvelles technologies, mais dans la capacité à former une nouvelle génération d’ingénieurs capables d’accompagner la transformation économique du pays. À l’horizon 2030, le métier d’ingénieur en Tunisie devrait connaître une mutation profonde. L’accélération technologique, les impératifs de transition énergétique et la modernisation de l’appareil productif imposent une évolution des compétences et des formations.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Mohsen Gharsi estime que l’ingénieur restera au cœur de ces transformations. Et ce, à condition d’anticiper les besoins futurs et de repenser son rôle face aux nouveaux défis. Il précise que les profils liés au numérique et à l’industrie intelligente figureront parmi les plus recherchés dans les prochaines années. L’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le génie logiciel, le cloud computing ou encore les systèmes embarqués devraient occuper une place croissante dans l’économie tunisienne, en accompagnant la digitalisation des entreprises et l’évolution des modèles industriels.

Cette dynamique ne se limitera pas au secteur numérique. Les métiers liés à la transition énergétique et à la modernisation industrielle devraient également gagner en importance. Les ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’automatisation industrielle, la mécatronique, l’électronique, les télécommunications ou encore l’électromécanique seront appelés à jouer un rôle stratégique dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises, la réduction des coûts et la sécurisation des infrastructures.

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L’évolution concernera aussi les secteurs traditionnels. Le génie civil durable, les infrastructures, l’environnement et la maintenance industrielle intelligente deviendront des domaines essentiels dans un contexte marqué par la pression sur les ressources, les changements climatiques et les besoins croissants en aménagement du territoire. L’ingénieur de demain devra ainsi contribuer à renforcer la résilience des réseaux, améliorer la qualité des ouvrages et accompagner le développement territorial.

Des formations à rapprocher davantage du monde économique

Si la Tunisie dispose d’un capital humain reconnu, notamment grâce à la qualité scientifique et à la capacité d’adaptation de ses ingénieurs, Mohsen Gharsi considère que les formations doivent évoluer pour rester en phase avec les transformations du marché. La formation d’un ingénieur ne peut plus reposer uniquement sur l’acquisition de connaissances théoriques. Elle doit désormais intégrer davantage de compétences opérationnelles : maîtrise des outils numériques, culture de l’innovation, compréhension des standards internationaux, capacité à travailler dans des équipes pluridisciplinaires et aptitude à résoudre des problématiques complexes en entreprise. Pour le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, le rapprochement entre les écoles d’ingénieurs, les universités, les centres de recherche et le secteur privé constitue une condition essentielle. Il appelle à développer des partenariats plus structurés avec les entreprises afin d’adapter les programmes, renforcer les projets appliqués et transformer les stages en véritables expériences d’immersion professionnelle.

L’objectif, souligne-t-il, n’est plus seulement de former des diplômés, mais de préparer des ingénieurs immédiatement opérationnels, capables de contribuer dès leur entrée dans la vie active à la compétitivité et à l’innovation nationales.

Intelligence artificielle : un outil au service de l’ingénieur, pas un remplacement

L’arrivée de l’intelligence artificielle constitue l’un des principaux défis auxquels la profession devra répondre. Pour Mohsen Gharsi, cette révolution technologique impose une adaptation profonde, mais elle ne remet pas en cause la place de l’ingénieur. L’intelligence artificielle transforme les méthodes de conception, d’analyse et de pilotage des systèmes, mais elle ne peut remplacer le jugement humain, l’expérience professionnelle ou la responsabilité liée aux décisions techniques. L’ingénieur de 2030 devra apprendre à utiliser l’IA comme un outil d’aide à la décision, d’optimisation et d’analyse. Tout en conservant une maîtrise éthique et stratégique des projets. Cette évolution nécessitera de nouvelles compétences, notamment une meilleure compréhension des algorithmes, une capacité à exploiter les données massives et une intégration plus poussée de l’automatisation dans les processus industriels. Mais au-delà des compétences techniques, les qualités humaines resteront déterminantes : créativité, sens des responsabilités, esprit critique et capacité d’adaptation. L’ingénieur tunisien de demain devra ainsi être plus polyvalent, plus agile et davantage ouvert sur l’international. La formation continue deviendra une nécessité pour accompagner des métiers en évolution permanente et anticiper l’émergence de professions qui n’existent pas encore aujourd’hui.

Un métier d’avenir pour une génération tournée vers l’impact

Aux jeunes qui envisagent une carrière d’ingénieur, Mohsen Gharsi adresse un message d’encouragement mais aussi d’exigence.

Pour lui, l’ingénierie demeure un métier porteur de sens, capable d’apporter des réponses concrètes aux grands défis de la société : développement industriel, transition énergétique, sécurisation des infrastructures ou amélioration du quotidien des citoyens. Il invite les futurs ingénieurs à cultiver la curiosité, la discipline, l’innovation et l’esprit collectif.

Dans un environnement marqué par des mutations rapides, la capacité à apprendre, expérimenter et remettre en question ses connaissances deviendra un avantage déterminant. L’avenir de l’ingénierie tunisienne dépendra donc de la capacité du pays à valoriser ses talents, moderniser ses formations, encourager la recherche et inscrire davantage l’ingénieur dans les choix économiques et stratégiques.

À l’horizon 2030, l’ingénieur ne sera pas seulement un spécialiste technique, mais un acteur majeur de la compétitivité, de la souveraineté technologique et du développement national.

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Baccalauréat 2026 : le taux de réussite grimpe à 50,72 %

Le ministère de l’Éducation annonce que le taux de réussite global au baccalauréat 2026 (sessions principale et de contrôle) atteint 50,72 %. Lors de la session de contrôle, 23 316 candidats ont été admis sur 49 661 participants. Soit un taux de réussite de 46,95 %.

Parmi les sections, la filière Sport affiche le meilleur résultat avec 64,27 %. Elle est suivie par Économie et gestion (52,51 %) puis Lettres (50,83 %). À titre de comparaison, la session principale avait enregistré un taux de réussite de 35,67 %, avec 55 259 admis sur 154 928 candidats.

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Plan de développement 2026-2030 – Samir Abdelhafidh : vers une planification participative et décentralisée

La séance plénière consacrée à l’examen et au vote du plan de développement 2026–2030 a repris ce matin, vendredi 10 juillet 2026. Et ce, pour entendre les réponses du ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.

Selon le ministre, la plupart des interventions des députés convergent avec les objectifs gouvernementaux, en particulier le renforcement de l’État social et la promotion de l’équité et de l’équilibre entre les régions. Il a souligné que le débat avec les députés a mis en évidence l’importance d’une  » unité d’intention » visant à défendre l’intérêt national.

Samir Abdelhafidh a qualifié ce plan de « démarche constitutionnelle importante ». Tout en rappelant qu’il s’agit du premier plan élaboré après l’adoption de la nouvelle Constitution et qu’il vise à renforcer la participation citoyenne au niveau local et régional.

En outre, il a précisé que les propositions ne sont pas de simples projets, mais la contribution des élus, issue d’un constat partagé de la réalité du terrain et d’une vision commune du développement.

Le ministre a souligné que si la Tunisie a une longue tradition d’élaboration de plans nationaux, la méthode a changé : la planification n’est plus centralisée mais s’inscrit désormais dans une dynamique de décentralisation territoriale, fondée sur les propositions des citoyens.

Par ailleurs, il a réagi au coût du budget prévu pour sa mise en œuvre, environ 102 milliards de dinars répartis entre le budget de l’État, les partenariats public‑privé et les établissements publics, que certains qualifient d' »irréaliste ». Le ministre a expliqué que le gouvernement élabore ses hypothèses en se fondant sur des rapports économiques internationaux et en suivant les évolutions. Tout en précisant : « Le plan est réalisé selon la raison d’État et le secteur public doit mobiliser tout son poids pour réussir sa mise en œuvre. »

Enfin, le ministre a indiqué que l’un des principaux objectifs du plan est d’augmenter le revenu individuel et d’amener la Tunisie parmi le tiers supérieur des pays à revenu intermédiaire d’ici 2030.

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L’UGTT appelle à une intervention urgente pour relancer le transport public

-La Fédération générale du transport relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé, ce jeudi, à l’élaboration d’un plan national d’urgence pour sauver le transport public, renouveler le parc, renforcer la sécurité et la qualité, recruter du personnel et redresser le réseau ferroviaire.

Dans un communiqué publié sur la page officielle de l’UGTT, la fédération a exprimé sa vive inquiétude face à la dégradation « sans précédent » du réseau ferroviaire de la Société des transports de Tunis (Transtu), estimant que la sécurité des agents et des usagers ainsi que la continuité du service public sont désormais sérieusement menacées en raison d’une mauvaise gouvernance, de l’absence de vision stratégique et du manque d’investissement.

Elle a également dénoncé le blocage des dossiers relatifs au renouvellement du parc, notamment le projet d’acquisition de 30 nouvelles rames de métro, financé à hauteur de 495,5 millions de dinars, dont l’appel d’offres n’a toujours pas été lancé.

La fédération a aussi mis en garde contre le retard dans la procédure d’achat de 18 nouvelles rames destinées à la ligne Tunis–La Goulette–La Marsa (TGM).

Par ailleurs, la Fédération générale du transport a rejeté les campagnes de dénigrement visant les travailleurs et les syndicalistes, soulignant que les agents ont assuré la continuité du service public malgré des moyens limités et des conditions de travail difficiles.

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Houcine Rhili : la STEG paie le prix des impayés publics

Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en développement et en ressources hydriques, dresse un constat critique de la situation énergétique tunisienne. Il souligne que la crise ne se limite pas au déficit de production ou à la dépendance aux importations : elle est aussi liée à des choix de gouvernance, à des blocages administratifs et à une fragilité financière des entreprises publiques, notamment la STEG, dont la trésorerie est lourdement affectée par les impayés de l’État et de plusieurs établissements publics.

Pour Houcine Rhili, la crise énergétique tunisienne est avant tout structurelle. Elle résulte, précise-t-il, de plusieurs années de retard dans les réformes, d’une gouvernance insuffisamment efficace et d’une absence de vision stratégique capable d’accompagner les transformations profondes du secteur.

L’expert pointe d’abord les contraintes administratives et réglementaires qui continuent de peser sur l’investissement. Il dénonce une lenteur administrative chronique, une réglementation dépassée ainsi qu’un code des hydrocarbures complexe, qui limiteraient l’attractivité du secteur et ralentiraient la mise en œuvre des projets énergétiques.

À cela s’ajoute, estime-t-il, une faiblesse persistante de l’investissement national face aux grands groupes étrangers. Houcine Rhili cite notamment l’exemple de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), qui a développé une capacité solaire de 10 mégawatts à Tozeur, sans parvenir ensuite à obtenir de nouveaux contrats d’envergure dans ce domaine. Dans le même temps, plusieurs opérateurs étrangers ont bénéficié de concessions pour développer des projets solaires de grande taille.

La STEG fragilisée par les impayés publics

L’expert insiste également sur la situation financière difficile des entreprises publiques du secteur. Il évoque un endettement qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars, aggravé par les impayés accumulés par l’État, les administrations et certains établissements publics au titre de leurs consommations énergétiques.

Et de poursuivre que cette accumulation d’arriérés pèse directement sur la trésorerie de la STEG, limite ses capacités d’investissement et complique ses efforts de modernisation. La fragilité financière de l’entreprise ne serait donc pas uniquement liée à ses charges ou à ses contraintes opérationnelles, mais aussi à un système où une partie importante des clients publics ne règle pas régulièrement ses factures.

Houcine Rhili critique par ailleurs une gouvernance qu’il juge trop centralisée, avec une concentration excessive des décisions au niveau ministériel, au détriment du rôle stratégique des conseils d’administration et des mécanismes de pilotage.

Face à ces difficultés, l’expert appelle à l’ouverture d’un véritable débat national sur l’énergie, estimant que seule une réflexion collective permettra de sortir d’une gestion basée sur l’urgence. Il note que la Tunisie doit adopter une stratégie de long terme, avec des investissements planifiés sur quinze à trente ans, l’horizon nécessaire pour les grands projets énergétiques à travers le monde.

« Il faut passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation », plaide Houcine Rhili.Au final, il considère que l’avenir énergétique du pays dépendra de sa capacité à réformer sa gouvernance, restaurer la confiance des investisseurs et donner une vision claire aux acteurs du secteur.

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La Cheffe du gouvernement préside un Conseil des ministres consacré aux priorités économiques et sociales

Au nom du Président de la République, Kaïs Saïed, et sur ses instructions, la Cheffe du gouvernement, Mme Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, ce jeudi 9 juillet 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, une réunion du Conseil des ministres consacrée à l’examen de plusieurs projets de lois et de décrets.

En ouverture des travaux, la Cheffe du gouvernement a rappelé que la révolution législative, à elle seule, ne suffit pas et doit s’accompagner d’une révolution culturelle et administrative. Elle a souligné la nécessité d’ancrer une culture du travail sérieux au sein de l’ensemble des services publics afin d’améliorer leur performance, leur productivité et la qualité des prestations fournies aux citoyens. Elle a également insisté sur l’importance de mettre en place des systèmes de management de la qualité, de renforcer la gouvernance dans les administrations publiques et de veiller à ce que chaque agent public accomplisse pleinement ses missions avec efficacité et sens des responsabilités. Elle a, en outre, appelé les responsables à assurer un suivi rigoureux du travail de leurs équipes, à évaluer leurs performances et à appliquer les principes de discipline, de redevabilité et de responsabilité en cas de manquements.

La Cheffe du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi continu de l’avancement des projets publics dans toutes les régions du pays, par les responsables aux niveaux central, régional et local, afin d’accélérer leur réalisation et de stimuler l’investissement public et privé. Elle a rappelé que les programmes, projets et réformes inscrits dans le Plan de développement 2026-2030 seront prochainement mis en œuvre, dans l’objectif de promouvoir l’intégration économique et sociale, un développement global, équitable et équilibré, ainsi que la justice sociale, tout en renforçant la résilience de l’économie nationale face aux mutations internationales, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed.

Au cours de cette réunion, le Conseil des ministres a examiné plusieurs projets de lois et de décrets portant sur des domaines à caractère social et économique, notamment le renforcement de la sécurité énergétique et alimentaire, le logement, la santé, le transport aérien ainsi que la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux.

À l’issue des travaux, la Cheffe du gouvernement a réaffirmé que l’État poursuivra la mise en œuvre de sa politique sociale et économique, conformément aux orientations du Président de la République, afin de répondre aux attentes des citoyennes et des citoyens et de leur garantir leurs droits légitimes à une vie digne.

 

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Le Conseil des ministres valide une nouvelle série de réformes économiques et sociales

Réuni jeudi au Palais du gouvernement à la Kasbah, le Conseil des ministres, présidé par la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, par intérim au nom du président de la République, Kaïs Saïed, a examiné plusieurs projets de lois et de décrets à caractère social et économique.

Les textes débattus portent notamment sur le renforcement de la sécurité énergétique et alimentaire, le logement, la santé, le transport aérien ainsi que la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux.

À cette occasion, la cheffe du gouvernement a appelé à accélérer la réalisation des projets et à stimuler l’investissement public et privé, soulignant que le lancement des programmes, projets et réformes inscrits dans le Plan de développement 2026-2030 interviendra prochainement.

Elle a également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi continu de l’avancement des projets publics dans l’ensemble des régions du pays, aussi bien au niveau central que régional et local. Selon elle, cette démarche doit contribuer à renforcer l’intégration économique et sociale, à promouvoir un développement équilibré entre les territoires et à consolider une économie plus résiliente face aux mutations de l’environnement international.

Sur le volet administratif, Sara Zaâfrani Zenzri a estimé que la réforme législative, à elle seule, ne saurait produire les résultats attendus sans une modernisation de l’administration et une culture du travail fondée sur l’efficacité. Elle a ainsi plaidé pour une amélioration des performances des services publics et de la qualité des prestations offertes aux citoyens.

La cheffe du gouvernement a, en outre, appelé à la mise en place de systèmes de management de la qualité et au renforcement des mécanismes de gouvernance au sein des administrations publiques. Elle a insisté sur la responsabilité de chaque agent public dans l’accomplissement de ses missions, tout en invitant les responsables à assurer un suivi régulier des performances de leurs équipes, dans le respect des principes de discipline, de redevabilité et de reddition des comptes.

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Loi contre le racisme et l’antisémitisme : ce que prévoit Aurore Bergé

Présenté en Conseil des ministres, le projet de loi porté par Aurore Bergé entend renforcer la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine en ligne. Inspiré de la proposition de Caroline Yadan, ce texte élargit son champ d’application et…

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Mohamed Ben Salem sera rejugé après son opposition à une condamnation de deux ans

L’ancien ministre de l’Agriculture et dirigeant du mouvement Ennahdha, Mohamed Ben Salem, a été arrêté mercredi 8 juillet 2026 dans un hôtel de la région du Cap Bon, avant d’être remis en liberté jeudi après avoir formé opposition à une condamnation rendue par défaut. Condamné à deux ans de prison dans une affaire liée à des soupçons d’infractions douanières, il comparaîtra de nouveau devant la Cour d’appel de Tunis le 21 juillet prochain pour un réexamen du dossier.

Une arrestation après une condamnation par défaut

Mohamed Ben Salem avait été interpellé en exécution d’un mandat de recherche émis par la Cour d’appel de Tunis. Cette mesure faisait suite à un jugement rendu par défaut par la chambre correctionnelle de cette juridiction, qui l’avait condamné à deux ans de prison dans une affaire portant sur des soupçons d’infractions à caractère douanier.

La condamnation ayant été prononcée en son absence, l’ancien responsable disposait de la possibilité de former opposition afin de demander un nouvel examen de l’affaire.

L’opposition entraîne sa remise en liberté

Après son arrestation, Mohamed Ben Salem a exercé son droit d’opposition contre le jugement rendu par défaut. Le parquet général près la Cour d’appel de Tunis a ordonné, jeudi 9 juillet, sa remise en liberté, conformément aux procédures prévues dans ce type de situation.

Une audience a été fixée au 21 juillet 2026 devant la chambre correctionnelle estivale de la Cour d’appel de Tunis. La juridiction devra alors réexaminer le dossier en présence de l’ancien ministre et statuer à nouveau sur cette affaire.

Un autre dossier judiciaire toujours en cours

Cette procédure est distincte d’un autre dossier judiciaire impliquant Mohamed Ben Salem avec plusieurs anciens responsables et figures proches d’Ennahdha.

Le 22 mai 2026, la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Gabès l’avait condamné à six mois de prison dans une affaire liée à une tentative présumée de franchissement clandestin des frontières et à la détention de devises d’origine inconnue.

Cette décision avait réduit la peine initiale de trois ans de prison, prononcée en première instance en mars 2025.

Les faits à l’origine de ce dossier remontent à mars 2023, lorsque Mohamed Ben Salem avait été arrêté dans le sud du pays alors qu’il tentait, selon l’accusation, de rejoindre illégalement la Libye. Les enquêteurs avaient indiqué avoir retrouvé en sa possession 12.000 dinars tunisiens et 2100 euros lors de son interpellation.

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Fatma Mseddi relance la bataille pour classer Ennahdha comme « organisation terroriste »

Au cours de la journée du jeudi 9 juillet 2026, la députée Fatma Mseddi a déposé une proposition de loi composée de six articles, présentée comme visant à protéger la sécurité et la souveraineté nationales, ainsi que le régime républicain. Tout en empêchant l’utilisation des partis politiques et des associations comme couvertures pour des organisations terroristes.

L’article 2 du texte propose de qualifier le parti Ennahdha de « continuité politique et organisationnelle »  de l’organisation internationale des Frères musulmans en Tunisie et de le classer comme  « organisation terroriste ». La proposition de Fatma Mseddi prévoit également l’application de ces mesures à toute association ou structure dont le lien organisationnel, financier ou fonctionnel avec Ennahdha ou les Frères musulmans serait établi.

Le texte prévoit notamment la dissolution immédiate des organisations concernées, la perte du statut représentatif et parlementaire des dirigeants dont l’appartenance serait reconnue, ainsi que l’interdiction, pour les personnes visées, de se présenter aux élections ou d’exercer des fonctions publiques pendant une période de dix ans.

Cette initiative ne constitue toutefois pas une première pour Fatma Mseddi. La députée avait déjà porté cette revendication dans le débat public en 2023, dans le prolongement de ses positions sur le dossier des réseaux d’envoi de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit. Avant elle, plusieurs figures de l’opposition avaient également appelé à des mesures contre Ennahdha, notamment après les assassinats politiques de 2013 et les débats liés au terrorisme et aux réseaux jihadistes.

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Lancement de «Dalil», la plateforme de modernisation de l’administration : la pratique fait défaut, à qui la faute ?

Ce qui est certain, c’est que la Tunisie franchira une nouvelle étape dans la modernisation de son administration avec le lancement, en septembre 2026, de la plateforme nationale des procédures administratives «Dalil». Une plateforme censée orienter le citoyen et lui faciliter toutes les procédures administratives, mais qui risque d’être peu connue ou rarement utilisée, comme c’est le cas pour les plateformes déjà existantes…

La nouvelle plateforme «Dalil» réunira l’ensemble des démarches administratives destinées aux citoyens et aux entreprises, tout en s’inscrivant dans un vaste chantier de simplification engagé par l’État.

Baptisée «Dalil», la plateforme nationale des procédures administratives (PNPA) sera officiellement mise en service en septembre 2026. Destinée aussi bien aux citoyens qu’aux entreprises et aux administrations, elle ambitionne de devenir la source de référence pour consulter les procédures administratives et les documents exigés par les différents organismes publics.

L’annonce a été faite par Olfa Souli Ouertani, directrice générale des réformes à la présidence du gouvernement, lors d’une journée d’information organisée la semaine passée. Si elle confirme cette date de lancement, c’est parce que le taux de réalisation de la plateforme «Dalil» aurait atteint, selon ses dires, 70%.

Souci de réforme et d’uniformisation

L’objectif est de permettre aux usagers d’accéder, à partir d’un portail unique, à des informations officielles, harmonisées et régulièrement actualisées sur l’ensemble des procédures administratives.

Au-delà de la centralisation des informations, «Dalil» s’inscrit dans une stratégie de réforme, d’uniformisation et de simplification des procédures administratives.

Cette plateforme constitue une référence officielle unique, regroupant l’ensemble des procédures administratives (3.197 recensées). Elle est censée garantir la transparence, la fiabilité et la mise à jour continue des données. Et ce, tout en reliant chaque démarche à l’organisme compétent et à sa localisation. Et ce n’est pas tout : elle offre aussi un espace de travail dédié à chaque ministère pour assurer l’exactitude des informations.

Dans le cadre du projet de réforme globale 2020-2027, cette initiative s’accompagne d’un inventaire approfondi : 50% des procédures concernent les entreprises, 25% les particuliers, alors que 25% sont mixtes. Parmi elles, 63% sont très demandées, 16% jugées complexes et 43% nécessitent l’intervention de structures publiques.

Grâce à une consultation en ligne, plus de 71% des procédures (2.255) auraient été simplifiées via une numérisation totale ou partielle, la réduction des pièces justificatives et le renforcement de la décentralisation. De plus, 177 procédures (6%) sans fondement juridique ou obsolètes ont été supprimées, explique la DG des réformes à la présidence du gouvernement.

De son côté, le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, a salué cette réalisation accélérée, axée sur les services les plus sollicités, notamment pour améliorer le climat des affaires. Il a souligné l’introduction de l’échange de données inter-administrations et des services à distance. Tout en rappelant que la numérisation est un processus continu. Cette plateforme incarne une vision de réforme au service du citoyen et de l’entreprise.

Pour une plus grande sensibilisation

Il ne s’agit pas d’une première en matière de plateformes destinées à améliorer les services de l’administration et à faciliter la tâche du citoyen. C’est que l’administration tunisienne centralise déjà ses services numériques sur plusieurs plateformes clés pour simplifier les démarches des citoyens et des professionnels : 

Portail National des Services Administratifs : plateforme centrale permettant de consulter et d’effectuer de nombreuses démarches gouvernementales en ligne. 

Idaraty : le guide officiel de l’administration publique. Il détaille les procédures, répertorie les institutions et met à disposition des informations sur plus de 3.500 procédures.

– SICAD : le Site d’Information et de Communication Administrative offrant une base de données exhaustive sur les formalités administratives et les services en ligne sectoriels (impôts, douanes, infractions).

Or, le citoyen lambda ne connaît pas ces plateformes et ne les utilise, au cas où il en serait informé, que très rarement. D’ailleurs, il suffit de faire le tour des services de l’état civil dans les municipalités pour s’en convaincre. Aujourd’hui, on peut retirer son extrait de naissance sans se déplacer, à travers une plateforme mise en place depuis quelque temps déjà. Or, elle est peu fréquentée et les citoyens, pas encore convaincus de cette procédure en ligne, préfèrent aller sur place et attendre des heures pour avoir le document en main.

C’est dire qu’une vaste campagne de sensibilisation est plus que nécessaire pour assurer plus d’efficacité et de rentabilité à la nouvelle plateforme «Dalil». Il faudrait insister sur le fait qu’elle est accessible à tout le monde et qu’elle est mise à disposition pour rendre vos procédures administratives plus claires et plus accessibles, optimiser son temps et ses efforts et garantir la transparence des démarches.

Ce qui est évident, c’est que la responsabilité de ce manque de pratique et d’usage fréquent de ces plateformes est partagée. Le citoyen, habitué aujourd’hui aux services en ligne (vente, achat, relations…), se doit d’être au courant de ce qui se fait au niveau de l’administration pour lui faciliter toutes les procédures administratives, d’autant que la plateforme est facilement accessible. Pour sa part, l’administration doit faire un effort supplémentaire pour sensibiliser les citoyens et les convaincre, à travers des campagnes périodiques de sensibilisation, d’opter pour ces pratiques de plus en plus fréquentes dans tous les domaines.

Kamel ZAIEM

 

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Kaïs Saïed met en garde contre des actions de déstabilisation

Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, dans la journée du mercredi 8 juillet 2026 au palais de Carthage, Sarra Zaâfrani Zenzri, la cheffe du gouvernement. Il l’a chargée de présider le Conseil des ministres pour débattre d’un certain nombre de projets de lois et d’ordonnances.

Le chef de l’État a dénoncé des événements récurrents, qu’il a qualifiés d’actions organisées visant à nuire aux citoyens et à envenimer la situation. Tout en soulignant que le peuple tunisien mettra en échec les manœuvres internes et externes, comme il l’a déjà fait par le passé.

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Architecture : Sahbi Gorgi élu à la vice-présidence du CUIA

L’architecte tunisien Sahbi Gorgi a été élu vice-président de la région V (Afrique) de l’Union internationale des architectes (UIA). Le Conseil nouvellement constitué l’a également désigné au poste de deuxième vice-président de cette prestigieuse organisation internationale.

Le ministère des Affaires culturelles a salué cette distinction, obtenue lors de l’Assemblée générale de l’UIA, organisée du 2 au 5 juillet 2026 à Barcelone (Espagne). Représentant la région Afrique, Sahbi Gorgi s’est imposé en tête du scrutin avec 184 voix, comme le rapporte un confrère de la place.

Pour le ministère, cette élection illustre le rayonnement croissant de la Tunisie sur la scène internationale dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme. Tout en mettant en valeur les compétences tunisiennes au sein des instances professionnelles mondiales, ajoute notre source.

Ancien président de l’Ordre des architectes de Tunisie, Sahbi Gorgi est également reconnu pour son engagement dans la préservation du patrimoine. Il est notamment l’auteur de deux importants projets menés par le ministère des Affaires culturelles dans le gouvernorat de Kairouan : la restauration et la mise en valeur de la Grande Mosquée et de son environnement immédiat, ainsi que la restauration et la valorisation des Bassins des Aghlabides et de leurs abords, rappelle le média tunisien.

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Diplomatie : Mohamed Ali Nafti reçu par le président algérien

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a reçu mercredi à Alger le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, à l’occasion de la réunion du Comité de suivi de la 23e session de la Grande commission mixte tuniso-algérienne.

Le chef de la diplomatie tunisienne a transmis au président algérien les salutations du président tunisien, Kaïs Saïed, ainsi que ses félicitations à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance de l’Algérie.

Il a réaffirmé la volonté de Tunis de renforcer les liens de fraternité, de coopération et de partenariat entre les deux pays, tout en poursuivant la concertation sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Selon un communiqué du ministère  des Affaires étrangères,Tebboune a chargé le ministre  de transmettre ses salutations à son homologue Kaïs Saïed, soulignant la convergence de vues entre les deux dirigeants et leur engagement à approfondir la coordination face aux défis communs.

Il a également insisté sur l’importance que les travaux du Comité de suivi reflètent le niveau des relations privilégiées entre les deux pays.

Coprésidée par Mohamed Ali Nafti et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, la réunion a permis d’évaluer la mise en œuvre des décisions issues de la 23e Grande commission mixte et du Forum économique tuniso-algérien, tenus à Tunis en décembre 2025.

Les deux parties se sont félicitées des progrès enregistrés dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité, les transports, les technologies de l’information, les affaires sociales, l’emploi, la formation, ainsi que la culture et le sport.

Elles ont également mis l’accent sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la sécurité alimentaire et du commerce, tout en réaffirmant leur ambition de faciliter l’accès conjoint des entreprises tunisiennes et algériennes aux marchés africains.

Les discussions ont aussi porté sur l’amélioration des conditions de résidence, de travail et d’investissement des ressortissants des deux pays, ainsi que sur le développement des régions frontalières.

Les travaux se sont achevés par la signature du procès-verbal de la réunion et l’adoption d’une feuille de route fixant le calendrier des prochaines échéances bilatérales.

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Le renouveau de l’action consulaire

Par Mondher AFI

Dans le cadre des orientations arrêtées par le Président de la République, Kaïs Saïed, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a présidé, le 1er juillet 2026, à l’Académie diplomatique internationale de Tunis, une session de formation consacrée aux services consulaires numériques. Organisée au profit des agents appelés à rejoindre les missions diplomatiques et consulaires à l’étranger, cette initiative traduit la volonté d’adapter l’action consulaire aux évolutions de l’administration publique, de la mobilité internationale et des attentes croissantes des citoyens.

La fonction consulaire occupe aujourd’hui une place centrale dans la diplomatie contemporaine. Si l’ambassade incarne la représentation politique de l’État, le consulat constitue son prolongement administratif, juridique et humain auprès des ressortissants établis à l’étranger. Il est l’espace où s’exerce quotidiennement la relation entre l’administration et le citoyen, faisant du service consulaire un indicateur essentiel de la qualité du service public.

La fonction consulaire constitue l’une des expressions les plus concrètes de la continuité de l’action de l’État au-delà de ses frontières. Son fondement juridique repose principalement sur la Convention de Vienne sur les relations consulaires, qui définit les droits, les obligations et les prérogatives des autorités consulaires dans leurs rapports avec les ressortissants de l’État d’envoi ainsi qu’avec les autorités de l’État de résidence. Ce cadre normatif confère à l’action consulaire une double légitimité : internationale, en raison de son inscription dans le droit des relations entre États, et nationale, puisqu’elle assure la continuité du service public auprès des citoyens établis à l’étranger.

Dans cette perspective, le consulat ne constitue pas une simple structure administrative délocalisée. Il représente une institution stratégique où s’articulent les exigences de protection des personnes, de sécurité juridique et de préservation de l’autorité de l’État. Les missions qui lui sont confiées couvrent un champ d’intervention particulièrement étendu : délivrance et renouvellement des documents officiels, gestion de l’état civil, légalisation et authentification des actes, assistance administrative et juridique aux ressortissants, protection des personnes vulnérables, accompagnement des citoyens confrontés à des procédures judiciaires ou à des situations de détresse, ainsi que coordination des opérations d’assistance et d’évacuation lors de crises sanitaires, sécuritaires ou de catastrophes naturelles. L’activité consulaire participe ainsi à la garantie de la sécurité juridique des citoyens tout en assurant la permanence de l’action publique en dehors du territoire national.

Toutefois, l’évolution des relations internationales et l’intensification des mobilités humaines ont profondément transformé la nature de la fonction consulaire. Celle-ci dépasse désormais le cadre traditionnel des prestations administratives pour devenir un véritable levier de diplomatie économique, sociale et culturelle. Les représentations consulaires accompagnent les opérateurs économiques dans leur implantation à l’étranger, facilitent les échanges commerciaux, identifient les opportunités d’investissement, contribuent à la promotion de l’attractivité du territoire national et participent à la diffusion d’informations économiques stratégiques. Elles deviennent ainsi des interfaces entre les politiques publiques nationales et les dynamiques économiques internationales.

Parallèlement, les consulats jouent un rôle essentiel dans le maintien des liens entre l’État et ses communautés établies à l’étranger. Ils accompagnent les initiatives associatives, soutiennent les activités culturelles, facilitent les démarches administratives des membres de la diaspora et contribuent à préserver les liens linguistiques, historiques et identitaires avec le pays d’origine. Cette dimension témoigne de l’élargissement progressif de la diplomatie contemporaine vers une diplomatie de proximité, où la qualité de la relation avec les citoyens devient un élément constitutif de l’action extérieure de l’État.

Les sciences administratives soulignent que la performance des institutions publiques ne se mesure plus uniquement à la conformité des procédures ou à la production d’actes administratifs, mais également à leur capacité à répondre efficacement aux besoins des usagers. À cet égard, les analyses de Max Weber relatives à la rationalisation de l’administration conservent une portée particulière : la légitimité de l’institution publique repose sur la compétence de ses agents, la prévisibilité de ses procédures, l’impartialité de ses décisions et l’efficacité du service rendu. La fonction consulaire constitue ainsi un espace privilégié d’observation de la qualité de la gouvernance publique, dans la mesure où elle place l’administration en interaction directe avec les citoyens et confronte quotidiennement les principes de l’État de droit aux réalités concrètes de l’action administrative.

 

La transformation numérique : un changement de gouvernance

Cette orientation a accordé une place centrale à la transformation numérique des services consulaires, illustrant une évolution qui dépasse largement l’introduction de nouveaux outils technologiques. Elle s’inscrit dans un processus plus large de modernisation de l’administration publique, où le numérique devient un levier de réforme des modes de gouvernance, de simplification des procédures et d’amélioration de la qualité du service public. Cette orientation traduit ainsi une mutation profonde des modes de gouvernance de l’administration publique, dans laquelle le numérique devient un facteur structurant de l’organisation institutionnelle, de la prise de décision et de la relation entre l’État et les usagers.

Le développement des services consulaires dématérialisés s’inscrit ainsi dans une stratégie de modernisation visant à renforcer l’efficacité, la transparence et la qualité du service public. La transformation numérique ne saurait être réduite à une simple substitution des supports papier par des plateformes électroniques. Elle constitue une recomposition des processus administratifs fondée sur la rationalisation des procédures, l’interopérabilité des systèmes d’information, la circulation sécurisée des données et l’amélioration continue de la qualité des prestations publiques. Elle conduit les administrations à repenser leur fonctionnement autour d’une logique de service, où la rapidité d’exécution, la fiabilité des informations, la traçabilité des opérations et la simplification des démarches deviennent des critères essentiels d’évaluation de la performance publique.

Dans le domaine consulaire, cette évolution revêt une importance particulière en raison de la dispersion géographique des communautés nationales et de la diversité des situations administratives auxquelles elles sont confrontées. La mise en place de services numériques permet de réduire les contraintes liées à la distance, de limiter les déplacements, d’accélérer le traitement des demandes et d’assurer une continuité du service public indépendamment des contraintes spatiales ou temporelles. L’administration consulaire évolue ainsi vers un modèle davantage centré sur l’accessibilité, la disponibilité permanente des services et la capacité d’offrir des réponses adaptées aux besoins des citoyens établis à l’étranger.

Cette modernisation s’inscrit également dans une conception renouvelée de la gouvernance publique, fondée sur l’exploitation stratégique des données, l’amélioration des capacités d’analyse et l’intégration progressive des technologies émergentes, notamment celles relevant de l’intelligence artificielle. L’utilisation raisonnée de ces instruments ouvre la voie à une gestion plus anticipative des flux administratifs, à une meilleure allocation des ressources humaines, à une personnalisation accrue des services et à une optimisation des délais de traitement. Dans cette approche, la donnée publique devient un véritable levier de pilotage de l’action administrative, permettant d’éclairer la décision, d’identifier les besoins des usagers et d’améliorer l’efficacité des politiques publiques.

Les recherches de Christopher Hood et de Christopher Pollitt montrent que les administrations contemporaines tendent à dépasser une logique exclusivement procédurale pour adopter une culture de la performance fondée sur les résultats, la qualité du service et la satisfaction des usagers. Cette évolution ne remet pas en cause les principes fondamentaux de légalité, d’égalité et de continuité du service public, elle vise au contraire à leur donner une traduction plus effective grâce à des organisations administratives plus réactives, plus transparentes et davantage orientées vers les besoins réels des citoyens.

La transformation numérique des services consulaires ne devrait pas être réduite à une simple opération de dématérialisation des procédures administratives. Une approche limitée à l’introduction d’outils numériques, sans révision des modes d’organisation ni adaptation des pratiques de gestion, risquerait de reproduire les mêmes lourdeurs administratives sous une forme électronique. La modernisation ne peut produire des résultats durables qu’à travers une refonte des processus, une meilleure coordination entre les services et l’instauration de mécanismes rigoureux de suivi, d’évaluation et de contrôle de la performance.

Par ailleurs, l’absence d’indicateurs objectifs permettant de mesurer la qualité des prestations, les délais de traitement ou le niveau de satisfaction des usagers constitue une limite importante à toute politique d’amélioration continue. Une administration numérique ne peut être performante sans dispositifs permanents d’audit, de traçabilité des opérations et d’évaluation des résultats, capables d’identifier les dysfonctionnements et d’orienter les décisions correctives.

Enfin, la modernisation des services consulaires devrait dépasser une logique strictement technologique pour s’inscrire dans une réforme plus globale de la gouvernance administrative. Cela implique de renforcer l’interopérabilité des systèmes d’information, de développer les compétences numériques des agents et de placer les besoins des citoyens au cœur de la conception des services. À défaut d’une telle approche intégrée, la transformation numérique risque de demeurer une évolution technique sans impact significatif sur l’efficacité, la transparence et la crédibilité de l’action consulaire.

 

Former pour moderniser l’action consulaire

L’organisation d’échanges professionnels entre les différents postes consulaires constitue un levier pour renforcer la formation des agents au contact des réalités du terrain. Toutefois, ces initiatives devraient être intégrées dans un dispositif permanent de formation continue reposant sur le partage des expériences, l’analyse de cas pratiques et l’évaluation régulière des compétences. Une telle approche permettrait d’améliorer l’adaptation des agents aux évolutions des missions consulaires, d’harmoniser les pratiques administratives et de renforcer durablement la qualité des services rendus aux usagers.

Dans cette perspective, l’expérience des usagers devrait être davantage mobilisée comme un levier d’amélioration des services consulaires. Les retours des citoyens pourraient être systématiquement recueillis, analysés et intégrés dans un processus d’évaluation continue afin d’identifier les dysfonctionnements, de simplifier les procédures administratives et de renforcer la qualité de l’accueil. Cette démarche favoriserait une administration davantage centrée sur les besoins des citoyens et fondée sur une logique d’amélioration permanente plutôt que sur la seule conformité procédurale.

Plus largement, l’évolution des fonctions consulaires impose une réflexion approfondie sur les modes d’organisation, les outils numériques et les compétences professionnelles requises. Les consulats sont appelés à devenir des espaces de services publics innovants, capables d’assurer une protection efficace des ressortissants, d’accompagner les communautés tunisiennes établies à l’étranger et de soutenir les échanges économiques, culturels et scientifiques. Atteindre cet objectif suppose d’investir davantage dans la transformation numérique, de développer une culture de l’évaluation de la performance, de renforcer la coordination entre les postes consulaires et d’instaurer une démarche de modernisation continue afin de répondre aux exigences croissantes de mobilité internationale, de proximité administrative et de qualité du service public.



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